Auteur : Nami-chan.
Couples :DateSana, MotoMoto, KoSasu, IeMitsu, et d'autres
Disclaimers : Je crois qu'on aimerai tous posséder les droit sur Sengoku Basara, mais ce n'est pas mon cas
Dragon Tales Livre Deux
Partie 21
Un vent de tranquillité soufflait sur les falaises arides de Mikawa. C'était en ces lieux que le clan Tokugawa avait érigé sa forteresse, pourtant celles-ci semblaient bien loin de la guerre qui avait déjà commencé à changer le pays.
Un visiteur n'aurait pas pu s'empêcher d'admirer l'architecture et l'ingéniosité de cette construction destinée à protéger le clan. Tout n'était pas visible au premier coup d'œil cependant. Le terrain cependant étant tout en relief, il avait été trouver de nombreux systèmes pour faire gagner un précieux temps aux soldats. Pourtant, un soldat ennemi arrivant à la première porte de Mikawa au cœur de l'après-midi n'atteindrait pas l'autre bout avant la nuit. Ieyasu s'était avant tout assuré que ça forteresse soit bien gardée et difficile à prendre.
Cela allait du simple piège à la catapulte cachée derrière de hautes palissades en bois. Des tyroliennes reliaient les postes de gardes entre eux, un gain de temps considérable quand il s'agissait d'acheminer des marchandises ou de communiquer des ordres.
L'or et le jaune qui ornait le drapeau des soldats de Mikawa venaient de la couleur de ces terres
Le point culminant était une tour en bois battu par les vents et par le soleil, là où le plus de végétation poussaient dans les gorges autour, là où les paysans avaient installé leurs rizières et leur culture. Au printemps les arbres fruitiers laissaient choir leur pétales délicats tout autour et le paysage changeait encore de visage.
C'était là qu'Ieyasu aimait être quand il en avait le loisir. D'ici, il pouvait voir tout ce qui s'étendait sur le domaine de ses ancêtres.
Depuis plusieurs jours la pluie d'automne avait battu les falaises et des nuages épais avaient recouvert le soleil. Revenant de sa récente bataille avec un nouvel allié, un seigneur de plus rallié sous la bannière de l'Est, Ieyasu semblait avoir ramené le soleil avec lui sur ses terres.
Aussi s'était-il permis de profiter d'un des rares moments de répit que la guerre pouvait lui accorder. Aujourd'hui personne n'était venu lui faire rapport d'un nouveau chef de guerre forcé dans les rangs de Mitsunari, personne n'était venu le trouver en implorant son aide. Tandis que la peur du roi de la malchance se lissant dans leurs yeux. Tadakatsu aussi, qui d'ordinaire le quittait rarement des yeux, lui avait accordé un petit moment seul.
Même s'il avait du temps libre, Ieyasu n'était pas le genre d'homme à rester inactif. Il partageait cela avec Yukimura, bien qu'il ne soit pas aussi infatigable que le jeune tigre de Kai.
Le haut de cette grande tour était idéal comme lieu d'entraînement. Ici Ieyasu pouvait battre l'air, sauter et faire des exercices sans freiner le travail de ceux qui maintenaient la vie du fort.
Cela avait sur lui un puissant effet cathartique.
Battant l'air de ses poings, ses muscles commençant à s'échauffer d'effort, Ieyasu avait commencé à réfléchir. Il pensait en son rêve qu'il voyait de plus en plus clairement, qui petit à petit, à mesure que l'alliance de l'Est grandissait, se concrétisait et prenait de l'ampleur. Il lui arrivait encore de douter, comme maintenant.
Tous ces sacrifices... non, il avait tort de douter dans un moment pareil, avoir conscience de ce qu'il avait laissé derrière lui pour en arriver là était suffisant. Il devra toujours le porter avec lui et c'était comme ce là qu'il en sortirait grandi.
Ieyasu savait cependant qu'il lui fallait encore un peu de temps pour accepté le fait que Mitsunari, la personne qu'il avait le plus aimée au monde le haïssait de tout son être. Le sang innocent verser entre eux deux était preuve suffisante. Une part de lui persistait à croire qu'il pourrait faire oublier ses crimes du passé à celui qui avait été son amant, il aurait tant voulu lui montrer ce pays en paix.
Quand Mitsunari était-il devenu le dernier obstacle à cette même paix ?
