Coucou mes chers lecteurs ! Oui, vous ne rêvez pas, je publie ce chapitre en avance ! J'en avais marre de vous faire patienter alors que j'ai finie ce chapitre, alors j'ai décidé de vous le donner maintenant.

Je dois vous apprendre aussi que j'ai crée une page Facebook pour vous donner toutes les informations relatives à mes fics, et surtout, pour ne pas vous faire attendre et vous donner les raisons de mes retards : adelysfanfic Si vous n'arrivez pas à lire le lien, il est sur mon profil.


Réponses aux reviews :

Max

Comme tu dis, elle l'avait prévenue, mais Theon est du genre borné, alors il n'a pas pris en compte ses avertissements. Dommage pour lui...:/

Bonne lecture !

Lya

Je ne pouvais pas imaginer Adélys avec une autre mère. C'était assez prévisible, c'est vrai, mais inconcevable que ce soit quelqu'un d'autres.

Bonne lecture !

Lol

J'aime beaucoup ton nom ;)

Moi aussi, la disparition de Jaime m'a attristée, mais je ne peux que m'en prendre à moi-même mdrr. Ne t'inquiètes pas, je ne l'ai pas tué. Mais ça ne veut pas dire qu'il ne risque rien.

C'est assez prévisible qu'elle se rende à Winterfell, puisque c'est là que l'histoire a commencé. Ca marque le début d'une autre période de sa vie, en quelque sorte.

A bientôt !

JuneParr

Je n'imaginais pas quelqu'un d'autres. Je sais que c'est assez prévisible, mais bon... C'était inconcevable que cela puisse être quelqu'un d'autres.

Bonne lecture !

Saura

Je suis impressionnée et flattée que ma fic te plaise et que tu l'ais lu d'un coup. Je suis ravie qu'Adélys te plaise. Elle plait à tout le monde apparemment ;)

A bientôt !

Nym

Je suis ravie que ce chapitre te plaise. J'avais un peu peur que les flashbacks ne plaisent pas trop, mais je suis rassurée de voir que tu les apprécies.

Bonne lecture !

Lyla

Pour être honnête, je ne peux pas te dire comment elle est apparu non plus. Je suis peut-être celle qui écrit, ça ne veux pas dire pour autant que j'en sais beaucoup plus que vous loll. Peut-être le découvrirons-nous un jour …

Bonne lecture !

Aricie

Ah, ses fameux cheveux rouges ! Je ne peux le dire moi-même pourquoi ils le sont loll. Il faut encore que je réfléchisse pour trouver une raison.

Bonne lecture, et à bientôt, je l'espère !

LittleFlicka

Merci pour ta review, ça me fait toujours plaisir.

Bonne lecture, et j'espère que ce chapitre te plaira !

Calypso2158

Hey, miss !

Je suis ravie que ma fic te plaise. Je dois admettre que la tienne me plait beaucoup, et c'est toujours avec une grande impatience que j'attends la suite :D

Je te remercie pour toutes les reviews que tu as laissé sur mes différentes fics, ça me fait très plaisir.

Bonne lecture, et à très bientôt !


Je dédis ce chapitre à LittleFlicka. Tu te rappelles quand tu m'as dit que je réunirais Adélys, et Jon à un moment donné. C'est le moment ! Ça ne sera peut-être pas aussi joyeux que ce que tu espères, néanmoins.


Chapitre 20

Nous avancions doucement sur la neige. Visenya me tenait la main fermement tout en regardant autour d'elle d'un air inquiet. Elle grelottait, comme moi. J'avais terriblement envie de la serrer contre moi mais je ne pouvais pas. Je devais rester vigilante au cas où on nous attaquerait. Nous étions dans un endroit dangereux, alors il fallait faire attention. Heureusement, nous n'étions plus très loin du Mur.

Voilà trois jours que nous avions quittés Winterfell, et que j'avais laissée mes dragons là-bas, sous la garde de Claris. Trois jours que nous marchions sans presque nous arrêter. Ce voyage était vraiment pénible, et éreintant. Je ne pensais pas que cela serait aussi difficile de rejoindre le Mur. Pourtant, je savais qu'il ne serait pas aisé de voyager avec une enfant. J'avais fait le choix de partir de Winterfell en connaissance de cause.

Ce choix n'avait pas été facile à faire. Pendant trois jours, j'avais réfléchis à ce que je devais faire. J'avais deux choix : rejoindre Jon au Mur, ou partir à la recherche de Jaime. Finalement, j'avais décidé de partir pour le Mur pour la simple et bonne raison que j'avais besoin d'en savoir plus sur les Targaryen, et Aemon Targaryen était en mesure de me fournir des réponses à mes questions. Âgé de 102 ans, il devait être une mine d'information. De plus, j'avais vraiment besoin de voir Jon. Malgré ces quelques années où l'on ne s'est pas vu, je l'aimais encore terriblement, même s'il était mon frère jumeau. Il me manquait, et chaque nuit sans exception, je rêvais que je l'empêchais de prendre le noir. Évidemment, personne ne savait rien de ceci, pas même mon propre mari.

C'était un peu étrange de dire que j'étais mariée. Les choses avaient tellement changés en si peu de temps. J'étais mariée à Jaime Lannister, et j'avais deux enfants incestueux. C'était à peine croyable. Si l'on m'avait dit ça quelques années auparavant, j'aurais ri au nez de mon locuteur. La jeune fille qui s'était faite attaquer par un sombre-loup n'avait plus rien à voir avec celle que j'étais maintenant. Pourtant, me revoilà en chemin pour le Mur ! J'espérais juste ne pas être confronté à un sombre-loup cette fois-ci.

