Titre : Magnétique

Auteur : Moi-même ! Lubilule-Malefoy (:D)

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas et sont la propriété de notre Grande Déesse : J.K. Rowling !

Résumé : UA / Harry, orphelin résidant à l'Institut Poudlard depuis toujours, à cause du sinistre et mystérieux Lord Voldemort, est transféré dans un nouvel orphelinat après la mort du directeur. Il rencontrera de curieux personnages et découvrira un tout autre univers...auquel il ne s'attendait pas. Mais qui est cet homme si beau qui semble être le Maître de cet endroit ? Envoûtant, attractif... Magnétique.

Pairing : Tom Marvolo Riddle x Harry Potter [Peut-être autres couples au fil du temps ]

Rated : M progressif

Note de l'auteure : Voilà mon tout premier UA sur le monde d'Harry Potter ! J'espère que vous l'aimerez !

J'ai commencé à l'écrire après avoir trouvé un très très vieil essai d'environ une demie-page sur mon ordi (qui datait de plus de deux ans, de mémoire). Et voilà ce que ça donne ! J'ai été très inspirée par ce genre d'ambiance, et j'espère que vous le serez autant que moi en lisant cette fiction ! Bonne lecture ^^


REVIEWS : Merci aux auteurs des très nombreuses reviews (20) qui m'ont été laissées sur le chapitre précédent :) !

Merci à Sinwen, stormtrooper2, La-Serpentard, Luma Coquillette, Ilinia, Ellana816, a-World-of-Manea, Parax, DrarryPanda, WickedPan, Paille, mamy 83, ClawofSnake, MeliLaRevoltee, Melehan, Liliume, Guest, Princesslytherin, Lourane et CookiesDuncan74 !


Bonsoir / Bonjour à toutes et à tous :) !

Me revoilà après deux mois d'attente ! Désolée !

Honnêtement, je n'étais pas contente du chapitre précédent et je l'avais posté, un peu blasée. Quelle fut alors ma surprise en voyant tous vos avis plus positifs les uns que les autres wouah ! Merci beaucoup pour ça en tout cas !

Ensuite, oui, j'ai tardé à poster, en je m'en veux un peu, parce que j'avais plus ou moins réussi à tenir le rythme ces derniers temps et... pouf, plus d'inspiration du tout. après la montée en pression entre Harry et Riddle, je me sentais affreusement vide, et je ne savais pas dans quelle direction aller concernant ces deux persos. Je pense avoir pris la bonne décision ici, et j'espère avoir vos avis sur la question ! Il était également temps pour moi d'introduire de nouveaux personnages pour faire avancer l'histoire petit à petit... vous verrez tout ça :)

J'espère que ce chapitre vous plaira, et je suis réellement heureuse de savoir que le précédent vous a autant plu alors que j'avais une mauvaise vibe x)

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !

Lubilule-Malefoy !

# Q&A #

Combien y aura-t-il de chapitres pour cette fic ?

Comme on m'a posée cette question dans les reviews, je me suis dit que la réponse pourrait éventuellement intéresser plusieurs personnes :)

Alors... honnêtement, je ne sais pas. À la base, je voulais faire environ 20-25 chapitres, pas plus... mais je crois que même dans 10 chapitres, je n'aurai pas terminé x) À titre d'exemple pour "Moi et Moi Seul!" je voulais faire 30-35 chapitres... au final, il y en a eu 51 x)

Je m'excuse de ne pas être plus précise, mais ce sera vraiment comme je le sentirai ! Mais j'espère que vous continuerez de me lire jusqu'au bout! ;)


PS : pour les lecteurs de Moi et Moi Seul ! qui traînent dans le coin : merci infiniment pour tous vos messages sur le dernier chapitre de la fic !


21.

Son plus fidèle serviteur

Bang. Bang. Bang.

Harry plissa les yeux, enroulé dans les draps en désordre.

Bang. Bang. Bang.

Il lâcha un juron et, râlant contre son mal de tête naissant, il posa les pieds par terre, s'enroulant dans un de ses draps, pour ne pas exposer sa nudité à la personne qui frappait avec tant d'acharnement à sa porte.

Bang ! Bang ! Bang !

- C'est bon ! J'arrive, j'arrive... dit-il alors, agacé.

Il s'approcha du panneau de bois et tourna la clé dans la serrure. S'il n'avait pas eu le réflexe de bloquer le bas de la porte avec son pied, il se la serait prise en pleine tête. Il jura une nouvelle fois, ne pouvant pas dire que le contact du bois sur ses orteils ait été des plus agréables, et se saisit de la poignée, laissant seulement une quinzaine de centimètres d'espace d'ouverture. Il ne fut même pas surpris de trouver un Draco de mauvaise humeur dans le couloir, qui avait les bras croisés sur sa poitrine et tapait du pied à un rythme rapide.

- Non mais j'y crois pas ! S'exclama le fils du directeur. Tu viens seulement de te réveiller ? Habille-toi ! Dépêche-toi, on t'attend pour le petit-déjeuner en bas !

Harry lui fit un regard plein de haine, et ne put empêcher un rire amer sortir de sa gorge. À ce son, Malefoy haussa un sourcil, surpris, mais pas moins agacé. Pour qui il se prenait ? Harry en avait marre qu'on lui parle de cette manière. Draco n'était pas plus âgé que lui, et il se permettait encore une fois de le prendre de haut.

- Va te faire foutre, cracha Harry.

- Pardon ?!

- Tu crois que je suis ton chien ou quoi ? Lâche-moi, sérieux.

- Tu vas me parler sur un autre ton Potter, sinon...

Harry claqua la porte au nez de Malefoy, dont l'étonnement parvenait presque à masquer sa colère, et verrouilla de nouveau la porte, pour l'empêcher d'entrer. Il l'entendit donner un coup de pied dans le panneau, et puis plus rien. Harry mit alors son visage dans ses mains et poussa un soupir. Il se sentait extrêmement irritable, et en temps normal il se serait senti coupable d'avoir parlé de cette manière à Draco. Mais pas ce matin. Il eut un souffle tremblant lorsque tous les souvenirs de la veille lui revinrent en pleine face, et il sentit son corps réagir très positivement. Il passa ses doigts dans son cou, là où s'étaient posées les lèvres du Maître, et il se souvint de son regard, de son sourire, et de ses mots chuchotés contre sa bouche. Son torse s'abaissa et se releva plus rapidement, et il sentit ses joues rougir. Mais son humeur changea rapidement. Sa mâchoire se contracta et il tapa du poing contre le panneau de sa porte.

- Mais qu'est-ce qui m'a pris ? Murmura-t-il.

Il revoyait avec une précision affolante son comportement d'hier soir, sa main appuyée contre l'épaule de Mr Riddle, sa jambe posée sur ses cuisses, et ses lèvres qui rendaient chacun des baisers qui lui étaient donnés. Puis, il se souvint à quelle vitesse il avait rejoint sa chambre, se déshabillant avec hâte et se caressant en pensant à l'autre homme. Le poing de Harry rencontra une nouvelle fois le bois de sa porte et il sentit son cœur battre avec davantage de force contre ses côtes. Il avait honte de lui. Il était en colère. Furieux, même. Mais qu'est-ce qui ne tournait pas rond pour qu'il agisse de cette manière ? Il n'avait jamais vraiment eu de relations avec qui que ce soit, n'avait embrassé qu'une ou deux filles à Poudlard, sans que ça ne mène à rien, et là, il se laissait totalement faire lorsqu'un homme d'au moins dix ans de plus que lui, qu'il ne connaissait pas vraiment, et qui avait une réputation étrange, lui faisait du rentre dedans ouvertement. Il serra davantage les mâchoires, au point qu'il se fasse mal et se détacha de la porte.

