Bonjour ! Vous allez bien ? Merci pour votre lecture et vos messages... =)
Excusez-moi pour ce tout petit retard... Avec les exams, je n'aurais pas forcément la possibilité de relire et corriger mes chapitres de semaine en semaine, donc je mettrais plus de temps à les poster dans les semaines à venir. Vous êtes prévenus.
Bon, maintenant, réponses aux reviewers non-inscrits :
Peach Comme d'habitude, merci beaucoup pour ta review. T'es juste trop douée pour me faire rire et m'encourager dans le même temps... C'est vrai que c'est difficile pour Adèle, mais tu noteras qu'il reste un espoir, et qu'elle parvient à un peu mieux s'adapter... Haha, Dame Fenwyn, une vraie Madame Étiquette, c'est bien vrai ça ! Ravie que les musiques te plaisent. C'est vrai, Adèle choisit bien ses chansons, mais bon, dans un sens c'est logique, parce que je la vois mal chanter "Un, dos, tres" en Terre du Milieu. Ahem. Ne t'inquiète pas pour l'histoire d'amour, moi aussi j'attends après des fois, c'est presque un réflexe culturel en fait XD Mais bon, attention, je dis pas qu'il n'y en aura pas... (Dit-elle en sifflotant d'un air sadique et empreint de mystère !) Bonne lecture, j'espère que ça te plaira...
mimi Merci à toi !
Bonne lecture tout le monde !
Chapitre 21, De l'importance des adieux
Au moment d'ouvrir les yeux, Adèle prit quelques secondes à se souvenir où elle était, surprise de se trouver dans une chambre, dans un lit, bien au chaud sous des draps et des fourrures. Un confort plutôt perturbant, inhabituel. A croire qu'elle s'était faite à la vie d'aventurière... Une fois les idées au clair, elle se leva, s'enroula dans une couverture et se posta devant la fenêtre de la chambre. Elle se sentait reposée. Pas apaisée : de toute façon, elle ne le serait sûrement plus avant un bon moment... Mais après une bonne nuit de sommeil, le poids qu'elle ressentait depuis la confrontation avec Saroumane lui semblait un peu plus léger. Peut-être que la fête de la veille y était pour quelque chose, aussi...
Pourtant, le problème était immense, peut-être même insoluble. Pourquoi elle ? Pourquoi Saroumane l'avait-il choisie, elle qui n'avait strictement rien à faire ici ? N'aurait-il pas pu choisir quelqu'un avec une âme d'aventurier, plus courageux ? Et si tout ça, ce n'était que le fruit du hasard ? Et voilà, elle avait à nouveau envie de pleurer alors qu'elle se sentait bien il y a encore quelques minutes... Il ne fallait pas, elle se l'était jurée. Elle devait se reprendre en main.
Perdue dans ses pensées, elle sursauta lorsque l'on toqua brusquement à la porte. Mais vraiment brusquement.
- Oui ?, répondit Adèle timidement, un peu effrayée.
- C'est Gandalf ! Adèle, dépêchez-vous de vous préparer. Je me rends à Minas Tirith, et vous m'accompagnez. Nous partons dans une demi-heure.
- Euh...
- Nous n'avons pas le temps pour les politesses et les explications. Elles viendront plus tard... Dépêchez-vous, je vous retrouverais aux écuries.
"Ah donc maintenant, on me demande même plus mon avis ?"
Adèle s'en voulait un peu d'avoir oublié la "gaffe" de Pippin... Ce petit curieux avait regardé dans le Palantir de Saroumane et s'était retrouvé en contact avec Sauron... Gandalf emmenait le Hobbit avec lui à Minas Tirith et bien sûr, elle était à nouveau du voyage. Alors oui, elle était rassurée d'être toujours auprès de Gandalf et de ne pas se retrouver complètement livrée à elle-même mais le côté urgent de la situation était dérangeant. Elle avait l'impression d'être un colis postal. Et elle serait bien restée se reposer à Edoras encore un peu... Mais non. Chassez le naturel, il revient au galop.
Un peu à regret, elle remit ses vêtements de voyageuse. Elle avait vraiment une drôle d'allure avec ces habits, ses cheveux relevés et son corps mince caché sous sa cape... Elle devait sûrement avoir l'air d'un jeune garçon, de loin... Elle allait encore attirer l'attention à Minas Tirith.
Alors qu'elle s'apprêtait à sortir, on toqua à nouveau à la porte.
