Chapitre 21
Depuis qu'Astoria avait mit au courant toute l'école de son futur mariage avec Draco, il ne se passait pas une seconde sans qu'on fasse des remarques à ce dernier sur Elle, sur Lui, sur Eux ou même sur le mariage arrangé. Le Prince des Serpentard ne réagissait pas aux paroles dîtes, il ne regardait même pas les personnes qui lui adressaient la parole, il était devenu encore plus froid, encore plus distant et encore plus cruel.
Le jeune homme aimait Hermione Granger depuis ses treize ans et dès qu'il l'avait eu enfin à ses côtés elle lui échappait à cause de cette histoire de mariage. Astoria était venu le voir au repas le jour suivant sa rupture et il avait prit un malin plaisir à l'envoyer balader, faisant tomber un silence pesant sur toute la Grande Salle. Il comptait pas bien comprendre aux autres et à Astoria elle-même qu'elle n'était rien et le serait toujours. Il comptait bien faire comprendre à Hermione qu'elle était la seule qui comptait et non pas cette blondasse sans cervelle.
« - Draco ? Tu m'écoutes ?
- Hum ?
- Harry m'a envoyé un mot, il faut qu'on se retrouve dans la salle sur demande ce soir. »
Enfin. Il allait la revoir. Ça faisait deux semaines que chacun allait travailler seule sa magie pure et sur la réparation de l'armoire pour éviter qu'Hermione et Draco ne se croisent. Pour éviter qu'Hermione ne croise aucun Serpentard. Draco n'était pas le seul à souffrir de cet éloignement. Pansy aussi. Elle ne pouvait presque plus voir Ronald et l'amitié qu'elle avait développée avec Hermione s'était brisée lorsque cette dernière avait claquer d'un ton cinglant qu'elle ne voulait plus entendre parler des verts et argents.
Pansy s'était sentit rejetée. Théo s'était enfermé dans ses devoirs, Blaise passait son temps avec une Daphné terriblement mal et Draco ressemblait à un cadavre. Hermione était devenue froide et agressive envers les autres élèves de leur maison et lorsqu'Astoria avait eu le malheur de l'insulter sur son sang, le sortilège était partit tellement vite que personne n'avait vu le coup partir. Astoria avait passé deux jours à l'infirmerie et Draco avait pu couvrir Hermione en expliquant aux professeurs que ce n'était qu'un accident, assurant à sa belle seulement trois petites heures de retenues.
Le soleil était couché depuis des heures déjà et le couvre-feu était tombé lorsque les Serpentard se mirent en route pour la Salle sur Demande afin de rejoindre les Gryffondor. Les couloirs étaient silencieux, froid. L'ambiance était glaciale. Daphné s'en voulait énormément, transpirant presque la culpabilité alors qu'elle n'était en aucun cas responsable des actes du Seigneur des Ténèbres ni de la stupidité de sa soeur cadette. Théodore marchait à l'arrière, un livre dans une main et des notes dans l'autre sans accorder d'attention à ses amis. Blaise fut celui qui passa devant le mur vierge, faisant apparaitre une porte qu'il ouvrit laissant apparaitre une Luna assise à même le sol, époussetant l'armoire de sa manche.
« - Salut. »
Un bonjour général très froid et distant. Ils avaient l'impression qu'ils n'avaient jamais été amis pendant les dernières semaines, qu'ils n'étaient pas partis en vacances ensemble dans le Château Parkinson… Hermione leva ses yeux vers eux un millième de seconde avant de se re-concentrer sur le livre qu'elle lisait près de la sculpture brisée.
« - Ok, alors voilà, on a réussi à réparer l'armoire, donc normalement elle marche.
- Vous êtes sûr ?
- Presque sûr, mais on ne peut pas faire d'essai nous-même, il faut que ce soit toi…
- Ok. Je vais essayer. »
Ronald tendit une pomme à Draco, et le blond alla la placer dans l'armoire. La porte refermée, il empoigna sa baguette et colla sa main gauche à la porte en bois. De sa baguette il effleura les runes de l'armoire et répétais sans cesse la formule dans sa tête. Lorsqu'il ouvrit de nouveau la porte, la pomme était toujours là, intacte.
« - C'est la première fois, c'est peut-être normal que ça ne marche pas… Il faut du temps pour maitriser une telle magie Dray'.
- Je sais Blaise, mais on ne l'a pas ce temps. »
À ce moment là, Hermione poussa un crie qui fit sursauter tout le monde. Elle fixait Luna qui commençait à briller comme une bougie devenant presque éblouissante. Puis d'un coup, plus rien.
« - Merde, c'était quoi ça ?
- Je ne sais pas, mais c'était très agréable.
- Vraiment Luna ?
- Oui, j'avais l'impression qu'un bien-être naissait en moi pour ne jamais repartir, j'avais l'impression d'être au paradis et que jamais de malheur ne pourrait m'atteindre… C'était bien.
- C'était de la magie pure. »
Hermione venait de prendre la parole d'un ton lasse, comme si ce qu'elle disait ne l'intéressait pas.
« - Ils la décrivent comme ça dans le livre. Une sensation de bien-être, de bonheur éternel. C'est très puissant. »
Luna sautilla sur place, excitée d'avoir réussi à refaire apparaitre sa magie pure. Harry lança un regard à ses amis, et tous comprirent le message. Il allait falloir mettre les problèmes de couple de côté et reprendre les entrainements.
