Note de l'auteur : Merci à lune patrons et Shiriliz pour leurs reviews !
Pour ce mois de juin, plus de 1000 vues et plus de 300 visiteurs sur cette fiction, un grand merci à vous tous donc :)
Chapitre 21
Août 1981 - Octobre 1981
Se relever …
Août 1981
Je passe les jours qui suivent dans un état second, d'abord à Sainte Mangouste puis chez Sirius.
C'est lui qui s'occupe de moi. Il me donne à manger, me met au lit, m'aide à m'habiller, …
Sans que je sois vraiment consciente de quoique soit. Je suis encore là-bas, avec mes parents, avec Marlène.
-… lettre de Lily … James … condoléances …
Le jour de l'enterrement, Sirius pose une robe noire près de moi.
-… chercher chez toi… Lily a aidé… ne pourra pas venir … partons bientôt.
J'entends par bribes ce qu'il me dit, sans vraiment réagir. Je me laisse guider, et vais où il m'emmène, fais ce qu'il me dit de faire.
.o.
- Héléna …
- …
.o.
Nous sommes dans le grand cimetière moldu et sorcier où se trouve le caveau de ma famille. Sirius me guide et nous assistons à la cérémonie discrètement. Je suis cachée par de grandes lunettes noires et un grand chapeau. Je reconnais vaguement quelques amis de Marlène, des collègues de travail de mes parents, des joueurs de quidditch sûrement venus en l'honneur de ma tante Dorea … Je crois même voir Hayden, le petit ami de Marlène.
.o.
Les jours passent encore. Je crois.
- Héléna ?
- …
- Héléna, dis-moi quelque chose, je t'en prie. Je ne sais plus quoi faire ! Parle-moi …
Sirius s'apprête à quitter la pièce, quand je trouve la force de répondre. « Parle-moi ». Les derniers mots que Marlène m'ait dit.
- Je ne voulais pas lui pardonner. Elle s'est excusée mais je ne voulais pas lui pardonner ça.
Il revient s'asseoir à côté de moi, sans rien dire. Je continue à parler, la voix faible et rauque.
- J'étais tellement en colère. J'en avais les mains qui tremblaient. Et puis Papa est arrivé. Les Mangemorts étaient juste en bas. Marlène s'est précipitée pour aider Maman. Papa m'a caché. Il m'a enfermée dans le placard et il est descendu aussi. Il pose sa main sur la mienne.
- Tu ne pouvais pas savoir …
- Vous m'avez tous prévenu. Toi, Judy, Maman … Vous m'avez tous dit de lui pardonner. Marlène t'aimait. Et elle savait que tu l'aimais aussi. Ce n'était qu'une dispute qui est tombée au mauvais moment …
- ...
.o.
Je ne suis pas retournée travailler et j'ai reçu plusieurs hiboux. Surtout venant de Judy. Après tout, personne ne sait que je fais partie de la famille McKinnon.
- Tu pourrais lui répondre …Je me suis renseigné sur elle, je suis sûr qu'on peut lui faire confiance. Tu pourrais lui proposer de venir ici et lui expliquer.
- Non …
Je ne veux pas la voir, je ne veux voir personne. Et ce n'est pas bien difficile. Depuis ce qui est arrivé à mes parents, à mes tantes, mes cousins, toutes les familles de sorciers se cachent. Ils vivent dans la peur. James, Lily et Harry sont retranchés dans la maison de Godric's Hollow qui appartenaient aux parents de James.
Ils n'ont pas pris de risque et ont choisis de fêter tranquillement l'anniversaire d'Harry. Après tout, il ne se rappelera pas de ce premier anniversaire. Sirius a fait envoyé son cadeau directement chez eux, et je sais qu'il souffre de ne pas les voir plus souvent. Harry surtout, son filleul, lui manque beaucoup. Mais il ne veut pas me laisser seule, malgré mes encouragements.
Les autres membres de l'Ordre se font discrets, mais sont malgré tout menacés.
Depuis que je parle à nouveau, Sirius ne cesse de me dévisager avec inquiétude. Ou bien le faisait-il déjà avant sans que je le remarque ? Nous vivons en huis clos, chez lui, cachés nous aussi. Je refuse de retourner dans la maison de mes parents et il s'absente une seule fois pour aller récupérer certaines de mes affaires.
