Déjà, encore un énorme merci ! Deuxièmement, j'avance pas mal mais je suis super occupée. Donc en attendant je vais commencer à ralentir le rythme des publications. N'hésitez pas à partager ma fic aussi ^^

Ah et désolée pour hier, j'étais morte de fatigue, et j'ai passé ma soirée à colorier un dessin sur la fic, j'espère que vous m'en voulez pas, puis ça vous fait patienter et ça créer du suspense pour cette suite un peu (beaucoup) sadique.

Donc voilà, bonne lecture ! (Pour les sensibles je conseille des mouchoirs)


Et voilà. The end.

En même pas quelques jours tout avait sauté, tout avait explosé.

Tout ce qu'elles avaient crée était maintenant à néant. Au point de départ. Comme si on recommençait tout.

Sauf que là, on détruisait pas tout complètement, on oubliait seulement. Ou on essayait.

Comment virer autant de bons moments de sa tête ? En un claquement de doigt et si peu de temps ? C'était plus dur à faire qu'a dire. Quoique, s'avouer devoir tout reprendre à zéro ça pouvait faire mal, presque au même niveau. Il fallait se rappeler de tout, rien qu'en prononçant ces syllabes là. Ah les syllabes et les mots. Ces petites choses qui pouvaient changer beaucoup de trucs. Un "Je t'aime" ou "Je te déteste." Tout un avenir et des centaines de relations qui dépendent de ce que l'on dit, de comment on bouge sa bouche, sa langue et ses lèvres. Ces choses là, elles avaient foutu deux vies en l'air. Qui aurait pu en faire qu'une.

Anna, et Elsa.

C'était à peine si elles avaient osé se parler, ou se toucher du bout des doigts depuis la soirée chez la rousse. Elles ne faisaient que gueuler, Anna ne savait plus comment réagir ni que faire. Elle était jeune, insouciante, innocente, et surement pas préparée à ce genre de problèmes. Pour une fille de son âge, elle devrait être seulement confrontée au choix, qui pour elle serait le plus dur au monde, de choisir ses fringues pour la semaine. Mais Hans n'en n'avait pas décidé ainsi. Elle ne savait pas ce qu'il avait contre elle, à s'acharner comme ça. Elle ne lui avait rien fait au début. Peut-être êtes-ce car ce mec était un malade psychopathe dans sa tête ? Qu'il aurait cherché n'importe quel plan des plus farfelus et tortueux pour arriver à ses fins et obtenir ce qu'il voulait. Hans est salop. Hans est un fou. Elle le traitait de tout ce qu'elle voulait, de tout ce qu'il était. Ça ne changeait rien aux faits qu'il eut fait, mais ça la soulager. En quelques sortes.

Et du coup, Anna devait y faire face seule, à ces problèmes à la con, et comme seule moyen d'échappatoire qu'elle trouva, elle préféra se renfermer sur elle-même, chassant la plus vieille de son peu d'espace personnel à jamais.

Quand Elsa tentait d'attraper délicatement sa main, de lui glisser un mot à l'oreille, ou seulement d'essayer de comprendre qu'est-ce qu'il se passait, la rousse ne pouvait que la repousser violemment. Elle était si distante avec celle qu'elle aimait. La chose la plus difficile qu'elle dut faire dans sa vie... A force, elles se disputaient tellement qu'on ne pouvait même plus appeler ça de l'amitié aux regards des autres. Presque comme des fougueuses ennemies, ou l'une aimerait l'autre plus que tout au monde, et ou l'autre la détesterait au point de le plus la toucher. Le seul truc qui changeait, c'est que la plus jeune devait faire semblant de la détester. C'était tout.

Et alors, ce fut comme ça qu'elles rompirent. Dans la soirée plus précisément, après une journée fatigante de cours et de textos emmerdants.

Anna se revoyait encore et encore la scène non-stop. Quand elle se finissait, elle recommençait. Elle s'affligeait un chagrin immense. Mais son cerveau décidait de la tirailler autant que possible. Elle passait en boucle, au point de la dégoûter. Elle avait comme envie de vomir tellement elle avait mal. Dedans, tout semblait plus fort et plus horrible. Plus atroce. Elle les voyait, eux deux, en face, seules devant l'établissement. Anna hurlait des insultes à tout bout de champ, s'énervant, devenant rouge, sans faire attention autour d'elle si quelqu'un les observait, les espionnait. La blonde qui, après avoir crié une dizaine de fois, abandonna en proposant sur un coup de tête de rompre. Et comme une conne j'ai accepté. Je suis une merde, je sers à rien. Je... Se briser en deux, elle aurait tellement voulu se casser en mille morceaux, être une tasse qu'elle aurait frappé avec un marteau à grand coup jusqu'à être de simples miettes que l'on jetterait ans une poubelle sans la moindre importance. C'est tout ce qu'elle méritait, du moins pour elle et son petit esprit.

