CHAPITRE XX
Le temps sembla s'étaler à l'infini. Elle en perdait la notion, elle se sentait ballotée par les minutes, les heures, les jours et à un moment donné elle crut qu'elle allait devenir folle, littéralement. Compte tenu de son état, on l'empêcha de rejoindre les autres. Elle resta dans cette chambre miteuse et surveillée. Un médecin venait l'examiner chaque jour et restait sans réponse à toutes ses questions.
Elle ne savait pas si Steve allait bien. Si Bucky allait bien. Si Clint, Wanda, Sam et Scott allaient bien. Elle ignorait si Tony avait pu rejoindre les soldats. Une chose l'empêchait de péter littéralement un câble. Ce bébé. Son bébé. Celui de Steve. Cette perspective lumineuse et solaire qu'un petit être était en train de grandir en elle. Cependant plus le temps passait, plus elle avait la sensation qu'elle allait mettre au monde cet enfant ici, sans son père pour le voir. L'angoisse rendait ses journées ternes et épuisantes. Tout ce qu'elle parvenait à savoir, c'était l'avancé de sa grossesse qui lui donnait un bon aperçu des jours qui passaient. 21 jours, ils étaient dans cette prison depuis 21 jours. Presque deux mois de grossesse. Elle avait eu le temps de penser aux mille façons dont elle l'annoncerait à Steve, elle avait eu le temps de penser que son enfant ne verrait jamais son père et peut-être même jamais la lumière du jour.
Ce jour-là était un jour particulièrement long. Elle avait vu le médecin qui l'avait examinée encore. Elle lui avait posé les mêmes questions inlassables encore. Mais aujourd'hui elle avait aperçu la légère fossette qui lui glissait sur le menton se creuser légèrement. Elle avait senti son cœur s'affoler. Peut-être commençait-il à avoir pitié d'elle à présent. Elle en était même réduite à se dire que si Steve avait raison sur l'attraction soi-disant particulière qu'elle exerçait sur les gens, il était temps que cela fasse ses preuves. Elle avait agrippé sa main fripée, plongeant un regard désespéré dans le sien. Elle avait pris sa voix la plus larmoyante et elle l'avait senti trembler contre sa peau.
- Docteur, dîtes-moi que je ne vais pas mettre mon bébé au monde ici, je vous en prie.
Son menton avait tressauté, légèrement.
- Nous sommes des êtres humains, nous avons enfreint la loi mais nous ne méritons pas d'être enfermés de la sorte.
- Nous ?
Son cœur avait brusquement pris une embardée phénoménale contre sa poitrine. Et si les autres n'étaient plus là, ils avaient peut-être été transférés ou pire ? Elle n'avait pas répondu le regard voilé de larmes. Le médecin avait alors tapoté sa main avec douceur, le visage détendu.
Elle n'avait pas cessé de faire tourner en boucles les pires scénarios possibles dans sa tête. A cette heure-ci, elle avait le visage plongé dans ses mains et elle tournait en rond de manière frénétique dans la petite pièce exiguë. La porte s'ouvrit à la volée et elle se dégonfla comme un ballon de baudruche pensant être sujette à une hallucination. Steve se trouvait là, son visage, parfait n'avait pas changé d'un pouce et ses yeux marine étaient en proie à une vive agitation. Elle resta là les bras ballants, incapable de prononcer la moindre parole. Elle ouvrait la bouche et la refermait de façon répétée. Ce fut lui qui bougea le premier, il avala les quelques mètres qui les séparaient et la serra contre lui avec force, un soupir s'échappant de ses lèvres.
- June, quand j'ai vu que tu n'étais pas avec les autres j'ai cru devenir fou.
Les autres ? Ils étaient donc toujours vivants. Le soulagement l'étreignit avec une telle force qu'elle dût se cramponner à Steve pour ne pas fléchir. Elle ferma les yeux, il était presque douloureux d'être près de lui de cette façon tant il lui avait manqué. C'est comme si elle avait été privée d'air tout ce temps et qu'il lui fallait brusquement s'adapter à la morsure de ses nouvelles respirations.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? Ils t'ont fait du mal ?
Son regard était tempête et elle pouvait voir la veine contre sa tempe qui battait à un rythme effréné. Il n'était visiblement pas au courant de son état.
- Non. Steve, je…
Elle ne parvint pas à finir sa phrase, les mots étaient coincés au fond de sa gorge. Elle s'était imaginé un millier de fois ce moment et il lui apparaissait dénué de sens alors qu'ils se trouvaient face à face dans cette pièce crasseuse. Il fronça les sourcils, fouillant avec intensité son regard.
- Il va falloir sortir, fit-il d'une voix douce, tu crois que tu peux ?
Elle hocha la tête doucement. Alors qu'il glissait une main contre sa hanche décidé à ne plus lâcher, à son plus grand soulagement.
