Déjà vingt chapitre que je vous conte l'histoire de nos deux étranges amis. Pour fêter ça, j'ai deux surprises pour vous:
Un chapitre entier consacré à Markus, et un long qui plus es, il le mérite après tout!
Ensuite, je vous propose un petit concours. Envoyez moi par Message privé une petite présentation d'un de vos personnage que vous voudriez voir apparaître dans "au-delà des étoiles", Il peut être de n'importe quelle races, être déjà apparu dans une autre fanfic, ou être totalement inédit.
Il faut absolument que ce soit un personnage original.
Le gagnant verra son personnage apparaître dans les chapitres suivants.
Fin du concours le mercredi 22.06.16.
Après l'étrange incident télépathique, Rosanna n'était repassée que pour lui expliquer qu'elle devait repartir en mission. Il sentit qu'elle lui cachait quelque chose mais ne chercha pas à en savoir plus, il avait déjà bien assez de soucis de son côté. Il était même content qu'elle s'en aille un moment, il aurait le temps de mettre tout ça au clair.
Après qu'elle fut partie, il s'installa sur ce qui était devenu son poste de méditation.
Il avait appris très jeune à méditer, pour se reposer, mais aussi pour communiquer avec l'esprit commun de la ruche.
Ici, il n'y avait pas d'esprit de la ruche, juste ses propres pensées, ce qu'il appréciait. Lui qui avait toujours aimé les grands espaces goûtait de méditer devant l'immense baie vitrée baignée de soleil.
Il laissa son esprit s'apaiser, puis il étendit ses perceptions. Il sentit l'Athosienne, qui faisait partie de ces humains sensibles, mais il se garda bien de toucher son esprit. Il sentit quelques autres humains sensibles très loin sur le continent, mais ils ne l'intéressaient pas. Depuis qu'il avait choisi de rester sur Atlantis, il sondait régulièrement le cosmos à la recherche des siens. Il savait qu'il détecterait leur arrivée des heures ou même des jours avant les capteurs de la cité.
En aucun cas il ne voulait que toute cette expérience intime tombe à l'eau à cause de ses semblables.
Rassuré, il se recentra sur lui-même.
A force de combat, il respectait -en un sens- le Satédien, qui lui aurait donné bien du fil à retorde s'il l'avait rencontré du temps où ce dernier était encore un coureur.
Le major Sheppard ne lui inspirait toujours que haine et dégoût, mais il ne pouvait nier qu'il était un bon leader et un fin stratège.
Il appréciait le docteur Beckett, qui le premier après Rosanna, lui avait laissé le bénéfice du doute.
Enfin son instinct de wraith le poussait à considérer le docteur Weir comme la reine de cette cité, et donc sa supérieure absolue.
Elle ne ressemblait en rien à son ancienne reine, qui ne voyaient en ses drones et ses alphas que des moyens d'atteindre ses objectifs personnels. Weir se servait de ses hommes pour le bien de tous, faisant passer la collectivité au dessus de l'individu. Elle n'en restait pas moins proche de chacun des habitants d'Atlantis, veillant à la sécurité et au bien-être de chacun. Il l'avait vue s'inquiéter lorsque l'équipe du Lieutenant Juarez n'avait pas pris contact avec la base, et il avait d'abord trouvé ça stupide. Il ne s'agissait après tout que de cinq soldats en tous points identiques à la centaine d'autres que comptait la base. Il avait pensé qu'elle était folle lorsqu'elle avait envoyé une seconde équipe, et un de leur si précieux petits vaisseaux, à leur recherche.
Et ils étaient revenus. Deux des membres de la première équipe était morts aux mains des wraiths, mais aucun n'avait rien dit sur la cité, malgré les tortures. Il s'était demandé pourquoi ils n'avaient pas parlé pour abréger leurs souffrances. Il n'avait pas compris tout suite, mais quelques jours plus tard, il entendit un des rescapés raconter à une infirmière qui lui refaisait son bandage, qu'ils avaient tenus car ils savaient qu'Atlantis ne les abandonnerait jamais, et que quelqu'un viendrait forcément pour les sauver, ou au moins les venger. Ils ne pouvaient abandonner ceux qui ne les abandonnaient pas. Et il avait compris. N'avait-il pas vécu la même chose, lorsque son humaine avait été en danger ? Il n'avait pu l'abandonner, car elle avait été là pour lui quand il en avait eu besoin.
