Bonjour, bonjour.
Voici un nouveau chapitre qui devrait apporter un soulagement pour tous ceux qui souffrent pour Remus !
Merci encore à tous ceux (celles) qui nous soutiennent, Eamonn et moi par leurs petits messages d'encouragement. Bonne lecture.
Royale-de-luxe.
Sirius :
Quand les chouettes de l'école revinrent avec les lettres de Remus non lues et intactes, Sirius sut que quelque chose de grave se passait. Soit Remus avait ignoré complètement le hibou – improbable puisqu'ils lui avaient recommandé de donner des coups de bec à Remus jusqu'à ce qu'il prenne la lettre et la lise – ou bien l'oiseau n'avait pas pu le joindre.
"Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?" demanda James en fixant la lettre cachetée posée sur la table des Gryffondor en face de lui.
"On va en parler à McGonagall" répondit Sirius. "On verra si elle peut faire quelque chose. On n'a pas de nouvelles d'Anders ?"
James secoua la tête. "Ça fait presque deux semaines. Pourquoi est-ce qu'il n'a pas répondu ?"
Sirius secoua la tête d'un air accablé. "Allons voir McGonagall après le petit-déjeuner."
"Qu'est ce qu'elle pourra faire ?" demanda Peter. "Je croyais qu'elle avait dit qu'elle ne pouvait rien faire ?"
"Mais on doit faire quelque chose !" éclata Sirius. "Si ça se trouve il est chez lui à souffrir et on reste assis là ! C'est Noël dans deux jours ! Je voulais lui offrir mon cadeau !"
"Du calme Sirius " dit James en posant une main réconfortante sur l'épaule de son ami. "On va la voir après le déjeuner, ne t'inquiète pas."
Sirius n'avait jamais eu aussi peu d'appétit de toute sa vie. Il s'assit et resta là à ruminer dans son siège jusqu'à ce que James ne laisse échapper un soupir d'impatience et se lève. "C'est bon, allons-y."
Peter émit un bruit étouffé de protestation en enfournant le reste de son muffin aux myrtilles et sauta sur ses pieds pour les suivre. " v'avais ba Vidi bon débeuder !" dit-il la bouche pleine.
"Désolé vieux" fit James en s'écartant avec une aisance dénotant d'une longue pratique, afin d'éviter la projection de miettes. "Je ne parle pas le ploucovore. Encore que Snivellus pourrait sans doute me donner des cours."
Sirius était trop inquiet pour ricaner de la remarque. Peter lui jeta un coup d'oeil avant d'avaler avec difficultés pour préciser "J'ai dit que je n'avais pas fini mon déjeuner."
"Ben Sirius était sur le point d'exploser" dit James. "Et ça n'aurait sans doute pas été très joli à voir."
Sirius ouvrit la bouche pour protester, mais au détour du couloir, il heurta de plein fouet quelqu'un de plus grand que lui, le choc le projetant en arrière contre James puis contre Peter. Tous les trois se retrouvèrent en une pile de membres entassés dans des positions improbables tandis que deux visages inquiets se penchaient sur eux.
"Désolé les gars" dit une voix familière. "Je ne vous avais pas vus venir."
Au son de la voix, Sirius s'assit rapidement, indifférent au fait que son coude était entré en contact avec le nez de Peter dans le mouvement. " Professeur Anders ?"
Leur ex professeur se tenait au-dessus d'eux, l'air toujours aussi jeune, bien que son visage portât des rides qui ne s´y trouvaient pas l'année précédente. À ses côtés se tenait une femme qui avait environ le même âge – peut-être le tout début de la trentaine – avait des cheveux blond platine ramassés en un chignon bouclé au dessus de sa tête et de grands yeux bleus foncés.
"Sirius ?" Anders parut très soulagé de les voir. "J'ai bien reçu votre lettre. J'étais en mission et elle m'attendait quand je suis rentré. Nous sommes venus aussitôt."
