Titre : Laissez toute espérance.
Auteur : Lil' Djinn
Disclaimer : Bon, la menace n'a pas réussi, et comme je ne sais pas, mais alors pas du tout faire le regard de cocker de Sammy, je n'ai pas pu obtenir les droits de cette série. Mais je ne désespère pas. Je trouverais bien quelque chose !
Résumé : Les Hellhounds ont accompli leur mission, Dean est en Enfer mais Sam refuse d'abandonner son frère. Mais avant que lui ou Bobby aient trouvé un moyen de le ramener, Dean réapparaît. Sam va alors devoir découvrir qui est à l'origine de ce retour, et si ses intentions sont vraiment louables sans oublier une chose : l'Enfer laisse toujours sa marque sur une âme !
Note de l'auteur (1) : Ce chapitre est dédicacé à tous les amateurs de Angts!Sammy et de Hurt!Dean (plus émotionnellement que physiquement, mais si vous êtes sage, dans un prochain chapitre, je pourrais peut-être vous faire plaisir !)
Alors bonne lecture ! et n'oubliez pas une petite review pour l'auteur !
Chap. XVII
Le bar était sombre, enfumé et bruyant. Murs sombres, tables sombres, même les ampoules des lampes étaient sombres. Pas vraiment glauque, mais pas non plus le genre d'endroit totalement fréquentable. Dean s'installa à une table vide dans un recoin et avala son premier whisky d'une seule gorgée. L'alcool lui brûla la gorge et une chaleur bienfaisante l'envahit aussitôt. Le whisky, le meilleur remède à tous les problèmes ! Une chose qu'il avait apprise de son père.
Un deuxième et un troisième suivirent très vite, et il ne s'arrêta que quand il commença à se sentir déconnecté, quand la douleur se mua en un murmure sourd et lent, et que le visage de Sam et son regard empli de pitié commencèrent lentement à s'effacer. Il avait l'impression que les choses lui échappaient complètement. Qu'il ne contrôlait plus rien. En même temps, il avait perdu le contrôle de sa vie le jour où il avait fait ce pacte. ... A qui il voulait faire croire ça ? Il n'avait jamais eu le contrôle de sa vie ! Et dieu sait qu'il avait pourtant essayé de toute se forces d'agripper le cours de sa vie, de son destin et de s'en faire le maître mais ça n'avait jamais marché. Les choses lui échappaient toujours, les choses, les gens ...
Il perdit assez vite la notion du temps, tout se mélangea en un brouillard épais et il accueillit cette impression de chaleur avec bonheur. Si seulement les choses pouvaient durer ainsi, si seulement il pouvait oublier. Juste ne plus ... penser.
Le vide ... le néant ... ne plus penser, ne plus ... être. Disparaître, que plus rien n'existe, ni la souffrance, ni la peur, ni cette angoisse asphyxiante, cette masse sombre qui menaçait à tout instant de l'engloutir. Ne plus être.
« _ Je t'en sers un autre, joli cœur ?
Dean releva la tête et il gratifia la serveuse qui venait de lui parler d'un sourire un peu hébété.
La jeune femme devait avoir une trentaine d'année, des cheveux blonds et lisses, des lèvres pleines et rebondies soulignées par un rouge à lèvre vif, et un poitrine généreuse moulée dans un t-shirt blanc plus que minimaliste.
« _ Ça dépend, lui répondit Dean en s'appuyant nonchalamment contre le dossier de sa chaise. Je n'ai jamais aimé boire tout seul.
_ Oh ... alors ça tombe bien, je finis mon service dans 5 minutes ... »
Cinq minutes plus tard, Dean et la serveuse, Sally, se retrouvèrent non pas autour d'un verre de whisky mais dans l'allée derrière le bar. Le jeune homme la plaqua contre le mur et se pressa contre elle, en l'embrassant farouchement dans le cou. Sally souleva son t-shirt, agrippa ses épaules et enfonça ses ongles dans son dos. Dean émit un grognement entre douleur et plaisir et resserra son étreinte autour de sa taille.
