Et voilà, comme promis le chapitre 21! je suis encore une fois désolée pour avoir oubliée le précédent il y a deux jours!
merci pour toutes vos reviews! elles m'encourages vraiment à continuer!
le prochain chapitre est pour jeudi! je promet qu'il sera à l'heure!
j'espère que ce chapitre vous plaira!
bisous à tous et bonne lectuer!
21. Une merveilleuse nouvelle… ou pas…
« Mme Weasley… Félicitations, vous êtes enceinte ! »
Oh mon dieu… je suis enceinte… enceinte… je vais avoir un bébé !
« Venez avec moi madame Weasley, la gynécomage Graham va vous recevoir. »
Amanda et moi nous levons et la suivons. Nous arrivons devant le bureau et elle nous fait entrer. Une grande femme brune et mince est assise derrière son bureau. Elle se lève pour nous accueillir.
« Bonsoir, je suis Alicia Graham… »
Elle nous sourit puis se tourne vers moi.
« Je suppose que vous êtes la jeune Mme Weasley ? » me demande-t-elle
« Oui… » soufflais-je
« Toutes mes félicitations… » me dit-elle avec un grand sourire.
« Merci… »
Elle nous invite à nous asseoir.
« Bien » reprend-t-elle à mon égard « d'après vos analyses, vous êtes enceinte d'un tout petit peu plus d'un mois. »
Un mois… un tout petit peu plus d'un mois… seigneur…
« Quel âge avez-vous Mme Weasley ? » me demande le docteur Graham
« 20 ans… bientôt 21… »
« C'est donc votre premier enfant ? »
« Oui… »
« Mme Weasley, est-ce que vous vous sentez bien ? » demande-t-elle alors. « Vous êtes toute pâle… »
« Oh… oui je vais bien, je… je vais bien. »
Je lui souris.
« Ce bébé est un accident, n'est-ce pas ? » demande-t-elle
« Oui… » soufflais-je
« Le père est-il au courant ? »
« Non… non, il croit que j'ai juste attrapé froid… »
Elle soupire.
« Vous savez Mme Weasley, un enfant c'est une bénédiction… toujours… je suis sûre que votre mari sera ravi… ne vous en faites pas… » me rassure-t-elle
« Je n'en suis pas si sûre… » soupirais-je
« Il ne veut pas d'enfants ? » risque-t-elle
« Je… je n'en sais rien… »
Je baisse les yeux.
Elle se lève et vient s'accroupir à mes côtés.
« Vous devez le dire à votre mari. » me conseille-t-elle en me prenant les mains. « Vous devez le lui dire au plus vite ; pour que vous ayez le temps d'en parler sérieusement et de prendre une décision qui soit mûrement réfléchie… »
Elle s'arrête un instant.
« Au jour d'aujourd'hui, vous êtes enceinte de cinq semaines… après douze semaines, vous ne pourrez plus avorter. »
Elle s'arrête une nouvelle fois.
…Avorter… mon dieu non… je ne serais jamais capable de faire une telle chose… je ne le supporterais pas. Je ne veux pas tuer mon bébé…
« Je sais que c'est dur… » reprend-t-elle. « Mais vous devez prendre une décision au plus vite. Il vous reste sept semaines… »
Elle se lève et retourne derrière son bureau.
« Je vous donne un rendez-vous pour dans six semaines pour une première écographie si vous décidé de le garder… si jamais ce n'est pas le cas… vous devrez prendre rendez-vous, toujours avec moi, le plus tôt possible… »
« Très bien… » dis-je
Elle me tend une carte où est marqué le jour et l'heure de ce rendez-vous. Je lui fais un signe de tête pour lui dire que j'ai compris. Puis Amanda me prend par le bras et m'aide à me relever. Pour être honnête, mes jambes ne me supportent plus vraiment. Nous quittons l'hôpital.
Mon dieu… un bébé… je vais avoir un bébé… non c'est trop tôt ! Bien trop tôt ! Nous ne sommes mariés que depuis quelques mois… et puis, je n'ai que 20 ans… je ne sais pas m'occuper d'un enfant ! Je n'en ai pas dans mon entourage… c'est trop tôt… bien trop tôt…
Amanda me sort de mes pensées en me disant qu'elle allait nous faire transplaner. Elle me ramène jusqu'à mon appartement.
