Ce chapitre est un peu gore. Désolée, c'est le scénar qui veut ça même si c'est pas trop mon truc. Je m'aperçois que c'est déjà le 21. Promis, il y aura une fin dans pas trop longtemps.
Merci Missclo, merci Ode.
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Chapitre 21
- Réveille-le, maintenant ! rugit Végéta.
Mais Bulma ne bougeait pas. Ses yeux rougis flottaient sans réaction devant le corps du cyborg. Elle ne parvenait pas à reconnecter avec la réalité, persuadée maintenant que Bra était morte et que le reste du monde était finalement totalement dérisoire.
De son côté, Végéta se contenait difficilement. La séquence que Satan leur avait jouée quelques dizaines de minutes auparavant avait eu sur lui l'effet inverse. Son impatience s'accommodait mal de l'abattement de sa femme.
- Commandant ! hurla le saïyen en se tournant vers Cérile qui les avait accompagnés jusqu'au laboratoire de Bulma, rameutez tous les officiers, qu'ils fouillent, qu'ils rasent, qu'ils pillent ! Carte blanche si vous me ramener Satan et toute sa clique vivants, compris ?
- Mais… le pacte ? marmonna Cérile.
- Oubliez ce pacte de merde ! Faites et taisez-vous !
Bulma sursauta à ses paroles comme si chaque mot était un coup de fouet qu'on lui donnait. Elle ferma douloureusement les yeux mais se tut.
Quand Cérile fut sortie, le silence retomba entre le Prince et sa femme. Bulma sentit la main de Végéta sur son épaule.
- Ça ne veut rien dire, susurra-t-il à son oreille, sûrement qu'elle va très bien… Nous non plus, on aurait pas été capable de lui montrer Videl et pourtant, on sait qu'elle va bien et qu'on pourrait l'échanger, n'est-ce pas ?
Les larmes muettes de Bulma tombèrent sur le corps du cyborg. Elle renifla et s'essuya négligemment le nez du revers de sa manche.
- Tu as raison, murmura-t-elle, il faut savoir de toute façon.
Elle ouvrit un tiroir dans un meuble à côté de la table sur laquelle C-17 était sanglé et en sortit une seringue et un flacon. Elle décacheta et remplit la seringue sous l'œil luisant de Végéta, et injecta le produit dans l'une des perfusions.
- Ca prend un petit quart d'heure, expliqua-t-elle d'une voix éteinte.
Elle n'avait pu jusqu'ici détacher ses yeux du cyborg, comme un voleur devant un coffre-fort. Elle se tourna vers Végéta.
- Tu vas le tuer ?
- J'en sais rien, certainement. Je ne sais pas ce qu'il va nous raconter.
Bulma posa sa main doucement sur le bras du blessé encore inconscient.
- C'est horrible ce que tu racontes…
- Ce qu'il a fait est horrible aussi, non ? Arrête tes états d'âme Bulma, tu veux revoir Bra comme moi.
Elle se dégagea de sa main sur son épaule et alla s'assoir à une paillasse un peu plus loin, la tête dans les bras. Elle n'était plus très certaine de vouloir connaître la suite des événements. Elle avait conscience de glisser comme elle avait vu Chichi glisser quelques années auparavant.
Après un temps qui parut infiniment long, le commandant Cérile reparut.
- Les généraux sont en réunion, Altesse. Ils vous feront rapport de leur plan d'attaque dès qu'il sera au point.
Végéta ne détourna pas le regard du visage du cyborg dont il guettait le moindre cillement. Il se contenta de hocher la tête pour signifier qu'il avait entendu. Cérile s'approcha de la table où reposait C-17, comprenant qu'ils attendaient son réveil.
En fait de cillement, les yeux bleus du cyborg s'ouvrirent en grand tout d'un coup. Ils clignèrent une fois et C-17 tourna la tête vers Végéta.
- Où ? demanda le Prince rudement, sans introduction.
Le cyborg s'agita pour tester les sangles qui le maintenaient couché sur la table du laboratoire. Il abandonna en un instant l'espoir de les faire céder. Derrière Végéta il aperçut Bulma qui s'était redressée pour le voir.
- Hmm… je dirai au Palais Saïyajinn, j'ai bon ? répondit C-17 avec décontraction.
Sans crier gare, Végéta lui asséna un coup de coude vertical d'une violence extrême au niveau de l'abdomen. Attaché comme il l'était, le cyborg ne put que soulever sa tête dans un réflexe de se courber sans y parvenir. Il expira, ce qui semblait être l'intégralité de l'air contenu dans ses poumons et son crâne retomba lourdement sur la table.
- Où sont tes copains et où est ma fille ? questionna à nouveau Végéta d'une voix menaçante.
C-17 reprit son souffle péniblement, inspirant avec un sifflement chaque bouffée d'oxygène.
- Mais j'en sais rien, moi, on sort pas ensemble, finit-il par répliquer après un moment.
Végéta renouvela son coup, cette fois-ci au niveau de sa jambe, provoquant un craquement inquiétant. C-17 étouffa un cri de douleur et serra les dents.
- Ecoute, le saïyen, je te dirai rien, tu peux me démonter pièce par pièce, souffla-t-il dans un rictus.
- On verra, grinça Végéta.
Bulma se leva subitement et sortit. Elle s'adossa au mur, juste à côté de la porte. Elle ne voulait pas s'éloigner si, par miracle, C-17 donnait une information mais elle ne pouvait assister à cette brutalité, qu'elle désapprouvait au fond d'elle. Si ça n'avait été pour retrouver sa fille, elle vivante, jamais elle n'aurait laissé Végéta faire ce genre de choses qui appartenait à son passé. Elle ne pouvait s'empêcher de noter cependant qu'il avait l'air dans son élément. Elle n'avait pas manqué non plus de relever l'œil admirateur de Cérile.
