Note : Un gros merci pour vos reviews ! J'en ai reçu des vraiment adorables (comme toujours) et ça me fait vraiment plaisir ! 3 (voilà vous avez même un petit coeur c'est dire!)
Camille : Merci beaucoup de ta review, je contente que quelqu'un t'ai fais découvrir mon histoire et encore plus qu'elle te plaise :)
Je ne savais pas du tout pour le nom de la Renarde j'avais fais quelques recherches et j'étais tombée sur Marissa Finch comme nom du coup j'ai gardé ça ^^ En tout cas j'espère que cette suite te plaira et encore merci !
Sur ce bonne lecture, ce chapitre est assez long ;)
Chapitre 21
- Non, s'exclama Cashmere, non, non et enfin NON !
Lyme soupira très profondément et lui lança un regard mauvais. Il n'y avait pas trente-six façons d'entrer au Capitole : il y avait le tunnel – désormais plus surveillé qu'une prison – et les égouts. Mais visiblement Cashmere n'était pas enchantée de repasser par les égouts.
- On n'a pas le choix ! Répliqua Lyme d'une voix forte.
Mais même en mesurant presque deux mètres et pouvant sans doute assommer quelqu'un en lui éternuant dessus, Lyme n'impressionnait pas Cashmere plus que ça.
- Pourtant vous allez passer par le tunnel non ? Objecta t-elle.
- Seulement si on arrive à faire tomber le barrage, intervint Brutus, et vu comment il est bien installé ça va être difficile.
- Vous n'avez qu'à tout faire sauter, suggéra Chaff.
- Je connais certains des Pacificateurs qui sont là-bas, dit Lyme, je refuse de les condamner sans leur avoir parlé avant.
- Ou alors, commença Brutus, on peut...
- CRÉTIN, RENDS MOI CA ! Hurla Glimmer depuis les douches.
Ils s'étaient installés dans une immense et ancienne salle d'entraînement, à présent vide. Les vestiaires se trouvaient d'un côté et les douches de l'autre et même les deux épais murs ne parvenaient pas à retenir la voix stridente de Glimmer.
Lyme grinça des dents en jetant un regard noir vers la porte.
- Je disais, reprit Brutus comme si rien ne s'était passé, on pourrait...
- CATO BON SANG !
- Vous allez la fermer ! Hurla Lyme à son tour.
- Il m'a prit mes sous-vêtements ! Cria Glimmer.
Derrière elle, Clove éclata de rire. Lyme leva les yeux au ciel et sembla considérer la possibilité de tous les noyer dans les douches.
- Cato, hurla t-elle de nouveau, rends-lui ses sous-vêtements !
- Je les ais perdus ! Répondit-il en riant à moitié.
- Oh pour l'amour du ciel, marmonna Cashmere.
- Quelle bande de gosses, marmonna un des vainqueurs du Un.
- Justement, expliqua Seeder, ça fait des mois qu'ils n'ont pas pu se comporter comme des enfants.
- Voire depuis jamais, marmonna Johanna en regardant ses ongles.
- Bref, coupa Lyme, est-ce que c'est bon ? ajouta t-elle en direction des douches.
- Non ! hurla Glimmer.
- Oh comme si on n'avait que ça à faire ! râla Enobaria. Cato espèce de crétin, rends ça TOUT DE SUITE !
- Mais je les ais perdu !
Enobaria partit brusquement en direction des douches et referma la porte en claquant derrière elle. S'en suivit un concert de cris, de protestations, et d'insultes lancées à tout va. Finalement un bruit sourd se fit entendre, signe que Cato venait sans doute de se prendre une gifle et Enobaria réapparut quelques minutes plus tard.
- … pas un pour rattraper l'autre, marmonna t-elle.
- C'est bon ? demanda Cashmere.
- Oui, ces deux petits crétins lui ont rendu ses vêtements.
Et par « deux petits crétins » elle voulait bien sur dire Thresh et Cato.
Il leur fallut une grosse journée et une partie de la nuit pour réussir à mettre en place un plan. Vers quatorze heures cinq, ils reçurent un message des combattants du Quatre qui, après avoir laissé les tributs dans le Trois, étaient repartis pour remonter le fleuve menant au Capitole. Ils étaient à présent bloqués avec toute leur flotte à cause d'un immense barrage érigé avant même l'entrée. Snow avait tout prévu.
