Charlie sauta à l'abri derrière une colonne une fraction de seconde avant que le puissant jet de flammes ne heurte l'espace où il se trouvait précédemment. A en juger la large trace noirâtre sur le sol et le mur, il ne faisait aucun doute que l'impact ou la chaleur des flammes l'aurait tué dans la seconde. Charlie se redressa, lentement, avec prudence mais ne commis pas l'erreur de sortir de sa cachette. C'était une bonne initiative car le dragon eut, alors, un violent mouvement d'humeur et fracassa le sol dallé de sa queue.
Charlie était émerveillé par la bête. Il comprit pourquoi il avait choisi le métier de dresseur de dragon dans cet autre monde. Ces bêtes étaient fascinantes !
Charlie détourna, néanmoins, les yeux de la bête lorsqu'elle commença à battre furieusement des ailes. Elle ne tarderait pas à réaliser qu'elle était libre de s'enfuir. Il était donc plus que temps de commencer à partir d'ici. Il ne faisait aucun doute que le départ du dragon serait plus violent que ce qu'ils avaient imaginé en dépit du récit cru que leur avait fait Harry.
Charlie porta, par conséquent, une partie de son attention sur le coffre que visitait ses compagnons (en prenant, bien entendu, garde de surveiller les faits et gestes du reptile volant).
Alors que Charlie se démenait pour délivrer le saurien géant, tout en restant en vie : son frère et James avaient réussi à pénétrer dans le coffre des plus dangereux mangemorts vivants. Il ne leur avait pas fallu bien longtemps pour découvrir que l'objet qui avait justifié leur intrusion n'était pas là. Le coffre des Lestrange était quasiment vide. Il ne restait, en effet, plus que quelques coffres de mornilles par ci par là. Aucun objet précieux ne se trouvait dans ce coffre.
De toute évidence : soit les Lestrange menaient grand train, soit Voldemort se chargeait de dépenser l'argent de ses serviteurs. James, d'ailleurs, penchait plutôt pour la seconde solution. Quoi qu'il en soit, il leur avait paru, très vite, évident qu'ils étaient venus inutilement à Gringotts.
Aussi, après avoir fouillé, par précaution, les derniers coffres de la famille : James et Bill étaient ressortis bredouilles de la chambre forte. Et, cela à l'instant même où le dragon avait craché sa fureur vers Charlie. Bill avait eu l'impression que son cœur avait cessé de battre. L'espace de quelques secondes, il avait cru son frère mort. Cependant, il avait été, très vite, rassuré. Son frère avait sorti, avec une extrême prudence, la tête de derrière une colonne et avait fait un léger signe dans leur direction pour leur montrer que tout allait bien pour lui.
A cet instant précis, les évènements semblèrent s'accélérer. Le dragon battit furieusement des ailes et tapa, vigoureusement, le sol de ses pattes. Ce fut, sans doute, à cet instant que la bête réalisa qu'elle était libérée de ses chaînes puisqu'elle poussa un rugissement qui fit trembler les murs avant de cracher un jet de flammes en direction de la voute au dessus de leur tête. La chaleur était si intense que la pierre commença à se fendiller.
Charlie profita de l'inattention du dragon pour le contourner et rejoindre ses camarades qui échangeaient des regards inquiets. De lourdes pierres commençaient à tomber alors que le dragon entreprenait de forger son propre chemin vers la surface. La banque allait, de toute évidence, s'effondrer sur elle-même.
Alors que le saurien entreprenait d'accélérer les choses à l'aide de coup de griffe, James donna l'impulsion du départ en poussant, vivement, les deux Weasley vers le passage qu'ils avaient précédemment emprunté. Dans les galeries dans la banque, l'enfer semblait s'être déchaîné. Il n'y avait pas que la voute des galeries qui s'effondrait. Le sol se dérobait, lui aussi, sous leurs pieds, les mettant en danger à chaque minute. Toutefois, ils avaient redoublé de prudence et avaient accéléré le pas pour être certain d'arriver à peu près au même moment que le dragon dans le hall d'entrée de la banque. Plan qu'ils réussirent à mener à bien sans trop de soucis puisque le vieux dragon s'était, difficilement, frayé un chemin à travers la roche qui constituait les fondations de la banque.
James, Bill et Charlie arrivèrent à l'entrée des galeries à l'instant exact où le dragon décoloré perçait le magnifique dallage de la banque. Dans la cohue qui en résultat, personne ne fit attention à eux, pour leur plus grand soulagement. Alors que le dragon déployait ses immenses ailes dans le but évident de s'envoler hors de la bâtisse des gobelins, les trois hommes filèrent, donc, vers la sortie... pour tomber nez à nez avec des mangemorts.