La chambre d'hôtel était miteuse. Elle sentait le renfermé et la poussière. Les draps cependant avaient l'air propres et ils paraissaient frais. Elle se trouvait enfin bien, douchée et engoncée dans des vêtements à Steve beaucoup trop grands pour elle. Lorsqu'ils étaient sortis de la prison, il l'avait mené au Quinjet et le soulagement qui avait fait débordé son cœur avait été proche du raz de marée lorsqu'elle avait vu Bucky, Wanda, Clint, Sam et Scott à bord. Elle avait fondu en larmes, remplie d'hormones. Ils avaient tous posé des questions sur sa non présence à leur côté et elle avait demandé gentiment à être un peu seule. Elle ne voulait pas qu'ils sachent. Pas encore. C'était leur moment, à elle et à Steve et elle n'avait pas envie de le partager. Après ce qu'elle avait vécu elle aspirait à un peu de bonheur. Wanda l'avait observée avec un regard lourd, si bien que June pensait bien qu'elle avait compris, ou entendu, ou lu en elle peu importe. Aussi l'avait-elle implorée du regard et la jeune femme avait détourné les yeux lèvres pincés.
Avec des gestes lents elle ouvrit la fenêtre et inspira une longue goulée les larmes aux yeux. Elle n'entendit pas Steve entrer, tout à son exploration de l'air contre son visage, si bien qu'elle eut un sursaut alors lorsqu'il passa ses bras autour de sa taille et enfouit son nez dans son cou.
- Il fait froid, murmura-t-il.
Les nuits de Juillet étaient fraîches dans cette région.
- L'air m'a manqué, lui répondit-elle en se tournant vers lui.
Elle vit ses mâchoires se contracter légèrement et son regard s'assombrir.
- Je n'aurais jamais imaginé…
Sa voix se brisa et elle déposa une main douce contre sa joue. Il ferma les yeux douloureusement.
- Je ne veux plus être séparé de toi aussi longtemps, soupira-t-il. C'était au-dessus de mes forces. Quand Natasha m'a appelé pour me dire que tu avais été arrêtée avec les autres j'ai cru devenir dingue.
Elle glissa une main dans ses cheveux, un geste qui lui avait profondément manqué.
- J'espère que tu n'as pas été trop dur avec elle. Il fallait que tu prennes ce jet.
Il pinça les lèvres et lui adressa un petit sourire contrit qui la fit fondre.
- J'irais m'excuser quand je pourrais.
Il embrassa ses lèvres avec urgence, la prenant de court. Il y avait comme une exigence dans ce baiser qui lui fit totalement perdre la tête.
- Steve, murmura-t-elle entre ses lèvres.
- Mmmm ?
Il ne semblait pas prêt à l'écouter tout de suite.
- Steve, fit-elle un peu plus fort en se redressant le repoussant d'elle légèrement. Il faut que je te dise quelque chose…
Il se recula l'observant avec sérieux.
- Je t'écoute.
Elle ne savait pas comment le formuler, elle se sentait hésitante, son cœur martelait sa poitrine. Il posa une main sur sa joue mais ses yeux semblaient angoissés.
- June, qu'est-ce qui se passe ?
- Il y avait une raison pour laquelle je n'étais pas avec les autres au Raft…
Il fronçait les sourcils et elle avançait prudemment dans ses phrases de peur de buter sur les mots.
- Quand nous sommes arrivés, nous avons été séparés. Ils nous ont fait passer des tests, et… Ils ont découvert quelque chose à mon sujet.
Ses traits semblèrent se radoucir alors qu'il glissait une main contre sa joue.
- June, tu sais bien que quoi que tu dises rien ne changera jamais…
- Je suis enceinte, Steve, le coupa-t-elle très vite.
Il eut brusquement l'air de s'être pris une décharge en pleine face. Il la regardait les yeux écarquillés alors qu'elle, était en proie à une vive angoisse. Elle le regardait, les yeux suppliants, suspendue à ses lèvres. Il attendit peut-être un peu trop longtemps, elle eut un mouvement de recul alors qu'il abattait une main contre ses hanches la rapprochant de lui avec force. Le baiser qu'il lui donna n'avait plus rien d'urgent, il dégageait une tendresse et une émotion qu'elle n'avait jamais ressentie auparavant.
- Je ne te laisserais plus jamais seule, tu en as conscience ? Souffla-t-il contre ses lèvres.
Elle eut un rire tendre contre ses lèvres.
- J'en ai bien l'intention.
Alors qu'il se détachait d'elle elle vit que son regard était plus brillant et ses traits s'étaient brutalement détendus.
- Je ne reviens pas de la chance que j'ai de t'avoir un jour, trouvée.
- Il faudra remercier, Tony, fit-elle avec un sourire.
Elle vit une ombre passer dans son regard.
- Quoi ? Fit-elle en se détachant le cœur battant.
Tout un tas de scénarios défilèrent dans sa tête, elle osa à peine imaginer le pire qui s'était présenté en premier dans son esprit.
- Il y a eu un problème en Sibérie. Zemo n'était pas là pour réveiller les Soldats finalement.
Il avait une voix amère lorsqu'il parlait et elle en fut bouleversée.
- Il voulait juste que nous nous montions les uns contre les autres et il a superbement réussi son coup. Tony est venu nous rejoindre en Sibérie. Zemo voulait simplement ouvrir les dossiers du 16 décembre 1991. Et il voulait qu'on soit tous les trois à le voir.