Sirius leva des yeux suspicieux sur la femme. Il ne voulait pas que les secrets de Remus soient dévoilés devant une inconnue. "Qui c'est ?"
"Sirius !" s'exclama Peter, choqué par sa grossièreté.
Mais ni Anders ni la femme ne parurent insultés. Anders eut un petit sourire. "Voici ma femme, Angela. Elle est au courant au sujet de Remus."
Les trois garçons sautèrent sur leurs pieds. " Vous allez aller au secours Remus ?" demanda Sirius.
"Nous allons faire de notre mieux. Nous nous rendions justement chez le professeur McGonagall.
"Nous aussi," dit James prenant les choses en mains. "Vous pouvez nous accompagner si vous voulez."
"Heu … peut-être serait-il préférable que vous attendiez un peu que nous en ayons discuté ?" dit Anders d'un air un peu hésitant.
"Quoi ? Non !" les trois maraudeurs le fixèrent comme s'il avait perdu la raison.
"C'est notre ami," dit Peter d'un air obstiné. "Vous ne seriez même pas ici si on ne vous avait pas écrit cette lettre."
Anders sembla vouloir protester à nouveau, mais Angela plaça une main apaisante sur son bras. "Laisse les venir chéri. Ils pourront peut-être nous aider."
"Ce ne sont que des enfants !"
"C'est pas vrai !" répondit Sirius avec indignation. "Nous sommes les Maraudeurs ! Et nous allons aller au secours de Remus et peut-être qu'on vous laissera nous aider."
Anders soupira, et Sirius vit qu'il arrivait à la conclusion que toute ébauche de plan qu'ils pourraient concocter serait beaucoup plus sûr s'il était supervisé par un avis d'adulte. "Très bien. Venez avec nous."
Les Maraudeurs suivirent Anders et Angela le long du couloir en direction du bureau de McGonagall. Le professeur ne parut pas très surprise quand elle vit Anders et sa femme sur le pas de sa porte. Par contre elle fronça les sourcils à la vue de Sirius, James et Peter.
"N'êtes vous pas censés prendre votre petit déjeuner ?"
"Nous venions ici pour vous parler de Remus," dit Sirius irradiant de la plus pure confiance en soi typique d'un gamin de famille de sang-pur. "Nous avons dit au professeur Anders et à sa femme qu'ils pouvaient nous accompagner."
Le professeur McGonagall leva un sourcil en direction de Anders qui haussa les épaules l'air de dire qu'il n'y pouvait rien.
"Qu'y a-t-il à propos de Remus M. Black ?"
Sirius jeta un coup d'œil aux autres maraudeurs et James avança d'un pas, tendant la lettre qu'ils avaient envoyée à Remus. "Elle est revenue. La lettre que nous lui avions envoyée. Il ne l'a même pas reçue. Nous sommes inquiets qu'il lui soit arrivé quelque chose."
McGonagall soupira et s'éloigna de la porte, leur permettant d'entrer, et faisant signe à Anders et Angela en direction des sièges face au bureau. Elle fit un mouvement de baguette et transfigura un morceau de parchemin en un banc sur lequel Sirius, James et Peter purent s'asseoir.
"'J'ai bien peur qu'il n'y ait rien que je puisse faire," dit-elle une fois que tous eurent pris place.
"Mais vous n'avez rien fait !" dit Sirius sentant une vague de colère et de frustration s'emparer de lui.
"Surveillez vos manières M. Black, ou sinon je vous exclurai de la discussion."
Sirius se rencogna sur le banc et lui lança un regard noir.
"Contrairement à ce que vous semblez croire, Poppy Pomfresh et moi-même sommes allées chez M. Lupin voilà une semaine avec l'excuse que nous voulions nous assurer de la santé de Remus car il semblait très contrarié quand il était parti."
Sirius s'assit et la fixa. "Et ?"
"Il allait bien ?" demanda Peter.