Il n'avait pas envie de voir les autres. Il savait qu'ils lui poseraient plein de question, et il n'était ni prêt à les entendre, ni à y répondre. Il ne savait vraiment pas comme agir. Draco, Pansy et les autres, les jumeaux,... peut-être même Lupin s'il avait entendu des bruits de couloirs... il ne voulait pas subir leurs regards. Il ne pouvait évidemment pas leur dire la vérité ! Oh, comment s'est passée ta soirée Harry ? Très bien, j'ai mangé dans un restaurant hors de prix et je me suis fait peloté sur la banquette arrière d'une voiture de luxe ! Harry soupira une nouvelle fois. Son estomac était serré à l'extrême, ça ne lui ferait pas de mal de louper un repas. Il se débarrassa de ses draps, sentant pointé un mal de tête, et marcha jusqu'à la salle de bain, mettant en route le jet d'eau, montant la température au point le plus élevé possible, se brûlant presque la peau. Il se sentait sale. Il voulait se débarrasser du souvenir de son contact, frottant son cou avec une insistance particulière. La voix du Maître résonna une nouvelle fois dans sa tête, comme un écho. « Tu me plais énormément, Harry. ». Il ferma les yeux, augmentant davantage la température. Contrairement à la veille, cette phrase lui faisait à présent froid dans le dos. S'il croyait tout ce qu'il lui avait dit, c'était lui qui avait choisi de le faire transférer dans son établissement. Puis il lui faisait du rentre-dedans. Et enfin, il... il... l'invitait à sortir ? Qu'est-ce qu'il essayait de faire ? Harry ne pouvait pas croire qu'il ne pouvait s'agir que de simples rendez-vous... Tout ça avait une ampleur plus grande encore. Il ne pouvait pas en être autrement. Non ? C'était définitivement trop bizarre.

Harry éteignit le jet d'eau, n'ayant pas du tout réussi à se débarrasser de son malaise, et s'enroula dans la plus grande serviette qu'il avait pu trouver dans le petit placard de sa salle de bain. L'estomac serré, il s'assit sur son lit défait, ses cheveux encore mouillés, gouttant sur les draps. Il avait presque envie de vomir. Autant à cause de toute la situation en général... et à cause de son propre comportement. Il s'était laissé faire. Et il avait aimé l'attention qu'il lui avait porté. Le contact avec son corps, et avec ses lèvres. Si McGonagall le voyait à cet instant, il ne doutait pas qu'elle aurait extrêmement honte de lui. Ce n'était pas comme ça qu'ils l'avaient éduqué à Poudlard. Et il n'avait jamais eu ce genre de comportement avec qui que ce soit auparavant. C'est comme s'il ne se reconnaissait plus vraiment. Il se plia en deux et posa son front sur ses genoux, expirant un soupir tremblant. Qu'est-ce qui était en train de se passer ?

Pire encore, maintenant que sa colère était un peu retombée, il se rendait à quel point il avait été violent envers Draco. « Félicitations, Harry. Un mois et demi que tu es ici, et tu te mets l'un de tes seuls amis à dos ». Oui, Draco était pompeux, arrogant et croyait avoir raison sur tout. Oui, il était désagréable et capricieux. Mais il avait avant tout été là pour Harry dès son arrivée, alors que rien ne l'y obligeait. Harry se mordit la lèvre, le remord le prenant à la gorge. Même si Draco allait sûrement l'envoyer balader, ou allait se moquer de lui pendant des semaines, il faudrait qu'il aille s'excuser. Draco était comme ça, il n'allait pas le changer. Et lui n'avait pas le droit de se comporter aussi mal avec lui, sous prétexte que lui, avait un caractère... fort et changeant.

Il se laissa tomber de côté sur le matelas, roulé en boule dans sa serviette de bain à moitié défaite. L'anxiété était si forte qu'il sentait son cœur battre plus fort que d'habitude contre ses côtes. Trop de choses s'étaient passées en si peu de temps. En quatre mois, Dumbledore était mort, Snape avait été nommé directeur à sa place, une bonne partie des élèves de Poudlard avaient été dispatchés à droite, et à gauche, lui, s'était retrouvé seul dans un endroit qui n'avait rien à voir avec le lieu où il avait grandit... et maintenant le Maître cherchait, pour il ne savait quelle raison, à se rapprocher de lui. Il poussa un gémissement plaintif, la tête enfouie dans l'oreiller, et il ferma les yeux. Sa respiration se calma, et il se sentit un peu mieux, malgré le fait qu'il commençait à avoir un peu froid.

Bang. Bang. Bang.

Il fronça les sourcils. Est-ce qu'il avait entendu un bruit ?

Bang. Bang. Bang.

Quelqu'un frappait encore à sa porte. Il ouvrit doucement les yeux et trouva ses lunettes, qu'il mit sur le bout de son nez. La lumière était bien plus aveuglante que tout à l'heure. Il était parvenu à se rendormir sans s'en rendre compte. Il se redressa lentement en position assise et éternua. S'endormir à moitié nu, les cheveux mouillés, n'avait sans doute pas été une bonne idée. Il attrapa des sous-vêtements dans son armoire et un pantalon, et ouvrit la porte alors que la personne frappait pour la troisième fois. Cette fois-ci, il s'agissait de Blaise, se tenant droit, haussant un sourcil devant l'image que Harry devait renvoyé à cet instant. Il resta silencieux un moment, ne sachant pas réellement ce qu'il devait dire à Blaise, attendant anxieusement qu'il aborde le sujet de la soirée de la veille.

- Draco nous a dit que tu n'avais pas été de très bonne humeur ce matin, dit simplement Blaise.

- Ah oui, il a dit ça ? Ne put s'empêcher de répondre Harry.

À son étonnement, Blaise lui fit un sourire en coin.

- C'est ce que j'ai cru comprendre entre les insultes.

Harry poussa un soupir et se frotta l'arrière de la tête avec embarras. Il était toujours d'une humeur étrange, mais parvenait à être désolé pour Blaise et les autres, qui avaient du subir le comportement de Draco par sa faute.

- Est-ce que tu veux descendre avec nous cette fois-ci ? Demanda-t-il ensuite.

Harry réfléchit un moment. Il n'avait toujours pas envie de rester avec eux et de subir les questions qu'ils allaient bien pouvoir lui poser mais... il devait avouer qu'il commençait à avoir sérieusement faim, et puis, il se connaissait ce n'était jamais bon pour lui et pour son moral de se retrouver seul à mariner dans son jus pendant une trop longue période. Il serra les lèvres quelques secondes supplémentaires avant de hocher positivement la tête. Blaise hocha la tête à son tour.

- Je t'attends devant. Enfile quelque chose.