Bill n'est toujours pas rentré. Il est presque 20 heures. Il ne rentrera certainement pas avant 21 heures… Amanda décide de rester jusqu'à ce qu'il rentre, pour « s'assurer que je mange convenablement pour nous deux ». Pour nous deux… mon dieu il va falloir que je le dise à Bill… je ne peux pas le lui cacher… mais pas ce soir… pas ce soir… pas encore… il faut que moi d'abord, je digère cette nouvelle…
J'ai demandé à Amanda de ne rien dire à Bill. Je veux le faire moi-même.
Dès que j'ai fini d'avaler ce qu'Amy m'a obligé à manger, je vais me coucher. Il n'est que 20h30 mais je suis épuisée. Pourtant, une fois dans mon lit, je n'arrive plus à fermer l'œil. Je reste éveillée…
Il est 22 heures lorsque j'entends la porte claquer. C'est Bill. Je l'entends parler avec mon amie dans le salon.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » demande-t-il
« J'ai accompagnée Fleur à l'hôpital et puis elle m'a invité à dîner… je ne voulais pas la laisser seule… »
« Où est-elle ? »
« Elle dort. »
« Déjà ? »
« Oui, elle était exténuée. » explique Amanda.
« Qu'est ce qu'elle a ? C'est grave ? » demande-t-il
« Non… ce n'est rien de grave rassure toi… » dit-elle
Elle ne lui a rien dit. J'entends Bill soupirer de soulagement.
« Ils lui ont donné des médicaments ? Des potions ? Quelque chose ? » questionne-t-il
« Non, ils ne lui ont rien donné. Ils ont dit que ça passerait tout seul dans quelques temps… »
« Comment ça que ça passerait tout seul dans quelques temps ! Non mais d'où ils sortent ces médicomages ! »
« Chut… Bill je t'en prie parle moins fort tu vas la réveiller… »
« Désolé… mais… pourquoi ne lui ont-ils rien donné ! C'est dingue ! » s'exclame-t-il
« Bill, elle n'a absolument rien de grave… il n'y a tout simplement pas de médicaments pour ce qu'elle a ! C'est comme pour le surmenage ! Ca va passer tout seul… ne t'en fais pas… va plutôt la rejoindre… »
Elle s'arrête. Je l'entends prendre ses clés et son manteau.
« Je vais rentrer chez moi maintenant. Aaron doit m'attendre… » dit-elle
« Oui, allez file ! Merci d'être resté Amy… »
« C'est normal… allez, va donc retrouver ta belle ! Bonne nuit mon grand… »
« Bonne nuit Amy… »
La porte claque une nouvelle fois. J'entends Bill mettre les verrous. Il entre tout doucement dans notre chambre. Je l'entends se déshabiller et il se glisse sous les draps avec toutes les précautions du monde. Il a du mal. Depuis l'attaque, il a beaucoup de mal à faire des gestes discrets et précautionneux. Il est un peu brut. Je me retourne vers lui.
« Oh… je t'ai réveillé ? » chuchote-t-il
« Non… je ne dormais pas… » répondis-je
Je me serre contre lui le plus possible. J'ai envie qu'il me prenne dans ses bras. Et c'est ce qu'il fait. Il m'embrasse le front.
« Alors ? Qu'est ce que les médicomages ont dit ? » demande-t-il
« Je n'ai rien de… rien de grave rassure toi… ça va passer tout seul… »
« Ah oui ? Et dans combien de temps ? »
« Dans quelques semaines… ou dans quelques mois… »
« Quelques mois ! » s'écrie-t-il en se relevant d'un coup.