Elle soupira et porta brièvement sa main à son front. "Il n'était pas là."
"QUOI ?" s'exclamèrent cinq voix en même temps.
"Nous avons parlé à son père qui nous a dit que Remus était arrivé par la poudre de cheminette, l'avait assommé et s'était enfui. Il ne l'avait pas revu depuis."
Il y eut un très long silence tandis que tous essayaient d'intégrer cette nouvelle information.
"Il mentait !" s'exclama Sirius avec assurance.
"Nous ne pouvons pas le prouver M. Black."
"Si Remus avait voulu s'enfuir, il aurait pu le faire depuis la cabane hurlante ou à Poudlard. Pourquoi est-ce qu'il serait rentré chez lui d'abord ?"
Le professeur McGonagall le regardait fixement d'un air choqué. "Quoi ? Comment êtes vous au courant de ça ?"
C'était au tour de Sirius de paraître confus. "De quoi ?"
"La cabane hurlante."
Sirius sentit James se raidir à côté de lui et il eut la sensation que son propre coeur lui tombait dans les chaussettes. Quel idiot il était parfois. Toutefois, il se rendit compte qu'il n'y avait aucun moyen de faire marche arrière à présent.
"Nous ne savions pas. Pas jusqu'à cette nuit où il s'est enfui. Il a couru à la cabane et on l'a suivi. Il n'arrêtait pas de répéter qu'il se transformait. On a compris qu'il était un loup-garou, mais il s'est enfui avant qu'on puisse lui dire que ça nous était égal."
"Vous avez vu la pièce où il se rend et ça vous est égal ?" demanda le professeur Anders dont la voix s'étrangla bizarrement dans la gorge.
"Enfin, non, ça ne nous est pas égal " corrigea James. "Ça nous concerne parce que nous nous sentons désolés pour lui. Son sang était partout sur les murs. Nous avons promis de le protéger, mais on ne peut pas n'est-ce pas ? Pas contre ça. Et pas contre ce que son père lui fait non plus."
Sirius était conscient que les trois adultes les observaient avec d'étranges expressions : une sorte d'émerveillement involontaire. Puis le professeur McGonagall prit la parole et dit d'un ton calme : "Il a vraiment de la chance de vous avoir pour amis tous les trois. Peu de gens peuvent dépasser les préjugés du Monde Magique."
"Heu …" émit Peter en levant la main. "Je ne connais pas les préjugés du Monde Magique. Mais si vous m'en parlez, je suis sûr que je pourrai les dépasser."
« C'est bien pour ça qu'on doit l'aider ! » dit Sirius ignorant son ami et essayant de ramener l'attention sur le sujet. « Parce que nous sommes ses amis. »
"Que peut-on faire d'autre ?" demanda McGonagall.
Angela s'éclaircit la gorge. Jusqu'à présent, elle n'avait pas dit grand chose ; elle avait passé son temps à observer de près l'interaction qui existait entre les autres. "J'ai peut-être une idée".
Elle parut plutôt effrayée quand elle fut immédiatement assaillie par les trois Maraudeurs, qui tous entourèrent sa chaise avidement.
"Ooh ! " fit James plein d'une énergie plutôt farouche, " Est-ce qu'on va aller chez lui et enfoncer la porte et attacher son père et le torturer jusqu'à ce qu'il nous dise où Remus se trouve réellement ? "
" Ou juste le tuer d'une façon très douloureuse et dans une mare de sang et trouver Remus par nous-même ?" suggéra Sirius.
"Ou le torturer pour avoir l'information et alors le tuer dans une mare de sang ?" ajouta Peter, très fier quand Sirius et James lui adressèrent des hochements de têtes approbateurs.
Angela parut plutôt perturbée et lança un regard désespéré en direction de son mari.
"Les garçons, arrêtez de mettre la pagaille" dit Anders d'un air las.
"Mettre la pagaille ?" demanda Sirius en se tournant pour le regarder. "Qui met la pagaille ?"
