Chapitre 21 – L'enquête
Elle ne rêvait pas... Harold était là ! il l'avait sauvé ! mais... même avec son aide... comment échapper à cet ours sauvage ? ne perdant pas de temps, Harold murmura un ordre simple et direct à Adrianne.
- Pas de bruit et fait moi confiance, d'accord ?
Le coeur battant, elle hocha la tête, puisqu'elle ne pouvait lui répondre à cause de sa main encore présente contre sa bouche. Elle le vit prendre une pierre dans sa poche, et la balancer dans une direction opposée à la leur. Le projectile émit un bruit bien sonore, qui n'échappa pas aux oreilles du shérif.
Alvin l'avait entendu, et c'était mis à galoper dans la direction du bruit, donnant ainsi l'occasion au duo de s'enfuir. Il l'entraîna par la main, au léger pas de course, dans la direction opposée d'Alvin. Elle voulait savoir où ils allaient, quand ils firent halte devant un autre gros chêne.
- Harold... murmura-t-elle inquiète
- Glisse toi au sol, vite ! ordonna-t-il
Il lui indiqua une espèce de drap sombre et feuillu, tenu en l'air par deux simples bâtons de bois planté au sol. ça faisait comme un mini-abri. Elle lui obéissait et s'allongeait au sol, bien en dessous de l'abri. Harold fit de même et se trouva à ses côtés. Il fit ensuite tomber les deux bouts de bois et le drap sombre les recouvrit totalement.
Ils étaient ainsi invisibles aux yeux d'Alvin et en quelque sorte, c'étaient comme s'ils faisaient partie du décor.
- Harold... murmura-t-elle à nouveau intriguée et inquiète
- Reste silencieuse et inerte. Murmura-t-il
- Ok... murmura-t-elle
Ils restèrent allongés par terre durant un bon moment. Ils avaient entendu le shérif grommeler de rage de ne pas avoir mis la main sur Adrianne. Harold se fia aux bruits des sabots du cheval pour juger s'il était parti ou encore là. Et fort heureusement oui. Il était parti. Mais Harold décida de rester encore un instant à couvert, par précaution.
La fugitive se remettait de sa course. Ses douleurs s'estompèrent et son coeur ralentissez progressivement. Elle remercia le destin de ne pas c'être fait attraper, mais d'autres questions concernant son sauveur la perturbait. Elle n'osait pas parler tant qu'Harold ne le lui autoriser pas.
Harold jugea bon de sortir de leur cachette en sortant le premier. Il aida ensuite Adrianne à se relever, et fit un rapide tour d'horizon. La voie était libre. Le chasseur n'était plus là.
Il se tourna alors vers elle.
- Tu crains plus rien maintenant. Il est parti.
- Merci Harold...
- Maintenant suis-moi.
- Où ça ? demanda-t-elle sur le qui vive et avec méfiance
Évidemment, la dernière fois qu'on lui a demandé de suivre quelqu'un, c'était Alvin et le maire pour aller au poste. Ou en cellule.
- En lieu sur. Allez viens. Profitons tant que la voie est libre. Précisa Harold
- D'accord, mais où ?
- Dans le seul lieu que toi et moi connaissions. Ajouta-t-il en avançant
- Ah. ok...
Le seul lieu sur. La cachette d'Harold. Ça la rassura. Elle suivit donc son sauveur, en silence. Quand ils seront là-bas, elle pourra lui poser toutes les questions qui lui trottaient en tête. Mais pour l'instant, elle marchait, et faisait le deuil de sa famille. Elle pleurait en silence, repensant aux derniers instants de bonheur avec eux, qui c'était passer pas plus tard que cet après-midi même. Elle essayait aussi d'accepter le fait que plus jamais, elle ne les reverrait. Elle était seule au monde.
Elle pensa aussi à sa maison, sa grange, ces animaux, ces lapins, son cheval... son vaillant Krokmou... il lui manquait terriblement lui aussi. Et elle ne savait pas non plus ce qu'il était devenu.
