Bonjour ! Un chapitre de plus pour vous aujourd'hui ! Vous comprendrez que je m'applique à résumer l'histoire pour préparer les chapitres finaux...
Mais je dois vous avertir que j'ai encore au moins 2 chapitres encore à venir. (Déjà écris, à réviser) Et peut-être d'autres...
Vronik : Merci ! j'espère que celui ci te plaira
Gwen who : Merci pour ton commentaire ! Oui, je crois que je suis un peu sadique. (et l'histoire n'est pas terminée ;) )
Caliste : L'Histoire prendra un tout autre sens bientôt ! Merci pour ton commentaire !
Lyrod : Merci pour ton commentaire !
Manon : Quel beau commentaire ! Merci ! et tu verrais que tout n'est pas terminé !
Raquel Almeida : Tu as bien raison, on ne peut en vouloir au Colonel...d'ailleurs, on le reverra bientôt!
Ehlilou : merci pour ton commentaire et ta fidélité ! il me reste encore au moins 2 chapitres...
Ariys : Tu as raison, Darcy doit prouver ses dires...merci pour ton commentaire !
Toujours bien heureuse de vous lire ! Tellement extraordinaire de recevoir vos commentaires !
Mr Bennet attendait toujours à son bureau. Ayant sorti deux verres, il croyait bien partager un bon porto avec son futur gendre. Mais le temps commençait à se faire long.
Alors qu'il rangeait quelques livres qui trainaient sur son bureau, il vit par la fenêtre, Lizzy pleurant, se dirigeant vers sa chambre.
Soucieux, il convint de rejoindre sa fille dans sa chambre.
-Ma chère Lizzy, allez-vous bien ? fit-il en frappant doucement à la porte
-Laissez-moi seule, papa. Geint Lizzy
-J'ai bien peur de ne pas comprendre ce qui se passe, mon enfant…permettez-moi d'entrer vous voir.
Quelques secondes s'éternisèrent avant que Lizzy vienne enfin, ouvrir la porte.
-Pauvre Lizzy, je ne sais ce qu'il s'est dit lors de votre entretien privé, mais je croyais que vous en sortiriez plus heureuse.
-Oh, papa, j'ai toutes les raisons d'être heureuse…pleurnicha Lizzy. Pourquoi suis-je si compliquée?
-Vous n'êtes pas compliquée, vous êtes intelligente. Si vous avez refusé Mr Darcy, ce que je pense, il devait y avoir une bonne raison.
-Papa, je l'aime tellement.
Mr Bennet la regarda avec stupéfaction.
-Vous a-t-il déclaré son affection ? Vous a-t-il demandé votre main ?
-Oui, il m'aime et veut m'épouser!
-Et vous l'avez refusé ?
Lizzy acquiesça mollement devant le père stupéfait.
-Papa, il est inconstant et déloyal…orgueilleux…infidèle et…
-Et vous l'aimez ! Il me semble que ce sont ces qualités que vous devriez me vanter…
-Comment pourrais-je épouser un homme qui n'a pas confiance en moi ? Être la femme d'un homme qui est aussi instable et imbu de lui-même ?
-Et vous l'aimez? répéta le père sur un drôle de ton
-Ne vous moquez pas de moi… il me plait…j'aime être à ses côtés, discuter avec lui…mais nous sommes trop différents pour être heureux ensemble…pleura Élizabeth plus intensément
-Vous êtes trop pareils ! Gloussa le père. Tous deux entêtés! Vous êtes bien tous deux amoureux! Il n'y a que l'allégresse qui puisse rendre deux personnes normalement intelligentes, aussi attirés par la sottise!
Lizzy ne répondit rien à cette dernière déclaration et le père continua plus lentement.
-Je crois que nous avons définitivement réglé le cas de Mr Martin et de Mr FittzWilliam. Maintenant, que ferez-vous de Mr Darcy ?
-Il part ce soir, je ne le reverrai plus avant le mariage de Georgiana.
-Bien, je suppose que cela vous fera le plus grand bien. À vous et à lui. Croyez-vous l'avoir offusqué au point où il ne désire plus vous voir ?
