Bonjour à tous,

Mon histoire tire à sa fin plus que deux chapitres, je sais que j'avais dit 25 chapitres, mais je pense qu'il est temps de la terminer…

Je tiens à remercier toutes les personnes qui lisent ma fic et celles qui l'ont commenté. Un gros merci.

Ce chapitre est essentiellement des dialogues, mais il faut passer par là quelquefois.

Bonne lecture!

Chapitre 21 : Revirement

Les deux figèrent par les mots de chacun. On ne pourrait pas dire lequel des deux était le plus stupéfié par la déclaration de l'autre. La chambre tomba dans un silence complet. Sherlock fut le premier à casser le silence.

« Honneur aux dames, Molly. Qu'est-ce qui te fait penser que tu as trouvé l'endroit. Je n'ai pas encore trouvé les indices dans les maisons. »

« Ce n'est pas nécessaire, j'ai reconnu l'endroit sur la photo et je suis certaine que le tueur les a cachés dans le parc. »

« Quel parc? Soit plus explicite, j'ai deux vies à sauver! » Se rendant compte qu'il avait été un peu sec dans son ton, il gratifia Molly d'un beau sourire pour faire passer sa brusquerie. Naturellement, elle ne tomba pas dans le panneau, mais elle appréciait l'effort.

« Le parc Battersea. Il y a un monument à cet endroit assez large. Je crois qu'il serait bon d'aller jeter un coup d'œil. Si ce n'est pas les personnes enlevées qui s'y trouvent, c'est probablement un endroit important. La photo n'était pas un hasard. »

Sherlock se leva admiratif et frustré à la fois.

« Mais oui! J'aurais dû reconnaitre ce parc lorsque j'ai aperçu la photo sur la table de travail. Mais pour ma décharge j'ai été distrait par un corps inanimé qui s'avérait être une personne qui compte pour moi et j'avoue que tu étais ma priorité à ce moment. Maintenant que tu es hors de danger, les informations entrent à nouveau dans mon palais d'esprit. Le parc n'est pas aussi connu qu'Hyde park, mais il a effectivement un monument, la pagode de la paix, où des gens pourraient avoir été cachés. De plus, ce lieu était populaire pour les duels. Il semblerait qu'il aime l'ironie s'il s'avère que ta déduction est juste, Molly. Non, je rectifie, tu es brillante et je suis certain que tu as vu juste. » Sherlock se pencha alors pour l'embrasser, mais Molly tourna la tête. Surpris de rencontrer sa joue, il ouvrit les yeux et vit une douleur dans le regard de la jeune femme.

« Sherlock, suis-je une distraction pour toi? Est-ce que tu es en train de me dire que je peux nuire à tes enquêtes? J'ai besoin que tu me le dises. » La jeune femme essaya de cacher sa détresse en baissant la tête, mais il était Sherlock Holmes, il avait facilement déduit son désarroi.

« Honnêtement, tu as été distraction…Non, laisse-moi finir avant de parler Molly…je me soucie de toi et il y aurait pu avoir n'importe quoi, même un appel du tueur que je n'aurais pas répondu lorsque je t'ai aperçu sur le sol. Mais cette distraction était temporaire et donc une réaction normale de ma part. J'ai voulu que tu sois près de moi et je savais qu'il y avait des risques, mais ta présence était nécessaire pour moi et c'est pour cette raison que je t'ai proposé d'emménager avec moi. Avec le temps, j'ai compris pourquoi je te voulais, toi, et personne d'autre comme compagnie au 221B, mais je l'ai compris seulement lors de notre premier baiser, mes pensées se sont tues et lorsque je me suis détaché de toi toutes les informations que j'accumulais pêle-mêle se classifiaient…Attends encore Molly… » Lorsqu'il la vit ouvrir la bouche. « Je ne veux pas dire que tu es utile, en fait, que tu sois pathologiste m'est utile, mais « Molly Hooper », la personne, m'est indispensable. J'ai toujours pensé qu'une femme dans ma vie serait nuisible à mon style de vie, mais exceptionnellement, j'avoue avoir eu tort. J'aurais dû dire que les femmes sont dans leur généralité une distraction dans mon travail, mais une seule fait en sorte que je suis meilleur tant comme personne, et je ne dirai pas souvent la deuxième partie, que comme détective. Alors, si tu as bien suivi mon discours, tu es indispensable dans ma vie et si tu veux bien, malgré tous les dangers qu'apporte mon travail, continuer de vivre au 221B Baker Street avec moi, j'en serais heureux…plus même. Mais je comprendrai, après ce qu'il vient de t'arriver, que tu veuilles récupérer ton anonymat et partir de notre appartement. Sache que je ne ferai pas de difficulté, si tu le souhaites ainsi. »

