Hello, encore une fois je suis très en retard dans la publication... Mais bon maintenant il n'y plus vraiment de temps précis entre chaque chapitre... J'ai profité que mon ordi soit de bonne humeur aujourd'hui. Il a, en effet, pris l'habitude de marcher qu'a moitié, de temps en temps voir même souvent, le bas du clavier se bloque et je décris pas la patience qui faut pour écrire dans ce cas. Comme d'habitude je m'excuse des fautes et j'espère que le temps entre chaque publication ne vous a pas enlevé la motivation de lire la suite...


Merci DetectiveRan008 pour ta review! Tu as raison, l'Olivier que voit Katie n'est pas réel, il vient de sa conscience et donc il dévoile une part de vérité, les choses que Katie ne veut pas voir en face. Franchement on se cache tous des choses et c'est plus facile de se mentir à soi-même qu'affronter la réalité parfois, non? Pour savoir qui Montague va devoir affronter je te laisse découvrir la suite (tu n'avais pas forcément tord). Bonne lecture j'espère.


Chapitre XXI

Montague regarda, impuissant, Katie disparaître dans la masse sombre, comme si elle en devenait une partie intégrante. Il ne pouvait plus bouger, figé comme une statue. Il avait envie de hurler mais ne voulait pas donner l'occasion à cette maudite boue noire de rentrer dans sa bouche. Katie n'était plus là, était-elle disparue, digérée par cet amas visqueux. Elle ne pouvait être morte, il le refusait.

« Laisse toi aller beau gosse, il est temps que tu rends des comptes... » Lui lança Gwenn qui s'était retournée pour admirer le spectacle.

Il ne pouvait pas lui répondre, il sentait que son visage tout entier commencer à ce recouvrir de la masse gluante et de plus en plus solide, ne laissant libre que ses yeux et son nez.

« Tu vas devoir affronter ta conscience... Bon chance play-boy, et revient me voir si tu t'en sors. »

Il sentit ses jambes se dérober sous lui et il tomba en avant sans aucune possibilité d'éviter sa chute. Il plongea dans un monde sombre et froid, il semblait flotter dans le vide, aucune source lumineuse, aucune contrainte, il ne sentait plus rien. C'était étrange et angoissant. Comme si il avait pénétré dans le néant.

Puis plusieurs sources lumineuses s'éclairèrent au loin formant un halo au dessus de lui, rappelant la voie lactée. Un bruit sourd ce fit entendre, grondant et menaçant, ressemblant au son d'un orage, puis des images apparurent, comme projetée par un vieux projecteur. L'image était de mauvaise qualité, comme jaunie par le temps, les bords à demi dévorés.

Il se revoyait enfant entrain de courir dans les champs secs et caillouteux du domaine familial, rien ne poussait, seule la poussière s'envolait sous ses semelles alors qu'il jouait à chasser des lézards. Il revoyait son père, le visage sévère et grave ainsi que sa mère faire et refaire les comptes, tenter par tout les moyens de garder les apparences, quitte à se nourrir de racine la plupart du temps. Faire semblant... Toujours, ne jamais rien montrer, tout pour protéger la famille, garder des habitudes d'aristocrates même lorsqu'on n'a plus rien. L'important était de ne rien laisser transparaître. Le mensonge déjà faisait partie intégrante de sa vie.

Combien de fois avaient-ils dû se terrer dans le manoir afin de faire croire à tous qu'ils étaient partis en voyage ? Sa mère était devenue une artiste des sorts de coutures afin de donner l'illusion qu'ils avaient les finances pour se payer de nouvelle toilette ? Il se souvenait des repas à base de soupe de racine et de pain rassis, les hivers glacées, le manoir éclairait que grâce aux lumos de leurs baguettes même en plein hivers...

Les années Poudlard avaient été un bol d'air frais, quitter la prison familiale et son père de plus en plus aigri. Là-bas il oubliait qui il était et d'où il venait, il se prenait parfois réellement pour l'un d'entre eux, l'un de ses sang-purs imbus et riche. C'était si facile... Il ne se demandait pas comment ses parent avait pu lui fournir une robe de sorcier flambant neuve pour le bal, ni comment ils avaient payé certains cadeaux, comme un balais haut de gamme quand il était devenu capitaine de l'équipe de Quidditch. Il avait préféré ne rien savoir, égoïstement. Non, il avait profité, c'était fait des amis, était devenu populaire... Il avait vécu sa vie étudiante avec insouciance, sachant que la réalité le rattraperait bien assez vite.