Elle fronça les sourcils, la date lui était vaguement familière mais elle ne parvenait pas à se souvenir de l'évènement qui y était associé.
- Tu ne t'en souviens peut-être pas car tu avais une dizaine d'année ce jour-là, mais les journaux en ont parlé durant des semaines…
Brutalement ça lui revint comme un coup de fouet. Elle se rappelait vaguement sa mère avec un papier journal dans la main, balançait une phrase du genre « Tony Stark, C'était pas le garçon qui traînait toujours avec ton père ? Pauvre gosse ». June se souvient d'avoir attendu le soir pour se glisser dans le salon et ouvrir le journal. Elle avait, lu et relu l'article une bonne dizaine de fois. Pendant des mois elle n'avait fait que penser à Tony, à sa douleur et sa peine. Elle connaissait.
Elle porta une main à sa bouche, l'air horrifié.
- L'accident d'Howard et Maria ? Fit-elle d'une voix percées de trémolos.
Il hocha la tête gravement, les lèvres pincées.
- Ce n'était pas un accident. C'était… C'était Bucky.
Bien sûr, elle savait déjà, avant qu'il ne le dise, elle avait deviné mais l'entendre le dire avait quelque chose de bouleversant.
- Le combat entre nous a été terrible, je… je ne crois pas qu'il reviendra, June.
Elle baissa les yeux sentant les larmes la menacer brusquement. Elle tremblait légèrement, aussi crut-il bon de l'enrouler de ses bras pour la bercer tendrement.
- Le Quinjet est dans l'orée de la forêt, le temps de se remettre nous partons demain matin.
- Où ça ? Souffla t'elle
Elle le sentit grimacer.
- Au Wakanda
Elle se redressa subitement.
- Autant livrer Bucky sur un plateau.
- C'est son idée, il veut se rendre. Ils ont un programme de cryogénisation qui lui permettrait d'attendre le temps qu'on le déconditionne. Apparemment la sœur de T'Challa, Shuri travaillerait sur un procédé permettant…
Elle n'écoutait déjà plus, ses oreilles bourdonnaient et elle se sentait prête à hyperventiler.
- Quoi ?!
Il eut une moue prudente devant sa colère.
- June… Fit-il d'une voix tendre dans le but de l'apaiser.
- Tu es d'accord avec ça ? Claqua-t-elle brusquement.
Il eut un regard triste qui la dégonfla légèrement.
- Ce n'est pas à moi de décider.
Avec force, elle fit volte-face et se dirigea vers la porte de leur chambre, elle l'ouvrit brutalement et traversa le couloir du motel d'un pas énergique, lorsqu'elle se trouva devant la porte de la chambre 248 que Bucky partageait avec Sam, elle l'ouvrit à la volée provoquant l'incrédulité des deux hommes. Bucky était debout près de la fenêtre, il avait les cheveux mouillés et portait un marcel noir et un jogging de la même couleur qui rendait le gris de ses yeux plus fort encore, il ne cilla pas quand il la vit débouler comme une furie. Sam quant à lui fit une moue interloquée. Il sortait visiblement de la douche, une serviette posée sur ses hanches et une brosse à dent dans la bouche.
- Hé ! Protesta-t-il faiblement.
Elle pointa un doigt rageur sur le torse du soldat, les larmes aux yeux.
- Toi ! Quand as-tu décidé de disparaître de nos vies en un claquement de doigt ?
Bucky leva les yeux derrière elle et elle devina qu'il échangeait un regard avec Steve mais celle-ci ne tourna pas la tête bien trop occupée à le fusiller du regard.
- C'est ma décision, fit-il d'une voix froide.
Elle aurait pu reculer, elle aurait dû mais la colère pulsait tellement fort contre ses tempes qu'elle lui donnait envie de le gifler.
- Ta décision ? Tous les gens qui sont ici ont pris des risques pour te protéger et te défendre ! On est allés en prison pour toi, Bucky ! Et toi tu nous abandonnes comme ça ?
Il soupira doucement.
- Tant que je suis conditionné, je suis un danger. Pour tous les gens autour de moi.
Il planta durement ses yeux dans les siens et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle se recula comme s'il lui avait donné une gifle. Il eut un nouveau soupir :
- Ecoutes…
- Laisses tombé, je n'ai pas envie de t'écouter. Efface nous si ça te fait plaisir.
Elle tourna les talons et passa devant Steve qui lui adressait un regard emplit de tristesse. Elle entendit la voix de Sam murmurer :
- Elle ne tourne pas rond en ce moment, elle grille des fusibles.
Parvenue dans l'encadrement de la porte, elle pivota et lâcha d'une voix irritée.
- Je suis enceinte, Sam !
La bombe lâchée Bucky et Sam se figèrent brusquement, douchés.
