Chapitre 20: « Je me détestais de l'aimer autant. »

Maintenant que je connaissais la vérité, ou du moins une partie, il fallait que je me souvienne. Et pour cela il fallait que j'aille voir une seule personne. Malefoy. Je courais presque dans les couloirs pour le trouver. J'étais si proche du but. Si proche de savoir ce qu'il s'était passé durant ces mois-ci. Je regardais à chaque croisement, dans chaque pièce. Je me maudissais de ne pas avoir pris la carte du maraudeur. Il ne pouvait tout de même pas se cacher bien longtemps. Mais après avoir cherché pour ce qui paraissait des heures dans tous les recoins du château, je le trouvai. Dans les toilettes des garçons. Passant un coup d'eau sur son visage. Les cheveux emmêlés. Je m'approchai sans faire un seul bruit. Doucement. Il leva son visage vers le miroir et me vit à travers. Il se tourna alors vers moi.

- Que veux tu Granger ? Marmonna-t-il.

- Me souvenir. Murmurais-je en m'approchant un peu plus.

Il fronça les sourcils. Il passa une main dans ses cheveux. Il paraissait gêné. Embarrassé.

- Tu ne peux pas me laisser dans l'ignorance. Rajoutais-je.

- De quoi parles-tu ?

- Ne me prends pas pour une idiote. Je sais tout. Et je dois me rappeler. C'est toi qui a lancé le sort. C'est toi qui dois me faire souvenir de tout ce qu'on a vécu. Tout ce qu'on a eu. Fais le.

Il soupira. Il s'approcha un peu plus et passa une main sur ma joue. Il posa son regard sur moi. Mon souffle était court.

- J'ai tellement voulu ce moment. Ce moment où tu me dirais que tu savais tout ce qu'il s'était passé et que je devrais te faire souvenir. Je l'ai tellement voulu, rêvé, imaginé et maintenant c'est en train de se produire. Mais j'ai bien peur que tu m'en veuilles après tout, après tout ce que j'ai fais. Car ce qu'on a fait avec Potter, qu'on le veuille ou non, est impardonnable. Alors tu sauras, car c'est ton droit de savoir. Mais tu regretteras. Tu verras, tu te diras qu'il aurait mieux valu que tu ne saches pas après tout.

Il sortit sa baguette et je l'encourageai du regard. Je voulais savoir malgré les conséquences que ça pouvait avoir. Je m'en fichais. Il la pointa et un léger filet argenté en sorti. Et ce fut comme beaucoup de souvenirs qui se bousculaient en moi. Ils se confondaient. Et je voyais tout. Je me souvenais alors. Notre affrontement d'idéologies en Défense contre les Forces du Mal, les toilettes, l'infirmerie, Halloween, puis quand il m'a embrassé alors que je ne le voulais pas, le cimetière des mangemorts, nos vendredis soirs passés ensemble, les danses, le whisky, puis la fois où il m'a réellement embrassé, ce qui était pour notre premier vrai baiser car on le voulait tous les deux, quand il m'a quitté et que le monde semblait s'effondrer, quand on a eu notre première fois à nous, notre première nuit ensemble, et enfin cette soirée dans la tour d'astronomie, quand il m'a fait oublier. Je sentais les larmes qui coulaient sur mes joues. Je me sentais trahie. Je me sentais humiliée. Je reculai de quelques pas. Infimes. Petits. Pas. Mais je reculai quand même. Je fixai Malefoy, les sourcils froncés, le regard haineux. Je n'aurais pas pu le haïr plus qu'à cet instant même. Je ne pouvais même pas décrire la façon dont je me sentais. J'avais été manipulée par la seule personne en qui j'avais réellement confiance depuis ce début d'année. Il s'approcha un peu plus.

- J'ai fais ça pour toi, pour ton bien. Commença-t-il.

- Comment oses-tu dire que c'était pour mon bien ? Crachais-je hors de moi. Comment oses-tu définir ce qui est bien ou mal pour moi ? Comment as-tu osé croire Harry quand il te disait que c'était pour moi, que c'était pour mon bien ?