Dans le manoir des Lestrange, c'était la débâcle. Les occupants avaient oublié leur camp respectif, trop occupés à sauver leur peau pour pourchasser leurs ennemis. Sirius avait, heureusement, promptement réagi lorsque le maléfice avait été lancé et avait propulsé Lily loin derrière eux. La femme avait, aussitôt, couru pour s'éloigner du feu ravageur, suivi de près par l'ami d'enfance de son mari.
Draco, quant à lui, était resté quelques instants de plus en arrière pour s'assurer que l'horcruxe était détruis. Il avait sprinté sitôt qu'il avait vu la coupe être consumée... Comme le lanceur du sortilège. Il n'avait pas tardé à rattraper ses compagnons d'infortune sans pouvoir se défaire de cette sombre impression de déjà vu. Il espérait ne pas renouveler une troisième fois l'expérience du Feudeymon... S'il s'en sortait cette fois-ci.
Alors qu'ils arrivaient à un croisement de couloirs, il retint, avec vivacité, les deux personnes qui le devançaient.
« A droite ! »
Sirius lui lança un regard septique et prudent mais un rapide regard derrière eux l'incita à prendre la direction que lui avait indiquée Draco. Le couloir était sombre et peu utilisé. Sirius grimaça en découvrant l'étroitesse du corridor mais suivit, sans plus d'interrogations, Lily et Draco dans le passage. Il espérait vraiment que l'homme savait ce qu'il savait.
L'animagus hésitait à faire confiance à cet autre visiteur d'un autre monde en dépit de ses actions et du fait qu'Harry semblait lui faire confiance. C'était un Malefoy, après tout ! Cela faisait des générations que cette famille louait la suprématie des Sang-Pur et s'adonnait, sans vraiment le cacher, à la magie noire.
Toutefois, Sirius était prêt à lui laisser le bénéfice du doute. Après tout, Sirius avait prouvé que l'on pouvait se séparer totalement de sa famille. Il n'aimait pas être jugé d'après sa famille dont les membres étaient, pour la plupart, des adeptes de Voldemort... Il ne commettrait plus l'erreur de faire ce genre de jugement inconsidéré. Il l'avait fait avec Rogue et les faits avaient démontré qu'il s'était lourdement trompé. Peut-être que ce Drago Malefoy était digne de confiance. Sirius ne le connaissait pas encore suffisamment pour lui faire aveuglément confiance. Il avait besoin de plus de preuves.
L'aspect positif des choses, c'était que Draco Malefoy semblait connaitre assez les lieux pour les sauver de ce feu magique. Drago s'immobilisa net devant une grande fenêtre qu'il ouvrit d'un geste vif d'un coup de baguette. Sirius s'approcha tandis que Lily se penchait pour évaluer la hauteur. Sirius découvrit qu'en contrebas, sous la fenêtre, il y avait un grand lac.
« Tu es dingue ! Tu ne crois tout de même pas que l'on va sauter ! C'est beaucoup trop dangereux ! »
« Et, cela vient d'un Griffondor, ami d'un loup-garou ! Sachez que nous n'avons pas le choix. L'aile de la maison par laquelle nous avons été contraints de fuir n'a pas de sortie. Notre seule chance est cette fenêtre et ce lac ! »
Sirius grimaça et regarda en contrebas, râlant en silence. Toutefois, la chaleur de plus en plus intense venait appuyer les dires de Malefoy.
Toutefois, ce ne fut pas l'un des hommes qui fit le premier pas. Non, ce fit Lily qui enjamba le rebord de fenêtre et se jeta dans le vide sans hésitation évidente.
Sirius poussa un profond soupir, marmonna qu'il détestait être mouillé et se lança, à son tour, dans le vide, suivi par un Draco Malefoy toujours aussi stoïque.
Ils atterrirent, tous les trois, dans le lac glacial et nagèrent, sans attendre, vers la rive. Ils la gagnèrent sans encombre, glacés mais vivants... Ce qui n'aurait pas pu être nécessairement le cas pour diverses raisons. Leur saut pour échapper aux flammes n'étant pas la moindre.
Draco fut le premier à se redresser. Il se tourna vers Sirius qui était penché en avant pour reprendre son souffle, les mains sur les cuisses. Lily Potter, elle, était assise sur le sol boueux et fixait la grande demeure des Lestranges qui continuait se faire consumer par les flammes magiques.