D'après les témoins restés sur place, il régnait au Capitole une ambiance de chaos. Plus personne ne savait qui combattre et les frappes régulières du district Treize n'arrangeaient rien. Dans un ultime élan de reconquête de son peuple, le président Snow avait ouvert les portes du palais présidentiel pour accueillir les Capitoliens mais ce geste restait dérisoire face à l'ampleur de la guerre.
Le plan était donc le suivant : Les combattants du Un et du Deux se diviseraient en deux groupes. Le premier était chargé de faire sauter les barrages dans le tunnel qui coupaient le district Deux du Capitole. Le deuxième groupe passerait par les égouts en emportant une grande quantité d'armes, de médecins, ainsi que les techniciens du Trois.
A présent Lyme et les autres vainqueurs se disputaient pour savoir si oui ou non les tributs seraient amenés avec eux. Glimmer, cato, Clove, Thresh, Peeta, Katniss, la Renarde et Rue étaient donc l'oreille collé contre la porte dans l'espoir d'entendre quelque chose.
- Alors ? Questionna Peeta.
Rue, Glimmer et Marissa s'étaient faufilés dans un conduit d'aération et avaient une vue imprenable sur leurs mentors.
- Alors ils se disputent, répondit Glimmer en haussant les épaules.
- Rue et moi resteront ici apparemment, chuchota Marissa.
La Renarde était soulagée. Elle n'était pas une combattante, elle ne voulait pas mourir et elle estimait avoir assez risqué sa vie en quelques mois. Malgré tout une petite partie d'elle culpabilisait de laisser partir ses premiers véritables amis se battre sans elle.
- Merde j'ai pas entendu la suite, râla Glimmer, je crois que Enobaria vient de traiter Cato de petit con.
- Hey ! protesta Cato.
- Elle a raison, tu en es un ! répliqua Glimmer qui lui en voulait encore pour le vol de ses sous-vêtements.
- Bon et après ? Demanda Clove.
- Ils veulent bien envoyer les garçons et là ils se disputent pour nous, répondit Rue, ils disent que Clove est bleue et ils se demandent si ça peut porter préjudice.
- Je ne suis pas bleue ! Cria t-elle.
- Chut ! Hurle encore plus fort tant que tu y es, râla Cato tout aussi fort
Aux alentours de vingt heures, Lyme réunit tous les combattants potentiels pour leur exposer le plan. Cato se fraya un chemin parmi les innombrables montagnes de muscles qui composaient les combattants du Deux tout en entrainant les autres avec lui. Katniss se fit la réflexion que certains ne devaient pas être plus âgés qu'elle voire même plus jeunes.
- Voilà comment nous allons procéder, commença Lyme d'une voix forte.
Tout le monde se tut et Katniss vit un respect immense dans les yeux des personnes qui l'entouraient.
- Il y a deux façons d'accéder au Capitole, poursuivit Lyme, le tunnel que tout le monde connaît et qui est, pour le moment, condamné et les égouts.
A ce souvenir particulièrement nauséabond Cashmere fit une grimace.
- Nous allons nous diviser en deux groupes. Je dirigerais le premier groupe qui passera par le tunnel, il sera composé majoritairement de médecins, des ingénieurs du Trois et de quelques combattants au cas où. Une fois que nous aurons fais sauter toutes les barricades il ne devrait y avoir aucun problème pour arriver au Capitole. Le second groupe sera dirigé par Enobaria et traversera les égouts avec la majorité des combattants et des armes. Des questions ? Oui ?
- Quand ferons-nous sauter les barricades ? Demanda une voix grave à l'autre bout de la salle.
- Dans la nuit, répondit Lyme.
- Et on part quand ? Ajouta Clove.
- « On » part vers deux ou trois heures du matin, mais sans vous, ajouta Lyme en regardant les tributs.
- Quoi ? Et pourquoi ? Répliqua Clove.
- C'est beaucoup trop dangereux, c'est une guerre et...
- Et alors ? C'est un peu grâce à nous si on en est là je vous ferais remarquer, coupa Glimmer.
Lyme sembla sur le point de la frapper mais elle respira un grand coup. Les enfants étaient de plus en plus insolents de nos jours.
- Justement, si vous mourrez ça peut tout faire capoter, intervint Haymitch, vous êtes devenus des symboles et les symboles ça ne doit pas mourir.
- Il a raison, ajouta Lyme qui n'aurait jamais cru pouvoir être d'accord avec Haymitch sur quoique ce soit, donc vous restez ici et vous tâchez de rester en vie.