Pourtant, elle était déjà brisée. Son cœur saignait, et elle, elle souffrait. Elle s'était arrêtée en la regardant droit dans ses yeux bleus, la bouche étroite, lui lançant l'assassin dans la gueule, comme une flèche. Elsa. Son organe vital qui battait si fort. Elle avait l'impression qu'il ne marchait plus. Elle sentit ses yeux secréter du liquide salé, un frisson amer sur sa langue et dans sa nuque. Elle sentit son poil de lever. Puis elle s'était tournée, plus assez forte pour lutter devant elle, planquant ses faiblesses, des larmes dans les iris. Et elle ne put les retenir, se libérant en n'en versant quelques-unes sur le chemin jusqu'à la voiture de sa mère qui attendait depuis dix minutes. Sans même lui dire au revoir. Elles roulaient rapidement, et remplies, jusqu'à son petit menton, traversant la zone couverte de taches de rousseur en quelques secondes. Elle plissait les paupières et son nez, en taisant ses bruits faibles. Ça ne pouvait pas se finir comme ça.

Elle descendait la petite montée en espérant ne croiser personne, se dépêchant le plus possible pour aller ouvrir la portière ou ça mère lui faisait un signe de main, semblant s'ennuyer. Merde. Elle loucha sur son téléphone pour voir son retard. La brune se demandait surement ce qu'elle pouvait bien faire depuis tout à l'heure, mais c'était hors de question qu'Anna commence la conversation. Car, non, elle n'avait en aucun cas envie de la voir, ni de lui parler. Sans le faire exprès, elle la faisait chier et la piquait comme une aiguille que l'on aurait imbibée de désinfectant, pour la brûler jusqu'à qu'elle ne puisse plus dans une plaie récemment ouverte. Elle passa sa main rapidement sur ses joues froides pour les sécher partiellement, et dans sa frange pour aborder un faux air joyeux, avant d'atteindre le véhicule noir. Elle ne voulait plus penser, mais c'était impossible. Trop dur.

Son sac blanc sur son dos, avachie, elle tenta du mieux qu'elle put de cacher sa douleur, ce fut presque raté. Malgré son sourire fictif et aussi faux que les fesses de Kim Kardashian, on pouvait absolument distinguer les étincelles qui ne brillaient plus dans le noir intense de ses yeux, et l'eau transparente qui ne demandait qu'à sortir de leur cachette. Elle balança ses affaires sur le sol en plastique, s'attacha, et ne lui accorda même pas un bonjour, ne répondant même pas à ses questions. Prétextant par un "Je suis fatiguée". Elle posa sa petite tête fragile au creux de sa paume moite, ses pupilles vides et dans le vague, elle se laissa attendrir par le paysage. Elle ignora la blonde qui était perdue vers le haut. Elle ne voulait pas céder. Pas là. Pas devant elle surtout. Elle savait que lorsqu'elle souffrait, Liliane aussi souffrait. Puis, quoi de mieux que pour révéler ce secret de merde ? Ce secret, elle se battait pour le garder secret. Elle n'allait pas tout lâcher comme ça.

Au loin, Elsa restait abasourdie de ce qui c'était passé. Ce qu'elle avait dit avait pour but de les réconcilier. C'était tellement stupide qu'elle pensait qu'elles s'excuseraient toutes les deux dans un câlin. Au lieu de ça, elle était passée d'en couple, à célibataire. Et avait perdu son monde vivant, son seul univers stable ou elle était heureuse. En quelques secondes. L'idée qu'elle ne l'avait peut-être jamais aimé vint soudainement se planter là, au fond de son cerveau. Qu'elle l'avait forcé en l'embrassant l'autre fois à Paris et qu'elle avait fait semblant, pour être gentille, de créer son visage faussement faux dans une vague de plaisir à chaque baiser, pour jouer le jeu. C'était faux. Oui, mais dans ce moment-là elle trouvait que ça aurait pu être réel. Que ça aurait pu être une vérité dure à entendre.