Ce jour-là, il s'était promis d'aller faire allégeance à cette nouvelle ruche et à sa nouvelle reine.
La plupart des humains au mieux l'indifféraient, au pire l'agaçaient profondément : mais certains, il le savait maintenant, valaient vraiment la peine d'être connus. Il voulait avoir le temps de le faire tranquillement et il voulait le faire par lui-même.
Un wraith ne prête pas allégeance à une reine par l'intermédiaire d'un autre !
Alors que Rosanna préparait son départ, il entreprit de localiser les dépôts où avaient été stockés les vêtements wraiths. Il souhaitait être à son avantage en l'honneur de sa nouvelle souveraine.
Il trouva les deux locaux tant convoités, mais malheureusement ces derniers ne faisaient pas partie des zones auxquelles il pouvait accéder.
Fort heureusement pour lui, l'exaspérant et balourd sergent Garcia était responsable de sa surveillance ce jour-là. Il n'eut donc aucune peine à le manipuler mentalement pour que ce dernier lui ouvre les portes.
Dans la première salle, il trouva un plastron intact simplement taché du sang de son ancien propriétaire. Il trouva également une ceinture, dont la boucle ouvragée avait dû être offerte à son porteur précédent en récompense de quelque grand fait d'armes.
Dans la seconde, il se dégota un manteau d'officier parfaitement à sa taille, et qui avait bien meilleure mine que le sien, usé par des décennies de chasses en forêt par tout les temps, ainsi qu'un brassard ornemental, qui compléterait agréablement sa tenue.
Il ne trouva aucun pantalon à sa taille qui ne fût en piteux état, les humains semblant adorer y percer des dizaines de trous avec leurs armes. Ce qu'il trouva en revanche, dans une sacoche oubliée sous le monticule de nippes, ô trésor ! un petit ordinateur de poche wraith, et une dague de métal noir.
Il cacha sa trouvaille sous son long manteau et, le reste de son butin en main, remonta mettre en bon ordre ses nouvelles affaires.
En quelques semaines, il avait eu le temps d'observer les rythmes de la cité. Il savait ainsi que sa meilleure chance d'obtenir un entretien avec le docteur Weir, serait de l'intercepter en début de soirée, alors qu'elle quitterait son bureau pour faire un rapide crochet par ses quartiers avant d'aller manger.
Il attendit l'heure propice en observant la course du soleil dans le ciel. Les longues heures passées dans la cellule souterraine, lui avaient appris à savourer quelque chose d'aussi simple que la courbe de l'astre lumineux.
Lorsque l'heure fut bientôt arrivée, il quitta sa chambre, remarquant au passage que son garde avait changé, pour s'enfoncer dans le cœur palpitant de la cité.
Il se posta dans le couloir non loin de la chambre de la directrice, et attendit. Son garde semblait gêné qu'il tienne à faire le planton dans le hall, aussi pour s'occuper, s'amusa-t-il à jeter des regards mauvais et des sourires carnassiers au malheureux qui se mit à suer abondamment, faisant mine de n'avoir pas remarqué le manège du wraith.
« Markus ? Que faites vous là ? » l'interrompit la voix ferme du Docteur Weir. « Thompson, tout va bien ? »
« Ahh, Madame, je voulais vous voir !» s'exclama le wraith de son ton le plus avenant.
Weir eut un frisson dans le dos en entendant l'alien lui parler si doucement, la fixant droit dans les yeux, un grand sourire sur les lèvres révélant ses dents aiguës.
« Eh bien, que puis je faire pour vous Markus ? » demanda cette dernière.
« Je désirerais vous parler en privé, demain, Madame. » lui répondit le géant en penchant la tête de côté, comme un tigre qui dévisage sa proie.
« Vous pouvez me parler ici, Markus, allez y. » dit-elle fermement.
« Non, Madame, je regrette, il me faut un peu plus de votre temps. Il est l'heure pour vous d'aller manger, je ne voudrais pas vous indisposer. Je viendrais demain, quand cela vous conviendra. » répondit-il, de ce ton doucereux qui lui filait des frissons dans le dos.
« Soit, venez demain à mon bureau à neuf heures précises. » capitula-t-elle
« Merci, bonne soirée Madame. » la salua-t-il en inclinant la tête.