Je serrai les poings. Je n'avais qu'une envie : éclater, crier, hurler. Je commençai alors à partir, je ne voulais pas exploser sous mes émotions, je voulais me contenir. Il me rattrapa par le bras.

- Non, Malefoy ! Maintenant, laisse-moi. Fiche moi la paix. Criais-je.

- Granger, tu ne peux pas... murmura-t-il.

- Je me fiche d'avoir le rôle de la méchante Malefoy. Je m'en fiche royalement. Laisse moi. Tu veux savoir pourquoi peut être je suis énervée ? Car tu ne comprends pas, car pour toi tu as fait ce qui était juste, tu t'es comporté en héros, c'est ça ?

- Peut être pas en héros. Mais je pensais avoir fait ce qui était juste.

- Tu m'as trahi ! Hurlais-je. Tu m'as faite oublier alors que je ne le voulais pas. Comment veux-tu que je te fasse confiance maintenant ? Tu m'as manipulée ! Réalise juste ce que tu as fais. J'étais bien avec toi. Tu ne pouvais pas sérieusement penser que me faire oublier me permettrait d'être heureuse. Ce n'est pas logique ! Donc maintenant laisse moi.

Il baissa son regard et lâcha mon bras. Je pris ceci comme son accord et je partis. Sans regret. Sans me retourner. J'avais peut être été dure, mais comment voulait-il que je réagisse ? Lui tomber dans les bras alors qu'il m'avait manipulé ? Je retournai dans la salle commune. Je ne voulais qu'une chose me jeter dans mon lit et ne plus voir la lumière du jour de toute ma vie. Je ne voulais pas sortir. Je ne voulais pas parler. Je voulais m'enterrer dans le dortoir. Je dit alors le mot de passe à la grosse dame et entrai dans la salle commune. Harry se jeta pratiquement sur moi.

- Qu'est ce que tu es allée faire ? Me demanda-t-il.

- Je suis allée me souvenir de tout ce qu'il s'est passé depuis ce début d'année. Vu que vous avez jugé Malefoy et toi-même de me faire oublier.

- Tu te souviens ?

- Bien sûr, Harry. Je ne comprends pas pourquoi vous êtes ennemis tous les deux. Vous faites la paire. La paire de manipulateurs, traîtres, menteurs. Crachais je.

Je partis vers mon dortoir alors que Harry me criait quelque chose que je n'entendis pas. Je courus presque jusqu'à mon lit. Je me jetai dessus et me laissai tomber. Je pensais alors. À tout. À rien. En début d'année j'avais besoin de quelque chose de plus, car ce que j'avais ne me comblait pas. J'avais trouvé Malefoy. Il était cette chose en plus. Il était différent. Peut être même trop. C'était peut être cela qui nous avait tué ? Je ne savais pas. J'étais un peu perdue. Puis je me mis à penser à lui. Je lui en voulais tellement. Dans toute cette haine, dans toute ce désespoir que je ressentais depuis le début de l'année j'avais oublier quelque chose qui était évident. Mais tout cela m'avait rendu aveugle. Totalement aveugle aux choses qui étaient pourtant évidente. Il était évident que je pardonnerai à Malefoy. C'était même sûr. Car il y avait une chose qui avait tout changé. Qui avait changé la donne. Et je me sentis tout à coup stupide de ne pas l'avoir vu, de ne pas l'avoir remarqué. C'était stupide. Et je ris. Oui je ris. Jaune. Mais je ris. Car j'étais stupide. J'était tellement idiote de ne pas l'avoir remarqué plutôt.

Oh oui, je détestais Draco Malefoy. Je détestais sa façon de parler. Je détestais sa marque des ténèbres au moins autant qu'il la détestait. Je détestais sa façon de se moquer de moi. Je détestais la façon dont il parlait de mes amis. Je détestais le fait qu'il soit ridiculement plus grand que moi. Je détestais tout chez lui. Je détestais son humour quelque fois douteux. Je me détestais de rire quand même. Mais le pire, c'est que toutes ces raisons là étaient futiles. Car dans le fond je détestais le fait que je ne le détestais pas. Je ne le détestais plus. Je me détestais de l'aimer autant.

« And I've been feeling everything from hate to love, from love to lust, from lust to truth, I guess that's how I know you. I'm in love now. »