Mais ses idées étaient confuses. Un véritable enfer d'amertume. Elle ne savait même plus ou était le haut et ou était le bas. La droite et la gauche. Son esprit et ses yeux se brouillèrent. Les mots manquaient pour décrire la douleur qu'elle ressentait. Une boule derrière le cœur, cette sensation qui claque dans tes veines. Tu sens tes artères froides qui pulsent fortement dans tes bras et dans ta tête. Tu t'en fous de tout, tu veux juste tout sortir de ton putain de corps, tout ce que tu vis. Les larmes aux yeux, tu n'obliges pas ta gorge à ressentir ce truc qui se coince, comme si tu avais mal avalé un bout de viande, lorsque tu tentes de parler. Tu as déjà assez mal.

Elle plaça sa main dans la seconde, libre, enveloppant ses doigts froids entre eux nerveusement, observant l'horizon ou s'en allait les bouts de carrosserie noirs, s'engouffrant dans une rue vide. Les roues s'éloignant en grinçant et le moteur qui tournait et qui s'effaçait de sa conscience et de son contrôle d'elle-même. Et elle laissa elle aussi couler ses larmes, plus de quoi tenir, plus personne. Elle commença à tourner au pivoine. Elle était là, perdu en Californie, sans même sa famille. Sa voiture blanche en bas, qui l'attendait. Un ciel qui vire du blanc à l'orange, qui se dégrade vers le bas en suivant la boule de feu. Elle continue de se vider d'eau, sa fine peau sèche devient peu à peu humide, elle pleure tellement que cligner est un effort surhumain, comme si on lui arrachait ses globes oculaires. Mais pas question qu'elle attende d'être quelque part d'autre pour jeter toute sa tristesse dehors, face au soleil couchant. Elle ne voulait plus lutter. Elle faillit tomber sur le gravier sec. Mais le peu de forces qu'elle avait lui servait à se maintenir droite, et à garder ses jambes sveltes sur place.

Un groupe de personnes arriva, rigolant en arrière plan. Le bruit passait d'une oreille à l'autre. Elsa se sentait seule, comme prise au piège dans une chambre trop petite et trop étroite. Les murs qui se resserraient. Pire que la nuit sur la tour Eiffel. Ce tourment qui tracasse son esprit et son subconscient si faible. Dans ce groupe qui passait à quelques mètres de l'entrée en verre du lycée, il y avait Raiponce, qui devait faire une blague, à son habitude, pour faire pouffer la fille et les deux garçons qui la suivaient. Sous ses bras, elle portait sa pochette verte de dessins, ne pensait qu'aux bonheurs des gens qu'elle aimait. Un sourire sur le visage, il lui fallut deux secondes pour qu'elle le tourne un peu, puis elle se figea sur le sol quand elle aperçut de trois quarts, le dos de la blonde, qui sanglotait, ses épaules tremblaient dans un mouvement régulier. Elle reconnut sa natte africaine, et sa forme mince. Ses bruits aigus résonnaient devant, et la petite brune se précipita vers son amie, faisant un vague signe de main aux gens qui la regardaient étonnés. Puis ils comprirent qu'ils devaient s'en aller et continuer le chemin sans elle. Partant dans l'autre direction d'un salut, elle poussa son bras contre la colonne vertébral de la plus veille, en pleure. "Elsa ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?"

La blonde osa changer de direction, replongeant ses yeux bleus dans les clairs de la petite brune, qui s'inquiétait, un peu bossu pour la tenir, elle et son poids. Elle s'élança dans ses bras, posant ses deux membres fragiles autour du cou de son amie, se délaissant de tout. Elle se sentait tellement mieux d'avoir quelqu'un sur qui compter. Sur qui s'appuyer. Dans tous les sens du terme. Elle laissa tout son chagrin sortir, ne s'arrêtant plus de tacher le haut violet de l'artiste de gouttes glacées, qui fit une petite tape sur sa peau froide couverte de tissus, lui faisant une caresse amicale. Entre deux pleurs étouffés, elle susurra, la tête sur son épaule tiède. "Anna..." Sa voix douce et qui sonnait en Français était adorable, Raiponce eut même de la peine, la serrant encore plus contre elle et prolongeant l'étreinte, dans le but de la faire sourire. Elle ne comprenait pas totalement la situation, mais était là pour Elsa et pour rien au monde ne la jugerait. C'était une personne en or qui voulait seulement son bonheur, et rien d'autre. Elle n'aimait pas voir le sourire de ceux qu'elle appréciait dans le sens inverse, ça lui faisait trop de mal. Elle l'aimait. Mais c'était de l'amour presque fraternel, elles étaient d'immenses amies.