- Et puis de toute façon aucun d'entre vous n'est majeur donc ça règle le problème, poursuivit Haymitch.
- C'est vrai que vous, vous êtes tellement mature, marmonna Cato.
- Il a dit quoi le Don Juan du dimanche ? S'exclama Haymitch.
- Ça suffit ! Tonna Lyme en faisant sursauter tout le monde. Vous ne venez pas et c'est non négociable !
- C'est ce qu'on verra, marmonna Clove.
La réunion dura encore deux bonnes heures pendant lesquelles chacun s'efforça de montrer son air le plus renfrogné en signe de protestation. Mais il en fallait plus pour déstabiliser Lyme qui continua de parler comme s'ils n'étaient pas là. Finalement ils s'éclipsèrent et se retrouvèrent à errer dans le district Deux. Il faisait nuit noire mais les gens allaient et venaient sans faire attention à eux, transportant des armes, des caisses de médicaments ou encore de quoi tenir un siège.
Il régnait dans l'air une atmosphère lourde et oppressante, comme si tout un peuple s'apprêtait à mourir. Des hommes et des femmes disaient au revoir à leur famille en pleurant et promettant de revenir même si eux-même savaient que rien n'était moins sûr.
Katniss comprit que la plupart savaient qu'ils ne reviendraient jamais chez eux vivant, mais ils allaient combattre parce qu'ils voulaient être libre, parce qu'ils avaient perdu quelqu'un aux Hunger Games ou parce qu'ils ne voulaient pas que leurs enfants finissent en divertissement macabre. C'est réellement quelque chose d'étrange que de voir des gens se préparer à partir en guerre.
Elle marchait, pelotonnée contre Cato qui lui pestait allègrement contre Lyme. Katniss avait un peu de mal à se faire une opinion. D'un côté sa trop longue cavale, ses innombrables blessures et sa maigreur nécessitait un long repos – et elle estimait mériter de ne pas participer à cette guerre –, mais d'un autre côté regarder tous ces gens près à combattre pour la liberté partir sans elle lui nouait l'estomac.
- Il faut qu'on y aille Cato, murmura t-elle en caressant doucement son torse.
Il y eut un temps de silence puis :
- Mais c'est exactement ce que je viens de dire !
- Bon on fait comment ? Demanda Clove en s'approchant.
Ses yeux brillaient avec intensité et on voyait clairement qu'elle était impatiente de se battre. C'était comme une sorte de fièvre. Elle tournait et retournait un de ses couteaux entre ses mains avec une envie évidente de la planter dans quelqu'un. Katniss revoyait la personne qu'elle avait rencontré il y a presque un an de ça et elle se comprenait mieux pourquoi elle l'avait trouvé si effrayante et sadique. Chaque personne avait un côté sombre et c'était tout ce que les Centres d'entraînements devaient exploiter.
- On y va ! dit Thresh. Mais Marissa et Rue restent ici.
- On pourrait vous êtres utile, objecta Rue.
- Non c'est beaucoup trop dangereux, répliqua Katniss, je ne veux pas vous savoir là-bas.
- Vous n'êtes pas des soldats vous non plus, murmura Marissa la tête basse.
- Mais vous valez mieux que nous, rétorqua Glimmer, vous n'avez tué personne.
C'était la vérité. Malgré tout ce qu'ils avaient pu traverser ensemble, ils y avaient chacun au moins un mort sur la conscience. Tous sauf la Renarde et Rue.
- Je pense qu'il vaut mieux se faufiler parmi les combattants qui vont dans les égouts, suggéra Clove, ils sont plus nombreux, on pourra beaucoup plus facilement se fondre dans la masse.
- Oui mais il y a Enobaria, rétorqua Cato avec une grimace.
La trace de la main de la jeune femme était encore visible sur sa joue.
- Enobaria sera devant avec les autres et le plan sans doute, dit Glimmer en haussant les épaules.
- Par contre il faudra se faufiler à la toute fin de file et tâcher d'être discret, dit Peeta, parce que si quelqu'un nous tombe dessus...
Il laissa sa phrase en suspend et Katniss imagina très bien la colère de Haymitch s'il découvrait qu'ils étaient tranquillement derrière eux.