Les larmes coulaient ainsi silencieusement et en pagaille sur ces joues pendant tout le trajet, jusqu'à ce qu'ils arrivent enfin au repaire. Harold se tourna à nouveau vers elle, et la rassura quand il vit qu'elle avait pleuré.
- On y est.
- Je vois ça... constata-t-elle en essuyant ses larmes
- Hé. Tout va bien se passer, d'accord ? la rassura-t-il au mieux
- J'en doute...
- Pour les jours à venir... je sais pas, en effet. Mais pour le reste...
- J'ai tout perdue Harold... tout...
- A vrai dire... pas tout.
Elle releva subitement la tête et le fixa incrédule. Il voulait dire quoi par là ?!
- Q-Quoi ? comment ça... « pas tout » ?! ne te moque pas de ma souffrance Harold ! c'est... commença-t-elle, au bord de nouvelles larmes
- Didi, calme toi. Je ne me moquerais jamais de ça. mais si tu veux bien rentrer, tu verras de quoi je parle. Souriait-il
Serait-ce un piège ? non. pas venant de lui. C'était impossible à envisager ! elle rentra donc dans la grotte cachée et put enfin voir ce que voulait dire le forgeron, et en fut bouche bée.
Krokmou. Son cheval était là, sain et sauf, endormi.
- Krokmou... murmura-t-elle
L'interpellé ouvrit ses yeux, leva sa tête et se releva aussitôt quand il reconnut la jeune fille. Un hennissement de joie de sa part, et Adrianne alla vite l'enlacer, les larmes aux yeux et le coeur débordant de joie, cependant qu'Harold regardait ces touchante retrouvailles avec un sourire attendri.
- KROKMOU ! tu es la... ooow... moi aussi jsuis contente de te revoir mon grand... j'ai eu tellement peur... je croyais ne plus te revoir aussi... dit-elle d'une voix heureuse et tremblante de chagrin
Elle se tourna vers Harold pour éclaircir un détail.
- C-comment... comment est-il arrivé ici vivant ? tu l'as sauvé des flammes ?
- Non.
En vérité, Krokmou s'était sauvé lui-même de la grange quand il c'était réveiller et rendu compte qu'elle brûlé. Il avait galopé dans les bois jusqu'à la cachette, ne sachant pas où aller. Et c'est pendant sa course qu'il était tombé sur Harold, puis amené ici.
- Après la fête, je suis parti faire un tour en forêt parce que... j'avais besoin... d'être seul un instant. reprit-il
- Ah.
- J'ai marché, j'ai marché, et puis je suis tombé sur lui, qui galoper complètement paniquer en direction de la cachette. Je l'ai intercepté aisément grâce à ton enseignement, et je l'ai amené ici, en lieu sur. C'est après que je suis réparti dans la direction qu'il avait prise pour découvrir la raison de son état. Et... c'est là que j'ai vu au loin... l'incendie. Je t'ai cherché dans la forêt, espérant ne pas te voir... hée !
Elle venait de lui sauter au cou, et avait de nouveau commencé à pleurer.
- Didi ?
- Merci Harold... merci d'avoir sauvé mon cheval et ma vie... je...
Elle éclata encore en sanglots. Il la serra à son tour dans ses bras, et partagea silencieusement sa peine. Elle se détacha ensuite de lui, lui adressa un sourire et attrapa les rênes de son cheval.
- Merci... merci pour tout Harold... tu... tu me manqueras beaucoup... au revoir... Souriait-elle sincèrement sans fondre en larmes à nouveau
Harold prit conscience de ce qu'elle faisait et réagit en se mettant entre elle et la sortie.
- Woh woh attend ! ou tu vas là ?
- Je m'en vais. Tu en as assez fait jusque-là, et je ne veux pas qu'il t'arrive aussi quelque chose.
- Mais... Non Adrianne. Tu peux pas partir. Tu dois pas partir !
- Harold... Je suis une fugitive. Je ne peux pas rester ici !
- Mais bien sur que si ! je t'aiderais !