Blaise pointa nonchalamment son torse et Harry se souvint de sa semi-nudité. Il referma la porte et se dépêcha de trouver un T-shirt gris, un peu trop grand pour lui, qu'il enfila à la va-vite. Il rejoignit Blaise dans le couloir et verrouilla la porte derrière lui. Il parvenait à sentir le regard de Blaise sur lui, mais ne tourna volontairement pas la tête, et le trajet jusqu'au Hall lui parut beaucoup plus long qu'à l'accoutumée. Il plissa des yeux lorsqu'ils arrivèrent aux escaliers, ayant momentanément oublié que le couloir où se trouvaient leurs chambres était bien plus sombre que le reste de l'Orphelinat, pour une certaine raison. Le fils Zabini et lui descendirent en silence jusqu'au rez-de-chaussée, et Harry, trop perdu dans ses pensées, trébucha sur la dernière marche, tombant lentement dans le vide. Il ferma les yeux par réflexe, mais sentit un bras le rattraper de justesse. Il attrapa à l'aveugle les épaules de la personne qui l'avait sauvé de l'impact et posa ses pieds sur la moquette du Hall avant de se redresser et de rouvrir les yeux.

- Ça va, Harry ?

Le soulagement le rempli lorsqu'il reconnut la voix de l'un des frères Weasley. Pendant un court moment, il avait cru que ces bras avaient été ceux de quelqu'un d'autre. Il se força alors à sourire à Fred, qui le maintenait toujours par l'épaule.

- Oui, oui.. merci Fred ! J'avais la tête ailleurs...

- C'est ce qu'on a pu voir, sourit Fred. Heureusement que George regardait par là, sinon je n'aurais pas pu te rattraper. Pas vrai, George ?

Harry vit le deuxième Weasley se rapprocher à son tour.

- Salut Harry ! Dit George. Rien de cassé ?

Harry secoua négativement la tête, et fut un peu soulagé lorsque les jumeaux firent un très léger signe de tête à Blaise en signe de salutation. Puis le soulagement fut balayé par le souvenir de la petite session torride que le fils Zabini avait eue avec l'un des deux Weasley. Harry regarda leur expression avec attention, mais rien ne pu l'aider à savoir duquel il avait s'agit.

- On t'a pas vu au petit-déjeuner ce matin ! Dit Fred.

- Ouais, on commençait à se dire que tu avais dû te faire manger par le grand méchant loup, continua George avec un sourire en coin.

« Ils savent », lui dit une petite voix dans sa tête, et il faillit s'étouffer en cherchant une excuse à donner aux rouquins.

- Je... j'étais... tard... et... pas faim...

- Potter !

Harry retint son souffle. Il était sûr qu'en temps normal, il aurait été ravi que le caractère bien trempé de Draco le sauve de ce genre de situation embarrassante, mais à cause de ce qui s'était passé le matin même... à bien y réfléchir il préférait encore retourner dans sa chambre et s'y cacher pendant toute la semaine. La mâchoire crispée, il se retourna lentement vers la porte du réfectoire, d'où Draco venait de sortir, les traits déformés par la rage. Jamais Harry ne l'avait vu autant en colère. Et pourtant, il avait eu droit à son lot de crise de nerfs depuis son arrivée. Le jeune homme blond s'avança d'un pas rageur vers lui, ses yeux gris plus clairs que jamais. Il s'arrêta juste en face de Harry, le doigt tendu à quelques centimètres de son nez.

- Écoute-moi bien le balafré, si jamais tu me reparles encore ne serait-ce qu'une fois sur ce ton...

- Et toi espèce de fouine, ne t'avise pas de traité Harry de balafré, coupa George.

- Comment tu m'as appelé ?!

Draco avait détourné son attention de Harry pour la reporter sur les jumeaux, qui s'étaient à leur tour dangereusement rapprochés.

- Ton père ne t'a jamais dit qu'il fallait bien se comporter avec les gens...

- Si on veut être respecté à son tour ? Finit Fred. Oh, mais non, attends voir...

- C'est vrai que c'est de Lucius Malefoy dont il est question.

Harry s'était trompé. C'était à cet instant précis que Draco était le plus en colère. Jamais il n'aurait pu penser que les joues pâles du jeune homme aient pu prendre une teinte aussi rouge.

- Si j'étais à ta place, je n'insulterais pas mon père sous ce toit.

Draco était furieux, parlant doucement entre ses dents serrées. Harry ne savait exactement ce qui perçait le plus dans son ton. La colère, la rage, ou l'appréhension.

- Sinon quoi ?

Fred s'était rapproché de deux pas supplémentaires, dominant Draco de quelques centimètres. Les poings de Malefoy étaient serrés contre ses flancs, ses bras tremblant légèrement. Harry avait sentit Blaise s'avancer à son tour, mais dans une attitude prudente, et non agressive. George, lui, ne leur prêtait pas attention, son regard fixé sur son frère, se tenant prêt à intervenir s'il le fallait.

- Sinon tu pourrais le regretter amèrement, murmura Draco.

- Oh? J'aimerais bien voir ça, dit Fred.

- Si tu insistes, mon père en entendra parler.

Harry regardait sans pouvoir faire grand chose le regard de Fred se durcir de plus en plus, un tic nerveux faisant bouger le coin de sa bouche. La tension ne baissait pas, et ni Fred, ni Draco, ne semblait prêt à rompre le contact visuel. Un peu paniqué, Harry se racla la gorge et s'avança légèrement, souhaitant tenter quelque chose pour arranger la situation, mais à peine avait-il fait un pas, que Draco lui parla, sans le regarder.

- Je m'occuperai de toi quand j'en aurais fini avec lui, Potter. Mêle-toi de ce qui te regarde.

Cette fois, Harry sentit l'agacement poindre dans sa poitrine. « Ne pose pas de questions ». « Mêle-toi de ce qui te regarde ». Encore et toujours le même genre de chose que Draco pouvait lui dire, peu importe la situation semblait-il. Harry soupira fortement par le nez et s'apprêta à répondre lorsqu'une voix provenant de derrière eux l'en empêcha.

- Il y a un problème les garçons ?

Harry se retourna avec soulagement en reconnaissant la voix douce du professeur Lupin. Il portait un costume gris en meilleur état que les vêtements qu'il avait pu porter ces dernières semaines, mais semblait étrangement bien plus fatigué malgré un jour de repos. Fred s'était reculé instantanément, mais Draco n'avait pas bougé, ne lançant même pas un regard à leur professeur de langues.

- Rien de grave, professeur, répondit Fred.

- Oui, rien de grave, professeur, ajouta George. Seulement...

- Une petite divergence d'opinion sur une question de vocabulaire.

- Voilà.

Lupin n'était pas dupe, et les observa pendant de longues secondes, en silence, avant de soupirer.

- Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de prendre de telles mesures pour un simple problème de cette nature, dit-il. J'espère que ça ne se reproduira pas.

Seuls les jumeaux lui répondirent, le regard de Draco toujours fixé sur la silhouette de Fred.

- De plus, vous bloquez le passage. Je crois que certains de vos camarades aimeraient bien pouvoir prendre leur repas sans avoir à se retrouver au milieu d'une querelle en bas des escaliers.

Lupin eut un sourire, que seul Harry lui rendit, essayant au maximum d'alléger l'ambiance, sans succès. En jetant un coup d'œil un peu plus haut, Harry vit qu'il y avait effectivement une demi-douzaine d'étudiants qui leur jetaient des regards mi-inquiets, mi-agacés.

- Viens, Draco. Laisse tomber.

