Nos meilleurs ennemis

Flash-back.

Le bal d'halloween.

Marlène était penchée sur le buffet, elle avait entendu quelqu'un dire que le grand récipient à motif gris ne comportait pas que des boissons licites. Elle avait besoin de remontant. Elle finit par le trouver et versa le contenu après l'avoir senti dans son verre. Elle but une gorgée et sentit la brûlure du Whiskey se répandre dans sa gorge, elle se lécha les lèvres et se tourna vers la salle. Un grand garçon, avec un air de star la regardait un sourire en coin.

- Tu veux danser ? Demanda-t-elle en s'approchant de lui.

Il lui sourit de toutes ses dents, lui prit la main et la fit tourner dans la salle. Il avait un parfum enivrant pensait Marlène.

Sirius black, attendait une ouverture depuis que Lily lui avait conseillé d'aller vers la fille en bleu. Dès que les yeux du jeune homme se posèrent sur la nouvelle Marlène, il ne put plus bouger. Sa peau, ses rondeurs, ses yeux bleus. Elle avait des mains si fines, qu'il ne pouvait que la trouver élégante. Il l'observa longtemps en train de farfouiller le buffet, alors qu'il s'émoustillait en pensant à ce que ses doigts et ses mains fines lui feraient comme effet s'ils le touchaient lui.

Elle n'avait aucune idée de l'identité du garçon qui dansait avec elle. Mais, elle ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'il la regardait d'une manière très sexy. Ils dansèrent pendant des minutes qui durèrent une éternité. Marlène avait chaud, Sirius avait la tête en bouillis. Ils dansèrent, puis revinrent vers le récipient gris, et firent des allers retours, jusqu'à ce qu'ils soient complètement obnubilés dans leur bulle.

- Alors, tu ne sais toujours pas qui je suis ? Demanda Sirius, qui lui-même ne savait plus où il en était.

- Si… Bien sûr que si, tu es le mec qui essaye de me soûler et qui danse super bien. Lança Marlène en s'humectant les lèvres.

Elle allait le rendre fou.

- J'ai chaud. Il faut chaud non ? Continua-t-elle.

Elle utilisa ses mains comme éventail et le regarda dans le blanc des yeux, elle avait rosi, il le remarqua et voulut lui toucher ses joues si laiteuses.

- Moi aussi j'ai chaud. J'ai si chaud que j'ai envi d'aller nager. Tu sais nager, déesse ?

- Arrête de m'appeler déesse.

- Ça te va bien. Lui susurra-t-il à l'oreille.

Elle frissonna et s'éloigna de lui en essayant de reprendre ses esprits.

Il la retint vers lui, en lui caressant le dos sensuellement. Il remonta jusqu'à arriver à son cou, où il planta sa main sur sa peau nue, alors la respiration de Marlène accéléra. L'alcool n'y était plus pour rien, cette sensation, elle ne l'avait ressenti qu'une fois.

Elle le regarda pour la première fois au fond de ses yeux. Ces yeux gris qu'elle reconnaîtrait partout, qu'elle reconnaîtrait entre milliers. Elle ne s'était pas concentrée dessus, au début, mais cette lueur coquine, et cet air suffisant d'un Black ne la tromperait pas. Contre toute attente, elle décida qu'elle ne lui dirait rien, qu'elle arrêterait de jouer à qui est qui, qu'elle profiterait de cette situation pour faire cette chose qu'elle n'osait pas faire depuis des années.

- Suis-moi. Lui ordonna-t-elle.

Elle l'entraîna sans vraiment y réfléchir à leur salle commune, dit le mot de passe et entra, elle vérifia que personne n'était là et le tira vers elle.

- Si tu as chaud, ce n'est pas à côté de la cheminée que tu auras plus froid. Remarqua Sirius.

Les yeux gris du garçon brillaient d'une lueur enflammée, s'il s'écoutait ou s'il écoutait ses pulsions, la fausse brune dans ses bras serait déjà nue. Il se posait mille questions, et son état d'ivresse l'empêchait d'avoir toutes les réponses. Il s'approcha d'elle, elle mit ses bras autours de son cou, ses yeux le suppliait presque.

- Tu sais qui je suis ? demanda-t-il.

Elle hocha la tête de gauche à droite. Il se pencha vers elle, elle respirait fort, il mit sa main sur son visage et avant qu'elle n'eut finit de fermer les yeux, il posa ses lèvres sur elle. Un baiser qu'elle aurait voulu doux et léger qui se transforma en quelques secondes en un combat de langue. Ses lèvres avaient un goût sucré, elle avait des lèvres si douces, et ce jeu avec sa langue, le rendait toute chose. Elle respirait toujours aussi fort, il la tenait de plus en plus serré contre lui, essayant d'explorer toutes les parties de son corps. Il n'avait jamais autant eu envie de quelqu'un ainsi. Elle était parfaite. Il glissa une main dans son dos et chercha la fermeture de sa robe, elle coula sa main sous sa chemise et toucha cette peau nue, qu'elle avait rêvé plusieurs fois de parcourir, puis soudain, elle se détacha de lui. Elle régula sa respiration et le regarda comme jamais quelqu'un ne l'avait vu, elle détourna son regard et le repoussa en douceur. Elle avait le tournis.

Trop de danses, trop d'alcool, trop vite, trop de lumière, trop d'émotions. Son cœur, sa tête, son estomac tout était en vrille. Elle ressentit de la nausée.

- Va-t-en ! Lui cria-t-elle.

Elle n'allait quand même pas vomir devant lui, elle le poussa en voyant qu'il ne bougeait pas. Elle mit une main devant sa bouche et Sirius comprit qu'elle allait être mal. Mais au lieu de s'en aller, il s'approcha d'elle et voulut lui offrir une fiole qu'il sortit de sa veste, quand elle le repoussa à nouveau.

- Tiens ça. Grinça-t-il.

- Oui, mais va-t-en, je ne veux… Elle arrêta un hoquet, puis s'assit en tentant de réguler sa respiration. Mais dégage, part !

- Mais, je m'en fous si tu vomis, j'ai vomis tellement de fois devant tout le monde. Juste bois ça !

- C'est quoi ?

Elle se battait encore pour chasser la nausée, les vomissements s'étant éloignés pour l'instant. Elle ferma les yeux.

- C'est une potion anti-nausée.

- Qui me dit que tu ne veux pas m'empoisonner ? Se moqua-t-elle.

- Si je voulais, je l'aurai fait depuis ma troisième année, maintenant bois-ça !

Soudain Marlène écarquilla les yeux. Il savait qui elle était ! Sirius se rendant compte de son erreur, essaya de trouver quelque chose pour se rattraper mais en vain.

- Tu sais ! Tu savais ? Tu sais depuis quand ?

- Toi aussi, tu sais ?

Ils se regardèrent un instant. Convaincus, l'un et l'autre qu'ils ne jouaient pas que chacun d'eux savaient exactement qui était la personne devant lui, et surtout ce qu'ils faisaient l'un à l'autre.

- Donc quoi ? tu voulais en profiter ce soir ? Profiter de ton déguisement ? Lança Marlène blessée. Viens on va la sauter, elle saura jamais que c'était moi !

- Et toi ? On en parle ? Te jeter sur le premier inconnu ? Ou tu voulais profiter du mec que tu n'assumes pas en étant toi-même !

Marlène le gifla et monta dans son dortoir en courant. Elle finit par vomir, pleurer et finalement s'écrouler dans son lit comme un enfant.

Fin du flash-back


Alice, Frank, Ronald Radnard, Marcus et Casey Clagg étaient installés dans les bancs placés dans le terrain de Quidditch. Marlène McKinnon avait crié à réveiller des morts.

« Il n'a jamais joué, il est nul, tu es nul ! » « S'il m'énerve je le fais tomber de son balai » « Ne me provoque pas, ou je vous castre et j'utilise vos boules comme cognards » etc... Toutes des phrases entendues de loin, par le reste de l'équipe et Alice Fawley.

- Marlène ! Avait fini par crier Alice en voyant que son amie ne se calmait toujours pas après quinze minutes de rage.

Marlène se retourna et vit son alliée lui faire des signes de la main. Elle vint vers elle en jetant son balai près du banc et lança à l'équipe.

- Quoi ! Vous avez un problème ?

Personne n'était assez fou pour la provoquer.