-C'est possible, geint Lizzy…comme je suis idiote…ajouta-t-elle. Aurais-je du taire mes doutes et l'accepter tout simplement ?
- Je vous reconnais bien, mon enfant. Vous espérez un bonheur parfait. Pour vous, un mariage est comme un merveilleux couché de soleil près de la mer, où le vent se marie à l'odeur salé et l'éclat du soleil miroitant dans l'eau. Toutefois, vous vous trompez. Le bonheur se détaille plutôt comme une bibliothèque.
Lizzy sourit ne sachant pas trop ce qu'il voulait dire.
-Eh bien, ma fille, le bonheur n'est-il pas d'avoir sa propre bibliothèque ? Il est une série de petites choses que nous rangeons par ordre de priorité. Chaque jour, je range et déplace mes livres. Un jour, ils me plaisent là où ils sont… et le lendemain, je les bouge. Un jour, je lis sur les libellules, un autre jour, je lis sur l'histoire. Je les époussette de temps en temps…pas assez je suppose, gloussa-t-il. Je suis bien quelques fois déçu d'elle…je voudrais qu'elle soit plus grande, plus généreuse, plus…variée…Mais…J'AI une bibliothèque. Insista-t-il sur ces mots. Et si j'y pense sincèrement. Je l'aime et elle me rend heureux. Oh…vous aurez vos lots de disputes et de mise au point, si vous prenez époux. Mais cela ne nuancera pas votre amour…Le bonheur n'est pas un enchantement constant, il évolue.
Élizabeth l'écoutait attentivement, étonnée de son exemple et un peu déçue qu'il préfère sa bibliothèque à sa propre histoire d'amour avec sa mère. Elle réfléchit quelques instants et questionna
-Et s'il se lassait de moi?
-Mr Darcy est suffisamment instruit pour connaître l'implication d'un mariage. S'il vous a offert le mariage, c'est qu'il est conscient de ce que ceci implique.
Lizzy souffla profondément
-Je l'ai accusé d'être inconstant, alors que je suis moi-même instable…
Mr Bennet embrassa sa fille délicatement.
-Maintenant, descendons, je crains que votre mère ne soit pas très heureuse de ce dénouement.
OoOoO
-Georgiana, déclara froidement Darcy devant sa sœur alors qu'il l'a rejoignait à Londres. Nous devons partir.
-Que s'est-il passé, Dieu du ciel ?
Darcy ferma les yeux.
-Je suppose que notre histoire est trop compliquée pour être belle.
-Quelles sont ses reproches ? T'a-t-elle clairement signifié son refus ?
Darcy souffla lourdement
-Disons… qu'elle ne me croie pas. Elle estime que je suis épris de Lady Maryann
Georgiana referma la bouche. Son frère était si dépourvu qu'elle ne pouvait ouvertement donner raison à Élizabeth sans ajouter à sa douleur.
Élizabeth avait bien raison de douter de son affection. Elle le lui avait elle-même reproché sa froideur et ses altercations avec Lizzy. Quand à son comportement avec Lady Maryann…oui…William avait bien mérité cette incrédulité.
-Si elle t'a repoussé…elle se trompe, William…je dois lui écrire…je dois la convaincre de…
-Non Georgiana, ceci ne te regarde pas. Tu as beaucoup à préparer avant ton mariage. Je préfèrerais qu'elle m'accueille chaleureusement, sans devoir la convaincre que je sois un bon parti.
OoOoO
« Ma très chère amie,
Quand j'ai vu mon frère arriver près de moi, j'ai compris qu'un drame s'était produit. Il m'a expliqué, autant qu'il a pu, les mésententes qui vous ont éloignés, tout en me suppliant de ne pas intervenir. Mais je ne puis faire autrement, étant moi-même un témoin et confidente privilégiée depuis le début de cette histoire.
Premièrement, vous devez savoir une chose primordiale. Comme je vous l'ai déjà signalé, mon frère a beaucoup de mal à s'exprimer. Il paraît souvent arrogant, mais en fait, sa timidité est aussi impotente que la mienne l'a déjà été, si vous avez souvenir de moi à nos premiers jours d'amitié.