Les images prirent une teinte plus sombre et se racornirent encore plus, il devina le visage du Maître quand on lui avait apposé sa marque. Il aurait voulu fuir, refuser, mais il avait trop peur. Où serait-il allé ? Son père l'avait « vendu » pour retrouver sa gloire, sa mère était bien trop faible pour dire quoi que ce soit.

Puis tout se teinta de rouge et le massacre de Londres se joua une nouvelle fois devant ses yeux.

« Pas ça... » Gémit Montague, il aurait voulu fermer les yeux mais il n'avait plus aucun contrôle sur son corps.

Il se revit, vêtu de noir et portant son masque, marchant dans les rues de la capitale, abattant sans distinction tout les moldus qu'il croisait. Les caniveaux se remplirent très vite de sang, l'odeur de la fumée, celui du sang et de la peur...

Il ne voulait pas se souvenir de ce sentiment de toute puissance. Cette impression d'être un dieu, celui de pouvoir faire TOUT ce qu'il voulait. Il se revoyait les scènes de torture, ou des sorciers testaient des sorts impardonnables sur de pauvres moldus sans défense. Le cri des femmes qu'on emmenaient de force dans de petites ruelles sombres, les pleurs des enfants perdus, blessés ou mourant.

Des hommes qui cherchaient désespérément leur famille, ceux qui suppliaient de les épargner... Des rivières de sang et de larmes, la teinte rouge de la tamise... Les cadavres qui jonchaient les rues... Les nettoyeurs qui passaient derrière les brûlant méthodiquement et l'odeur... Âpre et qui restait à jamais gravée dans la mémoire, une de celle qui pouvait vous réveiller en plein sommeil et qui vous donnait la nausée rien qu'en y pensant.

Il avait participé à tout ça, c'était flou, mais il savait qu'il avait tué des centaines de personnes sans défense. Il se rappelais s'être dit qu'il le faisait pour le monde sorcier, que les moldus n'étaient que des parasites, qu'il restaurait l'ordre naturel des choses. Il s'était enivré de ce pouvoir, il était devenu tellement puissant... Rien ne pouvait l'arrêter.

Il était rentré chez lui, il ne souvenait pas vraiment comment, il se rappelait juste de la traînée de sang sombre qu'il avait laissé dans l'entrée du manoir. Il s'était vu dans le reflet du vieux miroir en montant l'escalier de marbre. Son masque était couvert de sang, sa robe était lourde et ses mains... Il avait mis de longues minutes a faire disparaître le sang coagulé qui s'était logé sous ses ongles malgré ses gants.

Le dégoût, la honte, la colère... Tout ces sentiments l'avaient assaillis, pour ne plus jamais le quitter. Il avait participé à ce massacre, il était comme eux, un monstre. Maintenant il appartenait corps et âme au mage noir.

Comment avait-il pu faire cela ? Etait-il devenu fou ? Pourquoi restait-il impuni ? On l'avait même félicité de son ardeur pendant le combat. Mais quel combat ? Ce n'était qu'un massacre sanglant, comment pouvaient-ils en rire, en être fier ? Montague avait songé plus d'une fois à en finir avec sa vie, mais il n'avait jamais trouvé le courage. Son envie de vivre était la plus forte. De tout manière le monde était devenu fou et peut-être qu'un monstre comme lui y avait sa place.

Il revit toute ses missions, tout ces meurtres... Pensait-il vraiment être miséricordieux quand il les tuait plutôt que les torturer ? Pensait-il être mieux que les autres ? Il revit les regards de tout ces gens qu'il essayait désespérément de fuir. Les supplications, les sanglots, les cris... Les yeux qui deviennent vitreux et lui et sa baguette. Le pouvoir de vie ou de mort sur autrui...

« Tu aimes ça n'est-ce ? » Souffla une petite voix. « Avoue, tu adores avoir ce droit. Celui de choisir qui doit vivre ou mourir, c'est grisant cette sensation... Dis le moi, je ne le répéterais pas. »

Il l'aurait reconnu entre mille, c'était celle de Katie. Elle apparut devant lui, mais elle portait son équipement de Quidditch, elle était plus jeune et pleine de vie.

« Tu étais si puissant... Au fond de toi tu sais très bien qui tu es vraiment... » Lança-t-elle avec un sourire plein de sous-entendu.

« Pas elle... Je ne veux pas qu'elle voit. » Supplia Montague.

« Qu'elle voit quoi ? La fois où tu m'as tué ? » Demanda une autre voix, c'était celle de Pansy. La jeune femme apparue à son tour et vient se poster au côté de Katie qui lui souri, comme si il s'agissait d'une vieille amie.

« Est-ce le sort que tu me réserves aussi ? » Demanda la petite blonde.

« J'ai promis de ne plus te faire de mal. » Répondit le garçon.

