Titre : Love me tonight
Paring : SB/OC
Rating : K+
Note de l'auteur :
Bonjour à tous ! Aujourd'hui, c'est un chapitre que vous attendez avec beaucoup d'impatience. ^^ Je sais que vous mourrez toutes d'envie de voir Sirius - ou Mandy - se déclarer à l'autre, ou ne serait-ce que de guider l'autre sur ses sentiments. Vous allez être servis.
Bonne lecture !
Chapitre 21 : Quelques heures
Je redresse mon sac sur mon épaule et accélère mon allure. Il est près de huit heures et j'ai rendez- vous avec Camille pour le petit-déjeuner, avant de devoir passer chercher James et Sirius, de rejoindre Tony dans le bureau du professeur McGonagall, et tout ça, en essayant de ne pas arriver en retard au cours de Flitwick à dix heures, alors que je ne sais même pas combien de temps le vampire va prendre pour interroger les deux Gryffondor. Ah, et si je peux, passer dire bonjour à Remus à l'infirmerie et m'excuser de l'avoir assommé samedi soir. J'aurais peut-être dû rester au lit ce matin, même si c'était juste pour glandouiller royalement.
Soupirant, je redresse un nouvelle fois mon sac et pénètre dans la Grande Salle presque vide. Je longe la table des Serdaigle et me laisse tomber sur le banc en face de Camille lorsque je la repère. Elle lève son regard bleu clair sur moi et me sourit en me tendant un muffin aux myrtilles. J'attrape la pâtisserie, non sans m'interroger sur sa santé mentale.
- Cam', qu'est-ce que tu fais ? Tu sais bien que je ne vais pas le manger.
Elle secoue la tête, toujours son grand sourire aux lèvres, et dit :
- Donne le à Sirius quand tu le verras, je sais qu'il en raffole.
Agacée, je remets le gâteau dans son plat et fait peser un regard lourd de reproches sur mon amie.
- Camille, arrête avec ça s'il te plait. Tony et toi, vous pouvez tester Sirius autant que vous le voulez, mais vous ne me forcerez pas à rentrer dans votre jeu. Je campe sur mes positions : Sirius ne s'intéresse pas à moi, et Merlin merci, parce que je ne supporterais pas les représailles de son fan-club.
Camille soupire en râlant.
- Fais un effort, quoi ! Comment tu peux être sûre de ça, alors que tu n'es même pas curieuse de savoir si c'est vrai ou non ! Mets-y du tien.
Par réflexe, je glisse un oeil sur la table des Gryffondor, où je repère Sirius, James et Peter qui déjeunent dans un silence relatif. James remarque mon regard dans leur direction et m'adresse un signe de la main que je lui rends, avant de reporter mon attention sur mon amie.
- Non, cest non. Laissez le tranquille, c'est un bon ami, et je ne veux vraiment pas perdre ça si près du but. Maintenant qu'il sait qui je suis, je vais pouvoir lui parler de l'Appel. Si vous lui fichez la frousse avec vos histoires à dormir debout, il ne voudra sans doute plus me reparler.
Camille ne trouve rien à redire à ça, vue la manière dont elle râle en mettant son pancake nature en pièces, sans en manger un seul morceau. Avec mon ouïe surdéveloppée, je comprends ce qu'elle marmonne.
- Même pas drôle. Il y a déjà pas beaucoup d'occasions de s'amuser dans cette école, mais en plus faut qu'elle me retire un truc marrant à voir. Mince à la fin, je suis sûre qu'ils iraient bien ensemble. Et puis, quand même ça crève les yeux. S'il pouvait, Sirius l'aurait déjà coincé dans un coin sombre.