Je ne sais pas ce que mon frère vous a dit, mais je dois impérativement vous parler de Lady Maryann. Mon père, sur son lit de mort, a fait jurer à mon frère, d'épouser Lady Maryann. William étant pourvu d'une extraordinaire loyauté, étant tourmenté par les sentiments qu'il entretenait pour vous, ne put se résoudre à tenir promesse. Lady Maryann et mon frère ont eu une discussion à propos de son inclination pour vous, et elle a préféré qu'il vous rejoigne.
Tant qu'à mon cousin, le Colonel FittzWilliam, il était parfaitement au fait de son attachement pour vous. Il a été le premier confident des émotions nouvellement ressenties de William. Il a d'ailleurs, devant mes yeux, brusqué mon frère pour qu'il cesse de retarder ses vœux. Mais, à notre grande surprise, le colonel s'est lui-même épris de vous, et a rompu son allégeance familiale en tentant de vous séduire. Il connaissait les forts élans de mon frère et son détachement envers Lady Maryann. Il vous a honteusement mentit, ce que je ne lui ai toujours pas pardonné.
Je ne sais trop comment Lady Maryann et le Colonel se sont assemblés pour vous piéger, mais c'est bien le cas.
Sachez que je ne vous écris pas pour vous convaincre d'accepter mon frère, mais il fallait que vous sachiez toute la vérité. Je le jure, sur moi-même, que je connais les sentiments de William à votre égard depuis fort longtemps. Il vous aime depuis plusieurs mois, si ce n'est depuis le début. Je l'ai vu, se tourmenter et se transformer sous mes yeux, chaque fois où il avait le loisir de penser à vous. Il n'a jamais aimé Lady Maryann, mais il a été déchiré pendant un temps, entre sa jadis promesse, et son nouvel espoir.
Maintenant, je sais que nous nous reverrons le jour de mes noces, et je souhaite que vous séjourniez, vous et le couple Bingley, à Pemberly. Mon seul vœu, est que vous ne vous désistiez pas. Je prie pour que vous vous réconciliiez et que vous faisiez la paix avec le passé.
Si vous ne désirez toujours pas épouser mon frère, je le comprendrai et vous demanderai, humblement de lui laisser le temps et l'espace nécessaire à sa guérison.
Votre amie, pour toujours,
Georgiana Darcy. »
La derrière semaine d'Élizabeth avait été éprouvante. Sa mère qui attendait un heureux dénouement, tempêta quand elle eut appris le refus de sa propre fille au plus riche gentleman du pays. Mme Bennet avait décidé d'ignorer l'existence de sa propre fille, niant sa présence à toute heure du jour. Elle était désormais pour sa mère, la plus idiote et la plus ingrate de toutes les filles de la terre.
Bien qu'elle fût premièrement réjouie que sa mère ne lui adresse plus la parole, vivre un tel rejet, commençait à la contrarier. Heureusement, c'était un désagrément temporaire, car elle devait bientôt faire le voyage vers le Derbyshire.
La lettre de Georgiana était arrivée à un bon moment. Et elle avait eu un tel impact sur elle, qu'elle s'angoissait désormais d'avoir irrémédiablement froissé Mr Darcy. Georgiana avait été depuis le début, honnête et aimable. Elle n'avait aucune raison de douter de sa parole. Si son frère avait prit le temps de se confier à sa jeune sœur, c'est certainement que ses sentiments se révélaient sincères.
Elle marchait, ça et là. Ressassant ses souvenirs de lui et maudissant le colonel pour ses mensonges, regrettant aussi que Mr Darcy soit si peu loquace et mystérieux.
Quoi que les espoirs de Miss Darcy fussent que son ami séjourne à Pemberly, Élizabeth, Jane et Charles choisirent de séjourner à une auberge de Lambton. La délicate situation entre Élizabeth et Mr Darcy, ainsi que les préparatifs pour le mariage, les avaient convaincu de ne pas ajouter à l'anxiété des habitants de Pemberly.
Pendant qu'elle se tracassait sur son bien-être futur, et révisait ses aspirations de bonheurs conjugaux, Mr Darcy se consacrait à son ouvrage.
Il ordonnait Pemberly comme il ne l'avait pas encore fait. Quand Georgiana désirait approfondir leur conversation, il filait à son bureau. Faute de travail, il lisait.