Il s'éloigna, laissant Weir devant sa porte, toute à ses questions sur cet étrange échange.
Le lendemain, dès l'aube, il avait commencé à se préparer.
Il prit un instant pour se contempler tel qu'il était, et ne serait plus jamais.
Il observa le tatouage, qui depuis ses cent ans, le marquait comme appartenant à la reine qu'il reniait.
Le fin entrelacs de lignes noires qui ornaient son oeil gauche, descendant du milieu de son front à sa joue, ressortait sur sa peau pâle. Il se demanda s'il aurait un nouveau tatouage après celui-ci.
Avec le couteau qu'il avait récupéré, il arracha soigneusement le tatouage qui l'identifiait comme un traqueur de la ruche de Silla.
La douleur fut cuisante et il dut mordre dans un chiffon pour ne pas hurler, alors qu'il décollait la peau de sa chair. Pantelant, il regarda la peau vierge de toute ligne repousser sur son visage mutilé.
Il se sentit vide et nu. Il ne pouvait plus faire marche arrière, plus jamais.
Dans un pot, il brûla le bout de peau, tout en prononçant les paroles rituelles du renoncement.
Puis, très soigneusement, il se lava, coiffa ses cheveux, et sa barbe, et s'habilla des vêtements qu'il avait préparés.
Il était presque l'heure lorsqu'il fut fin prêt. Il se contempla un instant dans le miroir de sa petite salle de bain. Il avait fière allure ainsi, bien loin du traqueur solitaire et poussiéreux d'autrefois, et plus loin encore du prisonnier miteux qu'il avait été.
Il se sentait revivre.
Satisfait, il sortit, faisant tourbillonner les pans de son manteau. Son garde dut courir sur ses traces pour ne pas le perdre au détour d'un couloir.
Il traversa les corridors comme s'il en était le seigneur et protecteur, laissant le soin aux autres de s'écarter de son chemin. Personne n'eut la bêtise de se mettre sur la route du prédateur, et à neuf heures précises, il arrivait devant la porte vitrée du bureau de Weir.
Weir loupa un battement de cœur lorsqu'elle vit le wraith, impressionnant, monolithique et puissant s'approcher à grand pas de la porte de son bureau. Il était déjà impressionnant lorsqu'il était prisonnier, en bas, dans sa cage, mais là, il était à la fois fascinant et terrifiant.
Les deux marines qui gardaient le bureau se raidirent.
« Laissez-le passer. » ordonna-t-elle.
Arrivé à la porte, Markus s'arrêta un instant, et lorsqu'elle lui eut fait signe, il se retourna, clouant sur place d'un regard son malheureux garde, qui resta planté devant l'entrée de la pièce.
Il entra, refermant derrière lui.
Elle avait remarqué que le wraith avait changé d'apparence, mais il dégageait aussi une toute autre aura. Que lui voulait-il donc ?
« Bonjour Markus, à quel sujet vouliez-vous me voir ? »
« Je suis venu vous prêter allégeance, à vous et à la cité d'Atlantis, Madame » répondit ce dernier, droit comme un I.
« Vous quoi ? » s'étouffa cette dernière, pas sûre d'avoir bien compris.
« Je suis venu vous prêter allégeance, à vous et à la cité d'Atlantis, Madame » répéta très calmement l'alien.
« Bon, qu'entendez-vous par-là, Markus ? » demanda cette la directrice en se pinçant l'arête du nez.
« J'ai choisi de rompre le serment qui me liait à mon ancienne reine et à la ruche de Silla, afin de vous prêter serment. Je suis venu faire acte d'allégeance et d'obéissance, à vous, en tant que ma nouvelle reine et maîtresse incontestée. » expliqua-t-il, l'air toujours aussi sérieux.
Weir se massa les tempes. Elle devait être en plein rêve, c'était tout simplement surréaliste.
« Ça consiste en quoi, exactement? » demanda-t-elle en désespoir de cause.
« Dorénavant je n'obéirais qu'a vos ordres, et n'agirais que dans les intérêts qui sont les vôtres. Quelle que soit la mission que vous me confierez, je m'y consacrerais jusqu'à sa réussite, ou ma mort, Madame. »
« Pourquoi feriez-vous cela ? »
« En me capturant, vous m'avez offert la plus grande chance de ma vie. Je me suis rendu compte qu'ici, à vos côtés, je vous serais bien plus utile que je ne le serais jamais auprès des miens » expliqua-t-il. « Je n'ai jamais rien désiré d'autre que de me sentir utile. » ajouta-t-il dans un murmure.