J'arrête là de l'espionner, je ne suis pas sûre que la suite me plaise. Et puis, m'imaginer dans un coin sombre avec Sirius a de quoi me déstabiliser. Autant éviter d'y penser. J'attrape le verre de jus de citrouille et y trempe légèrement les lèvres avant de le reposer sur la table. Camille continue à ronchonner dans son coin. Je suis tentée de la laisser bougonner toute seule, mais je ne veux pas la laisser seule, alors qu'elle va déjà passer une bonne partie de la matinée sans moi.
- Camille, arrête de ronchonner comme ça, t'as l'air d'avoir soixante-dix ans. Maintenant, mange avant que je me fâche.
Elle redresse la tête, me fusille du regard et pioche des morceaux de pancakes dans son assiette qu'elle mène à sa bouche sans grand enthousiasme. Dire que je suis obligée de la forcer à manger le matin parce qu'elle veut faire un régime. Qu'est-ce qu'elle a besoin de perdre au juste ? Ses muscles ? J'imagine bien la tête de Dan si elle n'était plus aussi performante que d'habitude aux entrainements.
Le reste du petit-déjeuner se déroule dans un silence quasi religieux, où les seuls mots qui sortent de ma bouche sont "Mange !" ou "Je t'ai vu le cacher dans ton sac !" ou encore "Tu veux que je t'en colle une ou quoi ?" . Bref, rien de bien réjouissant et à la fin du repas, j'ai plus l'impression d'être son ennemie que l'inverse. Je l'abandonne alors à ses menaces de morts ridicules et rejoins la table des Gryffondor. Il est huit heures vingt et nous devons rejoindre Tony dans dix minutes.
- Bonjour, les gars. Vous êtes prêts ?
Au teint pâle qu'affiche James, je dirais que non. Je ne sais pas si son agression ne lui a pas collé une phobie des vampires - à travers laquelle je serais la seule à passer.
- On peut y aller, dit Sirius avec entrain en attrapant son ami par le bras pour le forcer à se lever.
Nous adressons tous les quatre un signe d'au revoir à Peter puis nous quittons la Grande Salle. Au moment où nous passons la porte, je vois que le maraudeur à rejoint Camille à notre table : au moins ainsi, elle ne sera pas toute seule, et ça a l'air de la réjouir de l'avoir avec elle. Je reporte mon attention sur les deux garçons, et plus particulièrement James. Je me demande si je ne devrais pas le rassurer.
- James, ne tinquiètes pas, tu n'as rien à craindre de Tony. De plus, je suis là, non ? Même si je ne vais servir à rien.
Il madresse un sourire mitigé et j'échange un regard avec Sirius. Franchement, il faudrait trouver un moyen de résonner ce Potter. Nous arrivons au bureau du professeur McGonagall, dont la porte est ouverte. Seul Tony est présent, assis derrière le bureau de la directrice adjointe, et il nous fait signe d'entrer quand il nous voit. Je referme la porte dans notre dos, alors que le vampire se lève pour nous saluer, serrant la main des deux garçons et me collant deux bises aux joues. Quand il s'écarte de moi, je le fusille du regard, me promettant de lui toucher deux mots sur son petit manège.
- Asseyez-vous, je vous en prie, invite-t-il les deux garçons en désignant deux chaises. Mandy, tu peux venir par ici.
Il me montre le siège à côté du sien, et je m'avance pour le rejoindre alors que Sirius et James sont déjà assis. Apparemment, ce dernier a repris contenance, puisqu'il a de nouveau son teint habituel et qu'il pose un regard intrigué sur moi et Tony. Sirius, lui, semble plus enclin à bouder, allez savoir pour quelle raison. Je vire alors la main de Tony qui avait élue domicile sur la mienne, posée sur le bureau, sans que je m'en rende immédiatement compte. C'est peut-être pour cette raison que Sirius fait la tête. Mais alors, ça confirmerait les soupçons de Camille et Tony. Mais ce n'est pas vraiment le moment d'y penser.
- Ne prends pas trop ton temps, Tony, nous avons cours dans une heure et demi, et je dois encore faire autre chose entretemps. Fais vite s'il te plait.