- Tu vas te calmer oui !

- Alice, s'il te plait, ne me demanda pas de me calmer !

Alice la tira encore plus loin et la fit asseoir sur le gazon. James en avait profité pour demander au reste de l'équipe de se mettre en place.

- Ne lui montre pas que tu es blessée, ne lui montre pas à quel point ça t'a fait mal.

- Ça ne m'a pas fait mal, parce que... Ma fierté…

- Marlène ne joue pas à ça avec moi. D'après ce que tu nous as raconté, tu l'as autant allumé qu'il l'a fait. Ça t'a fait mal, c'est normal.

Marlène se tint la tête entre les mains.

- Je ne peux pas encore être dans la même pièce que lui, je ne peux pas être dans la même équipe que lui. Alice…

Elle souffla.

- Il… et puis merde. Je n'ai pas toute ma tête, j'essayai de me contrôler avant mais après ce qui s'est passé au bal, après que j'ai goûté…

Marlène le regarda puis finit par dire à son amie.

- Je ne peux pas.

- Si, si et si. Marlène bon sang, tu es mon seul espoir, si toi tu n'arrives pas à être plus forte que tes sentiments donc moi je dois aller me jeter au lac. Donc, moi je n'y arriverai jamais. Je n'ai pas suivi la moitié de votre dispute parce que je bavais sur Frank, alors que mon copain était en train de me caresser la main. Regarde, il y a pas plus pathétique que ça et pourtant je me débrouille ! Alors, ne me laisse pas tomber, si toi, tu ne peux pas être forte, je vais finir par faire une bêtise.

- Tu es aussi folle que Lily au fond. Conclut Marlène en souriant enfin.

- Alors tu feras un effort pour moi ?

- Je ne te promets rien !

- Fais comme si ce n'était pas lui. Ecoute c'était un autre mec l'autre soir, il n'avait même pas son apparence, alors fais comme si…

- Ça ne marchera pas, mais bon, je ne peux pas laisser tomber l'équipe. Que Merlin me vienne en aide !

- Je serais là, au besoin.

Elle embrassa son amie et alla rejoindre son équipe.

James était revenu en retard ce soir-là, il avait passé le pire entrainement de sa vie, Sirius était au pire de sa forme, Marlène était ou hésitante ou plus agressive, il les avait engueulé à perdre la voix, Frank passait son temps à vouloir taper Marcus et à lui intimer qu'il envoie mal les balles. Il entra dans la salle commune, jeta son sac par terre et hurla de rage. Il se tourna et vit Lily assise en face de la cheminée, une plume à la main, sa baguette dans les cheveux en chignon et un parchemin dans l'autre main. Elle le regardait comme s'il venait d'une autre planète. Il s'arrêta de marcher. Il la scruta en passant ses yeux sur elle comme un scanner, il toisa chaque parcelle de son corps, chaque détail de son visage. Elle fronça les sourcils et s'apprêta à lui dire quelque chose. Il décida de s'en aller avant qu'elle ne gâche cette vue.

Il souffla et sentit la pression partir. Il avait suffit qu'il la voie, un petit fragment de vie avec autant d'aura positive. Il secoua sa tête et remonta dormir.

Le lendemain, les cours avaient repris, la compétition entre les Gryffondors et les Serpentards fut encore plus rude, la semaine qui précédait le match était souvent accompagnée de guerre dans les couloirs. Seulement cette année, la peur des châtiments et des mise-en-gardes des directeurs de maison, avait diminué les sorts, mais n'avaient en rien diminué la haine.

Le cours de défense contre les forces du mal, qui traitait de duel ce jour-là, avait fini par être utilisé comme échappatoire entre les élèves. Leur professeur Miranda Marchebalk, avait cependant bien fait en sorte, de ne faire participer aucun né-moldu remarqua Lily et pourtant…

James Potter se retrouva face à Severus Rogue, et tous les deux finirent par se faire retrancher des points pour blessures sur l'autre et une retenue.

James avait commencé par un maléfice de chauve-furie, mais Severus fut plus rapide et lança un bouclier. Ce dernier enchaina avec un sort de saucisson que James n'eut aucun mal à éviter, Severus s'énervant en entendant les remarques désobligeantes de ses camarades finit par envoyer un double sort qui résultat d'une entaille dans l'oreille de James, qui pourtant s'était baissé. Le professeur remarquant le sang gicler, arrêta le duel, mais James trop orgueilleux lança un Stupéfix qui envoya valser Severus inconscient à l'autre bout de la salle.

- Quel idiot ce Potter, elle a mis fin au duel !

- C'est Servilus qui l'a blessé en premier, je te signale ! Fit remarquer Black en entendant la remarque de Lily.

- Si j'étais toi, je ne ferais même pas attention à ce que dit une sang-de-bourbe. Lança Avery pas très loin d'eux.

Sans crier gare, alors que leur professeur venait de s'occuper de James et Severus, Sirius en entendant cette remarque envoya un sort cuisant à Avery.

Au même moment, profitant de la pagaille, Healtham Yaxley en profita pour lancer un sort informulé, Lily voyant le geste de la baguette et le regard concentré du Serpentard, comprit ce qu'il faisait et s'empressa de jeter le charme de bouclier entre elle et Sirius. Seulement Alice qui se trouvait près de Lily fut touchée, Cette dernière se tourna et réalisa qu'Alice se tordait seule sur le sol. Lily, se tourna vers son professeur en demandant de l'aide. Professeur Marchebalk réanima Rogue, annula le sort cuisant sur Avery et essaya d'arrêter les saignements

- Yaxley, Avery, Rogue, Potter, Black et Evans dehors ! Allez au bureau du directeur tout de suite ! Le reste, vous bougez ne serait-ce que d'un centimètre, je vous ferai tous refaire l'année ! J'emmène mademoiselle Fawley à l'infirmerie.

Les six étudiants sortirent en créant des écarts entre eux. Lily avança devant, en se rappelant qu'elle était tout de même préfète, Rogue marcha derrière tout le monde. Les six étudiants avaient tous leurs baguettes en main, parés à n'importe quel moment à dégainer, soudain quand Yaxley s'arrêta.

- Je ne vois pas l'intérêt d'aller voir le vieux, si c'est pour qu'il se mette à défendre la sang-de-bourbe et leur distribuer à tous des bonbons.

Lily poussa James et Sirius qui s'apprêtaient à se jeter sur le jeune garçon et revint vers Yaxley.

- Tu vas écouter la sang-de-bourbe et avancer devant moi jusqu'au bureau ou j'enlève trois cents points à Serpentards.

Il éclata de rire.

- Tu crois que tu as le pouvoir d'enlever autant de points ?

- Demanda à ton camarde préfet combien ça fait de points, de jeter un sortilège de magie noire informulé ! C'est ou ça ou Azkaban. Au fond c'est toi qui vois !

- Tu te crois futé ! Personne ne peut savoir ce que j'ai envoyé comme sort, c'est notre parole contre la tienne. Ricana-t-il en la toisant.

Lily força un sourire, elle se tourna regarda James qui suivit le signe de sa main il ne comprit pas vraiment ce qu'elle voulait faire. Il se contenta de se décaler près d'elle.

- Faudrait être plus attentif en cours Yaxley, bien sûr qu'il y a un moyen, Expeliarmus. Enchaina-t-elle sans que les autres ne réalisent qu'elle venait de le désarmer.

James comprit alors ce qu'elle attendait de lui. Il se projeta à l'air et attrapa la baguette qu'il tint serré contre sa main en offrant son sourire le plus vicieux.

- Maintenant on laissera le vieux décider, comme tu dis Yaxley, aller avancez. Déclara Lily en dirigeant sa baguette vers Yaxley.

Yaxley était sans baguette, Avery réalisa qu'il avait deux baguettes dirigées vers lui, celle de James et de Sirius. Il se tourna et vit Rogue diriger sa baguette vers James, alors que la préfète poussait Yaxley à avancer.

- Severus, baisse ta baguette. Lui cria-t-elle.

- Quand vous baisserez les vôtres ! Se défendit-il.

- Severus, personne n'a sa baguette sur toi ! Baisse ta baguette.