Blaise s'était approché de son meilleur ami et l'avait attrapé par le coude, le tirant très légèrement en arrière. Pendant quelques secondes, Draco ne bougea pas, continuant de regarder Fred de ce même air haineux et plein de rage, puis il eut un ricanement hautain, et se détourna, la main de Blaise toujours sur le bras, et tous deux s'éloignèrent vers le Réfectoire. Fred et George ne détournèrent le regard que lorsqu'ils furent hors de vue. Harry vit la pression de leurs épaules se relâcher d'un seul coup, et ils soupirèrent d'un même mouvement.

- Je ne comprends toujours pas comment tu fais pour le supporter, dit George à l'attention de Harry.

- Moi non plus, répondit Harry sans réfléchir.

Fred ricana à sa réponse, et Harry crut même voir le professeur Lupin avoir un léger sourire.

- Qu'est-ce qui s'est passé, au fait ? Demanda Fred. Pourquoi est-ce qu'il t'a sauté dessus comme ça ?

Avec tout ça, Harry avait presque oublié qu'au départ, c'était contre lui que la colère de Draco était dirigée.

- Oh, euh, c'est à cause de ce matin. Il est venu me chercher pour que je descende avec eux, mais je n'étais pas de très bonne humeur et... tu le connais, il n'a pas une façon de parler très douce et délicate. Alors je l'ai peut-être un peu... vexé, en l'envoyant balader.

- George, dis-moi pourquoi nous ne sommes jamais dans les parages lorsque ce genre de miracle se produit ?

- Je ne sais pas Fred, peut-être avons-nous gaspillé notre dose de chance mensuelle, qui sait ?

Les jumeaux ricanèrent et Harry eut un sourire un peu gêné.

- Bon, il est temps d'aller manger. Tout ça m'a creusé l'appétit. Tu viens George ?

- Ouais ! À plus tard Harry ! Et sympa le costume professeur !

Les jumeaux émirent un petit sifflement admirateur et Fred fit un clin d'œil en direction de Lupin, avant de s'éloigner à leur tour vers le Réfectoire. Harry entendit un rire léger provenant de son professeur, et il se détendit un peu plus, maintenant que la pression était retombée. Il avait toujours ce sentiment d'aise lorsqu'il se retrouvait avec Lupin. Il ne pouvait l'expliquer, mais en tout cas, ça lui faisait du bien. Malgré le fait qu'il soit toujours certain de l'avoir déjà vu quelque part, même si Lupin lui affirmait le contraire.

- Vous vous êtes fait des amis bien particuliers Harry.

Harry le regarda. Lupin avait les yeux fixés sur l'entrée du Réfectoire, un léger sourire sur les lèvres. Finalement, il reporta son attention sur lui.

- Et bien différents les uns des autres. Je dois avouer que ça me rappelle ma jeunesse.

Harry lui sourit.

- Vous aviez aussi un groupe d'amis lorsque vous étiez à Poudlard ?

Soudain, le sourire de Lupin se figea d'une étrange façon, et il y eut un moment de flottement. Puis Lupin cligna des yeux, et son sourire se fit bien moins naturel.

- Oui, oui, effectivement. Mais nous ne sommes plus en contact à présent. Si tu veux bien m'excuser Harry, j'ai un rendez-vous à l'extérieur de l'établissement, et je vais devoir y aller si je ne veux pas être en regard.

- Je vous en prie. Bonne journée, professeur.

- Bonne journée, Harry.

Et il s'éloigna après un dernier sourire, et ferma la porte de l'Orphelinat derrière lui. Harry, lui, resta planté là encore quelques instants. Ce n'était pas la première fois que le professeur Lupin réagissait de cette manière lorsque Harry lui posait des questions. Il soupira. Ce n'était sans doute pas grand-chose. Harry se dirigea à son tour vers le Réfectoire et en passa la porte. Les tables étaient quasiment toutes occupées, et il remarqua Théodore et Pansy assis l'un en face de l'autre, qui parlaient tranquillement, accompagnés par Blaise et Draco. L'estomac de Harry se contracta. Il avait oublié qu'il devait aller s'excuser, et le regard de celui-ci ne l'encourageait pas du tout. Les yeux gris de Draco l'avaient repéré dès qu'il était entré. Harry se dépêcha d'aller chercher de quoi manger et s'installa entre Théodore et Blaise, juste en face de Draco.

- Comment ça va, Harry ?

- Plutôt bien, répondit-il. Et toi, Théodore ?

Théodore se contenta de hocher la tête et continua de le regarder avec attention par-dessus son verre d'eau. Blaise était étrangement silencieux, et Pansy semblait agacée. Comment bien commencer une journée ordinaire à l'Orphelinat Riddle...

- Alors, Potter, tu n'as rien à me dire ?

Draco avait tenté de garder un ton calme, mais sans grand succès. Il avait toujours l'air autant furieux. Harry respira un grand coup, se préparant à affronter la tempête, et se répétant mentalement qu'il ne devait pas s'énerver encore plus, même si Draco l'agaçait. Il eut un toussotement nerveux avant d'ouvrir la bouche.

- Excuse-moi de t'avoir mal parlé ce matin...

- Et ?

Harry fronça les sourcils, et Draco leva les yeux au ciel.

- Comment ça « et » ? Demanda-t-il.

- Non mais je rêve ! Je t'ai appelé hier soir quand tu es rentré, et tu m'as complètement ignoré ! Je sais que tu m'as vu !

Harry se passa une main sur le visage. Ils s'approchaient dangereusement du sujet qu'il voulait éviter et il ne savait pas exactement comment il parviendrait à s'en sortir.

- Et n'essaye pas de me dire le contraire ! Ajouta Draco.

Harry se contenta de soupirer fortement par le nez.

- Écoute, ce n'est pas contre toi, mais je n'avais pas vraiment envie de parler à qui que ce soit, c'est tout.

- Pourquoi ? Insista Draco. Ce n'est pas comme si tu avais dû passer un moment abominable ! Des personnes tueraient pour avoir été à ta place hier soir !

Harry émit un grognement sans vraiment s'en rendre compte et posa sa fourchette. Il n'avait plus faim finalement. Quelle idée il avait eu de descendre avec eux... Et si seulement Draco savait de quoi il parlait...

- Franchement, il t'a emmené à Beauxbâtons ! Je ne sais pas si tu te rends compte ! Normalement il faut réserver des semaines, voire des mois à l'avance !

Cette fois-ci Harry, se découvrit le visage et regarda Draco avec des yeux ronds.

- Comment est-ce que tu sais ça ?! S'exclama Harry.

Draco ricana, l'air apparemment très fier de lui, et se redressa dans son siège, prenant ce petit air important qu'Harry avait beaucoup de mal à supporter.

- Enfin, Potter, est-ce que je dois te rappeler que mon père est l'un des plus proches collaborateurs du Maître ?

Il laissa un blanc, et rouvrit la bouche, mais Pansy parla à sa place.

- Il l'a épuisé jusqu'à l'os pendant plus d'une heure pour qu'il lui dise où est-ce qu'il t'avait emmené.

- Pansy !

Harry s'autorisa un sourire en imaginant la scène, mais il était tellement anxieux qu'il ne put le maintenir sur son visage plus de quelques secondes.