C'était inutile de se mentir, chaque nouvelle journée qui s'écoulait ne servait qu'à lui montrer que cette paix ne pourra ce faire qu'une fois Mitsunari défait. Ieyasu sentait également que le moment de leur rencontre finale approchait à grands pas... il ne pourrait pas repousser l'affrontement plus longtemps.
Bientôt, il devra faire son choix, ou le destin choisira pour lui.
Un soudain flash lumineux de couleur bleue attira son attention, il semblait que quelque chose se tramait en bas des falaises. Un autre flash bleu s'éleva, plus haut cette fois. Essoufflé par ses katas, Ieyasu ne put cependant réprimer un sourire.
Même s'il avait apprécié cette journée de repos, la vérité était qu'il commençait à s'ennuyer.
"Seigneur Ieyasu !" lui lança l'un des gardes qui venait de le rejoindre au sommet de la tour.
Ieyasu laissa le temps à l'homme hors d'haleine de reprendre son souffle après la série de marches qu'il venait de gravir. Croisant les bras sur sa poitrine, il attendit.
"Le seigneur...huff...Le seigneur Date nous attaque avec un petit groupe de cavaliers. Le seigneur Tadakatsu s'est lancé à sa poursuite mais Date est-" L'homme s'interrompit en voyant le sourire rayonnant de son seigneur. Il cligna des yeux d'étonnement.
C'était bien ce qu'Ieyasu avait vu. Il avait senti d'ici cette aura combative qui animait le dragon. La perspective d'affronter un tel adversaire avait réjouit Ieyasu. Un combat avec Date était un combat de guerrier, d'homme à homme sans soif de sang et de meurtre. Il avait bien besoin de cela. Comprenant que son soudain sourire avait surpris le soldat, Ieyasu se repris.
L'étonnement du soldat cessa lorsque le sourire de son seigneur se resserra pour former une expression plus dangereuse et combative. Il le vit serrer les poings comme se préparant à rencontrer la tête dure de cet imprudent et fonceur de Masamune.
"Laissez-le venir. Que Tadakatsu et les hommes économisent leurs forces. Date n'est pas venu ici pour nous envahir. " il ne savait pas ce qui lui permettait de l'affirmer avec autant de certitude, sans doute que son apprentissage passer des sciences occultes lui avait laissé un certain sens de l'intuition. "Mais faites en sorte de le ralentir, montré lui qu'il ne faut pas provoquer les soldats de Mikawa. Je me charge du reste."
Le soldat comprit tout de suite ou voulait en venir son seigneur. Il s'inclina avant de partir dans la direction opposée pour transmettre ses ordres aux haut gradés. Le sourire d'Ieyasu devait être contagieux parce que l'homme en portait un lui aussi, son moral boosté par l'enthousiasme de son seigneur.
Un autre flash lumineux explosa non loin, de plus en plus proche de la tour, Date était rapide, ça Ieyasu pouvait lui concéder.
Ieyasu roula des épaules, fit craquer bruyamment les articulations de son cou et continua de s'échauffer en prévision de l'arrivée du dragon borgne.
"Si c'est un beau combat que tu cherches, tu vas être bien reçu, roi des dragons." affirma-t-il, affichant un sourire confiant.
Masamune semblait grandement s'amuser de son côté. À partir du moment ou un premier groupe de gardes avaient tenté de le stopper au pied des falaises, il c'était fermement décidé à faire une entrée en grande pompe. A savoir, envoyer tout le monde valser jusqu'à ce que Ieyasu vienne enfin à sa rencontre. Au pire si Ieyasu ne descendait pas de son perchoir ce petit combat bien défoulant compenserait l'affront qu'il faisait à Masamune en l'obligeant à aller le chercher lui-même.
Perçant les lignes ennemies, son sabre en garde devant lui, Masamune progressait rapidement, personne ne lui opposant une grande résistance.
"Hah ! Y'en a t-il un seul ici qui tiendra plus de dix secondes contre moi ?" lança-t-il à qui voulait bien l'entendre.
A ses côtés, Kojûro terminait également de mettre à terre un petit groupe de trois ennemis, rompant leur formation de combat. La désapprobation se lisait fortement sur son visage. Il soupira lourdement en plaquant en arrière quelques mèches rebelles tombées sur son front.
"Masamune-sama, peut-être aurait-il été plus judicieux de demander une audience plus conventionnellement et de-"
"Whatever, on n'a pas toute la journée !" l'interrompit Masamune courant déjà en direction d'un nouveau petit groupe de soldats.