"Mon idée" continua Angela à haute voix, "N'a rien à voir avec des morts ni des mares de sang".
"Et pour la torture ?" demanda Sirius plein d'espoir.
"M. Black s'il vous plait retournez vous assoir dans votre siège et écoutez sagement ou je vais vraiment vous mettre à la porte de cette réunion". McGonagall les regarda tous les trois de son air le plus terrifiant et ils retournèrent tête basse à leur banc. "M. Anders, continuez s'il vous plait. Et plus un mot de votre part tous les trois sauf si je vous accorde la permission de parler".
"Pourquoi est-ce qu'on ne demande pas un mandat d'arrêt du ministère pour fouiller la maison pour cas suspect d'abus d'enfant ?" demanda Angela.
"On ne peut pas chérie", dit Anders. "Remus est un loup-garou non enregistré. S'ils le découvrent, on le paiera cher et s'il a suffisamment de chance pour ne pas être exécuté, ils ne feront certainement rien en sa faveur en ce qui concerne l'abus d'enfant."
"Ils n'ont pas besoin de le savoir" insista Angela, se tournant pour regarder McGonagall. "Anders peut venir sur une mission de secours de recherche en tant qu'Auror. Et il a un ami Auror dont la soeur est un loup-garou également. Ils seraient discrets quand on le trouvera. Donc tout ce dont nous avons besoin est d'obtenir leur témoignage, votre témoignage en tant que professeur et le rapport médical de l'infirmière de l'école avec la preuve de l'abus et on pourra alors sortir Remus ET poursuivre son père en même temps."
Il y eut une pause tandis que tous dans la pièce réfléchissaient à ce qui venait d'être dit. Après un moment, McGonagall prit la parole, "Le père de Remus pourrait aisément informer le ministère que Remus est un loup-garou si on essaye de le poursuivre."
"Il doit avoir une raison qu'il n'a encore jamais dite à personne auparavant pour le cacher" fit remarquer Angela. "Il n'a même pas enregistré Remus. Je le sais – j'ai vérifié les registres du département aux Créatures Magiques. On doit juste s'assurer que cette raison tient, même s'il est passible d'une peine pour Azkaban."
"C'est une bonne idée" constata Anders après réflexion. "Nous devrons en discuter avec Dumbledore. Il a beaucoup d'influence sur le ministère et il pourra nous aider. Plus nous pourrons réunir de preuves de la maltraitance, mieux ce sera. De cette façon, ils n'exigeront pas de Remus qu'il montre ses blessures au jury du tribunal de Magenmagot et risque ainsi de révéler ses cicatrices."
Sirius les écoutait bouche bée. C'était la raison pour laquelle il était bon d'avoir des adultes à vos côtés. Il avait entendu parler de quelques horribles histoires sur la prison d'Azkaban par ses parents et il pensait que ça semblait être l'endroit parfait pour y mettre le père de Remus. Il sentait grandir de plus en plus son amour pour la si fragile d'apparence Angela. Elle possédait un véritable esprit tordu derrière ses grands yeux bleus et ses boucles blondes. Il comprenait pourquoi Anders l'aimait.
Quand il y eut un blanc dans la conversation, il leva la main avec hésitation.
"Oui Sirius ?" demanda Anders en le regardant gentiment.
"Je – heu – je pourrais leur dire ce que j'ai vu à la gare" dit-il. "Et aussi comment il s'est évanoui à cause de ses blessures dans la voiture."
"Cela pourrait être une bonne idée" dit Anders en regardant les deux femmes. "Si Sirius faisait une déposition sous veritaserum, cela donnerait beaucoup de crédit à notre cause."
"Je ne peux pas vous autoriser à administrer du veritaserum à l'un de mes élèves sans un consentement de ses parents" dit McGonagall avec regrets. "Et est-ce que je fais erreur en présumant que vos parents ne seraient pas d'accord M. Black ?"