Heureusement, le manoir était isolé, les flammes ne pourraient pas se propager davantage. Elles s'éteindraient d'elles même lorsque le manoir aura disparu et qu'il n'y aurait plus de magie à consommer. Le Feudeymon était, sans doute, le plus terrible des sorts existants. Le plus dangereux !
Simplement parce que, même s'il était horrible et dangereux, il restait fascinant et beaux. A vrai dire, ce qui était magnifique et captivant était, aussi, très dangereux et, souvent, mortelle. C'était aussi vrai pour la magie que pour le monde non-magique...
« On devrait partir d'ici. Le morceau d'âme est détruis. Il vaut mieux prévenir rapidement les autres. On ne sait pas si l'AUTRE l'a ressenti. Je pense qu'il faut rapidement agir. »
Sirius hocha la tête et se redressa de toute sa taille, le souffle court. C'était un miracle que personne ne soit encore mort durant leur chasse aux objets maléfiques. Ou peut-être pas... Après tout, Harry, dans cet autre monde, avait réussi à le faire avec ses amis... et ils étaient loin d'être aussi expérimentés que ceux qui effectuaient cette quête aujourd'hui. Pour la première fois, Sirius se disait qu'ils arriveraient, peut-être, réellement à abattre le mage noir qui terrifiait, aujourd'hui, le monde. Et pour cela, il n'avait fallu qu'un homme. Un seul homme avait changé beaucoup de choses. Un seul homme avait apporté l'espoir.
Sirius se détourna, résolument, de la demeure en flammes et aida la femme de son meilleur ami à se relever alors que Draco vérifiait qu'aucun mangemort ne s'approchait d'eux.
« On est prêt, Draco »
Le dit Draco lança un regard ahuri à l'animagus. Un regard où on pouvait lire un certain soulagement. C'était la première fois que l'homme lui adressait la parole de cette façon, avec cette confiance implicite. Cela ne voulait dire qu'une chose : Sirius Black lui faisait confiance. Ce qui signifiait que le reste du noyau dure de l'Ordre lui ferait aussi confiance puisque le noyau en question était essentiellement constitué de la famille et des amis de son cousin. Cela signifierait que Draco serait accepté. Et à vrai, c'était un soulagement.
« J'espère que l'autre groupe va bien. Ils sont allés à Gringotts pour rien... Et, d'après Harry s'introduire illégalement à l'intérieur est loin d'être une partie de plaisir. »
« Il n'y a qu'un moyen de la savoir Lily. » Souffla Sirius avant de disparaitre en un Clac retentissant.
La femme ne tarda pas à limiter, impatiente de s'enquérir de la santé de son mari. Draco, quant à lui, ne se décida à transplaner qu'après avoir jeter un coup d'œil à la demeure de sa tante.
Le symbole vivant de la décision qu'il avait prise. Quel que soit l'avenir qui se profilait pour lui, Draco réalisait qu'il n'avait, cette fois-ci, aucun regret. Il avait pris la bonne décision.
Il réapparut sur le pas de la porte de Quartier Général, quelques secondes seulement après ses camarades, et s'introduisit, sans attendre, dans la demeure. Sirius et Lily étaient encore dans le couloir et s'apprêtait à rentrer dans le salon.
Lily ne le laissait pas paraitre mais elle était malade d'anxiété. Elle espérait trouver son mari à son arrivée mais, apparemment, ce ne serait pas le cas. Elle pénétra dans le salon derrière Sirius et sentit un peu de sa frayeur disparaitre en découvrant le tableau qui s'offrait à leur vue.
Les enfants (Potter, Malefoy et Lupin) étaient assis en tailleur sur le vieux tapis et jouaient, insouciant, à la bataille explosive... Sous l'œil vigilant et rieur d'Harry. Il était clair qu'il allait beaucoup mieux. Ce qui était un soulagement ! L'Eclair, comme il se faisait appelé ici, était assis dans un fauteuil, enveloppé dans une couverture, un livre oublié posé sur l'accoudoir.
En les entendant entrer, il avait relevé les yeux vers eux. Son regard vif les avait parcourus, de toute évidence à la recherche de blessures.
« Les autres viennent de rentrer. Ils ont été très légèrement blessés en sortant de la banque mais rien de grave. Il n'y avait rien dans le coffre. »
« Il était au manoir. » Lui apprit Sirius alors que Lily disparaissait du salon pour aller vérifier que son mari allait effectivement bien.
