Je crois que j'ai jamais écrit de chapitre aussi lourd et aussi vulgaire ...

Et si vous vous ennuyez pendant les vacances, je vous conseille la fic de Guilhem Kravick, qui se passe à l'époque de la next-gen et qui s'intitule "Tous les chemins mènent à Poudlard". Ca ne mange pas de pain, c'est bien écrit et y'a des OCs fendarts. Après, faites comme vous voulez.


Août 1980


- Me suis fait virer, annonce une Georgette fulminante en entrant dans l'appartement.

Elle claque sa porte avec violence et balance son sac par terre.

- Virer de quoi ?

- De mon job à la poste !

Elle me jette un regard noir comme si c'était de ma faute. Ben voyons.

- Ah oui. C'est vrai que tu travaillais là-dedans.

C'te déchéance.

- Pourquoi ils t'ont virée, si c'est pas indiscret ?

Je suis toujours indiscret donc c'est surtout histoire d'être poli. Vous voyez. Je peux l'être quand j'en ai envie.

- J'ai embouti la voiture de fonction.

- Ah ah !

Elle m'envoie sa chaussure à la figure.

Peut-être que je devrais la présenter à Bellatrix ? Elles jetteraient des choses ensemble, ça les occuperait. Et avec un peu de chance, elles deviendraient meilleurs copines car entre mégères, on se trouve facilement des atomes crochus.

- Ca te fait rire ? M'agresse Georgette.

- Bah oui, quand même. Et d'ailleurs tu sais ce qu'on dit. Femme en balai égale grosse tôlée.

Bon. Là, en l'occurrence, ce n'était pas son moyen de locomotion. Mais la formule se vérifie quand même !

Vous même vous sauriez si vous aviez déjà vu Bellatrix et Narcissa sur un balai. Et Alecto, je n'en parle pas. Déjà, faudrait que son balai soit un tronc d'arbre pour qu'elle soit sûre de ne pas l'éclater en le chevauchant.

Je m'arrête dans mes pensées et fronce des sourcils.

- Tu sais conduire des voitures, toi, en plus ?

- Non.

- Bah alors comment t'as eu ton travail ?

- J'ai menti.

- ...

- Bah maintenant, il faut être mobile pour se faire employer, se justifie t-elle. Donc quand ils m'ont demandé si j'avais le permis, j'ai paniqué et j'ai dit oui. Pas comme si c'était un gros mensonge de toute façon. En quoi c'est compliqué de tourner un volant et d'appuyer sur une pédale ?

Je ne réponds pas parce que j'y connais strictement rien.

- Comment tu t'es débrouillée pour emboutir ta voiture ? Je lui demande à la place.

- J'ai mal serré le frein à main.

- Le quoi ?

- Le frein à main.

- C'est quoi ça ?

- Bah un frein.

- Et il a une main ?

- Non, un pied.

- J'ai l'impression que tu te paies ma tête, là.

- Sans rire, elle ricane. Non mais à quoi ça sert de t'expliquer ? Je suis sûre que t'es jamais rentré dans une voiture.

Je me vexe.

- A t'entendre, on dirait une tare. Mais c'est toi la tare ! T'as même pas de pouvoirs magiques ! Je peux te dire, si j'avais été ton père, je t'aurais noyée à la naissance. C'est ce qu'on fait dans une famille normale quand on enfante un handicapé et qu'on a un brin de jugeote, j'explique avec un sourire narquois.

Elle se renfrogne.

- Tes parents à toi ne devaient pas en avoir beaucoup, me fait-elle remarquer, la mâchoire serrée.

- Ah oui mais alors là, il faut pas confondre. L'intelligence précoce, ce n'est pas une tare, c'est un don précieux.

- Mais qu'est-ce qu'il faut pas entendre..., elle marmonne, exaspérée.

Elle s'éloigne et revient quelques minutes plus tard avec une écharpe multicolore dans les mains.

- C'est à toi ce truc ?

- Euh... Un cadeau. Je comptais te l'offrir.

- En quel honneur ?

- L'honneur que tu veux.

Elle me regarde en haussant un sourcil puis jette négligemment l'écharpe d'Augustus sur une chaise.

L'écharpe de l'orientation sexuelle, ouais. Il m'a dit qu'il avait fait des réglages et que maintenant, elle était tout à fait fonctionnelle. Donc, après l'avoir réessayée et m'être entendu dire que j'étais hétérosexuel, j'ai décidé de le croire et de faire porter son attirail à Georgette. Comme ça, on saura enfin la vérité.

- Tu ne veux pas l'essayer ? Je lui demande en me levant pour la rejoindre.

- Non. Elle est moche et c'est pas la saison.

- Bah allez ! Essaye-là, qu'on regarde si elle te va bien au teint.

- Non.

- Essaye-là ou je t'étrangle avec.

Comme elle sait que j'en suis capable, elle l'enroule autour de son cou avec réticence.

- Alors ? Elle demande.

Je ne lui réponds pas. J'attends que l'écharpe prononce son verdict.

- Alors ? Elle répète de nouveau après quelques minutes, le visage rouge.

Je ne lui réponds toujours pas et elle perd patience. Ni une, ni deux, elle me jette l'écharpe à la figure et retourne vaquer à ses occupations.

Je ramasse l'écharpe en grognant.

Augustus et ses inventions de merde...

.

.

Hm.

Hmmmm.

Hmmmmmmmm !

Ahhh...

Ouaip.

Je suis en train de me faire tripoter. Et c'est loin d'être gênant, croyez-le bien. Je dirais même plus, c'est un réveil plutôt agréable !

Après...

Je ne me souviens pas m'être endormi auprès de quelqu'un. Aux dernières nouvelles, hier, en me couchant, j'étais seul dans l'appart de Georgette et seul sur mon canapé. Car oui, c'est MON canapé. A moi, et à personne d'autre ! Donc je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas dormir dessus, et chez Georgette. Maintenant, reprenons.

Qu'est-ce que ça veut dire que je sois en train de me faire tripoter ? Georgette est rentrée ?

Mais depuis quand elle me fait des turlutes dès le matin, elle ? Voire des turlutes tout court. C'est suspect.

...

J'ouvre un œil.

Et fais bien de le faire.

Car le visage d'un type est collé au mien. Et pas le concierge de Sainte-Mangouste, cette fois-ci. Un autre. Que je ne connais pas. C'est encore plus angoissant, le concierge au moins avait une tête familière.

Croyant à une hallucination, j'ouvre l'autre œil.

Mais le gars est toujours là et d'ailleurs ce sont ses mains qui me tripotent et je le regarde tétanisé rapprocher ses grosses lèvres baveuses des miennes et-

C'est un cauchemar, je vais me réveiller ! Je pense en refermant très fort les yeux et en attendant que ça passe.