Sirius se rembrunit. "Non ils ne voudront pas."
"Peu importe" dit Anders. "En cas de maltraitance d'enfant, on peut agir simplement avec le consentement des camarades de l'enfant – consentement volontaire bien entendu. Il y a eu par le passé de nombreux cas où les parents n'étaient pas très contents que leurs enfants soient impliqués dans ce genre d'affaires aussi ils ont changé la loi."
"C'est parfait donc" dit McGonagall d'un air satisfait. "J'ai peur que vous deviez partir tous les trois à présent. nous devons aller nous entretenir avec le professeur Dumbledore."
A contre cœur, Sirius, James et Peter se levèrent et se dirigèrent vers la porte. Juste avant de partir, James se retourna pour les regarder. "Nous pourrons venir avec vous le chercher n'est-ce pas ," demanda-t-il avec inquiétude.
Sirius se figea. Il n'avait pas envisagé qu'ils puissent ne pas être autorisés à accompagner la mission de secours.
"Je ne pense vraiment pas qu'il serait approprié -" commença McGonagall, mais elle fut interrompue par Angela.
"Si Remus est gravement blessé et traumatisé, peut-être serait-il plus sage que ses amis soient avec nous quand nous irons le secourir" dit-elle.
Anders et McGonagall parurent tous deux très indécis.
"Il se peut qu'il y ait des choses très perturbantes là bas." dit Anders. "Des choses que des enfants ne devraient pas voir."
Sirius ouvrit la bouche pour protester que si Remus lui les vivait, les autres pourraient supporter de seulement les voir. Il fut cependant devancé par Angela qui reprit la parole.
"Ils ont vu la pièce où il se transforme et l'ont supporté assez bien" dit-elle. "Je pense que nous pouvons leur faire confiance pour ne pas se comporter de façon déraisonnable."
Anders et McGonagall soupirèrent et approuvèrent brièvement. Les Maraudeurs se regardèrent en souriant, puis Angela qui leur fit un clin d'oeil quand Anders et McGonagall eurent le dos tourné.
"Je l'aime beaucoup" annonça Sirius sur le chemin de retour vers la Salle Commune.
"M"étonne pas" dit Peter en roulant des yeux. "On dirait une version adulte de toi et de James. Très intelligente et rusée.
"Et en plus très agréable à regarder et avec de beaux cheveux" ajouta James avec philosophie.
"Oui, si c'était un garçon, vingt ans de moins et pas mariée à un professeur, elle aurait pu être un Maraudeur" conclut Sirius.
Une autre semaine passa et avec elle, vint Noël. Bien qu'il y ait des décorations et des célébrations imposantes, les mêmes que l'année passée, aucun des Maraudeurs ne se sentait d'humeur à la fête en pensant à Remus qui aurait du se trouver avec eux. Aucun d'entre eux ne pouvait deviner pourquoi quelque chose d'aussi simple que d'obtenir un morceau de papier du ministère disant qu'ils pouvaient entrer dans la maison de quelqu'un, l'arrêter et rechercher un enfant victime d'abus pouvait prendre autant de temps.
Peu après cependant, presque un mois après que Remus se soit enfui, les garçons se retrouvèrent entourant un portoloin en compagnie d'Anders, d'Angela, de McGonagall et de Madame Pomfresh ainsi que d'un jeune et grand Auror noir du nom de Kinsley Shacklebolt qui, leur avait-on dit, avait promis d'être discret sur la lycanthropie de Remus.
Shacklebolt avait protesté avec véhémence quand on lui avait dit qu'il y aurait trois garçons de seconde année pour les accompagner dans une mission de secours envoyée officiellement par le ministère, mais un regard sévère du professeur McGonagall l'avait fait taire instantanément. Sirius se demanda si Shacklebolt n'avait pas été l'un de ses élèves pas toujours assidu pour ses devoirs de Metamorphose. Il se demanda aussi si McGonagall serait d'accord pour lui donner des cours de 'regard qui tue'.