« Chéri, calme toi s'il te plait ! Puisque je te dis que… que ce n'est rien de grave ! » soufflais-je
« Mais dis moi quand même ce que c'est ! »
« Dors chéri… je suis fatiguée… »
Je me serre encore un peu plus à lui et il remet ses bras autour de moi. Je suis bien là, au chaud, au creux de ses bras… mais je me sens mal… mal de lui mentir… peut-être qu'il le prendra bien… malgré ce qu'il a affirmé à sa mère… peut être qu'il n'aurait pas voulu que l'on prévoie d'avoir un bébé mais… mais maintenant il est là… alors peut être que le fait que je porte déjà ce bébé va le faire changer d'avis… je l'espère vraiment…
Nous sommes dimanche… ça fait maintenant trois jours que je sais et je n'ai toujours rien dit à Bill… j'ai pourtant essayé mais à chaque fois, ses paroles me reviennent à l'esprit. J'ai réussi à éviter le sujet de moi soit disant virus…
J'ouvre un œil, puis deux. Je soupire. Il n'est que 8h30. Nous devons être à 11 heures au Terrier, pour le déjeuner. Je ne sais pas si je vais supporter la cuisine de Molly. Je ne sais pas si je vais supporter de voir mon assiette remplie… ma nausée me reprend et je me lève en essayant de ne pas réveiller Bill. Je m'enferme dans la salle de bain. Il faut vraiment que je lui dise. Sinon il va finir par s'en rendre compte et il m'en voudra certainement de le lui avoir caché. Et il aurait raison. Je sors de la salle d'eau. Bill dort encore à point fermé. Il s'est mis sur le ventre, étiré de tout son long en travers du lit. Je remonte un peu les couvertures sur lui et je sors de la chambre sans faire de bruit. De toute façon, je ne me serais pas rendormie. Je vais dans la cuisine pour me faire du café mais je change très vite d'avis. Je ne garderais pas le café non plus. Rien que l'odeur fait revenir la nausée… je vais ouvrir la porte d'entrée. Le courrier a dû arriver ?
Oui. Il y a le journal et deux lettres. Je ne lis pas le journal. Je sais déjà ce qu'il dit. Des morts, des blessés… la rubrique nécrologique est l'article le plus long depuis des mois… je soupire et je le jette sur la table. Bill le lira lui. Mais moi ça fait quelques mois que j'aie cessé de le faire. Je porte mon attention aux deux lettres. Il y en a une de papa et l'autre est de Gabrielle.
Est-ce que je dois leur dire à eux ? Ou du moins à papa ? Non… pas avant que je l'aie dit à Bill et que nous ayons pris une décision. J'ouvre la lettre de Gabrielle. Elle me dit que je lui manque, qu'elle a hâte de me revoir. Elle me raconte ce qu'elle a fait ces dernières semaines et elle me dit, même, qu'elle a un petit copain. Alexandre. Je suis sûre que c'est ce blondinet que j'ai vu l'année dernière… je me demande ce que papa en pense… en fait, je me demande s'il est au courant !
J'ouvre sa lettre.
Ma douce,
Comment vas-tu ? Et comment va Bill ? J'espère que tout va bien pour vous.
Ici, nous allons tous bien et grand-père a même arrêté de fumer. Il dit qu'il est persuadé qu'il aura bientôt un premier arrière-petit-fils et qu'il se doit de montrer l'exemple.
Si seulement il savait…
Ça fait longtemps que nous ne t'avons pas vu et tu nous manques énormément. Je voudrais que tu reviennes un peu, ne serais-ce qu'une journée, le temps d'un déjeuner en famille… personne ne t'a vu depuis Noël…bien entendu, Bill est aussi le bienvenu ! Que dirais-tu de dimanche prochain ? Enfin, c'est comme tu voudras…
Est-ce que Gabrielle t'a écrit ? Si c'est le cas, est ce qu'elle t'a dit qu'elle avait un petit ami ?
Je ris. Alors elle le lui a dit… elle a du courage…
Un certain Alexandre Macel… un espèce de blondinet…
J'en étais sûre… je savais que c'était ce garçon blond que j'avais aperçu…
Tu te rends compte ? Mon petit bébé… elle n'a que 13 ans ! Elle n'a pas encore l'âge d'avoir un petit ami ! Bientôt elle se mariera, tu verras…
Je ris de nouveau. Il exagère ! Bien sûr qu'elle a l'âge d'avoir un petit ami ! Et puis, ce garçon avait l'air d'être quelqu'un de gentil…
Je n'ai même jamais entendu parler d'une famille Macel… attends un peu que je le rencontre…il a intérêt d'être gentil avec mon petit bébé parce que sinon il risque de regretter le jour de sa venue au monde…
Voilà, en espérant de tout cœur vous voir bientôt…
Je t'aime,
Papa.