- Entrez ! Oh, bonjour Dame Fenwyn..., grinça Adèle.
- J'ai appris votre départ, et je venais vous faire mes adieux, ainsi que ceux de la Dame Eowyn, qui ne peut malheureusement pas venir elle-même.
"Mouais... Plutôt pas envie...", pensa-t-elle, un peu déçue par le manque de relations entre la Rohirrim et elle. Adèle avait fini par prendre l'habitude d'être acceptée et appréciée par les gens qu'elle rencontrait et la froideur d'Eowyn était assez difficile à digérer.
- Vous repartez donc... Sur les routes.
- Oui. On ne peut pas se passer de moi vous voyez... C'est du sarcasme Dame Fenwyn, ne faites pas cette tête là...
- Oui, bien sûr, répondit Fenwyn, les lèvres pincées. Et bien Elda, ne restez pas planter là ! Qu'attendez-vous enfin ?
Aussitôt Elda se précipita avec un paquet dans la main, pour le ranger dans les affaires d'Adèle. Devant l'air interrogatif de la jeune femme, Fenwyn s'empressa d'expliquer.
- En apprenant votre départ, la Dame Eowyn a insisté pour que vous emportiez cette robe et m'a chargée de vous la remettre. Elle a dit que grâce à cela, vous fixeriez moins vos pieds en arrivant à Minas Tirith, mais je n'ai pas vraiment compris...
A ces mots, Adèle se mit à rire. L'attention était charmante, et c'était très surprenant de la part d'Eowyn. C'était une agréable surprise, en tout cas, même si elle aurait préféré dire au revoir à la Demoiselle du Rohan... Pourquoi cette distance ?
- Dépêchez-vous Elda... Vous êtes lente, c'est insupportable. Vous avez deux bras, c'est pour vous en servir !
Elda se dépêcha, baissant les yeux, blessée. Elle avait l'habitude des brimades de Fenwyn, mais c'était autre chose d'être rabaissée devant Adèle... La jeune femme de chambre l'aimait bien, elle appréciait sa franchise et son naturel avec elle. Elda était persuadée qu'Adèle était très importante, surtout pour connaître de belles gens comme ceux qu'elle côtoyait. Elle était amie avec les Elfes tout de même ! Et elle semblait si courageuse, si libre... Elda n'avait jamais vraiment compris la tristesse et l'ennui d'Eowyn auparavant, mais maintenant qu'elle avait rencontré Adèle, elle l'enviait. Elle devait venir d'un monde incroyable, pour oser être aussi spontanée... Un vrai mystère, auquel elle aurait bien aimé plaire. Mais à cause de Dame Fenwyn, elle avait l'air d'une empotée et d'une distraite maintenant...
Adèle appréciait elle aussi beaucoup Elda, et ne supporta pas les propos de Fenwyn. Pour qui se prenait-elle, cette vieille bique ? Elda était si gentille, si douce... Et si jeune ! Elle n'avait pas plus de dix-huit ans ! Et cette gouvernante qui était si sèche et hautaine... Elle lui faisait penser à Tante Cécile, la tante de sa mère. Aigrie, toujours à râler parce que toujours jalouse, qui n'abandonnait son masque de froideur que lorsqu'on lui faisait des compliments ou des cadeaux... Ah, et aussi quand elle voyait des araignées ou des souris. D'ailleurs Adèle en avait bien profité, plus jeune... Alors que Tante Cécile la gardait, elle s'était amusée à lui faire croire qu'elle avait vu une souris sortir d'un de ses paquets de céréales... Qu'est-ce qu'elle avait pu rire, en la voyant appeler un dératiseur en grimpant sur la table de la salle à manger... Oh, justement... Adèle se sentait d'humeur blagueuse... Il fallait bien qu'elle relâche la pression avant d'aller à Minas Tirith, non ? En espérant que Dame Fenwyn ressemble à la Tante Cécile encore plus qu'elle ne le pensait, Adèle fit encore une fois appel à ses "talents" de comédienne.
- Oh ! Une souris !
- Où ça ?, demanda brusquement Elda, inquiète à l'idée que des souris se baladent dans les chambres d'invités.
- Une souris ? Oh non ! Où ça ? Où ça ?
- Elle vient de passer... Fenwyn ! ENTRE VOS PIEDS !, s'écria Adèle, très convaincante.
- QUOI ?
- Elle vient de passer sous votre robe !