Severus Rogue ne savait pas quoi faire. Il voulait écouter Lily, mais s'il le faisait Yaxley et Avery ne pourraient plus jamais le respecter. Il ne dit plus un mot et hocha la tête. Elle le toisa, puis décida de l'ignorer en se mettant derrière les Serpentards à présent. Sirius et James la suivaient de près.

Arrivés au bureau du directeur, ce dernier les accueillit avec froideur.

- Les préfets je vous écoute.

- Nous étions en cours de défense contre les forces du mal, nous avions un cours de duel avancé. Après plusieurs passage, le tirage tomba sur moi et Potter, nous nous sommes envoyés des sorts puis Potter m'a envoyé un Stupéfix et je…

- J'ai envoyé le Stupéfix après que tu m'aies ouvert l'oreille je te signale.

- Monsieur Rogue, auriez-vous l'obligeance de n'oublier aucun détail ?

Se sentant piégé, il finit par raconter tout ce qui se passa dans la salle de classe puis s'arrêta. Il se tourna vers Lily qui le regardait d'un regard déçu, il n'avait donc pas l'intention de dire ce qui s'était passé dans le couloir ni ce qui s'était passé après que James l'ait stupefixié. La jeune fille, bien que blessée, décida de lui donner une chance.

- C'est tout ? Chuchota-t-elle au garçon.

- C'est tout ce que j'ai vu en cours !

Dumbledore qui ne rata pas l'échange se tourna vers Lily.

- Je présume que ce n'est pas tout alors ?

Lily donna la baguette de Yaxley à son directeur en racontant tout depuis le début, n'oubliant aucun mot, aucun sort, aucune réaction et aucun détail.

Le professeur se leva de son siège et lança un sort à la baguette, il écarquilla les yeux et se tourna vers Yaxley.

- Qui vous a appris à jeter ce sort ?

- Je l'ai appris dans un livre.

- Aucun livre de Poudlard. Répondit Dumbledore qui soudain devint effrayant.

- Si, dans la réserve.

- N'insultez pas mon intelligence, je vous ai dit aucun livre de Poudlard, c'était une affirmation et non une question, Yaxley.

Soudain, un frisson parcourut la pièce. Personne ne disait plus un mot, la posture et le regard effrayant de Dumbledore, faisaient peur même à ceux qui n'avaient rien à se reprocher.

- Un livre chez moi, à la maison. Bredouilla Yaxley.

- Bien… Sortez tous ! Yaxley, asseyez-vous donc !

Avery sortit en premier et s'empressa de tourner vers le couloir perpendiculaire sans attendre son camarde de dortoir, ce dernier réalisant ce qu'il attendait dans leur salle commune, essaya au moins de s'excuser auprès de Lily.

- Lily !

- Rentre dans ta maison Severus, je pense que tu as assez de chose à régler là-bas ! Lança-t-elle sèchement.

Elle pressa le pas et ne se retourna plus jusqu'à ce que son ami ait disparu puis elle reprit sa démarche normale en silence. Sirius et James continuaient de la suivre sans rien dire. Elle pivota pour les chercher quand elle les vit en pleine conversation, ils parlaient avec leurs yeux et en signes. Sirius la vit et tenta.

- Tu vas nous enlever combien de points ?

- Je me fais appeler par tous les noms abjects qui puissent exister si je me mettais à jeter des sorts à tous les sots qui m'insultent, j'aurai tué quelqu'un ou je serai expulsé !

Sirius la regardait avec désolation, James, lui, la regardait comme si elle était un sapin de Noël rempli de cadeaux.

- Tu dois aller à l'infirmerie. Dit-elle à Potter.

Il ne dit rien mais se contenta de hocher la tête. Elle ne cesserait pas de l'éblouir, il ne s'attendait pas à autant de sang froid et de vivacité. Elle avait de bon reflexe, et il ne pouvait que l'admirer encore plus. Il n'arrivait pas à parler, il n'arrivait pas à penser. Cette fille était unique.

- Comme tu veux, moi j'y vais.

- Tu as quelque chose ? Demanda Sirius.

- Non, Alice.

- Je pense que ce n'est pas une bonne idée que tu y ailles seule. James arrête de faire ton macho et va à l'infirmerie, tu l'accompagneras par la même occasion !

James avait envi de prendre son ami dans ses bras. Lily haussa les épaules et avança, James la rattrapa et marcha auprès d'elle silencieux une bonne minute avant d'arriver à aligner un semblant de phrase.

- Bravo, pour le sang froid.

Elle secoua la tête.

- Je ne savais pas que tu l'avais.

- Je l'ai toujours en général.

- Sauf avec moi. Tenta-t-il.

- Oui. Répondit-elle simplement.

James ne savait pas pourquoi mais cette affirmation lui redonna le sourire. Lui aussi, il perdait son sang froid avec elle, elle le faisait sortir de sa zone de confort. Il sourit en pensant que c'était peut-être pareil pour elle, il fallait juste qu'elle le découvre, il n'en avait que faire si maintenant elle n'avait pas encore les mêmes sentiments que lui. Parce que oui, il était clair, qu'il avait des sentiments pour elle. Il n'en avait pas l'habitude, il n'avait jamais fait attention à qui que ce soit à part sa propre personne et ses amis. Les filles ne l'avaient intéressé que pour une seule et même raison. Seulement depuis qu'il avait connu cette fille, quelque chose en lui se muait. Il ne pouvait pas être lui-même autours d'elle, tout était plus intense, les cris plus forts, les disputes plus déroutantes, il était touché plus facilement, les regards étaient plus soutenus, les rires plus rayonnants, il pensait plus souvent à elle, s'inquiétait plus pour elle, elle le faisait passer par l'énervement à l'extrême à l'euphorie, tout était superlatif avec elle. James réalisant ça, il s'arrêta de marcher, s'adossa au mur et se pencha sur ses genoux. James était tombé amoureux !

- Ça va ?

Lily accourut vers lui, quand elle le vit ainsi, pensant qu'il était blessé. Elle se pencha à son tour et chercha son visage. Il le releva vers elle et la vit si proche de lui, il n'avait jamais eu autant envi de l'embrasser. Il ne pouvait enlever ses yeux de ses lèvres, cette proximité le rendait encore plus faible. James Potter, sportif, le meilleur en Quidditch, une carrure d'athlète, un mètre quatre vingt à son actif, se sentait aussi faible qu'une larve. Il soutint son regard. Elle s'inquiétait pour lui.

- Oui… Dit-il avec une petite voix. Oui. Répéta-t-il en essayant de retrouver sa voix normale.

Elle scruta son visage et ses oreilles. Tout paraissait normal.

- Tu n'as pas besoin de faire semblant d'être invincible, devant moi.

Il continuait de la regarder, il secoua la tête. Invincible ? Lui ? Il ne s'était jamais senti aussi vulnérable pourtant.

« Ressaisis-toi bon sang, tu as l'air d'un malade ! »

- Non. Ça va.

Ils arrivèrent à l'infirmerie.

- Mademoiselle Evans, je crois que je vous vois plus souvent que mon reflet dans le miroir.

- Mes obligations de préfète. Tenta Lily en faisant les yeux doux.

- Monsieur Potter ?

- Il est blessé, et Mademoiselle Fawley aussi. Est-ce que je peux entrer ? Je veux juste m'assurer qu'ils iront bien, ensuite je m'en vais.

- Entrez. Fit-elle en soupirant. Mais vous tiendrez compagnie seulement à Monsieur Potter, Mademoiselle Fawley vient de sortir.

Lily se sentit piégée.

- Elle va bien ?

- Oui, Professeur Mcgonagall a levé le sort et je lui ai donné un philtre, elle va bien.

- Et Potter ? Demanda Lily.

- Qu'est-ce qu'on vous a jeté comme sort ?

- Je ne sais pas. Dit James.

- Je crois que c'est un sort de morsure, mais il l'a raté sinon…

L'infirmière fronça les sourcils.

- Je crois qu'il lui faut une pommade, parce que si le sort l'a effectivement atteint… Son oreille risque…

- Oui, oui... Désinfecter. Vous voulez le soigner à ma place ? Demanda Madame Pomfresh.

Lily rougit en voyant James qui riait. Elle détourna les yeux et s'éloigna du lit.

- Mademoiselle Evans, mes malades ont besoin de repos, ne vous promenez pas ici.