Il ne voulait plus penser, juste ressentir. Juste des sensations ... chaleur ... envie ... son parfum ... le bruit de son corps contre le sien ... sa respiration haletante ... juste du sexe pour oublier ...
Ils sont plusieurs autour de lui, sur lui, leurs bras s'étendent et le touchent et la douleur explose dans tout son corps, atroce, déchirante. Il essaye de bouger, de leurs échapper mais il est enchaîné, presque écartelé, et ses bras et ses jambes hurlent à chacun de se mouvement. Il ouvre la bouche pour crier mais leurs rires grinçants couvrent ses suppliques ...
Dean s'écarta brusquement de Sally.
« _ Hey ? Qu'est-ce qui se passe ?
Pas ça ... pas maintenant ..., pensa-t-il en pressant la paume de sa main contre ses yeux
Non ... pitié ... Nooooooon ...
Supplie-nous Winchester, murmurèrent les voix dans sa tête. Supplie-nous, implore-nous, montre-nous que tu n'es qu'un misérable être humain, pathétique et ...
La jeune femme posa une main hésitante sur son épaule mais Dean la repoussa fermement.
« _ Désolé... il faut ... il faut que j'y aille, lui dit-il d'une voix hachée en se redressant.
Il s'éloigna précipitamment de la jeune femme et quitta l'allée sombre et sordide pour rejoindre le parking. Son cœur battait à la chamade et il avait un goût de sang dans la bouche, un goût âcre et métallique. Il avança presque machinalement jusqu'à l'Impala, en se retenant de courir vers sa voiture. Il aurait voulu pouvoir s'enfuir, loin de tous ces souvenirs qui le dévorait et lui donnait l'impression de se noyer. Mais les images continuaient de danser devant ses yeux, des images qui lui donnaient envie de vomir, de hurler jusqu'à ne plus avoir de voix ou de tout oublier dans l'alcool, même si cette fois son vieil ami whisky l'avait abandonné.
« _ Hey, ducon ! s'exclama une voix dans son dos.
Dean se retourna et vit venir vers lui l'un des types qu'il avait aperçu dans le bar, un gars d'une quarantaine d'année, les cheveux bruns filasses et le teint blafard. Il n'était pas très grand, mais assez massif, comme un ancien quaterback qui ne faisait plus de sport depuis trop longtemps, et pour qui le football américain se résumait maintenant à une soirée devant la télé avec une bière et un paquet de tacos.
« _ C'est à toi que je parle ! continua-t-il en avançant vers Dean.
Je rêve où il me fait son Robert de Niro !
« _ Ecoute mon vieux, c'est pas que je sois pressé mais ...
_ Où est Sally ?
D'accord ... je suis tombé sur un petit ami jaloux. La soirée ne pouvait pas mieux se terminer !
_ Je te parle ducon ! Je veux savoir où est Sally ! Je vous ai vu sortir tous les deux alors ne viens pas me dire ...
_ Je ne sais pas ce que tu t'imagines mais il ne s'est rien passé. Ok ? lui répondit Dean avec conviction, mais apparemment il ne fut pas assez convaincant.
« _ Tu te fous de moi, c'est ça ?
Dean se raidit imperceptiblement quand l'homme marcha vers lui en fulminant. Ce genre de types n'étaient en général que des grandes gueules qui passaient rarement à l'acte mais il suffisait parfois de pousser le mauvais boutons, et là on ne les tenaient plus. A priori, Dean avait poussé le mauvais bouton.
« _ Si tu le dis, mon gros, lui répondit le jeune homme en lui souriant largement.
Peut-être que cette soirée minable allait finalement lui apporter quelque chose de bien, quelque chose comme un pauvre type un peu trop gras sur lequel il pourrait se défouler.
« _ Répète un peu si tu l'oses, le menaça l'homme dans une grognement.