« Tes promesses ne valent rien. Qui croirait un meurtrier comme toi ? Comment peux-tu imaginer une seule seconde que je puisse te pardonner ? » Questionna l'image de Katie.

« Je t'ai sauvé... Je veux trouver Potter... Je veux que tout redevienne comme avant. »

Le rire hystérique de Pansy résonna dans le vide.

« Tu es fou... Rien ne sera plus jamais pareil, regarde autour de toi, vois tout ces gens à qui tu as pris la vie. Que crois-tu ? Qu'ils vont disparaître ? Nous te hanterons pour le reste de ta vie mon petit Graham... Tu n'es plus un enfant, tes fautes ne peuvent être effacées d'un coup de baguette magique. » Déclara la brune.

« Je ne peux pas retourner dans le passé. Ce qui est fait et fait. » Rétorqua le garçon d'une voix ferme.

« Non, en effet. Mais assume, regarde toi, admire donc la noirceur de ton âme. »

En bruit de fond on pouvait entendre des sanglots, ceux de Pansy juste avant qu'il ne décide à la tuer.

« Tu t'es cru miséricordieux en m'achevant ? Tu t'es pris pour le gentil ? Combien de fois as-tu fermé les yeux alors qu'autour de toi c'était l'apocalypse ? Tu les as laissé me faire du mal, tu n'as rien fait. Tu es comme eux, même peut-être pire car, toi, tu savais que c'était mal, tu avais tout à fait conscience de ce que tu faisais. » Hurla Pansy alors que son visage se creusait de plus en plus, que ses yeux perdaient de leurs éclats, que ses cheveux commençaient a se détacher de son crâne.

« Regarde à quoi je ressemble maintenant... Tu m'as enterré au fond du bois avec ma famille, comme un chien. Même pas un mot d'excuse... J'étais jeune et j'avais la vie devant moi et maintenant je pourris sous un sapin... » Continua la jeune femme alors que sa peau avait pris un couleur verdâtre et que ses yeux étaient devenu vitreux. Sa bouche sèche laissait voir ses dents comme le rictus d'un squelette.

« J'aurais pu ne rien faire... Te laisser dans ce chalet... » Répliqua le garçon pour se défendre.

« Oh Montague, qu'as tu fais ? » Chuchota Katie en pleurant.

« Je n'avais pas le choix. Je ne voulais pas mourir... » Tenta d'expliquer le garçon.

« La bonne excuse. Tu ne te repends même pas. Tu me dégoûtes tellement, dire que tu m'obliges à faire semblant de t'aimer. Tu es un monstre. »

« Katie... Je ne voulais pas, j'avais tellement peur. Je suis un lâche, je le sais, mais si je ne les avaient pas tué, ils auraient souffert encore et encore. Si tu savais de quoi ils sont capable, tu n'imagine même pas que tant de vice puisse être humain. »

« Tu aurais dû mourir en essayant au moins de les sauver. Tu ne mérites pas d'être encore ici. Comment peux-tu te regarder dans un miroir ? »

« Je ne sais pas. Je veux juste vivre. Je veux... »

« Je, je, je... Autant d'égoïsme... C'est presque drôle. » Coupa une troisième voix, celle d'un garçon. Un petit blond malingre. Montague n'arrivait pas à mettre un nom sur le visage mais savait qu'il l'avait tué lui aussi.

« Tu te souviens de moi ? Un parmi tant d'autre. Pauvre petit Montague, quelle triste vie que voilà. Toujours à pleurnicher sur son sort. Pitoyable. Tu me déçois tellement. Si seulement tu tenais ton rôle de méchant, mais non tu es là à geindre, a demander à un fille de t'aimer. Quoi ? Personne ne t'as jamais aimé, snif snif... Pathétique. » Continua le blondinet en imitant un enfant pleurant en se frottant les yeux.

« Vous êtes morts, laissez moi en paix. Les morts ne parlent pas. Vous n'êtes que le produit de mon imagination ! » S'exclama Montague en voulant reprendre le contrôle.

« Ne t'énerve pas comme ça mon petit chat. » Rétorqua le garçon blond en riant. « Ce n'est que le début. Avec une conscience torturée comme la tienne tu en as pour des siècles. »

« Si tu veux que tout cela cesse il suffit d'avouer que tu aimes ça, que ces morts ne sont rien pour toi, laisse donc ici ton humanité et tu seras libre... » Chuchota Katie dans son oreille.

« Je ne peux pas faire ça. »

« Et pourquoi donc ? C'est si facile... Pas de remord, pas de conscience, pas de regrets, cela ne fera que t'endurcir. Tu arrêteras de souffrir... » Continua la blonde d'une voix sensuelle, son souffle chaud caressant sa nuque et il pouvait presque sentir ses lèvres douces.

