Je sais, je vous avais parlé de deux semaines mais ça passe si vite…surtout avec tous ces virus hivernaux qui perturbent le quotidien… bref… Voilà le nouveau chapitre tant attendu. J'espère qu'il vous plaira.

Merci pour vos reviews sur le précédent chapitre et merci aussi à celles qui me laissent leurs impressions sur mes fics précédentes. Merci aussi pour tous vos bons voeux pour ma grossesse.

J'attends vos réactions avec impatience !

Bonne lecture


Faded…

Disclaimer : Les personnages appartiennent à S. Meyer, je ne fais que jouer un peu avec eux.

(EPOV)

-Non ! Non, non et non, Em' ! Je te demande de faire durer ce hi-hat sur 2 temps ! Tu dois accompagner le chœur et pas le dépasser ! C'est quand même pas compliqué ! rugit Bella depuis sa chaise en lançant son crayon sur la table installée devant elle, interrompant le morceau.
-T'es jamais contente…souffla Emmett, cible principale depuis la veille des remarques d'Isabella.
-T'as qu'à battre la mesure correctement ! Tu veux que j'aille chercher un métronome ? railla-t-elle alors que Peter soupirait à ma gauche.
-Darling…tentai-je de calmer un peu la situation.
-Tu n'entends pas qu'il se retrouve à contre-temps ? me répliqua-t-elle, ses yeux assombris par la colère me visant désormais.
-Si…mais il suffit de reprendre au début le morceau…Ce n'est que notre 3e répétition tous ensemble sur le morceau… Pas besoin de s'énerver comme…voulus-je la calmer.
-Ah mais si tu es d'accord avec lui, je n'ai plus besoin de perdre mon temps ici ! me coupa-t-elle en se levant, faisant tomber sa chaise.
-Darling…
Mais elle ne répondit pas et nous tourna le dos pour quitter rapidement le garage des parents de Jasper, aménagé en mini-studio de répétition pour nos 2 semaines avant la reprise des concerts.

-Laisse-la. Il faut bien quelqu'un pour la brusquer un peu. Elle va aller bouder dans son coin et elle reviendra. intervint Emmett alors que la porte du garage claqua violemment, preuve que Bella était en colère.
-C'est ta faute aussi ! réagit Rose, qu'avais-tu besoin d'aller lui dire qu'elle devait arrêter de faire semblant et qu'elle était capable de chanter puisque tu l'avais entendue ?
Emmett avait, en effet, fait fort hier midi. Nous étions quelques-uns à avoir surpris les « chantonnements » de Bella lorsqu'elle se croyait seule. Mais personne n'en avait parlé, conscient que ce sujet était tabou chez Isabella. Pourtant, je mourrais d'envie de la réentendre chanter clairement.

De ce que j'avais pu entendre, sa voix semblait fragile et nécessiterait de reprendre quelques séances avec un coach vocal pour ne pas l'abîmer plus qu'elle ne l'était. Mais la technique était toujours là. Et même si je savais pertinemment qu'elle ne se retrouverait plus jamais devant un micro, j'espérais secrètement, qu'un jour, nous pourrions chanter ensemble. Juste pour nous.

Mais Emmett avait « foncé » tête baissée. Pendant les répétitions d'hier, alors que Bella reprenait Charlotte et Jasper pour leur expliquer ce qu'elle avait en tête, Emmett, pas du tout patient pour deux sous, avait dit à Bella qu'une démonstration valait mieux que ses explications. Bien entendu, Isabella avait répondu qu'elle ne pouvait pas le faire…comme elle nous l'avait déjà répondu auparavant…mais Emmett n'avait pas lâché et avait fini par lui dire qu'il savait qu'elle mentait puisqu'il l'avait entendue chanter. A ces mots, le visage de Bella avait blêmi. Sans dire un mot, elle avait rassemblé ses notes et avait quitté la pièce, nous laissant stupéfaits.
Je l'avais rejointe quelques secondes plus tard, la rattrapant alors qu'elle entrait dans le salon de mes parents. Elle n'avait pas voulu souper avec nous, s'excusant auprès de mes parents et s'était isolée dans notre chambre. Je lui avais laissé un peu de temps seule puis étais finalement monté la rejoindre pour lui proposer de regarder un film. La nuit avait été entrecoupée de cauchemars, ce qui n'était pas arrivé depuis un moment.
Ce matin, j'en avais aussitôt parlé à Emmett et ce dernier avait promis de calmer le jeu. Mais Bella, elle, n'était pas prête à se calmer…

