Ce chapitre pourrait s'intituler « où comment une discussion anodine peut dégénérer »...

Merci pour vos reviews.

Zioupss (quel pseudo!) tu m'as fait réellement plaisir!

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Cela faisait maintenant deux mois que Marie avait repris le travail. S'occuper des enfants la contentait. Ils étaient tellement naturels qu'ils en devenaient attachants. Plus d'une fois d'ailleurs, elle avait eu du mal à faire face à la mort d'un petit. Et c'était dans les bras de House qu'elle se réfugiait. Elle ne savait pas comment il faisait pour être au courant du décès de ses patients alors qu'il avait énormément de boulot de son côté. Toujours est-il qu'il savait cela avant même de la rejoindre le soir et qu'il s'efforçait de lui faire oublier. Comme à son habitude, ce n'était pas par les mots qu'il opérait mais en la prenant dans ses bras jusqu'à temps qu'il sente le corps de la jeune femme libre de toute tension et offert à ses caresses.

Leur relation ne s'enfermait jamais dans la routine car quand l'un des deux voyait s'avancer ce danger, il prétextait du boulot pour ne pas voir l'autre un ou deux jours et faire naître ainsi le manque et enfin le désir d'être à nouveau ensemble.

House avait aidé Marie à trouver un modeste appartement dans le centre-ville. Une tension était alors apparue entre eux. Lui voulait qu'elle en choisisse un pas très loin de chez lui ; elle, avait préféré un appartement plus proche de l'hôpital pour éviter les interminables trajets en bus après le boulot. House avait perçu dans cette décision, la volonté d'indépendance de Marie et une manière bien à elle de ne pas trop s'engager. S'il l'avait mal pris, il ne laissa rien paraître.

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Ce mercredi matin, cela faisait maintenant deux jours que les deux amants ne s'étaient pas vus mais chacun pouvait ressentir le manque de l'autre. House arriva vers 10 h 30 et son équipe l'alpaga dès la sortie de l'ascenseur : les urgences leur avaient transféré un cas qui s'annonçait plus que difficile.

House, Chase, Peter et Foreman étaient dans la salle de différentiel à s'acharner pour trouver une piste. Après une ultime confrontation des avis, House distribua les tâches. Il était maintenant seul derrière son bureau fixant le tableau blanc gribouillé des cinq symptômes apparus au cours des deux dernières heures. Ces trois internes revinrent avec des mauvaises nouvelles : aucun des tests entrepris étaient positifs et en plus, le patient avait fait un arrêt cardiaque ; ce qui compliquait les choses pour la suite.

Il était midi et le ventre du diagnosticien criait famine. Ni une, ni deux, il embarqua sa canne, sa veste et se dirigea vers le bureau de Wilson. Sans frapper, il ouvrit la porte et passa la tête:

-On va se faire une bouffe?

-House!..Je suis en consultation, là! lui répondit Wilson, exaspéré.

-Ben, ce n'est pas parce-qu'il va mourir bientôt qu'il faut qu'on se laisse crever de faim!

Il referma la porte sans laisser son ami s'offusquer.

Un quart d'heure plus tard, Wilson avait rejoint House non sans lui avoir reproché son intrusion et le mal qu'il avait eu à rattraper sa réflexion. House n'y fit guère attention et enchaîna sur le cas de son patient qui lui posait problème.

-On tourne en rond. Les derniers tests prouvent qu'on se plante royalement. Le type a même pas supporter l'IRM : il nous a fait une crise cardiaque en pleine séance!

-Désolé, mais je ne peux pas t'aider sur ce coup là. Peut-être devriez-vous tout reprendre à zéro?

-Le neocortex ,tu connais? La mémoire? Tu sais très bien qu'on ne reprend jamais à zéro quand on connait le cas. ...Il nous faudrait un regard neuf....

House avait suspendu sa phrase et fixait maintenant un point imaginaire. Wilson ne s'en étonna pas : c'était toujours comme ça que son ami se comportait quand lui venait une idée. Il le regarda partir et son regard glissa vers le plateau à peine entamé, laissé en plan.

C'est trop lui demander de débarrasser son plateau?