Il était près de minuit quand ils furent sommé par Lyme d'aller se coucher « gentiment ». Ce qu'ils n'avaient pas prévu c'est que leurs mentors avaient anticipé leur future potentielle évasion et prévoyaient de les enfermer à double tour dans les chambres du Centre d'entraînement.
Ce fut long et pénible pour tout le monde.
Glimmer se disputa avec Cashmere, chacune hurlant plus fort que l'autre d'une voix stridente jusqu'à ce que Gloss craque, attrape Glimmer par la taille et la jette dans la chambre avant de fermer la serrure à double tour. Deux minutes et trente secondes plus tard, Cashmere courut après Glimmer qui avait sauté par la fenêtre et la rattrapa non sans mal.
Clove courut dans tout le Centre d'entraînement pour échapper à Enobaria tandis que Brutus et un autre vainqueur du Deux enfermaient Cato qui avait tenté de se carapater par le conduit d'aération. Malheureusement un peu trop carré d'épaule, il était resté coincé. Finalement Lyme attrapa Clove qui hurla qu'ils n'avaient pas le droit de faire ça et qu'elle se vengerait. Finalement elle fut elle aussi enfermé non sans avoir hurlé à Enobaria qu'elle l'a détestait et qu'elle la maudissait sur les quinze prochaines générations.
Katniss grimpa sur une des statues qui ornait l'entrée de l'Oméga ce qui embêta tout le monde puisque personne ne savait grimper comme elle.
- Katniss descend, cria Haymitch.
- Non ! Vous ne pouvez pas nous empêcher de combattre si on le veut !
- Bien sur que si ! C'est une guerre pas les Hunger Games alors descends !
- C'est mon choix ! répliqua Katniss.
- Et si tu meurs qui va m'occuper de Prim hein ? Je veux pas de mioche chez moi je te préviens !
Haymitch avait donné l'argument qui fit mouche. Il avait raison. Il ne lui restait que Prim comme famille, elle ne pouvait pas l'abandonner. Katniss descendit la mort dans l'âme mais consciente que Haymitch avait raison.
- Tu as une famille, ce n'est pas donné à tout le monde alors ne gâche pas ça, marmonna t-il.
Soudain Katniss se demanda ce qu'il était advenu de la famille de Haymitch. Elle l'avait toujours croisé seul et aigrit et elle savait qu'il vivait également seul. Elle garda ses interrogation pour elle et demanda si elle pouvait rester avec Cato.
- C'est ça, cracha Enobaria, pour que vous fassiez tout un tas de cochoncetés !
- Hey ce n'est pas parce que Gloss est nul au lit que Katniss n'a pas le droit de s'envoyer en l'air, clama Johanna.
Enobaria lui flanqua une gifle et Johanna tituba les yeux écarquillés. Puis elle se jeta sur elle et elles commencèrent à se battre jusqu'à ce que Lyme les sépare.
- Oh tais-toi ! répliqua t-elle à Johanna qui grognait de douleur en tenant son nez ensanglanté. Tu l'as cherché !
Chaff dénicha Thresh et Peeta cachés – l'air de rien – dans les cuisines. Rue, quant à elle, était dissimulée dans un arbre et il fallut près d'une heure avant que Finnick ne la repère. Enfin, Marissa accepta de rester dans sa chambre sans faire d'esclandre, ce que son mentor apprécia grandement. Après tout il n'avait aucune envie de courir dans tout le district Deux pour l'attraper.
Vers quatre heures du matin, le district Deux vit partir ses combattants dans un silence de mort. Les familles pleuraient sans un bruit, les soldats, qui n'en étaient pas, marchaient sans oser parler ou même regarder ailleurs que devant eux. Seul les bruits de pas et des armes rythmaient cette marche macabre. La nuit était noire et aucune étoile ne venait illuminer leurs pas. Les soldats étaient divisés en deux groupes. Le premier franchit lentement les égouts, emportant armes et matériels. Le second, composé essentiellement d'ingénieurs et de médecins, était conduit par Lyme par le tunnel qui était dégagé depuis peu.
Katniss observa la foule partir avec un pincement au cœur. Elle savait que la plupart ne reviendrait pas vivant, pourquoi auraient-ils de meilleures chances que des combattants surentraînés ?
Pourtant, et comme ils l'avaient prévu, un cliquetis se fit entendre et la porte s'ouvrit. Rue avait subtilisé le double des clés lors de leur arrivée dans le Deux et les avait dissimulé dans l'arbre. Ils se retrouvèrent rapidement dans l'entrée. Dehors la foule était tellement dense qu'ils n'auraient aucun mal à passer inaperçus.