- J'y suis allée quelques fois avec mes parents. Leur cuisine est vraiment excellente. L'une des meilleures adresses à Londres, continua Pansy. Tu as dû passer une très bonne soirée.

- Je ne vois pas comment il en aurait pu être autrement ! Répondit Draco. Beauxbâtons !

- Pourtant ce n'est pas l'impression que Harry nous a donné en rentrant hier soir... dit doucement Théodore.

Harry lui lança un regard en coin. Il était de nouveau très mal à l'aise. Même Théodore se mettait du côté de Draco cette fois-ci apparemment. Il avait ce sourire étrange, qui flottait délicatement sur ses lèvres, mais son regard était clair, fixé sur le visage de Harry. Blaise continuait de prendre son repas, comme si de rien n'était, mais Harry voyait bien que malgré tout, il restait attentif aux paroles de tous. Pansy, elle, ne faisait même plus semblant de s'intéresser au contenu de son assiette, et regardait Harry en face. Elle et Draco faisaient la paire, assis côte à côte, à le regarder de cet air avide. Pendant un moment, Harry tenta de ne rien répondre du tout. Mais il savait qu'il ne pourrait pas s'en sortir comme ça indéfiniment.

- Tout s'est très bien passé, dit-il un peu sur les nerfs.

- Alors pourquoi tu es énervé ? Insista Draco. Ce n'est pas comme si le Maître t'avait fait vivre un calvaire ! Quand je pense à l'endroit où il t'a amené...

- Oui, ça va, j'ai compris, Beauxbâtons, etcétéra, j'y étais merci.

- Qu'est-ce qui t'agace ? Demanda à son tour Blaise, d'un ton calme.

Encore une fois, Harry mit un peu de temps à répondre, cherchant à formuler sa réponse en donnant le moins de détails possible sur ce qui s'était passé la veille. Il avait encore l'image du Maître pressé tout contre lui sur la banquette arrière gravée sous ses paupières. Il ferma les yeux un instant, et soupira par le nez, essayant de reprendre contenance.

- Ce qui ne va pas, c'est que je ne sais toujours pas ce qu'il me veut, dit-il d'une voix basse.

Il se doutait qu'il devait y avoir des oreilles indiscrètes aux tables alentours, et il ne serait pas étonné si la rumeur qu'il avait passé du temps privilégié s'était ébruité. Mais certains détails, aussi minimes soient-ils, ne devaient pas être entendus par les mauvaises personnes.

- Il ne t'a rien dit de spécial ? Quelque chose qui était censé t'aiguiller, disons, dans la bonne direction ?

Harry baissa les yeux sous la question de Blaise et déglutit. « Tu me plais énormément, Harry. ». Un frisson désagréable lui parcourut la colonne vertébrale.

- Non, je ne crois pas.

Les autres ne dirent rien, mais il entendit disctinctement le rire de Théodore sur sa droite, et il tourna la tête vers lui. Il vit son sourire et alors que les autres étaient distraits par l'arrivée de Anthony Golstein près de leur table, il s'avança tout près de l'oreille de Harry.

- Tu mens. Mais ne c'est pas grave, je ne suis pas fâché.

Harry resta interdit pendant, à son, avis, au moins trois ou quatre bonnes minutes. Théodore avait déjà détourné son attention de lui, et regardait attentivement, et assez gravement, les nouveaux arrivants. Harry, lui, mit plus de temps à se détacher de ce sentiment beaucoup trop prenant de malaise. Il n'avait qu'une seule envie, se lever, et s'éloigner aussi loin possible du fils Nott. Il avait déjà ressenti un sentiment de malaise plus ou moins prononcé lorsqu'il était avec lui, mais rien n'était comparable à ce qu'il ressentait à l'instant. La gorge serrée, il tourna à son tour la tête vers les trois garçons qui se tenaient juste à côté d'eux, les plus proches étant Pansy et Blaise. Sa mauvaise humeur, qui avait été masquée momentanément par le malaise produit par Théodore, revint à la charge en voyant le petit sourire suffisant de Goldstein. Il était accompagné de Zacharias Smith, et du garçon que Melinda Bobbin avait appelé « Michael ».

- Apparemment le fils Malefoy ne sait pas se tenir tranquille, même avec ses propres amis, dit Goldstein.

- Je vois que notre petite conversation d'hier soir ne t'a pas servi de leçon, répondit calmement Draco.

Harry fronça les sourcils mais ne dit rien. D'après ce qu'il comprenait, il s'était passé certaines choses ici alors qu'il était sorti.

- Ferme-la Malefoy, s'emporta Smith. Tout le monde sait que ce n'était que des menaces en l'air !

- Oh, vraiment ?

La remarque venait de Blaise et Harry ne lui avait jamais entendu ce ton important, qui ressemblait à s'y méprendre à celui de Draco. En le regardant plus attentivement, il vit à quel point il semblait agacé. Lui qui était d'habitude si calme... c'était étrange de voir ce genre d'émotion sur ses traits. Même Zacharias fut un peu pris au dépourvu et ne parvint pas à formuler de réponse.

- Et de quoi est-ce que tu parles Goldstein ? ajouta-t-il.

- Fred et George nous ont dit que Malefoy lui avait mal parlé.

C'était le garçon qui s'appelait Michael qui avait répondu, et qui avait fait un signe de tête en direction de Harry. Il était plutôt grand et avait les cheveux noirs. Harry ne se souvenait pas de l'avoir beaucoup croisé, même s'il était vrai qu'il l'avait déjà vu en compagnie des jumeaux maintenant qu'il y réfléchissait un peu.

- Tout ça après qu'il ait pris votre défense avec tant de véhémence l'autre jour, sourit Goldstein. Ce n'est pas très sympa de ta part Draco.

- Tiens, tu as appris un nouveau mot ? Se moqua Draco.

Harry trouvait que c'était un commentaire plutôt banal venant de quelqu'un avec le caractère de Draco, et il fut donc un peu surpris de voir à quel point il avait contrarié Anthony. Celui-ci avait contracté sa mâchoire et serrer les poings.

- Fais attention à ce que tu dis Malefoy, grogna-t-il.

- Pourquoi ? Tu as peur qu'il m'arrive quelque chose ? Comme c'est aimable.

- Et tu es celui qui devrait faire attention, coupa Pansy. Tu as la mémoire courte on dirait, pour oublier ce que t'a dit Mr Malefoy l'autre jour.

- Mêle-toi de ce qui te regarde, Parkinson, dit Michael.

- Tu devrais en faire autant, Corner, répondit Blaise. Depuis quand est-ce que tu traînes avec Smith ? Je ne me souviens pas que vous ayez été si inséparables ces derniers temps. Pourquoi est-ce que tu prendrais le risque de te retrouver dans le même sac que ces deux-là ? Tu n'es pas le plus stupide. Tu sais très bien que t'en prendre à l'un d'entre nous, de quelque manière que ce soit, te retombera dessus.

- Tu parles trop Zabini ! Répondit Zacharias. Ne l'écoute pas, Michael, c'est du bluff.

Michael hocha la tête, mais ses yeux étaient fixés sur le sol, les sourcils froncés. C'était la première fois que Harry voyait Draco et les autres être confrontés à d'autres résidents de cette manière, et pas pour de mauvaises raisons comme avec les Weasley. Et, il ne le leur dirait sans doute jamais, mais il devait avouer qu'il était impressionné. Aucun d'eux ne se laissait faire, et répondait avec une facilité déconcertante.