Ca ne passe pas.

Il me prend définitivement pour sa poupée gonflable.

Furieux, et très embarrassé, je prends la première chose qui me passe à portée, à savoir la lampe de chevet, et la lui éclate à la figure.

Le type s'écarte, une main sur son crâne endolori tandis que je saute du lit et continue de le menacer avec ma lampe.

- C'est quoi ce bordel ? Qu'est-ce que je fous là ?! Je suis sorti, hier ? Je me suis bourré la gueule ?

Bon sang, je ne me souviens de rien après m'être couché ! J'ai dû faire un black-out complet ! Et vous savez que ça ne m'est pas arrivé depuis cette fois où j'ai enfoncé ma baguette dans le cul d'une vache...

- Me dis pas qu'on a couché ensemble ?! Je crie avec hystérie.

Je le regarde, horrifié. Lui n'a pas l'air de comprendre.

Il est à moitié à poils.

Moi aussi d'ailleurs.

Enfin, moi aussi...

- MA BITE !

MA BITE, MA BITE ? OU EST MA BITE ?!

.

.

Merde alors.

Avec Georgette, on a échangé de corps dans la nuit.

Et vous n'imaginez pas la galère que ça a été pour la rejoindre dans son appart !

Déjà, quand je me suis rendu compte que j'avais plus ma bite, j'ai été m'enfermer dans la salle de bain de l'inconnu pour faire un état des lieux. Là, j'ai compris que j'étais dans le corps de Georgette. Ce que j'ai trouvé plutôt intéressant dans un premier temps. C'est-à-dire trente secondes. Le temps de soupeser mes seins avant d'être interrompu par le plan cul de Georgette.

Ai voulu le buter mais n'avais pas de baguette sous la main. Forcément. Une cracmolle n'en a pas besoin.

Je me suis donc empressé de m'habiller avec ce que je trouvais - allez mettre un soutien-gorge vous, une vraie galère, j'ai vite laissé tombé -, et j'ai foncé sur le pallier pour transplaner au plus vite. Et là... Surprise ! Enchaînement de complications.

Pourquoi ?

PARCE QUE JE N'AI PLUS DE POUVOIRS MAGIQUES, NOM D'UN PETIT ELFE QUI PISSE ! C'est la récession !

Et donc, quand je disais que j'ai galéré à venir...

C'est que j'ai galéré à venir.

J'ai demandé au gars si je ne pouvais pas utiliser sa cheminette mais il n'a pas compris ma question vu que c'était un moldu. A ce moment-là de ma journée, j'étais donc encore plus en rogne contre Georgette. Si elle avait besoin de se détendre après avoir perdu son boulot, elle pouvait se détendre avec moi, pas besoin d'aller chez un moldu pour ça.

Donc.

Pour résumé : pas de transplanage, pas de cheminette, et pas de baguette non plus. Heureusement, en fouillant les poches de Georgette, j'ai découvert un abonnement au magicobus. Je suis donc ressorti, j'ai appuyé sur le badge et j'ai attendu que le bus arrive. Là, les ennuis ont commencé parce qu'après m'être posée tranquillement au fond du magicobus, des andouilles sont venus s'installer à côté de moi. Ils n'arrêtaient pas de me héler et de regarder les seins de Georgette. Je leur disais bien d'aller se faire voir, mais ils persistaient. L'un d'eux a même eu le culot de poser sa main sur ma cuisse. Enfin. Celle de Georgette.

Je lui aurais bien jeté un maléfice mais comme je vous l'ai dit, pas de baguette et encore moins de magie. J'étais extrêmement mal à l'aise. Je me demandais comment Georgette s'en sortait au quotidien avec des illuminés pareils. J'ai vu ma chaussure et j'ai compris.

Je la lui ai balancé à la gueule.

- Et après ? Demande Georgette.

- Après, il m'a collé une vilaine tarte, j'explique pour justifier mon coquard.

- Bah bien sûr abruti ! Quand tu tapes quelqu'un, tu t'assures d'avoir des possibilités de fuite derrière !

Elle lève les yeux au ciel.

Ce qui est plutôt bizarre puisque je me regarde moi-même lever les yeux au ciel.

Et ma foi, je suis plutôt sexy.

Bon après, ce n'est pas une grande nouvelle en soi. J'ai toujours su que j'étais plus ou moins beau.

Ca explique peut-être aussi pourquoi je me suis toujours demandé ce que ça ferait de baiser avec moi-même.

Oui bah chacun ses aspirations. Et je trouve les mienne relativement normales.

...

Faut que j'arrête de baver devant moi, c'est rarement signe de bonne santé mentale.

- Je suis sûr que c'est ton écharpe, dit Georgette après un temps en faisant craquer ses articulations. Ca ne peut-être que ça ! Tant d'empressement à me la faire essayer, et surtout, ce besoin soudain de m'offrir un cadeau... Ca ne peut-être que ça, tu avais tout calculé !

- Tout calculé ? Mais hé, si tu crois que ça m'arrange d'être sans pouvoir pendant que tu t'amuses avec ma baguette, je proteste en mettant les mains sur mes hanches. J'ai rien calculé du tout !

- Ah oui ? Alors explique-moi, pour quelle autre raison on aurait swappé ?

- J'en sais rien ! J'ai pas mis le chapeau !

C'est un chapeau, qui - je l'ai lu quelque part mais je ne sais plus où - permet de tout comprendre quand on le porte sur la tête. Même les phrases les plus compliquées. Le mandarin et le runique, j'imagine aussi. Et l'allemand. Ceux-là, ils mettent leur verbe n'importe où, faudra leur expliquer un jour qu'un verbe ça résume tout et que donc, sa place idéale, c'est au début de la phrase. On ne dit pas : j'ai la salade mangé, mais : j'ai mangé la salade. Merde ! C'est pas compliqué. Même les français font pareil.

Enfin bref.

Georgette n'a tout de même pas tort. L'implication de cette écharpe dans notre body swap me semble relativement douteuse et tout porte à croire que c'est cet abruti d'Augustus qui s'est encore trompé dans les réglages. Mais comment le vérifier ? Je ne peux pas le mettre au courant pour Georgette, il lâchera la grappe au premier coup dans le nez. Vu qu'il n'y a que les infos liées à son travail qu'il ne balance pas. Et encore. Puisqu'il les rapporte tout de même au maître.

Il va falloir voir un spécialiste.

.

.

- Ah oui... Oui, me dit Barjow avant de plisser le nez comme si je lui avais présenté mon slip le plus sale. Cette écharpe me dit quelque chose...