Visenya se prit les pieds dans une branche d'arbre, et tomba par terre, poussant un petit cri mêlant surprise et douleur. Je l'ai aussitôt aidé à se relever, et ai examiné ses genoux, et ses bras. Elle n'avait rien. La neige avait amorti sa chute. Elle sanglotait doucement contre moi.

- Maman... Je... veux... papa.

Cela me brisa le cœur. Ne sachant pas quoi dire, je me suis contentée de la serrer fort contre moi.

- Veux voir papa, gémit-elle en enserrant mon cou de ses petits bras.

- Ma chérie, il faut que je vois quelqu'un au Mur, d'accord ? C'est ton... oncle, Jon.

Elle se dégagea de mon étreinte pour me regarder dans les yeux.

- Mais moi, je veux papa, souffla t-elle, ses yeux me suppliant.

Ça devait être dur pour elle mais je ne pouvais rebrousser chemin. Château noir n'était plus très loin. Pourquoi l'avais-je emmené avec moi, bon sang ? Elle ne méritait pas de vivre ça. La pauvre n'avait que 3 ans. J'étais la pire des mères. En emmenant Visenya, je n'avais pensé qu'à moi. Je voulais à tout prix revoir Jon, et la lui présenter. Je n'avais pas compris qu'elle avait déjà un père. Certes, ils n'étaient pas liés par le sang, mais ils l'étaient par le cœur. Ils s'aimaient plus que de raison. Jamais je n'aurais cru que Jaime soit si attentifs aux besoin d'un enfant. Même si ce n'est pas la sienne, il l'a considérait comme sa fille. Et ce n'était pas que pour sauver les apparences !Visenya n'était pas la fille de Jaime, et ça se voyait physiquement. Les cheveux noirs et les yeux oscillant entre le gris et le mauve de Visenya paraissait étrange étant donné que Jaime avait les cheveux blonds et les yeux verts, mais tout le monde s'en moquait. Tout le monde, sauf la reine qui avait tenté plus d'une fois de me faire avouer un adultère. Pour ma défense, je n'avais jamais commis ce crime. J'ai conçu Visenya avant même de savoir que j'allais me marier avec Jaime. Mais, comment aurais-je pu convaincre la reine ? Elle était têtue.

- Ma chérie, mon trésor, nous sommes plus très loin de Château noir, lui expliquai-je en lui caressant les cheveux. Quand on y sera, je discuterai avec certaines personnes, et on resteras quelques jours, puis on partira rejoindre Jaime. D'accord ?

Elle hocha la tête, refoulant les larmes qui lui montaient aux yeux. Je lui ai proposé ma main, qu'elle prit sans hésitation. Nous reprîmes la route en silence. Elle était courageuse, et j'appréciais ça. J'aurais dû réfléchir plus longtemps avant d'entreprendre ce voyage. J'aurais dû penser à ce qu'elle ressentirait. J'étais vraiment une mauvaise mère ! Mais, en même temps, je n'avais eu aucun exemple. J'avais appris le « métier » de mère par moi-même.

- Visenya, tu vois ce que je vois ? L'interrogeai-je en m'arrêtant soudainement lorsque je vis des formes se dessiner dans le brouillard.

- Qu'est-ce que c'est ?

Elle paraissait légèrement inquiète, tout comme moi. Je me demandais ce que ça pouvait bien être ? Des maisons ? Des sauvageons ? Intérieurement, je me suis traitée d'idiote. Les sauvageons vivaient au-delà du Mur. Alors, qu'est-ce que c'était ? Ça devait être vivant parce que ça approchait. Mon sang se glaça. Visenya n'osait même plus bouger.

- Ma chérie, il faut qu'on déguerpisse ! Lui lançai-je en tentant de l'emmener dans l'autre direction.

Elle refusa de bouger, pétrifiée.

- Visenya, il faut bouger ! Je ne sais pas ce que c'est, alors il faut bouger. S'il te plaît, ma chérie.

- J'ai peur, maman.

Je me suis abaissée à sa hauteur, et l'ai tenu par les épaules, tout en regardant tout de même les formes étranges qui commençait à se détacher du paysage. Elles avaient forme humaine. De loin, ses formes ressemblaient à des hommes, mais bien vite je me rendis compte que ça n'en était pas. Une dizaine de marcheurs blancs fonçaient droit sur nous. Je me suis raidit tout à coup, effrayée.

- Visenya, je veux que tu ta caches derrière un arbre, ou un rocher, et tu ne bouges pas tant que je ne t'ai pas appelé, d'accord ? Lui fis-je, prise de panique.

Elle hocha vivement la tête, faisant voler ses cheveux noirs.

- Vas-y !

Elle partit aussitôt en courant vers un rocher non loin de là. Se faufilant derrière, elle disparut complètement. Rassurée, j'ai dégainé mon épée. J'étais prête au combat. D'après Jon, l'acier valyrien était capable de tuer un marcheur blanc. C'est ce que nous allons voir. D'ailleurs, ceux-ci continuaient d'avancer, et ils étaient maintenant très près de moi. A quelques pas tout au plus. La peur m'enserra le ventre. Il n'y avait pas seulement ma vie en jeu, mais aussi celle de ma fille. Ce n'était pas rien. S'il n'y avait eu que moi, je me serais enfuie aussi vite que possible, mais... Comment le faire avec une enfant de 3 ans ? J'aurais dû la porter, et j'aurais fatiguée plus vite. Je devais me battre, je n'avais plus le choix. Si mon destin était de mourir ici et maintenant, alors je mourrais. Je mourrais en protégeant ma fille.