- Je suis bourrée d'hormones, mon grand-père était un fou qui s'associait à Hitler, ma vraie mère n'a jamais voulu de moi, je suis une mutante, j'ai des pouvoirs que je ne maîtrise pas vraiment, mon père est mort, ma mère est morte, le gars qui a essayé de me sauver la vie quand j'étais gamine a décidé de se mettre en veille pour une durée indéterminée, mon petit ami a presque cent ans et je suis une putain de hors la loi. J'ai tous les droits de griller des fusibles !
Elle avait dit tout ça dans un souffle si bien qu'elle s'en trouva à court l'espace d'un instant.
- Ok, souffla Sam alors qu'elle s'éloignait vers la chambre. Désolé
Elle croisa Clint et Wanda qui avaient sorti la tête de leurs chambres respectives mais ne leur adressa aucun regard. Tout le motel devait à présent être au courant de leur petite scène, c'était absolument parfait. Elle entendit Steve lui emboîter le pas et la voix de Clint qui lui glissait un subtil « Bonne chance mec ! » qui faillit bien la faire se retourner une nouvelle fois.
Elle entra dans sa chambre, l'esprit encombré de beaucoup de pensées toutes plus folles les unes que les autres. Elle avait envie de frapper quelque chose, sa main la démangeait et au lieu de ça elle se mit à plier les feuilles de prospectus éparses sur le sol qui avaient dû tomber à la suite de l'ouverture de la fenêtre. Elle sentit une présence dans son dos, la forçant à maugréer.
- Je sais que tu es là, Steve.
- J'attendais que tu ais terminée. Ce tas de papier semble visiblement être ta priorité.
Elle se retourna vivement et se dégonfla aussitôt. Il avait un air tendre qui flottait sur son visage et ses bras étaient croisés sur sa poitrine. Elle se sentit fondre tout d'un coup.
- Je suis désolée… Pour ma petite scène, souffla-t-elle.
- Ne t'en fais pas pour ça.
Il eut une grimace.
- Quoi ?
- Je me serais juste passé de la réflexion sur le vieux de cent ans.
Elle eut un sourire.
- Tu n'as pas écouté… J'ai dit presque cent ans.
Il étouffa un rire alors qu'il posait ses lèvres contre sa tempe.
- Bucky se sent mal, tu sais.
- Je n'ai pas vraiment envie de parler de ça maintenant.
- Comme tu voudras, souffla-t-il, dans ce cas ce serait bien que tu dormes un peu. Nous…
Il hésita, une grimace plaquée sur le visage, le regard fuyant.
- Nous partons tôt demain matin.
Elle frémit pourtant ses yeux s'attardèrent sur son visage et glissèrent contre ses lèvres, alors, une délicieuse chaleur lui enflamma le ventre.
- Steve.
Il relava le visage vers elle et elle put lire le trouble qui l'habitait. Ses yeux étaient assombris et elle ressenti jusque dans son petit orteil l'électricité courir contre son corps.
- Je n'ai pas envie de dormir…
Elle déposa ses lèvres contre les siennes, glissant une main sur sa nuque. Il eut un grognement qui la fit frémir. C'était si simple de se laisser aller contre lui, de s'abandonner contre ses bras. Quittant ses lèvres il se mit à déposer des baisers le long de son cou, sa clavicule laissant sa langue s'égarer, enflammant ses sens. Le monde pourrait bien tourner en l'air qu'elle ne s'en soucierait pas. Cet instant là n'était qu'à eux. Il lui avait tant manqué que le désir crépitait dans tout son corps avec tellement de force qu'elle se sentait presque vaciller, elle enroula ses jambes autour de lui et elle sentit qu'il perdait légèrement le contrôle. Ils n'atteignirent jamais le lit.
Lorsque le Quinjet se posa, June eut un réel choc. Elle ne s'attendait pas à cela. Elle voyait déjà des savanes luxuriantes, peut-être même un ou deux lions qui se seraient égarés au milieu. Rien ne l'avait préparée à tout ce vert. C'était déstabilisant. Le ponton s'ouvrit sur une foule de personnes ce qui surprit la jeune femme. Le Roi était en tête de file, alors qu'une espèce d'armée semblait avoir pour vocation de trancher la gorge à quiconque s'en approcherait. Parfait. Elle était à présent mal à l'aise. Elle osa une œillade vers le soldat de l'hiver et détourna les yeux alors qu'il l'observait avec intensité. Depuis son réveil, Bucky avait tout fait pour tenter de lui parler mais elle l'avait strictement ignoré, elle était bien trop furieuse pour lui décrocher un mot. Pourtant à mesure que le temps avançait et que le moment des au revoir approchait elle sentait qu'elle devait lui parler. Elle s'en voudrait s'ils se quittaient fâchés, c'était simplement au-dessus de ses forces pour le moment.
Avant de partir en direction du Quinjet, elle était descendue à la réception du petit motel qu'ils partageaient tous pour passer un coup de fil. L'hôtelier un homme rustre à la carrure sèche lui avait demandé 5 dollars pour l'appel, elle s'en était étouffée d'indignation et avait dû retourner à la chambre pour demander un peu de monnaie à Steve, puisqu'elle-même n'était en possession de rien du tout. Elle s'était rongée la peau du pouce alors que la tonalité semblait durer des heures. Penny n'avait pas décrochée et elle en avait été peinée. En même temps il était six heures et être matinale n'était absolument pas dans les critères de son amie. Elle avait donc laissé un long message à la jeune femme.