…
Début Septembre 1981
La sonnette retentit et je sursaute. Sirius se lève d'un bond et ouvre la porte. Judy. Il n'a pas l'air surpris et la laisse entrer. Je suis installée dans un coin du canapé, recouverte par un immense plaid : l'été semble déjà loin et la température a baissé drastiquement. Judy entre, comme une tornade, et illumine le salon. Pourtant, elle a un air préoccupé et inquiet quand elle me regarde. Sirius s'éclipse et part vers la cuisine pour nous laisser seules.
- Héléna ! Je me suis inquiétée ! Tu ne répondais pas, tu as arrêté de venir au travail.
Elle s'installe près de moi et m'enlace, naturellement.
- Sirius est resté vague dans sa lettre. Dis moi …
Je la regarde dans les yeux un long moment. Et finalement, la digue lâche. Je me mets à pleurer dans pouvoir m'arrêter et Judy me reprend dans ses bras.
- Judy, je … Ils sont morts. Tous …
- Qui ça ?
- Mes parents, ma soeur, mes tantes. Tous…
Sa bouche s'ouvre sous la surprise et ses mains trouvent les miennes. Et puis je réalise : Judy ne sait même pas que j'avais une soeur. Elle a toujours cru que Marlène était juste une amie.
- Je ne m'appelle pas Héléna Hamilton, Judy.
- Je crois que j'ai bien fait de m'assoir …
- Je m'appelle Héléna McKinnon. Et Marlène n'était pas mon amie, c'était ma soeur.
Elle prend une profonde inspiration.
- Tu veux dire que … les McKinnon dont on parle dans le journal… Ce sont tes parents ?
- Oui.
.o.
- Je ne sais même pas ce qu'on fait là. ça ne servira à rien.
Après des semaines passées enfermés dans à la maison, Sirius et moi sortons. Et pas dans les quartiers moldus où je pourrais passer inaperçu, mais au chemin de traverse : Sirius veut me faire acheter une baguette.
- C'était du très haut niveau, Helena ! De la magie sans baguette, peu de personnes en sont capables.
- Les enfants en sont capables … C'est d'ailleurs comme ça que les nés-moldus sont repérés pour entrer à Poudlard.
- Oui, de petites choses, faire bouger des objets sur quelques centimètres, par exemple, mais ce que tu as fait … un bouclier si puissant ! Même avec une baguette j'aurais du mal à en faire autant !
- Je suis sûre que tu exagères.
Je porte un chapeau sorcier, grand, très sombre qui me cache une grande partie du visage.
- Ils étaient six à s'acharner dessus quand je suis arrivé. Six Aurors, des sorciers qualifiés, qui n'ont même pas réussi à former une petite brèche …
Avant il fallait que je me cache parce que je n'avais aucun pouvoir. Maintenant, parce qu'apparemment j'en ai trop. Et il parait essentiel, d'après Dumbledore, que j'apprenne à maitriser ces fameuses capacités. Depuis la visite de Judy et le moment où j'ai enfin lâché prise, la magie semble se développer en moi de jours en jours. Elle grandit, me chatouille les doigts et les orteils si je ne m'en sers pas régulièrement. Comme si elle avait envie de sortir, presque comme un besoin.
- Il faut que tu apprennes à te protéger. C'est essentiel, surtout si l'espion …
Je le coupe.
- Je croyais que tu avais déjà ton idée sur l'espion. Que c'est à cause de ça que tu l'évites depuis des semaines …
Sirius ne répond pas : il sait que je ne partage pas son avis sur Remus, qu'il pense toujours être l'espion.
Nous arrivons devant l'échoppe, la fameuse boutique d'Ollivander. Je me souviens de la dernière fois où je suis venue : quand Marlène était allée acheter sa propre baguette. Elle avait 11 ans et moi 10 et je me doutais déjà que je n'y reviendrais pas l'année suivante. Je n'avais toujours pas montré de capacités magiques alors que la plupart des enfants de sorciers le font vers l'âge de 7 ans.
Je laisse Sirius parler, expliquer la situation. Ollivander est un sympathisant de Dumbledore et de l'Ordre, même s'il n'en fait pas partie. Je pose mon chapeau et, après de nombreuses prise de mesure (qui comprend même l'écart entre mes narines ou la différence de longueur entre mon pouce et mon index), il me tend enfin une baguette. La réaction ne se fait pas attendre et je dois la lâcher. Comme lorsque j'avais attrapé celle de Marlène, des années auparavant, un grand choc me traverse, comme un éclair. Je me frotte le bras, agacée.