"Viens, on va faire un tour, tu vas m'en parler et je vais essayer de trouver quelque chose à faire..." Elle éclata encore plus, coincée sur elle-même, et se recroquevillant. Ça lui rappelait brutalement lorsqu'elle l'avait consolé, le jour ou sa mère ne voulait plus la voir. Anna. Le prénom sonnait comme une cloche dans son crâne. Le blanc de ses yeux rouges, elle essuya sa joue droite qui paraissait inondée. Elle n'avait guère envie de voir quelqu'un dans cet état là. Mais elle ne se retenait pas, dans les bras de son amie. Qu'est-ce que pleurer pouvait soulager parfois.

Du côté d'Anna, ce n'était pas mieux. Le soir, à peine fut-elle rentrée qu'elle s'enferma à double tour, claquant la porte en vieux rondins de bois. Elle prit ses affaires et ses fringues qu'elle lança sur le parquet sans détourner ses yeux de là ou elle voulait se coller, s'effondrant dans sa couette froide et lisse, tout en jetant son téléphone, qui vibra trois fois, sur le sol dans un élan. Des félicitations pour avoir rompu. Et pas seulement. Et comme si elle n'avait pas assez mal, il la menaçait encore avec la photo, si elle ne faisait pas en sorte de l'aider pour qu'il ait un rendez-vous avec elle. Impossible. Elsa ne sortirait pas avec un connard. Même un soir. Elle replongea dans un foudroiement sa tête dans son oreiller qui sentait sa fraîche odeur, une odeur qu'elle n'arrivait presque pas à reconnaître tellement elle était habituée, mais qui arrivait, quand même, à la rassurer, et à apaiser son cœur. Elle étouffait ses sanglots pour que personne ne sache, laissant tourner la lumière de son ordinateur. La pièce était sombre et noire, la nuit s'endormant sur la Californie et la ville. Les criquets la berçaient, lui faisant regretter. Elle avait mal. Un mal de chien putain. Elle jurait dans sa tête. Elle n'arrivait pas à s'arrêter, son rythme cardiaque et ses inspirations saccadés. Endurer. Une torture longue et douloureuse, tellement bien mise en place, prévue pour chaque dérapage.

Après quelques minutes à ne plus respirer dans les tissus épais de son lit, elle osa soulever son visage faiblement, regardant les messages à l'écran. Il y avait de tout. Des "Merci" à "N'oublie pas ce qu'on a dit ma petite Anna." Elle eut un râlement sourd à travers ses dents blanches. Son épiderme gelé à cause de ses larmes, sa peau avait un gout salé dégueulasse, mais elle ne pouvait s'empêcher de laisser sa langue rose et lisse s'aventurer autour de sa bouche pour goûter. Les yeux brûlants, elle continuait de lire chaque mot soigneusement écrit par les mains du salop. Ça la dégoûtait. Il se croyait trop de choses, juste à cause d'une photo. Cette photo qu'il adorait lui envoyer. Cette photo qui lui rongeait l'esprit. Cette photo, et bien elle était un supplice à observer dans chaque détail, un déchirement absurde. Cette photo était la clé de sa liberté, ainsi que la main qui l'avait poussé dans le piège sournois du roux. Cette photo était tout, de la joie et la tristesse. Stupide photo.

L'image ne pouvait que la faire souffrir d'avantage en se rappelant cet ancien moment de bonheur. Ça lui rappelait Elsa. Tout lui rappelait Elsa. Sa chambre. Le top bleu qu'elle avait mis et qu'elle avait complimenté. Son ordi ou elles passaient tellement de temps à parler. Chaque chose avait une double signification et un passé. Se remémorant son visage pâle, c'était comme lui planter un couteau dans le cœur. Elle ne pourrait plus lui parler, ni l'embrasser. Ni rien lui faire d'ailleurs. Tout ça, pour ça. En vain. C'était affreusement déroutant de se dire ça. Elle était à la case départ, avec une douleur insupportable en plus. Rien d'autre. A part aussi de bons souvenirs qui étaient à la fois d'horribles tourments. C'était sans doute la pire épreuve qu'elle puisse affronter. Une blessure au fond de son âme qu'elle sentait calcinée. Prise au piège. Comme une vulgaire marionnette.