Il ressentit un coup acéré juste en dessous de son nombril et le paysage autour d'eux se brouilla. Quand tout s'éclaircit, Sirius regarda autour de lui pour constater qu'ils se tenaient dans le jardin d'une petite propriété située à l'orée d'une forêt. Les murs autour du jardin étaient très hauts – beaucoup trop hauts pour que quelqu'un puisse grimper par-dessus, et le cottage en face d'eux paraissait un peu vieux et délabré – comme tout ce qui appartenait à Remus. La peinture crème de la façade s'écaillait, du lierre poussait sur les murs dans des fissures et le jardin semblait ne plus avoir été entretenu depuis très longtemps.
Les garçons suivirent les adultes qui se dirigeaient vers la porte. Shacklebolt frappa énergiquement et il y eut un silence tendu comme ils attendaient la réponse. Après un moment, ils entendirent un bruit de pas et la porte s'ouvrit un peu, révélant le visage suspicieux de l'homme fortement charpenté que Sirius avait vu à la gare. Il avait les yeux de Remus remarqua Sirius. D'un marron très clair, presque ambre. Sirius avait présumé que les yeux faisaient partie de la malédiction du loup-garou, mais il avait eu tort à l'évidence.
« M. Lupin » commença Anders d'un air solennel, 'nous avons des raisons de croire qu'un enfant est maltraité dans votre maison. Nous avons une commission de recherche du Ministère de la Magie, ainsi qu'un mandat d'arrêt contre vous. »
Il tendit les papiers officiels devant M. Lupin dont les yeux s'élargirent. Celui-ci tenta de refermer la porte, mais Kingsley et Anders s'étaient déjà frayé un passage à l'intérieur.
« Petrificus Totallus ! » lança Anders en passant devant l'homme qui protestait violemment et il le regarda tituber et s'effondrer lourdement sur le dallage avec un plaisir farouche non dissimulé. Les Maraudeurs suivirent avec nervosité les adultes dans la maison. Ils avaient reçu des instructions strictes de rester en dehors du passage autant que possible, mais Sirius ne put résister à donner subrepticement un coup à la tempe au corps figé de John Lupin tandis qu'il l'enjambait. « Oups » murmura-t-il pas du tout repentant, quand Anders le remarqua et lui jeta un regard sévère.
Angela se positionna au milieu du salon miteux et sortit un étrange instrument de métal de sa poche. Il comportait deux minuscules clochettes d'argent à chaque extrémité d'un bâton effilé qui était lui, attaché à un petit arceau à l'équerre. Angela fit tinter les clochettes et le bâton commença à bouger. Chaque fois que l'une des clochettes entrait en contact avec le haut de l'arc, un son aigu et sonore emplissait la pièce.
« Qu'est ce que c'est ? » osa demander James.
« Un détecteur de loup-garou » répondit-elle d'un air absent, penchant la tête en écoutant le tintement. « Le bâton d'argent tourne plus vite si le loup-garou est proche. C'est comme cela que notre département recherche les loups-garou non déclarés. » Elle dut remarquer leur air horrifié parce qu'elle se hâta de les rassurer. « Je ne vais pas le dénoncer. J'ai simplement pensé que c'était la meilleure solution pour le trouver s'il est caché dans cette maison. » Elle se tut et se tourna vers la cuisine. « Par là » ajouta-t-elle.
Les autres la suivirent dans la cuisine. C'était très propre, mais comme le reste de la maison, tous les meubles semblaient vieux et usés. Angela se dirigea vers un grand vaisselier qui se tenait à l'une des extrémités de la pièce. Puis elle s'arrêta, fronçant les sourcils.
« Il indique qu'il est par ici » dit-elle.
« Il est dans le vaisselier ? » demanda Peter d'un air hésitant. « Je pense que même Remus ne doit pas être suffisamment petit pour entrer là dedans. »
Pendant un horrible instant, Sirius eut la vision de Remus mort, découpé en petits morceaux et caché dans le vaisselier. Mais Angela continua. "Il semble qu'il soit la-dessous."