- De toute façon, finit par dire Goldstein, que ton père soit le directeur ne t'aidera pas indéfiniment. Il ne peut pas avoir les yeux sur toi, ou sur nous, tout le temps.

Il avait prononcé ses derniers mots en chuchotant et s'était rapproché dangereusement de Pansy. Il lui jeta un coup d'œil et lui fit un sourire que Harry aurait qualifié de dégoûtant, et la grimace que fit la jeune femme par la suite lui apporta la confirmation qu'elle pensait la même chose que lui. Draco serra le poing sur la table et Blaise recula légèrement sa chaise, apparemment prêt à se lever si besoin pour intervenir. Ce mouvement fit tiquer Zacharias, qui lui jeta un regard haineux.

- Sache que je n'ai pas besoin de la protection de mon père concernant les affaires qui me concernent, répondit le plus calmement possible Draco. Mais crois-moi lorsque je te dis que quoi qu'il se passe entre ces murs, il en entendra parler d'une manière ou d'une autre.

La réponse de Draco fit sourire Zacharias et Golstein ricana, mais Harry remarqua que le visage de Michael Corner était devenu encore plus pâle qu'avant. Visiblement, les deux premiers ne le croyaient pas, mais le troisième, oui, qui devait être encore affecté par les mots de Blaise.

- C'est ce qu'on verra. Allez, venez.

Goldstein partit du Réfectoire, sans oublié de lancer un regard plein de rage à Théodore, qui jusque là avait été laissé tranquille, et les autres le suivirent. Il y eut un silence, assez long, et en regardant autour de lui, Harry remarqua que de nombreux regards étaient encore fixés sur eux. Pansy avait toujours cet air dégoûté, et Draco était toujours en colère, mais Harry posa sa main près du plateau de ce dernier, afin de se manifester. Draco le regarda alors, et Harry eut la sensation qu'il avait oublié leur querelle de ce matin – du moins pour le moment – et il en profita.

- Sortons d'ici, dit-il doucement.

Draco hocha la tête, et ils rassemblèrent leurs plateaux avant de s'installer dans la Salle Commune, après s'être assurés que Goldstein et les autres n'y étaient pas. Ils se placèrent au fond de la salle, sur de gros coussins, là où les autres ne pourraient pas les entendre. Pas qu'ils aient envie de se tenir trop près d'eux de toute façon.

- Non mais quel crétin, dit Pansy en croisant les bras sous sa poitrine. Et vous avez vu le regard qu'il a fait à Théodore avant de partir ? J'ai cru que j'allais le frapper !

- Est-ce qu'il est venu vous provoquer hier ? Demanda Harry. Je n'ai pas tout compris...

- Ah, c'est vrai, tu n'étais pas là, dit Blaise.

- Anthony Goldstein a trouvé ça amusant de venir nous parler devant tout le monde hier soir, en prenant ses grands airs, accompagné des deux autres, répondit Théodore.

Il avait toujours le regard fixé sur le sol, et le froncement des sourcils n'avait pas l'air de s'adoucir.

- Qu'est-ce qu'il a dit ? Demanda Harry.

- D'abord, je crois que tu es celui qui lui fait le plus peur, Harry, dit Pansy.

- Pardon ?!

- Il ne te connaît pas bien. Il ne sait pas comment tu pourrais réagir en cas... d'agression sérieuse. Il se souvient de ta réaction lorsqu'il s'était permis de critiquer Théodore. Hier, sa première tentative de provocation était de noter ton absence. Il s'est senti plus à l'aise, continua Blaise.

- Ensuite, il a voulu nous provoquer Pansy et moi, en faisant des allusions au temps où nous sortions ensemble, dit Draco.

- Apparemment Daphné a beaucoup apprécié le geste, dit Pansy d'un air dégoûté. Bref, il a fini par attaquer Théodore, alors que tout le monde écoutait, bien entendu. Il a commencé par l'article du journal, puis s'est lancé sur les liens de Mr Nott avec McNair, et...

- Et sur mon comportement distant, répondit doucement Théodore. Que si j'agissais comme ça, c'était forcément parce que mon père m'avait éduqué d'une manière si horrible que je n'arrive pas à me sociabiliser, et que je finirais sans doute par devenir un être abject, une meurtrier, comme lui.

Harry ne sut quoi répondre. Le malaise qu'avait provoqué Théodore s'était évaporé, et la compassion, et l'envie de le protéger avaient repris le dessus. Comment osait-il parler à Théodore de cette manière ? Il serra les poings sur ses cuisses.

- Tu te doutes sûrement que nous n'en sommes pas restés là, répondit Draco.

Harry hocha la tête, appréhendant la suite.

- Je voulais lui casser la mâchoire, mais Théodore m'a retenu, reprit-il. À la place, je suis parti rendre une petite visite à mon père.

- Ce que tu dois savoir, Harry, dit Blaise, c'est que les parents de Goldstein sont associés au Maître depuis maintenant... disons cinq ans. Son père travaille dans le service du secrétaire d'état Shacklebot, et sa mère est secrétaire sous les ordres d'une femme qui s'appelle Mafalda Hopkrik.

Harry hocha la tête, se souvenant soudainement de la réaction du Maître lorsqu'il lui avait brièvement parlé de l'incendie de la demeure de Kingsley Shacklebot. De ce qu'il avait pu en conclure, les deux hommes n'avaient pas l'air de s'entendre.

- Jusque là, rien de bizarre, il est normal que le Maître soit entouré au Ministère, dit Draco. Mais, j'avais entendu des rumeurs concernant ses parents, et plus particulièrement sa mère.

- Ton père a parlé de « la situation douteuse » de sa mère au Réfectoire l'autre jour, je me souviens, dit Harry.

Draco hocha doucement la tête avant de poursuivre.

- Justement, je suis allé le voir pour parler de ça. Et j'ai, disons, appris pas mal de choses, dit-il en souriant.

- C'est à ce moment-là qu'il a demandé où le Maître et toi étiez partis, chuchota Blaise à Harry.

Harry eut un sourire alors que Draco fusillait Blaise du regard, et que Pansy ricanait dans son coin.

- Enfin bref, tout ça pour dire que Mrs Goldstein pourrait ne pas être complètement de notre côté et il y a de fortes chances qu'elle communique des informations privées aux mauvaises personnes.

Harry hocha la tête, et il fronça les sourcils. Connaissant le tempérament de Mr Riddle, il n'était pas sûr que le comportement de le mère d'Anthony soit très judicieux. Quelque chose en lui était même persuader que c'était même stupide, voire dangereux.

- Et, il est malheureux que ce genre d'erreurs ne soit pas nouveau au sein du cercle du Maître, dit Draco, toujours en souriant.

Harry réfléchit sans doute un peu trop longtemps puis haussa les sourcils. Il vit le sourire de Théodore, et sut, avant même de le dire à vois haute, que son raisonnement était correct.

- Les parents de Crabbe, Goyle et Bulstrode.

- Exact, dit Draco.

- Anthony n'est pas là depuis assez longtemps pour les avoir connus, et même s'il en a entendu parler par d'autres résidents, il ne prend pas la gravité de la situation à sa juste valeur, dit Blaise.