Et les semaines passèrent. Des semaines avec deux visages. Le jour elle semblait presque ok, même si elle ne mangeait plus. Elle triturait un peu dans son assiette en porcelaine avec ses couverts en métal, se souvenant encore des fois ou elle mangeait chez son ex. Ça lui coupait l'appétit. Parfois elle ne sortait pas de sa chambre des journées, allongée en larmes sur son lit, sur son sol en bois, ou sur sa chaise devant son ordi, sa porte verrouillée. Elle maigrissait à vue d'œil, seulement elle était déjà très fine avant, et musclée. Mais là ses cotes commençaient à ressortir, ses fins os aussi. Pour le moment, peu de personnes arrivaient à le distinguer et le remarquer. Mais elle s'en foutait. Se foutait de tout. Elle ne dormait plus non plus, ou très peu. Le sommeil avait disparu avec les heures, elle les passait à se critiquer et à se demander quand elle pourrait retrouver une personne qui l'avait autant aimé qu'Elsa avait pu le faire. Qui la supporterait plus qu'elle-même se supporte. Elle se sentait nulle, toujours ensevelie de textos. Il n'avait pas changé. Il veut ma mort ? Sa voix fluette résonnait au creux de son cerveau. Peut-être. Elle laissait tomber les mots.

Elle était devenue une dépressive. A cause de l'amour. Pourtant, avant, elle se demandait toujours pourquoi quelqu'un pouvait souffrir autant et se donner corps et âme à quelqu'un qui ne l'aime plus. Et maintenant, elle comprenait. Elle regrettait ses mots. Si elle avait pu comprendre autrement qu'en le vivant, elle l'aurait fait. C'était comme un boulet de canon dans le buste chaque jour qu'elle passait éveillée. Le pire était que plus elle pensait à elle, et plus elle l'aimait. Mais l'aimer la condamner à pleurer. Pleurer car elle souffrait. Elle avait tellement de sentiments, énormes, qu'elle lui gardait. Mais plus le temps passait, et plus elle la voyait. Elle se retenait au lycée, mais c'était juste affreux cette sensation étouffer entre ses seins.

Elle la voyait s'amusant, s'en allant vers d'autre fille. Une autre fille. Une petite blonde écervelée. Plus elle les voyait au loin en rigolant, plus elle sentait la lame dans sa poitrine devenir plus épaisse. En langue, elles n'étaient plus à côté. L'une à droite, et l'autre à gauche au supplice d'être obligée de la voir si souvent. Si heureuse. Si épanouie. Ou du moins, comment elle le montrait aux autres. Comment elle le montrait à Anna. Pour elle, chaque soir s'en était trop. Elle n'en pouvait plus. Elle la revoyait, souriante. Puis elle la revoyait, entourée de Raiponce et de l'autre. Leurs boucles blondes volant au vent. Putain je te déteste. Elle laissa échapper une sorte d'hurlement de colère, tapant contre le bois de son lit. Elle regretta aussitôt amèrement en hurlant de douleur. Mais elle n'avait pas réveillé ses parents. De toute façon il savait qu'elle était devenue insomniaque. Et malgré toutes leurs tentatives pour tenter de l'aider, ils n'arrivaient à rien avec une telle tête de mule.

Toutes ces choses étaient devenues sa routine. Elle pensait beaucoup à des choses auxquels elle ne devrait surement jamais penser. Elle se demandait si elle le faisait, est-ce qu'Elsa serait triste ? Puis elle se replongeait dans ses pleurs la chassant de sa tête. Non elle s'en fout de moi. Elle plia sa bouche et ses lèvres gercées, toucha son ventre trop mince. Elle l'aimait plus que tout. C'était impossible à surmonter. Elle qui pensait qu'il fallait du temps. Mais je suis quel genre de conne ? Le jour au lycée, c'était à peine si elle arrivait à dresser un sourire sur ses lèvres. Elle était seule, tout le temps. Tout le monde posait des questions, ses parents s'inquiétaient gravement pour son cas. Elle se sentait abandonnée par la seule personne qui l'aimait réellement. Mais ce n'était pas la seule personne. Son cœur tapait contre son torse, elle se mordit sa lèvre inférieure dans un sentiment d'anxiété. Elle avait l'impression que tout était contre elle, et que tout aider Hans à réussir à se faire Elsa. Oui elle avait une assez bonne poitrine, mais briser une vie pour une paire de seins. Anna ne comprenait pas les hommes. Anna ne comprenait rien. Rien à l'univers qui l'entourait. Mais tout ça, ce n'était pas plus mal.