"Il doit y avoir une cave" dit Shackelbolt en s'avançant. Il fit un mouvement de baguette, et avec un bruit de frottement, le vaisselier glissa sur le sol. Comme ils s'y attendaient, ils virent une trappe de bois sur le sol de la cuisine.
"Sa chambre !" murmura madame Pomfresh. "Je souhaite que cet homme rôtisse à Azkaban !"
Shackelbolt s'agenouilla et tira sur la trappe pour l'ouvrir. Les autres se groupèrent autour tandis qu'il prenait l'échelle qui menait au sous-sol.
"Puissant Merlin !" l'entendirent-ils s'exclamer d'une voix horrifiée.
Immédiatement Anders et madame Pomfresh suivirent.
"Les garçons, vous restez ici !" leur intima sévèrement McGonagall.
Les trois Maraudeurs la fixèrent comme si elle était devenue folle.
"Bien sûr que non !" s'écria Sirius.
Avant qu'elle puisse protester, il s'élança vers l'échelle et dégringola au sol. La première chose qu'il remarqua fut l'odeur. C'était la même odeur que celle qui imprégnait la chambre de la cabane hurlante – celle du sang et de l'animal sauvage. L'air était épais et lourd, et tandis que ses yeux s'habituaient à la pénombre, Sirius se rendit compte qu'ils se trouvaient dans une 'chambre' qui semblait encore plus délabrée que celle de la cabane.
La pièce contenait une armoire, un lit, un chevet et la malle très abîmée et usée de Remus. Comme dans l'autre pièce, les murs de pierre étaient également éclaboussés de sang – quelques traces de sang séché, et quelques unes qui paraissaient fraîches et collantes. Sirius sentit la bile monter dans sa gorge et s'empressa de déglutir.
"Mais qui peut faire ça à un enfant ?" murmura Angela. Aucun des autres ne lui répondit, trop occupés à faire le tour de la pièce, saisis d'incrédulité et de révulsion.
"Où est-il ?" demanda madame Pomfresh d'une voix tremblante.
"Remus ?" appela Sirius doucement. Au son de sa voix, un minuscule gémissement se fit entendre de sous le lit.
"Remus ?" répéta Anders en s'approchant du lit. Il n'y eut pas de réponse cette fois. Anders leva les yeux et fit signe à Sirius, James et Peter.
Sirius s'agenouilla à côté du lit et scruta la pénombre au-dessous. L'odeur de sang, de sueur et de loup était encore plus forte et il put à peine distinguer une petite forme recroquevillée contre le mur.
"Rem ?" il tendit la main à la forme sombre. "C'est Sirius. Nous sommes venus à ton secours. James et Peter et moi on a demandé à tous les adultes de nous aider à te retrouver."
Il y eut un autre gémissement un peu plus fort cette fois mais il semblait étonné, comme si Remus luttait pour former des mots.
"Qu'est-ce que tu dis ?"
" ach' rgent."
Sirius se figea, se rappelant ce qu'Angela leur avait dit quelques jours auparavant sur l'exécution des loup-garou.
"Non, il n'y a pas de hache d'argent" dit James en s'agenouillant à côté de Sirius et en parlant avec précipitation. "Nous n'avons pas dit au Ministère ce que tu es Rem. Ça nous est égal ! Tu es toujours notre ami !"
"Tu es Remus !" dit Peter. "Quand Anders m'a expliqué les préjugés du monde de la Magie, je les ai dépassés ! Ça m'est égal !"
"Fouet ?" dit à nouveau la petite voix.