_ Gros, laid et sourd. Décidemment, je me demande ce qu'une fille comme Sally peut ...
L'homme lui fonça dessus mais c'était tout ce que Dean attendait. Ce genre de type ne savait pas se battre, il fonçait juste dans le tas. La dernière fois qu'il avait filé un raclée à quelqu'un devait remonter à l'époque du collège, avec tous se potes et contre un pauvre intello à lunettes. Et sûrement pas contre un chasseur expérimenté, surentraîné et désespéré.
Dean le balança un crochet dans la mâchoire et dans le même mouvement un autre dans l'estomac. L'homme s'écroula à genoux dans un grognement de douleur.
« _ Et bien quoi mon gros, on se fatigue déjà ? lui demanda Dean en le cognant au visage.
Il le frappa encore et encore sans se soucier des gémissements du type, ni de la douleur qui fusait dans ses mains. Il vouloir juste effacer sa propre douleur. La faire disparaître entièrement. La détruire.
« _ Oh mon dieu ! Arrête ! Arrête, tu vas le tuer ! s'exclama la voix terrifiée de Sally et quand Dean se retourna il la vit derrière lui, l'air paniquée. Il lui fallut quelques seconde spour comprendre que c'était lui qui l'effrayait à ce point. Lui, et son petit copain à terre, le visage en sang. Dean avait encore une de ses mains agrippées autour du col de son t-shirt et l'autre levée devant son visage tuméfié.
« _ Tu es complètement malade ! s'exclama Sally en se précipitant auprès de son ami.
Dean se releva lentement et recula d'un pas, comme sonné. Il vit la jeune femme se retourner vers lui et l'invectiver mais il ne l'entendit pas. Seul les battements effrénés de son cœur résonnaient à ses oreilles. Il devait partir, maintenant ! L'impression d'étouffer, d'être submergé devenait trop forte, il devait partir, s'en aller tout de suite !
Il se retrouva l'instant d'après dans l'Impala et la démarra d'une main tremblante. Il roula un long moment sans vraiment savoir où il allait, ni même sur quelle route il se trouvait. Le paysage autour de lui n'était qu'une masse sombre et informe, arbres, buissons, constructions, tout se mélangeait dans l'obscurité.
Après avoir roulé un long moment, Dean se gara dans un petit chemin de terre battue et coupa le contact. Le soleil devant lui venait de se coucher et la nuit l'enveloppa très vite. Il ne voyait plus grand-chose, mais pour une fois le fait de se retrouver dans le noir ne le dérangeait pas. Mais pas le silence. Le silence laissait ses pensées et ses souvenirs envahir l'habitacle de la voiture, venir le tenter et le tourmenter jusqu'à ce qu'il ne puisse plus les repousser de son esprit. Il tendit alors la main vers l'autoradio et l'alluma, et la chanson Babe I'm gonna leave you envahit tout l'intérieur de la voiture. Dean poussa le bouton du volume au maximum et la laissa agir sur lui comme un baume réconfortant. Il avait toujours ressenti ça avec sa musique, surtout celle de Led Zeppelin.
Elle occultait tout ce qui l'entourait, l'envahissait au point qu'il n'y avait plus que lui, et la musique familière, apaisante. Juste eux deux, comme deux vieux amis.
Il sentait les haut-parleurs trembler à chaque riffle de guitare, et les vibrations qui le traversaient avaient quelque chose de rassurant. Elles étaient réelles, et elles lui donnaient l'impression de ressentir quelque chose, de ressentir quelque chose pour la première fois depuis son retour. Il vivait dans une sorte de détachement depuis qu'il s'était réveillé au beau milieu de ce carrefour, que ce soit physiquement ou psychologiquement. Les choses n'avaient plus le même goût, ni la nourriture, ni l'alcool, mais le plus dur était ce qu'il ressentait face à son frère. Il savait que Sam souffrait, qu'il s'inquiétait pour lui mais pour la première fois de sa vie Dean ne savait pas quoi faire pour le rassurer. L'inquiétude de son frère le touchait mais il n'y arrivait plus. Il ne pouvait plus lui parler, le rassurer. Il se sentait tellement engourdi qu'il ne savait plus comment appréhender aussi bien ses sentiments que ceux de Sam. Il n'était pas sans cœur, loin de là, seulement il n'y arrivait plus. Quelque chose en lui s'était brisé, et Dean n'était pas sûr de pouvoir le retrouver un jour.