Alors qu'il triait des livres à la bibliothèque, il vint entre ses mains, le livre qu'il souhaitait à tout prix éviter. Il s'agissait de « Roméo et Juliette ». Cette fameuse pièce lyrique, qu'ils avaient partagée au théâtre, alors qu'il commençait à prendre conscience de ses sentiments.
Il aurait bien aimé bruler ce livre. Cependant, il ne l'aurait pas fait d'un seul coup. Il aurait aimé le souffrir une page à la fois. S'assoir et contempler chacune des pages danser et mourir sous les flammes, un verre de whisky à la main.
Cette histoire d'amour entre ces deux personnages, était à lui lever le cœur.
Il aurait maudit chacune des pauvres pages de cet écrit. Cependant, il convint que ce fantasme n'était pas réalisable. Il contenait trop de souvenirs précieux; il l'aurait vite regretté.
Néanmoins, il ne prodigua pas totalement ses jours aux travaux et à l'anxiété. Une idée lui vint, et humblement, il demanda conseil à son ami plus expérimenté que lui en amour.
«Netherfield Park,
Charles Bingley,
J'espère que votre santé se porte bien, et que vous ferez bon voyage jusqu'à le Derbyshire dans la prochaine semaine. Cependant, je ne vous écris pas pour de vagues politesses.
Vous m'avez jadis recommandé de faire connaître tout mon dévouement à Élizabeth, afin qu'elle saisisse bien la profondeur de mon affection.
J'ai pensé lui offrir un cadeau. Vous êtes justement époux de la sœur d'Élizabeth. Peut-être voudra-t-elle m'aider à lui offrir ce qui lui ferait réellement plaisir…Que me conseillez-vous ? Un bijou ? Une paire de gants ? Une robe ?
Pressez-vous, je voudrais qu'elle le reçoive avant son séjour au Derbyshire.
Darcy »
« Pemberly,
Mon ami,
J'ai discuté avec Jane sur le cadeau que vous pourriez offrir à Élizabeth qui lui ferait le plus plaisir. Jane connaît bien sa sœur et sait qu'Élizabeth n'est attachée à aucun gage matériel. Mon épouse vous suggère de lui écrire une courte lettre à son attention. Et de la glisser dans notre propre courrier. Nous garderons tout ceci confidentiel afin qu'il n'y ait aucune représailles ni rumeur assombrissant votre évolution.
Écrivez-lui votre affection, ou peut-être le cheminement de votre cœur vers votre dévouement. Les demoiselles aiment et veulent connaître ce genre de sentimentalités.
Charles »
« Netherfield Park,
Bingley,
Ci-joint.
Darcy »
Quand le précieux courrier arriva à Netherfield, Jane s'empressa de rendre visite à sa famille.
Mme Bennet avait sorti son plus beau service de tasse et son meilleur thé, pour sa fille de grande dignité. Telle sa nouvelle résolution, elle ne servit pas le thé à Lizzy, qui s'occupa d'elle comme à son habitude.
La mère réclamait déjà un petit fils à sa fille ainée, clamant haut et fort qu'un hériter, lui assurait le respect de son époux, alors même qu'il se lassait d'elle. Les discussions furent toutes conduites par Mme Bennet et dirigées afin de louanger Mme Bingley.
Quand la visite fut achevée, Jane invita Élizabeth à faire quelques pas avec elle.
-Élizabeth, nous avons reçu une lettre pour toi à Netherfield. Elle arrive de Pemberly.
-Oh! Une lettre de Georgiana, questionna Élizabeth ne sachant pas pourquoi Georgiana aurait envoyée sa lettre chez Mr Bingley
-Non, Élizabeth, c'est une lettre de Mr Darcy.
Élizabeth s'empourpra
-Jane…ce n'est pas ce que tu penses…je ne peux pas accepter cette lettre…c'est bien trop imprudent...
-Ne t'inquiète pas, c'est moi qui ait suggéré à Mr Darcy de t'écrire. Je l'ai gardée confidentielle jusqu'ici. Je t'en prie, lis-la et cache-la bien. Si quelqu'un venait qu'à la trouver…Nous aurions de nombreux problèmes. Toi et nous aussi.