Je soupire. Pauvre Gabrielle ! Elle n'aurait jamais dû lui dire qu'elle sort avec cet Alexandre. Macel… moi non plus je n'ai jamais entendu parler d'une famille Macel… ils sont peut être moldus… je crois que si c'est le cas, ce sera ce qui achèvera Samantha ! Tant mieux !
« Déjà levée ? »
Je sursaute. Bill vient d'entrer dans le salon où je suis installée. Il vient s'asseoir à côté de moi et m'embrasse.
« Bonjour… » dit-il
« Bonjour… » soufflais-je
« Qu'est-ce que c'est ? » demande-t-il en désignant les lettres que je tiens dans ma main.
« Des lettres de papa et Gabrielle. »
« Ils vont bien ? »
« Ils vont très bien. Gabrielle a même un petit ami. » annonçais-je
« Oh vraiment ! »
« Oui ! Papa la voit déjà mariée… »
Il rit et se lève pour disparaître dans la cuisine.
« Papa voudrait que nous allions déjeuner chez lui, dimanche prochain ! » lançais-je depuis ma place dans le canapé.
« Oui, pourquoi pas… ça nous fera un peu changer d'air… » dit-il en revenant s'asseoir avec deux cafés à la main.
Il m'en tend un que je refuse.
« Pourquoi tu n'en veux pas ? » demande-t-il
« Je n'ai pas envi de café ce matin… »
« Mais tu prends toujours du café le matin… »
« Et bien pas aujourd'hui ! » m'écriais-je
Oh non… mais quelle idiote ! Pourquoi est-ce que tu lui as dit ça comme ça ! Tu ne pouvais pas être un peu plus aimable !
« Je suis désolée chéri… je suis un peu sur les nerfs aujourd'hui… »
« Je vois ça oui… » me dit-il. « Ne t'en fait pas… ce n'est pas grave. Tu ne veux rien manger ? »
« Non, non je n'ai pas faim… »
Il fronce les sourcils et se lève après m'avoir embrassé. Non mais vraiment ! J'aurais pu être un peu plus aimable tout de même ! Il s'inquiète pour moi, et moi je l'agresse ! Non mais qu'elle idiote. Bill revient. Il faut que je lui dise… c'est maintenant ou jamais !
« Bill ? » appelais-je
« Oui ? »
« J'ai quelque chose d'important à te dire… »
Il me regarde inquiet. Il vient se rasseoir à mes côtés et il m'intime de parler.
« Je… je… mes grands-parents seront là dimanche prochain ! » dis-je
Quoi ? Oui, je sais, ce n'est pas ça que j'avais à lui dire… mais je n'en ai pas eu le courage…
Il me sourit amusé.
« C'est tout ? » demande t-il
« Non… enfin oui ! Oui c'est tout… »
« Tu es sûre que ça va ? tu es bizarre ce matin… »
« Oui, oui je vais bien ne t'en fait pas… »
Je l'embrasse et je me lève. Je vais sous la douche. Même si nous avons encore quelques heures devant nous, c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour lui échapper.
Lorsque je ressors, il est installé sur le lit et il me regarde me changer. Il se lève alors et vient se placer derrière moi. Il encercle ma taille de ses bras et dépose de petits baisers sur ma nuque. Je soupire et je le laisse me tirer sur le grand lit derrière nous.
Lorsque nous arrivons au Terrier (avec un peu de retard), Molly nous accueille avec un déjeuner plus que copieux. Trop copieux. Je ne mange pas beaucoup. Personne ne semble le remarquer… je ne mange pas énormément d'habitude mais aujourd'hui, je n'ai quasiment pas touché à mon assiette.