- Par tous les dieux ! Soufflai-je en voyant de plus près les marcheurs blancs.

Ils étaient effrayant, et impressionnant. Je ne pensais pas en rencontrer aussi tôt. Que faisaient-ils dans le Nord, dans les terres couronnés ? Une question que j'aurais aimé poser à Jon.

- Venez goûter l'acier de mon épée, souris-je en plaçant cette dernière devant mon visage.

Un premier marcheur blanc m'attaqua. Rapide, je lui ai coupé le bras gauche, puis la tête. Un de moins ! Malheureusement, je n'ai pas beaucoup de temps pour me réjouir. Cinq autres se jetèrent sur moi. J'ai paré tant bien que mal leurs attaques, mais il fallait avouer qu'ils étaient bien rapide, et je commençais à fatiguer un peu. Ça faisait des jours que je marchais, et je mangeais peu, offrant mes provisions à Visenya. Plus faible qu'à l'accoutumée, je n'ai pu leur résister bien longtemps. Ils me plaquèrent au sol, alors que six autres marcheurs blancs les rejoignirent. Me débattant, j'ai réussi à m'échapper du cercle qu'ils avaient formés, mais ce que je redoutais arriva. Un d'eux réussit à me blesser au bras. La lame de son poignard pénétra ma chair jusqu'à l'os. Ce fut avec de grands efforts que j'ai réussi à retenir un hurlement de douleur. Tout ce qui sortit de ma bouche fut un gémissement. Habile, j'ai réussi à me faufiler entre eux, mais un me rattrapa par les cheveux, et me plaqua de nouveau au sol. Mais, je n'allais sûrement pas me laisser faire. Roulant sur moi-même, je me suis relevée d'un bond, et leur ai fait face. Seulement, dans une de mes chutes, j'ai dû lâcher mon épée puisqu'elle n'était plus mes mains. Eh bien, bravo, Adélys ! Tu vas te battre à mains nus contre onze marcheurs blancs ! Autant dire que je n'avais aucun espoir d'en réchapper. Pourtant, je n'ai pas hésité une seule seconde à me défendre avec mes poings. Je n'allais pas me laisser me faire tuer sans réagir. Ce n'était pas mon genre. Non, j'allais me battre jusqu'au bout. Malgré les coups que je recevais, je continuais à me battre, tout en cherchant des yeux mon épée. Mais, malheureusement, mes coups ne servaient à rien. Ils ne sentaient même pas mes attaques. A quoi bon les frapper s'ils ne sentaient rien ? Je devais m'enfuir ! Mais j'étais entourée ! D'ailleurs, une question me vint à l'esprit : est-ce que les marcheurs blancs ont un cerveau ? Parce qu'ils avaient l'air d'avoir une tactique d'approche. Ils m'entouraient, et s'approchaient de moi pour me tuer. Il était difficile de pouvoir leur échapper, il fallait l'admettre. C'est pour ça qu'il me fallut quelques minutes de lutte pour pouvoir passer. Une fois libérée, je me suis mise à courir vers une petite forêt. Seulement, il y eut un problème. Un gros problème qui m'obligea à m'arrêter. J'avais une épée plantée dans le dos, et qui ressortait au niveau de mon abdomen. Mes yeux se sont écarquillés en voyant le sang jaillir de ma blessure, et tâcher la neige à mes pieds. Un gémissement de douleur m'échappa. C'est à ce moment-là que mes jambes choisirent de me lâcher. Que le sol semblait dur et froid lorsque mes genoux le heurtèrent ! Que la neige fut fraîche quand mon visage la rencontra ! Que la douleur fut insupportable lorsque l'épée dans mon corps bougea ! Ce fut alors le trou noir...

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Lorsque je repris connaissance, je n'étais plus dans la neige. Non, j'étais dans une sorte d'infirmerie, vu les lits que je voyais, et les instruments médicaux. En tout cas, ce n'était pas ce qui m'importait pas le plus. Non, je cherchais Visenya. Il me fallut quelques minutes pour m'apercevoir qu'elle était juste à coté de moi, et qu'elle dormait profondément. Elle avait de longues cernes sous les yeux, et elle était très pâle. Mon cœur se serra, mais j'ai tout de même poussé un long soupir de soulagement. Rassurée, j'ai pu commencer à vérifier chaque parties de mon corps.

Tout d'abord, j'avais du mal à remuer les lèvres, et ma gorge était sèche. De plus, mes membres semblaient glacé. J'étais en état d'hypothermie, sans doute. Une longue couverture épaisse recouvrait mon corps, m'empêchant de voir le bas de mon tronc, là où j'avais été le plus gravement blessé. Mon bras étant sous la couverture également, je ne pus vérifier son état. Dommage... J'aurais bien voulu soulever la couverture, mais j'étais incapable de bouger quoi que ce soit, à part la tête. Et pourtant j'avais essayé de toutes mes forces !

Je me demandais combien de temps j'avais pu rester inconsciente. Sûrement pas plus d'une journée. Ça serait étonnant que cela soit plus longtemps. Mais bon, je n'étais pas mestre. D'ailleurs, est-ce que j'avais été soignée par un mestre ? Bon sang, je ne savais rien, et je ne pouvais même pas bouger pour partir en quête d'information ! C'était vraiment frustrant ! J'avais désespérément envie de savoir qui avait pris soin de moi. Je n'ai pas eu à attendre longtemps avant de le savoir. Au moment où j'allais essayer de nouveau de bouger, la porte s'ouvrit sur un vieil homme qui devait bien avoir... oui, une centaine d'année. Il s'approcha de moi tout doucement, en touchant les meubles autour de lui pour se repérer. Il ne fallait pas être devin pour deviner qu'il était aveugle. Je l'ai donc reconnu.

