Mon rire, fou, désespéré, se répercute dans toute la pièce. Au sol, Eddie se débat de toutes ses forces avec lui-même. Moi, je le regarde avec dédain, et folie, l'air tout bonnement ravi de l'avoir trompé sur toute la ligne.

Je sais qu'en ce moment-même, son âme se déchire. Ses gestes, son aide, tout, tout ce qu'il a fait pour moi, il s'en souvient. Il revoit tout ce que nous avons vécu tous les deux, imaginant à chaque détail une nouvelle preuve de ma perversité. Jusqu'à ce que je devienne un monstre pour lui. Tout simplement.

Alors, lorsque je sens qu'il a bien mijoté sa colère, je passe ma main dans ma veste et sors nonchalamment mon calibre pour le braquer sur lui. Il me jette un regard partagé, où se dispute encore l'amour, la haine et surtout, une totale incompréhension. Je vais me faire un plaisir de lui inventer une bonne raison.

" Surpris ? J'ai tellement rêvé de ce moment, Eddie. Si tu savais comme tu me dégoûtes, avec ta douceur et tes manières de bonne femme dès qu'il s'agit de moi. Tu m'as toujours vu comme un gamin. Tu n'as jamais compris que, loin d'être une menace pour moi, tu étais ma proie principale. Je t'ai tant collé, abreuvé de belles paroles et de regards innocents que tu ne t'es jamais rendu compte de rien. "

J'éclate de rire, passant ma main sur mon visage, le sourire dévorant. Mes yeux, brillants de folie pure, sont agrandis par l'excitation, si bien que ma pupilles ne doit plus être qu'un point noir entouré d'un blanc laiteux, dans un regard d'animal enragé. Comme si j'avais totalement perdu le contrôle de moi-même.

" Que croyais-tu ? Que mes crises c'étaient vraiment arrêtées ? Non ! Non ! Je n'ai jamais autant souffert que ces dernières années, à les étouffer en moi. Vois-tu comme je suis stupide ? J'avais peur de te faire du mal ! (je pouffe) Quelle drôle d'idée ! Il faut dire que tu es tellement attachant... Mais je ne suis plus un gamin. Je sais tout sur ces boulots ingrats que vous m'avez refilé, Joe et toi ! "

Il écarquille les yeux à sont tour, et vivement, détourne le regard, comme frappé par la foudre. Inconsciemment, il se recroqueville sur lui-même sous mes obsidiennes incandescentes.

" Je sais tout, oui ! répétai-je. Et ça m'a détruit, dès le moment où je l'ai appris. Les langues se délient si facilement ici, comme après deux ou trois tortures... Je vous ai demandé, en toute innocence, de n'assassiner que des crapules irrécupérables. Au lieu de quoi, vous m'avez chargé de tous les meurtres qui servaient vos intérêts. Je n'ai été qu'un pion bien obéissant, trop aveugle, trop naïf, trop confiant ! Oh, mais je savais, je savais que je trouverais le moyen de me venger un jour !

- Black, tu te trompes, je n'ai jamais voulu... tente Eddie, rongé par la culpabilité.

- Jamais voulu quoi ? Me rendre fous de douleur, d'horreur ? Tu sais ce que ça fais de se haïr soi-même ? De savoir qu'à chaque fois qu'un connard te traite de monstre, il a parfaitement raison ? Que t'es un malade tellement atteint que tu fais honte à tes parents-même, que tu déshonores leur mémoire à chaque pas fait pour survivre dans ce monde de cinglés ? Non. Non, tu n'as jamais ressenti ça. La déception des autres, oui, parfois. Mais j'étais toujours là, moi, la pauvre pomme, pour te remonter le moral et t'acclamer à plein poumon. Mais quel con j'ai été !

- Black, il faut vraiment que tu saches que Joseph et moi on a toujours souhaité...

- Quoi ? Mon bonheur, c'est ça ? Et comment je pourrais être heureux en tuant des gens qui ne m'ont fait aucun mal, qui ne me connaissent même pas ? Eddie, ça me torture, tous les jours, encore plus maintenant, parce que j'ai la mort de compagnons sur mes épaules. C'est vrai. Je suis un salop qui nous a tous livré sur un plateau aux flics. Je voulais vous faire payer, à toi, Joe et Vic, même Larry savait ! Vous deviez tous mourir. Mais mon plan a été foutu en l'air dès l'instant où Joe a déchargé son gun sur moi. Je m'y attendais pas. Pas une seconde. "

Je continue de sourire et embrasse le canon de mon arme, sadiquement :

" Heureusement, les poulets se sont chargés de me venger en partie. Ils ont tué Joe pour moi. "

Il hoquette. J'ai frappé, fort. Pile dans la plaie encore fraîche. Toujours un peu ouverte, même si le sang à finit de couler. Il serre les poings et baisse la tête.