- AH ! QUELLE HORREUR ! OU EST-ELLE ? ELDA AIDEZ-MOI !, criait Dame Fenwyn, en sautillant un peu partout.
C'était trop beau, Adèle était ravie... Exactement la même réaction que cette chère Tante Cécile... Fenwyn venait de perdre tout son sang-froid, et se ridiculisait un peu. La gouvernante s'en rendit vite compte et une fois calmée, fit beaucoup moins la fière.
- Je n'aime pas beaucoup les souris...
- Effectivement...
- Mais elle est partie, donc...
- Oui, enfin, je ne veux pas vous effrayer, mais vous devriez faire attention... Une souris, deux souris, et puis... Pouf ! Une colonie, une armée de souris ! Ça prolifère ces petites bêtes là ! Vous n'avez pas un chat, pour les chasser ?
- Non..., répondit-elle difficilement, de plus en plus blanche.
A la voir changer de couleur, Adèle s'en voulut un petit peu... C'était tout de même très puéril. Mais bon, de toute façon, il était trop tard.
- Je vous laisse... Adieu, Adèle, salua Dame Fenwyn en tentant de reprendre son attitude distante.
- Euh... Au revoir...
A nouveau seules, Elda et Adèle se fixèrent dans le blanc des yeux avant de se mettre à rire.
- Il n'y avait pas vraiment de souris n'est-ce pas ?
- Non...
- Ce n'est pas très gentil... Elle a vraiment eu peur. Et maintenant, elle va chercher des souris partout !
- Justement ! Pendant qu'elle cherchera les souris, vous serez tranquille !
Elda secoua la tête en riant, avant de saluer à son tour Adèle, avec beaucoup plus de gentillesse que Fenwyn. Elle aurait bien aimé que la jeune étrangère reste encore un peu... Elle était comme une bouffée d'air frais dans ce château où le désespoir avait longtemps régné...
- J'espère vous revoir un jour Demoiselle Adèle, et je vous souhaite bonne chance...
- Merci Elda... Et n'oubliez pas, un souci, une souris ! Ou au pire des cas, des rats...
Sur ce, Adèle prit son paquetage et se mit en quête de ses amis. Avant de se rendre aux écuries elle voulait leur dire au revoir, mais aussi remercier Théoden, qui s'était montré si compréhensif envers elle. Timidement, elle se dirigeait vers la salle du trône quand elle tomba sur Eomer.
- Adèle !
- Bonjour Eomer...
- Vous vouliez rejoindre Gandalf ?
- Oui, mais avant j'aimerais dire au revoir au Roi... Mais j'ai peur de déranger.
- Oh je crois qu'il pourra consacrer quelques minutes, dit Eomer en souriant. Venez, j'allais le rejoindre, vous n'avez qu'à venir avec moi.
- C'est très gentil, le remercia Adèle en le suivant.
- Vous n'êtes pas trop triste de devoir partir à nouveau ?
- Honnêtement... Si... Je préfère rester avec Gandalf mais je n'aime pas les adieux... Et c'est la guerre...
- Vos amis sont coriaces, ayez confiance. Mais j'ai toujours du mal à croire que vous jouiez un tel rôle dans tout cela...
- Parce que je suis une femme ?
- Oui. Ne vous vexez pas, vous savez très bien que tout le monde pense comme moi..., se défendit immédiatement Eomer.
- Je comprends, ne vous inquiétez pas, et de toute façon même moi j'ai du mal à réaliser... Mais c'est surtout parce que je suis loin d'être une aventurière ou une guerrière... Ce que je ne comprends pas, c'est que pourtant, votre sœur sait se battre, elle. Et j'ai entendu qu'elle était très adroite... Alors pourquoi doutez-vous tant des capacités des femmes ?
- Je ne doute pas... Eowyn sait très bien se battre, je le sais. Mais comprenez-bien qu'elle a appris à se battre pour se défendre, non pas pour chercher le danger. La place d'une femme n'est pas sur un champ de bataille ou à parcourir les chemins à la recherche de je ne sais quoi... La guerre est quelque chose de bien trop horrible. Vous ne pouvez pas comprendre...
- Boromir est mort presque sous mes yeux. Je crois que je peux comprendre, dit sèchement Adèle.
- Et n'auriez-vous pas préférer vous épargnez cette épreuve ?, lui répondit-il tout aussi durement.
Bien sûr qu'elle aurait préféré éviter de voir le regard de Boromir s'éteindre petit à petit. Bien sûr qu'elle aurait voulu s'épargner la vision de ces flèches qui le transperçaient. Elle s'en voulait tellement... Devant le regard triste d'Adèle, Eomer se radoucit.