« Il a été détruis. Un mangemort à lancer un Feudeymon qu'il a été incapable de contrôler. »
Harry parut soucieux l'espace d'une minute puis il se détendit et leva les yeux au ciel en déclarant que la consanguinité faisait, décidément, des ravages chez les mangemorts. Draco secoua la tête, faussement offusqué, et s'avança pour rejoindre le petit groupe. Sirius, quant à lui, éclata franchement de rire à la remarque de son filleul et se joignit aux enfants qui débutaient une nouvelle partie de cartes.
Une demi-heure plus tard, l'ensemble des membres qui constituait le noyau de l'Ordre les rejoignait au salon. Molly entraina derechef les quatre enfants dans leur chambre tandis que la réunion débutait.
Maintenant que tous les horcruxes accessibles étaient en leur possession, il fut décidé qu'il était inutile d'attendre plus longtemps pour entamer, véritablement, la bataille ou, pour être plus exact, la guerre. Il ne restait, en effet, plus qu'un horcruxe dans la nature, si on pouvait l'exprimer ainsi. Et, il s'agissait de Naggini. Horcruxe qui était donc, pour le moment, hors d'attente. Et, pour l'atteindre, la première chose à faire était de détruire les morceaux d'âme en leur possession.
Cela avait été beaucoup moins spectaculaire que dans son monde, aux yeux d'Harry. Il n'y avait pas eu de réelles manifestations de Voldemort. Il avait laissé l'Ordre se charger de l'affaire.
Sirius s'était chargé du médaillon. Harry savait pourquoi son parrain avait choisi cet horcruxe en particulier. Il lui en avait soufflé la raison. Sirius voulait venger son frère en détruisant, lui-même, l'objet qui l'avait conduit à sa perte. Harry n'en avait pas été surpris.
Dumbledore s'était chargé de la bague. Un acte symbolique, sans doute, pour s'exorciser de l'acte désastreux qu'il avait failli commettre et que son double inter-dimensionnelle avait, lui, commis.
La seule Serdaigle de leur groupe (Dora Tonks) avait tenu à se charger du diadème et Draco s'était emparé, avec autorité, du journal.
Ils avaient agis dans une parfaite synchronisation. Ils avaient abattu, sous les regards attentifs, curieux et quelques peu craintifs du reste de l'Ordre, les crochets du Basilic sur les objets maudits, les détruisant à l'instant même où le mortel venin les effleurait.
La guerre pouvait commencer !
Loin du quartier général de l'Ordre du Phénix, dans un manoir obscur, seul dans une chambre, un homme se plia en deux avant de tomber à genoux à terre. Il avait le souffle coupé par une douleur sans égale, indescriptible. Une douleur que nul homme n'avait connue avant lui mais qu'il identifia sans peine. L'homme sut, immédiatement, ce qui était arrivé. Il sut qu'il aurait dû prendre plus au sérieux ces mystérieux messages apparus de nulle part.
Seul, dans la ténébreuse chambre, l'homme qui s'était autoproclamé Seigneur de ténèbres réalisa qu'il était plus proche de la mort qu'il ne l'avait jamais été. Il réalisa que l'on venait de détruire au moins un de ses précieux horcruxes. Voldemort se redressa, lentement, et posa son regard rougeoyant sur Naggini. Il fallait qu'il découvre lequel de ses horcruxes avaient été découvert et détruis et qu'il mette les autres en sécurité en les reprenant avec lui. Il ne pouvait pas mourir...
Puisque Harry était rétabli et que les horcruxes en leur possession étaient détruis, l'ordre avait décidé d'en finir avec cette guerre. Ils avaient, tous, discrètement transplané dans le cimetière. Certaines personnes des camps de réfugiés (la grande majorité) étaient venues les rejoindre.
Harry avait été surpris de voir tant de personnes et de créatures magiques se dresser ouvertement contre Voldemort et ses mangemorts. Il lui était vite apparu que leur effectif était plus important que la première « bataille finale » qu'Harry avait vécue. C'était rassurant de se sentir aussi entouré. Contrairement à la dernière fois, Harry ne se sentait pas seul. Et, il sentait que la chance était de leur côté.
Toutefois, il ne savait pas jusqu'à quel point jusqu'à ce que l'on aperçoive le serpent personnel de Voldemort se faufiler entre les tombes alors qu'ils s'approchaient du manoir. Harry n'en avait pas cru ses yeux lorsqu'il avait vu Naggini. Voldemort était-il fou et inconscient pour laisser son serpent vadrouiller de cette façon. Ou, alors, le serpent n'était pas un horcruxe.