- Harold ! Je refuse que tu soit impliqué dans mon malheur ! tu te rend pas compte que tu seras accusé de complicité envers moi ?!
- Je m'en moque ! je te laisserais pas tomber. Et ce quoi qu'il advienne !
- Mais...
- Y'a pas de mais! Tu resteras caché ici, le temps que je découvre et rassemble des preuves de ton innocence.
- Tu... tu me crois pas coupable alors?
- Jamais je ne penserais ça de toi enfin ! Jamais ! c'était un accident. Et je le prouverais !
Elle soupira.
- Harold... tu te lances dans une mission de fou... c'est de la folie ! argumenta-t-elle désespérer
- Quand c'est pour quelqu'un qui en vaut la peine, non ! alors maintenant, tu vas lâcher les rênes rester ici, te reposer et me laisser te venir en aide sans discuter. Ok ?
Elle ne répondit pas et obtempéra silencieusement quand elle vit l'intensité et la détermination dans son regard. Elle alla donc s'asseoir sur les couchettes, avec Krokmou assis face à elle. Harold lui donna de quoi boire et manger et s'installa auprès d'elle.
- Tu feras quoi ce soir ? dit-elle en buvant un peu d'eau
- Je vais rester ici avec toi.
- Tu veux t'assurer que je ne me sauve pas durant la nuit ?
- Hin. Si tu voulais vraiment partir, tu m'aurais pas écouté et t'aurais forcé le passage non ? suggéra-t-il avec un sourire en coin
- Hin... Ria t-elle jaune
Elle mangea une des pommes qu'il lui avait données, dans le plus grand silence possible. Silence qu'il se risqua à briser.
- Didi... je sais que ça va être pénible mais... raconte-moi ce qui s'est passé.
- Justement, je ne sais pas ce qui s'est passé... et... je n'ai pas la force de le faire Harold...
- Essaie quand même s'il te plaît... si je veux découvrir la vérité, faut que tu me dises ce que tu sais, ce que tu as vu... essaie...
- D'accord. Je... après les feux d'artifices, je suis parti de la fête tranquillement, et seule. Y'avais rien d'anormal. Mais quand je suis arrivé, j'ai vu notre maison et notre grange dans les flammes. J'ai... j'ai essayé d'entrer pour sauver ma famille, mais j'entendais rien quand je les appelais. ils étaient... ils étaient... déjà…
Elle sanglota à nouveau. Harold se pinça les lèvres et lui entoura les épaules de son bras. Elle trouva de nouveau refuge et réconfort dans ses bras.
- Désolé. Je... je ne sais pas quoi dire de plus pour te consoler, mais... demain, j'irais chercher une explication en ville et sur... place. D'accord ?
- D'accord...
- Tu m'attendras ici avec Krokmou. Et concernant les villageois, je jouerais la comédie. Personne ne saura rien de ce que j'ai fait. Ils n'y verront que du feu.
- Harold... non...
- Ne discute pas Didi. Je ferais ce que je dois faire, malgré que je risque gros.
- Harold...murmura-t-elle en lui faisant face
- Si je dois succéder à mon père pour protéger et diriger cette ville, je le ferais maintenant en faisant ce qui me semble juste. Un chef protège les siens. Souriait-il
Elle lui souria émue et repris position dans ses bras, et Harold la réconforta en l'enlaçant à nouveau. Elle commençait à être morte de fatigue, et avant de sombrer dans le sommeil, elle lui murmura
- Merci Harold... bonne nuit...
- De rien. Et dort sans crainte. Il ne t'arrivera rien ici. Je te le promets.
- Merci... Tu es...
Elle bailla un instant avant de finir sa phrase.
- ... mon meilleur ami...