- C'est une écharpe célèbre ? Elle a peut-être appartenu à des amants connus, je babille sans attendre de réponse. Qui voulaient approfondir leurs connaissances charnelles de l'autre. Viviane et Merlin, Isis et Osiris, Tristan et Yseult...

- Non, c'est juste une écharpe, me coupe le Barjow de mauvaise humeur. Ma grand-mère m'en tricotait des semblables quand j'étais petit. J'avais même la cagoule et les chaussettes assorties.

Super. Le mec tient une boutique de magie noire et sa mamie lui faisait porter les couleurs de la Gay Pride.

- Donc c'est pas une écharpe magique ? Je demande, déçu.

- Ah si, de la magie, il y en a... mais pas puissante au point d'intervertir deux âmes.

- Et qu'est-ce qui serait assez puissant pour intervertir deux âmes ?

- Et bien... Tout ce qui a trait à l'âme relève d'une magie très ancienne, très primitive... de nombreux sorciers et de nombreuses sorcières se sont penchés sur la dualité du corps et de l'esprit, au cours des siècles. Tout comme les moldus, d'ailleurs... mais rare sont les travaux de valeur qui émergent sur le sujet.

Comment baragouiner pour ne rien dire en trois phrases.

Ca m'énerve, ces pseudos intellectuels !

- Vous ne m'aidez pas beaucoup là, je fais remarquer avec aigreur.

Barjow me jette un regard agacé.

- Vous saurez, ma petite dame, que je suis spécialiste en magie noire, moi, pas en accessoires de prêt-à-porter. Alors allez donc voir Mme Guipure si j'y suis au lieu de m'enquiquiner avec vos histoires d'écharpe de l'orientation sexuelle qui vous font changer de corps. J'ai d'autres chats à fouetter et y'en a marre de ces morveux qui viennent toujours essayer de me refourguer leurs âneries. Dehors ! Il s'écrit en me soufflant son haleine fétide à la figure.

Je sors en grommelant.

Si ce n'est pas l'écharpe, alors qu'est-ce que c'est ?

.

.

- Il va falloir instaurer des règles, dit Georgette en croisant les bras.

Je renifle.

Si elle croit que je vais les suivre.

- Quel genre de règles, je demande quand même.

Je suis sûr que ça va être de la merde.

- Et bien tout d'abord, des règles de base. On ne baise pas. Et on ne se masturbe pas.

C'est ce que je disais. De la merde.

- Oh allez, je m'exclame. Me dis pas que t'as pas envie de savoir ce que ça fait que de se tripoter la nouille.

- Au risque de te vexer, non.

- Et coucher avec toi-même ? Ca ne te rend pas curieuse ? Faut être ouverte d'esprit !

Elle ne dit rien et me fixe d'un air morne.

- Si on le fait, je saurais ce qui me plaît et tu sauras ce qui te fait jouir. Le plaisir assuré.

- T'es vraiment con.

- Et toi t'es vraiment pas drôle. Tu vois pas toute l'expérience qu'on peut retirer de cette histoire, avant qu'elle ne finisse ?!

- SI elle finit, me souligne Georgette.

Je continue tout de même :

- Sérieusement. On te donne la possibilité d'être un homme. T'en as jamais rêvé ? Juste une fois dans ta vie ?! Pisser debout, bien viser, te faire des meufs et te branler-

- Oui, c'est charmant...

- Non mais après, tu peux faire d'autres trucs, hein. Ca ne se réduit pas à ça. Y'a des tas d'autres choses formidables à faire ! L'hélicoptère, par exemple.

- ...

- Je blague. Je dis juste que. Voilà. C'est dommage de ne pas en profiter. Moi personnellement, je ne vais pas me gêner. Je suis parti tellement vite de chez ton homme que j'ai pas encore eu le temps de m'observer sous toutes les coutures. Donc cet aprem au programme : un bon bain et-

- Nouvelle règle, me coupe Georgette. On ne se lave pas non plus.

- Ah non ! Si tu crois que je vais me laisser aller, tu te fourres le doigt dans l'œil. Je vais me laver et dans les moindres recoins, je ricane avec un air entendu.

En prenant un air entendu elle aussi, elle attrape un couteau posé sur le plan de travail et se le place au niveau de la ceinture.

- Bon, d'accord, je marmonne.

Cette fille, franchement.

Une sacrée casse-couille.

- Mais, je proteste tout de même, comment je vais m'occuper si tu m'enlèves tout ça ?

- Et bien de la même façon que tu le fais d'habitude. Tu sais, ce n'est pas parce que tu es dans un corps de femme que tout est obligé de changer. Tu peux toujours lire, écrire, manger, boire et dormir. Et faire ton ménage, bien sûr.

- Passionnant, je maugrée. Mais ma magie ? Tu y as pensé ? Comment je bute des gens, sans magie ?

- Comment tu les soignes, tu veux dire ?

- Euh, oui, aussi.

C'est vrai qu'on aurait tendance à l'oublier, que je suis assistant médicomage. Je ne prends plus trop la peine de vous raconter cette partie de mes activités.

Et pour une bonne raison, je vous l'ai déjà dit : à part tâter le cul des cons qui se sont arrangés pour avoir des œufs de Serpencendre dans le cul et retirer des vieilles têtes décapitées de la chatte des abruties comme Michelle qui ne trouvent rien de mieux à faire que se masturber avec, on ne me laisse pas faire grand chose de mes journées.

Non, franchement, la profession de guérisseur, c'est très surfait.

J'aurais mieux fait de lancer ma marque de nettoie-tout magique, pour atteindre la postérité comme la mère Grattesec. On nous pousse toujours à viser loin à l'école, mais souvent, le mieux reste de poursuivre ses rêves.

- Ca va durer longtemps à ton avis ? Je m'inquiète soudain.

- Qu'est-ce que j'en sais ?

- Bah pour l'instant, ça va, je suis en congé d'été. Mais après. Faudra que je travaille, moi ! Je reprendrais le boulot !

- Et alors ? Tu crois que je travaille pas, moi ?

- Tu t'es fait virer.

- Ca n'empêche rien ! Crie t-elle. J'ai mes petites affaires à mener également.

- Tes affaires... Bah tiens, parlons-en de tes affaires ! J'ai pas eu le temps de t'en parler mais qu'est-ce que mon canapé fout chez toi ? Mes rideaux ? Ma collection de casseroles et mon tapis de bain ?!

- Bah euh... comment ça, les tiens ? Je les ai eus dans un vide grenier, elle dit en fronçant les sourcils.

- A d'autres ! C'est toi qu'a engagé Flint et Moonheart !