- Aemon Targaryen, n'est-ce pas ? Fis-je d'une voix étrangement rauque lorsqu'il fut à mon chevet. Je suis donc au Mur ?

- C'est exact. Qui êtes-vous ? Votre enfant n'a pas voulu me le dire.

Visenya n'avait pas voulu dire mon nom ? Voilà qui m'étonnait beaucoup !

- Je m'appelle... Adélys.. Tar..garyen. Je suis .. la fille de.. Rhaegar.

Il sembla reconnaître mon nom, comme s'il l'avait déjà entendu quelque part.

- Adélys ? Vous êtes donc la sœur de Jon...

- Il vous a donc parlé de moi.

Il hocha la tête d'un air las. Il tâta mon front pour vérifier ma température, puis procéda à l'examen de mes blessures, me donnant le loisir de les voir pour la première fois. J'aurais dû m'abstenir. C'était moche... Et encore, le mot était faible comparé à ce que j'avais sous les yeux. J'avais soudain la nausée. J'ai préféré penser à autre chose.

- Est-ce que... que Jon est dans le coin ? Lui demandai-je, la curiosité prenant le dessus.

- Vous le verrez bien assez tôt.

Il ne dit plus un mot sur Jon, et replaça la couverture sur moi lorsqu'il eut fini de vérifier mes blessures. Il passa au lit suivant où quelqu'un reposait. Je ne voyais pas son visage, juste son corps. Il semblait en mauvais état lui aussi. Enfin, je dis « lui », mais était-ce seulement un homme ? Je ne saurais le dire.

J'ai observé chaque fait et geste du mestre, imprimant tout dans ma mémoire. C'est la seule distraction que j'avais, alors je n'avais pas trop le choix. Autant faire quelque chose. Je m'ennuyais à mourir. J'aurais tout donné rien que pour avoir un bon livre sous la main. Ce qui me fit penser... Tyrion. Mon cher Tyrion. Voilà bien longtemps que je n'avais pas passé une nuit blanche avec lui à lire et discuter de nos connaissances. Il me manquait terriblement. J'aurais tellement aimé retourner quelques années en arrière pour pouvoir profiter un peu plus de ces moments à la bibliothèque. Je n'aurais jamais pensé que ma vie à Port-Réal me manquerait autant. Ma nouvelle vie de nomade était bien fade et peu intéressante par rapport à celles que j'avais vécu à Winterfell, et Port-Réal. Même les menaces de la reine me manquait ! C'est dire ! ... Bon, il fallait que j'arrête de regretter le passé. J'ai donc chassé la nostalgie qui m'envahissait. C'est à ce moment-là que quelqu'un entra, alors que le mestre sortait.

J'ai essayé de voir qui cela pouvait être, mais, ne pouvant lever la tête, je ne vis rien d'autre que ses jambes emmitouflé dans de lourdes bottes noirs. C'était un frère de la Garde de Nuit. Il s'approcha du lit voisin du mien, là où le mestre se trouvait quelque minutes auparavant. Je vis alors son visage. C'était un homme qui semblait assez enrobé, ce qui me surprit aux premiers abords. Il sentit mon regard sur lui, et se retourna. Ses yeux étaient marrons, et son regard était amicale. Ma première impression fut bonne. Cet homme inspirait confiance.

- Bonjour, me salua t-il chaleureusement. Je suis Samwell Tarly. Et vous êtes ?

- Adélys. Enchantée.

- Enchanté également, Adélys... Adélys ?... Oh... La sœur de Jon.

Bon sang, tout le monde était au courant !

- Dites-moi.. Samwell... Pouvez-vous me dire où il est ?

- Il est juste là, répondit-il en me montrant le lit juste à coté du mien.

J'ai immédiatement voulu me lever, mais j'en fut incapable. Je parvenais à bouger un peu mes doigts, mais rien d'autres.

- Je ne penses pas que vous devriez vous lever, me dit-il. Vous le verrez quand il se réveillera, ce qui ne devrait plus tarder.

- Que lui est-il arrivé ?

- Une sauvageonne lui a tiré dessus avec un arc. Il s'était infiltré parmi eux, et il a été apparemment découvert.

Une sauvageonne ? Bon sang, qu'est-ce qui lui était arrivé encore ?

- Il est là depuis longtemps ? Lui demandai-je, inquiète.

- Il est arrivé après vous, ma dame.

Cela ne m'éclairait pas trop.

- C'est-à-dire, Samwell ?

- Sam, je vous en prie. Il est là depuis environ huit heures, et vous, depuis plus de onze heures. On vous a trouvé allongée dans une mare de sang non loin d'ici. Vous étiez encore vivante, et votre fille pleurait dans vos bras. Que vous est-il arrivé, ma dame ?

Des images de la scène qui s'était déroulé avant ma perte de conscience me revinrent à l'esprit. Je revoyais encore le sang tacher la neige, la douleur m'envahir... Je ne voulais plus y penser. Pourtant, je devais lui dire ce qui m'était arrivé.

- Je me rendais au Mur pour voir Jon, et lui parler, mais nous avons été attaqué en chemin par des Marcheurs Blancs. Comment se fait-il qu'ils étaient dans les terres du Nord ?