- Voilà ce que je veux épargner à Eowyn, dit-il, plus calme.
- Peut-être... Mais peut-être aussi que c'est à elle de faire son choix... Il y a des épreuves aussi dévastatrices qu'un champ de bataille...
Le Rohirrim ne répondit pas, ne comprenant pas la dernière phrase d'Adèle. Il ne pouvait pas, il n'avait pas su voir le désespoir de sa sœur... Silencieux, ils arrivèrent devant Théoden.
- Bonjour Mon Seigneur...
- Bonjour Adèle... Alors vous nous quittez déjà..., l'accueillit le roi.
- Oui, c'est à croire que je suis condamnée à errer sur toutes les routes de la Terre du Milieu. Je vous mentirais si je vous disais que je n'en avais pas assez. Mais bon, je pars avec Gandalf alors ce n'est pas si terrible... Et puis il y a Pippin aussi.
- Je ne doute pas que vous vous en sortirez très bien... Il vaut mieux que vous restiez avec Gandalf et que vous vous éloignez de Saroumane. J'espère avoir l'occasion de vous revoir un jour Adèle, pour que vous me racontiez un peu votre étrange et fabuleuse histoire.
- Fabuleuse je ne sais pas... Mais étrange, oui ! Ce serait un plaisir... Mais avant de vous laisser, je voulais vous remercier.
- Je vous en prie, c'était un plaisir de vous accueillir ici, vous comme tous vos compagnons.
- Non pas pour ça ! ... Enfin si, pour ça aussi bien sûr, merci pour votre hospitalité ! Mais ce pourquoi je veux vraiment vous dire merci, c'est pour votre attitude vis à vis de moi, enfin pour votre confiance... Ce que vous m'avez dit en Isengard, c'était profondément gentil et généreux... Cela faisait tellement longtemps qu'on s'était pas montré méfiant en me recontrant... Je ne dis pas ça pour vous Eomer ! Bref, comme d'habitude, je me ridiculise. Il faut m'excuser, je ne sais pas parler aussi bien que les gens d'ici, on s'exprime différemment dans mon monde, je n'ai pas l'habitude. Mais sincèrement, merci... En Isengard, j'étais vraiment anéantie vous savez, et ce que vous m'avez dit... J'en ai été touchée et je crois que grâce à vous, j'ai réussi à me faire violence et à ne pas me laisser abattre. Je... Je suis heureuse de vous avoir rencontré, parce que vous êtes une belle rencontre de plus dans cette aventure, ce cauchemar... C'est au choix. Mais voilà, je tenais à vous le dire.
Adèle avait beaucoup bafouillé, hésitant sur ce qu'elle voulait vraiment dire à Théoden. Elle savait très bien ce qu'elle ressentait, mais c'était beaucoup plus dur à exprimer.
- Et moi aussi je suis heureux d'avoir fait votre rencontre, jeune Adèle, car vous êtes une très belle personne. Des rencontres comme la vôtre ou celle de vos amis hobbits sont de celles qui donnent envie de se battre dans cette guerre, pour l'espoir. Je sais que je ne me suis pas trompé en vous faisant confiance en Isengard. Vous ferez attention à vous, n'est-ce pas ?
- Oui... Euh... Au revoir Eomer, j'espère vous revoir vous aussi.
- Alors à bientôt Adèle..., répondit-il en souriant poliment.
Alors qu'Adèle les laissait, paquetage sur le dos, tentant de se donner un air courageux tant bien que mal, Théoden se tourna vers Eomer, amusé et ému à la fois.
- Vois-tu fils, jamais je n'aurais pensé rencontrer une telle personne de toute ma vie...
- En tout cas, elle est bien étrange...
- Mais dans le bons sens Eomer, dans le bon sens...
Adèle sortit du château, un peu inquiète de ne pas trouver ses amis. Elle avait fait ses adieux aux Rohirrims, elle ne voulait surtout pas partir sans dire au revoir à ses compagnons... Et puis Legolas devait lui parler d'Iseldia. Elle avait besoin de savoir ce qui arrivait à son amie.
A son grand soulagement, elle trouva Legolas et Gimli assis sur un muret, non loin de la porte d'entrée du château.
- Adèle ! Je n'arrive pas à croire que vous nous faussiez encore compagnie !, s'écria Gimli.
