21 Une femme Bafouée
Hermione était reconnaissante à la robe de Draco de lui offrir un certain refuge faces aux regards horrifiés de Harry et Ron. Boutonnant rapidement sa chemise froissée, Hermione senti de chaudes larmes lui brûler les yeux. Elle refusait de les laisser verser ; si elle pleurait maintenant elle ne pourrait pas s'arrêter, et elle ne donnerait pas à Vila cette satisfaction pervertie.
"Espèce de cruelle petite salope" siffla Draco à travers ses dents serrées, la voix dégoulinante de venin.
Pendant un bref instant, Vila tressailli et ses yeux trahirent la douleur que les mots de Draco lui avaient infligés. Bien que tout ça soit vite remplacé par un sourire en coin triomphant.
"Je suis peut-être une salope, Draco." Les yeux de Vila se tournèrent agressivement vers Hermione. "Mais au moins, je ne suis pas une salope de sang de bourbe!"
Draco ouvrit la bouche pour répondre, mais c'est Harry qui prit son tour.
"Ca suffit Vila." Harry décocha à la serpentard un regard glacial. "Je pense que tu en as fait plus qu'assez aujourd'hui."
Vérifiant qu'elle avait recouvré son impassibilité, Hermione sortit de sa cachette derrière Draco, son regard tombant instantanément sur Ron. Sa tête était basse et ses yeux étaient fermement fixes sur le sol de Pierre.
Il ne peut même pas supporter de me regarder, pensa-t-elle misérablement, je viens juste de perdre un de mes meilleurs amis. Ne sachant pas quoi dire, elle leva les yeux vers Draco et réalisa que ses cheveux et ses vêtements étaient encore défait de leur sauvage rencontre. C'était une preuve de ce qui venait de se passer, et Hermione aurait souhaité ramper dans un trou et disparaître. Après ce jour, elle perdrait ses mais ; La chose qu'elle redoutait le plus venait d'arriver, tout ça parce qu'elle n'avait pas su dire non à un serpentard arrogant et fier.
"Une fois que l'école aura découvert tout ça Draco, tu seras complètement détruit ; toi aussi, sang de bourbe." Vila croisa ses bras en riant. "Tu n'aurais pas dû me traiter comme une de tes petites putains bon marché, Draco ; Je suis une Lethorne. Ma famille a une situation proche de la tienne, cependant tu traite cette sang de bourbe bien mieux que tu ne m'as jamais traité. Pour ça, je vais m'assurer que paies."
Décroisant les bras, Vila se tourna vers Hermione. "Tout ce dont tu avais besoin, c'était une petite aide pour te montrer telle la répugnante sang de bourbe que tu es."
Voyant la perplexité sur le visage d'Hermione, Vila mis la main dans la poche de sa robe et en sortit une petite bouteille verte.
"Une potion de désir ; Ca m'a coûté une petite fortune, mais sincèrement ça valait le coup. Au lieu de la consommer comme beaucoup d'autres, tout ce qu'il y a à faire est de l'appliquer à la circulation sanguine pour un effet quasi immédiat .Sur son corps ou sur le corps de son amant ou de celui que l'on désire. C'est souvent utilisé comme aphrodisiaque pour de vieux messieurs, mais j'en ai trouvé une nouvelle utilisation aujourd'hui."
Hermione haleta en écoutant cette révélation, et toucha le bas de sa nuque se souvenant de cette douleur quand Vila l'avait bousculé en passant. Des flammes de rage bouillonnèrent depuis les plus profonds abîmes au fond d'elle-même .Elle était à moitié tentée par l'idée de saisir sa baguette et de jeter un sort à cette fille depuis le trou dont elle se serait extirpée . Elle sentit Draco se raidir à ses côtés, et elle devina qu'il avait aussi la même idée qu'elle.
Serrant les poings, Hermione combattit l'irrésistible envi de frapper Vila. En tant que Préfète en chef elle était sensée montrer l'exemple, et pas aller partout en maltraitant chaque fille qui essayait de l'intimider. Elle se sentait bafouée à l'idée que Vila avait injecté un aphrodisiaque dans son corps la poussant à agir comme un macho. Hermione essaya de trouver un peu de réconfort en pensant que de toute sa vie, elle ne s'était jamais abaissée au niveau de Vila. Pourtant à ce moment-là, ça ne lui apportait aucun réconfort.
« Tu veux dire que tu as donné à Hermione une potion de désir ? » Demanda Harry, un air renfrogné se dessinant sur son visage.
« Oui, je lui ai donné une potion de désir. Avant, Je vous ai dit que ces deux-là étaient comme ça depuis des semaines. Je ne pouvais tout simplement pas rester là et regarder le nom de Sang-pur être détruit par une quelconque putain de sang de bourbe. »
Ron restait silencieux, son visage aussi expressif qu'une pierre, tandis que Harry semblait étudier ce que Vila venait de dire.
« Donc, tu as délibérément réglé toute cette chose pour que nous puissions faire quoi exactement ? Aller dire à toute l'école ce qui vient juste de se passer ici ? N'est-ce pas assez d'avoir dû en être témoin ? Et ça n'a pas non plus d'importance que ça amène la honte sur nos maisons ? »
Se détournant, Harry secoua la tête puis jeta un coup d'œil à Ron. L'inquiétude envahit le visage d'Harry lorsqu'il nota le visage pale et hanté de son ami.
« Il y a eu assez de mal, murmura-t-il. Ca engendrerait beaucoup trop de conflits à Poudlard si les gens venaient à découvrir la vérité. »
L'expression de Vila passa du triomphe au choc. Décroisant les bras, elle regarda Harry, ses yeux assombris par une violente colère.
« Mais tu… Tu ne peux pas faire ça ! C'est pas juste ; Un serpentard et une griffondor, c'est quasiment interdit. Je ne serais pas celle qui se sera fait larguer pour une salope sang de bourbe ! » La voix perçante de Vila emplie les couloirs, hérissant Hermione qui priait pour que personne n'ait entendu la harangue maniaco-dépressive de la serpentard.
C'est alors que le silence tomba sur les cinq. Il y avait tellement de choses à dire, tellement de questions à poser, personne ne semblait capable de former une phrase. Hermione pouvait sentir la situation commençait à devenir gênante et tout ce qu'elle voulait c'était être aussi loin que possible. Levant la tête, Hermione réalisa que le regard de Ron avait quitté le sol pour se porter sur ses yeux, et ses lèvres avaient commencé à former la première de toutes ces questions qu'on allait lui poser.
« Est-ce que tu l'aimes ? »
C'était LA question.
La seule parmi des milliers qui avait vraiment de l'importance.
Une question dont elle n'avait jamais connu l'honnête réponse jusqu'à ces quelques instants.
Est-ce que tu l'aimes ?
« Non. »
C'est à ce moment qu'elle réalisa ce qu'elle venait de faire.
C'était fini.