- Ils ont dû trouver un moyen de traverser le Mur. C'est très inquiétant. Vous avez réellement tenté de les combattre ?

- Je suis sûre d'en avoir tué au moins un. Jon m'a dit que l'acier valyrien est efficace contre les Marcheurs Blanc. Mon épée est de cet acier. J'étais bien partie pour tous les tuer, mais j'ai été submergée par le nombre. J'étais face à onze Marcheurs blanc.

Il sembla surpris par ce que je venais de lui apprendre.

- Vous êtes courageuse, me sourit-il. Jon m'avait dit que vous l'étiez, et je suis ravi de voir qu'il ne m'a pas menti. D'après ce qu'il m'a dit, vous êtes charmante. Est-il vrai que vous lisez beaucoup ?

- C'est vrai. Malheureusement, ma nouvelle vie ne me permet pas de lire autant que je le voudrais. Mais, quand j'étais à Port-Réal, je lisais tout le temps avec mon compagnon de toujours, Tyrion Lannister.

Il connaissait ce nom. Quant à savoir s'il avait déjà rencontré Tyrion, je n'en savais rien.

- Jon vous a-t-il parlé de nos origines ? Le questionnai-je, curieuse.

- Oui, bien sûr. Vous êtes des Targaryen. Les petits-enfants de feu Aerys Targaryen. Mais, vous n'avez pas la même mère, n'est-ce pas ?

- En réalité, si. Nous sommes jumeaux.

La nouvelle le surprit beaucoup. Il ne put s'empêcher de regarder Jon et moi à tour de rôle pour voir si nous avions une quelconque ressemblance.

- Vous n'avez plus les cheveux rouges, remarqua t-il.

- Quand j'ai fui Port-Réal, j'ai dû les foncer pour qu'on ne me reconnaisse pas. C'est comme ça que j'ai pu survivre pendant plus de deux ans.

Nous aurions dû faire la même chose avec Jaime. Il n'aurait pas été enlevé.

- C'est malin, souffla t-il. Je n'aurais jamais pensé à une telle chose, pour ma part.

Moi non plus. Heureusement que Jehanne était là. Sans elle, je n'aurais pu échapper à la reine.

- Sam... C'est toi ? Retentit soudainement une voix dans le lit à coté du mien.

Je reconnus cette voix. Des frissons me parcoururent. L'avais-je imaginé ?

- Jon ! Te voilà enfin réveillé ! J'ai des choses à te dire...

- Hum... Je crois que cela va devoir attendre. Je ne me sens pas vraiment en forme.

- Je comprends. Mais, il faut vraiment que je te dises quelque chose. C'est... ta... Tu sais..

Il n'avait vraisemblablement pas réussir à le dire. Il fallait donc que je m'en charge.

- C'est moi, intervins-je d'une voix peu assurée.

Il y eut une minute de silence durant laquelle Sam nous regardait à tour de rôle. Quel expression Jon avait-il ? M'avait-il reconnu ? J'étais incapable de le dire.

- Je rêve ? Entendis-je au bout d'un moment. Elle ne peut être ici. Sam, est-ce que j'ai des hallucinations ?

- Tu n'hallucines pas, Jon. Je suis bien là, en chair et en os. Enfin, presque.

La suite fut un peu flou. Je vis Sam se précipiter vers le lit de Jon, sans que je sache pourquoi. L'instant d'après, le visage de Jon était dans mon champ de vision. Il était au bord de mon lit, et me dévisageait comme s'il me voyait pour la première fois.

- Oh, Adélys, tu as changé ! S'exclama t-il subitement.

- Toi aussi. Tu as vu comme tu es pâle ! On dirait que tu viens de frôler la mort.

- Et toi alors ! Tu as les lèvres bleus, le visage pâle, et des cernes violettes sous les yeux. Que t'est-il arrivé ?

J'ai déglutit. Je ne voulais pas raconter l'histoire une nouvelle fois. Sam s'en chargea donc pour moi.

- Où est Jaime Lannister ? M'interrogea Jon, curieux, et soucieux. Et pourquoi as-tu fuit Port-Réal, exactement ?

- J'ai fui Port-Réal... juste après l'exécution de Lord Stark. J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour empêcher son exécution, mais … Je n'ai rien pu faire. Je l'ai vu mourir sous mes yeux. J'ai vu sa tête se décoller de son corps sans rien faire. Je ne pouvais rien faire. J'ai vu son sang tâcher le sol de Port-Réal, et j'ai alors pensé que cela devrait plutôt être celui de Joffrey. Emplie de rage, j'ai dégainé mon épée, et ai tenté de le tuer. Mais, j'en fus incapable. Il y avait trop de monde autour de lui. Je l'ai alors menacé de mort. Joffrey a envoyé ses sbires pour m'arrêter, mais, aidée de Jaime qui les a retint, je me suis enfuie de Port-Réal avec Jehanne, ma messagère. D'ailleurs, grâce à cette dernière, Jaime et... Ma petite-fille que j'avais mise au monde la veille ont pu me rejoindre le lendemain. Nous sommes partis tous les quatre dans le Conflans où l'on se croyait en sécurité. Sauf qu'il y a plus d'un mois, il s'est passé quelque chose. Jaime est parti à la chasse, et il... il n'est jamais revenu. Je pense qu'il a été enlevé. Alors, je me suis enfuie de nouveau, et je me suis rendue à Winterfell où … Bon sang, Winterfell n'est plus rien de ce qu'elle était ! Je m'y sentais mal à l'aise, et bien que le peuple me voyait comme la seule à pouvoir diriger la cité, je suis partie pour le Mur, pour te voir. Tu connais la suite.