Une ombre sauta à côté d'eux, éliminant d'un geste précis un adversaire qui avait tenté de se relever.
"Il est vraiment toujours comme ça?" demanda Sasuke, rattrapant son Shuriken au vol d'un geste habitué.
Les deux hommes regardèrent Masamune passer en force tandis que les hommes de Mikawa semblaient s'envoler dans toutes les directions autour de lui. Pour toute réponse Kojûro lâcha un nouveau soupir, puis prenant son sabre à deux mains, s'élança à la suite de Masamune.
"Je ne m'allie qu'avec ceux qui le mérite !" affirma Masamune quand les deux hommes furent de nouveau à portée d'oreille, "Date Masamune ne s'incline devant personne, you see ?" et il ne commençait même pas à être essoufflé.
Sasuke et Kojûro se turent, échangeant un regard et un haussement d'épaules, ils feraient avec.
"Ce type et un danger public." marmonna tout de même Sasuke.
Il ne s'était pas attendu à ce qu'un éclair bleuté l'oblige à faire appel à ses réflexes et à se baisser en catastrophe pour esquiver.
"Hé !" lança-t-il.
"Shut up !" répondit Masamune. "Ne te tiens pas si près de moi."
Sasuke était presque tenté de lui tirer la langue, mais c'était se rabaisser au niveau de ce gamin capricieux. Aussi se contenta-t-il de lui lancer un regard noir, criant implicitement qu'il savait très bien que Masamune l'avait fait exprès.
D'un coup de pied latéral, Kojûro termina de neutraliser les derniers assaillants de ce contingent. D'ordinaire, il arrivait très bien à protéger les arrières de Masamune en faisant avec ses tendances à foncer dans le tas, mais là s'il devait aussi gérer les enfantillages de Sasuke il n'allait pas s'en sortir. Un commentaire sur ce fait était sur le point de sortir de sa bouche mais Masamune en décida autrement, s'élançant déjà vers une petite tourelle en bois gardée par quelques hommes semblant terrorisé à leur approche.
Ces hommes-là opposèrent un peut plus de résistance, bien décidé à garder cette fameuse tourelle à l'air inoffensif. Masamune passa seul derrière la construction, mais les deux autres hommes aussi avaient remarqué ce qui avait attisé sa curiosité.
Il s'agissait d'un long câble portant une poulie ressemblant au dispositif qu'avait inventé Motochika pour hisser les voiles de ses navires sans effort. Le câble était tendu entre deux autres constructions en bois chacune d'un côté opposé de la falaise, passant au-dessus du vide.
"Ça a l'air pas mal comme truc, en utilisant ça on évitera de faire tout le tour." commenta Masamune.
Kojûro n'eu même pas besoin de regarder au pied des falaises en dessous d'eux pour protester.
"C'est bien trop dangereux, il n'y a que le vide en dessous de vos pieds." commença-t-il
"Yahou !"
Il n'avait pas eut le temps de terminer sa phrase que Masamune c'était déjà élancer, ses bras accroché à la poulie, il s'était laissé descendre aisément le long du câble et n'était déjà qu'un petit point bleu et noir atterrissant de l'autre côté.
Kojûro hésita un instant entre le suivre par la voie des airs, le suivre par la voie terrestre et hurler de frustration. Mais ce n'était pas dans son caractère que de protester aussi ouvertement. Il espérait juste que Masamune apprenne à faire moins de choses aussi inconsidérées à l'avenir.
L'espoir le faisait vivre.
"De mieux en mieux." lança Sasuke pointant le ciel avec son doigt, un rictus inquiet pinçant ses lèvres.
Un vrombissement de machine poussa Kojûro à regarder dans la direction que pointait le ninja. Il ne connaissait qu'une seule personne dans tout le pays qui pouvait emmètre un tel son métallique de rouage et d'électricité, et cette personne n'était pas à prendre à la légère.
"Honda Tadakatsu. Il ne faut pas le laissé ralentir Masamune-sama." lança-t-il avant de partir à la poursuite du géant de fer passé au-dessus sans les voir alors qu'il les recherchait vraisemblablement.
Le suivant comme son ombre, Sasuke ricana. "Tu le réprimandes mais en fait tu adores son côté téméraire, pas vrai ?" commenta-t-il.