- Ah, une cliente difficile ! s'exclame Ollivander, presque souriant.
Je fronce les sourcils. Il n'a pas l'air particulièrement surpris. Sirius semble confiant et m'invite du regard à retenter l'expérience avec la seconde baguette que le vendeur me propose. Du coin de l'oeil, il surveille la porte de la boutique.
Je me saisis de la baguette en bois de hêtre, contenant du ventricule de dragon. Rien ne se passe. Absolument rien. Je hausse un sourcil et soupire, puis la repose sur le comptoir. Le vendeur a l'air franchement enthousiaste et se précipite vers le fond de la boutique. Je secoue la tête : le pauvre homme a dû perdre la tête. J'attrape mon chapeau et me dirige vers la porte : j'ai suffisamment servi de cobaye pour la journée. Sirius me bloque la route.
- Encore un essai, s'il te plait. Il faut parfois du temps pour trouver la bonne ! chuchote-t-il.
Je le fixe et finit par pousser un profond soupir. Ollivander revient au même moment et me présente une nouvelle baguette. Bois de rose et crin de licorne. Beaucoup plus longue que les précédentes et parcourue d'arabesques, creusées dans le bois.
Je l'observe un moment et l'attrape. Le bois laqué, presque noir, est froid au premier abord. Rapidement il produit une douce chaleur sur ma peau et une étincelle illumine le bout de la baguette.
Sirius applaudit, suivit par Ollivander. Je lâche difficilement la baguette du regard. Ma baguette, celle qui m'a choisit. Bois de rose, comme ma mère. Crin de licorne, comme mon père.
Sirius sourit, un grand sourire franc et lumineux que je n'ai pas vu depuis des semaines, des mois même. Je me surprends à l'imiter et à sourire, moi aussi …
.o.
Fin Septembre 1981
J'apprends. Tous les jours, je dois apprendre de nouveaux sorts, de nouveaux charmes, de nouveaux maléfices. La seule condition pour que je retourne travailler : je me sens prête maintenant et je ne supporte plus de passer mes journées enfermée à la maison. Sirius est un professeur exigeant, presque trop. Nous travaillons pendant des heures, jusqu'à ce que, épuisée, je jette ma baguette sur un fauteuil ou une table basse toute proche.
Quand James le peut, il essaie de nous rejoindre et m'aide aussi à m'entrainer. Il dit que c'est juste pour rendre service, mais je sens bien qu'il manque d'action : voilà des semaines qu'ils se cachent avec Lily et Harry. Aujourd'hui, il n'est pas venu : Dumbledore a emprunté sa cape d'invisibilité. L'après midi touche à sa fin quand je décide qu'il est l'heure de la pause : je pose ma baguette sur le manteau de cheminée et me jette sur le canapé.
- Héléna … soupire Sirius. Toujours …
- Toujours garder ma baguette avec moi, oui, je sais ! J'ai besoin d'une pause.
- D'accord, mais garde-la.
Nous nous asseyons sur le canapé, et il me tend ma baguette que je pose sur mes genoux. Un journal est posé sur la table basse, et je m'amuse à faire tourner les pages, juste en bougeant les doigts dans leur direction.
- Je croyais que tu étais fatiguée ? demande Sirius en me donnant un petit coup de coude.
Je sais que ce n'est pas un reproche : j'entends le sourire dans sa voix, la fierté presque, quand il passe son bras sur mes épaules.
- C'est la baguette qui me fatigue, elle … absorbe tout. Surtout mon énergie.
- En général, les sorciers trouvent plus facile d'utiliser une baguette. Elles canalisent notre magie, explique-t-il.
- J'ai plutôt l'impression qu'elle me la vole …
Il hausse les sourcils, surpris.
- A ce point ?
- Non, j'exagère. Elle me permet de mieux atteindre ma cible mais c'est plus une bataille qu'une coopération si tu vois ce que je veux dire…
- ça me rappelle presque ma situation quand j'ai commencé à être animagi.
- Et tu vas me donner le même conseil ?
Il sourit et hoche la tête.
- Ne la combat pas. Apprends à t'en servir, à vivre avec.