Il acquiesce, sérieux cette fois-ci et se tourne vers Sirius.
- Je vais commencer par toi si tu veux bien. Tu étais présent à la soirée du professeur Slughorn la nuit de la mort de miss Namib, n'est-ce pas ?
Sirius hoche de la tête.
- Te souviens-tu avoir vu ou entendu quelque chose d'inhabituelle ?
Il secoue la tête. Tony se tourne alors vers James.
- Et toi ?
James réfléchit quelques instants, avant de dire :
- Non, rien. Comme tout le monde, j'ai vu le corps de Betty allongée dans la salle et c'est tout. Le professeur Slughorn nous a ensuite demandé de nous éloigner.
A la tête qu'ils tirent, je sais que James et Sirius se repassent la scène, pas très reluisante. Tony acquiesce avant de noter quelques mots dans un calepin, puis se tourne vers moi.
- Et toi Mandy, avec tes sens, tu as peut-être remarqué quelque chose ?
Je repense à la soirée, à Grayson qui déboule en trombe dans la salle, à l'odeur du sang de Betty qui m'enveloppe, puis à son corps que je découvre dans la salle. Mais rien ne me vient, rien qui ne pourrait aider l'enquête à avancer. Alors, je secoue la tête à mon tour.
- Et le lendemain, quand tu l'as vu ? Il y a-t-il quelque chose qui t'a interpellé dans sa façon d'être ou dans son odeur ?
Je fusille Tony du regard alors que Sirius et James, tous deux effarés, me regardent. Il n'avait pas besoin d'en parler devant eux, et pouvait très bien me poser ses questions en privé. Mais il s'amuse comme un petit fou.
- De quoi il parle ? Me demande James.
Je prends une brusque inspiration avant d'avouer :
- Betty a été transformée en faucheur cette nuit-là. Comme elle n'avait pas été totalement vidée de son sang, le venin avait agi. Je l'ai croisé dans la nuit du dimanche au lundi suivant, et j'ai dû . . . La neutraliser.
Je sens que les deux garçons brûlent d'envie de demander de plus amples explications, juste par curiosité, mais un certain respect envers les morts les poussent à se taire. Cest bien mieux ainsi, il y a des images que je n'ai pas envie que les autres imaginent. Je me tourne vers Tony, pour enfin répondre à sa question.
- Je ne me souviens pas de grand-chose. Elle n'était plus elle, totalement sous le contrôle de sa soif. Et son odeur était masquée par celle de la mort. Elle n'était plus la Betty que j'ai connu. Et rien en elle ne pourrait la relier à . . . à mon créateur.
J'avais buté sur le dernier mot. J'aurais voulu avoir un prénom, pour le nommer, au lieu de dire mon créateur. Je n'aimais pas ce lien entre nous, qui me semblait solide et éternel. Effrayant. Il faudrait peut-être que je me renseigne à ce propos.
Tony hoche de la tête, écrit de nouveau quelques mots, puis se tourne vers James.
- Nous allons parler de votre attaque à présent.
Je vois Sirius qui lève les yeux, surpris. Apparemment, James ne lui a pas parlé de ce soir-là, même maintenant qu'il sait pour moi. Le regard du Gryffondor navigue entre son ami et Tony, perdu. Puis, il s'exclame :
- Une attaque ? Quelle attaque ?
James se tourne vers lui avec une grimace d'excuse.
- Désolé, je ne vous en ai pas parlé à toi et Peter, parce que j'avais peur de vos réactions, et surtout, vous ne saviez pas pour Mandy.
Sirius me jette un oeil, avant de de demander à son ami :
- Remus le sait ?
James acquiesce avant de faire signe à Tony de lui poser les questions qu'il souhaite.
- Racontez ce qu'il sest passé, demande ce dernier.
