Pendant ce temps-là, les drones avaient traîné Braise dans les appartements royaux et l'y avaient poussé sans ménagement, le jetant brutalement sur le sol.
Et la Reine, qui avait commandé d'une main la fermeture de sa porte, fixait maintenant Braise sévèrement, les bras croisés sous la poitrine.
« Nous sommes seuls maintenant, alors parlez. Qu'est ce qui vous a pris ? »
Braise s'était vivement relevé. C'est le moment de voir si ma théorie sur les femelles fonctionne aussi dans ce sens-là pensa-t-il en un instant, et il s'avança résolument vers la Reine, s'arrêtant à quelques pas d'elle, les poings sur les hanches.
« Il ne fallait pas m'allumer ! Si vous croyez que je n'ai pas compris votre jeu, avec votre manière de vous tortiller devant moi, moulée dans cette robe rouge qui souligne vos formes avec autant d'indécence ! Vous l'avez fait exprès, vous m'avez provoqué ! »
La Reine resta interloquée durant quelques secondes. Jamais on n'avait osé lui tenir de tels propos, et durant un instant elle ignora si elle devait s'en offusquer ou bien en rire.
« Oh ! » Ayant avisé une carafe de vin ambré et un verre sur une petite table ronde, Braise s'était précipité et avait rempli le verre qu'il avait goulûment porté à ses lèvres. Il ferma les yeux un instant en faisant claquer sa langue contre son palais : « ah, du vin athosien, quel nectar ! »
« Comment osez-vous ? » demanda la Reine en s'étranglant de fureur.
« Mais, mais, Majesté ! » bredouilla Braise avec toute la mauvaise foi dont il était capable « vous avez tellement de responsabilités, à diriger cette immense ruche, vous devez en plus statuer sur mon sort et celui de mes amis ! En buvant le vin à votre place, je vous permets ainsi de garder l'esprit clair, pour un meilleur jugement ! »
« Votre insolence est inconcevable, et en plus, vous êtes sale et vous puez l'alcool ! »
Blaise plissa les yeux, passa rapidement la langue sur ses lèvres, et ôta rapidement son gilet de cuir sans manche, qu'il laissa négligemment tomber sur le sol, tout en gardant les yeux plongés dans ceux de la Reine.
« Mais que… Que faites-vous donc ? »
Braise ne répondit pas, mais ôta sa chemise, faisant apparaître des tatouages noirs et complexes sur ses clavicules et son torse. Ses bottes, puis son pantalon prirent tout aussi rapidement le même chemin.
"Allez, rincez-vous l'œil, Majesté ! Aujourd'hui c'est cadeau ! "
Il hésita une poignée de secondes, puis ôta son boxer, et vint se planter devant la Reine en souriant vicieusement. « Donnez-moi donc un bain, puisque mon odeur vous offusque. »
La Reine le fixait, incrédule, puis finit par éclater de rire. Jamais elle n'avait été traitée ainsi. Habituée aux égards et à la servilité permanente de tous ces mâles qui peuplaient sa ruche, elle trouvait Braise certes insolent mais aussi extrêmement rafraichissant.
Et en plus, il était vraiment séduisant, et puis après tout, l'attitude décontractée qu'il manifestait lui permettrait peut-être de lâcher prise, pour une fois. Comme il lui tendait la main avec simplicité, elle s'en saisit, toujours riant, et l'entraîna vers sa salle de bains.
« Et il faudra bien frotter partout, hein, n'est-ce pas, petite coquine ? »
La Reine riait toujours en commandant le remplissage presque immédiat de la baignoire, et Braise la saisit par la taille, la faisant sauter avec lui dans la mousse parfumée.
L''eau faisait coller les vêtements au corps de la Reine, et Braise entreprit de les lui ôter doucement. « Elle n'a pas les douces rondeurs de Flora, ni le beau visage de Teyla, elle est dangereuse et peut me faire tuer à chaque instant, mais c'est ma seule chance pour tous nous sauver. »
Quand elle fut entièrement nue, il attrapa une éponge naturelle et la lui fourra d'autorité dans la main. "Allez ma beauté, au travail ! »
La Reine s'affaira alors durant un bon moment, et lorsqu'il estima être suffisamment récuré, Braise fit glisser sa main gauche sur la hanche de la Reine, tandis qu'il lui emprisonnait le poignet de sa main droite, et portait la main de la Reine à sa bouche en la couvrant de petits baisers, avant de brusquement glisser la langue dans sa fente nourricière.