Une fois le déjeuner fini, Bill, Charlie, (qui est venu passer le week-end) Fred et Georges décident d'aller faire une parie de Quidditch. Je reste seule avec Molly étant donné que Arthur est allé jouer les arbitres.
« J'ai eu des nouvelles de Ron, Harry et Hermione hier… » me dit-elle. « Ils vont bien… »
« Oh… tant mieux… » souris-je
Elle s'assoit en face de moi et dépose une tasse de thé fument entre mes mains nouées sur la table.
« Vous n'avez pas touché à votre assiette, Fleur… vous vous sentez bien ? » demande-t-elle
Non mais c'est insensé ! C'est écrit sur mon front que je vais mal ou quoi ?
« Oui… je vais bien… » assurais-je
J'ai l'impression d'avoir prononcer cette phrase des millions de fois cette semaine…
Elle fronce les sourcils. Je ne l'avais jamais remarqué mais elle a la même expression que Bill lorsqu'elle fait ça.
« Je trouve que vous avez une petite mine… » continue-t-elle
Je lui souris et répond que je suis juste un peu fatiguée.
Est-ce que je dois lui dire que je suis enceinte ?
Est-ce que je peux lui dire que je suis enceinte ?
Peut être qu'elle pourra me dire comment Bill réagira !
Mais si elle le prend mal ? Si elle me dit que ce n'est pas le moment ?
Non… après tout, elle a soutenue que ce n'est pas parce que c'est la guerre que nous ne devons plus avoir d'enfants…
Je porte la tasse de thé à mes lèvres.
Mon dieu ce qu'il peut être amer… c'est horrible…
Oh non… la nausée me reprend ! Ce n'est vraiment pas le moment ! Je me lève et je cours vers la salle de bain à l'étage.
« Fleur ! » s'exclame Molly en entrant à ma suite dans la salle d'eau.
Dans ma course, je ne me suis même pas rendu compte qu'elle me suivait.
« Mais enfin que se passe-t-il Fleur ! » demande t elle inquiète
« Rien… rien ça va… »
Elle m'aide à me relever et me fait asseoir sur le rebord de la baignoire.
« Est-ce que ça va ? » demande t elle
Je dois lui dire… elle m'a vu ! Je ne peux pas lui mentir, de toute façon elle ne me croirait pas… elle a un don pour déceler les menteurs… ce doit être à force d'expérience avec sept enfants…
Allez, lance-toi ma fille… elle ne pourra que t'aider…
« Je… je suis enceinte… »
Je la voie alors plaquer ses mains devant sa bouche et des larmes lui monter aux yeux.
« Oh seigneur ! » dit-elle
Elle sourit largement.
« Mais pourquoi ne nous l'avez-vous pas annoncé au déjeuner ! »
Je baisse la tête.
« Bill ne le sait pas encore… »
Son sourire s'efface aussi vite qu'il est venu.
« Je crois que nous devons discuter un peu toutes les deux… venez… »
Elle me prend doucement la main et m'entraîne vers les escaliers puis vers le salon, où elle me fait asseoir sur le gros canapé. Elle s'assoie à mes côtés.
« Mais pourquoi n'avez-vous pas dit à Bill que vous êtes enceinte ? » questionne-t-elle
Je prends une grande expiration. D'abord pour me donner du courage mais aussi pour refouler les larmes qui commencent à inonder mes yeux.
« Je ne lui ai rien dit parce que… parce que j'ai peur… peur de sa réaction… peur qu'il ne veuille pas de ce bébé et qu'il me demande d'avorter… » expliquais-je
Et maintenant, je ne peux plus retenir mes larmes. J'éclate en sanglots. C'est insensé ! Pourquoi est-ce que je me mets à pleurer ? Je n'ai aucune raison de le faire ! Mais je ne peux pas m'en empêcher.
« Mais enfin pourquoi Bill ne voudrait-il pas de ce bébé ? » s'étonne-t-elle. « Oh merlin ! C'est cette dispute que nous avons eu il y a quelques jours n'est ce pas ? »
« Oui… »
« Oh ma pauvre chérie… »
Elle me prend dans ses bras. Comme le soir de l'attaque de Bill, mis à part qu'aujourd'hui, je suis la seule à verser des larmes.