James lève les yeux au ciel et commence son récit :
- J'étais en retenue dans les cachots. Je devais en nettoyer quelques uns. J'attendais aussi Mandy, parce qu'elle m'avait promis de passer pour me donner des tuyaux sur la manière de faire le ménage à la manière moldue. Ca faisait peut-être une heure que j'étais dans les sous-sols quand quelque chose m'a sauté dessus et m'a plaqué contre le mur. J'ai bien cru que ma dernière heure était arrivée quand il m'a montré ses crocs. Et puis, bizarrement, il s'est excusé de devoir me tuer. Et c'est à ce moment-là que Mandy est arrivé, qu'elle l'a vu et qu'elle lui a ordonné - enfin, grogné - de me lâcher. Il l'a fait et il est parti sans demander son reste.
Je fusille James du regard. Il n'était pas obligé de préciser que, sous la colère, j'avais agis comme un animal. Ce dernier hausse des épaules, amusé, puis regarde Sirius qui me fixe, bouche ouverte.
- T'as sauvé la vie de James ? S'exclame-t-il, abasourdi.
J'hoche discrètement de la tête, un peu embarrassée. Sirius s'apprête à dire autre chose, mais Tony l'interrompt.
- Vous réglerez tout cela plus tard, je vous prie. James, vous avez précisé que le vampire s'était excusé, qu'ont été ses mots exacts ?
James fronce des sourcils.
- "Excuse-moi. Ce n'est pas contre toi, mais tu dois mourir".
C'est clair, net et précis, mon créateur est un malade mental. Je me tourne vers Tony. Il fronce des sourcils en griffonnant quelques mots sur son carnet. Puis, il me regarde avant d'écrire encore quelques mots.
- Tu as quelque chose à ajouter à son récit, Mandy ?
- Heu, non, je crois qu'il a tout dit. Enfin, sauf bien sûr, que le vampire m'a immédiatement reconnu et que, comme en dehors de Lucinda, le seul vampire à m'avoir croisé était mon créateur, j'en ai déduis que c'était lui.
Tony acquiesce de nouveau et se repenche sur son calepin. Je suis curieuse de savoir ce qu'il y écrit. Des pensées, des idées, ou simplement il relate ce que nous lui confions ? Je me tourne vers James et Sirius qui, comme moi, attendent que Tony cesse de griffonner.
- Et pour la dernière agression ? Demande Tony. Tu connaissais la victime, non ?
Je sers les dents. Il doit bien le savoir puisque c'était écrit dans la lettre que j'ai envoyé à Lucinda.
- Oui, je le connaissais, c'était un très bon ami. Je ne l'ai pas vu quand il est mort, et il ne se'st pas relevé le lendemain, il avait été entièrement vidé de son sang.
- Ca correspond à ce que les professeurs m'ont dit.
Je fronce des sourcils. Il interroge donc tout le monde, même si c'est pour entendre exactement les mêmes versions ? Tony ferme son calepin, pose sa plume et croise les mains sur le bureau.
- Ce sera tout, mais peut-être que par la suite j'aurais d'autres questions à vous poser, alors ne vous étonnez pas si je vous convoque de nouveau. Vous pouvez retourner à vos occupations, et merci pour votre aide.
James et Sirius se lève, je fais de même. Tony aussi, par pure politesse, et il nous guide jusqu'à la porte. Les deux Gryffondor sortent et Tony me retient par le bras, juste le temps de me murmurer quelques mots :
- Ce n'est pas parce que tu es un vampire que tu ne peux avoir d'aventures avec des êtres humains. Si ce Sirius te plait, saute sur l'occasion, tu l'intéresses visiblement.
Je me tourne vers lui, surprise.
- On se connait depuis à peine trois jours et tu te permets de te mêler de ma vie intime. Je trouve ça osé.
Il affiche un sourire calme.
- J'aime me mêler de la vie des autres. Et tu es encore jeune, tu ne connais pas toutes les subtilités de notre race, tu as encore beaucoup de choses à apprendre. Lucinda n'a pas pu tout te dire en l'espace de quelques jours. Je vais essayer de palier à quelques manques.