"Ce n'est pas le moment d'en rajouter." gronda Kojûro.
"Yukimura me manque. Lui au moins on peut le taquiner." affirma Sasuke, affichant une mine faussement boudeuse.
A ces mots, Kojûro esquissa lui aussi un sourire. "Tu le taquineras autant que tu veux quand nous l'aurons ramené de chez Ishida."
"Je vais le torturer, oui." répondit Sasuke.
En dépit de leur conversation légère, les deux hommes n'en étaient pas moins inquiets. Ils avaient déjà rattrapé Tadakatsu et pourtant il continuait d'avancer en planant au dessus d'eux, poursuivant Masamune.
"Il ne descendra pas si on ne lui donne pas un petit coup de pouce." lança Sasuke plus sérieusement.
Prenant fermement son Shuriken en main, il prit de l'élan en réalisant une figure acrobatique au sol, n'hésitant pas à impressionner Kojûro s'il le pouvait au passage. Son arme quitta ses doigts en tourbillonnant dans les airs, volant haut et loin jusqu'à la cible.
Les deux hommes entendirent une espèce de clank quand l'arme toucha Tadakatsu, puis une fumée noire s'échappa du dispositif collé à son dos qui lui permettait de voler. Le vrombissement régulier de son moteur commença à faire des bruits de crépitement, ressemblant presque à des bruits de détresse, comme si une sorte d'alarme s'était déclenchée. Tadakatsu tourna alors ça tête vers le sol, voyant les deux autres qui adoptaient maintenant une posture de combat près à le recevoir.
La terre trembla et un nuage de poussière se souleva quand il se posa devant eux en semi-catastrophe. Le ninja et le samouraï attendirent tout de même qu'il ait empoigné son immense et lourde lance pour se lancer à l'attaque.
Tous les deux lui tournèrent autour, chacun attaquant ses flancs avec une synchronisation étonnante si l'on considérait le fait qu'ils avaient étaient plus souvent opposé l'un à l'autre qu'allier.
Mais c'était probablement le fait qu'il soit si souvent opposé qui faisait que Kojûro et Sasuke savaient instinctivement comment réagirait l'autre.
Il ne fallut néanmoins qu'un simple geste pour que Tadakatsu les arrêtent tous les deux, les repoussant à plusieurs mètres de lui. Comme s'il attendait qu'ils fassent une nouvelle tentative d'approche il frappa le sol de sa lance, les invitants silencieusement.
Une nouvelle fois, Kojûro et Sasuke échangèrent un regard. Même avec leur forces jointes ce combat était loin d'être gagné. Honda Tadakatsu n'était pas surnommé le plus fort dans ce pays de guerre pour rien.
Au moins, ils savaient tous deux qu'ils pourraient le retenir suffisamment longtemps pour que Masamune puisse régler son affaire avec Ieyasu.
Un craquement de rouages retentis, alertant le duo que Tadakatsu n'allait pas faire que se défendre. Puis comme suivant leur train de pensée, il posa un genou à terre. La boite métallique qu'avait touchée Sasuke avec son Shuriken continuait de fumer et parvenant tout de même à s'ouvrir, libérant plusieurs petits objets volants. Les objets ressemblaient à des modèles réduits de la lance de Tadakatsu. Rapidement, ils virevoltèrent autour de lui pour venir former une sorte de protection avancée.
La technologie qu'il utilisait échappait à Kojûro, mais il pouvait sentir un danger quand il en voyait un.
"On dirait qu'on ne va pas être assez de deux." statua Sasuke, admettant lui aussi qu'il n'était pas de taille. "J'ai pas le force d'Oyakata-sama, moi."
Comme pour appuyer ses propres mots, Sasuke tourna sur lui-même et disparu dans un nuage de feuille sorti de nul par. Petit à petit, les feuilles se muèrent en ombre, l'ombre se divisa en deux parts égales de chaque côté du ninja qui venait de réapparaître.
Et un instant plus tard, il n'était plus deux mais quatre à affronté Tadakatsu. Les clones d'ombre de Sasuke tapèrent chacun dans les mains tendues de l'original.
Ce n'était pas la première fois que Kojûro voyait Sasuke utiliser ce stratagème, il sembla tout de même légèrement impressionné.