Puis elle s'endormit, un léger sourire sur les lèvres. Harold savait parfaitement qu'elle n'aurait pas dit ce qu'il espérait entendre, mais... il en était quand même un peu déçu. Peu de temps après, il s'endormit à son tour, gardant l'amour de sa vie en sécurité dans ses bras.
oO*Oo
La majeure partie des hommes du village s'était rendue à la maisonnette en ruine afin d'éteindre l'incendie, et les femmes étaient rester au village. Une fois le dernier brasier éteint, ils contemplèrent tous le drame avec tristesse. Dans la foule on pouvait entendre des pleurs, mais aussi des interrogations en tous genres. Comme... qu'est-ce qui s'est passé ? est ce qu'ils sont tous mort à l'intérieur ? etc.
Mais pour l'heure, y'avais plus rien à faire. L'enquête pour découvrir la vérité commencerait demain matin.
Chacun reparti donc chez eux, le coeur en deuil. Au village, les festivités avaient cessé depuis l'appel du maire pour éteindre l'incendie. Les femmes et enfants rangeaient les denrées et ce qui devait être rangés. Astrid rangeait avec Ingrid et Kogne les affaires de la taverne pour les ramener dans l'établissement. Durant une discussion banale entres elle, Kogne émit une remarque sur Astrid.
- Astrid ? il est où ton collier ?
- Hum ? ben... oh !
La blonde baissa les yeux et constat qu'en effet, elle n'avait plus son pendentif autour du cou. Se rappelant vite fait où elle avait bien pu le perdre, elle paniqua intérieurement en se disant qu'elle l'avait peut-être perdue dans la grange chez Adrianne ! si on le trouve là-bas, ça ne serait pas bon pour elle. Mais se souvenant qu'elle ne devait parler à personne du plan d'Alvin, elle soupira de soulagement et donna une fausse excuse, avec un sourire bien joué
- Ah oui c'est vrai. J'oublie que je l'ai ranger. En fait, la chaînette c'est casser. Je l'ai juste mise dans ma poche pour éviter de le perdre.
- Oh dommage. Je peux le réparer si tu veux ? se proposa Ingrid
- Non, non, t'en fais pas. Je vais le réparer moi-même. Mais demain. Là, jsuis fatiguée et on a encore du boulot...
- Mouais... pff... vivement que Rustik se pointe ! soupira Kogne
Peu de temps après, les hommes revient terminer d'aider au rangement. Et quand tout le monde fut rentré chez eux, Astrid put enfin montrer des signes de panique. Fallait à tout prix qu'elle le retrouve. Mais quand ? comment ?
Demain, elle irait voir déjà sur la place de la fête, en ville, et si elle ne le trouvait vraiment pas, c'est qu'il était là-bas.
oO*Oo
La nuit fut courte. Du moins pour Harold. Il c'était réveiller bien avant Adrianne, afin de se rendre au village pour commencer discrètement son enquête. Prenant garde à ne pas la réveiller, il se tourna vers Krokmou qui le regardait.
- J'y vais. Je serais de retour le plus vite possible. En attendant, veille sur elle et ne la laisse pas partir. D'accord ? demanda-t-il a voix basse
Krokmou lui répondit d'un hennissement, qu'Harold remercia avec une caresse avant de partir. Veillant à ce qu'il n'y ait personne en vue, il se hâta vers le village. Là-bas, c'était comme d'habitude à part qu'il entendait sur sa route les gens parlaient d'un drame, de l'incendie, bref, des commérages. On le regardait aussi avec un regard triste.
Se rendant à la mairie en premier et de façon normale, il trouva son père assis à son bureau, le nez dans les papiers sans vraiment y être mentalement. Harold toqua et salua neutrement son père, qui leva alors la tête.
- Harold ! où tu étais fils ? je t'ai cherché partout depuis hier ! dit-il sans un ton furieux
- Euh... j'ai été célébrer ma victoire... à ma manière, papa. Lâcha t-il banalement
- Ah ? bon.
- Pourquoi ? que... qu'est-ce qui se passe ? tout le monde en ville avait l'air... inquiet ! ou plus encore. Et toi aussi papa.
- Un drame, fils.
- Un drame ? répéta-t-il étonné
- Oui. Tu... tu devrais peut-être t'asseoir fils...
- À ce point là ? bon... ok. mais soit bref parce que vu les regards qu'on m'a lancés, je m'attends au pire !