Molly ouvrit la bouche et la referma, elle ne savait pas quoi dire. Jamais, elle n'aurait pensé que Sherlock lui avouerait ses sentiments. Il ne lui avait pas dit qu'il l'aimait, mais de sa part, c'était tout comme. Il la regardait nerveusement en attente d'une réponse de sa part. Il la voulait près de lui et c'est tout ce qu'il comptait pour elle. Oui, il y aurait des jours de danger en autres choses, elle le savait déjà lorsqu'elle avait dit oui. Être près de Sherlock, c'est accepter cet état des choses. La peur qu'elle ressentait à ce qu'il l'oblige à sortir de sa vie à cause de la distraction qu'elle lui apportait s'estompa laissant place au soulagement. Son visage, malgré l'affreux mal de tête qu'elle avait, s'éclaira de bonheur. Elle dit simplement.

« Il n'y a pas d'autres places où je souhaiterais aller. Baker Street avec son occupant sont les seuls choses qui m'importent sans oublier mon chat. Sherlock, tu es certain de ce que tu me dis. Je sais que c'est nouveau pour toi, je ne veux pas que tu regrettes ce que tu viens de me dire…qui a été dit peut-être sous le coup de l'émotion. » Sherlock arqua les sourcils et se pencha pour lui faire face.

« Je ne t'ai pas parlé ainsi parce que tu es sur un lit d'hôpital. Crois-moi, mes raisons sont purement égoïstes. Je te suggère même de refuser ma proposition de fiançailles, car je ne suis pas facile à vivre. J'ai bien peur que je sois furieusement possessif et jaloux de tous les hommes qui te parleront et je continuerai à offenser ta pudeur en me promenant nu dans l'appartement, bien qu'à l'avenir je ne crois pas que ce soit un problème, et jouerai du violon à toute heure de la journée ou de la nuit. Je ne demande qu'une chose dans tous les règlements établis, c'est de pouvoir entrer dans la douche avec toi. » Un sourire coquin éclaira son visage lorsqu'il termina sa phrase. Sa demande était assurément non conforme et sans bague, mais c'était tout de même une proposition sincère. Molly refusait d'y croire, mais son cœur battait à la chamade.

« Attends, nous n'avons pas parlé de fiançailles? Nous avons parlé simplement de continuer d'habiter ensemble. »

« Puisque tout le monde croit que nous sommes mariés, je crois qu'il est plus que temps de l'officialiser. De plus, ma mère me tuerait si elle apprenait que j'ai menti et que je ne suis pas vraiment marié. Je pense qu'elle s'était fait à l'idée que ni Mycroft, ni moi ne serions un jour avec une femme. Elle se fera une joie de te remettre la bague familiale confirmant ainsi que tu deviendras une Holmes. » Molly se redressa brusquement ne pouvant pas croire ce que Sherlock venait de lui dire.

« Comment cela tout le monde…et ta mère? » Il sortit son cellulaire et passa sur le fil d'actualité Facebook. On ne parlait que du mariage secret du grand détective Sherlock Holmes avec une certaine Molly Hooper, pathologiste à St-Bart. Elle cria un « Oh mon Dieu! »

« J'ai le regret de te dire que ta vie sera un peu plus visible maintenant. » Il prit un faux air penaud. « Je me suis peut-être avancé en me présentant comme ton mari à l'accueil, mais j'ai une impression assez forte que tu ne serais pas opposée à cette union. »

« Oh toi, espèce de salaud. Ferme-la et embrasse-moi maintenant. »

« À vos ordres! » Doucement, il prit possession de ses lèvres, mais Molly en voulait davantage et se pressa contre lui. Elle se fichait qu'elle était sur un lit d'hôpital et que la porte de la chambre soit ouverte, mais la raison lui revint lorsqu'elle pensa aux deux personnes enlevées. Elle se détacha difficilement.