Lily se rappella que Bilius Thomas devait sûrement être encore à l'infirmerie. Elle scruta les lits lointains et détecta effectivement une partie isolé et complètement cachée par trois paravents. James remarqua son regard et se demanda si elle ne savait pas. Elle retourna à son chevet en boudant et leva ses yeux vers le jeune garçon. Elle fixa ses yeux et eut une impression de déjà-vu. Elle s'empressa de détourner le regard.

Quelques minutes plus tard, ils sortirent tous les deux de l'infirmerie.

- Pourquoi, ils se donnent autant de mal à cacher les blessés ? Demanda-t-elle.

- Tu veux dire quoi ?

- Je sais que c'est Thomas Bilius là-bas.

- Tu sais ce qu'il a ?

- On lui a fait boire un philtre de mort vivante mal dosé.

- Tu es vraiment fouineuse. Commenta-t-il en souriant.

- Je parie que tu savais déjà tout ça ! Se défendit-elle.

- Non, je savais qu'il avait été attaqué parce que je suis son capitaine d'équipe. Mais je n'en savais pas plus.

Lily fit une grimace, elle était pourtant sûre que les maraudeurs savaient toujours tout.

- Ne t'inquiète pas je dirais rien.

- Sauf à Rémus, Peter et Sirius ?

Il sourit.

- Ils ne diront rien non plus.

- C'est normal à qui ils diront sinon ? Le reste de l'école ce n'est pas vos amis tu sais. Vous passez votre temps à les torturer. Puis vous avez tellement d'imagination, qu'ils vous croiront sûrement pas.

« Et voilà le dragon est de retour » pensa-t-il. Seulement cette fois-ci, elle l'amusa plus qu'elle ne l'énerva. Il avait appris à s'habituer à sa répartie et son lunatisme.

- Tu n'as pas tort en plus !

Elle était surprise, pour une fois qu'il ne l'a contredisait pas.

- Alors auror Evans, tu penses que c'est qui, derrière les agressions ?

- Pourquoi, je te dirai ?

- Parce que moi, je te dirai, si je savais.

- Mais moi, je ne suis pas aussi insensée que toi, je ne raconte pas ma vie à n'importe qui.

- Premièrement ce n'est pas ta vie, deuxièmement, tu n'es pas n'importe qui Evans. déclara-t-il en souriant.

- Ça veut dire quoi ? Demanda-t-elle sur la défensive.

- Tu le sauras un jour… Répondit-il avec un sourire au coin

Lily se demandait s'il la draguait encore, elle lui avait bien dit pourtant que c'était une mauvaise idée. Mais si elle pensait que c'était une mauvaise idée, pourquoi elle appréhendait, pourquoi ce sentiment encore ? James attendit une remarque mais rien n'arriva.

- En tout cas, moi je ne crois pas du tout que Abbott était manipulé, j'ai bien l'impression qu'il a agit seul et que ça a mal tourné, alors il a inventé cette excuse.

- Exactement ce que je me disais. Avoua Lily spontanément en écarquillant les yeux, comme si elle avait trouvé le saint-graal.

- Tu vois, je ne suis pas aussi bête que tu le penses.

Elle roula des yeux.

- Je pense que les Serpentards se sont mis à recruter des gens, comme ce que fait Voldemort dehors.

- Tu dis son nom ? Demanda-t-elle surprise.

- Oui, et je crois que nous aurions dû faire pareil. Je pense que nous devrions nous aussi apprendre à nous défendre…

Lily le regarda comme si elle ne l'avait jamais vu auparavant. Etait-ce la nuit ? Etait-ce un autre ? Elle ne put s'enlever cette impression de déjà-vu, mais ne sut d'où lui venait cette sensation. Elle remarqua qu'il la regardait aussi, alors elle détourna les yeux, elle ne voulait pas qu'il voit qu'elle le dévisageait. Elle n'arrivait seulement pas à croire qu'il ait eut la même idée qu'elle, cette même idée qu'elle ne voulait pas partager avec ses amies pour ne pas les mettre en danger. Elle hésita à lui dire qu'elle approuvait cette idée, mais finit par se remémorer que le garçon près d'elle, n'était autre que James Potter.

- Ce n'est pas à nous de faire ça. Moi, mon rôle c'est de protéger pas former une armée. Quant à toi, Potter, il n'est pas nécessaire de te trouver une excuse pour jeter des sorts à droite et à gauche.

James pensa qu'il avait du faire un méfait assez grave, pour que Lily ait si peu foi en lui. Elle l'avait catégorisé bien avant qu'il sache qu'elle existe. Il ne savait pas ce qu'elle avait dû voir de lui, ce qu'il avait fait devant elle, ou peut-être même ce qu'il lui avait fait. Il était dérouté, mais son orgueil ne lui permis pas encore une fois de chercher à se racheter aux yeux de la jeune rousse, bien au contraire, son sarcasme émergea en premier.

- Au moins, je ferai quelque chose d'utile au lieu de me contenter de la théorie de mes livres chéris.

- Ça ne sera pas utile, si ça fera enlever des points à Gryffondor.

- Je les rattraperai ces points-là !

Lily éclata d'un rire moqueur.

- Et tu comptes faire comment ? Séduire Mcgonagall ?

- Pourquoi jouer si petit. Alors que je pense être le genre de Dumbledore.

Lily continua de rire mais cette fois-ci, son rire n'avait rien de moqueur, c'était ce rire spontannée, qu'elle n'avait offert qu'une fois au jeune garçon. Ce rire qui signifiait qu'elle était assez à l'aise pour se laisser aller, ce rire de gorge qui la faisait paraitre plus jeune qu'elle était insouciante et plus libre, ce rire qu'elle ne laissait jamais passer avec James Potter. Il la regarda longuement et lui sourit d'un air innocent, il était flatté qu'elle rit de sa blague et en rougit presque. Lily ne s'en étant pas rendu compte, se contenta de donner le mot de passe à la grosse dame et s'engouffra dans la salle commune. Dès qu'elle vit son amie, elle oublia l'existence même de James Potter, qui la regarda s'en aller sans pouvoir détacher ses yeux d'elle.

« J'en deviens ridicule » Pensa-t-il.

Il traça son chemin en voyant qu'Alice était en bonne forme, il lui offrit un sourire et s'en alla déçu de s'être fait oublié si facilement. Il arriva au commencement de l'escalier et jeta un dernier coup d'œil derrière lui vers la rousse, un dernier espoir, un dernier regard avant de partir. Son petit baume quotidien. Sentant son regard, elle leva la tête et le regarda. Quelques secondes, juste quelques secondes où il n'entendait plus le bruit de la salle, les crépitements du feu, les portes s'ouvrir ou se fermer, juste quelques secondes de cet horizon vert où il aimait plonger ses yeux, quelques secondes avant qu'elle réalise que c'était lui et qu'elle se ferme à nouveau. Elle détourna les yeux, comme il s'y attendait. Il se rendit compte qu'il commençait à anticiper ses réactions. Il la connaissait mieux qu'elle pensait peu importe à quel point, elle lui criait que non.

Il savait qu'elle avait un combat interne, il savait que la mort de ses parents l'avait changé, qu'elle ne s'y était pas encore habitué, qu'elle cherchait ses nouveaux repères, que l'ancienne Lily n'était pas suffisante. Il savait lire dans ses yeux, plus que ne disait ses lèvres et c'était l'une des raisons pour lesquelles, il décida que peu importe à quel point elle prétendait le détester, il ne pouvait ignorer ses autres signes d'elle. Cette fois où elle l'avait regardé avec émotion, cette fois où il la trouva pliée en deux de rire dans le placard, son rire le plus sincère et le plus contagieux, cette fois où elle fut touchée par son aide… Il n'y avait pas que de la haine, elle ne pouvait pas toujours se cacher derrière.

- Lily je te parle !

- Pardon. Je pensais à un truc que m'a dit Potter.

- Eh ben voilà, j'étais en train de mourir à coté de toi et tu t'en fous. Décidemment, tu as autre chose en tête à part Potter ?

Lily regarda son amie avec incrédulité.

- Tu es sérieuse là ?

- Lily… Oh Lily !

- Alice ?

Alice sursauta. Elle reconnut la voix et se tourna vers son interlocuteur laissant une Lily en plein développement de la colère.

- J'ai entendu dire qu'ils t'ont jeté un sort, tu vas bien ? Lui demanda Frank en l'auscultant.