Jane sorti la lettre de son corsage et la remit à Élizabeth qui la cacha de la même manière.
Élizabeth ne put repousser une telle lecture plus longtemps. Elle se dirigea aussitôt vers le mont Oak et s'assied sous un arbre pour lire cette lettre inattendue.
« Miss Élizabeth,
C'est sous les conseils de votre sœur que j'ose vous écrire ce mot.
Pardonnez mon audace. Si j'ai outrepassé les limites de l'acceptable, déchirez cette lettre et brulez-là. Je ne voudrais pas être pour vous une occasion de bouleversement.
Je comprends mieux, après réflexion que vous doutiez de mes sentiments. J'ai en effet, été impénétrable et instable. C'est pour cette raison que je voulais prendre quelques lignes pour vous expliquer comment je suis devenu si épris de vous. J'espère que vous comprendrez, sans l'ombre d'un doute, avec quelle ferveur je me suis attaché à vous.
La première fois où je vous ai rencontré, c'était lors d'un bal à Meryton. Vous aviez ce soir là, sauvé ma sœur d'un embarras qu'elle supportait difficilement. Votre générosité envers elle m'a aussitôt séduit et j'ai ensuite été charmé par votre air espiègle et honnête. Rapidement, j'ai appris à vous connaître mieux et j'ai aimé profondément votre intelligence et votre vivacité. Nulle personne n'a osé me parler avec autant d'assurance et de vérité que vous. Nous nous sommes disputés assez souvent, je dois l'admettre, mais à chacune de nos altercations, j'ai reconnu votre force et votre volonté à faire briller la justice.
Vous êtes à mes yeux un mélange de douceur, d'émotivité, de fermeté et de discernement.
Votre beauté ne se limite pas à votre façade, mais votre âme toute entière est un bijou unique, lequel je n'osais même pas espérer.
Le jour où enfin, j'ai réalisé l'ampleur de mon affection, nous étions sur le mont Oak. Mr Martin venait de vous faire une demande en mariage, hors du commun. Alors que le soleil éclairait votre visage et le vent soufflait une mèche de cheveux qui était tombée sur votre épaule, (je m'en souviens clairement) j'ai su que je ne pouvais autoriser que vous épousiez Mr Martin. C'est à cet instant que j'ai compris que je ne serais pas heureux sans vous.
Ici, je vous conjure de me croire et surtout, de ne jamais faire de promesse à un homme mourant. S'il n'avait été de mon estime pour mon père défunt, je vous aurais épousé le jour même.
Je passerai toutes les méprises qui ont suivi cet évènement, et je conclurai que mes sentiments pour vous n'ont jamais cessé de s'accroître depuis ce jour.
Je ne peux m'empêcher d'espérer que vous me croyiez désormais et vous dire que vous me manquez.
Je vous reverrai bientôt, et comme je vous connais, honnête et franche, je saurai si vos sentiments se sont clarifiés. J'espère que vous m'avez lu entièrement,
Tout à vous,
FittzWilliam Darcy »
OoOoO
Georgiana faisait les cents pas dans le salon, son anxiété était à son comble. C'était la veille du mariage, les jeux étaient faits, il n'y avait plus rien à changer.
-Georgiana, qu'est-ce qui t'inquiète autant ? Fit Darcy placidement
-Oh, William…il y aura tellement de gens…J'aimerais que tout soit parfait…
-Je te croyais guérie de ta timidité….
-Eh bien…oui…je crois…je ne sais plus… fit-elle en marchant plus nerveusement
Darcy pouffa devant la mine anxieuse de sa sœur.
-Si Élizabeth avait été ici…elle m'aurait encouragée…elle m'aurait aidée…continua-t-elle regrettant aussitôt ses mots.
Devant la mine soudainement nostalgique de son frère, elle s'excusa
-Pardonne-moi…As-tu des nouvelles d'elle ?