- Oh ça... soupira son père en se grattant l'arrière du crâne
Il s'essaya et son père le regarda avec désolation et embarra. Il n'avait apparemment pas idée de comment annoncer la nouvelle.
- Bon. Euh... comment dire... euh...
- Papa soit bref s'il te plaît, parce que là, tu m'inquiètes !
- Oui oui fils... euh... il faut que tu sache une chose sur Adrianne.
- Euh... oui j'écoute.
- Voilà. Hier soir... la mairie a été cambriolée.
- Cambriolée ?
- Oui. l'argent de la ville et la récompense du concours ont disparu. Et... nous avons découvert des indices qui montreraient que ce soit Adrianne la coupable.
- Quoi ? Adri... nan. Nan, nan papa. C'est impossible ! elle n'aurait jamais fait ça enfin ! tu la connais quand même ! argumenta Harold avec un demi-rire jaune
- On a trouvé des cheveux blonds sur mon bureau, fils. Et Alvin m'a fourni une liste de détail curieux qui s'avère être assez... logique a son sujet.
- Des détails ? comme quoi ? demanda-t-il septique
- Du fait que toi et elle soyez amis proches depuis peu, qu'elle t'ait entraîné, qu'elle ait gagné et refuser le prix pour qu'il te revienne, que tu soit le fils du maire, et j'en passe.
Harold avait tout écouté et poursuivi son numéro de comédie en s'affalant abasourdie sur son siège.
- Non... c'est... Nan. C'est impossible papa... elle n'a pas pu se servir de moi ! pas elle !
- Je suis navré fils. Mais ce n'est pas tout.
- Quoi encore ? elle a tué quelqu'un ? elle a kidnappé un enfant du village ? elle détient une boutique en otage ? suggéra-t-il avec sarcasme
- Rien de ça fils. Quand nous nous sommes rendu chez elle pour l'emmener et l'interroger calmement, euh... sa... demeure entière était plongée dans les flammes.
- Dans les fla... oh non... ne... ne me dit pas que... demanda-t-il avec une crainte faussement bien visible
- Apparemment, personne n'a survécu.
- Non... souffla-t-il la main sur la bouche
- Sauf elle. Termina son père.
- S... sauf elle ? mais alors... ou est elle ?! vous l'avez trouvé ?! demanda Harold en se levant précipitamment de la chaise avec espoir
- Non fils. Par peur, elle c'est enfuit dans les bois, et Alvin n'a pas réussi à la rattraper.
- Donc personne ne sait où elle est...
- C'est bien ça. On poursuit les recherches. On la retrouvera.
- Je sais.
- Mais dans dix minutes, on va aller chez elle afin de savoir si... si sa famille a péri dans les flammes. Et déduire si c'est un crime ou un accident.
Harold croisa son regard avec celui de son père. Le regard sévère et les yeux brillants, il s'emporta.
- Comment ça un crime ?! vous l'accusez déjà de vol ! et en plus, vous osez dire qu'elle aurait pu commettre un crime collectif ?! sur sa propre famille en plus !?
- Harold, on n'en sait rien ! si elle avait voulu nous suivre, elle serait là, à tout nous expliquer ! s'emporta-t-il aussi avec désolation
Sa crainte de la réaction de son fils se confirma. Harold souffrait de ces révélations et il s'en voulait. Mais il devait lui dire tout ça. c'était son devoir. De père, ou de maire. Ou les deux. Harold se calma en se pinçant les lèvres et serrant ses poings.
- Je suis navré fils... on la retrouvera, je te le promets.
- Pour la juger et la condamnée à mort c'est ça ? siffla-t-il en colère
- Si elle est coupable, je...
- N'en dis pas plus. j'en ai assez entendu pour l'instant. je... je vais sortir prendre l'air et... vous accompagnez.
- T'est pas obligé de venir Harold... assura tristement Stoik.
- D'après ce que tu m'as dit, elle se serait servi de moi. Et on l'accuse pour des choses affreuses. Alors si elle est coupable ou pas, je veux voir les preuves directement. Même si je sais au fond de moi qu'elle est innocente !