Il la fit tourner sur elle-même, lui toucha les cheveux puis le visage, pendant qu'elle le regardait avec la bouche grande ouverte. Chaque partie de son corps où il put poser sa main garda cette empreinte chaude imprégnée sur elle.

« Je ne prendrais plus jamais de douche ! » Pensa-t-elle en réalisant que si l'une de ses amies entendait ses pensées, elle deviendrait la risée des Gryffondors.

- Je… La vérité, je ne me sens pas très bien. Feignit Alice.

Lily n'en revenait pas. Elle mit sa main sur sa bouche pour s'empêcher d'éclater de rire. Sa meilleure amie était décidemment une grande manipulatrice.

- J'ai un peu le vertige.

Frank l'aida à s'asseoir et se plaça auprès d'elle en la regardant d'un air inquiet. Lily se tapa le front et se mit à rire.

- Elle est grave ! Lui murmura Marlène qui regardait la scène tout en finissant son devoir de métamorphose.

Lily se tourna vers son aînée et put enfin se permettre d'éclater de rire.

- Il y a deux jours, elle pleurait en le traitant de sale égoïste d'ignorant. Aujourd'hui, elle se fait passer pour morte pour qu'il la caresse. Continua Marlène.

Lily continuait de rire.

- Franchement, je ne m'ennuie jamais avec vous deux. Toi, en mode tyran et elle en mode flan. Conclut Lily.

- Tu parles miss parfaite, tu devrais essayer les garçons toi aussi. Tu as un rendez-vous ce dimanche ?

- Oui. Toi, ma chère.

- Non, non ! désolée de te poser un lapin ma jolie rousse mais j'y vais avec Radnard.

Lily écarquilla les yeux.

- Mais…

- Quoi, ce n'est pas mon genre ? Il ne me plait pas ? Et alors, je devrais arrêter de suivre ce qui me plait, ça ne me crée que des embrouilles.

- Oh, mais je m'inquiète pas pour toi, Mar. Mais pour le pauvre préfet, je suis sûre que tu finiras par le mettre dans une misère.

Marlène envoya un faux regard noir, puis finit par consentir en riant.

- Sûrement.

- Bon, j'ai ma ronde à tout à l'heure.

- Tu n'as pas diné !

- Ce n'est pas grave.

- Mais au fait tu étais où ? Alice m'a raconté, et j'ai vu Sirius revenir mais toi et James non. Vous avez eu des problèmes encore ?

- Non, je l'ai raccompagné à l'infirmerie.

- Hum. Marmonna Marlène à son amie en la regardant de travers.

- Je faisais juste mon devoir.

- Hum. Continua Marlène en hochant la tête de haut en bas lentement.

- Mais, c'est vrai, ce n'est pas la peine d'insinuer quoique ce soit. Je ne sais pas ce qui te prend Alice et toi, à vous moquer de moi sur ce sujet, mais que ce soit clair, il ne m'intéresse pas et ne m'intéresserait jamais.

- Hum. Se contenta de répondre Marlène qui souriait à présent à pleine dent.

Lily jeta un regard mauvais à son amie et se leva sans demander son reste.

Le reste de la semaine s'était passé sans encombres, sans nouvel incident, bien sûr les cours répartis entre les Serpentards et Gryffondors furent interdits de baguette, ils passèrent donc leur semaine à recopier des cours. Comme une punition générale, le moral des deux maisons étaient au plus bas.

Le jour du match, une tension sanguinaire se sentait dans les couloirs. A quelques heures du match, Mcgonagall et Slughorn trainaient dans les couloirs en même temps que les préfets en chef, prêts à tout moment pour les points en moins à distribuer et des punitions pour le moindre petit mouvement suspect, donnant ainsi exemple aux plus audacieux.

James Potter était au summum du stress, il avait avalé son petit-déjeuner d'une traite, s'était levé en trombe, faisant presque tomber la table, il siffla ses coéquipiers et se dirigea d'une humeur massacrante vers le terrain. Ils se mirent tous en tenue et avant qu'il ait le temps de les traiter comme des chiens, de leur crier dessus ou de les faire paniquer plus qu'ils ne l'étaient déjà, Frank intervint.

- James enlève ton regard de tueur, nous allons donner le meilleur de nous même dans ce terrain, nous nous sommes entraînés comme des fous, que ce soit Serpentard, Serdaigle ou Poufsouffle, nous allons gagner ce match. Et entre nous, il n'y aura ni dispute, ni coups bas, ni regards meurtriers, je t'en fais la promesse. Quant aux autres, je vous fais la promesse de vous coller si vous me faites passer pour un looser après ce discours.

- On va gagner. Le rassura Marlène. Pas vrai Black ?

C'était la première fois qu'elle lui parlait sans que personne ne l'oblige, sans que personne ne lui dise de baisser d'un ton et surtout sans haine. Elle avait certes utilisé son nom de famille, comme pour lui dire qu'elle ne parlait pas à Sirius, mais à son coéquipier Black, mais au moins, elle avait enfin daigné le regarder.

- On va gagner McKinnon. Lança-t-il en la regardant droit dans les yeux.

L'équipe de Gryffondor fit son entrée dans le terrain quelques heures plus tard, sous les acclamations et cris de leur maison. Ils levèrent les yeux vers les gradins, ils étaient plus remplis que jamais pensa Frank. En sept ans d'étude à Poudlard, il n'avait jamais vu un tel public. Sa pression monta d'un cran et il se dirigea vers son poste près des buts. Radnard et Marcus s'envolèrent un peu plus au milieu, pendant que Black et McKinnon, prirent plus d'élan et s'espacèrent sur le terrain, Clagg l'attrapeuse elle monta plus haut et attendit que les deux capitaines d'équipe se serrent la main, afin de commencer le match. Dans les rangs des Serpentards, Doring était leur gardien de but, Black, Dermott et Boyle les poursuiveurs, Selwyne et Crabbe les batteurs et Harvey attrapeuse. Selwyne et Potter se touchèrent les mains à peine puis le professeur Bibine siffla le coup d'envoi.

Jamais un match ne s'était déroulé avec autant de tension, les balais allaient plus vite, les cognards tapaient plus fort, les points s'ajoutaient à une vitesse incroyable. Black et McKinnon avaient une entente prodigieuse, jamais l'équipe de Gryffondor n'avait été aussi harmonieuse, Marcus évita de justesse un cognard et put marquer son septième but à seulement vingt minutes du jeu. Potter lui faisait passer le Souaffle à ses amis comme s'il volait sur une fusée, il n'avait marqué que trois points, mais sans lui Radnard et Marcus n'auraient jamais atteint les buts aussi facilement. Il jouait tous les rôles, criait sur ses joueurs pour leur éviter les coups, encourageait Sirius et Marlène avec ses regards, slalomait entre les balais, il encaissa même un coup de cognard à la joue avant d'envoyer la passe qui fit marquer le douzième but des Gryffondors.

Après quarante minutes du jeu, les Serpentards perdaient trente à cent quarante. Ils ne voyaient pas d'issue, leurs adversaires étaient de taille et ce foutu Potter jouait lui seul, comme s'il était trois joueurs, il menait tous les fronts, il était temps de passer au plan B. Selwyne lança un regard entendu à Harvey. Elle comprit. Son capitaine d'équipe venait de lui signifier qu'à présent, le match reposait seulement sur son anticipation, elle devait attraper le vif d'or, pendant que ses coéquipiers s'attèleraient à la tache de pourrir la vie de la maison rouge, à défaut de gagner, il était temps de faire tomber leurs ennemis de leurs balais. Selwyne enchaina cognard après cognard, pendant que Crabbe entrait en collision avec tous les balais s'approchant de loin ou de près aux buts, faisant tout son possible pour faire tomber ses adversaires. Des hurlements indignés et des sifflements se mélangeant à des éclats de rire, montaient des gradins. Du sang giclait sur tous les maillots des Gryffondors. James comprit que jouer à la loyal n'était plus suffisant. Black et McKinnon avaient compris tout autant que lui. Les fautes furent sifflées au moins six fois en cinq minutes jusqu'à ce que Bibine menace d'arrêter le match.