« - Penny, c'est moi. Je n'ai plus de portable depuis quelques temps et tu es sûrement sous surveillance alors je vais être brève. Je vais bien. Tu te doutes qu'on ne pourra plus se contacter pendant un moment mais je ferais tout pour essayer de te joindre, d'une façon ou d'une autre. Tu me manque plus que je ne peux l'avouer. Les chaînes d'infos diffuseront sûrement mon portrait d'ici peu de temps, j'espère simplement qu'ils choisiront une photo qui me met en valeur…
Elle avait étouffé un rire mais sa voix était déjà baignée par les larmes.
- Dis à Charlie de prendre soin de toi. S'il te plaît. Torne risque de ne pas comprendre ce qu'il s'est passé, pourquoi j'ai disparu mais bientôt toute la caserne sera au courant pour moi… Peux-tu dire à Charlie de leur dire que je suis désolée, et que j'ai réellement adoré travailler à leur côté et que…
Elle avait pris une longue respiration entrecoupée par les larmes.
- Bon c'est tout. Je t'aime Penny jolie, tâche de ne pas te laisser intimidée par le monde extérieur. Et… c'est quelque chose que j'aurais préféré te dire autrement que sur une boîte vocale mais tu vas être marraine alors, essaie de dire moins de gros mots, s'il te plaît. »
Puis elle avait raccroché. Tandis qu'elle était remontée dans sa chambre, la gorge serrée, elle n'avait pas hésité à se lover dans les bras puissants de Steve, laissant doucement tarir ses pleurs. Elle aurait voulu lui parler d'elle, de Bucky, de sa vie mais c'était impossible et le manque de son amie lui avait brûlée la poitrine.
- Bienvenue au Wakanda, salua le Roi avec une voix bien plus grave qu'à celle qu'il ne l'avait habituée. Captain. June Davis.
Il envoya un signe de tête aux autres. Bucky se plaçait un pas en retrait d'eux alors que Sam et Wanda fermaient la marche. Ils avaient déposé Clint avant de venir et June savait à quel point il devait manquer à sa famille. Elle en avait profité pour glisser un dernier au revoir à son chien, sur quoi Clint avait promis de bien prendre soin de lui, ce dont elle était absolument certaine.
- Majesté, répondirent-ils presque à l'unisson.
Ils furent conduits à travers un dédalle de couloirs et June ne cessait d'envoyer des regards émerveillés autour d'elle. Tout était incroyablement clair et moderne. Il était certain qu'elle adorait l'endroit. Le Roi proposa à ceux qui le souhaitaient de visiter un peu le coin, pendant qu'il conduirait Bucky dans la salle de cryogénisation. June avait senti ses genoux flancher un peu mais n'avait pas bougé de même que Steve. Sam et Wanda s'étaient alors éloignés leur laissant ce moment à eux, sentant qu'ils en avaient besoin. Elle s'était mise en marche derrière le Roi, tout près de Steve qui lui effleurait la main de temps en temps, ressentant son trouble, Bucky fermait la marche et elle pouvait sentir son regard qui lui vrillait la nuque.
Ils arrivèrent rapidement dans une pièce d'un blanc aseptisé qui fit revenir au triple galop la nausée de la jeune femme. Elle espérait que ces déboires de début de grossesse prennent fin rapidement auquel cas elle n'était plus sûre de quoi que ce soit la concernant. Une jeune femme à la peau caramel les attendait, elle avait le même regard tendre et rieur que son frère et après s'être présentée, c'était elle, Shuri, elle expliqua avec une voix cristalline le déroulement des opérations. June n'écoutait pas. Elle avait le regard figé sur le caisson et ne parvenait pas à dénouer le nœud qui obstruait difficilement sa gorge.
- Je vais vous laisser une minute, fit Shuri avec une douceur.
Accompagnée de T'Challa, elle s'éloigna de quelques pas, tandis que Steve se raclait la gorge pour demander au Roi quelque chose, envoyant à June un regard à la dérobé. Elle ressentit un élan de gratitude et d'amour si fort que son ventre se réchauffa à cette pensée. Steve était si plein de gentillesse et d'attention qu'elle retomba amoureuse de lui violement en cet instant. Nul doute qu'il ferait un père formidable. Ses joues se réchauffèrent à cette pensée.
- Voilà une image qui restera gravée dans ma mémoire, s'éleva la voix de Bucky.
Elle pivota vers lui, un regard interrogatif plaqué sur le visage.
- Toi. Le dévorant du regard. Heureuse.
Il y avait une telle intensité dans le timbre de sa voix qu'elle sentit la douleur la foudroyer complétement.
- Tu peux toujours changer d'avis, murmura-t-elle.
Il eut un sourire triste.
- Je ne le ferais pas. Je suis dangereux June. Et tu vas avoir un bébé, je ne prendrais pas le risque de te faire du mal ou de lui faire du mal.