" J'avais l'intention, après m'être débarrassé de Vic, d'aller directement au poste de police pour voir si aviez bien tous été pris dans le filet. Mais j'ai eu comme l'impression que tu t'en serais sorti ... Si j'étais allé voir la police, j'aurais donné toute les preuves pour te faire tomber. Mais je suis là. Le hasard fait bien les choses, hein ? Alors j'ai une proposition à te faire. "

Je prends une pause douloureuse. Et tends la crosse de mon arme vers Eddie. Il sursaute et fronce les sourcil, toujours par terre. J'ordonne, tout sourires :

" Tue-moi.

- Pardon ?

- Tu as très bien entendu. Tue-moi. Je suis ton adorable petit frère. Ton père est mort. Il ne reste plus que nous deux. Tu veux te venger, non ? ET moi, je veux te voir assassiner le dernier membre de ta famille. (je me lèche les lèvres) Ta solitude sera ma récompense pour toute ces années où tu m'as trahi sans ciller.

- Et tu crois que je vais gentiment accepter de le faire ? J'ai un autre plan, moi.

Il frappe son poing contre la porte derrière moi. Seul mon revolver l'empêche de se coller à moi.

" Si tu veux me faire souffrir, alors je te demande de passer ta vie à côté de moi. Je vais te détester, comme tu le souhaites. Chaque jour, en voyant ton visage passer devant moi, avec ton sourire d'hypocrite, je me souviendrai de tous ceux que tu as tué. Et tu vas m'aider à descendre le policier qui nous a échappé. On va faire sortir Pink de taule et Larry et Orange de l'hôpital. Je vais leur répéter tes aveux. Et une fois qu'on sera tous réunis, on te tuera.

- Je crois que tu ne piges pas bien la situation. Je me fous des autres. Larry mérite d'être entre les doigts de la police. Orange, ce petit con, va apprendre qu'on ne s'associe pas avec des mafieux. Et Pink va payer pour toutes les fois où il s'est barré en laissant ses compagnons derrière. Toi tu vas me tuer. C'est toi qui doit le faire. C'est toi qui doit souffrir, seul. Je te connais bien. Si on attend, tu vas te convaincre que je fais ça pour ton bien. Que j'ai menti sur toute la ligne. Tu vas vouloir que je sois encore ton petit frère. Pas question. Tire-moi une balle dans la tête qu'on en finisse. "

Il a l'air encore hésitant. Allez, enfonçons le couteau dans la plaie. Je hausse les épaules, prêt pour le chantage.

" Au moins, tu pourras venger Joe. Si tu ne le fais pas, j'irais me livrer à la police. Puisque ça n'a pas l'air de te gêner que la police venge un gangster parce que ses proches sont trop faibles pour le faire... "

L'électrochoc est passé. Le rouquin a changé d'expression. Il n'y a plus que de l'animosité et une souffrance immense dans ses yeux. Des yeux qui crient vengeance. Il saisit brusquement l'arme, me l'arrachant des mains plus qu'autre chose. J'arrête de sourire et fixe mes yeux, redevenus doux, dans les siens, trop durs.

" Si je te tue, qui va se livrer à la police ? demande-t-il pourtant.

- Apporte mon corps, dis que je suis un connard qui a tout manigancé et tout fais capoté et ça ira. Les morts ont bon dos, ici.

- A t'entendre, tu n'es qu'une pauvre victime.

- Mmm, comme tu es méchant maintenant. J'aurais peut-être dû te violer, finalement. Tu avais l'air d'avoir tellement besoin de moi, avant cette foutue mission. "

Il rougit, puis pâlit terriblement à ce souvenir. Oui. Je suis le dégueulasse petit gay sadique et manipulateur. Tout ce qu'il déteste. Il lève le revolver. Retire la sécurité.

Bizarre. Je n'ai pas peur. Je vais mourir et je n'ai pas peur. Est-ce parce que c'est lui qui tient l'arme ? Peut-être. Je n'ai pas envie de réfléchir. Mes épaules, mon visage, tout mon corps se détend soudain et mon sourire s'affirme. Je vais enfin être libéré.

Mais non. Il détourne le regard et abaisse son arme. Je le regarde sans comprendre. Eh bien, qu'est-ce qu'il attend ? Il garde les yeux bas et murmure :

" Va-t-en.

- Quoi ? répétai-je, le cœur s'emballant.

- Je t'ai dis de dégager ! " hurle-t-il en relevant la tête.

Ses yeux injectés de sang, fous, complètement fous de douleur et de haine, me font reculer. Le temps que je reprenne le contrôle de moi-même, je suis sorti du bureau et cours dehors, dévalant les escaliers à toute vitesse. Ce n'est que bien loin du QG que je m'autorise à reprendre mon souffle. A ce moment-là seulement, je réalise pleinement ce que j'ai fait à Eddie. Je l'ai détruit. Exactement comme l'a fait Vic avec moi, pendant tout ce temps. J'ai détruit mon frère en dix minutes. J'ai saccagé tout ce qu'on avait, écrasé ses sentiments, écorché tout son amour, réduit en cendres tous ses espoirs. J'ai fait ça.

