Disclaimer: Eliane, Yajuu, Salaven d'à moi. Le reste - donc le plus intéressant évidemment- à Square. Chier.

Rating: Normal.

Notes: Merci Falxo et Sensei Ex Machina. Désolée Loveitachi d'avoir pris autant de temps... . Baisse totale d'inspiration. Enfin la suite la voilà!- le premier qui dit "pas trop tôt" je l'étripe ! :p -


Eliane se sentit brusquement arrachée du sol lorsque Valentine la prit dans ses bras avant de se mettre à cavaler vers la bouche de métro.

« Vincent... vous ne voulez certainement pas de mon avis, mais... c'est rempli de Yajuus. » avertit la rousse, bien qu'elle sentît que c'était un tantinet inutile.

Vincent était du genre à savoir ce qu'il faisait en toutes circonstances, et elle, elle était cramponnée à son cou comme un paquet de linge sale. Un long moment de silence passa, uniquement entrecoupé par la respiration de l'homme. Puis, à la grande surprise de sa protégée, il daigna répondre :

« Il y en a autant dehors. Accroche-toi. »

Bon, pas faux.

Dès qu'ils furent dans l'ombre plus ou moins protectrice du tunnel, il freina des deux fers. Eliane sentit la main qui soutenait ses jambes se retirer pour permettre à Vincent de balayer l'espace de la pointe du Cerbère.

Elle entendit distinctement le souffle de son compagnon se couper au même moment. Stupéfaite – c'était certainement la première fois qu'elle percevait une telle démonstration d'étonnement de la part de Valentine –, elle se redressa légèrement pour sortir le museau du vêtement rouge sang de l'ex-turk.

Elle retint « il n'y a plus aucun Yajuu », sentant que l'inutilité de la remarque ferait tressaillir Vincent. « Tu es bruyante » . Celle-ci lui était restée coincée en travers de la gorge.

Mais cela ne changeait pas le fait : en dehors de cadavres multiples et variés et de deux trois humains tremblotants, l'endroit était... vide. Yuffie aurait certainement commenté que ça sentait toujours le fauve, mais eux restèrent plutôt statufiés un court instant, jusqu'à ce que le bruit d'une nouvelle bombe les fasse réagir. Eliane frissonna. Elle avait travaillé avec des gens dans l'armement. Des gars sérieux, certainement doux avec leur femmes et bons avec leurs enfants. Mais qui débattaient avec passion du meilleur moyen de tuer – si possible douloureusement – leurs semblables. Cela lui avait tiré un sourire à l'époque. Quand elle avait un époux, un fils, un boulot. Et non des amis en danger de mort, des jambes en coton et des détonations au-dessus de la tête. Evidemment, la guerre quand vous y êtes, c'est nettement moins réjouissant. Bordel, elle s'était battue pour pouvoir passer sa vie peinarde derrière un bureau et y faire du gras !

Elle resserra ses petites mains autour de la nuque de Vincent. La rousse gémit juste dans l'entrebâillement du col rouge :

« Ils vont se faire déchiqueter. Il faut y aller...

- Pour l'être avec eux ?

- Proposition stupide. Vous avez le droit de me maudire et d'oublier.

- C'est déchiqueter à leur place que je voudrais être. »

Elle releva la tête et détacha une de ses mains de lui. Elle referma le poing pour le frapper, mais renonça avec un soupir. C'était Vincent, pas Cid. Elle le tança :

« Pour finir grillé inutilement ? Sans votre réserve, ils se seraient déjà tous fait tuer plusieurs fois ! Vous n'avez pas le profil de l'agneau sacrificiel. »

Il se tendit un tantinet sans qu'elle puisse le remarquer. Il murmura, le regard dans le vague :

« Je suis un Turk.

- Vous êtes turc? » (1)

L'ancienne terrienne lui lança un regard d'incompréhension et de surprise mêlées derrière une mèche de feu. Il baissa ses prunelles incandescentes sur elle. Il y avait le même degré de perplexité que si Yuffie lui avait proposé de mettre un short rose fuchsia avec des petits cercueils bleus dessus pour aller faire du surf dans la baie du Wutai.

Un nouveau bruit d'éboulement lui fit resserrer son étreinte sur la jeune femme et se remettre à avancer.

«- Où allez-vous ? »

Elle enrageait de se faire transporter comme une enfant ou une infirme. De par sa petite taille, on voulait toujours la trimbaler partout. Et aujourd'hui, même si elle tempêtait, elle était forcée de se laisser faire.

«- Te mettre à l'abri. Ensuite, je rejoindrai Avalanche.

- Vous allez vous faire tu... » amorça-t-elle avant de s'interrompre lorsque Vincent se remit à courir.