- Qui ça ?

- Flint et Moonheart !

- Vois pas.

- Fous toi de ma gueule.

- Vois pas, je te dis ! Qui c'est ceux-là ? Des déménageurs ?

- MAIS ARRÊTE DE TE PAYER MA TÊTE !

- JE TE DIS QUE JE SAIS PAS QUI C'EST.

- FERMEZ. VOS. GUEULE ! Crie le voisin.

- Bordel mais c'est pas vrai. Quand est-ce que tu vas faire insonoriser tes murs, toi ? J'EN AI MARRE DE TON VOISIN DE MERDE !

- J'AI TOUT ENTENDU ET JE RETOURNE LE COMPLIMENT.

- NIQUE TA MÈRE, ENCULÉ !

J'attends qu'il réplique mais j'ai l'air de lui avoir cloué le bec.

Satisfait, je me tourne de nouveau vers Georgette.

- Non et puis, comment je vais me déplacer, aussi, sans magie ? Ta cheminette n'est pas connectée au réseau et je ne vais tout de même pas prendre le magicobus tous les jours !

Avec les autres pervers, là ? Ca va être l'horreur !

Et puis c'est l'été. Les aisselles transpirantes des autres sous mon nez ? Très peu pour moi. J'ai les narines sensibles.

.

.

- On va aller voir Antonin, je fais.

- Pourquoi faire ?

- Pour que je puisse utiliser sa cheminette, déjà, et surtout pour lui demander de nous aider. Je connais quelqu'un qui pourrait nous procurer du polynectar le temps que... qu'on fasse des recherches ou que ce truc s'estompe. Mais je ne peux décemment pas aller lui parler dans cet état et tu peux encore décemment moins y aller à ma place.

- Pourquoi ?

- Parce qu'il va poser des questions.

- Ah. Il n'est pas au courant que j'existe ? Elle s'enquiert.

- Bah bien sûr que non. Si tu crois que j'ai que ça à faire d'ébruiter la qualité extravagante de toutes mes relations.

- Oh. Donc à part Antonin, concrètement, personne ne sait que j'existe.

- Euh...

- Même pas le loup-garou que t'avais promis de m'envoyer sur le dos si jamais je quittais le pays ?

- Euh... Si. Si. Lui, il est au courant. Bien sûr.

- C'est cela, fait-elle en grinçant. Je le savais ! Je le savais que j'aurais dû me barrer quand j'en avais l'occasion !

- T'aurais raté une belle histoire d'amour, je pointe.

- Histoire mon cul ! Regarde dans quoi on est fourrés avec tes conneries ? Ca ne me serait jamais arrivé sans toi !

.

.

- QUOI ! Fait Antonin en ouvrant sa porte.

Ca fait dix minutes que je tambourine dessus.

Il hausse un sourcil en me découvrant.

- Je peux emprunter ta cheminette ?

- Pourquoi je laisserai une cracmolle emprunter ma cheminette ?

- Parce que c'est moi, andouille !

Il grogne et me jette un regard méchant.

Du point de vue Georgette, ça lui donne l'air effrayant.

- Je l'ai bien remarqué, dit-il. Et je le répète, je ne laisse pas les cracmolles dans ton genre emprunter ma cheminette. Pas d'exception, même pour les voisines crétines qui se tapent mes amis.

Il me crache dessus et me ferme sa porte au nez. C'est beau l'amitié.

Je tambourine de nouveau mais cette fois-ci avec Georgette derrière, pour m'épauler.

- QUOI ? Hurle de nouveau Antonin.

- On a besoin de ton aide.

Il va de l'un à l'autre et plisse les yeux.

- J'espère que ce n'est pas pour un plan à trois, dit-il finalement. Parce qu'il y a des limites à mon imbrication dans vos affaires !

.

.

- Donc vous avez swappé, répète Antonin. C'est sûr ? Ce n'est pas un tour que vous êtes en train de me jouer ? Il s'assure en regardant Georgette d'un air soupçonneux.

- Non non, c'est pas une blague, crois bien que ça n'a absolument rien de tordant, dit Georgette en faisant la moue, en croisant les bras et en levant le nez.

...

J'ai l'air d'une gonzesse.

Antonin doit également se faire la remarque car il se tourne à nouveau vers moi, préférant sans nulle doute la conversation d'un collègue que celle d'une étrangère cracmolle avec qui il n'a pas nettoyé le cul des poules.

... Non qu'on ait déjà nettoyé ensemble le cul d'une poule, bien sûr. C'était une expression.

- Vous savez combien de temps ça va durer ?

- Non, on sait pas. C'est tout le problème. Imagine ! On reste coincés comme ça ? Ce serait une véritable catastrophe ! Je ne pourrais même plus faire de magie ! Je me lamente en pleurnichant presque.

Georgette hausse l'épaule et Antonin a l'air d'avoir pitié de moi.

- Ca va, tu vas pas pleurer.

- Je ne pleure pas !

- Si, t'es en train de pleurer.

- C'est des larmes de colère ! J'assure, les yeux embués.

Avant de craquer et de me mettre à sangloter bruyamment.

Il a l'air encore plus mal à l'aise.

- Et toi ? Tu fais rien ? Il crache à l'attention de Georgette qui m'observe pleurer d'un air sidéré.

- Bah qu'est-ce que tu veux que je fasse ?

- J'en sais rien. C'est ton corps ! C'est à toi de le réconforter !

Elle lève les yeux au ciel, puis, avec réticence, elle me prend dans ses bras. Je renifle dans son cou tout en me disant que, définitivement, je suis très confortable.

- Enfin quand même, dit Antonin après quelques minutes, vous êtes sûr que ce n'est pas une blague ?

Il nous pose régulièrement la question dans l'heure qui suit mais nous réussissons tout de même à le convaincre de passer un coup de cheminette à Rogue dans la soirée. Histoire de savoir s'il ne lui reste pas un fond de polynectar dans l'un de ses tiroirs.

La réponse ne se fait pas tarder.

Il n'en a pas en stock pour l'instant mais il peut nous en avoir d'ici un mois.

- Trop long, je fais. Bien trop long ! Je ne peux pas la laisser se balader dans mon corps, elle va faire une bourde.

- Ca va, hé, grogne Georgette. Je ne suis pas une boulette.

- On en reparlera quand tu te seras retrouvée face à Bellatrix. Ou pire. Face au maître.

Elle blêmit et ferme sa gueule. Tant mieux, ça nous fera des vacances.

- Je vais en commander sur le marché noir, dans ce cas. Ca va coûter cher mais il faut ce qu'il faut pour assurer nos arrières.

.

.