De toute façon, ils ne pouvaient pas prendre le risque. Ils savaient tous qu'ils devaient abattre le serpent géant.
Il était vite devenu apparent que le fourchelang d'Harry était la solution à la destruction du serpent de compagnie de Voldemort. Ils avaient, donc, mit un plan en place. Celui-ci consistait, avant tout, à ce qu'Harry lui parle. L'Ordre n'espérait pas que le serpent lui obéisse mais il comptait, néanmoins, sur l'effet de surprise pour éliminer le serpent géant. Ils espéraient, tous, que Naggini, trop surprise de rencontrer un autre « parleur » que Voldemort, marquerait un temps d'arrêt qui leur permettrait de l'abattre.
Harry n'était, peut-être, plus un horcruxe, il n'avait peut-être plus de morceau d'âme en lui mais il n'avait pas pour autant perdu les dons qu'il avait « hérité » de Voldemort. Cela avait une explication élémentaire. Harry avait découvert lorsqu'il avait dix neuf ans, grâce à Hermione, que les dons qu'il avait acquis grâce à Voldemort n'avaient pas de réel rapport avec le morceau d'âme de Voldemort.
En vérité, cette nuit fatidique où Voldemort avait tenté de le tuer pour la première fois, leur magie s'était mêlée. Sans le vouloir, Voldemort avait donné de sa magie à Harry. Cette infime partie de magie n'avait pas disparue avec le morceau d'âme. Harry avait donc gardé les dons que Voldemort lui avait légués. Tel que le fourchelang... Un don qu'Harry avait appris à apprécier à sa juste valeur et qui avait, peu à peu, perdu sa mauvaise réputation grâce à l'usage qu'il en faisait.
Harry n'hésitait, donc, plus à se servir de ce don depuis des années. Aussi, lorsqu'il vit Naggini, il n'attendit pas longtemps pour agir. Il se plaça, vivement, devant le serpent géant, veillant à ce que ces camarades soient conscients qu'il allait agir. Le serpent stoppa, comme prévu, lorsqu'Harry se dressa devant lui et lui lança en essayant de prendre le ton que Voldemort devait employer au serpent :
« Arrêtes-toi où tu es §§§erpent. Tu me dois obéi§§§§an§§§e. »
Naggini se dressa devint lui comme un cobra prêt à passer à l'attaque. Harry, peu rassuré, fit de son mieux pour ne pas laisser l'angoisse apparaitre sur son visage. Ce serpent là l'avait toujours effrayé. Or, il n'avait jamais été aussi proche de Naggini qu'il l'était aujourd'hui.
« Je ne te dois rien, parleur. Tu n'es pas mon maître. Comment o§§§es-tu t'adre§§§§§er à moi §§§§ur §§§e ton ! »
Harry déglutit et fit un pas en arrière lorsque le reptile se fit, soudain, bien plus menaçant. Il s'accroupit, avec vivacité, lorsqu'il surprit le mouvement que le serpent fit pour se rétracter.
Cependant, il n'y avait pas eu lieu de s'inquiéter puisque les amis de l'Eclair réagirent avec rapidité.
Avant que Naggini n'ait eu l'occasion de passer à l'attaque, Hermione et Severus avaient, tous les deux, enfoncé un crochet de basilic dans le corps du reptile. Naggini, en raison de la douleur, se cambra avec violence en arrière mais le poison faisait déjà effet.
Harry se souvenait de la sensation du venin s'infiltrant dans ses veines. Ce n'était pas une belle façon de mourir. Il se souvenait du profond et indescriptible engourdissement qui l'avait presque empêché de ressentir la brûlure du venin dans ses veines. Il se souvenait de la terrifiante faiblesse qui l'avait laissé sans défense. Il plaignait presque la créature de mourir de cette façon.
Il détourna vite son attention du reptile qui n'allait pas tarder à lâcher son dernier soupir et se tourna vers ses amis et sa famille qui se trouvaient près de lui.
« Tenez-vous prêts. A l'instant où le serpent lâchera son dernier souffle, Voldemort devrait transplaner à proximité… Accompagné de ses fidèles. »
Ce n'était pas peu dire. A l'instant même où Naggini mourut, un « pop » menaçant claqua dans le silence du cimetière.
Le seigneur des ténèbres, le dernier héritier de Serpentard... Lord Voldemort se dressait devant Harry, dans toute sa splendeur... Au sommet de sa fureur