Au bout d'un petit moment elle se détache de moi et me regarde avec douceur en essuyant mes larmes de ses doigts.
« Vous savez, reprend t elle, Bill est un bon garçon… je l'ai toujours entendu dire qu'il voulait des enfants… qu'il voulait une famille nombreuse… »
Elle fait une pause.
« C'est vrai qu'avec cette guerre, avoir un enfant c'est prendre un risque supplémentaire… mais regardez nous Arthur et moi… nous avons eu sept enfants pendant la première guerre. Alors peut-être que Bill n'aurait pas voulu faire un enfant… mais maintenant qu'il est là… »
Elle s'arrête une nouvelle fois et me sourit.
« Même après les propos qu'il a tenu l'autre jour, je peux vous assurer que Bill aimera cet enfant de tout son cœur… comme nous tous d'ailleurs… »
« Vous croyez ? » demandais-je
« Mais bien sûr ! Ne vous en faites pas… j'en suis absolument convaincue… mais il faut que vous le lui disiez… depuis combien de temps le savez vous ? »
« Depuis trois jours …»
« Et vous êtes enceinte de… »
« Cinq semaines… »
Elle sourit de plus belle et joint ses deux mains sur son cœur.
« Je vais être grand-mère… » souffle-t-elle
Je lui souris. Mais les larmes reviennent à mes yeux aussi vite qu'elles étaient parties.
« Enfin, qui a-t-il ? C'est une merveilleuse nouvelle ! » me dit gentiment Molly
« Ça… ça va trop vite ! Nous ne sommes mariés que depuis quelques mois et puis… je ne sais pas m'occuper d'un bébé ! Je n'ai aucune expérience ! »
« Oh ma chérie… vous savez, Bill est né pile neuf moi après mon mariage avec Arthur… et moi non plus je n'avais pas la moindre expérience avec les enfants… mais j'ai appris… » me dit-elle doucement, une main sur les miennes et l'autre qui me lisse doucement les cheveux. « Vous savez Fleur… nous n'avons pas toujours été en bons termes mais… mais je vous aiderai si vous avez besoin de mon aide… je serais là, n'importe quand… »
« Merci… » dis-je
« C'est normal voyons… oh merlin ! Je vais être grand-mère ! » dit-elle la voix emplie d'émotions
Elle a un énorme sourire aux lèvres et des larmes pleins les yeux.
« Dites le lui vite Fleur… il sera ravi, vous verrez… »
Je lui fais un grand sourire et je lui promets de le lui dire dès ce soir. Elle m'a énormément rassurée. Je me sens beaucoup mieux.
« Et puis… » ajoute-t-elle « Vous avez tout fait très vite tous les deux… vous vous êtes fiancés même pas un an après votre rencontre, puis vous vous êtes mariés dans l'année qui a suivie… un bébé est la suite logique à tout ça… »
« Merci… » soufflais-je encore une fois, vraiment reconnaissante.
« Vous avez épousé mon fils aîné Fleur, vous lui avez rendu sa confiance en lui après cette terrible attaque, vous le soutenez et vous l'aimez, il est heureux avec vous… et c'est tout ce qui compte. Et un enfant, je suis sûre que ça le rendra encore plus heureux. Même si il refuse de se l'avouer ! Un bébé c'est une petite lueur d'espoir… le vôtre sera sa petite lueur à lui… »
Je lui souris. Je suis contente qu'elle le prenne si bien. Qu'elle accepte que nous ayons un bébé si tôt ! Elle me rend mon sourire et me prend la main. Elle a l'air vraiment ravie que je me sois confiée à elle… mais encore plus heureuse de devenir grand-mère… enfin peut-être…
« Ah ! Vous êtes là ! »
Ce sont les garçons qui viennent d'entrer dans le salon. Ils sont tout transpirants et pleins de boue. Même Arthur qui n'était censé être qu'arbitre.