Ensemble, ils reprirent le combat. Kojûro se positionna pour attaquer par le flanc droit tandis que Sasuke attaquait de front, un clone le flanc gauche pendant que l'autre se propulsait sur les épaules de Sasuke pour passer derrière Tadakatsu.
Observant la scène à quelques mètres de là, un grand homme mis pied à terre descendant de son cheval vraisemblablement fatigué par un long voyage. L'homme utilisa sa main posée sur son front pour se protéger du soleil et mieux voire ce qui se tramait plus loin. Il avait été alerté par des éclats de voix et de nombreux flashs lumineux et avait rapidement compris qu'il valait mieux ne pas s'approcher.
Derrière lui, une jeune fille sautillait pour essayer de voir par-dessus son épaule. Guillerette elle lança,
"On ne devrait pas aller les aider ? Je veux dire, cet homme et vraiment mais alors vraiment grand, sauf qu'ils sont quatre contres lui, hein dis Keiji ?"
Pendant une longue seconde, Keiji semble réfléchir à la proposition de Tsuruhime,
"Narukami !" la voix de Kojûro retentit, suivi par un puissant et aveuglant éclair.
Keiji secoua la tête d'un air incertain. "Nah, je crois qu'il vaut mieux ne pas s'en mêler cette foi. Allons plutôt trouver Ieyasu."
Reprenant, sa route il s'assura que Tsuruhime ne touche pas à son arc toujours attaché à la selle du cheval, utilisant sa stature plus imposante pour cacher la scène aux yeux innocents de la jeune fille.
Elle râla et protesta quelques instants, traînant les pieds pour essayer tout de même de voir. N'ayant pas d'autre choix que de céder face à l'insistance de Keiji, elle continua elle aussi sur le passage sinueux des falaises de Mikawa. Une moue boudeuse s'était affichée sur son visage, elle était frustrée.
La voyant si perturbée de ne pas pouvoir aider Tadakatsu, Keiji se sentit forcé d'insister sur la raison de son inaction.
"Écoute, je t'ai aidé volontiers quand tu as insisté pour qu'on vienne en aide à ce marchant qui était attaqué par des brigands, et je t'ai même aidé à récupérer les marchandises quand tu t'es rendu compte que nous nous étions trompé et que les brigands étaient en fait les vrais marchands. Cette fois je préfère m'abstenir. Et puis, ça ne se fait pas d'interrompre un duel entre hommes." statua Keiji.
Tsuruhime planta ses talons dans le sol, croisant les bras sur sa poitrine elle tourna la tête d'un air dédaigneux.
"Vous les hommes avec vos duels ! Ce n'était pas ma faute je te signale ! Toi aussi tu as cru que ce fourbe de brigand était un marchand en train de se faire détrousser! Normalement les brigands ne se baladent pas seul et ne se font pas battre par les marchands qu'ils attaquent !" se défendit-elle.
D'un air colérique elle se remit à avancer de manière ostentatoire, devançant Keiji avant de s'arrêter brusquement. Ses mains se rejoignirent dans une mimique de prière lorsque Tsuruhime se tourna à nouveau vers Keiji.
"Mon corps tout entier frémis ! Mon intuition me dit que ce que je cherche et ici." lança elle soudainement, un air exalté sur son visage.
Elle avait affirmé cela avec une telle joie dans les yeux que Keiji avait juré y avoir vu des étoiles.
"Ben tu vois quand tu m'écoutes." lui répondit-il.
De son côté le dragon borgne venait de franchir ce qu'il pensait être un check-point, ou du moins un lieu de rassemblement s'il devait en juger par le nombre de soldats qui lui était tombé dessus à cet endroit. Pour la première fois depuis que Masamune était entré à Mikawa ce fut à ce moment là qu'il ressentit un minimum de difficultés.
Cela faisait longtemps également qu'il n'avait pas sorti ses six griffes. Même si ça n'avait duré que quelques instants
Le garde de la porte le regardait maintenant d'un air affolé, ses yeux de fouine passant de la lance coupée en deux entre ses mains au sourire en coin triomphant sur le visage de Masamune.
"Ouvre la porte." siffla le dragon.
Pris de terreur face au puissant et charismatique dragon, l'homme se redressa en titubant, couinant de peur lorsqu'il actionna le mécanisme d'ouverture.
"Thanks. " lui répondit nonchalamment Masamune en passant.