Elle hocha la tête les larmes perlant au coin de ses yeux, elle avait le regard baissé, elle se sentait incapable de le regarder en face.
- Hé, fit-il en relevant son menton avec son bras métallique. Ça ne durera peut-être pas longtemps.
- Et si ça dure des années ?
- Tu as bien vécue des années sans moi.
- C'était différent.
- Alors je découvrirais sûrement ta fille, aussi belle et forte que sa mère.
- Comment sais-tu que c'est une fille ?
- J'en suis certain.
Elle eut un sourire triste alors qu'il effaçait une larme au coin de ses yeux.
- Est-ce que tu pourras au moins me pardonner ? Murmura-t-il.
Elle eut un petit rire balloté par les larmes.
- Evidemment.
Il déposa un baiser sur son front en fermant les yeux, elle eut l'impression que son cœur tombait en miette à ses pieds.
- Peut-être que cette expérience me permettra de ne plus être amoureux de la copine de mon meilleur ami.
Il avait affiché un sourire en coin mais dans ses yeux l'intensité crépitait avec force. Elle eut des frissons tant la phrase l'avait clouée sur place.
- Dans un autre monde, une autre vie… Commença-t-elle.
- Ne le dis pas, coupa-t-il très vite. Je n'ai pas vraiment envie de t'entendre dire que dans un monde où Steve n'existerait pas tu aurais peut-être pu tomber amoureuse de moi.
Elle eut une grimace.
- Si Steve n'existait pas, je ne serais sûrement pas l'homme que je suis aujourd'hui.
Elle eut un frémissement.
- Je suis désolée . Je… Je l'aime.
Elle avait dit cela comme pour appuyer ses excuses, comme si ça pouvait avoir plus de valeur pour lui.
- Je le sais, fit-il avec douceur. Ça crève les yeux.
Il eut un sourire sincère et au même moment, la porte s'entrebâilla pour laisser passer Steve. Bucky plongea son regard dans le sien, avant de lâcher d'une voix plus tendue :
- Essaies d'éviter les problèmes en mon absence.
Elle tenta de sourire bravement et dû se contenir pour ne pas laisser ses larmes se déverser sur son visage. Elle hocha la tête mordant sa lèvre inférieure et quitta la pièce à toute vitesse pour laisser aux deux hommes l'intimité qu'ils méritaient. Elle fut surprise de tomber sur le Roi en compagnie de sa sœur qui lui adressait un regard empreint de sympathie. Elle ne devait pas être belle à voir visiblement. Les baies vitrées laissaient peu de place à l'intimité et elle pouvait apercevoir Steve qui posait une main sur l'épaule de son ami.
- Vous pouvez loger ici tant que vous le souhaiterez, annonça le roi d'une voix gutturale. Vous êtes protégés au Wakanda.
Elle eut un soupir doux.
- C'est très gentil à vous votre altesse.
Il grimaça.
- T'Challa.
- T'Challa, répondit-elle avec un sourire larmoyant.
Elle attendit un instant, le regard plongé sur les silhouettes des deux hommes. Elle pouvait voir les cernes qui enroulaient le regard marine de Steve et l'émotion qui brillait dans celui de Bucky. Elle sentit à nouveau sa gorge se serrer.
- Je peux vous poser une question T'Challa ?
- Absolument.
- Pourquoi ? Il y a peu de temps vous faisiez tout pour nous arrêter et aujourd'hui vous nous tendez la main.
Il soupira.
- Parce que je sais reconnaître un homme bon quand j'en vois un.
Il désigna Steve d'un geste du menton et elle eut un sourire tendre. Au même instant celui-ci se retourna et invita du regard Shuri à entrer pour procéder à la cryogénisation.
- Je ne vous ai pas oublié, June Davis. Même si quand nous nous sommes rencontrés vous n'aviez pas l'air de savoir vraiment qui vous étiez.
- Oui, c'est vrai.
- Et maintenant ?
- Maintenant je le sais, grâce à lui.
Elle désigna le sas où se trouvait à présent Bucky. Elle sentait son cœur cogner contre sa poitrine et les larmes menaçaient d'affluer à nouveau.
- Vous tenez à lui.
Elle ne répondit pas préférant baisser les yeux. Puis au bout de quelques secondes cependant elle finit par murmurer:
- On y tient tous.
- Tu es certaine que Steve ne va pas s'inquiéter ? Demanda June encore une fois.
- June pour l'amour du ciel, s'agaça Wanda, je t'ai déjà dit que j'en avais discuté avec lui.
Alors qu'elles s'approchaient toutes les deux de l'entrée du château, Wanda glissa sa main dans celle de son amie. Celle-ci eut un sourire encourageant.
Tout ça s'était décidé très vite. June avait passé des heures terribles après la cryogénisation de Bucky. Alors que Wanda et Sam avaient adoré leur raconter l'histoire du pays, la jeune femme ne leur renvoyait que des réponses monosyllabiques. Steve de son côté n'était pas beaucoup mieux mais il faisait l'effort de faire la conversation, chose que sa petite amie ne se donnait même pas la peine de faire.