-J'y vais. lançai-je en déposant ma guitare sur son pied.
Jasper fit pareil et Charlotte soupira.
-Dis-lui que je suis désolé…lança Emmett.
-Oh non, tu lui diras toi-même, je ne veux pas prendre le risque de me faire arracher les yeux en évoquant ton prénom. répondis-je en enfilant mon manteau.

Je retrouvai Bella dans la cuisine, non loin de ma mère.
-Je vous laisse les enfants. réagit celle-ci en me voyant entrer, comprenant certainement que quelque chose était arrivé.
Je souris à ma mère et elle quitta la pièce.
-Darling…dis-je simplement en déposant mes mains sur ses épaules crispées.
Mais elle se rebiffa et me fit face, son visage tendu par la colère mais son menton tremblant, comme si elle retenait des larmes.
-Tu n'as rien dit ! lança-t-elle en pointant son doigt contre mon torse.

Où voulait-elle en venir ? A propos de quoi n'avais-je rien dit ? à propos de sa voix ? sur son altercation avec Emmett ? ou encore sur le fait qu'Emmett n'était pas exactement dans le bon rythme ? Mais à voir la lueur dans ses yeux, je me doutais un peu de ce qu'elle voulait dire.

-Calme-toi, chérie… oui, il était un peu en retard mais…
-Tu m'as entendue chanter et tu ne m'as rien dit ! me coupa-t-elle. Je l'ai vu à ta tête lorsqu'Emmett a osé le dire hier. Tu m'as entendue et tu n'as rien…
-et qu'aurais-tu voulu que je te dise, Bella ? la coupai-je en prenant son visage entre mes mains et en plongeant mes yeux dans les siens. Si je t'avais fait la remarque, tu te serais tue aussitôt. Te réentendre signifie tant de choses pour moi…pour nous tous d'ailleurs…que voulais-tu que je fasse ? lui demandai-je en la regardant droit dans les yeux.
Ses pupilles vacillèrent, passant de la colère à l'incertitude.
-Je ne sais pas mais…je ne veux plus chanter et tu aurais dû me faire la remarque…et…tenta-t-elle de s'expliquer, son regard cherchant à fuir le mien, me faisant clairement comprendre que j'abordais là quelque chose de bien plus sensible
-Pourquoi ne veux-tu plus chanter ? Tu es libre de chanter sans devoir enregistrer un disque ou passer à la télé, Darling… soufflai-je en caressant du pouce sa joue pour tenter de l'apaiser un peu.
-Je…j'ai…balbutia-t-elle, avant de se mordre la lèvre inférieure, se taisant.
-Chanter, c'était ta vie, ton oxygène…lui rappelai-je, me souvenant parfaitement de tous ces moments où nous l'avions côtoyée au gré de l'émission. Ce qui t'es arrivé est horrible et ce que ton père t'a fait est tout simplement abject…mais qu'est-ce qui t'empêche de chanter ici, là, maintenant ? en faisant la vaisselle, la cuisine ou même sous la douche ? Physiquement, tu es capable de chanter et tu ne peux pas le nier puisque nous t'avons entendue. Donc c'est autre chose. Mais quoi, Bella ? Qu'est-ce qui te bloque ? insistai-je, n'ayant toujours pas lâché ses joues de peur qu'elle ne s'éloigne, conscient que je jouais peut-être ma relation avec Isabella en cet instant.

La connaissant, si j'allais trop loin, elle prendrait la fuite...disparaitrait...mais elle avait tellement avancé depuis que nous l'avions retrouvée… Il fallait que ça sorte. Pour elle comme pour moi.