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La première minute Sam était resté sous le choc. Immobile, debout dans la cuisine de Bobby, à fixer presque bêtement la porte d'entrée.
Il m'a claqué la porte au nez ? Je rêve ou Dean m'a claqué la porte au nez ?
Son frère était parti, comme ça. Il lui avait tourné le dos et il était parti.
Hey, ça c'est mon truc, claquer la porte et partir en fulminant !
La deuxième minute, la colère avait pris le pas sur l'ébahissement et il avait commencé à aller et venir dans la cuisine en la laissant jaillir. Il avait invectivé son frère, son fichu caractère, sa réaction complètement idiote, mais il réagissait comme ça seulement parce qu'il s'inquiétait. La colère ne naissait jamais seule, elle venait toujours avec l'inquiétude, le sentiment d'injustice, d'impuissance. La peur.
Bobby avait essayé de le calmer mais quand Sam était dans cet état, il n'entendait plus rien.
« _ Sam ... Sam ! Arrête deux secondes, s'il te plait. Je sais ce que tu penses mais ... ton frère ne pensait pas vraiment ce qu'il a dit. Tu ne dois pas lui en vouloir ...
Et brusquement le jeune homme s'était senti catapulté dix ans en arrière.
Sammy, je sais que c'est difficile mais il ne faut pas lui en vouloir. Papa ne pensait pas ce qu'il a dit ...
Le jeune homme était monté quelques instants plus tard dans sa ... non, leur chambre mais il n'avait pas pu fermer l'œil de la nuit. Comment aurait-il pu ? Son frère était dieu sait où, en train de faire dieu sait quoi, tout ça pour quoi ? Parce qu'ils s'étaient disputé à cause de ce putain de bouquin !
Si seulement Dean n'était pas si ... Dean ! En tournant en rond dans la chambre, Sam avait senti sa colère gonfler à chaque pas. Tout ça c'était la faute de leur père ! S'il n'avait pas agit comme ça avec son frère, s'il ne lui avait pas interdit toute démonstration de sentiments, son frère n'aurait pas refusé son aide. Il ne l'aurait pas repoussé de la sorte. Mais non, il avait fallu que le grand John Winchester dise « les sentiments c'est qui te rend plus faible » et Dean avait aveuglément obéit a ses paroles. Comme d'habitude. Si seulement son frère n'avait pas été aussi prompt à faire plaisir à leur père. Mais juste après Sam se sentit coupable d'en vouloir aussi bien à leur père qu'à son frère. John n'était plus là pour se défendre, et Dean ... Dean avait sacrifié sa vie et son âme pour lui, alors comment lui en vouloir. Et puis de toute façon, tout ça c'était la faute du YED. Chacune des actions de ce démon avaient marqué la famille Winchester au fer rouge. Mais Azazel était mort lui aussi. Finalement il ne restait que lui. Lui, qui était en grande partie responsable de tout ce fiasco. S'il n'avait pas baissé sa garde ce jour là à Cold Oak, s'il n'avait pas laissé Jake le poignarder ... rien de toute ça ne serait jamais arrivé. Tout ce qui arrivait maintenant était en grande partie sa faute, et uniquement la sienne.
Sam s'arrêta brusquement au milieu de la pièce, fatigué. Il fourragea dans la poche de son jean, en sortit son téléphone portable et appela le numéro de son frère. Mais tout ce qu'il obtenu fut la voix lointaine de Dean lui enjoignant de laisser un message. Sam raccrocha sans rien dire. De toute façon qu'aurait-il pu dire.