- Je suis désolée Gimli... J'aimerais bien pouvoir faire autrement..., répondit Adèle à regrets. Vous allez beaucoup me manquer !
- Oh mais je ne vous en veux pas, ne vous méprenez pas ! C'est juste que je préfèrerais pouvoir veiller sur vous moi-même !
- Vous êtes gentil... Ne martyriser pas trop Legolas pendant mon absence, d'accord ?
- Oh j'arrive à le supporter maintenant vous savez... Il est moins elfique qu'avant.
- Je ne suis pas moins "elfique", c'est vous qui êtes moins nain !, rétorqua Legolas.
- Et vous, ne martyrisez pas Gimli !
- Oh j'arrive à le supporter maintenant vous savez... Il est moins borné qu'avant.
- Et c'est elfique ça ? Laissez-moi rire !, se moqua allégrement Gimli.
- Vous allez vraiment, mais alors vraiment me manquer tous les deux... On dirait Chevalier et Laspalès... Bref. Legolas, vous avez quelque chose à me dire je crois.
L'Elfe tiqua et reprit un air très solennel, que Gimli aurait sans doute qualifier de très elfique. Adèle sentit son cœur se serrer, elle était très inquiète... Il lui avait pourtant dit que ce n'était pas grave ! Qu'était-il arrivé à la pauvre Iseldia ?
- Adèle, Iseldia est une Elfe... Et les Elfes...
- Pas de détours, Legolas. Je n'ai pas le temps !, le coupa Adèle, impatiente.
- Bien. Iseldia est partie pour les Terres Immortelles.
- Qu.. Quoi ? Mais vous aviez dit que ce n'était rien de grave !, protesta-t-elle, catastrophée.
- Ce n'est rien de grave Adèle, c'est dans l'ordre des choses... Il faut que vous le compreniez, vous n'avez aucune raison d'êtres triste !
- Mais vous débloquez complètement ? Iseldia n'avait absolument pas l'air de se résigner à quitter la Terre du Milieu ! Et son fiancé ?
- Il le lui a demandé... La guerre, vous comprenez ? Elle n'avait pas encore pris sa décision au moment où nous avons quitté Fondcombe, mais en discutant avec son fiancé en Lorien, j'ai appris qu'elle avait fini par accepter.
- Mais enfin, on ne part pas comme ça ! Même quand on est elfe ! Il faut une raison pour tout quitter !
- Iseldia a perdu une sœur, il y a des années de cela. Son cœur ne s'en ait jamais vraiment remis, et depuis, elle cherche la paix à Fondcombe. Une jeune humaine débordante d'énergie et insouciante lui avait redonné le sourire, il y a quelques mois..., dit Legolas en souriant.
- Qu'est-ce que...
- C'est ce qu'elle m'a dit au moment où elle m'a demandé de veiller sur vous, d'Elfe à Elfe... Vous vous rappelez ?
- Je ne comprends pas...
- Les Elfes savent bien cacher leurs pensées, ne vous en veuillez pas de n'avoir rien vu... Je vous le répète Adèle, ne soyez pas triste. C'est dans l'ordre des choses.
- Peut-être...
"Des temps sombres approchent pour les amoureux...", c'était ce que lui avait dit Iseldia, le jour du Conseil. Le jour où tout avait basculé pour Adèle. La jeune femme s'en voulut de ne pas avoir su déceler que derrière la douceur d'Iseldia se chachait sûrement beaucoup d'amertume... Cette soeur qu'elle avait perdu, l'appel de la Mer... Non, elle était restée focalisée sur ses propres problèmes, et elle n'avait rien vu. Ce qu'elle avait pu être égoïste ! Elle n'avait pas su s'intéresser à Iseldia, et pourtant, elle lui avait apporté tellement...
Certes, en partant de Fondcombe, elle s'était faite à l'idée de ne jamais la revoir, puisque qu'elle désirait repartir dans son monde. Mais au fil du temps, et maintenant qu'il était plus que possible qu'elle reste coincée ici, elle avait envie de discuter avec elle,à l'ombre d'un arbre, comme à Fondcombe... Peut-être qu'Adèle n'était pas aussi proche d'Iseldia qu'elle l'était de Merry ou de Pippin maintenant, mais l'Elfe était sa seule confidente en Terre de Milieu... Il n'y avait qu'à une seule personne qu'Adèle se sentait de confier ses doutes sur Boromir, et elle n'en aurait jamais l'occasion.