- Très bon conseil …
- Il vient d'une fille assez intelligente …
- Assez ? Il m'adresse un clin d'oeil. Assez en forme pour continuer son entrainement en tout cas ! Aller, debout ! s'exclame-t-il en saisissant sa baguette, et en la pointant droit sur moi.
.o.
Je suis réveillée en pleine nuit par un claquement. Je me redresse péniblement, le lit à côté de moi vide. Cela ne me surprend pas : ces derniers temps, Sirius dort mal. Quand il arrive à dormir. Cela a tendance à le rendre un peu fébrile, surtout quand il essaie de compenser en buvant trop de café… Il se met donc parfois à faire les cent pas au milieu de la nuit, à chuchoter pour lui même des idées de sortilège, des plans de batailles. Je me lève alors et essaie de l'aider à se rendormir.
Pourtant cette nuit, Sirius ne bouge pas, les yeux fixés sur la lettre qu'il vient de recevoir. Il est tard, très tard même puisque la lune brille déjà haut dans le ciel.
- Sirius ?
Il blêmit, toutes les couleurs quittant son visage : je m'attends au pire.
- Dorcas … bredouille-t-il sans quitter le parchemin des yeux.
- Quoi, Dorcas ?
- Elle est morte, ajoute-t-il en levant les yeux vers moi.
.o.
Octobre 1981
Une réunion exceptionnelle a lieu ce soir avec l'Ordre. Nous nous sommes à nouveau réunis dans la maison de moldus qui se sont absentés. La mort de Dorcas a secoué tout le monde, autant que celle de ma famille. La différence c'est que Voldemort l'aurait tué de sa main, et c'est une nouveauté. Il a toujours envoyé ses Mangemorts pour faire « le sale boulot ». Pas pour Dorcas. Elle avait déjà donné du fil à retordre à un groupe de Mangemort, et elle prenait suffisamment de précautions pour éviter de les croiser à nouveau. Comme nous tous d'ailleurs, mais ce soir là, ça n'a pas suffit.
Même Lily et James sont venus pour assister à cette réunion. Le petit Harry dort dans la pièce d'à côté et Sirius, accompagné de James, vient de partir le rejoindre. Je n'étais pas censé venir, mais j'y tenais. Pendant la réunion, Sirius a été très remarqué. Il expose ses idées avec force même, et surtout, quand elles vont à l'encontre de l'avis général. La nuit précédente a été difficile et ses mains tremblent presque à cause du manque de sommeil … Je me promets de mieux le surveiller ce soir et de m'assurer qu'il reste au lit.
Je m'approche de Lily qui a les yeux rougis.
- ça va ?
- Oh, Héléna … Elle se lève et m'enlace.
Nous ne nous sommes pas revues depuis l'enterrement. Dont je ne garde que peu de souvenirs.
- Toi, comment tu te sens ? demande-t-elle.
Je hausse les épaules.
- C'est comme si tout recommençait à nouveau … J'espérais qu'au moins, il n'y aurait plus de morts chez nous. Qu'on faisait suffisamment attention.
Elle regarde autour de nous : de petits groupes se sont formés et discutent avec animation. Personne ne fait attention à nous.
- James et moi en avons beaucoup parlé … Dorcas prenait énormément de précautions, et ça n'a pas empêché que … Enfin, nous avons peut être trouvé quelque chose. - Qu'est ce que c'est ?
Elle s'approche encore davantage, et chuchote presque maintenant.
- ça s'appelle le Fidelitas. C'est un très ancien sortilège qui permet de cacher un secret dans le coeur d'une personne unique. Cette personne devient alors le gardien du secret et il devient impossible à découvrir. Sauf si le gardien décide de le révéler, bien sûr.
- Et en quoi cela pourrait vous aider ?
- Et bien, si le secret est en fait l'indication d'un lieu, ce lieu est protégé.
- Votre maison par exemple …
- Exactement.
- C'est … brillant ! Quand allez-vous le faire ?
- ça ne devrait plus tarder. Nous en avons parlé à Dumbledore et il s'est déjà proposé pour être le gardien.
- C'est une excellente idée, il est le seul que Tu-Sais-Qui redoute.
- C'est vrai. Mais il est justement une cible de choix …
- Qu'est ce que tu veux dire ?
Elle se tord les mains, nerveuse.
