Il fallu quelques jours à Harry avant de se remettre du nouvel affront qu'il avait vécu avec Rogue. Ce dernier avait failli à sa promesse et avait blessé Harry dans sa confiance. Par contre, Harry voyait bien les efforts que fournissait l'homme afin de se contrôler. Harry n'était même plus en mesure de compter les fois où son « père » lui avait seulement retiré des points, ou donné une retenue alors qu'il savait très bien qu'il avait eu envie de le gifler violement. Non, Harry se devait d'être juste et réaliste, Rogue se donnait la peine d'essayer et peu à peu Harry parvint à oublier leur confrontation nocturne.
La journée à Pré-au-Lard arriva et ce matin-là Harry et Ron étaient vraiment excités. Ron allait enfin se faire percer le sourcil et malgré son petit air contenté qu'il se donnait, Harry savait qu'il était mort de trouille. Harry quant à lui, avait vraiment hâte de se faire teindre les cheveux. Il avait depuis longtemps décidé du résultat final qu'il voulait obtenir, en plus il avait été mis au courant qu'il existait un salon de coiffure sorcier qui permettait de faire scintiller les couleurs dans les cheveux, un peu comme des lumières de Noël. La sortie à Pré-au-Lard fit énormément de bien à Harry, se retrouver ainsi seuls avec ses deux amis, lui fit réaliser que ce n'était pas arrivé depuis l'année dernière, en fait depuis qu'il était sous la tutelle de Rogue. Harry ne savait pas comment, mais Rogue arrivait toujours à être partout. À chaque fois que Harry désirait d'avoir un peu d'intimité avec ses amis, il le voyait arrivé au galop, sans doute pensa-t-il qu'il avait peur je ne fasse des bêtises. Bref, il était souvent pour ne pas dire toujours là. Mais pas en ce jour de sortie. Ceci avait eu un effet bénéfique sur Harry. En sortant du salon de coiffure, Harry rejoignit Hermione et Ron qui lui avait donné rendez-vous au Chaudron baveur. En voyant le jeune Gryffondor arrivé,Ron et Hermione ne purent faire autrement que de laisser tomber leurs mâchoires inférieures devant l'audace du changement!
− Quoi, s'écria Harry?
− Tout simplement génial, réussit à dire Ron au bout de plusieurs secondes de mutisme. C'est tout simplement génial, audacieux, mais merveilleux!
− Harry, dit soudainement Hermione, tu es sûr que Rogue ne t'arrachera pas la tête lorsqu'il va te voir comme cela?
− Mais non Herm, il m'a donné sa permission!
− Mais peut-être n'imaginait-il pas que tu aurais cette audace là!
− …
Harry sembla perplexe, mais ne répondit pas à sa copine.
− Par contre, Harry, je dois t'avouer que je suis en extase devant ta chevelure, il restequatre heures avant de devoir retourner à Poudlard, je cours chez la coiffeuse et je ressortirai avec une tête complémentaire à la tienne, au moins on sera deux!
− Non, trois avec moi, fit Ron!
Les yeux de Harry pétillaient, ses amis étaient vraiment super. Car si son assurance avait été illimitée initialement, il n'en demeurait pas moins, qu'au moment où Hermione avait mentionné le nom de Rogue, toute confiance lui avait glissé des mains tel l'aurait fait de l'eau. Les trois Gryffondor revinrent au château sous les regards amusés et envieurs de leurs collègues de classe. Arrivés au château, ils durent se rendre à l'évidence que leur exploit ne faisait pas l'unanimité. Cela ne prit guère de temps avant qu'une voix surgisse derrière eux.
− Mlle Granger, M. Weasley et M. Potter.
Les trois compagnons se retournèrent pour faire face à la voix qui les avait interpellée. Ils ne connaissaient pas la personne, mais à voir son insigne c'était certainement un préfet-en-chef.
− Suivez-moi, dit le préfet-en-chef!
− Où allons-nous, demanda Hermione un peu moins sûr qu'elle ne l'avait été avant de franchir les portes du château?
− Vous verrez, dit ce dernier sèchement, apparemment dérangé par l'allure des trois élèves.
Pour s'y être rendu à plusieurs occasions, Harry murmura à l'intention de ses amis qu'ils se rendaient dans le bureau de Dumbledore et que par ce fait ils ne risquaient rien. Dumbledore pourrait comprendre. Harry mentionna qu'il ne voulait pas que ses amis se blâment. Il voulait prendre l'entière responsabilité, car à l'origine c'était son idée. Avant même que Hermione n'ait eu le temps de répliquer, le préfet-en-chef prononçait le mot de passe.
− Cerise, limette et chocolat.
Et l'oiseau bougea pour donner place à l'escalier en colimaçon. Lorsque les trois Gryffondor arrivèrent dans le bureau, ils ne virent que Dumbledore, installé derrière son bureau, l'air amusé et sérieux. Il semblait affairé à ouvrir un bonbon à la lime qui résistait malgré ses gestes habitués et professionnels. Il détestait qu'un bonbon lui résiste, finalement il réussit à l'ouvrir.