- Georgette ?

- …

- Georgette ?

- Quoi ? Elle grommelle.

Ah !

J'aime ma voix !

Je suis en train de tomber amoureux d'elle.

- Je crois que j'ai un petit problème.

- Et alors ?

- Ben j'ai besoin d'aide.

- Démerde-toi.

- Non mais c'est important.

- Important comment ?

- Important comme, comment on met un tampon ?

Elle s'arrête.

Se met à rigoler et bientôt on entend plus que ça dans toute la maison tandis qu'elle vient à ma rencontre, le visage rouge et absolument morte de rire.

- Ahah... Ahahahaha ! Mais t'es sérieux ? Mon pauvre... ahah !

Je lui lance un regard noir.

Ca paraissait plus rigolo quand ça arrivait à Travers mais là j'ai l'impression qu'on m'a roulé sur le dos.

- Tu veux pas mettre une serviette, plutôt ?

- Pourquoi ?

- C'est que quand on met un tampon, il faut avoir la technique.

- J'ai beaucoup de doigté.

- Tu parles ouais. T'es tellement une brute que tu vas me défoncer la chatte.

J'aurais jamais pensé qu'elle dirait ça, mais elle l'a dit.

Elle me sourit à pleines dents.

- Tu veux pas le mettre toi-même, sinon ?

Son sourire se fane et elle lève les yeux au ciel.

Ca me fait dire...

Elle aussi lève souvent les yeux au ciel, tiens.

Je ne sais pas ce qu'il a de si passionnant dans notre histoire.

.

.

- Ah non hein ! Je m'énerve en voyant Georgette se hisser sur sa fenêtre pour fumer sa clope. Pas de ça avec mes poumons !

- Dixit le mec qu'a consommé tous mes champignons, dit-elle tout en m'ignorant.

Elle allume sa clope mais avant qu'elle n'ait pu la mettre dans sa bouche, je lui fais une pichenette et l'envoie se perdre au bas de l'immeuble. La clope hein. Pas Georgette. Arrêtez de tout comprendre de travers, ça commence à me gaver de tout vous repréciser sans cesse.

J'ai le droit à un regard noir. Je lance un sourire innocent à Georgette. En retour, elle me sort une autre clope de son paquet.

- Je t'ai dit non ! Je rouspète. C'est mon corps, ma décision. Et puis tes champignons, au prix qu'ils m'ont coûté, fallait bien que je les bouffe. Ton tabac, là, ça va me jaunir les dents et me vieillir prématurément. Je veux garder mon teint de pêche et ma belle dentition. Pas. De. Tabac.

Elle reste silencieuse mais la fume quand même.

C'est comme ça.

Je n'ai plus mon mot à dire depuis que madame est la sorcière de la maison. Une vraie dictature !

.

.

- WILKES ! Hurle Georgette.

Je grogne tout en enfouissant ma tête sous l'oreiller.

- WILKES !

A y réfléchir, je crois que c'est la première fois qu'elle m'appelle par mon nom.

- WILKES, VIENS ICI TOUT DE SUITE CA CONCERNE TA BITE !

Je me lève d'un bond et court la rejoindre dans la salle de bain.

Elle est en caleçon. Enfin je suis en caleçon. Enfin vous avez compris l'idée. Et si vous n'avez pas compris, procurez-vous le chapeau qui comprend tout. Ce sera un bon investissement et ça me fera gagner du temps.

- Quoi quoi quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Je demande avec panique.

Tout ce qui concerne ma bite m'a toujours préoccupé mais encore plus ces derniers temps. Et ça n'a rien d'anormal. Donc ne me regardez pas comme ça !

- T'as des boutons.

- Des tâches de rousseur, oui. Je suis au courant, merci.

- Non. Des boutons. T'as des boutons sur le gland.

- QUOI ? Je hurle.

- Ouais, ça me gratte sa mère depuis des heures.

- Fais voir, je m'inquiète en m'approchant d'elle et en lui baissant le froc sans prévenir.

C'est ma bite après tout, je la regarde quand je veux.

Je pousse un cri en voyant son état.

- Mais qu'est-ce que t'as fait ?!

- Mais rien, j'ai rien fait ! Toi, qu'est-ce que t'as fait ?

- Mais rien non plus, idiote ! Je suis dans ton corps ! C'est ta clope, c'est ça ? C'est elle qui me donne des boutons sur la bite ! Je dois faire une allergie ! Je crie avec hystérie tandis qu'elle essaye de me faire entendre raison.

On se tait finalement et je me repenche sur ma bite pour examiner les dégâts.

- Arrête ça, je fais en voyant Georgette commencer à se gratter.

- Ca me démange ! Se défend t-elle.

- Oui bah arrête. Tu vas empirer les choses.

Elle grince des dents.

Approche sa main, enfin la mienne, pour se gratter de nouveau- mais je lui donne une tape sur la main.

Qu'elle ne rapproche pas mes mains de ma bite ou ça va finir mal !

Elle grogne et rétracte ma main.

- Ca me paraît bien être de l'herpès, je lâche après un moment.

Satanée Bellatrix.

C'est sûrement elle qui me l'a refilé à coucher avec tout ce qui traîne.

Ou alors c'est la cuisine portative d'Avery. Mais elle était plutôt bien entretenue avant qu'on y mette le zouk donc j'en reviens à ce que je disais : Satanée Bellatrix.

Elle va m'entendre quand j'aurais récupéré mon corps !

Elle et ses deux amants de Lestrange... Je vais leur faire un cours d'éducation sexuelle, ils m'en diront des nouvelles.

- Oh non mais c'est pas vrai ça ! Se lamente t-elle. Pourquoi ça t'arrive maintenant ?

- Bah, tu crois que ça me fait marrer toi, d'avoir tes périodes ?

- Toujours mieux qu'avoir tes couilles qui grattent ! Se plaint-elle.

- J'ai mal aux dos et j'ai mal aux seins !

- Pauvre petit, renifle t-elle.

Avant de me prendre par les épaules et de me secouer :

- TU VAS ME GUÉRIR ET PLUS VITE QUE CA !

...

Je préférais quand elle me donnait des coups de casseroles. Ca me donnait moins le tournis.

Mais évidemment, maintenant que je suis dans son corps, elle fait gaffe à ce qu'elle fait !

Égoïste.

.

.

- Et je dis quoi, moi, à Bellatrix, si tu viens pas à la réu de demain ? Me demande Antonin tandis que je sors les poubelles.

C'est là qu'on se retrouve pour parler logistique.

Bah oui, Thorfinn est toujours flanqué chez eux à arroser ses piments d'espelette sur le balcon, impossible d'avoir de l'intimité.