Ses grands yeux chocolat me fixèrent durant quelques secondes, comme s'ils sondaient mon esprit, puis des larmes apparurent et je la sentis trembler entre mes doigts.
-Lui…chuchota-t-elle, ses yeux emplis d'eau ne lâchant plus les miens. C'est lui…répéta-t-elle d'une voix étranglée. Quand je me rends compte que je chante, je le sens encore…ce…c'était si…je ne veux plus chanter…bredouilla-t-elle avant d'être secouée par de lourds sanglots qui m'obligèrent à libérer son visage pour l'entourer de mes bras et la serrer contre moi de peur de la voir chuter au sol.

Combien de temps restâmes-nous ainsi, dans la cuisine, Bella pleurant douloureusement dans mon épaule et moi souffrant de la voir dans un tel état ? Ma mère, ayant certainement entendu les pleurs d'Isabella, n'avait pu s'empêcher de passer la tête à la porte pour nous observer, silencieuse et les yeux attristés par la scène.
Après plusieurs minutes, alors que Bella se calmait un peu, je l'emmenai avec moi vers notre chambre, conscient qu'un cocon rassurant et plus « intime » l'aiderait. Elle se laissa faire, la joue posée sur mon épaule tandis que nous montions les escaliers. Je m'installai contre la tête de lit et ouvris les bras pour qu'elle puisse se blottir contre mon torse. Le silence nous enveloppa un long moment avant qu'elle ne finisse par le rompre.

-Ce jour-là, dans la voiture…j'ai cru mourir…avoir un canon enfoncé contre ma gorge juste à cause de mes chansons…je…jamais plu…jamais… murmura-t-elle, son nez contre ma mâchoire, ses mains agrippées à ma chemise.
Je ne répondis rien, me contentant de la serrer encore plus fort contre moi, comme si la fondre en moi enlèverait ce traumatisme.

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(BPOV)

Edward ne parlait pas, se contentant de me serrer entre ses bras. Et qu'aurait-il pu dire ? tenter de me raisonner, de me faire comprendre que je ne risquais rien lorsque je chantais au beau milieu de la salle de bain…

Chanter m'était devenu tellement insurmontable…enfin, je voulais dire chanter « volontairement », en ayant conscience de l'exercice, du mouvement des muscles, du son des notes à produire…

Je devais bien l'avouer, mon corps prenait parfois inconsciemment le dessus, et je me retrouvai à chantonner des airs tout en faisant autre chose, concentrée sur ma tâche du moment et non sur ma voix…

C'était dans ces moments-là que les autres m'avaient entendue. Dans ces instants où j'étais tellement détendue et en confiance que des notes sortaient de nouveau de ma gorge malgré moi, comme si mon corps agissait plus vite que ma raison. Mais dès que je me rendais compte de ce qu'il se passait, je me fermais telle une huitre et aucun son ne sortait plus...jusqu'à ce que mon corps ne reprenne le dessus…
Jusqu'à hier, je pensais que ces petits « incidents » n'avaient été que pour moi, sans aucun auditoire. Mais je m'étais trompée. Et savoir que d'autres m'avaient entendue me mettait en colère. Je me sentais trahie. Trahie par mon propre corps, par ma propre voix. Trahie par les autres qui s'étaient tus, me laissant briser la promesse indéfectible que je m'étais faite de ne plus jamais laisser une note sortir de mes lèvres. Déployer tant de force pour ériger de telles barrières autour de moi et se laisser dépasser par son propre corps…Trahie et traitre en même temps…

Nous avions regagné le rez-de-chaussée à l'heure du dîner, sans reparler de la situation. Le lendemain matin, lorsque j'ouvris les yeux, Edward me regardait, allongé sur son flanc, tourné vers moi. Avant même que je ne dise un mot, il se pencha vers moi et chuchota contre mes lèvres qu'il serait toujours là pour moi, que je chante ou non. Ses mots eurent un écho étrange en moi, que je ne saurais vraiment décrire. Ne sachant que répondre, je me contentai de fondre sur ses lèvres, cherchant à faire taire cette sensation étrange qui m'avait prise.