- Adèle ? Ne soyez pas trop malheureuse..., lui dit amicalement Gimli en lui tapotant la main.
- Ne vous inquiétez pas... Je vais m'y faire... C'est vraiment le jour des adieux aujourd'hui...
- Pour nous, c'est un au revoir, pas un adieu !, affirma le Nain.
- Bien sûr Gimli, Adèle le sait très bien... On ne se débarrasse jamais d'un Nain, n'est-ce pas ?
- Oh mais je ne voudrais surtout pas m'en débarrasser, dit affectueusement Adèle, essayant de se reprendre.
Ils furent coupés dans leur plaisanterie par l'arrivée fracassante d'un Gandalf plus que pressé.
- Tout ira bien, vous verrez, tenta de la rassurer Legolas.
Gandalf prit à peine le temps de saluer Legolas et Gimli d'un signe de tête et se précipita vers les écuries, Aragorn, Merry et Pippin à sa suite. Sentant qu'il ne fallait pas faire attendre le magicien, Adèle se dépêcha de serrer ses amis dans ses bras et de les embrasser sur la joue, à leur grande surprise. Gimli se mit à rire joyeusement, et encore plus quand en voyant la tête de Legolas, qui ne s'y attendait vraiment pas.
- Pour le coup, vous lui avez fait perdre toute sa contenance d'Elfe !, s'esclaffait le Nain.
Le cœur gros, elle leur demanda une dernière fois de faire attention à eux et partit rejoindre Gandalf et Pippin, déjà montés à cheval. Merry semblait voir tout son monde s'effondrer, et Adèle eut beaucoup de peine pour lui. Elle s'agenouilla tout proche de lui pour lui dire adieu.
- Au revoir Merry.., dit tristement Adèle, retenant difficilement ses larmes.
- Au revoir... Ne vous mettez pas tout Minas Tirith à dos d'accord ? Et faites attention au Touque pour moi, il n'est pas très raisonnable parfois...
- Promis...
Elle le serra longuement dans ses bras, avant qu'Aragorn ne la relève et ne l'entraîne avec lui vers un cheval. Greyfell.
- Oh...
- Oui... Eomer a estimé que c'était le mieux, et ce cheval semble vous apprécier. Il est docile et courageux, il suivra sans broncher son chef.
- Mais Gripoil va beaucoup plus vite que lui...
- Ne vous occupez pas de cela, Gandalf sait ce qu'il fait. Il ne vous aurait pas demandé de le suivre sinon, répondit calmement Aragorn en posant une main rassurante sur son bras.
- A bientôt Aragorn, d'accord ?
- Oui à bientôt... Adèle, je vous en supplie, faites attention à vous, soyez prudente. J'aimerais vous retrouver entière.
- Mais je suis toujours prudente !
- Je ne plaisante pas. Minas Tirith est une grande cité, où vous pourriez faire de bien mauvaises rencontres... Il y a d'autres Bill Fougeron dans ce monde ! Vous avez compris ?
Il la serra rapidement dans ses bras avant de l'aider à monter sur Greyfell. Adèle maintint quelques secondes la main du Dunedain dans la sienne, le fixant en souriant.
- Vous allez tous me manquer... C'est pas juste, je vous retrouve pour vous quitter tout de suite ! Remerciez Eomer et Théoden pour Greyfell s'il vous plaît... Et consolez Merry... Et...
- Et je rassurerais Gimli et Legolas sur le fait que vous n'êtes pas trop triste... Promis, la coupa Aragorn en souriant franchement. Partez, maintenant.
Alors Gripoil s'élança, et Greyfell suivit aussitôt. Les chevaux allaient très rapidement, et Adèle n'était pas à l'aise... Elle était loin d'être une cavalière émérite, Gandalf aurait dû y penser ! Peut-être aurait-elle dû rester à Edoras... Mais ensuite, qu'aurait-elle fait ? Non, il valait mieux rester avec le magicien. Cependant, la jeune femme avait vraiment peur de cette longue chevauchée qui se profilait. Mais pourquoi avait-elle arrêté l'équitation ?
Pourtant, Adèle avait tort de douter. Eomer avait raison, Greyfell était un très bon cheval. L'animal semblait mettre un point d'honneur à suivre docilement Gripoil. Certes, le chef des Mearas allait beaucoup plus vite que lui, mais Greyfell ne se laissait jamais assez distancer pour risquer de le perdre de vue. En réalité, les deux montures faisaient des efforts, Gripoil adaptant lui aussi un peu son rythme.