Mes larmes coulent. Me voilà seul, à nouveau. Comme après la mort de ma mère, de mon père. Cette peine immense qui m'engloutie. Une plante carnivore qui referme ses pétales avec douceur pour mieux m'étouffer à l'intérieur. J'ai mal ! Beaucoup trop mal ! Mon coeur est déchiré entre l'envie de retourner sur mes pas et supplier Eddie de me pardonner, de dire que j'ai tout inventé, que je ne veux pas qu'il me déteste... J'ai besoin... J'ai besoin que quelqu'un m'aime encore...

J'ai besoin d'aide ! crit ma conscience à l'agonie, alors que je m'effondre lamentablement dans une ruelle. Et soudain, comme illuminée au milieu de mon esprit brouillé, malmené, alarmé, une image. Une seule image. Folle. Désespérée. Mais c'est tout ce que j'ai. Je ne m'en sortirais pas cette fois. Pas sans personne.

Je me redresse et me dirige en vacillant vers mon dernier refuge.

...PDV de Vic...

A mon réveil, je sens contre mon torse un chaleur douce et souple, et ça suffit pour me tirer un sourire. Un sourire apaisé. Serein. Heureux. Heureux, vraiment ? Oui, on dirait. Dire que je n'ai pas encore ouvert les yeux. Comment mon cœur peut palpiter autant, comment se fait-il que je ne puisse pas arrêter de sourire, juste parce qu'il est toujours endormi dans mes bras ? Presque inconsciemment, je le serre un peu plus contre moi.

Puis, je me rends compte que je ne sens pas ses cheveux me chatouiller le menton, ou son nez niché dans mon cou, pas plus que ses jambes enroulées autours des miennes. J'ouvre les yeux. Mon hurlement de rage doit bien résonner jusqu'à l'autre bout de la ville. Ce sale petit con s'est barré ! Je jette l'oreiller à travers la pièce et bondis hors du lit.

L'armoire est restée ouverte. Il a fouillé dans mes affaires, le fumier. Je passe la main sous le lit et retiens un deuxième rugissement. Il a pris mes guns. Mais à quoi il pense, bon sang ? Je blêmis. Et s'il avait recommencé son numéro de suicidaire ? Je me précipite dans la salle de bain. Mais rien, à part les flaques d'eau fraîches d'hier. Je descends à la cuisine. Tous les couteaux sont là, et il n'y a trace nulle part d'un corps ou de sang.

Je tourne encore un moment comme un furieux dans la maison, puis finis par m'effondrer sur une chaise. L'angoisse me tord le ventre. Mais qu'est-ce qui se passe ? Il était plus faible qu'un chaton hier, et là, il parvient à s'enfuir, juste comme ça ? C'est qu'il n'a pas l'intention de revenir. Il ne risquerait pas de se faire enfermer à nouveau ici, s'il est trop faible. Il reviendra peut-être me narguer plus tard. S'il revient.

Merde, mais qu'est-ce que ça change ? Je ne savais pas quoi en faire, de ce gars, il est parti, c'est parfait ! La police va bientôt se lasser de poursuivre des fantômes. Je pourrais m'établir ici, ou ailleurs, et continuer à profiter de la vie. J'ai appris que la patience et la liberté de mercenaire étaient les clés de la survie parmi les gangsters, plus que l'intelligence ou la roublardise. Et donc, qu'il ne fallait jamais rester très longtemps avec le même patron.

Vincent. Mon petit frère, est mort comme ça. Trop obéissant, trop inconscient. Il s'est fait dézinguer lors d'une mission par un gars encore plus fou que lui. Ça fait déjà cinq-six ans. Dire que Black a deviné seul que j'avais un frère. S'il avait su pour Vincent, l'aurait-il utilisé contre moi ? Sûrement. Pour que je ne fasse pas tout capoter. Parce que la réussite de la mission, ça voulait dire ramener son équipe entière, pas seulement les diamants.

Alors où pourrait-il aller le connaissant ? Au QG ? Non, il aurait pas fait cette connerie ? Étrangement, je n'ai pas l'impression que ce serait la meilleure idée qu'il ait eu. S'il veut quitter le gang, il a tout intérêt à s'enfuir sans se retourner. Ouais. Je dois me rendre à l'évidence. Il ne reviendra pas.

A l'instant où je me résouds à me faire oublier et ne pas partir à la poursuite de Black, la porte d'entrée claque. Je bondis sur mes pieds et me faufile à pas de velours dans le couloir, un couteau à la main. Qui cela pourrait être ? La police ? Eddie ? Mais dès que je vois la forme vêtue de noir effondrée contre la porte, je lâche mon arme et me précipite.