- Et il y a certains détails sur sa mère qu'il ignore, ajouta Pansy. Mais le Maître et le père de Draco ont des yeux et des oreilles partout au Ministère. Grâce à Mr Malefoy, nous sommes en partie au courant de ce qu'elle fait exactement. Et si ça venait à se savoir...

Tous les quatre se sourirent, sans qu'Harry y comprenne grand chose, mais il ne put réprimer la sensation de froid qui le pris au ventre.

- Nous avons bien sûr informé Goldstein, un peu plus tard dans la soirée, que nous savions certaines choses, et après avoir paniqué pendant approximativement une dizaine de secondes, il s'est persuadé tout seul que nous bluffions. Ce qui n'est pas le cas, dit Draco. D'où son comportement de tout à l'heure.

- Je vois, dit Harry.

Il ne savait pas vraiment quoi ajouter. L'intervention de Anthony avait au moins eu le mérite de détourner l'attention de Draco et des autres de sa sortie avec le Maître, et il n'allait pas s'en plaindre, mais tout ce que cette histoire, avec Goldstein et les autres lui avait appris, c'était que le Maître avait encore plus d'influence que ce qu'il pensait. « Le Maître et le père de Draco ont des yeux et des oreilles partout au Ministère ». Certes, Harry s'en doutait déjà depuis un moment. Surtout depuis qu'ils lui avaient parlé la première fois des parents de Goyle. Mais... Tout ça le mettait de plus en plus mal à l'aise. Même la nature des liens entre McNair et le père de Théodore le travaillait, mais il ne voulait pas mettre Théodore dans une situation délicate en lui posant trop de questions. Et puis... tout ça le confortait dans l'idée qu'il ne pouvait pas avoir de relation trop... poussée, ou étrange avec le Maître. Il ne voulait pas être lié à ce monde bien trop sombre pour lui.

Ils passèrent une grosse partie de l'après-midi ensemble, et la seule pause qu'il y eut fut lorsque Harry raccompagna Théodore à sa chambre lorsqu'il eut un coup de fatigue. Son ami ne manifesta pas de curiosité vis à vis de la soirée de Harry et ne remit pas le sujet sur le tapis – ce qui le soulagea grandement. Ils se retrouvèrent encore tous les cinq pour le repas, sans que le sujet Beauxbâtons ne revienne, et la seule chose notable fut le sourire mesquin de Daphné Greengrass à Pansy, suivit d'un battement de cils à l'attention de Harry, qui recracha la moitié de son eau par le nez. Autant dire que Pansy garda la mâchoire crispée tout le reste du repas. Les jumeaux le saluèrent de nouveau d'un geste de la main, et tout en le leur rendant, Harry surveilla si l'un des deux jetterait un regard en direction de Blaise, en vain. Il ne savait pas pourquoi il était tant obsédé par ce détail, mais une partie de lui voulait absolument savoir avec qui Blaise s'envoyait en l'air – aussi bizarre que cela puisse paraître.

Ils comptaient tous retourner à la Salle Commune après dîner – apparemment, Harry n'avait pas été le seul à finir ses devoirs en avance pour être tranquille – et se dirigèrent tous vers le Hall, discutant du temps changeant de ces derniers jours, et se demandant s'ils pourraient enfin sortir pour faire du sport le mercredi suivant. Ils se rapprochaient de leur but lorsque la porte d'entrée de l'Orphelinat s'ouvrit en grand, laissant passer le professeur Lupin. Son rendez-vous avait dû prendre plus de temps que prévu, parce qu'il avait l'air épuisé. Enfin, encore plus que plus tôt dans la journée. Il ne devait pas se trouver seul car il garda la porte ouverte bien plus longtemps que nécessaire. Harry s'était arrêté par réflexe et attendait que les personnes accompagnant Lupin arrivent.

Le premier était un homme que Harry n'avait jamais vu auparavant. Il avait l'air plutôt jeune, avec des cheveux couleur paille, et paraissait assez maigre. Il lui trouva un air assez vulnérable, et il observait les moindres recoins du Hall avec attention, comme si c'était la première fois qu'il y mettait les pieds. Le deuxième homme à entrer devait faire une bonne tête de moins que Lupin... ou bien était-ce sa posture qui le faisait paraître ainsi. Il avait également l'air craintif, et Harry ne put s'empêcher de le comparer à un rat. Il était bien portant, avec de petits yeux larmoyants et se dépêcha de se tenir près de Lupin, pour laisser la dernière personne entrer à son tour. Le sang de Harry ne fit qu'un tour, et il sentit le regard de Draco sur lui. Un homme grand, aux cheveux et aux yeux noirs, vêtus de vêtements sombres s'avança à son tour, et la porte se referma derrière lui. Son regard se porta presque instantanément sur Harry et il eut un sourire qui découvrit partialement ses dents jaunâtres.

- Mr. Potter, dit-il de sa voix la plus doucereuse.

- Professeur, répondit sèchement Harry.

Il savait que son refus de l'appeler « Directeur » l'énervait, et il s'en était bien souvenu. Mais Snape se contenta de hausser un sourcil, sans faire de commentaire. Sans doute ne voulait-il pas montrer son vrai visage alors qu'il ne se trouvait pas entre les murs de Poudlard. Les petits yeux noirs et mauvais se posèrent sur la silhouette de Harry, le jaugeant silencieusement.

- J'ai entendu dire par mon homologue que vous vous intégriez bien dans votre nouvel établissement. C'est une bonne nouvelle.

Harry ne répondit pas, serrant les poings, le fusillant du regard. Il voyait que Lupin était mal à l'aise à cause de cet échange, mais pour une fois, il pensait à lui-même avant tout. Toute la colère qu'il avait ressentie toutes années contre Snape ne s'était pas volatilisée, elle s'était seulement tassée quelque part, en attendant de se retrouver de nouveau face à cet homme. Snape jeta ensuite un coup d'œil à Draco et à ceux qui l'encadraient.

- Je constate également que vous avez pris de nouvelles habitudes. Quelle bonne chose de changer la nature de vos fréquentations, qui jusque là était déplorable.

- Je ne vous permets pas...

- Vous ne permettez pas ? Mais ce n'est pas à vous de me permettre quoi que ce soit.

Harry n'avait pas pu s'empêcher de faire plusieurs pas en avant face à l'insulte à peine dissimulée contre Neville, Luna et les autres. Snape, lui, jubilait. Son visage ne le montrait pas, mais Harry savait comment lire dans ses yeux, et ce qu'il voyait le mettait hors de lui. Il le provoquait, encore une fois. Comme il l'avait toujours fait. Il sentit une main sur son épaule et tourna un peu trop violemment la tête.

- Bonsoir, Mr Snape, Mr Croupton, Mr Pettigrow, dit Draco en s'avançant légèrement avec un sourire calculé.

- Mr Malefoy, dit celui aux cheveux couleur paille. Cela fait longtemps. C'est un plaisir de vous revoir.