L'homme s'effondra instantanément après que Masamune soit sorti de son champ de vision. Pleurant pratiquement en souvenir de la peur qu'il venait de ressentir. Puis ses yeux commencèrent à se poser autour de lui tandis que un à un, plus ou moins blesser et groggy, les soldats qui avaient tenté de tenir tête au seigneur Date se relevant gémissants et se plaignant de douleurs qui allaient certainement mettre du temps à guérir.
Le pauvre soldat cligna des yeux. Autour de lui c'était un carnage, palissades en miettes et tour effondrées, cratères au sol et rocher entier défoncé. Un seul homme responsable de tout cela... et pourtant, était-il en train de rêver où aucun soldat n'avait été tué ?
Après avoir couru sur un étroit chemin avec le vide de chaque côté, Masamune était enfin arrivé à ce qui semblait être le dernier poste de garde avant la tour principale.
Ouvert.
Il semblait que les hommes de Tokugawa n'essayaient même plus de le retenir. C'était mieux ainsi. Ce n'était pas avec du menu fretin que Masamune allait prouver qu'il pouvait être l'égal de leur seigneur.
Sans que personne ne l'intercepte, il se présenta face à la tour, relevant la tête pour regarder jusqu'à son sommet. Les oreilles de Masamune avaient captée du bruit venant d'en haut. Nul doute qu'il s'agissait d'Ieyasu.
La tour était plutôt haute, alors que Ieyasu saute soudainement pour venir le rejoindre en bas le surprit. Le choc de cette descente quelque peu rude se rependit dans le sol. Ieyasu se redressa après son atterrissage, ses jambes ayant amorti sa chute et sa force physique l'ayant protégé d'un éventuel contrecoup. Il se présenta toujours souriant face à Masamune.
"Je t'attendais Dokuganryu." annonça-t-il tout en frappant ses poings armés de gantelet l'un contre l'autre.
"Hey, on dirait bien que le gamin chétif à pris de galon. That's a praise, you know."
La dernière fois qu'Ieyasu et Masamune s'étaient vue, ils fêtaient encore leur victoire sur le démon Oda Nobunaga. À cette époque Ieyasu n'était encore qu'un jeune adolescent, portant sa lance comme un bâton de prière. Masamune se trouva content de le voir ainsi grandit.
De cette période il avait conservé son sourire facile et quelques rondeurs sur ses joues, du reste il avait bien gagné plusieurs centimètres de taille et de tour de muscle. Ieyasu avait également abandonné cette lance, symbole de l'héritage de sa famille, il n'en fallut pas plus pour que Masamune comprenne qu'il avait aussi abandonné la pratique des arts occulte.
"Tsk." il fit claquer sa langue malgré lui, déçu.
Ieyasu était la seule personne qu'il connaissait ayant pu éventuellement lui apporter une aide pour exorciser Orochi. Cela énerva Masamune plus que de raison alors qu'ils n'avaient même pas encore abordé le sujet avec l'ancien omnyoji .
"Qu'est-ce qui t'amène ici ?" demanda Ieyasu coupant court au duel de regard qui venait de débuter entre eux.
"L'alliance de l'Est." répondit simplement Masamune de but en blanc.
Arquant un sourcil dubitatif, Ieyasu exprima son étonnement. "Cela ne te ressemble pas de chercher de l'aide pour quoi que ce soit, dragon-borgne. "
"Je ne pourrais pas aller de l'avant si je ne le fais pas." songea Masamune, se faisant mystérieux.
Hochant la tête, Ieyasu sembla parfaitement comprendre ce que tentait de dire Masamune sans arriver à le formuler. Il ne voyait pas d'objection à ce qu'un allié précieux comme Masamune le rejoigne dans son alliance vers un pays consolidé par les liens.
Alors qu'il s'apprêtait à donner son accord, Masamune le pointa de son sabre.
"Battons-nous d'abord, Tokugawa Ieyasu. Je ne m'allierais à toi que quand j'aurai prouvé que nous sommes égaux au combat. C'est ma condition pour te rejoindre, je ne t'obéirais pas, you see ?" répéta-t-il une nouvelle fois pour les oreilles de l'intéressé
Loin d'être impressionné par la menace d'une lame tranchante si près de sa gorge , Ieyasu laissa échapper un léger éclat de rire.
"Là je te reconnaîs plus, j'accepte ce duel Date Masamune !"
Sans plus de cérémonie, il éloigna le sabre de Masamune d'un coup de poing, le métal raisonnant d'un son clair au contact de son gantelet.