Après le petit-déjeuner, Edward se leva pour rejoindre les autres mais je prétextai un coup de main à donner à Esmée pour ne pas me retrouver tout de suite devant le groupe. Edward m'observa une ou deux secondes, cherchant à percer mon mensonge, mais il finit par quitter la maison pour la répétition.
Je me réfugiai dans le bureau de Carlisle, assise dans l'un des fauteuils de cuir patiné, face au jardin. Les mots d'Edward tournaient en boucle dans ma tête. Et j'aurais dû être flattée et rassurée par ceux-ci. Mais je ne pouvais ôter de mon esprit cette impression que mon attitude peinait Edward.

Quelques petits coups légers portés à la porte me firent sortir de mes pensées.
-Coucou. Je ne dérange pas ? demanda la voix douce d'Esmée.
Je lui souris et elle entra dans la pièce, deux mugs fumants en main.
-Un petit chocolat fait maison ? offrit-elle en proposant la tasse. J'y ai ajouté des…
-chamallows. la coupai-je en attrapant la faïence brulante.
-C'est un bon remède quand on se sent mal. dit-elle en s'asseyant dans l'autre fauteuil, face à moi.
Je ne répondis rien et baissai un peu la tête, soudainement préoccupée par les volutes de fumées et les dessins faits par la mousse sur le haut de la tasse.
-Edward t'a parlé ? finis-je par demander d'une petite voix après avoir rassemblé mon courage.
-Non. Mais je n'ai pas besoin qu'on me le dise, chérie. Une maman sent ces choses
A ces mots, je ne pus que relever brusquement la tête pour regarder Esmée. Maman… à y réfléchir quelques instants, oui, il était évident qu'une maman qui connait ses enfants par cœur verrait aussitôt que quelque chose ne va pas. Mais je n'avais pas connu cela…
-je ne sais pas trop…répondis-je simplement avant de replonger le nez dans mon chocolat.
Un silence d'une bonne minute plana dans la pièce avant qu'Esmée ne reprenne la parole :
-que se passe-t-il, Chérie ? c'est ton opération ? s'inquiéta-t-elle.
-Non...non, non, de ce côté-là, je ne remercierai jamais assez Eléazar…ni vous d'ailleurs, car sans Carlisle et toi, jamais je n'aurais eu cette chance. Et puis, il y a aussi les parents de Jasper…
-Tu n'es plus toute seule, Bella. Quoiqu'il arrive désormais, nous serons toujours là pour toi. intervint Esmée, toujours de sa voix douce.
Encore une fois, le silence nous entoura et je pris mon temps pour finir ma boisson, les yeux fixés sur le jardin.
-Je sais que c'est ridicule…qu'il ne peut rien me faire…mais j'entends toujours sa voix chuintante dans mon oreille alors que le métal froid était appuyé sur ma peau…son souffle puant contre ma jour… « je ne veux plus entendre ta voix »...finis-je par dire sans quitter le paysage des yeux.
Esmée se déplaça légèrement et posa sa main sur la mienne. Je savais qu'elle ferait ce geste… Une mère ferait ce geste…
-Je sais très bien qu'il est loin d'ici et qu'il doit certainement pourrir en prison…Je sais très bien que je suis capable physiquement de chanter…Je sais que je peux chanter dans la salle de bain ou la cuisine et pas uniquement pour en faire du profit et monter sur scène…Je sais tout ça mais…poursuivis-je avant de prendre ma tête entre mes mains, essayant de rester calme et de garder le contrôle.
Je sentis la main d'Esmée bouger pour se poser sur mon épaule. Toujours silencieuse.
-Jusqu'à ces derniers jours, ne plus chanter était évident pour moi. Mais depuis quelques jours, mon propre corps me trahit…On dirait que je ne réussis même plus à contrôler mes cordes vocales…expliquai-je avant de me taire.
-Mais ? lança Esmée me surprenant et me faisant ainsi relever la tête pour croiser son regard bienveillant.
-Mais ? risquai-je d'une petite voix, ne comprenant pas vraiment sa question.
-Tu dis que jusqu'à ces derniers jours, ne plus jamais chanter ne te faisait rien. Vu ton état d'hier et de ce matin, je suppose que ce n'est plus aussi catégorique. Alors quel est cet élément qui est venu troubler ta certitude ? qu'y-a-t-il après le petit « mais » qui aurait pu poursuivre ta phrase ? demanda-t-elle en plongeant son regard dans le mien.
-Je…je ne sais pas trop mais…tentai-je d'esquiver.
Mais Esmée avait bien analysé la situation et son regard transperçant ne put que me faire poursuivre :*
-Je pense que c'est ce qu'Edward m'a dit ce matin. Il m'a dit qu'il serait toujours là pour moi, que je chante ou non. avouai-je.
-Et j'en suis certaine. renchérit Esmée en souriant. Et il en est de même pour Carlisle et moi, tu sais. Mais en quoi cette phrase…
-Je veux qu'il aime la vraie Isabella…la coupai-je.
-et c'est le cas, chérie.
-Non, la vraie Isabella, elle chante…et….oh mon Dieu, je ne pensais jamais redire ça un jour…balbutiai-je un peu. Je veux qu'il aime cette Isabella…moi et ma voix…finis-je par dire juste avant de me mettre à pleurer.
Esmée se releva pour venir s'asseoir sur l'un des accoudoirs de mon fauteuil et m'entoura de ses bras.
-Je ne veux pas redevenir Izzie mais…chanter, c'était comme respirer pour moi…mais j'ai toujours la voix de cette brute en tête et du coup…tentai-je d'expliquer sans pouvoir aller plus loin à cause de mes larmes.
Esmée me serra un peu plus fort contre elle et je plongeai volontiers dans cette étreinte rassurante et réconfortante.
-Ne te mets pas une telle pression, Bella. Tu as déjà beaucoup travaillé sur toi. Laisse-toi du temps. Un jour, un mois, un an…qu'importe, nous serons toujours là. Chante si tu en as envie et quand tu en as envie, dans un endroit qui te rassure et tu verras comment ton corps réagit. me dit-elle de sa voix douce alors qu'elle essuyait mes larmes de ses doigts, ce qui me fit sourire.
-Merci Esmée. murmurai-je.
-Si tu veux être tranquille, à l'abri des regards et des oreilles, n'hésite pas à investir le cabanon au fond du jardin. Jasper et Edward ont commencé là-bas pour épargner nos oreilles. Et si jamais tu as besoin que je te tienne la main pour t'aider à chasser tes mauvais souvenirs, n'hésite surtout pas. me dit-elle en faisant un clin d'œil.
J'acquiesçai en essuyant mes dernières larmes.
-Tu m'aides à préparer le déjeuner ? offrit la mère de famille, ce que j'acceptai volontiers car je ne me sentais pas encore prête à me présenter face au groupe, et surtout face à Emmett…