- Je sais qu'il ne parlerait jamais. Mais il faudrait quelqu'un qui puisse se cacher lui-même pendant quelques temps, se faire discret. Dumbledore est un personnage public alors … Oh je ne sais pas, je ne sais plus … Lily s'assoit sur une chaise toute proche et je la rejoins.
- Je ne dors plus … Je ne pense plus qu'à cette prophétie, à Harry. Comment peut-il vouloir s'en prendre à lui ? Ce n'est qu'un bébé.
- Je sais … Mais ne t'inquiète pas, tout ira bien pour lui. Nous voulons tous le protéger et ce sortilège sera idéal tu verras.
Elle renifle un peu et finit par poser sa tête sur mon épaule.
Quand Sirius et James réapparaissent, je comprends : Sirius veut être le Gardien.
.o.
- Mais pourquoi toi ? Dumbledore serait parfait pour ce rôle !
- C'est mon meilleur ami Héléna.
- Et alors? ça ne t'empêche pas de l'aider, c'est juste que Dumbledore est un … meilleur choix.
- Et pourquoi ça ? demande-t-il, agacé.
- Tu fais semblant de ne pas comprendre.
- Je ne suis pas assez fort c'est ça?
- Dumbledore est le sorcier le plus puissant du monde, Sirius.
- Ce serait stupide de ne pas accepter son offre.
- Ecoute, je vais le faire. C'est la meilleure solution !
- Tout le monde se doutera que c'est toi ! C'est stupide, tu seras immédiatement une cible !
Il ne répond rien et me fixe, les sourcils froncés. Il se met à faire les cent pas.
- Bien sûr … tout le monde pensera que c'est moi, chuchote-t-il, le regard dans le vide.
- Sirius … vient. Vient t'allonger, il est presque 2 heures du matin …
- Attends, je dois …
- Non. Tu n'arriveras à rien maintenant, viens.
Je le rejoins et l'entraine fermement vers le lit.
- Arrête de réfléchir, et dors … je soupire en caressant ses cheveux. Tu n'aideras personne si tu ne dors pas …
.O.
- Tu es sûre ?
- Certaine. Je vais devenir folle si je ne fais rien. J'en ai besoin.
- Mais …
- Je serais en sécurité au ministère…
Il soupire.
- Appelle moi si tu as le moindre problème. Je viendrais te chercher …
- Promis. Et toi, promets-moi de ne pas faire ce sortilège.
- Promis.
.o.
J'arrive au ministère et présente ma baguette, la vraie, au sorcier de l'accueil. Le large bord de mon chapeau cache un peu mon visage et j'arrive discrètement jusqu'à mon service. Je salue quelques collègues déjà présents : je suis arrivée tôt pour éviter d'en croiser trop. Je passe par le bureau de mon chef, qui bredouille des condoléances et m'assure de sa discrétion quand à ma véritable identité : le collègue de mon père qui m'avait obtenu mon premier poste la lui a révélé. J'imagine qu'il l'a fait pour expliquer mon absence soudaine.
- Salut Jude.
- Héléna ! Tu ne m'avais pas dit que tu revenais aujourd'hui!
- Il était temps … Je n'allais pas te laisser tout faire toute seule !
Je m'installe à mon bureau, toujours aussi encombré de dossiers. Judy se lève, tasse à la main.
- On ne peut pas commencer la journée sans un bon chocolat, n'est ce pas ?
Elle me tend mon propre mug, surement mis de côté durant mon absence.
- Evidemment …
.O.
Quand je rentre à la maison ce soir-là, elle est vide. Je fais le tour de chaque pièce pour en être sûre mais je me rend à l'évidence : Sirius n'est pas là. Je garde ma baguette à la main et envoie un message rapide chez James et Lily pour m'assurer qu'il n'est pas là bas. Quand la nuit tombe, je n'ai toujours pas de réponses et finalement, la porte d'entrée s'ouvre. Sirius entre dans le salon et nous nous regardons.
- Tu avais promis.
- Je devais le faire, Héléna.
Note de l'auteur : Encore un chapitre assez sombre, j'en suis consciente, mais cela est toujours nécessaire ... Comme vous vous en doutez avec les dates précisées en cours de chapitre, le prochain ne sera pas plus léger. J'espère vous retrouver quand même la semaine prochaine pour le chapitre 22 ! Merci d'avoir lu.