- Ta fille ? Comment s'appelle t-elle ?

Il la vit à coté de moi, et sourit tendrement. Jusqu'à ce qu'il remarque ses cheveux noirs.

- Elle... Elle s'appelle Visenya.

A l'entente de son nom, la petite ouvrit les yeux. Des yeux qui se fixèrent immédiatement sur Jon. Il fut stupéfait par leurs couleurs. Son regard se porta soudainement sur moi, accusateur. J'ai baissé les yeux, ne sachant pas quoi dire.

- Oncle Jon ? L'appela Visenya pour voir si c'était bien lui.

Sam eut un petit rire en entendant cela, ce qui lui valut trois paires d'yeux noirs.

- C'est moi, lui sourit Jon.

- Tu ressembles à Ly... Lyarna Stak.

Jon fronça les sourcils. Il avait bien sûr reconnu le nom qu'elle venait de mentionner, mais il ne s'attendait sûrement pas à ce qu'elle la connaisse. Quant à moi, je faisais profil bas, espérant échapper aux questions pour un temps. Malheureusement...

- Adélys, comment connait-elle Lyanna ?

- Elle a vu.. sa tombe à Winterfell, et … hum... Eh bien...

- Quand tu hésites autant, c'est que tu as quelque chose à dire.

Bon sang, il me connaissait trop bien !

- C'est vrai, admis-je avant de soupirer.

Je manquais de courage tout à coup. J'aurais donné cher pour être inconsciente, là, maintenant. Si seulement ce genre de chose pouvait se contrôler !

- Quand j'étais sur sa tombe, une chose vraiment étrange est arrivé. Elle.. Elle m'est apparu, lui appris-je en hésitant.

- Elle t'es apparu ? Mais elle est morte il y a des années !

- Je le sais bien ! Pourtant, je la voyais aussi clairement que je te vois maintenant. Elle était bel et bien réelle, crois-moi. J'y croyais pas mes yeux. Pourtant, elle était là devant moi, et m'a parlé. Elle m'a révélé des choses.

J'avais capté son attention. D'un geste impatient, il poussa à continuer.

- Eh bien, elle m'a révélé l'identité de ma mère... Je... Je suis ta sœur jumelle. Nous avons été séparés à notre naissance pour nous protéger. Je ressemblais apparemment trop à une Targaryen pour rester avec les Stark, et toi, tu es trop Stark pour rester avec des Targaryen.

Il prit quelques secondes pour encaisser cette nouvelle.

- Comment est-elle ? Me demanda t-il. Physiquement, je veux dire.

- Aidez-moi à me mettre assise avant.

Jon s'exécuta, m'aidant à me redresser. Une vive douleur me traversa l'abdomen, mais j'ai serré les dents pour ne pas montrer que j'avais mal. Sam vint aider Jon en le voyant avoir du mal à me redresser. Après quelques secondes d'efforts, je fus enfin assise.

- Les gens n'ont pas mentis, dis-je, légèrement essoufflée après avoir enduré la douleur. Je lui ressembles beaucoup. Sauf qu'elle a les yeux gris, et les cheveux noirs, comme toi. Elle aurait tellement aimé te voir. Pour elle, c'est une torture de nous voir sans pouvoir nous toucher ou nous parler.

Devant l'air peiné de Jon, j'eus du mal à ne pas pleurer. Pendant toute sa vie, Jon s'était demandé qui était sa mère, et personne n'avait été en mesure de lui dire. Il en avait énormément souffert.

- Adélys, où est Jehanne ? S'enquit Jon, changeant de sujet.

- Elle ne supportait pas le froid mordant du Nord, alors je l'ai envoyé auprès de Viserys et Daenerys. Elle leur sera utile. Quant à mes dragons, je les ai laissé à une amie à Winterfell.

- Tes dragons ? Tu as des dragons ?!

Ah, il n'était pas au courant. Ayant peur que mes lettres soient interceptés, je ne les avais pas mentionnés.

- Ils m'ont été donné par Jehanne qui avait été chargé par Ilyrio Mopatis de me les remettre, lui appris-je. Je les ai fait éclore peu de temps avant mon départ de Port-Réal. Je les ai appelés Lyannis, Meraxès, et Moonrex. Ils sont tellement adorable !

- Je n'arrive pas à croire que tu as des dragons ! Ils ont disparus depuis tellement longtemps ! C'est... extraordinaire !

- Daenerys en a trois aussi. Ainsi, au total, nous avons six dragons. Voilà notre arme secrète.

Ma première victime serait sûrement Cersei, puis Joffrey. J'ordonnerais à mes dragons de les brûler vif, ou les dévorer, comme la princesse Rhaenyra l'avait été.

- Pourquoi es-tu venue ici alors, si tu as tout ce dont tu as besoin ? M'interrogea t-il, sceptique.

- J'avais besoin de te voir, et j'ai besoin d'informations sur les Targaryens, et sur les Marcheurs Blancs.

- Les Marcheurs Blancs ? Ils sont sensibles au feu, et on peut les tuer avec du verredragon, du feu grégeois, ou de l'acier valyrien.

Je savais déjà tout ça ! Ce n'est pas ce que je voulais apprendre.

- Non, je veux savoir comment on devient Marcheur Blanc, lui fis-je avec une certaine impatience.