De temps en temps, Gandalf se retournait pour s'assurer qu'Adèle allait bien, et la jeune femme s'efforçait de lui sourire à chaque fois. Mais elle n'en menait pas large. Certes, Greyfell était docile et facile à monter, mais elle n'avait pas l'habitude de telles chevauchées... Les plaines du Rohan étaient peut-êtres magnifiques et agréables à parcourir au galop, mais tout cela était surtout épuisant. Elle était fatiguée, avait mal au dos et aux fesses et regrettait déjà son lit à Edoras.
De temps en temps, Adèle réclamait une pause, que Gandalf ne lui refusait pratiquement jamais, car elle était plutôt raisonnable. A chaque fois, elle en profitait pour s'assurer que Greyfell allait bien et s'occupait de lui. Le pauvre cheval était vaillant mais il ne faisait aucun doute qu'il serait complètement épuisé en arrivant à Minas Tirith.
- Gandalf...
- Ne vous inquiétez pas Adèle, votre cheval n'ira pas plus loin qu'il ne le peut et Gripoil ne le poussera pas hors de ses limites. Les chevaux sont intelligents.
- Brave bête...
- En tout cas, il vous aime bien Adèle..., constata Pippin.
- Oui... On se comprend bien tous les deux... A lui aussi il lui manque quelqu'un, répondit-elle doucement en pensant à l'ancien cavalier de Greyfell.
Fatiguée, Adèle enfouit son visage dans l'encolure du cheval. C'était agréable, de côtoyer un animal... Pas besoin de mots, ni d'explications...
Tout au long du voyage, Adèle ne cessa de se torturer l'esprit, malgré la promesse qu'elle s'était faite de ne pas le faire, justement. Mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Il y avait trop de choses étranges et qu'elle ne pouvait pas comprendre dans sa vie...
Elle n'arrivait pas à comprendre ce qui avait pu se passer pour qu'elle en arrive là. Bien sûr, cela faisait plusieurs mois qu'elle était en Terre du Milieu... Mais ce n'était pas pour autant devenu plus logique à ses yeux. Même si elle s'efforçait de penser à autre chose, il y avait cette petite phrase qui clignotait dans sa tête, comme un néon : "Pourquoi moi ?".
Gandalf lui avait dit qu'il y avait encore une espoir pour qu'elle reparte chez elle, même s'il était minuscule. Mais... Elle avait toujours envie de revoir les siens... Cependant, quand elle pensait à ses amis, les visages de Merry, de Pippin, de Gandalf et de tous ses autres compagnons s'imposaient à son esprit eux aussi. L'aventure qu'ils vivaient les avaient liés, et très étroitement. Ce serait tellement dur de les quitter... Et comment ferait-elle, après tout ce qu'elle avait vécu, pour revivre normalement, pour reprendre sa petite vie d'étudiante insouciante ? Chez elle, personne ne pourrait la consoler d'avoir perdu ses amis, personne n'imaginerait... Alors qu'ici... Oui, ici, on savait ce qu'elle avait perdu.
A cette pensée, Adèle se sentit affreusement coupable. Elle n'avait pas le droit de penser de telles choses... Si elle avait l'occasion de repartir chez elle, elle devait le faire ! Elle le devait à sa famille.
Une famille qui l'avait oubliée...
Mais sa famille quand même... Peut-être que leur oubli n'était que temporaire. Adèle avait envie de revoir le visage rieur de son père, sa mère et sa manie de parler avec de grands gestes... Elle avait toujours été leur petite princesse. La fille unique qu'il fallait chérir sans gâter, ce que son père n'avait pas toujours réussi à faire. Si la mère d'Adèle n'avait pas été là, elle serait sûrement devenue une enfant insupportable : c'était bien parti, au vu de son caractère espiègle et boudeur... Son père n'avait jamais supporté de la voir malheureuse ou pleurer et s'était toujours fait un sang d'encre pour elle. Un vrai papa poule. Adèle ne remercierait jamais assez sa mère d'avoir appris à contrôler les élans possessifs paternels... A sa décharge, le père d'Adèle n'avait jamais connu son propre père : avec sa fille, il n'avait eu de cesse de vouloir être un papa idéal...