Alors, on s'arrange pour sortir nos poubelles tous les jours à la même heure. Ca permet de ne pas éveiller les soupçons de Thorfinn même si Antonin m'a dit que son coloc lui avait dit que c'était quand même pas souvent qu'il se réjouissait autant d'aller sortir ses poubelles à vingt-trois heures.

Il fait ce qu'il veut, j'ai envie de dire.

Moi, j'adore sortir mes poubelles !

Ca me fait prendre l'air et ça sort un peu le chat.

Parfois, on fait des rencontres.

- Bah euh... Tu lui dis que j'ai une infection à la bite et que c'est très grave.

- Pas sûr qu'elle tolère cette excuse, me dit-il.

- Crois-moi, elle la tolérera. Elle saura d'où ça vient.

Il fronce des sourcils mais ne cherche pas plus à se renseigner.

- Qu'est-ce qu'elle saura d'où ça vient ? Demande Thorfinn en se ramenant dans notre dos.

Je me tends.

J'en ai marre de ces gens qui se permettent toujours d'interrompre mes conversations !

- Euh, ma mère. Elle saura d'où vient ma... mon... mes...

- Ses faux seins, termine Antonin pour moi.

- Exactement !

- Elle comptait se prendre du gras dans les fesses pour gagner un bonnet, développe t-il.

- Ouais !

Thorfinn hausse un sourcil en nous regardant tour à tour. Il s'arrête sur Antonin.

- Et tu discutes souvent de ce genre de chose avec la voisine cracmolle ?

- Bah euh... ouais, je réponds à sa place. Il me disait justement que lui aussi aimerait bien se prendre du gras dans les fesses pour s'allonger le pénis ! Vu qu'il complexe sur sa taille, j'explique tandis qu'Antonin serre les dents.

Je sens qu'il aimerait bien me casser la gueule mais qu'il se retient sévère, pour le bien commun.

...

Ne nous réjouissons pas trop vite. Il va sûrement m'en allonger une quand Thorfinn sera parti.

Et bien...

Rien que pour la gueule qu'il a tirée, je ne regretterai rien !

.

.

- Je pue et j'ai les cheveux gras.

- Je m'en fiche.

- Si ça continue comme ça je vais finir par me prendre pour Rogue.

- Et alors ?

- Et alors t'as envie qu'on te confonde avec lui ?

- Je sais pas qui c'est.

- Un moche aux cheveux gras qu'était censé nous envoyer du polynectar.

- Ah, lui, dit-elle sans me regarder et en tournant les pages de son magasine.

- ...

- ...

- Mais je t'ai déjà vue à poils ! Je m'exclame de nouveau. Qu'est-ce qu'on s'en fiche que j'aille me laver !

- J'ai pas envie que tu te touches sous la douche ! Elle me hurle, impitoyable, en abattant son poing sur la table.

Ca la hante tellement que depuis le début de cette mésaventure, elle préfère qu'on dorme ensemble. Pour me surveiller, qu'elle dit soi-disant. Mais c'est juste qu'elle ne peut plus retenir son désir, oui.

Encore quelques jours ou quelques semaines et c'est bon, je me la tape !

Et avec un peu de chance ensuite, ma petite obsession la concernant sera terminée et je me débarrasserai d'elle.

- ... Et si tu me frottes et que je ferme les yeux ?

.

.

- Sérieusement, tu veux pas qu'on baise ?

- Avec l'état de ta bite ? Non.

Ah oui. C'est un refus qui me paraît raisonnable.

- Mais quand elle sera guérie ?

- Toujours non.

- Mais putain, je me fais chier !

- Et alors, tu crois que c'est pas mon cas ?

- On se fait pas chier quand on est un Wilkes.

Bon. Mis à part les réunions. Mais au moins, entre le boulot et les missions, j'ai des occupations ! L'autre, à part dessiner et refourguer son shit, elle ne fait pas grand chose.

Et en plus, j'ai mes règles... Le calvaire... J'ai ma serviette qui me rentre dans le cul et Georgette refuse d'aller m'acheter une potion pour empêcher les écoulements... Elle dit que ça rend stérile... Je m'en fous, elle n'a qu'à adopter.

Oh et puis, qu'est-ce qui m'empêche de me trouver un fétichiste des règles pour niquer ? Bryan, par exemple !

...

Mais pas envie de coucher avec Bryan moi. Bigre. Rien qu'y penser, j'en ai des frissons.

En fait, à la réflexion, j'ai envie de coucher avec personne en particulier. Juste moi-même. Enfin Georgette quoi. Dans mon corps. Parce que c'est pas parce que je suis tout à coup dans le corps d'une femme que je vais me mettre à coucher à droite et à gauche hein ! Et encore moins des hommes.

A la rigueur...

- Tu sais où on peut trouver un bar de lesbiennes ?

- Non.

- Je croyais que t'aimais autant les femmes que les hommes !

- J'ai menti.

- Tu mens bien quand ça t'arrange, toi, j'éructe en me renfonçant dans le canapé, boudeur.

Ca pue le moisi dans cette baraque.

- Quand est-ce qu'on bouge ? Quand ?!

Je tourne comme un lion en cage là.

Je vais finir barge.

.

.

Bon, finalement on est allés se poser au parc.

Super. Le passe temps des glands qui n'ont rien de mieux à faire de leur journée.

Georgette s'est dit que ce serait pas mal de m'y apprendre à faire du vélo si je suis condamné à rester dans son corps.

Pas mal pour elle, oui.

Tout le monde se fout de ma gueule pendant qu'elle essaye de me convaincre de monter sur la selle.

Il y a même des mioches qui me sifflent ! Ah, si j'avais ma baguette, ceux-là, ils feraient moins leurs malins. Heureusement que personne ne sait que c'est moi dans le corps de Georgette. Ma dignité en prendrait un coup.

- Tu ne vas pas me laisser tomber, hein ? Je m'assure tandis que Georgette va pour me pousser.

Ne la laisse pas tomber, elle est si fragile... être une femme libérée... tu sais, c'est pas si facile...

- Non.

- Tu le jures ?

- Oui !

- Bon.

Elle commence à me pousser et ça me fait un peu peur au début mais finalement je m'habitue.

Ca ne dure pas longtemps. Elle arrête de me pousser et je fonce dans un arbre.

- Les freins ! Les freins ! Je t'avais dit de te servir de tes freins ! Dit-elle après que je me sois ramassé par terre sous le rire des enfants du quartier.

- Non, tu m'as dit de pédaler !

- Mais on continue pas de pédaler quand on se rend compte qu'on va se prendre un arbre !