« Maintenant que tu sais que je vais bien, c'est le temps de reprendre l'enquête. Allez! Je demanderai à Greg de me ramener. »

« Pas question que Lestrade te ramène. Je pense avoir été claire sur mon côté jaloux et possessif, Lestrade t'a toujours trouvée attirante, alors je le garde loin de toi. J'ai déjà demandé à Mycroft une voiture, tu seras escortée jusqu'à notre appartement et deux hommes du MI6 monteront la garde jusqu'à mon retour. »

« Sherlock, je peux… »

« Pas de négociation. » Il l'embrassa une dernière fois et sortit précipitamment de la chambre. Molly l'entendit crier à John de le suivre, car il avait deux personnes à sauver. John protesta pour rester auprès de Molly et cria à Sherlock qu'il était un sans coeur de partir sur son enquête au lieu de rester avec elle. Elle partit à rire lorsque Sherlock le traita d'idiot tout en lui mentionnant que c'est justement Molly qui l'avait aidé à trouver les deux personnes, et ce, même à moitié abrutie par les médicaments, elle restait plus intelligente que lui. John lança quelques jurons et les voix s'éloignèrent rapidement.

Elle soupira et ferma les yeux, le cœur en fête malgré la gravité du moment. Un bruit la fit sursauter et elle ouvrit les yeux pour constater que Lestrade la regardait du pas de la porte.

« Greg, tu peux entrer. Je pensais que vous étiez tous partis pour le parc Battersea pour retrouver les deux personnes disparues. »

« Non, pour une fois, je vais laisser John et Sherlock faire les premières vérifications avant d'envoyer mon équipe, je lui ai donné 20 minutes d'avance. En fait, je suis resté pour voir comment tu allais et je dois bien te le dire, prendre ta déposition. Je suis étonnée d'ailleurs que Sherlock ne t'ait rien demandé. »

« Il savait déjà que je ne pourrais pas l'aider. Je suis désolée, je n'ai rien vu, je pensais que c'était Sherlock qui revenait et ce fut le noir total et puis je me suis réveillée ici à l'hôpital. Mais pourquoi es-tu ici, Greg? J'apprécie le geste, mais je suis curieuse que tu aies su si vite pour moi. »

« À cause de Sherlock. Les ambulanciers ont appelé le service de secours parce que Sherlock insistait, disons-le poliment, pour partir avec toi dans l'ambulance. J'ai pris l'appel et j'ai ramassé Sherlock avant qu'il fasse une grosse bêtise. Il a vraiment eu peur, tu sais. Est-ce qu'il t'a dit que tu avais repris connaissance lorsqu'il t'a trouvé? »

« Non et je ne me rappelle pas avoir repris connaissance avant que j'ouvre les yeux sur ce lit d'hôpital. »

« Apparemment, tu ne l'as pas reconnu, et ça là rendu presque fou. Je suis content de constater que cette défaillance de la mémoire fut temporaire, je n'ose penser à ce que Sherlock aurait fait, si tu n'avais pas retrouvé tes esprits à ton réveil. »

Molly regarda Greg avec surprise et incrédulité. Elle se demandait ce qu'elle avait dit pour perturber autant Sherlock Holmes. Elle avait beau fouiller dans sa mémoire, rien ne vint à son esprit. « Je n'ai aucune idée de ce que j'ai dit, Greg. Tu as dû te tromper, il devait tout simplement être inquiet pour moi. »