Juste à temps ! Black s'effondre dans mes bras, l'air complètement shooté. Et après quelques secondes où je vacille pour retrouver mon équilibre, ployant sous la masse du jeune homme, je me rends compte qu'il s'accroche fermement à moi. Ses ongles s'enfoncent dans mes épaules, et il refuse de se décoller de mon torse.

Je ne comprends plus rien. Hier encore, j'étais son pire ennemi. Qu'est-ce qui a bien pu lui arriver, pendant que je dormais ? Je doute soudain qu'il ait rejoins le QG. Si ça avait été le cas, connaissant Eddie et Joe, il les aurait retrouvé là-bas, une bière à la main et une carte de la ville sous l'autre, cherchant activement où nous aurions pu nous cacher.

Puis je sens des larmes rouler le long de mon cou et je me fige, la respiration coupée. Les épaules du brun tressautent dangereusement, et en tendant l'oreille, me parviennent des reniflements étouffés. J'écarquille les yeux. Black... pleure ? Je jette un regard rapide vers la fenêtre. Non. Il ne neige pas. Pourtant, ma chemise lentement mouillée n'en démorde pas : le jeune homme est bien en train de pleurer dans mes bras.

Maladroitement, je lui tapote le dos alors qu'il me colle encore plus. Une chaleur grandissante monte en moi, et je me prends à sourire aussi bêtement que ce matin. C'est grave. Je suis heureux. Heureux parce qu'il pleure dans mes bras. Les miens. Pas ceux d'Eddie ou qui que ce soit d'autre. Les miens.

" Joe... chevrote-t-il tout contre mon épaule trempée. Joe est... mort..."

J'arrête de respirer. C'est une blague ? Ce vieux renard ? Mort ? Non, y'a erreur sur la personne.

" J'ai vu Eddie au QG (Merde, il y est bien allé !). Il est dévasté. (Tu m'étonnes...) Je lui ai dit que c'était moi la balance et que je t'avais tué, aussi. Du coup, il a la haine contre moi.

- QUOI ? beuglai-je.

- Je voulais juste protéger Larry et Freddy...

- C'est qui eux ?

- White et Orange si tu préfères.

- ...Tu me donnes leurs noms comme ça ?

- Joe n'est plus là pour me l'interdire. " renifle-t-il, un peu remis de sa crise de larmes.

Une mèche noire glisse tout à coup sous mon nez sensible, effleurant mes souvenirs à son odeur. Une odeur de cigarette. Et du parfum d'Eddie. La colère m'envahie brusquement, sans prévenir. Mon cœur gronde, tandis qu'insensible au changement qui s'empare de moi, Black s'écarte, essuyant pudiquement ses yeux d'onyx, encore rouges des larmes versées. Lorsqu'il fait mine de se détourner de moi et me passer devant pour rejoindre l'étage sans un mot, j'explose.

Un battement de cil plus tard, je l'ai violemment plaqué contre un mur et commence à lui arracher son pantalon. Fou. Je suis complètement fou. Ce mec me rend fou. Surpris, il est long à réagir, mais quand il le fait, c'est pour déchaîner une grêle de coup de pieds dans mon ventre, ma tête et mon dos, jusqu'à ce que je ne puisse plus répliquer. Alors, seulement, il s'arrête, essoufflé, les yeux perdus, tremblant et hésitant, ne sachant plus s'il doit s'enfuir ou rester.

Je ne le laisse pas se décider, et repars à l'attaque. Cette fois, un peu moins pris au dépourvu, il décide lui-même de ne pas bouger et me donner le champ libre. Autant dire que je n'hésite pas à en profiter. Puisqu'il se donne, comment refuser quelque chose que je prendrais par la force, si ça n'avait pas été le cas ?

Il se laisse pousser dans les escaliers jusqu'à la chambre, où je l'étends sur le lit, frémissant d'impatience. J'ai complètement oublié la raison de ma colère, dont les restes me rendent plus brutal que je le voudrais pour ce moment. Il ne proteste pas. Il me regarde. Et je sens dans ses yeux qu'il a besoin, terriblement besoin de moi. De ma brutalité avec s'il le faut. Mais il a besoin de moi. Il sait que je suis là. Qu'il peut compter sur moi pour le serrer fort dans mes bras jusqu'à ce qu'il oublie sa douleur.

Et oui, j'ai osé ! xD Yann se repose sur Vic, j'avais tout prévu, je suis démoniaque ! Mouahaha !

La prochaine scène (vous vous en doutez, ô lecteur) est une scène de sexe. N'hésitez pas à passer au chapitre suivant si ça ne vous intéresse pas ! ^^

Bonne lecture à tous ! ;-P