Le tunnel fit un coude, puis un second. Un rugissement se fit entendre derrière eux, faisant ciller Eliane, mais Vincent ne ralentit pas d'un poil. Avant de piler net pour une raison d'abord inconnue de la rousse qui avait le nez dans l'étoffe rouge. Comme l'immobilité de l'homme durait, seulement troublée par sa main métallique qui quittait les reins de la jeune femme pour se porter devant leurs visages, elle leva le museau.

Eliane eut aussitôt l'impression que ses yeux se liquéfiaient et qu'un estomac barbouillé avait élu domicile dans sa boîte crânienne. La lumière. Cette putain de lumière du jour qui filtrait derrière la main d'acier l'éblouissait comme jamais. Certes, après un séjour dans l'ombre, c'était normal, mais quand même... Elle sourit pourtant, alors qu'elle fermait les paupières. Une vieille équation réflexe : lumière égale source de lumière égale civilisation / soleil. Donc, quoi qu'il en fût, ils arrivaient à l'air libre.

« Interdiction de remuer un poil, chers amis, déclara soudain une voix doucereuse.

- Que ? »

Eliane amorça un mouvement avant que la poigne de Valentine ne l'en empêche. Il la pressa contre lui et murmura sans remuer les lèvres.

« Fais la morte. » Puis, plus haut: « Je pose mon paquetage. »

Retenant ses protestations, Eliane se sentit toucher du dos les gravillons sans réelle douceur. Une cape tourbillonna au-dessus de sa tête tandis que Valentine faisait feu sans sommation sur l'être derrière lui.

« Vincent, s'apprêta-t-elle à protester avant de voir surgir sous son nez un Yajuu...souriant.

- Coucou !

- Heu ?! » Preuve que les coups échangés avec Cloud commençaient à servir à quelque chose, elle ne s'épancha pas plus et roula sur le côté, évitant les dents du monstre.

.« Une jolie poupée comme toi ne devrait pas gigoter à ce point », gronda le fauve en avançant une patte pour l'immobiliser.

Et fut bloqué par une longue lame de katana. Eliane le regardait, farouche, derrière son arme. Comme lors de l'entraînement avec Cloud, son sang n'avait fait qu'un tour. Tenant d'une main l'animal en respect, de l'autre elle se mit debout tant bien que mal, agrippée au mur. Elle se moquait bien de la douleur, de ses jambes inutilisables. Quelque chose de plus fort était à l'oeuvre dans ses entrailles. Elle resserra ses doigts sur la garde du sabre tandis que le Yajuu se passait la langue sur les canines.

« Un peu de rébellion. »

Il n'eut pas le temps de bouger. La rousse bondit, l'arme levée, fit au dernier moment un impromptu saut sur le côté, feinta puis abattit son arme latéralement, tranchant l'échine du Yajuu avec une puissance insoupçonnée.

« Joli coup, mademoiselle. »

Eliane se retourna, surprise de cette voix inconnue beaucoup plus agréable que celle des deux monstres. Un homme se trouvait derrière elle, juste devant la sortie. Brun, théoriquement humain et vêtu d'un uniforme noisette à galons. A sa suite, venaient plusieurs hommes du même habit, visiblement ses subordonnés. Eliane reprit son souffle, s'appuyant discrètement sur son arme. Au cas où. Aucune envie de manger à nouveau le sol.

« Qui êtes-vous ? »

Elle, méfiante ? Jamais. Juste paranoïaque.

« Je m'appelle Salaven Cynidr. Chef de la garde de Kalm dont dépend le petit village au bout de ce tunnel de ravitaillement. Puisque vous semblez être une ennemie des Yajuus, je suis à votre service. »

Il accompagna cette dernière partie avec un sourire puis continua: « Voici mes hommes. »

On entendit le bruit des chausses de Vincent qui s'approchait. Il intervint d'une voix sans émotion : « Ce n'est plus qu'un champ de ruine là-bas. Vous arrivez trop tard.

- Nous venons d'être informés, se défendit Salaven, les lèvres pincées.

- Vous n'avez pas fait beaucoup d'effort pour l'être. »

Cette fois, une imperceptible lassitude perçait dans le ton de Valentine.

« Les cris et les bombes devaient s'entendre jusqu'à Kalm. » Vincent posa son regard sur Eliane. « Je te considère comme à l'abri. Ne fais pas confiance à ces hommes pour te défendre. Attends-moi là. »

Eliane resta stupéfaite en regardant Vince tourner les talons et disparaître dans l'obscurité.

« Ah bah il a l'air adorable, ce type », commenta Salaven.

La rousse revint vers lui, un air de menace qui ne lui appartenait pas fixé sur les traits. Malgré les réticences de Valentine, il était un ami. Et inconsciemment, elle s'appropriait les instincts de la chimère. Le garde s'enquit d'une voix candide, avec un soupçon de gentille moquerie.

« C'est votre petit ami ?