Il relâche mon bras et se retire dans la pièce, avant de refermer la porte sur moi. Exaspérée, je secoue la tête en soupirant. Entre lui et Camille, je devrais m'estimer heureuse que Sirius ne fuit pas la queue entre les jambes. Ces deux là ont visiblement décidés - et sans se concerter en plus - de me servir d'agence matrimoniale. Laissant là mes pensées, je rattrape les deux garçons en quelques foulées. Ils sont silencieux, ce qui est inhabituel.
- Je vais aller voir Remus à l'infirmerie, leur annonçai-je.
Sirius me regarde, intéressé.
- Je viens avec toi. Si tu débarques toute seule, Pomfresh va être suspicieuse et tu ne pourras peut-être pas le voir.
J'acquiesce et me tourne vers James. Ce dernier secoue la tête.
- Je vais aller voir Lily. A plus tard.
Nous nous séparons à l'angle d'un mur, et je continue ma route avec Sirius. Il reste toujours aussi silencieux. Je l'ai connu plus bavard. Je le laisse à ses pensées, faisant dériver mon regard sur les fenêtres et la vue du parc. Il pleut légèrement et quelques remous apparaissent sur le lac, signe que le calamar géant qu'il abrite est sorti des profondeurs de l'eau. Je me suis souvent demandé comment une telle créature s'était retrouvé à Poudlard, et s'il y en avait d'autres, tout aussi mystérieuse.
Je sors de mes pensées, en constatant que Sirius s'est arrêté de marcher. Je me retourne et le regarde, interrogative. Il affiche un air pensif. Puis, sans crier gare il avance à grands pas vers moi et m'enferme dans l'étau de ses bras . Surprise, je me raidis et bloque ma respiration alors que mon nez se trouve tout proche de son cou, tout proche de cette veine. Puis, je sens sons souffle dans mon propre cou, qui fait voler quelques unes de mes mèches de cheveux.
- Merci, dit-il d'une voix basse.
Décontenancée, mon regard dérive sur la seule chose que je vois de lui, une oreille et sa masse de cheveux noirs. Je ne sais comment réagir.
- Pourquoi tu me remercies ? Demandé-je, me maudissant d'ouvrir la bouche alors que cela m'oblige à respirer son odeur.
- Tu as sauvé la vie de James. Tu n'imagines pas à quel point son amitié est vitale pour moi. Je te remercierais jamais assez d'avoir été là pour lui à ce moment-là.
- Heu, c'était il y a plus dun mois, tu sais. Il y a prescription maintenant. Pas besoin de me remercier. Et puis, James est aussi mon ami, alors . . .
Sirius me repousse alors, mais laisse ses mains sur mes épaules. Il sourit. Moi aussi, soulagée de minimiser l'impact de son odeur sur moi. Bien que, à cette distance, ce n'était pas comme si il y avait beaucoup de différence avec juste avant, puisque nous sommes seuls dans le couloir.
- Tu sais, fait Sirius, je ne pensais pas qu'un jour tu nous considérerais comme tes amis. Tu avais l'air . . . Si différente de nous. Plus calme, plus studieuse. Je ne pensais pas que nos caractères puissent se supporter assez pour créer une amitié.
Je souris, un peu gênée.
- Oui, enfin . . . C'est pas comme si j'avais eu le choix, hein. Avec Camille et Remus . . .
Il fronce des sourcils.
- Ah oui, c'est vrai, tu es sortie avec Remus.
Ce souvenir ne semble pas le mettre particulièrement en joie. Je maudis Camille de m'avoir fichu cette idée dans la tête. Maintenant, j'ai l'impression que chaque réaction de Sirius envers moi est emprunt de ce qu'elle m'a dit, sur sa possibilité d'attirance envers ma personne. Il faut vraiment que j'efface cette idée de ma tête, avant de faire une bêtise que je pourrais regretter.