Ils regardèrent Rue et la Renarde qui devaient rester ici. Katniss n'avait pas réfléchit mais c'était peut-être des adieux. Elle les serra contre elle en laissant les larmes couler le long de ses joues. Elle espéra qu'elles survivraient, qu'elles connaîtraient la liberté et qu'elles vivraient heureuses.
- T'en va pas s'il te plaît, pleura Rue en enfouissant sa tête dans son cou.
- Je reviendrais, je te le promet !
Mais Rue savait très bien que c'était une promesse qu'elle ne tiendrait probablement pas. Malgré tout elle choisit d'y croire. Peeta, Thresh, Glimmer, Clove, Cato et Katniss enfilèrent un manteau noir pourvu d'une capuche qui les dissimuleraient suffisamment pour qu'on ne fasse pas attention à eux. Les autres soldats portaient ce même uniforme, c'était leur meilleure garantis d'arriver au capitole avant que Haymitch ou Enobaria ne les taillent en pièce.
Ils entrèrent un par un dans la bouche d'égout, sans prononcer un seul mot. Katniss se pressa contre Cato qui prit discrètement sa main dans la sienne. L'air était humide, nauséabond et ils pataugeaient dans une substance épaisse et collante. Des rats énormes les frôlaient régulièrement et Katniss se força à ne pas sourire en songeant à la tête que devait faire Glimmer.
Ils étaient faiblement éclairés par des lanternes que certains transportaient mais cela ne suffisait pas et ils trébuchaient fréquemment. L'atmosphère était oppressante et Katnissa songeait qu'un mouvement de foule pouvait être tout simplement mortel.
En entrant dans les égouts, aucun des six tributs n'avaient remarqué que la Renarde et Rue étaient discrètement en train d'entrer dans le tunnel menant au Capitole.
- Ne vous dispersez pas merci ! ordonna Lyme d'une voix forte.
Elle n'avait pas l'habitude de mener une foule de médecins et d'ingénieurs dont la plupart ne venaient même pas de son district. Elle avait emmené quelques combattants mais la majorité était dans les égouts et elle priait donc que rien ne leur tombe dessus.
Un violent combat avait opposé les siens à ceux qui bloquaient l'entrée au Capitole et finalement il avait fallut faire sauter les barricades. Comme prévu il n'y avait que peu de résistance et tout s'était bien déroulé. Un peu trop bien au goût de Lyme qui s'était attendue à plus de résistance. Ils traversèrent le Tunnel dans la pénombre. Ils pataugeaient dans l'humidité et le sang des Pacificateurs qui avaient été tué et Lyme repéra deux ou trois personnes qui tombèrent dans les pommes.
Les combattants entouraient les médecins et ingénieurs qui n'osaient pas prononcer un seul mot. Elle songea que ces gens étaient encore plus étrangers qu'eux à toute forme de bataille et qu'ils étaient sans doute terrifiés. Pourtant elle n'avait pas le cœur à compatir trop longuement. Elle avait peut-être eu un niveau de vie meilleur, une maison plus grande, un air plus pur, mais elle n'avait pas moins souffert qu'eux du Capitole.
Pour la première fois depuis des mois elle eut une pensée pour son fiancé assassiné il y a plusieurs années de cela et ses deux frères morts pendant les Hunger Games. Elle ne pensait jamais à eux pour des raisons évidentes. Premièrement y songer lui faisait mal, elle était submergée par des sentiments douloureux et intenses et dans ces moments là elle ne voulait que s'isoler dans un coin pour pleurer. Deuxièmement penser à eux ne leur rendra pas la vie, dans ces cas là autant ne plus y penser.
Flavius et Octavius, ses frères aînés, s'étaient tous les deux portés volontaires pour participer aux Hunger Games. Elle les avaient vu s'entraîner dur, porter en triomphe tout ce qui faisait le Capitole et dénigrer les plus petits districts pour leur faiblesse. Flavius avait été le premier à mourir. Il était arrivé très loin dans les Jeux et Lyme avait gardé l'espoir de le revoir vivant et que tout redeviendrait comme avant. Elle s'était lourdement trompée. Il fut tué par le tribut masculin du district Onze, un certain Chaff.