- ... Non ! - Alors pourquoi cet air ? » il aboya un rire large avant de se calmer: « Venez dehors, un peu d'air vous ferait du bien, je pense. »

Il eut un sourire réconfortant. Pas rassurée pour un sou, Eliane hocha la tête, jetant un dernier regard au cadavre animal puis à l'ombre où s'était estompé Vincent.


La jeune femme soupira en posant ses cartes à plat sur la table. Toutes ces bêtises commençaient sérieusement à l'agacer. Et pourtant ça faisait à peine dix minutes. Elle s'excusa rapidement auprès des gardes et se releva, tout en réfléchissant.

Eliane reprit une bonne vieille habitude terrienne et s'approcha de Salaven avec un sourire presque charmeur :

« Excusez-moi, je m'éloigne juste... pour des raisons...mmh, disons...naturelles... »

Il lui sourit aimablement et la laissa s'écarter du petit groupe d'hommes jouant aux cartes. Cela ne suffit pas pour ôter à la jeune fille la sensation d'être observée et la désagréable impression d'être surveillée... sous surveillance... gardée... Une fois abritée derrières des buissons, elle sortit le PHS de Vincent. Elle rechercha rapidement le numéro de Cloud, plus inquiète que les soldats auraient pu le remarquer.

Une sonnerie, puis deux.

Trois.

Quatre.

Parler au téléphone n'aurait servi à rien aussi la jeune femme s'abstint. Mais cela aurait fait beaucoup de bien à ses nerfs.

Cinq.

Si...

« Allô ?

- Strife ! » Le soulagement perçait dans sa voix.

« Vin... Eliane ?! Ça va mieux ?

- Vous vous en sortez ? Vincent est arrivé ?

- Est-ce que tu vas mieux ? persista le blond

. - Je tiens debout, se dérida Eliane.

- Vincent n'est plus avec toi, tu dis ?

- Non. Nous avons rencontré des gardes de Calme, quelque chose comme ça. Il est reparti vers vous.

- Kalm. K-A-L-M. Il s'enfuit d'un coup juste pour ça ! Non mais qu'est-ce qui lui prend aujourd'hui ? Où es-tu ?

- Près de Kalm, dehors. Tout le monde est avec toi ?

- Oui, on a même rattrapé Yuffie. Les Yajuus ont déserté d'un coup après qu'un machin bizarre soit tombé du ciel, selon Cid. Et toujours d'après lui, ça ressemblait plus à un être humain qu'à une machine. Les terriens nous bombardent mais on s'en sort. On vous récupère Vincent et toi et on retourne au Seventh. Pas question de rester au milieu de ce bordel.

- Je bouge pas », promit Eliane, fermant le portable avec un petit claquement sec.

Une lueur de bonne humeur traversa ses yeux trop clairs lorsqu'elle observa le symbole qui sertissait le clapet. Vincent Valentine customisait ses affaires... Ça cassait le mythe.

« Il fallait le dire si vous vouliez téléphoner. Je mords pas et je ne suis pas votre père. »

La rousse se retourna avec un sursaut pour découvrir Salaven qui la regardait amicalement. Il avait l'air sincère et gentil, aussi s'adoucit-elle avant de lui retourner sa gaieté.

« Vous venez souvent regarder les filles derrières les haies ? »

Il éclata de rire, sa répartie ne l'ayant visiblement pas troublé, au contraire, elle semblait plutôt lui plaire. Il tendit le bras vers elle pour l'inviter à s'approcher et à le suivre.

« Venez. Nous avons appris ce qui s'est passé à Hicksville(2). Vous et votre ami avaient sauvé beaucoup de vies, je pense. Votre ami a l'air étrange, mais vous, que diriez-vous de participer à quelques festivités à Kalm ?

- Nous n'étions pas que deux, objecta Eliane dans le but avoué de gagner du temps.

- Kalm est une grande ville. Nous avons de la place, vous savez. »


Cela faisait plusieurs minutes que Sephiroth était cloué au sol. Pas par la douleur, non. Il était plus fort que la douleur. Il ne la sentait même plus. Trop de makô dans le sang pour savoir encore souffrir. Il s'était pourtant littéralement écrasé au sol, manquant de peu de cogner la paroi de la grotte. Le souffle et les jambes coupés, il gisait sur la terre meuble. Il sentait que cela arrivait, augmentait, lui traversant l'échine. Il prenait la douleur d'Eliane. Involontairement mais... cela ne le dérangeait pas. Cela ne lui faisait plus rien. Il s'adossa lentement au mur pour attendre que cela passe, que sa soeur n'ait plus besoin de ses jambes, d'utiliser sa force à lui pour son corps à elle.

« Deuxième assaut de Slàine... » souffla-t-il.

(1) Pardon aux familles, femmes, enfants, hommes, toussa toussa... Pas résisté xD

(2) Trifouillis-les-oies en anglais.