- Ouais bah... t'avais dit que tu me laisserais pas tomber !

- Au début oui ! Mais faut bien que tu finisses par rouler tout seul.

- Facile à dire ! Je marmonne tout en m'énervant sur son vélo. Tiens, voilà ce que j'en fais de ton engin ! J'ajoute en donnant un coup de pied dans les roues. Je ne passerai pas une minute de plus dessus !

- Énervée, ta copine, rigole un gars en nous passant devant.

- JE SUIS PAS SA COPINE PUTAIN ! Hurle Georgette avec de grands mouvements de bras.

Le gars la regarde bizarre - enfin il regarde mon corps, quoi -, hoche la tête avec un sourcil sceptique, et s'éloigne à pas pressés.

- On se casse, dit Georgette en serrant les dents. Y'aura moins de monde au skatepark.

- Le quoi ?

- Le skatepark, elle répète comme si j'étais con. Je vais commencer par t'apprendre à faire un Ollie et après si t'es pas trop nul on tentera le regular ou le goofy.

- Quoi ?

Je comprends rien, moi, à son jargon de cracmolle ! Elle peut pas utiliser des mots simples ?

...

- Bon, je vois qu'entre le patin à glace, le vélo et le skate, le sport, toi, ce n'est pas trop ton truc, commente Georgette quelques temps plus tard.

- Sans blague, je gronde en me massant le derrière.

Elle s'arrête et me jette un regard circonspect.

- Oh ça va ! Je me défends en levant les bras. J'ai le droit de me frotter le cul quand j'ai mal ! Tu grattes bien mes couilles, toi.

- Je me les gratte pas en souriant bêtement.

- Je ne souriais pas.

- Mais oui.

- T'es parano.

- C'est cela.

Elle me jette un dernier regard et récupère son vélo. Je monte à l'arrière, elle s'installe sur la selle.

- Pas d'accident hein ? Je lui dis tandis qu'elle commence à pédaler. C'est pas le moment d'emboutir quoi que ce soit !

.

.

- J'ai une idée ! S'écrit soudainement Georgette en se levant du canapé. Enlève ton pantalon.

Je la regarde, un sourcil haussé.

C'est trop beau pour y croire.

- Quel genre d'idée ?

- Une idée qui va te plaire, elle m'annonce toute fière. Reste ici et fais ce que je t'ai dit, je reviens tout de suite.

Elle se barre dans la salle de bain.

Je me demande ce qu'elle prépare...

Elle est peut-être d'humeur à me lécher le vagin ?

Non, quand elle revient, c'est avec son kit d'épilation.

- Tu voulais que je m'épile alors je vais m'épiler ! Puisque t'es dans mon corps, autant que ça serve et que tu souffres à ma place. Tu vas voir, on va se marrer ! Elle ricane joyeusement en commençant à sortir ses bandes.

Je m'empresse de remettre mon fûte et de partir en courant. Manque de chance, elle me rattrape avant que j'ai eu le temps de me réfugier dans sa chambre. S'emparant de ma baguette et murmurant quelque chose, elle me ligote magiquement à une chaise et m'adresse un sourire flippant.

Une dictature, je vous dis !

Une dictature !

.

.

- Ridicule ce méchant. Mais alors franchement ridicule, je commente à voix haute tandis que le film se joue.

- Chut ! Font les gens autour de nous.

Et Georgette me donne même un coup d'épaule.

- Ah, ça va hein ! On peut bien donner son opinion !

- Non, on peut pas, siffle quelqu'un. Tiens ta femme en laisse, toi ! Ou je lui balance mon coca à la gueule !

- Essaye un peu ! On s'énerve d'une même voix avec Georgette.

Mais elle me force quand même à fermer mon clapet en posant sa main sur ma bouche. Je lui jette un regard noir et me renfonce dans mon siège.

Si vous n'avez pas compris, elle m'a emmené dans ce truc moldu où il passe des images qui bougent et qui racontent des histoires. Là, on est en train de voir un truc bizarre, avec des vaisseaux spatiaux et des gens qui se battent avec des bâtons lumineux. Ce que je trouve encore plus stupide que se battre avec des épées.

En plus, le héros est chiant et con. Normal vous me direz, c'est un gentil. Donc par définition, c'est forcément quelqu'un de chiant. Et con, du coup, parce qu'il laisse un petit bonhomme vert lui enseigner le combat. Alors que le bonhomme, on dirait un elfe ! Il est bête ou bien ? On suit pas les enseignements d'un elfe, c'est n'importe quoi ! Comme si moi, j'allais demander à un elfe de m'apprendre à tenir une baguette ? Enfin, c'est aberrant ! Et ce n'est pas sa couleur de peau qui va changer les choses, à ce nabot. Regardez-le avec sa touffe qui lui sort des oreilles en plus. Qu'il la coupe, ça lui fera du bien. Et puis pourquoi il parle à l'envers aussi ? C'est assommant, pas que ça à foutre d'essayer de comprendre ce qu'il raconte ! Un elfe vert qui philosophe. On aura tout vu. Qu'est-ce que le scénariste a fumé en pondant cette histoire ?

Je tourne ma tête pour voir ce qu'en pense Georgette mais elle est à fond dans le film depuis que le pilote de vaisseau est revenu.

Si c'est à ça que je ressemble quand je tombe en pâmoison devant une fille, foutez-moi un sac sur la gueule et qu'on en finisse. J'ai l'air d'un niais, c'est débectant.

Et qu'est-ce qu'elle lui trouve aussi, au conducteur de soucoupe ? La fille, je veux bien comprendre qu'elle est bonne. En plus, elle a du piquant. Et moi, j'aime les filles qui ont du piquant. Enfin du piquant sans être poilues. Bref. Le gars, lui, est franchement ringard et il est toujours à la harceler.

Bah tiens. Ils s'embrassent.

Comprends pas pourquoi. Quand je harcèle Georgette, ça ne nous mène à rien.

- Ce film n'est franchement pas du tout représentatif des dynamiques de couple compliqués ! Je souffle à Georgette en me penchant vers elle.

Enfin. En me penchant. En me rehaussant quoi. C'est moi la plus petite des deux, maintenant.

"La plus petite"... Voilà que je me mets à parler de moi au féminin. Alors là, ça ne va plus, mais plus du tout du tout.

JE VEUX MA BITE PUTAIN !

RENDEZ-MOI MA BITE !

- Tais-toi, me sermonne Georgette, agacée de se faire interrompre toutes les dix minutes. Va y avoir de l'action, je ne veux pas louper la castagne.

- Si tu veux de l'action, viens avec moi au lit.

- Non !