Ils prirent un temps mort et James fit le bilan des dégâts, il avait du sang dans la bouche surement quelqu'un qui avait atteint sa mâchoire, du sang sur le bras et un bleu sur sa cuisse, McKinnon elle avait un bleu sous les yeux et du sang sur sa main, Black lui souffrait de son bras anciennement blessé, il ne pouvait plus le bouger se contentant de remuer son bras droit, Marcus ne ressemblait plus à rien, la boue, la sueur, le sang… A lui seul il aurait pu faire un tableau abstrait, James réalisa que Radnard lui avait un nez cassé.

- On ne va pas perdre ce match. Quitte à ce que je les fasse tomber de leurs balais avec des sorts. Ils veulent la jouer à la mauvaise, Black et McKinnon déglinguez moi ces fils…

- C'est bon, James on a compris !

Ils remontèrent sur leur balai. Dermott et Boyle réussirent à marquer un but chacun, au moment où Crabbe lançait un sort de confusion au gardien, mais personne ne sembla faire attention. Frank, lui comprenant ce qui lui arrivait se lança un contre sort et fit passer le message à Clagg qui le dit à McKinnon. Emplie de rage, elle envoya un cognard droit sur celui-ci, cognard qui couta à Crabbe le bras où pendait sa baguette et celle-ci se retrouva jetée sur le gazon. Ayant vu, cette scène, Selwyne envoya un cognard qui atteint McKinnon en plein cœur, elle s'enfonça dans son balai et fut projet à des mètres du terrain, Sirius entendant son cri se dirigea droit vers Selwyne, la rage au ventre. Il lui rentra droit dedans avec toute sa force, seulement Selwyne était plus fort et tint bon, Sirius réussit cependant à lui faire tomber sa batte des mains.

- Tu veux la défendre espèce de traitre de son sang. Pourquoi ne changes-tu pas de nom ? Lui lança Crabbe pour l'éloigner de Selwyne.

Sirius déjà effervescent de rage sortit sa baguette. Au moment où il tenta de jeter un sort sur Crabbe, il vit son propre frère diriger sa baguette pour le désarmer. Potter vola en flèche vers eux, baguette levée…

Madame Bibine siffla en faisant taire tout le boucan, le brouhaha et le chaos dans les airs. Tout le monde avait pensé qu'elle sifflait les multiples fautes, mais en réalité dans la mêlée et la perturbation que ne comprenait plus personne dans les gradins Harvey avait attrapé le vif d'or, faisant ainsi gagner les Serpentards.

Réalisant ce qui venait d'arriver, Potter s'arrêta dans son élan. Il n'arrivait pas à le croire, aveuglé par la haine, il se dirigea droit vers Régulus qui ne réalisa pas ce qu'il lui arrivait.

- Ton propre frère, Connard !

Il lui cracha dessus et descendit récupérer la baguette de Sirius. Sirius lui cherchait Marlène, qui était tombé un peu plus loin, Frank était à ses côtés, il avait amorti sa chute. Elle avait les yeux ouverts et tentait de cacher sa douleur.

- Tu peux te mettre debout, Marlène ?

Elle lisait de l'affection et l'inquiétude dans les yeux gris en face d'elle et malgré sa douleur, malgré le sang qui coulait à flot, malgré leur perte, sa chute et son balai fracassé, elle voulait lui sourire. Il le réalisa et lui ébouriffa les cheveux.

- Tu es une vraie battante, allez appuies-toi sur mon épaule, on va à l'infirmerie. Lui lança un Sirius Black blessé physiquement et psychiquement.

- Vous n'allez nulle part. Leur dit Madame Pomfresh. Je suis là ! Mais quelle bande de sauvages, quel sport d'indompté, dans quel état vous vous mettez !

Frank s'assit sur le gazon et mit sa tête entre ses mains. Il se leva pantelant et essaya de marcher malgré la douleur de son pied. Le professeur Mcgonagall vint vers eux, la rage dans les yeux. Soudain les sept membres de l'équipe, se turent de peur, elle avait l'air d'être sur le point d'exploser.

- Vous allez bien ? Cria-t-elle presque en les tâtant un à un. Personne n'est gravement blessé ? McKinnon ?

- Ça va.

- Potter ?

Il était dans un état lamentable, haussa les épaules et renifla bruyamment.

- Ce match est une énormité, d'une absurdité, je n'en reviens pas ! Quelle mesquinerie, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, pour que ses points ne soient pas comptabilisés. Quelle honte ! Jamais, je n'ai vu un… Scandalisée.

Elle ressemblait à une personne possédée. Ses yeux lançaient des éclairs qui réconfortèrent ses élèves. Mcgonagall les vengeraient pensèrent les étudiants de la maison ocre à l'unisson.

- Black, Radnard et Shafiq allez à l'infirmerie. Madame Pomfresh viendra vous y rejoindre, Potter et Clagg aidez McKinnon et Londubat à bouger, vous êtes les seuls à avoir les pieds et bras en meilleur état que les autres.

Black revint vers Clagg et l'aida à soutenir McKinnon, pendant que Londubat s'appuya sur Potter pour marcher à cloche pied.

- Je vous aurai porté tous, mais j'ai un scandale à aller agencer !

Elle disparut sans leur laisser l'occasion de bouger.

Madame Pomfresh cria tout au long de leur chemin vers l'infirmerie, elle maudit les jeux, engueula un Dumbledore absent qui n'interdisait pas le Quidditch, aida ses élèves l'un après l'autre qui refusèrent tous de se faire léviter. Ils allaient marcher la tête haute avec leur blessure lui asséna James Potter. Le professeur Dumbledore avait fait vider les gradins en deux temps, trois mouvements confinant tous les élèves dans leurs salles communes respectives. Il donna aux préfets la permission de vérifier les couloirs et emmena l'équipe de Serpentard dans leur cachot avec leur directeur de maison. Il soigna ceux qui devaient être soignés et demanda au professeur Slughorn de s'occuper de leurs châtiments. Ce dernier indigné et honteux par le comportement de sa maison, leur retrancha cinquante points sans écouter la version de qui que ce soit.

Dans la salle commune de Gryffondors, les élèves ne tenaient pas sur place. Tout le monde criait, gesticulait et menaçait de tuer les Serpentards. Toute la salle commune baignait dans une situation d'attente. Attendre comme on attendait des vétérans. Leurs braves camarades qui s'étaient battus jusqu'au bout, mais s'étaient vus voler la victoire de la manière la plus abjecte.

Lily tournait dans les couloirs avec Lupin. Il était inquiet pour ses deux amis, il avait les traits tirés, les poings étranglés et la mâchoire serrée.

- Je suis sûre que Mcgonagall et Pomfresh s'occuperont bien d'eux Rémus.

- Les idiots… Ces Serpentards de… Tu as vu ce qu'ils ont… Je suis…

Contre toute attente, Rémus planta son poing dans un mur, en poussant un cri de rage.

- Rémus, ça ira. Tenta Lily pour le calmer.

Pour la première fois de sa vie, elle vit cette partie en lui, cette partie bestiale qui donnait froid dans le dos, il avait un regard voilé d'une ombre meurtrière. Elle le tint par l'épaule et le força à la regarder.

- Ils ont jeté ma meilleure amie de son balai, je suis aussi enragée que toi. Mais, si nous perdons notre calme maintenant on leur donnera plus de raison de nous atteindre.

- Plus facile à dire qu'à faire. Souffla-t-il en passant ses mains sur son visage.

En faisant ce geste Lily remarqua que ses poings saignaient et qu'une ancienne plaie s'était ouverte, lorsqu'il avait cogné le mur.

- Bon, ben tu as gagné, il faut que tu ailles à l'infirmerie.

- Non, je ne vais pas te laisser ici seule. Tu sais très bien que ça c'est rien par rapport à ce que je subis…

Lily eut froid dans le dos.

Ils rencontrèrent Rogue et Swanson, les autres préfets de Serpentards. Rémus respira un bon coup pour ne pas jeter un sort à l'un deux. Lily voyant qu'il combattait ses pulsions, le tira vers un autre chemin, laissant Rogue abasourdi par le geste de son amie.

Elle avait pris Rémus par le bras, elle avait pris cet animal par le bras. Il se promit intérieurement de lui prouver sa nature, pour qu'elle cesse de défendre le monstre qu'il était. Rogue n'était pas dupe, il avait finit par découvrir son secret, mais il avait besoin de preuve. La preuve ultime pour que Lily arrête de croire qu'il pouvait être son ami, pour que Lily comprenne que seul Severus était son ami.