Je suis désolé si je n'ai pas été très subtil mais je sais que tu ne vas pas bien et il faut qu'on parle tous les deux avant que tout ce que tu as pu vivre et tout ce dont tu te souviens te détruise entièrement !
Il ne pourrait jamais lui dire une telle chose. De toute façon Dean ne l'écouterait pas. Et maintenant, il ne savait plus quoi faire. Durant un instant il songea à appeler Saul mais il renonça aussitôt. La jeune femme avait assez de ses propres problèmes, il ne voulait pas en plus lui imposer les siens. Et puis, c'était à lui de les régler.
Ce qui était étonnant, c'est que normalement, c'était lui qui partait en claquant la porte. Lui qui fichait le camps dès que la situation lui échappait, et que sa colère était tellement forte qu'elle l'empêchait de penser raisonnablement. Mais là ... là son frère avait claqué la porte et l'avait laissé tout seul. Perdu. Mort de trouille. Dean se sentait-il comme ça chaque fois que Sam avait pris la porte. Seigneur, si c'était le cas, Sam ne savait pas comment il avait réussi à tenir au bout de toutes ces années. Et il ne savait combien de temps, lui, pourrait tenir. Plus le temps passait et plus les choses s'aggravaient. Tout partait joyeusement en vrille alors que ça ne devrait pas ! D'accord, ils devaient encore régler le problème de Lilith, découvrir qui avait pu ramener Dean des Enfers, et il y avait cette recrudescence de possession qui n'annonçait rien de bon mais ils étaient à nouveau ensemble. Les frères Winchesters étaient à nouveau ensemble. Ça aurait dû être suffisant.
Sam tourna et retourna cette pensée dans sa tête durant toute la nuit, sans pouvoir s'empêcher de penser à ce que faisait Dean. Il l'appela une bonne vingtaine de fois mais à chaque il tomba sur le répondeur. Soit son frère filtrait ses appels, soit il ne pouvait pas lui répondre. Et s'il lui était arrivé quelque chose ? S'il était blessé, ou en danger ? S'il avait besoin de son aide mais qu'il ne pouvait pas le prévenir ?
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Lorsque son téléphone indiqua six heures du matin, Sam n'y tint plus et il quitta brusquement la chambre. Tant pis si son frère avait besoin d'espace et d'être seul, il n'avait qu'à répondre à ses coups de fil ! Sam comptait bien le retrouver, pas pour parler mais seulement pour se rassurer, pour voir de ses propres yeux qu'il était toujours en vie, qu'il allait bien, qu'il était ... dans la cuisine ?
Sam s'arrêta presque brutalement quand il aperçu son frère assis dans la cuisine, attablé devant une tasse de café, en train de lire le journal. Dean était là, dans la cuisine, en train de boire un café ...
Le jeune homme dû cligner des yeux plusieurs fois pour se convaincre qu'il ne rêvait pas. Peut-être qu'il dormait encore. Ou bien il hallucinait ? A moins que ce ne soit une vision ?
« _ Tu comptes rester là toute la journée ? lui lança la voix moqueuse de son frère.
_ Hein ?
_ C'est très éloquent petit frère, surtout pour quelqu'un qui a fait tant d'étude ! Alors, tu comptes entrer ou pas ?
D'accord, je suis dans la quatrième dimension ! Ou bien je suis tombé cette nuit et je me suis cogné la tête et là je délire complètement ...
« _ Si tu veux du café je viens juste d'en faire, continua Dean en lui montrant d'un signe de la tête la cafetière pleine.
Sam le détailla du regard, encore abasourdi, mais son frère avait l'air d'aller bien. Très bien même. Il agissait comme s'il ne s'était rien passé la nuit dernière, comme s'il n'avait pas disparu une nuit entière sans donner de nouvelles ...
« _ Où est-ce que tu étais bon sang ! s'exclama finalement Sam en avançant vers lui.