Masamune fit un pas rapide sur le côté fendant l'air d'un coup latéral. Ieyasu para, son gantelet déviant une fois de plus la trajectoire mortelle du sabre lancé contre lui.
Cela ne sembla pas plaire à Masamune qui recommença son geste ajoutant cette fois plus de force et de précision. Trop précipité, il ne s'attendait pas à ce que son adversaire riposte si vite, envoyant son poing rencontrer ses côtes laissées à découvert une fraction de seconde.
Bon sang, il avait oublié que Kojûro n'était pas là pour protéger ses arrières.
Peu importe, Masamune avait juste besoin d'un peu de temps pour forcer son corps et sa technique de combat à pallier ce manque. Il était habitué à la douleur après tout, et ce n'était que parce qu'il souffrait encore des blessures infligées par Mitsunari qu'il grimaça de douleur après l'impact. Ignorant ce picotement, Masamune continua de submerger Ieyasu de coups de sabre plus rapide les uns que les autres.
Il était si vif que des trais bleus suivaient ses mouvements, le soleil dansant sur la surface miroitante de son sabre et créant des effets lumineux.
Ieyasu ne se laissa pas démonter. C'était tout juste s'il semblait impressionné par la vitesse avec laquelle Masamune enchaînait ses attaques. Mitsunari avait été pendant longtemps son partenaire d'entraînement et même si leur style différait grandement, le général d'argent était l'homme le plus rapide au combat qu'Ieyasu ait jamais eut comme adversaire. Masamune était loin de pouvoir le surprendre avec cela.
Malgré tout, Masamune semblait heureux de pouvoir se battre pleinement contre lui. Ce dragon était vivant lors des batailles. Bien échauffé après les soldats qui avaient tenté de le ralentir, Masamune trouvait enfin un adversaire à sa taille. Et il ne se privait pas pour y aller à fond.
Son plaisir se ressentait.
Profitant d'une passe d'armes où il bloqua complètement les poings d'Ieyasu contre son sabre empêchant tout autre mouvement qu'un geste de recul, Masamune en profita pour le provoquer.
"Pas mal, mais tu n'es pas encore assez mûr pour pouvoir m'arrêter." lança-t-il
Appuyant ses mots, Masamune reprit le combat avec un coup qui surprit complètement Ieyasu. Déployant ses six griffes, il fit un balayage horizontal, forçant Ieyasu à reculer pour l'éviter. Puis, la seconde d'après il ramena toutes ses griffes dans une seule de ses mains avant de sauter et de profiter de sa hauteur pour retomber de tout son poids sur Ieyasu.
"Phantom Dive !"
Ce fut tout juste si Ieyasu parvint à éviter le plus gros de l'attaque en croisant ses bras au niveau de son visage. Il était trop tard pour qu'il réalise que le toucher n'était pas ce que Masamune avait cherché. Les sabres du dragon bleu percutèrent le sol soulevant de la terre devant lui et une violente onde de choc électrique fonça à toute allure sur Ieyasu.
Le jeune seigneur ne parvint pas à esquiver cette fois. Frappé de plein fouet, il retomba au sol lourdement, le souffle coupé. Des étoiles dansèrent devant ses yeux tandis qu'il tentait de reprendre ses esprits et de comprendre ce que venait de se passer. Quelques nuages cotonneux filèrent dans le ciel azurer.
Une main gantée de noir tendu vers lui entra dans son champ de vision. Avec toute la confiance du monde, il n'hésita pas et l'attrapa, se laissant hisser sur ses pieds par la force de Masamune
"Même Sanada Yukimura résiste rarement à cette attaque, alors ne soit pas trop déçu." affirma Masamune, un véritable air de contentement sur son visage.
Ieyasu commença à retrouver le fonctionnement normal de ses poumons, aussi en profita-t-il pour répondre. "Bienvenue dans l'alliance de l'Est, Dokuganryu."
Ooooooooooooooooooo
Fatigué d'attendre et las de son voyage, Motochika avait bien évidemment fini par s'assoupir en attendant que Mitsunari daigne s'intéresser à lui. Les marches menant à la salle d'audience n'étaient pas un endroit très approprié en plus de n'être absolument pas confortable, cependant elles avaient fourni le support adéquat pour une petite sieste.
Ce n'était pas comme s'il avait eu le choix, le sommeil l'ayant juste pris avant qu'il ne s'en rende compte.