Personne ne revint de l'infirmerie avant tard le soir. Pomfresh avait fait exprès de les relâcher à une heure tardive pour être sûre qu'ils ne seraient pas dérangés. Il était minuit lorsque six combattants de Gryffondors pénétrèrent leur salle commune.

Alice se leva en courant, elle se dirigea vers Marlène qu'elle serra contre elle, tout en lui posant onze mille questions que même une personne en meilleur état n'aurait pas pu répondre. Puis contre toute attente, elle se tourna vers Frank ignorant complètement son petit ami qui avait eu le nez cassé, l'épaule déboité et une suture au front. Frank remarqua le regard de Shafiq et rougit légèrement.

« Je compte alors plus que ce gars ? Ou l'amitié compte pour elle plus que l'amour ? Après tout, elle a accueillie Marlène d'abord, donc peut-être voulait-elle vérifier l'état de ses amis avant d'aller vers son petit-ami. » Frank se posa plein de question pendant qu'elle attendait des réponses aux siennes.

- Frank ?

- Ça va. Ça va. Merci de nous avoir attendus.

- Je n'aurai pas pu dormir avant de savoir que vous allez bien.

Shafiq monta en tapant des pieds. De toute façon, il en avait marre d'elle, de ses sautes d'humeur et d'être utilisé. Certes, il était sorti avec elle, pour rendre Lily jalouse, mais celle-ci lui avait avoué qu'elle en aimait un autre, alors il n'avait plus besoin de ce jeu, de cette fille, de ces deux filles à vrai dire.

Marlène s'assit près de Lily qui rédigeait un énième essai, ce soir-là, elle avait tellement passé ses nerfs sur son travail, qu'elle était sûrement en avance d'une année sur ses devoirs. Après avoir tourné en rond pendant des heures avec Rémus, ils avaient décidé d'aller se réfugier dans leur salle commune. Rémus jouait aux échecs avec Peter, alors qu'Alice stressait, près d'elle était assise Ayni Shackelbolt qui attendait sûrement Marlène qu'elle appréciait mais aussi son meilleur ami Ronald Radnard.

Celui-ci vint s'asseoir près d'elle en lui racontant ce qui s'était réellement passé à ce match. Sirius qui était entré en même temps que Casey Clagg fut accueilli par un Rémus toujours anxieux.

- Ça va Lunard, je vais bien. Lança-t-il avec un sourire en coin.

- Il faut que tu te reposes. Remarqua Peter.

- Je n'ai pas sommeil. Lança Sirius qui se jeta à côté de ses deux amis se retrouvant en face de Marlène qui était affalée près de Lily.

- Marlène, tu dois aller dormir. S'exclama Lily.

- Si je dors maintenant, je risque d'exploser comme un volcan dans mon sommeil et les murs seront plus rouges que jamais et je serai morte sans me venger de ses faces de vers puants de…

- C'est bon, on a compris.

Lily posa enfin son parchemin et leva la tête dans sa salle commune. Peter, assis devant Rémus, regardait Sirius avec pitié. Ce dernier avait placé son bras sous sa tête et avait levé les yeux au plafond, qu'il fermait en respirant fort dès que la colère reprenait place en lui. Il avait à nouveau le bras en écharpe, sa lèvre était gercée et gonflée au coin droit. Rémus craquait ses doigts en essayant de continuer sa partie d'échec qui visiblement ne l'intéressait plus, Lily avait réussi à calmer ses ardeurs bien qu'elle dut s'y prendre à quatre reprises, jusqu'à ce que Dorcas finisse par les rejoindre. En face d'eux Marlène se balançait de droite à gauche sur son fauteuil, elle avait un œil au beurre noir, un hématome non visible sur ses omoplates et un autre sur le bas de son dos, qui l'empêcherait sûrement de dormir. Quelques centimètres plus loin, Ayni discutait doucement avec Ronald à qui on avait rafistolé le nez, mais qui respirait difficilement. Un peu plus loin, isolés du reste, Alice était collée à Frank qui malgré la douleur à l'épaule et le pied, avaient des yeux aussi brillant qu'un feu d'artifice. Lily sourit en voyant ce tableau, puis se rappela que Potter manquait à l'appel. Elle recentra son attention sur Sirius, Rémus et Peter, ils savent forcément où est leur quatrième cavalier, mais aucun d'eux ne parlait. Lily brûlait de curiosité, mais elle n'osait pas leur demander, elle se tourna vers son amie avec appréhension.

- Qu'est-ce qui est arrivé à Potter ? Chuchota Lily.

Malheureusement pour elle, le silence envahissant de la salle commune, ne cacha pas sa question malgré son murmure. Les trois maraudeurs levèrent la tête vers elle, elle rougit, arrachant le premier sourire de Rémus. Dorcas aussi retenait son sourire, mais ne fit rien de peur de se faire étrangler par Lily, Marlène elle, trop épuisée pour faire attention à quoi que ce soit, haussa les épaules en signe d'ignorance.

Rémus s'apprêtait à lui répondre quand Sirius lui intima que non. Rémus prit alors un parchemin posé un peu plus loin sur la table, demanda une plume à Peter et écrivit à l'adresse de Sirius.

- Pourquoi, tu ne veux pas qu'elle sache ?

- Je veux voir si elle va s'inquiéter pour lui ou pas…

- Quel manipulateur ! Elle s'inquiète déjà, dis-lui.

- Non, je veux prouver quelque chose, alors ne dis rien.

Rémus abdiqua.

Lily commença à jouer avec sa lèvre inférieure, elle en mordilla les bouts, l'enroula à l'intérieur de sa bouche, poussa des soupirs à fondre l'âme puis se mit à jouer avec ses mains nerveusement.

- Bonne nuit, les amis. Finirent par lancer Ayni et Ronald.

- Bonne nuit. Répondirent les autres à l'unisson.

- Moi aussi, je monte, tu me stresses trop Lily. Admit Dorcas à voix qu'elle voulait basse.

- Hein ! qu'est-ce que je t'ai fait ? Demanda Lily en sortant de ses songes.

- Dans pas longtemps tu vas te mettre à mâchouiller le canapé. Y'a trop de stress qui sort de toi. Murmura Dorcas à nouveau.

Lily réalisant que ses pieds se balançaient à présent, se rendit compte que son amie avait raison. Elle se redressa, secoua sa tête et demanda à Marlène si elle se sentait mieux. Celle-ci lui demanda de jouer à un jeu pour lui remonter le moral. C'est alors que Peter leur proposa la bataille explosive. Lily n'étant pas fan de ce jeu, finit tout de même par le placer entre elle et son amie pour l'aider.

Soudain la porte s'ouvrit et alors que les six élèves encore dans la salle, s'attendaient à voir Londubat rejoindre son dortoir de préfet-en-chef. Alice sortit en sa compagnie. Des sourires se dessinèrent sur les visages des trois filles alors que les trois garçons ouvrirent la bouche.

- Eh ben ça alors ! Finit par lâcher Peter.

- Oh ça va Pete, ça ne veut rien dire. Lança Marlène devant leurs visages contrits.

- Ah bon ? Tu crois qu'ils vont où ? Cueillir des coquelicots ? Demanda Sirius en toisant Marlène.

Elle soutint son regard et aperçut son sourire au coin. Le jour où elle résisterait à ce sourire est le jour où elle se sauverait.

- Ils vont sûrement jouer au scrabble. Finit par dire Lily en éclatant de rire toute seule.

Soudain Sirius se joignit à elle. Les autres les regardèrent débités.

- Eh ben, Lily, je ne pensais pas que tu balancerais ton amie aussi facilement.

Lily s'arrêta de rire.

- Tu m'énerves avec tes obsessions des moldus toi ! Tu connais tout ?

Sirius continua à rire en lui faisant signe d'expliquer aux autres.

- Bon, je vous explique c'est une expression moldue qui veut dire que… qu'ils ne sont pas parti cueillir des coquelicots… Finit-elle en rougissant. Je ne balançais pas ma copine, j'étais juste en train de reprendre l'expression de Sirius.

- Tu es grillée, rouge. Entama Sirius en esquissant un sourire pour la première fois de la journée.

- Rouge ? S'exclama Marlène en écarquillant les yeux.