Elle amena une cigarette jusqu'à ses lèvres et l'alluma d'un geste tremblant avant d'essuyer distraitement des larmes qui s'étaient à nouveau déversées sur ses joues.
- Bulma, que se passe-t-il ? demanda la voix de Gokû qui arrivait à sa hauteur.
Elle leva la tête vers lui et exhala la fumée sans pouvoir répondre tout de suite.
- J'ai senti l'aura de Végéta, ça m'a réveillé. Qu'est-ce qui s'est passé ? insista-t-il sur un ton pressant.
- Hercule a appelé. Il…
Ses lèvres tremblotaient malgré elle. Elle reprit son souffle et essuya encore son nez avec sa manche.
- Ils n'ont plus Bra…Ils ont essayé de nous échanger un autre bébé, parvint-elle finalement à bégayer.
- Quoi ?! s'étrangla Gokû.
Un cri étouffé par la porte du laboratoire interrompit leur discussion. Gokû fronça les sourcils.
- Qu'est-ce qui se passe là-dedans ? demanda-t-il avec colère.
- Végéta… souffla Bulma avec un geste vague de la main qui suffisait à Gokû pour compléter sa phrase.
Gokû la contourna et entra sans hésitation dans le laboratoire. Elle l'entendit essayer vainement de raisonner Végéta. Les deux saïyens criaient. Elle se décida à entrer à la suite de Gokû, un peu inquiète de la tournure que pouvait prendre les événements.
- Je sais que tu es en colère mais tu n'arriveras à rien comme ça, surtout avec lui ! hurla Gokû.
- Mêle-toi de tes affaires, Kakarott ! Tes règles de politesse ne m'ont pas rapporté grand-chose jusqu'à présent, la rébellion s'est assez foutue de moi. Il est temps de leur rappeler ce qu'est un saïyen !
Bulma jeta un œil craintif au cyborg qui était à nouveau dans un état pitoyable, toujours conscient et sanglé à la table. A côté de Végéta, Cérile observait la scène d'un air apparemment satisfait, les bras croisés.
- Tabasser un mec attaché, c'est vraiment l'image que tu te fais d'un vrai guerrier, c'est ça ? hurla Gokû
La dispute fut interrompue par un son effroyable qui jaillit de la bouche de C-17. Un gargouillis de sang apparut au coin de ses lèvres et un filet dévala les courbes de son menton sous l'œil horrifiée de Bulma.
- Ma parole, tu l'as déjà quasiment tué ! s'exclama Gokû en se tournant vers le blessé avec dégoût et affliction.
C-17 le regarda et un sourire étrange apparut sur son visage.
- Il y a une chose que je peux dire, articula-t-il à mi-voix.
Végéta fronça les sourcils et écarta brusquement Gokû de son chemin pour se placer plus près du cyborg.
- Tu vas me dire où ils sont ? aboya le prince.
- Non… Je ne sais pas ça mais… je peux te dire qui nous fournit une bonne partie de nos informations…Ce n'est plus si important maintenant…
Un espoir méfiant apparut sur le visage de Végéta. L'informateur était souvent le mieux informé.
- Accouche ! ordonna-t-il avec humeur.
D'un seul mouvement imperceptible, Cérile, Gokû et Bulma s'était rapprochés d'eux, suspendus aux lèvres de C-17, retenant leur souffle. Il continuait de sourire cyniquement, visiblement ravi de l'intérêt qu'il suscitait.
- C'est ta femme… chuchota C-17.
L'ensemble de l'assistance se raidit subitement de concert. Il les regarda un par un par un avec délectation, sans se départir de son sourire. Aucun n'osait se tourner vers Bulma. Après un instant de flottement, sans que personne ne s'y attende, le poing de Végéta s'écrasa avec force sur la face du cyborg, enfonçant la table par la même occasion et scellant définitivement les lèvres du rebelle.
- Il se sera foutu de moi jusqu'à son dernier souffle, grogna Végéta avec rage.
Il haletait un peu sous l'effet de la frustration. Personne n'osait formuler une parole. Subitement, Végéta se tourna vers Cérile.
- Allons voir les généraux, eux au moins auront fait quelque chose d'utile, annonça-t-il.
La saïyenne sursauta, brusquement tirée de son hébétude par l'ordre de son Prince. Elle ne pouvait s'empêcher de fixer Bulma avec incertitude. Bulma ne s'en aperçut qu'à cet instant. Elle lisait dans les yeux du commandement la suspicion à son égard et une certaine déception aussi peut-être du fait de la réaction de Végéta.
Le prince quitta la pièce d'un pas rageur, suivi par la saïyenne. Bulma tourna la tête vers Gokû, laissant filer la cendre de sa cigarette, toujours suspendue à ses lèvres et qu'elle avait presque oubliée.
Les deux amis se dévisagèrent, encore abasourdis par la scène.
- Gokû…
- T'inquiète pas Bulma, Végéta n'a pas gobé une syllabe de ces conneries.
Bulma retira enfin la cigarette de sa bouche et s'assit sur un tabouret en prenant soin de ne pas regarder de trop près le corps du cyborg, maintenant totalement hors fonction.
- Végéta a réuni ses généraux… murmura t-elle.
- J'ai entendu, ça se corse, marmonna Gokû qui prit place en face d'elle.
- Ni toi ni moi ne pourront l'arrêter maintenant. Qu'est-ce qu'on fait ?
- J'en sais rien, Bulma, vraiment rien, soupira-t-il en se grattant la tête.
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