« Alors ? Qui a gagné ? » demande Molly
« Charlie et moi bien sûr ! » lance Bill
« Ils ont trichés ! » proteste Fred (ou peut être George…)
« C'est pas vrai ! » lancent Bill et Charlie d'une même voix
Molly et moi éclatons de rire. Les garçons se nettoient à l'aide d'un sort et ils s'installent avec nous. Bill s'assied entre Molly et moi et il met mes jambes sur les siennes de façon à ce que je me retrouve presque allongée.
« Qui veut du gâteau au chocolat ! » demande joyeusement Molly en se levant d'un bon.
Tout le monde en réclame et elle revient quelques instants plus tard avec six grosses parts de gâteau au chocolat et une bien plus grosse que les autres qu'elle me tend et que bizarrement, je dévore. Mon appétit est revenu. Bill me dit que ça fait plaisir à voir et qu'avec un peu de chance, il ne serait plus le seul à manger chez nous, comme ces trois derniers jours.
Le reste de la journée se passe à merveille. Molly est dans un état euphorique durant tout l'après midi. A tel point qu'elle ne réprimande même pas les jumeaux lorsqu'ils décident de tester leurs nouvelles inventions.
Lorsque nous rentrons chez nous, il est presque 20 heures. Bill s'écroule sur le canapé, épuisé. Il m'entraîne avec lui.
« Je suis content que ma mère et toi vous entendiez si bien… » murmure-t-il en mettant son nez dans mes cheveux.
« Oui, moi aussi… »
« Vous parliez de quoi quand on est revenu ? » demande-t-il
« Oh… de… »
« Ca a un rapport avec son état d'euphorie de cet après-midi ? »
C'est le moment. C'est maintenant ou jamais. Il faut que je le lui dise.
« Fleur ? Fleur tu m'écoutes ? » demande Bill
Je sursaute.
« Oh désolé… j'étais perdue dans mes pensées… »
Je me lève. Je me lève et je me place devant lui.
Allez, respire Fleur, respire…
« Bill… il faut que je te dise quelque chose… quelque chose d'important… » déclarais-je la gorge nouée.
Il se redresse un peu.
« Tu sais, quand je suis allé à l'hôpital… »
« Oui ? »
« Et bien… je t'ai menti… je… quand je t'ai dis que je n'avais rien… »
Il se relève d'un coup, l'air plus inquiet que jamais.
« Quoi ? Qu'est ce que tu as ? C'est… c'est grave ? » s'affole-t-il
« Non ! Non ce n'est pas grave… enfin c'est… c'est important… c'est…
« Mais dis moi enfin ! » s'exclame-t-il
« Je… je suis enceinte Bill… »
Ca y est… c'est dit…
Il se rassoit doucement. Lentement. Il est livide. Il ne dit rien. Il se contente de me regarder.
« Bill… chéri, dit quelque chose je t'en prie… n'importe quoi ! Mais parle ! »
« Enceinte ? » demande-t-il la voix nouée
« Oui… »
« Mais enfin je… on ne peut pas Fleur ! » s'écrit-il
« Quoi ! Mais pourquoi ? » demandais-je paniquée.
Ce n'est pas vraiment la réaction que j'avais espéré depuis ma conversation avec Molly.
« On ne peut pas ! C'est la guerre ! C'est trop dangereux ! On ne peut pas avoir d'enfants ! Non… je… non… »
« Bill… »
« Non Fleur ! Ce n'est vraiment pas le moment ! Non mais tu imagines ! Avec cette guerre ! On ne peut pas prendre ce risque ! «
« Bill… Bill je veux ce bébé ! »
« Non ! Non… on ne peut pas… » murmure-t-il. « Je… excuse moi… »
Il se lève alors et sort de l'appartement. Oh seigneur… je m'écroule sur le canapé et je fonds en larmes. Il est partit… Molly avait tord… il ne veut pas de cet enfant… je n'arrive pas à y croire ! Il est partit, comme ça, sans un regard ! Il m'a laissée toute seule…
Je finis par m'endormir, sur le canapé du salon, épuisée à force de pleurer.
Je ne sais pas quelle heure il est. Je ne sais pas combien de temps j'ai dormis. Je sens une main caresser doucement me cheveux. Je me retourne et j'ouvre les yeux. C'est Bill. Il me sourit. Je me retourne sans lui accorder le moindre regard, le moindre sourire… comme lui hier soir. L'horloge sonne minuit.