- Fils...
- À tout de suite...
Il sortit furax du bureau de son père, qui s'affala dans son fauteuil et plongea son visage dans ses mains.
- Comment en est ton arrivée-là... aide-moi à comprendre Val... je ne veux pas le voir souffrir si la femme qu'il aime est coupable... comme lui, j'ai du mal à le croire, mais les preuves sont si accablantes… pensa-t-il tristement
Il rassembla alors ces affaires et sortit du local à son tour. Harold était sorti et continuer de jouer la comédie. Assez bien apparemment puisqu'il a réussi à duper son père. Montrant aux gens qu'il venait d'apprendre la vérité, ces derniers montrèrent encore plus de désolation pour lui. Tss... s'ils savaient !
S'asseyant sur un banc d'un air abattu, il eut la visite d'Astrid et de sa bande au complet.
- Salut Harold. fit-elle sans une véritable once de compassion dans sa voie
- Humph...
- T'as appris la nouvelle ? demanda Krane
- À l'instant. répondit-il sans lever les yeux
- T'y crois alors à tout ça? demanda Rustik
Harold leva instantanément son regard vers lui, l'air mauvais.
- Parce que vous croyez sincèrement qu'elle ait fait ça ?!
- Bah avoue quand même que... bafouilla Kogne
- Tss. Vous m'écoeurez. Tous. Je sais que vous ne l'aimiez pas du tout, mais quand même ! avoir l'audace de penser qu'elle ait fait des choses pareilles !
- Les preuves trouvées sont assez flagrantes. Argumenta Ingrid sans remord
- Si c'était vous qui étiez à sa place, jamais elle n'aurait pensé ça de vous !
- C'est ça. Elle ne nous aimait pas non plus ta copine ! s'énerva Astrid
- Son amoureuse je dirais ! se marra Ingrid
- Peu importe, c'est pareil ! tout ça parce qu'il la fréquente, il pense mieux la connaitre que nous, et savoir réellement ce qu'elle ferait de correct ou non ! ha ! répondit-elle avec un sourire
- Avoue que ça te plairait qu'elle soit vraiment coupable Astrid. Avoue. Dit-il avec un sourire en coin
- Et pourquoi je devrais l'avouer ? hum ?
- Hin. Parce que si elle était vraiment coupable et jugée, elle ne serait plus un problème pour toi en ce qui concerne Gaspard ! dit-il
- Hum... Pas faux. Mais elle sera jugée que s'ils mettent enfin la main dessus ! hin hin... ricana-t-elle
Sa bande l'accompagna, et Harold se retient de lui foutre une bonne gifle de la part d'Adrianne mais aussi de sa part, et se contenta de la fixait avec fureur, les poings serrés. En l'observant, il remarqua un détail, au même moment ou son père l'appela.
- Harold ! Nous y allons!
Il ne répondit pas et alla le rejoindre, laissant les autres ricaner de cruauté. S'il pouvait les mettre en cellule pour les calmer, il le ferait avec joie. Le détail concernant Astrid lui revient dès qu'il fut monter sur le cheval que son père lui donnait. Elle n'avait pas son collier en étoile argenté. Étrange, vu qu'elle le portait tout le temps, et qu'elle adorait le mettre pour que les clients le regardent, nichés au sommet de la fente généreuse de sa poitrine mise en valeur.
Harold se dégoûta d'avoir remarqué ce détail et retrouva vite sa concentration. Avec lui et son père, il y avait Gueulfor, Alvin, Gaspard et Dagur qui conduisait un chariot rempli de matériel utile. C'est tout. Gueulfor lui adressa un regard et une tape sur l'épaule compatissante, qu'Harold lui rendit aussi. Viens ensuite l'heure du départ pour les ruines.