"Pas de fouet non plus vieux" dit James gentiment. "On te le promet. Juste nous et Anders et McGonagall – qui fait 'les gros yeux' sans arrêt, alors reste en dehors de son chemin. Et la femme d'Anders qui est presque un Maraudeur parce qu'elle nous a laissés venir. Et madame Pomfresh qui a des potions du diable alors je resterais aussi en dehors de son chemin. Oh, et ce type nommé Shakky quelque chose qui a une soeur qui est un loup-garou et qu'il aime."
Il y eut un son étrange alors comme un sanglot étranglé. Le cœur de Sirius tressauta de peur jusqu'à ce qu'il réalise que c'était un gloussement entre rire et larmes. "tu parl' tr' j'mes."
"Je vois que ton Maraudeur intérieur est toujours là on dirait" dit Sirius en souriant presque du regard un peu indigné de James.
"Son imagination pour les farces nous manquait."
IL y eut un long silence pendant lequel tous dans la pièce retinrent leur respiration. Les adultes s'étaient reculés loin du lit pour ne pas rester attroupés autour des garçons. Sirius sursauta presque quand il sentit une petite main chaude se glisser dans celle qu'il avait tendue sous le lit. Il l'agrippa doucement en retour.
"Vous me 'testez pas ?" l'espoir dans cette petite voix était presque la chose la plus insoutenable que Sirius avait jamais entendu.
"Non Rem. Vraiment pas. Le fait que tu sois un loup-garou n'est pas quelque chose d'assez fort pour briser un vœu fait avec du sang et des ombres de lune."
La main dans celle de Sirius se crispa. "Tu as vu ?"
"Oui " répondit Sirius d'une voix douce en essayant de deviner l'expression de Remus. Ses yeux s'habituaient à l'obscurité et il pouvait deviner la lueur de ces yeux immenses, couleur ambre, le regardant. "Je t'ai suivi cette nuit-là. Tu n'avais pas besoin de faire ça pourtant. Nous voulions être tes amis avant ça. On avait juste un peu peur parce qu'on t'avait vu aplatir quelques Serpentards dans le donjon. C'était magnifique d'ailleurs. Bien fait pour eux pour avoir essayé de te brutaliser."
Il y eut un autre bruit étouffé et encore un autre. Sirius sentit la main de Remus trembler et cette fois, il réalisa que l'autre garçon était en train de pleurer.
"P-pen-pensais vous me d-dét-détestiez !"
Sirius partagea un bref regard avec James et Peter, puis se coucha , tendant les deux bras sous le lit. "Sors Remus. Il faut qu'on te soigne."
Il y eut quelques bruits de frottement puis la forme se dirigea vers lui. Quand Remus émergea de sous le lit, Sirius dut lutter pour ne pas pleurer sous le choc. Le petit garçon était dans un état épouvantable. Il était couvert de brûlures et du sang avait imprégné son pyjama presque entièrement rouge. Il était impossible de dire même, de quelle couleur étaient ses cheveux. Il tenait d'une main, serrée contre sa poitrine émaciée, des boites très abîmées tandis qu'il rampait.
"Ah Rem" dit Sirius, "Qu'est-ce que cet homme t'a fait ?"
Il attira doucement dans ses bras le garçon qui ne résista pas et il sentit la petite forme glisser contre lui, sanglotant encore. Remus sentait terriblement mauvais – un mélange de sang, de maladie et de blessures infectées, mais Sirius n'y fit pas attention. Il le tint simplement serré dans ses bras, sentant les larmes lui monter aux yeux.
"Remus ?" murmura James en s'approchant et en prenant l'une des mains de Remus, "On est désolés, on est désolés."
Peter les rejoignit aussi, et tendit la main pour toucher les boites que Remus tenait contre lui. Sirius les reconnut immédiatement. Une boite de Dragées surprises de Bertie Crochue, une boite de Fizwizbiz et une boite de chocogrenouilles. L'une d'entre elles avait encore un morceau du papier cadeau de Noël accroché. Sirius sentit son cœur lui faire mal.
"J'ai un cadeau bien mieux que ça pour toi cette année" murmura-t-il à l'oreille de Remus.
...