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Elle sursauta lorsqu'un dossier médical atterri sur son bureau au milieu des bilans sanguins et autres radiographies. Elle ne l'avait pas entendu arrivé, le bruit de sa canne atténué par la moquette ; d'autant plus qu'elle détestait travailler dans le calme. Sa porte était toujours grande ouverte pour faire corps avec l'ambiance du service. Même si elle lui tournait le dos, Marie savait que House se tenait debout derrière elle. Pour une fois, il attendait patiemment qu'elle finisse de remplir le formulaire. Finalement, elle prit le dossier et se tourna vers lui en se levant:

-Qu'est-ce que c'est?

-Chez nous, on nomme ça un dossier médical.

-non, ..sans blague?

Ils aimaient se lancer des pics, mais House y mit fin devant l'urgence de la situation.

-C'est un cas qui nous est arrivé ce matin et on bloque.

House suivit Marie qui avançait dans les couloirs du service pédiatrique.

-Et?

-Et on a besoin d'un regard neuf!

Marie stoppa:

-Moi?

House regarda par dessus l'épaule de Marie :

-Non, la maman en pleure,là-bas!

Marie lui fit signe de baisser d'un ton en lui agrippant le bras pour l'éloigner.

- Greg, j'ai du boulot, ici!

-Et moi j'ai besoin de toi!

-Quoi? Ici? Maintenant? ..un peu de tenue : on est entouré de mineurs!!! ironisa-t-elle.

Un rictus se dessina sur ses lèvres mais House n'en démordait pas:

- Et ton serment d'Hippocrate alors?

- C'est exactement ce que je vais faire sur le champ!

-Oui mais mon patient est mourant, donc prioritaire.

Marie souffla et se résigna à ouvrir le dossier

-Qu'est-ce-que vous avez déjà testé?

-Un regard neuf implique que tu ne saches rien de rien. Je prendrai les nouvelles pistes.

Marie souffla, fit le point mentalement sur son programme de l'après-midi et céda finalement devant le regard insistant de House:

-Bon d'accord. Laisse moi régler 2-3 trucs et je vous rejoins dans 1/2h.

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Arrivée dans la salle de différentiel, Marie put sentir un accueil mitigé : Foreman était sincèrement ravi qu'elle vienne les épauler car il se rappelait des capacités de la jeune femme. Chase restait indifférent, tandis que Peter afficha ouvertement son hostilité:

-Qu'est-ce qu'elle vient faire ici? Dit-il en s'adressant à House.

-Est-ce que vous avez trouvé une nouvelle piste depuis la fin de la matinée,génie? Non ! Alors il faut savoir avouer son INCOMPÉTENCE et accepter une aide!

Devant la moue de jeune interne, House ajouta pour l'humilier:

-Ne t'inquiéte pas, mon petit Pet' c'est juste maman. Et papa t'aime toujours.

Chase et Foreman ne manquèrent pas d'être surpris : même si ce n'était plus un secret, House venait tout de même de faire la première allusion à sa relation avec Marie... à sa manière. Mais le diagnosticien ne leur laissa pas le temps de s'appesantir et mit en route le différentiel d'un « GO !» peu négociable.

Marie était chargée d'énoncer des pistes qui devaient les éclairer sur des éventuels manques ou même une nouvelle piste. Cet exercice était loin d'être simple : elle faisait à elle toute seule le travail d'une équipe. A mesure qu'elle avançait des hypothèses, Peter prenait un plaisir non feint pour lui signaler un diagnostique déjà testé. La jeune femme était sur les nerfs , confrontée à un petit arriviste qui jouait son petit chef et House qui le laissait faire. Elle avait d'ailleurs remarqué que le diagnosticien avait gobé 3 Vicodine en une heure. Il paraissait maintenant anxieux et impatient. A force de persévérance, Marie réussit enfin à mettre l'équipe sur une hypothèse encore inexplorée. Alors que Chase, Foreman et Peter étaient sortis faire les tests, Marie et House restèrent seuls dans le bureau. La jeune femme se tourna vers son amant:

-Ce Peter! Il se prend pour qui à me parler comme la dernière des connes?

-Il faisait son boulot.

-Non, il prenait plaisir à me rabaisser .

-Mais,il faisait son boulot.

-Tu le defends maintenant? Alors que tu es le premier à me dire combien tu le détestes.

-Il faisait son boulot.

-Tu peux changer de disque, ça devient lourd!

House goba une vicodin

-Tu ne crois pas que tu as eu ta dose? Intervint Marie.

-Oui maman! Repliqua-t-il d'un air enfantin.

-Arrête ça! Tu sais très bien que je détestes que tu le prennes comme ça. Ce n'est pas parce-que tu es sur les nerfs que tu dois décharger ta mauvaise humeur sur moi!