La Reine suffoqua tandis qu'il titillait les minuscules crochets, tout en explorant de l'autre main ses reins et les arêtes saillantes de son dos, avant de redescendre lentement vers la fine cuisse frémissante.
Il continua à la torturer délicieusement, et fit glisser sa main gauche entre les cuisses de sa victime, qui se tortillait en poussant de petits gémissements. Il entreprit de la caresser longuement et habilement, en faisant bien attention à ne pas griffer les chairs délicates avec ses longs ongles effilés.
Lorsqu'elle se cabra d'un coup avant de succomber à un violent orgasme qui la laissa toute tremblante et pantelante, Braise sut qu'il avait gagné. Il la prit dans ses bras et sortit de l'eau, puis actionna le mécanisme de souffle chaud, qui les sécha en un instant.
La démarche féline, Braise s'approcha ensuite du lit en conquérant, et déposa gentiment la Reine sur les draps de soie avant de se coucher auprès d'elle.
« Sachez que je m'appelle Braise, Majesté, et tel le feu qui couve toujours sous la cendre, il suffit de souffler sur les braises pour que je reprenne feu rapidement. Montrez-moi donc tout ce que vous avez appris au cours de ces derniers millénaires. »
« Je n'ai que deux mille ans, espèce d'insolent ! » grogna la Reine, qui se rajeunissait ainsi d'au moins trois mille ans. Mais elle se pencha néanmoins et entreprit de savantes et audacieuses caresses sur le corps splendide du jeune wraith, au terme desquelles elle ordonna : « maintenant que vous êtes prêt à m'honorer comme il se doit, ne parlez plus, Braise, et mettez-vous au travail ! »
Le lendemain matin, la Reine s'éveilla et s'étira dans son grand lit moelleux, enveloppée par les bras chauds et musclés de Braise. Elle avait à peine dormi, troublée par ce qui venait de lui arriver : pour la première fois de sa longue vie, elle avait senti son corps s'embraser sous les caresses expertes et la fougue de son jeune amant, et elle s'y était entièrement abandonnée, découvrant avec stupeur ce qu'était le plaisir.
En repensant aux détails de la nuit, elle sentit le feu monter à ses joues, et verdit un peu plus. Comment était-ce possible ? Tous ces Commandants, tous ces officiers qui avaient partagé sa couche au cours des derniers millénaires ne lui avaient jamais fait découvrir toutes ces merveilleuses sensations.
« Bonjour Majesté, avez-vous passé une bonne nuit ? »
« Bien trop courte mon cher, mais ce qui n'était pas pour me déplaire » répondit-elle en ronronnant presque.
« Je crois savoir que certains humains apprécient un petit déjeuner au lit à leur réveil. Est-ce votre cas, allez-vous vous nourrir de moi ce matin, ma douce ? »
« Bien sûr que non » s'écria-t-elle, tout en lui caressant le torse. « Oh ! Braise ! C'est comme si je vous avais attendu toute ma vie » murmura-t-elle, devenue soudain très câline.
« Et qu'en est-il de mes amis ? Leur sort me tient à cœur, sans compter qu'ils sont des gens d'une grande importance, qui pourraient un jour se révéler être de précieux alliés. »
« Eh bien, qu'ils partent donc ! » Mais vous, jamais je ne vous laisserai partir » aboya-t-elle, agacée.
« Bien, alors je resterai donc, pour mon plus grand plaisir, et le vôtre. Quel tempérament ! » Braise enroula une longue mèche châtaine autour de son index. « A quel titre resterai-je dans la ruche, ma douce ? Et si votre Commandant m'attaque, est-ce que j'ai le droit de me défendre ? »
« Vous êtes désormais mon nouvel officier, et le favori en titre ! Et bien sûr que vous pouvez vous défendre, j'attends de mes wraiths toute l'agressivité qui doit les caractériser ! » s'écria-t-elle en feulant presque de rage.
Braise la calma aussitôt en la couvrant de baisers passionnés, et bientôt il sut lui prouver toute sa dévotion en lui arrachant des cris et des gémissements, qui résonnèrent dans le réseau télépathique, provoquant une puissante onde de bien-être qui se répandit dans toute la ruche.
Dans la cellule des prisonniers, Todd, qui s'était arrêté un instant de parler, secoua la tête et rit doucement, sous le regard perplexe de John et de Rodney.