Cet aveu de la part du redoutable guerrier alien, toucha profondément Weir. Elle sut instinctivement qu'il ne mentait pas.
« Si j'accepte, que se passera-t-il ensuite ? » demanda-t-elle
« Je vous offrirais mon sang, et par-là même ma vie. Et si vous le voulez, vous pourrez m'apposer la marque de votre choix. »
« La marque ? »
« Chaque reine fait marquer ses wraiths, afin que chacun puisse savoir à quelle ruche il appartient, quel est son rang, et s'il a accompli des actes de bravoure. »
« Je ne vous marquerais pas, Markus, vous n'êtes pas un taureau ! »
« Acceptez-vous, Madame ? »
« Je suppose que oui » répondit-elle, incertaine de ce à quoi elle venait de s'engager.
Le wraith s'approcha d'un pas. Les gardes derrière la porte firent mine d'entrer, mais Weir, d'un geste de la main, les en empêcha.
Markus posa un genou à terre, et retira doucement le gantelet qui couvrait sa main droite.
Weir se crispa sur sa chaise mais ne bougea pas.
Il sortit le couteau, et s'inclinant profondément, s'entailla la chair de la paume jusqu'à l'os.
Le sang coula en abondance, vert, tâchant le sol.
Il prononça les paroles d'allégeance tandis que l'entaille cicatrisait.
Lorsque il n'y eut plus trace de la blessure, il se releva, tendit le couteau à sa nouvelle reine, lame vers lui et la tête penchée en signe de soumission, et lui demanda :
« Quels sont vos ordres, ma reine ? »
Secouée, Weir ne répondit pas immédiatement, puis voyant qu'il ne bougeait pas:
« Markus, pour commencer, ne m'appelez plus jamais -ma reine- C'est Madame ou Docteur Weir, est-ce compris ? »
« Oui, Madame. »
Elle réfléchissait à toute vitesse.
« Ensuite, je veux que ce qui vient de se passer dans ce bureau reste secret. J'irais parler aux gardes, mais vous n'en parlez à personne. »
« Rosanna posera des questions, Madame. »
« Vous pouvez en parler à Rosanna, cette femme a une intuition extraordinaire en ce qui vous concerne de toute manière. Assurez-vous simplement qu'elle ne vende pas la mèche. »
« A vos ordres, Madame. »
Voyant qu'il semblait toujours attendre, Weir le congédia.
Alors qu'il allait ouvrir la porte, elle l'interrompit.
« Merci Markus, ce que vous avez fait me touche beaucoup. »
Le wraith la salua de la tête avec respect avant de quitter la pièce, et elle appela les gardes dans son bureau.
Markus attendit docilement son gardien sur la passerelle.
Depuis son poste d'observation, il vit son humaine traverser la porte vers une lointaine planète. Il espérait que tout se passerait bien pour elle.
Lorsque le garde fut sortit, Markus repartit en direction de ses quartiers. Il se sentait vidé. Il ne s'était pas rendu compte à quel point il avait craint que le docteur Weir refuse son allégeance.
Une fois la porte de sa chambre refermée, il s'effondra sur son lit, et s'endormit. Il dormit plus profondément qu'il ne l'avait fait depuis des mois. Il était chez lui.
L'après-midi était déjà bien avancée lorsqu'il se réveilla. Son esprit était toujours un peu vide, mais son corps réclamait du mouvement. Il se rendit donc dans le hall d'entraînement de la cité.
Ronon n'y était pas à cette heure, mais il trouva quelques marines qui acceptèrent de le combattre. Ils n'étaient vraiment pas à la hauteur, aussi finit-il par leur proposer de se mettre à quatre contre lui.
Cette fois, ce fut un peu plus dur pour lui de remporter le combat, mais il y parvint tout de même.
Se sentant bon sire, il offrit même à ses adversaires un débriefing durant lequel il leur expliqua ce qu'ils auraient pu améliorer. Les humains, épuisés, le laissèrent seul et encore plein d'énergie. Il s'entraîna un moment de son côté. Avisant les râteliers remplis d'armes d'exercice, il vit un grand arc. Il en connaissait le fonctionnement pour avoir déjà vu des humains s'en servir, parfois contre lui, mais il n'en avait jamais manié.