A partir de ce moment là, Octavius ne dit plus un seul mot sur les autres districts. La mort de Flavius lui avait prouvé à quel point les districts les plus faible pouvait se montrer aussi brutaux qu'eux. Lyme, quant à elle, mit très longtemps à pardonner à Chaff la mort de son frère. Il ne s'est jamais excusé, expliquant que c'était sa vie ou la sienne et qu'il préférait que ça soit lui.
Deux ans plus tard Lyme se porta volontaire à l'âge de dix-sept ans. Elle avait comprit ce que tout le monde s'obstinait à ignorer à Panem : que les Hunger Games n'étaient pas de simples jeux, que c'était quelque chose de violent et de morbide que les pâles justifications du Capitole ne pouvaient pas effacer.
Elle était partie aux jeux dans le but de venger la mort de son frère et elle avait réussit. Son arène avait été plutôt simplement constituée : Un désert où il était difficile de se cacher et où les pièges mortels pullulaient. Elle avait tué beaucoup de tributs et souvent le visage de ses enfants hantaient Lyme jusque dans ses rêves. Elle ne pouvait pas se plaindre, elle avait fait ça consciemment et non pas pour sauver sa vie mais par simple vengeance.
Elle accueillait alors ses cauchemars comme une expiation personnelle de toutes ses morts.
Trois ans après elle et revigoré par sa victoire, Octavius se porta volontaire pour la deuxième édition de l'Expiation. Il était grand, intelligent et très fort mais Lyme avait perdu toute confiance et elle se souvint avoir beaucoup pleuré ce jour-là. Octavius termina en cinquième position, tué par un volcan qui entra en éruption et tua une grande partie des carrières. C'est cette année-là que Haymitch Abernathy gagna.
En rentrant elle avait cru pouvoir mener la grande vie, comme une reine mais comme tous les vainqueurs elle était tombée rapidement de son piédestal. Elle avait emménagé avec son petit ami en espérant l'épouser un jour et vivre tranquillement. Lyme se souvenait avec beaucoup de joie des sentiments qu'elle éprouvait pour Valérien, un amour profond et sincère qu'elle n'aurait jamais cru ressentir un jour. Puis le président Snow lui avait rendu visite, lui avait demandé de se prostituer. Naturellement elle avait fermement refusé et, un soir, Valérien avait été assassiné. Lyme était rentrée du Centre d'entraînement pour retrouver son fiancé baignant dans son sang, les yeux vides et morts. C'était la dernière fois qu'elle avait réellement pleuré.
Lyme était si profondément plongée dans ses souvenirs qu'elle entendit trop tard le cliquetis caractéristique d'une bombe qui se déclenche. Une explosion immense la projeta contre un mur où elle eut le souffle coupé et sentit une de ses côtes se briser. Une multitude de débris tomba sur elle tandis qu'elle entendait les gens hurler au loin. Lyme tenta de se relever mais elle fut prise d'un violent vertige qui la plaqua au sol. Elle luttait pour ne pas vomir et entendit quelqu'un poser une main sur son épaule et lui demander si elle allait bien.
Lyme releva la tête et vit quelque chose d'encore plus horrible que ce à quoi elle s'attendait. Un nombre incroyable de gens étaient à terre, maculés de sang, parfois même sauvagement amputés de certains membres. Un mélange de poussière et de corps morts tapissait le sol et elle manqua de vomir, un goût entêtant de sang dans la bouche. Après l'explosion – ou les explosions elle ne savait pas très bien – le tunnel s'était tout simplement effondré sur la foule. Lyme se releva tant bien que mal et s'approcha d'un petit groupe de survivant qui, par miracle, était entier.
- Vous allez bien ? Demanda t-elle d'une voix un peu rauque d'avoir avalé trop de poussière.
Ils hochèrent la tête d'un air tellement choqué que Lyme se demanda s'ils avaient bien compris sa question. Peu importe, de toute façon elle avait plus important à penser. Elle observa les alentour et comprit une chose. Lyme avait tout d'abord cru que c'étaient les derniers Pacificateurs en faveur du président Snow qui étaient la cause de cette explosion, mais elle avait eu tort.
C'était le district Treize.
Et voilà j'espère que vous avez aimé !
J'ai publié un OS sur Halloween et les anciens vainqueurs dans mon recueil d'OS "Il était une fois un vainqueur", n'hésitez pas à le lire et me dire ce que vous en pensez :-)
Bonne reprise des cours en tout cas, dites-vous que la sortie de l'Embrasement et Noël approchent à grands pas !