Le coup porté sur sa cuise par contre il s'en rendit compte. Il ne se réveilla pas complètement pour autant, il était juste trop fatigué et c'était juste trop dur d'ouvrir son œil pour le moment.
"Chosôkabe !" lança une voix.
Il n'y aurait pas non plus répondu si cette voix n'avait pas été accompagné par un coup de pied beaucoup plus fort. Cette fois ce fut un réflexe de se redresser soudainement, son œil s'ouvrant brusquement.
"Hey !" protesta-t-il avant de s'en rendre compte.
Une paire d'yeux noisette cligna devant lui. Une délicate paire d'yeux noisette décorant le plus beau et fin visage qu'il lui avait été donné de contempler. Ce visage était rattaché à un corps plus petit et plus mince que le sien, orné de deux triangles roux au sommet d'une tête haute et portée avec une prestance royale.
"Motonari !" s'exclama-t-il soudainement.
Pris d'une impulsion, Motochika enserra Motonari de ses bras, rassurer de la familiarité avec laquelle le jeune homme se fondait contre son corps. Il eut en un instant l'impression que son cœur s'était réchauffé et que son corps tout entier s'enflammait, l'organe battant la chamade dans sa poitrine.
"Tu n'as rien ? Je suis si heureux de te retrouver. J'étais fou d'inquiétude. J'ai cru t'avoir perdu. Ne refait plus jamais un truc pareil où c'est moi qui te tue." Il ne contrôlait plus son débit de parole, son corps submergé d'émotions toutes plus nouvelles et inconnues quand il confirma que c'était bien l'être aimé qu'il tenait entre ses bras.
Pourtant il connaissait bien Motonari, Motochika aurait du savoir comment finirait cette soudaine effusion.
Un coup de genou dans les parties lui fit détacher ses bras, l'obligeant à porter ses mains à son entre-jambe pour bercer son pauvre membre meurtri.
"Idiot de pirate." grommela Motonari, par habitude. "Il est interdit de porter la main sur un disciple de Xavi, soit en informé Chosôkabe. Mon geste malheureux aurait pu être évité mais il est évident que tu n'es pas la personne la plus instruite en ses lieux, alors je te pardonne pour cette fois." débita-il.
Surpris par tant d'éloquence de la part du kitsune, Motochika cligna de l'œil pour essayer d'y voir plus clair et d'enlever les larmes qui avait commencées à perler dans ses cils, troublant son champ de vision.
"Tu connais cet individu ? Qu'il apprenne que ceux qui déshonorent le palais d'Hideyoshi-sama en croyant dormir où bon leur semble ne méritent que d'être punis." intervint une voix que Motochika ne connaissait pas.
"Pardonnez-le seigneur Ishida, il est un peu rustre et ses manières sont loin d'être aussi civilisées que les vôtres mais lui aussi mérite l'amour de Xavi." enchaîna Motonari.
La vue de Motochika finit par s'éclaircir et il dévisagea son second interlocuteur. "Ishida Mitsunari." souffla-t-il, inclinant la tête pour l'observer sous toutes les coutures, cherchant ce regard dont lui avait parlé Yukimura.
L'insistance avec laquelle Motochika le regardait et la façon dont il avait prononcé son nom poussa Mitsunari à dévier le regard. Mauvais départ, il détestait déjà cet homme.
Motochika allait apprendre à ses dépens que c'était une très mauvaise chose que d'être du mauvais côté de la liste de Mitsunari.
"J'aime ce regard, c'est décidé je fais alliance avec toi." affirma Motochika de but en blanc.
Au moins Motochika venait de gagner quelques points dans l'estime de Mitsunari
TBC
J'aime ce chapitre. J'avais besoin d'un peu de fraîcheur et de légèreté dans cette fic parce que les heures sombre arrive.
En tout cas, merci d'avoir lu.
Yumi Shina : Désolé d'avoir oublié ta réponse au dernier chapitre, voilà je me rattrape. Merci beaucoup pour ton soutient, ça fait ennormement plaisir.L'histoire d'Orochi est basé sur a vrai légende, je voulais que cette fic garde le petit côté mystique que j'avais donné au premier volet, même si ce n'était qu'en sous texte. Je suis ravis de constater que mon histoire ne profite pas qu'a moi. c'est important quand on y met tout son coeur.
Merci encore