Je terminais le dressage de la table lorsque le groupe entra dans la salle à manger, discutant bruyamment depuis l'entrée. Edward tourna la tête en riant à une blague d'Emmett et m'aperçut. Il fit le tour de la table et vint me rejoindre.
-ça va ? demanda-t-il à voix basse après m'avoir embrassée.
-ça va. le rassurai-je en lui volant un second baiser.
Les autres approchèrent alors pour me saluer et je me retrouvai inévitablement face à Emmett.
-Salut Bellissima…tu sais, je suis désolé pour hier…dit-il d'une toute petite voix, ce qui contrastait avec sa carrure impressionnante.
-On oublie ? le coupai-je en lui tendant la main. Je n'ai pas été très sympa non plus…
-Bien sûr ! s'exclama-t-il en attrapant ma main pour me tirer vers lui et me serrer plutôt rudement contre son torse.
Lorsque le batteur daigna enfin me relâcher, les autres prenaient place à table tandis qu'Esmée disposait les plats sur la table.
Je rejoignis ma place juste à côté d'Edward et ce dernier ne put s'empêcher d'attraper ma main pour en embrasser le dos.
-ça va ? demanda-t-il une nouvelle fois, ses yeux inquiets sondant les miens.
-ça va, je te promets. confirmai-je en lui prenant la main à mon tour. J'ai longuement parlé avec ta mère. souhaitai-je le rassurer un peu. La répétition avance ? m'intéressai-je.
-c'est pas mal. Mais on aura besoin de ton avis. testa-t-il, certainement pour savoir si je comptais retravailler avec eux.
-Ouais, tu verras, Bella, j'ai bossé sur mon hi-hat. lança Emmett assis face à moi en me faisant un clin d'œil.
-Bien sûr. répondis-je à Edward en souriant.
Ce dernier m'embrassa furtivement, visiblement heureux de ma réponse, avant de se servir.