Wanda avait alors pris la jeune femme à part lui demandant de l'emmener au château de Charles Xavier pour la fin de la journée. Elle avait argué que si leur vie devenait tout d'un coup celle de quatre amis en cavale, elle avait juste besoin d'obtenir des réponses. Il suffisait d'un aller-retour avec June. Elles ne risquaient rien. June était cependant inquiète de la réaction de Steve, celui-ci ne la lâchait pas depuis qu'il avait appris pour sa grossesse. Il y avait quelque chose de troublant et d'absolument adorable dans sa façon de la considérer comme un trésor inestimable à protéger. Parfois, elle devait avouer ça pouvait aussi se révéler agaçant. Mais ce n'était pas la plupart du temps.
Se déplacer pour June n'était plus aussi traumatique que lorsqu'elle avait dû téléporter six personnes dans l'aéroport. Heureusement. Leur départ du Wakanda était prévu deux jours plus tard et ils été décidé qu'ils ne resteraient pas longtemps au même endroit, pour éviter de se faire prendre ou d'attirer l'attention. Ils étaient en cavale c'était terrible, épuisant mais ça avait aussi un côté terriblement excitant. Cela elle se gardait bien de le dire ouvertement, même si Steve croisait parfois son regard emplit d'émotion et qu'il secouait la tête avec un sourire.
Lorsqu'elle s'apprêta à frapper une voix la retint brusquement.
Dans mon bureau, June.
Elle avait l'impression que des années étaient passées depuis sa dernière visite ici. Le chemin jusqu'au bureau fut rapide. Les rires se répercutaient sur les murs et June fut heureuse de les entendre, il y avait quelque chose de réconfortant dans cet endroit, c'était comme être suspendu hors du temps. Elle soupira d'aise. Elle entra sans frapper, sachant que le Professeur savait déjà qu'elles étaient là. Elle le retrouva, les petites ridules au coin de ses yeux toujours présentes, elle eut un sourire en le voyant.
- June, je suis heureux de te revoir. Miss Maximoff je suis enchanté.
Celle-ci eut une moue crispée avant d'hocher la tête avec raideur.
- Bonjour Professeur, souffla June.
- Je vois que tu as parcouru le chemin de ton passé avec beaucoup de courage. Et l'avenir s'annonce heureux.
Elle savait à quoi il faisait référence et elle ne put empêcher un sourire de se former sur ses traits.
- Je crois que Miss Maximoff a également besoin d'éclaircissements.
Elle hocha la tête.
- Il me semble que tu as un coup de fil à passer.
Elle se raidit brusquement, il avait très nettement cerné ses intentions, c'était toujours aussi perturbant pour elle.
- Tu peux aller dans le bureau d'à côté et utiliser le téléphone.
Elle acquiesça à nouveau et Wanda lui adressa un regard paniqué. Elle avait l'air d'une biche prise dans les phares d'une voiture. June eut un instant d'hésitation mais finalement elle lui adressa un sourire encourageant qui lui signifiait qu'elle était juste à côté. Elle quitta le bureau et se laissa glisser dans la salle adjacente. C'était un bureau simple. La décoration était ancienne, le bureau avait des moulures en bois impressionnantes et un vieux téléphone était posé en son centre. Comme s'il n'attendait qu'elle.
Elle frissonna. Il n'attendait qu'elle. Elle s'approcha avec lenteur et décrocha le combiné, elle hésita un doigt suspendu au-dessus des touches puis elle composa le numéro. Lorsqu'il décrocha au bout de la deuxième sonnerie, elle ferma les yeux.
- Allo ?
- Tony, c'est… C'est June.
Il y eut un blanc à l'autre bout du combiné.
- Comment allez-vous, Davis ?
Sa voix était maîtrisée. Presque mécanique.
- Je vais bien.
Il ne demanda pas où elle était. Ni avec qui. Il savait très bien qu'elle ne répondrait pas.
- Et vous ?
- Je vais bien, répondit-il l'air crispé.
- Tony… Souffla-t-elle.
Il ne répondit pas.
- J'avais… Juste envie de … Vous parler.
- Ca me fait du bien d'entendre votre voix, Junie.
La sincérité qui perçait à travers ses mots pris June de court. La boule dans sa gorge se reforma brusquement.
- Prenez soin de vous, ajouta-t-il et elle sut que la conversation était terminée.
Ca n'avait duré que quelques secondes mais des secondes dont elle avait eu véritablement besoin.
- Vous aussi, Tony…
Lorsqu'elle raccrocha elle se sentit bien plus légère comme si un poids lui était brusquement enlevé de sa poitrine. Elle respira un instant et resta là, à fixer le téléphone pendant un temps qu'elle ne put définir. Les minutes semblaient ne plus avoir vraiment de sens. La porte s'ouvrit doucement et une jeune femme brune entra. Elle portait des gants qui lui remontaient jusqu'aux coudes et deux mèches blanches frôlaient son visage.
- Excusez-moi, murmura-t-elle. Je pensais que ce bureau était libre.
- Il l'est, répondit June avec un sourire en se levant.
Elle passa près d'elle et elle effleura son bras en passant, brusquement elle sentit la jeune femme se raidir. June fronça les sourcils.