Tout cela était si tentant, laisser de côté son humanité, il ne souffrirait plus, fini les cauchemars et les remords qui le dévoraient chaque jours un peu plus. Il serait plus fort... Il ressemblerait plus au Maître, cette pensée l'épouvanta.

« Non, ils font partis de moi, c'est ce que je suis et je dois le porter. Je sais qui je suis et ce que j'ai fait. J'ai tué pour ma propre survie, je suis désolé mais ils étaient condamnés, j'ai fait ce que je devais faire à ce moment, que vous me jugez coupable, je le comprends car je le suis mais, ma vie a et aura toujours plus d'importance, je ne suis pas un héro, je suis un lâche ordinaire et je suis sûr que la plupart d'entre vous aurez fait la même chose. J'ai vu la nature humaine et ce que l'Homme est capable de faire pour survivre, on n'est pas dans un conte et la réalité et bien plus cruelle que tout ce qu'on puisse imaginer. » Déclara d'une traite Montague.

« Tu es un parangon d'égoïsme. Un monstre dans un déguisement d'humain. Comment peux-tu accepter ce que tu as fait ? Comment peux-tu encore croire à une rédemption ? » Questionna le garçon blond alors que Katie le regardait avec horreur.

« Rien à foutre de votre avis. Je suis ici pour sauver Saint Potter et par la même occasion ma peau, alors si vous le permettez j'aimerais prendre congé. » Rétorqua Graham avec froideur. Il n'avait plus le temps pour ce petit jeu stupide. Où cela menait-il ? A rien, ce qui était fait ne pouvait être changé et il devait maintenant se concentrer sur sa mission.

« Bien, mais sache que ce n'est que partie remise, un jour ou l'autre tu devras répondre de tes crimes. » Déclara Katie.

« Nous nous reverrons très bientôt mon petit Montague, j'en ai pas finis avec toi... » Ajouta le garçon blond alors que le cadavre de Pansy le dévisageait sans bouger. Les lumières se mirent a clignoter avant de s'éteindre définitivement.

Bientôt il fut de nouveau seul dans l'immensité noire, plus un bruit ne l'entourait, le silence était si apaisant, il se rendit compte qu'il ne sentait pas si mal dans ce néant. Puis tout devient d'un blanc éclatant, il papillonna des yeux et sentit brusquement l'attraction terrestre reprendre ses droits, il s'écrasa au sol dans un bruit mat. Déboussolé, il mit quelques secondes à se lever.

Il était de nouveau dans une grotte et devant lui l'entrée du labyrinthe semblait l'accueillir, il était fait de pierres sombres veinées d'argent, sa hauteur dépassait les trois mètres et l'obscurité ambiante ne permettait pas de distinguer grand chose.

Il leva les yeux pour avoir une idée de la proportion d'une telle grotte capable d'abriter un labyrinthe gigantesque. Le plafond était si haut qu'on ne pouvait le distinguer et une flore bien particulière semblait avoir trouvé ses aises en ces lieux sordides. Des sortes de lianes sombres et épineuses se mouvaient sur les parois comme des serpents paresseux et on pouvait distinguer des arbustes gris aux formes torturées, sur le sol une mousse épaisse et rouge recouvrait la pierre presque noire. Une lumière tamisé éclairer faiblement l'entrée du labyrinthe qui ressemblait à la bouche de l'enfer.

« Tu es enfin réveillé. » S'exclama Katie sur sa gauche. Elle le regardait d'un air réprobateur les mains sur les hanches.

Il sursauta et recula un peu toujours au sol. Elle leva un sourcil, étonnée.

« C'est vraiment toi ? » Murmura-t-il avec hésitation.

« Oui. » Elle se tut un instant, le dévisageant intensément. Il savait qu'elle aussi avait du faire face à sa conscience, il se demanda un instant ce qu'elle avait vu ? Qu'avait donc pu faire la si parfaite Katie Bell ?

« Allez bouge on a pas le temps pour bavasser. On est là pour Harry, on ne doit pas l'oublier. » Continua-t-elle en lui tendant la main qu'il saisit avec hésitation.

Elle pencha la tête, surprise par son manque de réactivité mais n'ouvrit pas la bouche.

A petits pas il se rapprochèrent de l'entrée du labyrinthe, hésitant quelques secondes, ils se regardèrent dans les yeux un instant, mais détournèrent rapidement le regard. Après une grande inspiration, Katie pénétra enfin dans le labyrinthe, Montague la suivit sans prendre en compte son instinct de survie qui lui hurlait de fuir.