Le repas se fit dans une ambiance détendue et nous reprîmes les répétitions dans la bonne humeur.
Les garçons avaient vraiment travaillé depuis la veille et le morceau commençait franchement à ressembler à ce que j'avais en tête en l'écrivant. Emmett ne put s'empêcher de me faire un immense sourire lorsque je lui fis signe que j'étais satisfaite de son passage.
Vers le milieu de l'après-midi, mon téléphone sonna et je m'éclipsai quelques instants, le temps de prendre l'appel.
A mon retour, le groupe ne jouait plus, m'attendant simplement. Edward vint aussitôt à ma rencontre.
-C'était la mère de Jasper. Ils ont eu une réponse de la maison de disques et ils voudraient discuter de tout cela avec moi. lui expliquai-je. Juste le temps pour eux de revenir ici et…
-vas-y, on terminera sans toi. me répondit-il.
-Tu…pourrais venir avec moi ? lui demandai-je d'une petite voix. Je suis consciente que je vous empêche de travailler mais…j'aimerais vraiment que tu sois là pour être certaine que j'ai bien tout compris. insistai-je.
-Bien sûr. me rassura-t-il immédiatement.

Une heure plus tard, je m'asseyais dans l'un des canapés du bureau d'Alistair, ma main serrant celle d'Edward.

-Voilà où nous en sommes aujourd'hui. commença le père de Jasper tandis que son épouse me glissait un tableau récapitulatif sous les yeux, me rappelant les millions de dollars qui planaient au-dessus de ma tête. En ce qui concerne les assurances, c'est réglé. Tu vas obtenir le remboursement des sommes qui t'ont été indûment réclamées, et avec les intérêts. Maria a rédigé les accords, les représentants juridiques ont signé, il ne manque plus que ta signature pour valider tout cela. dit-il en me tendant différents feuillets alors que Maria sortait un stylo. Une fois ces documents enregistrés, tu percevras les sommes dans un délai de deux mois.
J'attrapai le crayon et m'exécutai, paraphant chaque bas de page, suivant les demandes de Maria.
-ça représente combien ? demandai-je d'une petite voix en signant la dernière feuille.
-Pour ce qui est des assurances professionnelles, cela s'élève à 450000$. annonça Maria. A cela viennent s'ajouter les accords que nous avons passés avec tes anciens sponsors publicitaires lorsque nous avons abordé le sujet des ruptures abusives…ici, nous n'avons pas pu obtenir un remboursement intégral car certains documents étaient signés de ta main. Mais le résultat est plutôt satisfaisant et s'élève à…600000$. poursuivit-elle après avoir regardé quelques secondes une feuille. Nous avons joué sur les clauses non respectées et sur le fait que nous étions prêts à aller en justice pour faire valoir tes droits. Ils ont préféré régler cela à l'amiable plutôt que d'obtenir une mauvaise publicité.