« Non, il me l'a dit et il va me tuer si tu lui répètes ce que je m'apprête à te dire, mais je crois que c'est essentiel que tu le saches que Sherlock Holmes, quoi qu'il puisse te dire, t'aime. Voilà ses mots lorsqu'il est monté dans ma voiture : elle ne m'a pas reconnu, Greg, lorsqu'elle a repris connaissance. La seule personne qui me voyait comme je suis ne m'a pas reconnu. Si sa mémoire était perdue à jamais? En plus, ce qu'il lui arrive est en partie ma faute. Je savais que le danger qu'on s'attaque à Molly était plus grand depuis qu'elle habitait chez moi, mais j'ai fait preuve d'égoïste, et malgré qu'un tel scénario puisse exister, je lui ai proposé quand même d'emménager à Baker Street, je la voulais près de moi et je me croyais capable de la protéger de mon "monde" et j'ai échoué. Je suis à peu près sûr d'avoir rapporté ses mots fidèlement. Je ne l'avais jamais vu ainsi, les larmes dans les yeux…Émotif. Donc, tu comprends que je devais te le dire. Souviens-toi de ses paroles lorsqu'il voudra t'éloigner de lui, car je sais qu'il le fera sûrement lorsque le cas particulièrement difficile se présentera à lui, ne pas perdre de vue que c'est son cœur qu'il protège et non sa stupide idée qu'une relation nuit à son travail…Bien…Hum… » Il se leva de sa chaise lorsqu'il vit deux hommes du MI6 devant la porte de la chambre. « Je pense que mon travail est terminé ici. » Il se pencha et embrassa Molly sur la joue, qui toujours sur le choc de ce qu'elle venait d'entendre n'avait pas émis un mot, et partit avec un sourire satisfait d'avoir aidé deux amis.

Sherlock n'avait pas desserré les lèvres tout le long du taxi. Il réfléchissait au cas. Il savait qu'ils retrouveraient les deux personnes en vie, car le tueur l'avait prévu ainsi. Il n'aurait pas envoyé une photo aussi accablante. Mais il n'expliquait pas l'attaque sur Molly. Il ne voulait pas la tuer, mais par deux fois, il s'est adressé à elle pour le rejoindre, il devenait personnel. Et si le jeu n'était pas pour lui comme le tueur le laissait entendre, mais plutôt entre lui et Molly.

Il sortit de sa réflexion en s'exclamant qu'il avait été un vrai imbécile. John le regarda sans comprendre, mais Sherlock ne prit pas la peine de lui expliquer. Il appela Lestrade et lui dit d'envoyer ses hommes au monument parce qu'il devait absolument aller sur une autre piste. John entendit Lestrade demander des explications, mais Sherlock coupa la conversation et cria au chauffeur de taxi de faire demi-tour et retourner à St-Bart.

« John, j'ai toujours pensé que le tueur voulait jouer à un jeu avec moi comme Moriarty l'avait fait. Dans ma supériorité, je n'ai pas une seule fois mis en doute que ce n'était pas moi son joueur, mais Molly. Pour une raison que j'ignore encore, il éprouve une rancune féroce envers elle et il a tenté de brouiller les cartes en pariant sur ma tendance narcissique et ainsi éloigner les soupçons sur sa cible réelle. J'avoue qu'il a bien parié sur cette manche. » Énervé, il tapa sur la vitre en criant au chauffeur de se dépêcher et sortit son cellulaire

« Mycroft, où est Molly à St-Bart ou à notre appartement? » John n'entendit pas ce que son frère a dit, mais Sherlock lui jura et lui demanda impoliment de la fermer. « Non, j'ai besoin de le savoir maintenant. Oui. Oui. Oui! Demande à Anthéa…C'est bon. Utilise tes satellites ou tes contacts pour retrouver l'ex-fiancé de Molly. Oui! Bon Dieu! » Sherlock regarda John. « Molly est à l'appartement. Chauffeur! Au 221B Baker Street et si vous êtes capable d'y être en cinq minutes, il y aura un pourboire plus que conséquent. » Le taxi accéléra, tout en zigzagua dans le trafic, et il arriva exactement en cinq minutes avide de recevoir un supplément pour sa course. Sherlock lui lança un billet de 50 £ et sortit en courant. Il avait un seul homme qui pouvait en vouloir à Molly et c'était le si normal et ridiculement niais Tom. Il restait à savoir s'il était l'auteur de tous ces meurtres ou seulement l'instigateur et laissait le soin à un complice de faire la basse besogne. Dans tous les cas, s'il se présentait à lui, il ne lui donnerait pas la chance de croupir en prison, il le tuera purement et simplement pour avoir osé s'en prendre à sa Molly. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à savoir les détails de leur rupture. Il cria le nom de « Molly » et « salon » immédiatement. Il était plus que temps d'arrêter ce tueur.

Merci à l'avance pour vos commentaires, c'est du carburant pour me faire avancer plus vite

Chapitre 22 : un petit spoiler sous forme de question : Que fera Sherlock lorsqu'il affrontera le tueur…surtout s'il touche à sa Molly à nouveau ?