- Mais, euh . . . Qu'est-ce que Camille vient faire dans l'histoire ? Demande soudain Sirius, en me relâchant.
Oups, boulette. Pour me donner une contenance, je redresse mon sac sur mon épaule, et me remet en route, forçant le Gryffondor à faire de même. J'invente une histoire plausible en quelques secondes.
- C'est elle qui m'a convaincue d'aller vers Remus, en fait, d'aller lui confier que . . . J'étais intéressée.
Punaise, c'est tellement voyant que je mens ! Comment il pourrait gober ça ? A la manière dont il fronce de nouveau des sourcils, je sais qu'il se doute de quelque chose.
- Vraiment ? C'est étrange, j'étais sûr que c'était Remus qui avait fait le premier pas.
Paniquée, j'essaye de me remémorer l'ordre exact des évènements. Mais c'est tellement loin, maintenant, que j'ai un peu de mal.
- Eh bien, c'est lui qui est venu me voir ensuite donc, s'il ne 'ta pas parlé de ma confession, c'est normal que tu penses que c'est lui qui a fait le premier pas.
Je me tais, voyant apparaitre la porte de l'infirmerie. Merlin merci, je n'aurais plus à inventer d'excuses bidons. Je pousse la porte et la tiens ouverte pour permettre à Sirius de rentrer. L'infirmière vient vers nous immédiatement, et me lance un regard interrogateur.
- Nous sommes venus voir Remus, dit Sirius. Est-ce qu'on peut ?
Mme Pomfresh nous regarde à tour de rôle, perdue. Je sais que Remus passe les trois jours de pleine lune à l'infirmerie, caché dans un coin, et sert des excuses pour ceux qui s'interrogent sur ses absences. A Camille, il a déjà annoncé le décès de sa grand-mère et deux grippes carabinées. Je ne sais pas s'il va pouvoir lui en trouver à l'infini, il vaudrait peut-être mieux qu'il lui avoue être un loup-garou. Comme elle supporte bien mon état de vampire, elle ne devrait pas être trop regardante sur le sien.
L'infirmière semble s'être enfin décidée puisqu'elle nous indique une porte d'un mouvement de pouce. Sirius prend la direction indiqué, je le suis. A la porte, il frappe légèrement. Remus ne tarde pas à l'inviter à entrer. Sirius pousse la porte et nous pénétrons dans une pièce que je connais assez bien pour m'y être réveillée totalement changée. Remus, qui lisait un livre avant que nous n'entrions, nous regarde venir à lui avec un étonnement grandissant.
- Salut, dit-il. Qu'est-ce que vous faites là ? Et les cours ?
Sirius éclate de rire et passe sa main dans les cheveux de Remus, les lui mettant en pagaille. Je décide de répondre à sa question.
- Nous ne commençons qu'à dix heures. Nous sommes lundi, tu te souviens ?
Remus acquiesce et je m'approche à mon tour. Son visage a une plaie fine qui lui barre la joue gauche. Elle est recouverte d'une patte orange ce qui signifie que Pomfresh la soigne. J'imagine qu'il a d'autres blessures ailleurs.
- Ca va ? Lui demandé-je alors. Ta tête, ajouté-je en désignant son front.
Remus me regarde d'un air interrogateur. Il ne se souvient pas ?
- Je t'ai assommé samedi soir, lui dis-je alors. On s'est retrouvé face à face dans la forêt, tu m'as chargé et j'ai dû te mettre hors d'état de nuire.
Remus lance un regard apeuré à Sirius, puis passe une main sur son front.
- C'est donc de là que vient la bosse, dit-il.
Je grimace.
- Tu ne t'en souviens pas ? Fais-je.
Il secoue la tête, avant de mexpliquer :
- Je garde très peu de souvenirs de mes transformations, seulement des sensations et des sentiments. J'imagine que c'est de notre rencontre qu'est venu la rage que j'ai ressenti à mon réveil dimanche matin. Et, au fait j'y pense, tu sais pourquoi je sentais le chien mouillé ?