Un million de dollars…là, comme ça… Ma dette s'allégeait d'un million de dollars en quelques signatures…incroyable…pour le commun des mortels, il aurait fallu des années et des années pour tenter de rembourser pareille somme, tout en suant sang et eau…

Je dus pâlir car Edward s'empressa d'attraper mon autre main pour me forcer à le regarder.
-Darling, tout va bien ? demanda-t-il tandis que j'essayai d'assimiler ce que représentait cette énorme somme.
-Tiens Bella. intervint Maria en me tendant un verre d'eau.

J'avais pourtant baigné dans un milieu où des chiffres pareils ne choquaient personne…mais après m'être retrouvée avec quelques poignées de dollars pour vivre, cette masse pécuniaire était bien trop étourdissante.

Après un moment, Alistair demanda s'ils pouvaient poursuivre et j'acquiesçai, serrant plus fort la main d'Edward.
-Pour ce qui est des emprunts faits en ton nom mais signés par ton père, ils sont tous déclarés nuls. Là encore, tu recevras le remboursement des sommes indûment perçues et ça s'élève à…
-830000 $. Ils se sont tous allègrement servis sur la vente de ta villa. D'ailleurs, il faudrait peut-être songer à intenter une action contre les notaires et huissiers qui n'ont pas été très nets dans la répartition des sommes… intervint Maria, songeuse.
-Chaque chose en son temps, chérie. nota Alistair. Pour le moment, nous sommes en pourparlers pour des compensations mais les banques sont plutôt longues à répondre à ce sujet. reprit-il. Elles seraient certainement plus rapides si nous amorcions une action en justice. Et c'est pourquoi nous voulions te voir aujourd'hui, Bella. Le plus gros morceau de ton dossier concerne ta maison de disques. Et elle refuse un accord à l'amiable en se cachant derrière le fait que les papiers sont bien signés « Swan ». expliqua l'avocat en me tendant un long courrier avec un en-tête doré que je ne connaissais que trop bien.
-Mais je n'ai pourtant pas signé toutes les demandes d'avance de mes cachets…m'étonnai-je.
-Nous le savons très bien et une analyse graphologique suffira à le prouver. Ils estiment que Charlie et toi étiez solidaires et que cela leur suffisait bien pour accepter l'avance de fonds. Encore une fois, cela sera facile à démontrer mais pour cela, il faut que nous allions en justice. Le pré-dossier déposé devant le juge de Los Angelès ne semble pas suffire pour les faire plier alors il faudrait…
-On y va. le coupai-je d'une voix plus forte que je ne l'aurais pensé.
Alistair me regarda, bouche bée quelques secondes, étonné que j'accepte aussi facilement. Il s'attendait surement à devoir argumenter bien plus. Mais j'en avais assez.
-Tu es certaine ? demanda Edward.
-un procès comme celui-ci risque d'attirer les journalistes. nota Maria, comme si elle voulait me laisser une porte de sortie.
Je me tournai vers Edward pour avoir son avis. Je ne voulais surtout porter préjudice au groupe.
-Ce sera un peu difficile d'assister à tout cela sans toi mais…
-Pourquoi ne serais-je pas là ? souffla Edward, ses yeux se plantant dans les miens.
-Si tu es là, notre couple sera dévoilé au grand jour et je ne veux pas que cela te fasse du mal ou ne fasse du mal au groupe. expliquai-je. Et puis, peut-être serez-vous encore en tournée lorsque je serais convoquée au tribunal…
-Je serais là, Darling. Et je me fiche bien des journalistes. C'est toi qui m'importes et si tu estimes être assez forte pour lancer une telle procédure, je veux pouvoir te soutenir. Tu es certaine d'être prête ? me coupa Edward.
-Je ne sais pas vraiment. Je sais que certains moments vont être difficiles… Mais je dois le faire. Je veux définitivement tourner la page et si cela ne peut se faire qu'en passant devant un juge, eh bien, je vais le faire. assurai-je en me souvenant de mes discussions en loge avec Jimmy après notre émission. Je ne suis certainement pas la seule artiste à avoir été abusée par sa maison de disques ou son manager. Alors si me montrer quelques heures dans un tribunal peut aider d'autres, je veux bien essayer.


Alors ? qu'en pensez-vous ?