« Fleur… » murmure-t-il
« Qu'est ce que tu veux ? » demandais-je un peu durement.
« Je… pardon… je… j'ai été un idiot ! »
« Oui… oui tu as été un idiot… laisse moi… »
« Non. Non je ne te laisserais pas… je… regarde moi s'il te plait… » supplie-t-il
Je me retourne. Les larmes coulent seules sur mes joues. Je crois que je n'ai jamais autant pleuré. Je remarque qu'il a les yeux rougis… il a l'air fatigué… il n'a pas dû beaucoup dormir cette nuit. Il tend la main pour essuyer mes larmes mais je repousse violement sa main.
« Ne me touche pas… vas-t'en ! »
« Non… regarde moi je t'en prie… Fleur… »
Je relève la tête vers lui. Il a l'air mal… triste… et fatigué…
« Je suis désolé, ma belle… »
« Tu peux oui ! »
« Je n'aurais jamais dû te dire que je ne voulais pas de ce bébé parce que… parce que c'est faux ! » murmure-t-il
« Pourquoi tu es parti alors ? » demandais-je
« Parce que j'ai paniqué. Je… »
« Paniqué ! » m'écriais-je
« Laisse moi finir s'il te plait, Fleur… tu pourras me dire tout ce que tu voudras après… tu pourras me hurler dessus et même me mettre à la porte si tu veux, mais je t'en prie écoute moi jusqu'au bout… »
« D'accord… mais fait vite ! » capitulais-je
Il prend une grande inspiration.
« J'ai paniqué ! J'ai paniqué parce que je n'ai pas pensé que ça pouvait arriver si vite ! Et avec cette guerre… »
La guerre, encore cette fichue guerre ! Non mais vraiment ! Il ne croit tout de même pas que je vais me contenter de la guerre comme excuse !
« Je suis allé chez mes parents… » continue-t-il. « J'ai discuté avec ma mère et elle m'a dit qu'elle savait, que tu le lui avais dit… elle m'a dit que tu avais peur de m'en parler parce que tu craignais ma réaction… et…et je me suis rendu compte que je me suis comporté comme… comme tu craignais que je le fasse… »
Il s'arrête. Oui, il s'est comporté comme j'avais peur qu'il le fasse. J'espère que Molly lui a bien remit les idées en place et qu'elle lui a passé un bon savon, parce que c'est tout ce qu'il mérite !
« Pour être honnête » reprend-t-il, « Elle m'a passé un sacré savon… mais j'ai réalisé que je voulais ce bébé… parce que… parce que je t'aime et que c'est notre bébé… mes parents y sont bien arrivés, eux… alors pourquoi pas nous… et puis… j'ai survécu à un loup-garou alors je saurais vous protéger… »
Il s'arrête une nouvelle fois. Il met ses mains sur mes joues et essuie mes larmes de ses pouces.
« Je suis désolé… je n'aurais pas dû partir comme ça… je veux ce bébé Fleur… alors je comprendrais que tu m'en veuille après ce soir mais… mais je t'aime Fleur et je… »
Je ne lui laisse pas le temps de terminer sa phrase que je lui saute au cou et que je l'embrasse comme si ma vie en dépendait. Je me détache doucement de lui et il me serre fort. Je ne sais pas pourquoi, mais toute ma colère à disparue. Je ne lui en veux plus du tout. J'ai oublié tout ce qu'il m'a dit avant de partir. Tout ce qui compte maintenant c'est qu'il vient de me dire qu'il voulait de ce bébé… et ça, c'est le plus important. Je cale ma tête dans le creux de son cou.
« On va avoir un bébé… » chuchote-t-il à mon oreille.
Je souris de plus belle et je ressers encore un peu l'étreinte de mes bras autour de son cou.
« Je t'aime… » soufflais-je
Je sais qu'il sourit. Je suis toujours à moitié allongée sur le canapé et je sens qu'il me soulève (vous savez, façon jeunes mariés). Je resserre un peu plus mon étreinte et il m'entraîne vers notre chambre.
Nous allons avoir un bébé…