Sirius éclate de rire alors qu'un sourire m'échappe.
- Mandy t'a envoyé à la flotte !
Remus tourne un regard surpris sur Sirius, avant de reporter ses yeux sur moi.
- Attendez, tu veux dire que Mandy sait pour vous trois ?
Sirius acquiesce.
- Et Sirius et Peter savent à présent que je suis un vampire aussi, ajouté-je sous le regard halluciné du jeune homme qui se redresse dans son lit.
- Il y a encore d'autre trucs importants que j'ai loupé pendant que j'étais ici ? Grimace-t-il.
Sirius secoue la tête. Je lui jette un regard surpris. Il ne lit pas la Gazette ?
- En fait si, dis-je, m'attirant les regards des deux jeunes hommes. Vous-Savez-Qui a attaqué Pré-au-Lard samedi soir, après que nous soyons rentrés au château. C'était dans l'édition de la Gazette d'hier.
Tous les deux palissent dun coup.
- Quoi ? S'étonne Sirius d'une voix blanche. Faut vraiment que je m'abonne à la Gazette moi, ajoute-t-il ensuite à sa seul attention.
- Il y a eu des dégâts ? Demande Remus.
- Quelques morts et des blessés, réponds-je. Il n'y avait pas beaucoup d'informations. Personne de Poudlard à ce que je sache.
Un silence s'en suit, le temps pour les deux garçons d'enregistrer l'information. Sirius s'assied ensuite sur le lit de Remus et soupire en passant une main sur son visage.
- Quand est-ce que cette guerre va se terminer ?
Remus et moi le regardons, incapable de répondre à cette question. Ce n'est pas comme si il y avait un seul homme à arrêter, il y aussi tous ses partisans, dont les identités de la plupart sont toujours inconnus. Il y a des suspicions, bien sûr, mais aucune preuve. Difficile donc, de ne serait-ce que freiner les ardeurs de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.
Je jette un oeil à ma montre, elle affiche près de neuf heures et demi. Puis, je regarde Remus, dont le regard abattu accentue la fatigue de son visage.
- On va te laisser te reposer Remus, fais-je. Les cours vont bientôt commencer.
Il acquiesce et Sirius se lève de son lit. Je m'avance alors vers le lycanthrope, me penche sur son visage en faisant fi de son odeur et lui murmure à l'oreille :
- Je suis désolée de t'avoir frappé, mais je n'avais pas le choix. J'espère que tu ne m'en voudras pas trop.
Je me recule au moment où il secoue la tête en me tendant un sourire. Je me penche alors sur sa joue et l'embrasse délicatement, occasionnant un air surpris sur son visage.
- A plus tard.
Je sors de la pièce sur un signe de la main qu'il me rend, toujours surpris mais avec le sourire en plus. Sirius m'emboite le pas et referme la porte derrière nous. Nous quittons l'infirmerie en saluant Mme Pomfresh, puis passons dans le couloir. En silence, nous rejoignons le couloir des Enchantements. Nous sommes les premiers à arriver devant la salle de classe vide du professeur Flitwick. Je pose mon sac par terre et m'adosse au mur, Sirius faisant de même. Il est si proche de moi que nos bras se frôlent, occasionnant ces frissons le long de mon dos. Je m'écarte légèrement, pour rompre le contact. Avoir son odeur autour de moi pendant plusieurs heures est déjà suffisant, inutile d'en rajouter.
- Dis, fais soudain Sirius, rompant le silence instauré entre nous depuis notre départ de l'infirmerie, est-ce que tu sors avec Tony ?
Je sursaute, surprise par la question. Mon premier réflexe est de nier véhément, mais j'ai cette petite voix au fond de moi (qui, étrangement, ressemble à celle de Camille) qui me murmure insidieusement que répondre par l'affirmatif serait un excellent moyen de tester Sirius. Je me secoue mentalement. Hors de question de rentrer dans le petit jeu de ces deux là.