-Je te signale que c'est toi qui t'énerves. Et je n'ai pas besoin de toi pour me dire comment gérer ma dose de Vicodine.

-Je me préoccupe de toi!

-Préoccupe-toi du patient plutôt!Lança House en s'affalant sur son fauteuil

-Si tu le prends comme ça je me tire. Dit-elle en se levant.

-Tu ne le feras pas! Dit-il, sûr de lui.

-Tu crois ça?Répondit Marie en le défiant du regard.

-Tu es bien trop perfectionniste pour écouter ton orgueil!

-Et toi, tu préfères t'étouffer de ton orgueil au lieu d'écouter les personnes qui t'aiment.

-Aimer c'est accepter l'autre comme il est. Dit House comme un reproche.

Marie sentait bien que la discussion dégénérait et qu'il aurait mieux valu y mettre fin. Mais contrairement à ce qu'il disait, elle était bien trop orgueilleuse pour lui laisser le dernier mot, tout comme lui.

-Tu crois vraiment que je veux te changer?

-C'est ce que tu fais avec tes remarques.

-Ne vas pas trop loin, greg...Dit-elle en s'approchant de lui.

-Ça te déranges de sortir avec un drogué, hein? Dis-le!

Il s'était levé et s'approchait d'elle, son regard dans le sien. Marie pouvait voir qu'il était sous l'emprise excessive de la Vicodine par ses pupilles dilatées.

-Comment peux-tu dire ça? Je t'ai pris comme tu es : arrogant, misanthrope, narcissique et ..oui drogué!Elle avait haussé le ton.

-Génial! Que des défauts! C'est comme ça que tu me vois alors?

-Arrête de faire ton pauvre malheureux ça ne te ressemble pas!

-Va te faire foutre!dit-il d'un ton sans appel.

-Tu ne sais plus ce que tu dis: tu as gobé plus du double de ta dose quotidienne!Dit Marie en essayant de ramener un peu de calme entre eux.

-Oh, détrompe-toi, ce n'est pas la première fois que j'en prends autant. Et je suis totalement conscient de mes faits et gestes.

-Tu risquerais de le regretter.

-Parce-que je viens de t'étaler tes quatre vérités, c'est ça?

-Non, parce-que tu ne penses pas un mot de ce que tu dis.

-Qu'est-ce que tu en sais? Après tout, j'ai peut-être eu ce que je voulais : une bonne partie de baise. Et maintenant tu m'emmerdes alors je peux te dire « au revoir » (en français dans le texte)

Marie essaya de ravaler la bile qui montait. Elle savait que House n'était pas dans son état normal mais elle ne pouvait s'empêcher d'être touché par ses paroles blessantes. Alors qu'elle avait depuis longtemps abandonné sa carapace face à son amant, elle prit sur elle pour, de nouveau, adopter une attitude de protection.

Surtout ne rien montrer.

Mais House était maintenant lancé dans un monologue abject:

-Madame Sainte Nitouche! Madame je donne des leçons!Alors que je suis sûr que tu l'as allumé, pas vrai? Maintenant tu peux me le dire, hein!

-... De quoi tu parles?

-A la Nouvelle Orléans. Tu as allumé ce mec, hein?

Marie resta bouche-bée devant les insinuations de House. Une boule de colère et de tristesse lui comprima la poitrine. C'est à peine si elle l'entendait continuer:

-... Parce-que tu crois qu'un mec réagit comme ça sans avoir été allumé?...C'est exactement ce que tu as fait : tu l'as allumé et tu as eu ce que tu méritais!

C'en était trop! Marie quitta la pièce en furie. Elle ne pleurait pas : sa douleur était bien trop profonde pour être évacuée en pleurs. Dans le couloir, elle ne s'aperçut même pas qu'elle bousculait Wilson, qui se dirigeait vers le bureau de House.

Le diagnosticien, lui, s'affala sur son siège, tout à fait conscient de cette conversation et de son issue tragique. Toutefois, il pensait sincèrement être dans son droit : Pour qui elle se prend pour me faire des reproches ? Après tout, je ne l'ai pas attendu pour savoir comment gérer ma vie!

Wilson entra dans le bureau de son ami, encore interloqué par l'attitude de Marie. Elle avait l'air bouleversée et furieuse. Il vit House étalé sur son fauteuil relaxant, un rictus aux lèvres. Mais c'est la pâleur de son visage qui l'interpella.