Mais elle ne les reverrait sans doute jamais... Ce qui la peinait le plus, c'était qu'elle n'avait pas eu l'occasion de leur dire adieu. Si elle avait su, elle leur aurait dit tant de choses, à tous... Elle aurait dit à son père qu'il était parfait et à sa mère qu'elle l'admirait. Elle aurait avoué à Arthur qu'il lui plaisait. Elle aurait profité encore plus de ses amis. Et surtout, elle leur aurait dit à tous à quel point ils comptaient et combien elle les aimait. Mais c'était trop tard...
Elle avait eu l'occasion de dire adieu à Iseldia et Boromir. Mais ces adieux lui laissaient un horrible goût d'inachevé. Ces deux personnes, qu'elle avait tant appréciés, elle se rendait compte qu'elle n'avait jamais vraiment su les comprendre. Dans les deux cas, elle n'avait pas cherché plus loin que le bout de son nez. L'erreur s'était montrée fatale dans le cas de Boromir. Quant à Iseldia... Elle ne savait pas quoi en penser. C'était juste triste.
Adèle avait également pu faire ses adieux à Théoden. Ceux-là, ils avaient été plutôt satisfaisants, du moins autant que peuvent l'être des adieux... Elle avait pu lui dire ce qu'elle pensait, le remercier. C'était l'important. pourtant, sachant pertinemment que les jours du roi étaient comptés et quel sort l'attendait, elle ne pouvait s'empêchait d'être mélancolique.
Personne ne devrait avoir à faire des adieux, ou à les regretter. C'était quelque chose de trop définitif, quelque chose qui laissait un vide bien trop grand.
Ainsi passèrent les jours de voyage, entrecoupés de quelques échanges avec Gandalf et Pippin. La plupart du temps, Adèle ne leur adressait pas trop la parole lors de leurs pauses : elle était trop fatiguée pour le faire et un peu trop préoccupée par ses problèmes.
Quand enfin, elle aperçut Minas Tirith, elle fut soulagée. Mais seulement l'espace d'un instant... En effet, Minas Tirith, c'était Boromir, et il ne fallut que quelques secondes à Adèle pour se le rappeler...
- Vous avez l'air de beaucoup aimer votre cité Boromir...
- Bien sûr. Pas vous ?
- Non... Ce n'est pas ce qui me manque... J'aime Bordeaux, mais je ne m'y sens pas particulièrement attachée.
- Minas Tirith est chère à mon cœur. Lorsque je pars longtemps, ses murs blancs me manquent. Et lorsque je reviens, elle se détache de loin, comme pour me donner du courage dans les dernières heures qu'il me restent à parcourir pour rentrer chez moi. Je donnerais ma vie pour ma Cité. Elle représente trop de choses.
- C'est étrange... Ne soyez pas vexé Boromir, c'est juste que je ne suis pas habituée à tant de... dévotion, je crois que c'est le mot.
- Il faudra que vous voyiez la Cité Blanche Adèle... Il n'y en a pas de plus belle au monde. N'en déplaise aux Elfes !
- J'espère avoir l'occasion de la visiter en votre compagnie !
- Oh mais bien sûr, cela va de soi... Bon, nous discutons, mais en attendant, vous n'apprenez rien ! Et je ne crois pas que vous arriverez à vous défendre contre les Orques en leur parlant architecture !
- Il ne faut jamais négliger l'effet de surprise Boromir, jamais... EXEMPLE !, s'écria Adèle en se jetant sur le Gondorien, qui faillit tomber.
- Il faut vraiment que vous arrêtiez de fréquenter les Hobbits...
- C'est vrai... Je ne serais jamais une jeune fille bien élevée, à cause d'eux.
- Ce n'est pas grave... Vous seriez bien trop ennuyante.
Oui, elle voyait Minas Tirith, cette ville si chère à Boromir... Et les doutes l'assaillaient. Comment allait-elle pouvoir affronter Denethor ? Et Faramir ?
Tout simplement, elle avait peur d'être confrontée au fantôme de Boromir.
Donc, version livre, c'est bien Grima qui a jeté le Palantir, je ne dis pas n'importe quoi, ne vous inquiétez pas ;)
C'est un chapitre qui fait un peu office de transition (j'espère qu'il n'était pas pour autant trop ennuyeux), avec beaucoup d'adieux et de remises en question. Je vous préviens, à partir de maintenant, il va se passer beaucoup de choses pour Adèle. Sachez que je continue à semer des indices dans chaque chapitre, tel le Petit Poucet.
J'espère que cette fiction vous plaît toujours, et surtout, que vous trouvez Adèle toujours aussi sympathique qu'au début.
A tout bientôt, et gardez la pêche =)