- En aucun cas, je n'intéresse nullement Tony sur le plan sentimental.
- Alors, comment tu expliques ses baisers ?
Je fronce des sourcils. Je ne vais pas lui dire la vérité, alors il me faut une excuse.
- Tony n'est pas anglais, il est italien. Je crois que là-bas, il sont très portés sur les contacts corporels, alors j'imagine que c'est sa façon de me dire qu'il m'apprécie.
Sirius acquiesce d'un signe de tête, et j'aperçois son sourire ravi qu'il n'arrive pas à cacher. Intriguée par cela, je lui demande, au moment où des élèves de notre cours commencent à apparaitre :
- Pourquoi cette question ?
Il se tourne vers moi, comme surpris que je puisse poser la question. Puis, un étrange sourire étire ses lèvres et son regard se met à pétiller, parant son regard gris de reflets argentés. Inconsciemment, je me laisse entièrement subjuguer par son regard et une de mes mains quitte mon flanc pour monter vers le visage de Sirius, comme si je voulais le caresser. Mais il parle, rompant le charme et, apeurée par ma réaction, je laisse immédiatement retomber ma main.
- C'est plus simple pour moi si tu es célibataire.
A présent à nouveau maître de moi-même, j'écarquille les yeux. Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Mon coeur se met à battre la chamade, en rythme avec les paroles de Camille qui tournent en rond dans ma tête. Je capte sans y faire attention, les multiples fragrances qui nous entourent, signifiant que les élèves sont pratiquement tous là.
- Tu te rappelles, hier je t'ai parlé d'un plan pour éradiquer définitivement mon fan-club.
J'acquiesce, attendant la suite.
- Je serais très heureux, si tu voulais bien être la fille.
Je dois afficher à peu de choses près l'image d'un poisson hors de leau, lorsque quelqu'un passe à côté de nous et, accidentellement, donne un coup de pied dans mon sac qui tombe, s'ouvre et renverse son contenu au sol. Nos regards, à Sirius et moi, se dirigent par terre. Une dizaine de fins serpents s'échappent en sifflant de mon sac. Je laisse échapper un cri strident et tente de m'éloigner le plus possible de ces bestioles en sautant au cou de Sirius, qui a tout juste le temps de me réceptionner pour m'empêcher de me rétamer lamentablement. Je mapproche fermement à son cou, entourant sa taille de mes jambes.
- Fais quelque chose, je déteste ces bestioles ! Fais quelque chose !
Je ne pense pas qu'il ait le temps de réagir, je sens Camille qui s'approche et j'entends un "Finite Incantatem" qui retentit sous les rires de la classe présente dans le couloir. Le coeur battant, je n'ose même pas jeter un oeil au sol pour voir si les machins visqueux ont disparus, et m'accroche désespérément à mon sauveur.
- Bah dis donc, elle tremble comme une feuille, entends-je Sirius dire, alors qu'il raffermit sa prise sous mes fesses, m'empêchant de glisser le long de son corps.
- Elle a la phobie des serpents. Mandy, c'est bon, il n'y a plus rien, tu peux le lâcher.
Je décolle mon visage du cou de Sirius, jette un oeil et constate que mon amie dit vrai. Rassérénée, je laisse échapper un soupir, et je prends conscience de ma position. Mon visage, tout près de celui de Sirius, est alors déformé par une grimace désolée. Je tente de descendre de mon perchoir improvisé, mais Sirius me retient, sourire aux lèvres, et demande :
- Je dois prendre ça pour un oui ?
Heu . . .
Oui je sais, vous avez toutes envie de me tuer maintenant. ^^ Et bah, croyez-moi, vous n'avez pas fini de me détester ! xD Vous verrez avec le prochain chapitre. :p
Grs bisous et à lundi !