Il ne savait pas s'il devait être soulagé, furax ou inquiet.
« _ Wow, du calme Tigrette ! Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu t'es levé du pied gauche ce matin ?
Je me suis quoi ? Ça y est, c'est définitif, je suis dans la Quatrième dimension !
« _ Dean ! s'étonna alors Bobby en entrant à son tour dans la cuisine.
_ Pourquoi est-ce que vous avez l'air tellement étonné de me voir ? leur demanda le jeune homme en leur souriant avec désinvolture.
_ Peut-être parce que tu n'es pas rentré de la nuit ! lui rétorqua Sam, qui sentit sa colère refaire surface. Il aurait voulu se montrer plus patient avec son frère mais là Dean avait dépassé les bornes. Est-ce qu'il avait au moins un idée de l'inquiétude qu'il avait pu ressentir ?
« _ Tout ça parce que j'ai découché ? Je ne pensais pas que tu t'angoisserais autant, lui répondit-il en le gratifiant d'un large sourire mais en le regardant Bobby réalisa que ce n'était qu'une façade. Il connaissait suffisamment bien le jeune homme pour savoir que tout était faux. Le sourire, le ton moqueur, la décontraction, tout ça sonnait faux.
Sam, apparemment, était beaucoup trop en colère pour s'en rendre compte.
« _ Comment tu peux dire ça ! Avec tout ce qui se passe ces temps-ci ! Lilith en a toujours après nous, on ne sait toujours pas qui t'a ramené des Enfers et une guerre avec une armée de démon se prépare et tu me demandes pourquoi je me suis inquiété ! s'écria Sam en ouvrant les bras avec emphase.
_ Ton frère a raison Dean, reprit Bobby, mais plus calmement. Ce n'est pas le moment de prendre des risques inconsidérés, surtout pas tant qu'on ne sera pas ...
_ Je suis allé faire un tour, c'est tout. Et c'était pas la peine de vous prendre la tête pour si peu ! »
Sam remarqua à ce moment les traces d'écorchure sur les mains de son frère, juste à chaque jointure, comme s'il s'était battu.
« _ Qu'est-ce que tu as fait ?
_ Je suis juste allé boire un verre ou deux, draguer une petite serveuse ... m'amuser ! C'est quelque chose que tu devrais faire plus souvent Sam !
_ Tu es complètement dingue, lui lança Sam avec colère. Et suicidaire ! Il aurait pu t'arriver n'important quoi, tu aurais pu être attaqué par un des hommes de Lilith, ou même par n'importe quel autre démon et tu étais tout seul ...
_ Et je suis un grand garçon ! lui rétorqua son frère mais sans se départir de son horripilant sourire. Je sais me défendre depuis plus longtemps que toi ... et puis de toute façon, je n'ai rien à craindre. Je suis le frère de celui qui fait fuir Lilith et le gars qui est revenu des Enfers ! »
Cette dernière remarque laissa Sam et Bobby sans voix et aucun ne su quoi lui répondre.
« _ Bon, c'est pas tout ça, déclara Dean en se relevant, mais j'ai deux ou trois vérifications à faire sur mon bébé. Parce qu'il n'y a pas à dire mais je suis vraiment le seul à savoir m'en occuper. »
Les deux hommes le regardèrent quitter la pièce et Sam sentit une main glacée lui étreindre le cœur et la poitrine. Il avait l'impression d'être en plein cauchemar, seulement là il ne pouvait pas se réveiller. Il était complément enfermé dedans, et cette fois Dean ne serait pas là pour l'en sortir et le consoler comme il l'avait toujours fait. Pour la première fois depuis longtemps, très longtemps, Sam se sentit complètement seul. Il avait conscience de la présence de Bobby à ses cotés, savait que son frère n'était qu'à quelques mètres devant lui dans la casse, debout devant sa fichu voiture mais il se sentait tout seul. Perdu. Terrifié. Dean était revenu mais son frère n'était plus là.
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TBC.