Je lui fais un sourire que j'espère charmeur - pas évident de savoir, c'est la tête de Georgette -, et pose ma main sur son entrejambe. Enfin la mienne, vous savez. Elle se tend et ses mains se crispent sur l'accoudoir.

- Je sais que t'en as envie, je susurre.

Mon herpès est parti, on a mis un bon onguent magique dessus qui m'a coûté la peau du cul.

Maintenant, il faut rentabiliser. Donc, on va en profiter. Et après tout, qui sait quand est-ce que ce sort se terminera, s'il se termine un jour ?

- Non, tu sais pas. Et arrête de te croire à l'abri d'une bonne baffe maintenant que t'es dans mon corps parce que ça va finir par partir, ajoute t-elle en ôtant ma main sans douceur.

- Tu n'oserais pas.

- Si. Je me gênerai. Et je te rappelle au passage que je suis capable de te lancer des sorts, maintenant. Donc tu te tiens tranquille ou je te pétrifie jusqu'à la fin du film.

- Tu connais pas la formule.

- Si, je la connais. Et j'ai une bonne mémoire des gestes, je te déconseille de me tester.

- ... Toute façon c'est de la merde, ton film, je dis en croisant les bras.

Je préfère regarder ses seins.

Vous saviez ?

Quand on croise les bras, ça les met en avant !

Hé hé hé !

...

Et tiens, revoilà le méchant ridicule. Qu'est-ce qu'il a à se trimbaler partout avec une boîte de conserve sur la tête ? Il est sponsorisé par Bonduelle ?

Ah !

Il vient de couper le bras du gars chiant avec son bâton lumineux. Ç'aurait pu être pas mal s'ils avaient mis plus de sang. Et puis ça ne crie pas assez. J'ai connu des mecs avec le bras coupé qui gueulaient davantage. C'est plus drôle en vrai, vous savez ? Là, ils ont loupé leur effet. On sent qu'on ne regarde pas ce film pour l'esthétisme visuel. A part la nana bonne, bien sûr. Elle, je veux bien avoir son numéro de cheminette.

- Et c'est quoi le côté obscur ? Je demande en me tournant de nouveau vers Georgette. C'est son cul ? Et maintenant il dit que c'est son fils ?

Le fils du gars, hein, pas de son cul.

- Mais si c'est son fils, pourquoi il lui a coupé le bras ? Pas très orthodoxe, comme méthode d'éducation. Et les miennes sont peut-être bizarres mais au moins je ne découperai jamais mes enfants en rondelle !

En plus, maintenant que je suis parrain, il faut que je me montre exemplaire.

Imaginez par exemple que Rogue soit considéré comme un meilleur parrain que moi ? La honte !

- ... Et tiens, pourquoi il regarde le vide, l'autre, maintenant ? Il veut se suicider ? Vraiment, je ne comprends pas ces moldus. Tout un film pour voir le héros se suicider à la fin... Tu parles d'une success story ! Y'a mieux à regarder pour se détendre l'esprit. Ils ne passent pas des histoires pour adultes, ici, par hasard ?

.

.

- T'étais où ? Tu faisais quoi ?

- Je prenais un verre.

- Avec qui ?

- Tes amis.

- Ok...

- Quoi ? Je me réveille soudain.

- Ben. Je suis tombée sur eux dans le couloir. Le gars qui les accompagnait, Ethan, a insisté pour que je traîne au bar avec eux.

- Mais fallait refuser ! Tu peux pas parler à mes amis comme ça !

- Je me suis dit que comme ça j'apprendrais à te connaître, elle ricane. Bon. Antonin n'était pas très chaud mais comme il ne pouvait pas l'ouvrir... J'ai profité de l'occasion.

Regard noir.

- Et vous avez parlé de quoi ?

- De nos vies sentimentales.

- Hein ?

- Ben oui, je ne voyais pas trop quoi leur dire alors j'ai pris des nouvelles.

- Mais quand on voit pas quoi dire, on ferme sa gueule, c'est tout !

Jamais je prends des nouvelles des gens, moi.

Ca m'assomme et dans le meilleur des cas, ça m'endort.

- Qu'est-ce qu'ils t'ont dit ?

- Et bien, apparemment, Ethan s'est fait larguer par Monique.

- Qui ?

- .. et elle a déserté.

- Quoi ?

- ... Et Bellatrix Lestrange et ton taré de maître veulent vous parler à tous les deux parce qu'apparemment c'est suspect que vos deux recrues aient déserté. Ils se posent des questions sur votre compétence à transmettre la passion du métier.

- QUOI ?

Oh putain mais qu'est-ce qu'on va faire ?

Qu'est-ce qu'on va faire ?!

Faut qu'on fasse nos valises et qu'on se casse très loin d'ici ! Je panique, prêt à me lever et à abandonner les lieux.

- Ahah, je rigole, dit Georgette en se marrant. Tu marches pas, tu fonces dans les choses, toi ! Pour Bellatrix et ton mage noir, c'est pas vrai. Monique en revanche a bien déserté. Le pauvre Ethan est dans tous ses états ! Tu devrais le surveiller. Il serait capable de faire une connerie.


Références :

- The Hot Chick, un vieux film pour ados avec Rachel McAdams, que j'ai regardé en désespoir de cause il y a des années mais qui m'a inspiré le thème du swap body et la scène avec les règles. Le swap body, je crois que c'est un thème assez exploité sur le site, enfin quand j'étais au collège il me semble avoir lu un ou deux Jily dans lesquels James et Lily échangeaient de corps. Et en fait, c'est marrant, parce que j'avais déjà commencé à écrire des scènes de ce chapitre avant que Les Dissociés ne sorte, donc quand j'ai vu le film des Suricate l'année dernière j'étais à moitié pliée/à moitié frustrée de ne pas avoir sorti mon chapitre avant.

- Friends (Wilkes qui sait pas faire du vélo, ça vient de Phoebe)

- Star Wars, Episode V, l'Empire contre-attaque. J'ai cherché quels films se déroulaient en 1980 pour écrire ce passage et c'était soit ça soit Shining.

- Femme libérée, de Cookie Dingler. Obligée.

- Le Monopoly où tu crèves : notre première fic avec Eve, il me semble que c'est là-dedans qu'Eve mentionne le chapeau qui sait tout, ou qui comprend tout...

- Biophologie de Eve, pour la référence à Ethan et Monique. Et je reprécise en passant que je fais juste des clins d'œil à sa fic hein, je ne reprends pas forcément tous les éléments qu'elle traite et je ne cherche pas à être en raccord avec la fin qu'elle a écrite. Même s'il y a des ressemblances. Niveau temporalité, notamment, on ne se respecte pas du tout entre nous.