− Ha! Vous êtes là, dit-il tranquillement, je ne vous avais pas entendu entrer. Bien nous pouvons commencer notre petite réunion. Le professeur Rogue et le professeur McGonagall étant déjà parmi nous, je vous prie de prendre place les enfants.
Pour la première fois depuis qu'ils étaient dans le bureau, les enfants virent que leur directrice de maison et leur professeur de potions étaient déjà installés dans de confortables fauteuils. Harry avala péniblement et baissa la tête, soudain lui aussi perdit toute l'assurance qu'il avait eu en franchissant les portes du château. Alignés comme une envolée de canard, les amis avancèrent et rejoignirent leurs professeurs qui jetaient sur eux des regards sévères, mais quelque fois amusés.
− Bon entreprit, Dumbledore. Voulez-vous une tasse de thé les enfants? Professeurs? Non, d'accord! En premier lieu, je voudrais vous féliciter mes jeunes amis.
Harry, Hermione et Ron se regardèrent interloqués, mais sûrement pas autant que l'étaient Severus et Minerva.
− Oui, poursuiva Dumbledore, autant commencer par les choses amusantes. (Cette dernière pensée sema des larges inquiétudes dans l'esprit des élèves téméraires) Vous féliciter pour votre fidélité et votre loyauté à votre maison. Malgré le fait qu'une extravagance de la sorte, il pointa les cheveux des étudiants, soit interdite à l'école (Soudain Hermione rougit, elle venait de se rappeler qu'un règlement interdisait la teinture extravagante), il n'en demeure pas moins que vous mettez en évidence votre fierté d'être chez les Gryffondor, ce qui me touche. Par conte, comme il s'agit de teinture sorcière, nous ne pouvons pas la faire disparaître et ainsi vous redonner votre couleur de cheveux d'origine, nous risquons d'aggraver la situation et de la rendre irréversiblement catastrophique. Ce qui m'amène à vous informer que vous serez puni pour votre action de « masse » afin d'inciter les autres à ne pas tenter l'expérience ainsi que pour vous décourager de recommencer cette tentative. Je laisserai le soin au professeur McGonagall de vous informer de votre punition. Les trois élèves de levèrent et suivirent le professeur McGonagall jusqu'à son bureau.
− Je dois vous avouer que la situation me perturbe, les enfants. Je m'attendais à plus de sérieux de votre part et surtout venant de vous Mlle Granger, dit la directrice de Gryffondor.
À la mention de son nom, Hermione baissa la tête déjà extrêmement baissée par la honte et la peur.
− Pouvez-vous seulement imaginer ce que vous venez de faire? Vous avez délibérément violé un règlement de l'école. J'exige des explications avant de rendre ma décision sur votre punition!
− Je suis désolée, professeur McGonagall, fit Hermione timidement, j'avais oublié que de telles actions été prohibées à Poudlard.
− Professeur, rajouta Harry. C'est entièrement ma faute, j'avais eu la permission de père pour me faire teindre les cheveux, sauf que je ne lui avais pas fait mention de la couleur que je voulais avoir. Après que je l'eue fait, Hermione et Ron ont voulu le faire aussi, mais si je ne l'avais pas fait aucun des deux n'auraient penser à agir ainsi. Je vous en prie professeur, punissez-moi et non les autres si vous voulez punir quelqu'un, car je me sentirais extrêmement mal d'avoir entraîné mes amis dans une situation comme celle-ci.
− M. Potter, dit McGonagall, je crois que la décision finale revient à moi et à moi seule, en tant que directrice de Gryffondor, je vous enlève chacun 30 points.
Les enfants en croyaient pas leurs oreilles, seulement 30 points, ils s'étaient attendus à 300 jours de retenues avec Rusard! Mais ne voulant pas faire tourner le vent de bord ils ne dirent rien de plus, trop heureux de s'en tirer à si bon compte. Les enfants vinrent pour quitter la pièce lorsque Minerva ajouta :
− M. Potter, le professeur Rogue vous attend dans son bureau.
En disant cela, elle vit que le garçon avait blêmit et rajouta d'un ton maternel.
− Allons, mon enfant, cela se déroulera bien. Ayez confiance!
Harry la regarda de ses grands yeux d'émeraudes et murmura un tout petit merci. Ron et Hermione accompagnèrent Harry vers les donjons, le silence qui régnait durant leur marche était assommant.
− Harry, fit Hermione, ça va bien aller, je suis avec toi.
− Et tu seras avec moi lorsque j'aurai reçu une gifle, lorsque je serai étendu à terre, demanda Harry sans savoir pourquoi il s'en prenait à son amie? Oh désolé, Herm, j'ai les nerfs à vifs.
− C'est correct, Harry.
− Ça va aller, demanda Ron tout aussi blême qu'une balle de neige?
Harry acquiesça puis frappa à la porte du bureau de Rogue