- D'après ce que j'ai pu lire, c'est quand ils nous tuent, ou qu'on meurt, que l'on devient comme eux, me répondit Sam. C'est pour ça qu'il faut brûler les corps. Apparemment, continua t-il, ils auraient leur propre magie, et leur propre langage. Ils ont des armes spécifiques forgés dans un métal inconnue qui ressemble à du cristal, et qui brille d'une belle lumière bleue qui émettent un son strident lorsqu'elles pénètrent la chair d'un corps ou le feu d'une flamme. Leur corps semblent résistant à toutes armes, sauf à l'acier valyrien. Ils détestent le fer, le soleil, et toutes les créatures à sang chaud. J'ai lu qu'ils leur arrivent de monter des cadavres de chevaux, d'ours, ou de mammouths, mais aussi, utiliser des araignées de glace afin de pister leurs victimes.

- Je n'en demandais pas autant, mais merci pour toutes ces informations. Ça me sera utile. En tout cas, ce n'est pas très rassurant. Et dire que j'ai faillit être tué par ces … ça.

Je comprenais enfin pourquoi j'avais tant eu froid lorsque j'avais été traversé par une épée. J'avais définitivement frôlé la mort, ou plutôt, j'ai faillit devenir une marcheuse blanche. Je me demande ce que ça aurait fait de devenir quelque chose d'autres. Aurais-je tué tout ceux que j'aurais rencontré ? Aurais-je tué ma propre fille ? Rien que d'y penser, j'en avais des frissons. Inconsciemment, j'ai serré Visenya contre moi autant que je le pouvais.

- J'ai honte de le dire, mais j'ai peur, admis-je avec une certaine inquiétude décelable dans ma voix. Je sais qui va mourir, et je ne peux rien faire pour empêcher tout ça. Je sais comment les choses vont se passer, et je ne pourrais rien y changer, à part assister à tout ça. Ça me fait peur, parce que je ne peux absolument pas empêcher ma mort, et celle de certains de mes proches. Tout ce que je peux faire, c'est suivre le destin.

Jon s'est figé lorsque j'ai mentionné ma propre mort.

- Comment pouvez-vous savoir ce genre de chose ? Me questionna Sam, curieux.

- J'ai le pouvoir de sentir les choses. C'est comme... des intuitions. Ça me vient comme ça, sans que je comprenne comment. Un peu comme des pensées, voyez-vous. A cause de ça, je peux voir des événements qui vont se passer avant qu'il ne se passe. Enfin, pas toujours. Parfois, il m'arrive des choses que je n'avais pas vu.

- Que sentez-vous en ce moment ?

- Pas grand chose. Je sais juste que ma fin approche. Tout est confus depuis quelques temps, et ça ne me rassure pas.

La dernière fois que mes intuitions avaient été brouillé, j'étais enceinte de Visenya. J'espérais ne pas attendre d'enfant, car ce n'était pas vraiment le bon moment, mais, compte tenue des mes intuitions passés concernant les trois enfants que j'aurais, cela ne serait pas étonnant que je sois enceinte. Cela serait même prévisible.

- Comment vas-tu mourir, Adélys ? Demanda Jon avec une expression sinistre.

- Ce sera sanglant, et douloureux. Bien entendu, ce sera long. C'est tout ce que je sais.

Une mort classique, en somme.

- Et moi ? Reprit Jon.

- Tu mourras après moi, trahi, et poignardé dans le dos. Tu deviendras ton pire cauchemar.

- Tu fais peur, Adélys. Voilà deux destins tragiques que tu nous prédit !

Je me faisais peur à moi-même. Voir sa mort avant de la vivre était très effrayant. Surtout quand on savait qu'on ne pouvait l'éviter.

- Je sais à peu près quand tout cela va arriver, poursuivis-je. Dans environ quatre, voire cinq ans.

- Tu es terrifiante !

J'aurais plutôt dit « étrange », mais bon... Ce n'était que mon avis.

- Il y a un moyen d'empêcher notre mort, rétorquai-je immédiatement.

- Quel est-il ?

- C'est simple. Mourrons maintenant. Non, je plaisante ! Il nous suffit de quitter Westeros et de laisser tout le monde à son sort.

Il n'avait pas entendu la meilleure...

- Quelles seront les conséquences de cette... fugue, si je puis dire ? M'interrogea t-il après un moment de réflexion.

- Beaucoup de morts... Cersei, Joffrey, Tommen, Myrcella, Jaime, Tywin, Arya, Sansa, Littlefinger, le Limier, la Montagne, Daenerys, Viserys, E... Elaenna, Robb, Catelyn, Loras et Margaery Tyrell, Renly et Stannis Baratheon, Oberyn Martell, et Theon Greyjoy... Presque toutes les maisons de Westeros disparaitront. Deux vies comparés à tout celles-ci, ce n'est rien.

- Tant de personnes mortes... Juste parce qu'on refuserait de se sacrifier ! C'est injuste.

- C'est la vie ! Estimes-toi heureux d'avoir le choix.

Il me jeta un regard noir. Il n'avait vraisemblablement pas envie de plaisanter.

- Tu parles d'un choix ! Mourir ou laisser les autres mourir ! Pourquoi nous ?

- Jon, nous sommes les enfants nés de l'union du feu et de la glace. Nous sommes les seuls à pouvoir rétablir le royaume, et reprendre ce qui est nôtre.

- Oui, mais le trône de fer ne sera ni pour toi, ni pour moi. Juste pour les autres Targaryens.

- Nous sommes illégitimes, ne l'oublie pas. Jamais nous ne pourrions monter sur le trône pour la simple et bonne raison qu'aucun de nos parents ne peut nous légitimer. Ils sont morts ! Si nous étions légitimes, toi ou moi auraient pu prétendre au trône, mais ce n'est pas le cas. Personne dans le royaume n'accepterait un bâtard comme roi. Pas même les dorniens.