- Vous êtes professeur ici ?
La jeune femme eut un sourire détendu.
- Oui. Avant j'étais élève et maintenant j'enseigne.
- C'est un merveilleux endroit.
- Absolument, répondit-elle avec un sourire.
June
La voix dans sa tête la fit presque sursauter, elle s'excusa auprès de sa comparse et quitta les lieux avec précipitation. Lorsqu'elle pénétra dans le bureau, l'expression qu'affichait Wanda la détendit. Elle semblait apaisée. Leurs regards se croisèrent et elle lui adressa un sourire étincelant que June ne put que lui renvoyer.
- Merci d'avoir emmené ton amie, ici, June.
Elle lui adressa un sourire.
- Belle soirée, fit-il avec un clin d'œil.
Douce façon de les congédier. Les deux jeunes femmes ressortirent du bureau non sans l'avoir saluer. Alors qu'elles arrivaient dans le hall de l'étage inférieur, June se tourna vers Wanda.
- Tout va bien?
- Oui, sourit celle-ci. Je te raconterais mais pas maintenant. Rentrons s'il te plaît.
Elle tendit les mains en signe d'invitation. June les accepta et les fit réapparaître au pied du Palais. Alors que la jeune femme encensait un geste vers la lourde porte, elle fit volte face voyant que son amie ne la suivait pas.
- Tu ne viens pas?
- Non. Mais tu peux aller aux cuisines s'il te plaît ?
- Qu'est-ce que diable j'irais faire aux cuisines ?
- S'il te plaît… Souffla Wanda d'une voix suppliante, si bien que la jeune femme fut forcée de froncer les sourcils.
- Bon. Bon d'accord.
Et alors qu'elle disparaissait, June prit la direction des cuisines maugréant dans sa barbe. Elle prit à peine conscience qu'elle était arrivée et qu'elle poussait la porte qu'elle se figeait sur le seuil. La salle était partiellement éclairée. Une odeur divine flottait dans l'air et des bougies avaient été allumées un peu partout. Plus que tout ce qui retint l'attention de la jeune femme fut Steve, qui se trouvait là, planté au milieu de la pièce. Il portait un tee shirt noir qui lui allait à la perfection et son regard était brûlant. Elle y décelait autre chose cependant, comme une note d'inquiétude.
- Je suis désolé, dit-il d'une voix rauque. La situation n'est pas idéale.
- Quelle situation ? Fit-elle la gorge nouée alors qu'il s'approchait d'elle en la vrillant du regard.
- T'Challa m'a prêté ses cuisines pour ce soir, histoire de concocter un petit quelque chose.
Elle plissa les yeux le cœur battant.
- Tout ça était un coup monté ?
Il haussa les épaules, un air contrit qui lui allait à ravir plaqué sur le visage. Puis brutalement il releva le regard vers elle et ce qu'elle vit figea littéralement son sang dans ses veines. Elle voyait une détermination sans faille et elle pouvait lire toute l'adoration qu'il avait pour elle se dessiner dans ses iris.
- June, je t'ai déjà dit à quel point j'avais de la chance de t'avoir avec moi. A quel point te rencontrer avait changé ma vie. Aujourd'hui tu portes mon bébé et… Tu sais je suis un peu vieux jeu.
Elle écarquilla les yeux alors qu'il se mettait à genoux devant elle sans la lâcher du regard un sourire flottant sur ses lèvres.
- Je n'ai pas de bague, pas de maison, pas d'argent mais si tout ça n'est pas un problème pour toi alors je promets de tout faire pour t'assurer le confort que tu mérites et te rendre heureuse.
- Steve, fit-elle la gorge nouée.
- Est-ce que… tu veux bien m'épouser ?
Ses hormones, les traitresses, la bousculèrent avec force aidant ses larmes à forcer le barrage de ses yeux.
- Relèves-toi, idiot.
Il s'exécuta glissant ses mains autour de sa taille et frôlant du bout de son nez la courbure de sa mâchoire.
- Quelle est ta réponse ?
Elle eut un rire un peu fou qui lui traversa la gorge, un rire baigné de larmes.
- Oui. Evidemment.
Et bien voilà, c'est non sans émotion que je publies donc le tout dernier chapitre de cette histoire
J'espère que la fin vous a plu. Ne vous en faîtes pas il reste encore l'Epilogue que je vous mettrais mercredi pour clôturer officiellement "Le printemps efface l'hiver"
Un petit message à Maiaelle : ta review m'a énormément touchée, sérieusement j'en étais toute émue alors merci infiniment. J'espère que cette histoire t'aura plu jusqu'au bout et j'espère sincèrement que personne n'a été déçu.
N'hésitez surtout pas à me donner vos avis. Pour information j'ai envie de me lancer dans des projets persos et vos avis seront les bienvenus.
Un immense merci à vous tous qui avez fait vivre ma fic, et qui continuerez sans doute à le faire, si vous passé ici bien après cette publication.
J'etais très heureuse de publier ici !
Merci pour votre suivi, vos paroles et vos encouragements.