Hermione n'était pas triste d'avoir perdu l'amour de sa vie. Non. Elle était attachée à lui, mais pas amoureuse, c'était trop tôt. Elle était triste de voir qu'il était si dépendant à Voldemort, elle était triste de ne pas le voir se battre pour sa liberté, et honteuse d'avoir été si naïve pour croire qu'une histoire était possible entre eux. Elle avait dormi avec lui tout de même, ce n'est pas rien.
Mais au fond elle savait que les autres n'y était pour rien et avait remarqué que Pansy ne vivait pas cette séparation aussi bien qu'elle voulait le faire croire. Hermione était à fleur de peau, à deux doigts d'exploser de colère quand elle avait le malheur de croiser Astoria ou l'une de ses amies dans les couloirs de Poudlard. La cadette des Greengrass avait détruit sa relation avec Draco, et même s'ils avaient pu rester ensemble pendant les deux ans restant, ça aurait du se faire en cachette et Hermione ne voulait pas de ça. Si elle vivait une histoire d'amour, elle la vivrait au grand jour. Mais Draco et elle étaient trop différents. Maisons ennemies, camps ennemis… Tout les séparaient, alors, elle attendait sagement que sa colère s'évapore.
« - Hermione ? Tu viens t'entrainer ?
- Oui, j'arrive. »
La brune referma son livre et se concentra sur sa magie intérieure. Elle essayait de sentir le flux dans ses veines, mais elle n'y arrivait pas. En soufflant d'exaspération, elle se sentit encore plus énervée qu'à l'accoutumé.
« - Hermione ? »
Non. Pas lui. S'il ne voulait pas finir encastré dans un mur, il fallait qu'il s'éloigne et qu'il se taise.
« - On peut parler ? »
Non. Justement, non ! Elle ne voulait pas, elle voulait qu'il s'en aille, qu'il parte loin et ne revienne jamais ! Mais plus il s'approchait de la brune, plus celle-ci s'énervait. Et la rage qui coulait dans ses veines comme une liqueur bienfaitrice allait bientôt exploser. Draco s'approcha encore, inconscient de la colère qui troublait la jeune fille et posa sa main sur sa joue. Et la magie frappa.
Un jet de magie pure frappa Draco de plein fouet, libérant en Hermione une sensation de bonheur absolu. Toutes ses autres émotions étaient rejetées à la seconde place. Elle avait envie de rester dans cette flaque de bonheur qui lui fit oublier les atrocités de ce monde, mais sa magie s'éteignit rapidement, la laissant haletante et elle tomba à genoux au sol, la vue cloutée par l'adrénaline.
Plus loin, au sol, Draco essaya difficilement de se relever mais retomba presque aussitôt, inconscient. Harry alla aider sa meilleure amie à se relever et ils allèrent tous voir comment allait le garçon. Théo, qui apparemment était apte à diagnostiquer le blessé, confirma qu'il était seulement évanouit et qu'il n'avait pas besoin de l'emmener à l'infirmerie, mais que le déplacer serait peut-être dangereux. Ils devaient donc attendre avant de l'emmener se faire soigner par quelqu'un de plus compétent.
Luna, Ginny et Daphné mirent donc au point un petit dortoir pour qu'ils puissent tous dormir sur place. Pansy fixait Hermione avec un regard où la colère et la tristesse se mélangeaient.
« - Tu l'as attaqué.
- Je n'ai pas fait exprès…
- Alors que c'est-il passé ?
- J'étais énervée, et il s'est approché, et ça m'énervait encore plus, et la magie est sortie, comme ça. C'était une sensation merveilleuse…
- Ce n'était pas plutôt le fait de déglinguer la tronche de ton ex qui était merveilleux ?
- Non Pansy, c'était la magie ! »
Pansy ne dit rien d'autre et s'installa près de Draco, s'asseyant à même le sol. Hermione s'installa près d'elle, se sentant coupable. Elle attrapa un livre qui trainait par terre et commença à dormir alors que les autres allaient se coucher. Draco, dans son sommeil, se déplaça vers la Gryffondor et s'installa sur ses genoux, figeant la jeune fille qui n'osa plus bouger d'un centimètre. Elle n'en avait pas envie non plus. Sa main alla d'elle-même dans les cheveux blonds du garçon et elle commença à jouer avec tout en continuant sa lecture.
« - Hum. »
Hermione releva les yeux et tomba nez-à-nez avec un Théo souriant.
« - Tu lui en veux toujours à ce que je vois ?
- Ce n'est pas moi, c'est lui qui c'est mit comme ça… Je ne peux plus bouger.
- Ouais, ouais…
- Je t'assure !
- Je te crois… »
Il repartit aussi vite qu'il était arrivé, un sourire énigmatique sur les lèvres. Bien sûr qu'elle lui en voulait toujours, elle n'allait pas lui pardonner aussi vite. Elle refusait de lui pardonner aussi vite. Hermione baissa les yeux vers Draco, ses doigts toujours plongés dans ses cheveux… Elle pourrait s'habituer à le voir si paisible, elle pourrait même s'habituer à le voir dormir près d'elle.