On serait détrôné et exécuté rapidement par des prétendants plus légitimes. Nos têtes seraient exposés sur des piques en guise d'exemples. Voilà ce qui arrive aux usurpateurs.

- Un roi pourrait nous légitimer, proposa Jon, qui venait visiblement d'avoir cette idée.

- Je suis sûre que Joffrey sera ravie de nous céder son trône, ricanai-je. Avec un « s'il te plait », il te le donnera sans discuter. Il est tellement généreux ! Quand il me verra arriver à Port-Réal, il m'accueillera avec un grand sourire, et me serrera dans ses bras, tellement il m'adore !

- Cesses de te moquer, Adélys ! Je ne trouves pas ça amusant.

Je me suis renfrognée. Il avait pas envie de rire. C'était la première fois qu'il me parlait avec un ton aussi brusque et ferme. J'ai préféré garder le silence plutôt que de continuer à me moquer. Je ne voulais pas l'énerver.

- Aucun roi ne voudrait vous légitimer, sans vouloir être vexant, intervint Sam. Vous êtes des Targaryens. Vous êtes une menace pour toutes les maisons de Westeros qui veulent le trône de fer. Celui qui consentirait à vous légitimer est un fou.

- En plus, je ne suis plus une Targaryen, mais une Lannister, ajoutai-je. La maison de l'époux prime sur celle de l'épouse. Me légitimer ne servirait à rien.

Jon se figea. Ce que je venais de dire ne lui plaisait pas, lui rappelant que je n'étais pas à lui, et que j'étais déjà marié. Malgré toutes ces années passés, il détestait toujours Jaime.

- C'est vrai, admit Sam avec un sourire lèvres serrés contagieux.

Mestre Aemon fit son entrée quelques secondes plus tard. Ce fut un lourd silence qui l'accueillit. Aveugle, il ne pouvais évidemment pas voir Jon à mon chevet, donc il ignorait que ce dernier avait quitté son lit. C'est pourquoi il se dirigea naturellement vers le lit vide de Jon. Il eut un petit air paniqué lorsqu'il se rendit compte que le lit était vide, mais heureusement, Sam intervint :

- Ne vous inquiétez pas, mestre Aemon, il est juste là. En voyant sa sœur, il en a fait qu'à sa tête. Vous le connaissez, il est têtu !

- J'avais bien remarqué, souffla t-il en faisant le tour pour nous rejoindre. Retournes te reposer, Jon. Je ne voudrais pas que tu aggraves tes blessures.

- Bien, soupira Jon qui s'exécuta.

Visenya, qui était bien silencieuse, le regarda faire avec un air fasciné. Je me demandais ce qu'elle pensait en le regardant comme ça. Ça m'intriguait et m'effrayait en même temps.

- Adélys, reposez-vous également, me conseilla le mestre. C'est une grave blessure que vous avez eu là. Je ne voudrais pas la voir se rouvrir.

J'ai hoché la tête, lasse. Sam vint m'aider à m'allonger de nouveau. J'eus mal pendant quelques secondes, avant que la douleur ne passe. Visenya vint immédiatement se coller à moi, tout en faisant attention à ne pas toucher ma blessure.

- Mestre Aemon ? L'appelai-je alors qu'il s'éloignait doucement.

- Oui ?

- J'aimerais vous poser une question. Puis-je ?

Il revint vers moi, me faisant signe de continuer.

- Que pensiez-vous de mon père ?

- Rhaegar était un homme brillant, réputé pour son amour des livres. J'ai eu une correspondance épistolaire avec lui, mais je ne l'ai jamais rencontré en chair et en os. Nous avions pour habitude de discuter de la prophétie du « prince qui fut promis ». Nous étions sûrs qu'il serait ce prince, ou que son fils, Aegon, le serait. Malheureusement, quand ma famille... notre famille fut détrôné, l'espoir qu'il serait ce prince s'évanouit. Je l'appréciais beaucoup ton père. Il était intelligent, et admirable. Il apprenait vite, notamment tout ce qui concernait le maniement des armes. Il était sage également, jusqu'à ce qu'il rencontre Lyanna Stark. Leur amour réciproque les a conduit à faire de graves erreurs, notamment à s'enfuir tout les deux sans se soucier des conséquences que cela pourrait avoir.

- J'aurais aimé le rencontrer. Notre famille le regrette beaucoup.

Il comprit le sous-entendu. Bien sûr, je faisais ici référence à Daenerys et Viserys. Ils regrettaient beaucoup leur grand-frère, surtout Daenerys qui n'avait pas eu la chance de le connaître. Elle était née peu de temps après sa mort.

- Lui, et ses enfants, ajouta le mestre avant de quitter la pièce sans dire un mot de plus.

J'étais abasourdi par le comportement du mestre. Il était partit tellement vite, comme s'il voulait éviter d'autres questions.

- Maman ? M'appela Visenya.

- Oui, ma chérie ?

- Quand reverrons-nous père ?

Que répondre à cela ? Inconsciemment, j'ai tourné la tête vers Jon qui nous regardait attentivement.

- Bientôt. Il n'est pas loin...

Il eut un sourire...


Alors, que pensez-vous de ce chapitre ? De l'attaque des Marcheurs Blancs ? De la rencontre avec Aemon Targaryen, et Sam Tarly ? Les retrouvailles avec Jon ? Dites-moi tout !