Draco lui sourit, et échangea quelques banalités avec les nouveaux arrivants, mais il n'écouta pas. Harry était encore concentré sur le visage de Snape, qui maintenant semblait observer Draco, puis Blaise avec attention. Il sentit une présence sur sa droite, et vit que Lupin s'était rapproché de lui, son épaule touchant presque la sienne. Harry lui lança un regard qu'il n'espérait pas trop agressif, mais Lupin ne le regardait pas, ses yeux tournés vers l'escalier. Harry fronça les sourcils en remarquant le silence soudain et suivit son exemple. Une pierre lui tomba dans l'estomac et il mit plusieurs secondes à se souvenir de comment respirer. Lucius Malefoy et le Maître descendaient les marches côte à côte, se parlant à voix basse. Il n'avait pas du tout pensé au fait qu'il pourrait recroiser le Maître aussi rapidement, et ne s'était pas du tout préparé mentalement. D'un seul coup, les images de la veille, à l'arrière de la voiture, lui revinrent en pleine face, et il se maudit en sentant la chair de poule se répandre sur ses bras. Il redouta le moment où le Maître remarquerait sa présence, et jeta un coup d'œil autour de lui, cherchan un moyen de se cacher le plus possible, mais il était encadré par Draco et Lupin, et Théodore se tenait juste derrière lui. Il remarqua le regard de Blaise, posé sur lui, surveillant ses réactions. Il se força à se calmer. Il ne voulait toujours pas parler de ce qui s'était passé avec qui que ce soit. Il tenta de se contrôler le plus possible alors que les deux hommes posèrent leurs pieds sur la moquette du rez-de-chaussée.

Harry sentit son cœur battre de plus en plus fort alors que les trois hommes s'inclinèrent légèrement à l'arrivée du Maître. Lupin se contenta d'un signe de tête poli, et Harry ne pu s'empêcher de grimacer lorsque Lucius Malefoy s'avança pour serrer chaleureusement la main de Snape. Son expression ne passa pas inaperçu, et Draco lui écrasa le pied. Le père de Draco salua ensuite rapidement son fils, et sourit légèrement lorsqu'il vit Harry.

- Mr Potter, dit-il. J'imagine que vous êtes content de revoir votre ancien professeur.

- Au moins autant que lui de me revoir moi, monsieur.

Le sourire de Mr Malefoy se figea et Harry jeta un coup d'œil à Snape, qui avait de plus en plus de mal à cacher son agacement. Harry aurait juré avoir entendu Lupin rire, mais il n'osa pas tourner la tête dans sa direction pour vérifier. Il sentait que son comportement mettait les autres mal à l'aise, surtout à cause de la présence du Maître, mais il ne pouvait pas s'en empêcher. C'était plus fort que lui.

- Bien, dit Lucius qui souhaitait de toute évidence changer de sujet. Bartemius, est-ce que les Peverell nous rejoignent ici ?

- Non, ils ont été retardés, répondit l'homme mince. Ils viendront à notre rencontre sur place.

Mr Malefoy hocha la tête, et Harry fut agacé au possible. Alors comme ça, Snape était invité aux petites réunions, en compagnie des Peverell ? Il commença à taper du pied, mais se souvenant de qui d'autre il était entouré, se contrôla le plus vite qu'il put. Mais pas assez vite.

- Dobby a préparé deux voitures à l'extérieur, allez vous installer, je vous en prie.

La voix du Maître avait résonné doucement, mais l'ordre n'était pas passé inaperçu. Lucius ouvrit la marche, et fut suivit directement de Snape, qui lança un dernier regard moqueur à Harry. Le petit homme qui devait être Pettigrow les suivit en baissant la tête, et, après avoir lancé un regard appuyé et avoir sourit à Draco, Bartemius Croupton ferma la marche, refermant la porte derrière lui. Lupin, qui ne semblait pas avoir été invité, s'avança d'un pas et fit un léger signe de tête négatif en direction du Maître. Ce dernier soupira, avant de hocher la tête.

- Nous en reparlerons un peu plus tard, Remus, dit-il.

- Quand vous voudrez, Maître, répondit Lupin. Bonne soirée, on se verra demain, ajouta-t-il à l'intention de Harry et des autres avec un sourire.

- Bonne nuit, professeur, répondirent Harry et Théodore.

Après un dernier sourire et une dernière courbette, Lupin grimpa les marches et disparut dans les étages. À présent, Harry sentait tout le stress de la veille et toute la journée qu'il avait accumulé se répandre dans ses membres de la manière la plus désagréable possible. Certes, les autres étaient toujours là, mais le regard du Maître venait de se poser sur lui, et ne le quittait pas. Et Harry eut peur de la réaction de Draco et des autres. Voyaient-ils eux aussi toutes le choses qui se reflétaient dans ses yeux noirs, de manière si intense ? Où était-il le seul à pouvoir le ressentir ? Il voyait que lui aussi n'avait oublié aucun détail de la veille, que lui aussi se souvenait des caresses et des baisers partagés, et qu'il n'avait pas l'intention de l'oublier. Il décrocha son regard de Harry uniquement pour saluer Pansy, Blaise, Théodore et Draco, qui lui répondirent, mais le son de leur voix était étouffé.

- Draco, j'ai entendu par ton père que vous aviez quelques... problèmes, avec Mr Goldstein ? Dit le Maître. Rien de grave, j'espère.

Draco s'approcha, et s'inclina légèrement, en souriant poliment.

- Rien que nous ne pouvons régler nous-même, Maître. Je vous remercie.

- C'est une bonne nouvelle, répondit-il.

Puis ses yeux se posèrent sur Harry tout en continuant de parler avec Draco.

- Je suis navré de vous avoir privés de la compagnie de Harry hier soir. Je n'avais pas eu de temps libre à mettre à disposition pour apprendre à le connaître jusque là.

Harry n'entendit pas la réponse que lui donna Draco et ne remarqua que le sourire que lui faisait le Maître. Il sentit des papillons voleter dans le creux de son ventre, mais il se força à ne pas réagir. Il avait assez réfléchi à tout ça. Il ne pouvait pas se lancer dans quoi que ce soit qui serait trop risqué pour lui. Il se souvenait de tout ce que tout le monde lui avait dit. Draco, les jumeaux, et même le père de Ron. Le Maître était quelqu'un de trop influent, trop... il ne savait pas quoi dire, quoi penser à propos de cet homme dont il ne connaissait rien. Tout ce qu'il savait, c'était que même s'il disait être attiré par lui – et que cette attirance était réciproque – se frotter à cet homme n'était pas le comportement le plus adéquat, et certainement pas le plus prudent à avoir, alors que tout le monde le craignait autant qu'il le respectait. Il avait connu et côtoyé quelqu'un d'important auparavant ; Albus Dumbledore. Et pourtant, personne n'avait jamais eu cette intonation craintive lorsqu'il était mentionné. Le pouvoir n'était pas synonyme de crainte, ça, Harry en était certain.

Le visage de Harry se ferma, son attitude se fit distante, et son regard resta le plus neutre possible. Le Maître le remarqua, et son sourire se fana. Il continua quelques minutes à discuter avec Draco, de ce qu'Harry pouvait entendre et voir. Pour les autres, il devait avoir l'air parfaitement normal, mais Harry avait vu la transition dans son expression, et avait vu son air contrarié. Lorsqu'il les salua finalement, et que Draco et les autres commençaient à s'éloigner vers la Salle Commune, le Maître lui lança un dernier regard appuyé. Harry détourna le regard, se fichant d'être impoli, et le cœur battant, passa près de lui sans lever les yeux.

Harry entendit la porte claquer de longues secondes plus tard et une petite voix lui demanda s'il était sûr d'avoir pris la bonne décision.

À suivre...


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