Il attrapa l'arme, et en testa la résistance. Il ne lui fallut guère d'effort pour le bander. Il encocha une flèche, et visa la cible en paille à l'autre bout de la salle. La flèche partit et se planta violemment dans le mur, à un bon mètre au-dessus de la cible.
Il en encocha une autre et visa plus bas. Elle se planta avec un bruit sec au sol, entre les pieds de la cible. Les humains le maniaient si facilement, alors pourquoi n'y arrivait-il pas ?
Il vida son carquois. Sur la quinzaine de flèches, seules trois s'étaient plantées dans la bordure de la cible.
« Vous vous crispez trop sur la corde, et il ne faut pas viser directement la cible, mais un peu au-dessus, pour faire faire une légère cloche à la flèche » lui conseilla doucement Teyla, qui l'observait depuis un moment.
Elle prit un autre arc, et s'approchant, décocha négligemment une flèche en plein centre de la cible.
« Allez chercher vos flèches, je vais vous montrer. » lui proposa-t-elle.
Il grogna, abominablement agacé, mais obtempéra.
Elle lui fit ensuite bander son arc plusieurs fois à vide, corrigeant subtilement sa position à chaque fois.
Lorsqu'elle fut satisfaite, elle le laissa encocher une flèche. La flèche se planta en sifflant dans la bordure de la cible.
« Bien, il y a du progrès. Allez-y, continuez. »
Il encocha une seconde flèche, puis encore une autre. La cible fut bientôt bardée de flèches, seules quelques-unes s'étant égarées en dehors.
« Vous avez l'essentiel, reste à vous entraîner, car j'aurais le temps de vous transpercer dix fois avant que vous n'ayez décoché votre première flèche. »
En guise de réponse, il lui feula dessus.
« Commencez par améliorer votre visée. Ensuite vous pourrez accélérer, et apprendre à vous déplacer. » conclut-elle, sans se laisser impressionner.
Elle le laissa devant sa cible pour aller s'entraîner un peu plus loin.
Il vida encore deux fois son carquois, avant de décider que cela suffisait.
Le lendemain, un marine vint le prévenir que le docteur Weir voulait lui parler.
Il se rendit donc sans délai dans le bureau, où cette dernière lui donna sa première mission officielle.
« Je veux que vous alliez aider le Docteur Barras. Il a commencé, il y a plusieurs mois, durant le séjour de votre congénère Todd, à constituer un dictionnaire wraith. »
« Bien, Madame. »
Le Dr Barras était un petit homme rouquin, qui manqua de s'évanouir en voyant le grand alien entrer dans son bureau.
Il fut absolument incapable de se concentrer, tout tremblant qu'il était, et ne put répondre plus de deux mots à Markus tant il bégayait. Ce dernier, exaspéré, finit par lui hurler dessus de lui donner son fichu dictionnaire : il le corrigerait au calme, avant de le lui rendre.
L'homme obtempéra, terrorisé. Alors que Markus quittait le laboratoire, il entendit le petit personnage éclater en grands sanglots nerveux derrière lui. Ce qu'il pouvait haïr ces humains mous et faiblards...
De retour dans ses quartiers, il se rendit compte que, dans sa colère, il avait négligé un détail.
Il ne savait pas lire la langue humaine.
Se sentant trop las, et bien trop énervé pour pouvoir supporter à nouveau les jérémiades du Dr Barras, il s'allongea en se demandant si Rosanna accepterait de lui apprendre à lire leur écriture.
Elle accepterait sans doute, elle avait toujours l'air ravie lorsqu'il lui demandait de lui parler de sa culture.
Il était allongé depuis peu temps, perdu dans ses pensées, lorsqu'il le sentit. Sans y prêter attention, tout à ses rêveries, il s'était approché du lien ténu qui le reliait à l'humaine. Et il avait senti une autre présence. L'autre avait emmené Rosanna dans son esprit. Cette dernière ne ressentait absolument aucune crainte, mais l'autre s'était hérissé en touchant l'esprit du wraith. Il l'avait violemment repoussé. Markus, instinctivement s'était défendu, mais l'autre avait rompu le contact avant. Il sentit l'esprit de Rosanna vaciller. Il l'avait blessée par accident, alors même qu'il lui avait promis de ne plus s'introduire dans sa tête !