Lily se mit à rire à nouveau, les autres ne comprenaient toujours pas.

- Lily ça va ? Demanda Dorcas.

- Oui, oui… Dit-elle en s'essuyant les yeux. C'est juste que…

Elle hésita un instant à dire cette phrase, puis le cœur léger, elle décida qu'elle aiderait cette petite bande si molle à retrouver le sourire, pour une fois qu'elle était le centre de leur attention.

- Sirius et Marlène m'appellent tous les deux rouges, sans savoir qu'ils ont ça en commun. Je crois que Marlène vient de réaliser qu'elle a sûrement les mêmes neurones que Black. Assez insultant pour elle, je pense qu'elle a le choix entre nous Avada tous d'avoir été témoin de ça, ou bien de se jeter sur le calamar géant.

Les six Gryffondors éclatèrent de rire, pendant que Sirius et Marlène se dévoraient des yeux en riant à leur tour.

- Je ne suis pas aussi bête que ça, Lily ! Gronda-t-il.

- Oh, ça va, Sirius. Ne fais pas semblant, on te connait tous ici ! Lui intima Marlène.

- Attention à ce que tu dis, il semblerait qu'on est plus de choses en communs que ce que nous partageons déjà. Répondit-il avec le même sourire charmeur.

Marlène ouvrit la bouche devant son indécence. Il était culotté, elle venait de le gifler il y avait à peine une semaine à cause de cette même chose dont il se ventait avoir partagé.

- Tu n'as aucun scrupule Black, tu as de la chance d'avoir le bras en écharpe. Et je n'aime pas les combats non équitables, sinon, je te transformerai en pâté pour chien.

Rémus et Peter se roulèrent par terre de rire.

- Tu as vu patte mole, même Marlène trouve que tu as un air de chien. S'exclama Peter en criant de rire.

Ils restèrent ainsi un moment à rire. Chacun d'eux remercia l'autre intérieurement et pour la première fois de leur vie, les filles et les garçons comprirent qu'ils n'avaient pas seulement leur clique, mais qu'ils formaient aussi un beau groupe tous ensemble.

Dorcas finit par monter dormir, suivie de près par Rémus à qui Peter envoya des regards envieux. Il essaya de chasser l'idée que Dorcas et Rémus pouvaient être plus qu'amis en jouant à présent contre Lily, mais rien ne put enlever certaines images de son imagination. Il finit par prétendre avoir sommeil et monta s'enfermer dans son dortoir.

Lily se retrouva, alors, seule avec Sirius et Marlène. Elle voulait partir pour les laisser seuls quand Marlène envoya un regard noir à Lily. Cette dernière y lut.

« Tu me laisses seule avec lui, je te tue ! »

Sirius ne rata pas la scène et se sourit intérieurement sans vraiment comprendre pourquoi. Soudain, le silence reprit place. Lily se sentait de trop, Sirius avait envi qu'elle parte et Marlène avait peur de rester seule avec Sirius. Son cœur se mit à battre si fort, puis elle se rappela de leur soirée la semaine dernière. Ces mêmes murs étaient témoins de l'état torride dans lequel il l'avait mise, elle ne pouvait pas lui laisser ce pouvoir. Il avait envie d'elle, elle le savait, mais elle ne pouvait pas le laisser l'approcher, parce qu'elle, elle le savait à présent, voulait plus venant de lui et d'après son mince historique avec lui, elle n'avait aucun contrôle sur elle-même. Soudain aux souvenirs évoqués, elle sentit le rouge colorier ses joues et sa respiration s'accélérer, un fourmillement dans le bas de son ventre la mit en éveil, elle prit alors la dernière parcelle de son courage, attendit que Lily commence une partie d'échec avec Sirius, pour se lever, leur souhaiter bonne nuit en vitesse et les laisser en plan, complètement abasourdis par ce départ en bourrasque.

- Qu'est-ce qui lui prend ? Demanda Sirius.

- Je ne sais pas. Lança Lily qui ne savait plus pour quelle raison elle devait rester dans cette salle à présent.

Son amie l'avait obligé à rester pour finir par littéralement s'enfuir.

- Tu l'attends ?

- Qui ? Demanda Lily en feignant ne pas comprendre.

Sirius leva un sourcil, la regarda d'un air taquin et ricana. Elle se sentit rougir, puis pria les cieux, les étoiles peu importe quoi, pour qu'elle trouve une réponse intelligente avant que ce diable ne la démasque.

- Bien sûr que je l'attends c'est ma copine.

- Tu sais très bien que je ne parle pas d'Alice.

- Alors de qui ?

- Lily ! Lily, Lily… Chantonna Sirius avec un air faux. Ne fais pas semblant de pas savoir, tu as demandé après lui tout à l'heure.

Lily avala sa salive.

- Je demande après tout le monde, tu sais. Ça ne veut en aucun cas dire que je l'attends. D'ailleurs pourquoi je l'attendrai, nous ne sommes même pas amis !

- Dommage, il peut être un très bon ami… voire plus si affinité.

- Sirius Black ! Arrête ça tout de suite ! Gueula-t-elle.

- C'est bon t'énerve pas. Tu étais agréable ce soir, s'il te plait ne te transformes pas en furie.

- Hé, je ne suis pas une furie !

- Ah non, excuse, tu es un innocent petit botruc.

Elle hocha la tête désespérément et déplaça sa tour.

- Tu traines souvent ici, le soir pas vrai ? Demanda Sirius, en se lançant dans un terrain qu'il savait, miné.

- Je fais des insomnies… Des cauchemars.

- Tu ne prends rien pour ça ?

- Non. Pourquoi tu veux me vendre de la drogue ?

- Moi aussi, j'ai toujours eu des problèmes de sommeil et donc je prenais des potions de sommeil sans rêve.

Lily retrouva soudain ce Sirius sérieux, ce Sirius plus âgé. Elle le regarda furtivement et ressentit envers lui la même compassion qu'elle avait envers Rémus, bien que ce soit pour différentes raisons.

- Qu'on soit né-moldu ou sang-pur au fond, les problèmes nous suivent d'une manière ou d'une autre, enfin de compte hein !

- Non, Lily, moi je les ai choisis.

- Tu regrettes ?

- Jamais. Lança-t-il fièrement. Jamais ! J'ai eu de la chance d'avoir une autre famille à Poudlard.

- J'ai vu ce qu'il a fait tout à l'heure, ton frère. Murmura Lily en hésitant. J'ai aussi vu que tu avais passé le match à tout faire pour qu'il ne reçoive pas de cognard.

- Tu es très observatrice. Déclara Sirius avec un sourire las.

- Je ne sais pas comment j'aurai réagi moi.

- Si, tu aurais trouvé une solution. Tu es assez ingénieuse. Moi, je suis resté bloqué comme un arbre à me demander si c'était mon propre frère qui venait de me désarmer, mais en réalité mon vrai frère est celui qui lui a foncé dessus et a récupéré ma baguette. Continua Sirius avec fierté, le regard brillant.

- Il lui a aussi craché dessus. Continua Lily en souriant légèrement.

- Je n'ai pas vu ça. Dit Sirius en riant à présent.

- Je sais tu étais occupé à aller sauver ta batteuse.

Sirius sourit. Décidément, elle était pire que Rémus celle-là, elle ne ratait rien.

- Echec et mat. Lança-t-elle.

- Espèce de … ! Tu m'as fait délier la langue pour que je sois déconcentré et que tu gagnes ! Tricheuse.

Elle lui offrit un sourire vicieux et leva les poings au ciel.

- Eh oui, Black, elle a plus d'une corde à son arc la petite préfète.

- Quelle manipulatrice ! Lança-t-il en se tenant le cœur et feignant essuyer une larme coulant de son œil.

- Allez, je vais me coucher. Et, je ne te déliais rien. Je sais ce que c'est que d'être rejeté par son propre sang donc… Allez, sérieusement. Lança-t-elle gênée. Je m'en vais.

- Tu ne vas pas me demander où il est ?

- Ce ne sont pas mes affaires Sirius.

Elle lui fit un signe avec sa main et monta dans sa chambre, où elle dormit pour la première fois en réalisant qu'elle n'était pas la seule à avoir des problèmes. Plusieurs âmes solitaires et meurtries erraient dans ce château et elle se sentit chanceuse de pouvoir compter sur quelques uns d'entre eux.