-Non, fit-il sans plus de joie
-Il faudra, mon frère, que tu lui parles franchement. Que tu lui dises tes sentiments…
Darcy referma son journal rapidement
-Je lui ai écrit une lettre, lança-t-il dans un seul souffle comme pour se décharger d'un secret
Georgiana figea à l'instant et diminua le ton de sa voix
-Tu lui as écris ? fit-elle en chuchotant
Il acquiesça
-Mais comment ? C'est très imprudent…Son père sera certainement en colère…
-Je lui ai envoyé une lettre par l'entremise de Bingley.
Georgiana posa la main sur sa bouche
-Que lui as-tu écris ?
-La vérité.
La jeune sœur fronça les sourcils d'incompréhension
-Si elle ne comprend pas la profondeur de mon affection, après cette lettre… c'est peine perdue.
-T'a-t-elle répondu ? fit Georgiana les yeux grands ouverts
Il secoua la tête en fermant les paupières.
-Et…elle ne viendra pas séjourner ici…précisa Georgiana en mordant sa lèvre inférieure.
Darcy gesticula pour confirmer sa déclaration.
Georgiana s'empressa de s'assoir près de son frère, en lui saisissant la main
-Elle comprendra…je suis certaine qu'elle comprendra.
-Ma chère petite sœur, à la lumière de ma propre expérience, laisse-moi te donner un seul conseil. Ne t'inquiète pas pour le temps qu'il fera le jour de ton mariage, la couleur des fleurs et…les invités…Puisque tu épouses celui que tu aimes…et qui t'aime en retour… le reste importe peu. Tu es bénie, Georgiana.
OoOoO
Quand le matin du grand jour arriva, Darcy aurait tant aimé feindre la maladie. Assis dans le fauteuil de sa chambre, prêt depuis plusieurs minutes, il fixait la fenêtre. Il était perdu dans ses pensées, anxieux et absorbé par le programme de cette journée.
Georgiana avait invité trop de personnalités, trop de gens influents. Il lui faudrait discuter avec chacun d'eux, les entretenir et paraître joyeux.
Comment être parfaitement heureux quand tant de chose tournent en son esprit? Son père et sa mère lui manquaient… Il savait comment ils auraient été fiers de Georgiana. Heureux de vivre ce grand évènement.
Se barricader dans son bureau avait été salvateur depuis son retour du Hertfordshire. Mais un si grand mariage était synonyme d'invités à Pemberly, il devait donc refouler sa peine et ses questionnements, être hospitalier et s'assurer du ravissement de ses invités.
Il y avait déjà quelques conviés à Pemberly. Des cousins venus de loin, ses tantes. Il avait appris, avec beaucoup de douleur que Charles, Jane et surtout Élizabeth avaient préférés séjourner ailleurs.
Il aurait tant voulu la voir marcher dans les couloirs de Pemberly. Il voulait la regarder s'assoir autour de la table pour le petit-déjeuner. Il regrettait ne pas l'avoir plus admiré alors qu'elle choisissait ses fruits et qu'elle tartinait ses pains. Voir ses petits yeux plissés par une mauvaise nuit, ses cheveux détachés… Il aurait aimé jouer à deviner sa tenue de la journée ou son humeur du moment.
Il se souvint du bal où lui et le colonel avait parié sur Miss Élizabeth. Ils étaient alors amis et elle l'avait observé.
Lui, parmi la foule.
Un coup d'œil timide, mais amical. Il donnerait certainement tout ce qu'il avait pour un seul regard tendre.
Il se secoua la tête vivement. Il ne voulait pas s'abandonner à tant d'espérance pour être par la suite déçu.
Il n'avait aucune nouvelle d'elle. Avait-elle reçu sa lettre ? L'avait-il offusqué ? L'avait-elle lu ?
S'il pouvait connaître l'état d'esprit d'Élizabeth. Prévoir leurs retrouvailles…Pourrait-elle être heureuse de le revoir ? Le fuirait-elle ? Que lui réserve-t-elle ? Cette demoiselle l'avait surpris plus d'une fois.
On frappa à la porte de sa chambre.
-Mr Darcy, c'est le moment, fit la voix. La voiture est avancée.
-Comment est ma sœur ?
-Miss Darcy est prête. Elle est splendide, monsieur. Déclara la domestique en retenant son émotion.
-Elle l'est toujours, chuchota Darcy sourire aux lèvres