Le spectacle fut désolant à voir. Tout n'était que tas de bois mort, brûlé, en cendres, en ruine... la beauté de la petite maisonnette n'existait plus que dans les souvenirs. Harold descendit de son cheval et fit quelques pas avec une expression d'horreur sur le visage. Il s'arrêta, et observa tout ce qui pourrait fournir une preuve.
Son père le rejoignit et posa une main sur son épaule.
- Je suis désolé fils.
- Je sais. C'est juste... affreux à voir.
- Je sais. Allons-y.
- On commence par quoi ? demanda Gueulfor
- On essaie de trouver... des corps dans la maison. Allons-y. Dit-il d'un ton grave
Le groupe se mit en quête des corps. Quatre précisément. Celui du père et de ses trois plus jeunes enfants. Ils les cherchèrent avec prudence, car même si y'avais plus le feu, ça pouvait s'effondrer d'un moment à l'autre. Mais les frondaisons de la maison étaient très solides et avaient peu souffert des flammes. Ils ne trouvèrent rien au rez de chaussée. En revanche, ils trouvèrent la famille au complet à l'étage, tous regroupé dans la chambre du père. À cela était mêler la carcasse et squelette d'un chien. Pataud. Voir ça donner la nausée et ajouter un sacré coup au moral...
Stoik ordonna qu'on extraie les corps, afin qu'ils puissent être enterré dignement. Cela prit du temps. Mais il leur devait ça. Après ça, ils cherchèrent encore dans la maison un indice qui indiquerait la cause de l'incendie. Mais y'avais rien.
- Gueulfor, quand tu es parti hier soir... tout était normal ?
- Oui.
- Tu en es absolument certain ?
- Absolument. Rien n'aurait pu prendre feu et les petits c'étaient vite endormis. Il n'aurait pas pu jouer avec. Et le chien restait sans cesse auprès de Christian.
- Étrange...
- Y'a rien ici Stoik. Fit Dagur
- Et rien non plus de ce côté papa. Ajouta Harold
- Donc si ce n'est pas dans la maison que ça s'est déclenché... alors c'est dans la grange.
- Je pense aussi. Regarde ce que je viens de trouver. Fit Gueulfor
Il lui montra la petite clé qu'il avait lui-même reposée sous le pot de fleurs à présent en ruine.
- C'est la clé de la maison. Christian m'a demandé de la mettre là pour qu'Adrianne ouvre la porte quand elle serait revenue de la fête. Vu que je l'ai trouvé ici, elle n'a pas dû s'en servir.
- Mouais. Mais... d'une certaine manière, ils se sont condamné eux-mêmes. soupira le maire
- En un sens, oui... fit de même le forgeron
- Bon. Je crois qu'il n'y a plus rien à chercher dans la maison. Allons voir la grange. Venez vous autres ! s'exclama-t-il au reste du groupe qui disposait dans la charrette les corps soigneusement enveloppés dans des draps.
Pareil que pour la maison, ils cherchèrent avec prudence des indices. Harold trouva la lampe brisée et informa le groupe.
- Regardez. Elle est en mille morceaux. Et le clou qui la maintenait n'est plus là. Elle a pu tomber seule. Indiqua-t-il
- Oui peut être. Mais elle serait tombée allumée ? demanda Gaspard
- Ce qui prouve qu'on est venue ici cette nuit. Ajouta Alvin.
- Qui nous dit que c'est elle ? s'emporta Harold
- Si on trouve ce pour quoi elle est accusée, oui ça le prouve. Répondit-il
- Alvin... soupira Stoik
- Stoik. Cherchons l'argent volé. Je suis sur qu'il doit être pas loin ! je le sens !
- On n'est pas à la chasse papa. Fit Gaspard
- Et puis si elle avait volé l'argent, elle aurait pu le cacher n'importe où ! et avec l'incendie, ça risque d'être plus dur à trouver. Argumenta le maire.
- Mouais pas faux. Pff... soupira le shérif.
Son regard balaya la pièce et Alvin fronça le regard quand il remarqua un bout de la pelle qui lui avait servi à enterrer l'argent.
- C'est quoi ça... murmura-t-il
Il s'approcha de sa trouvaille sous le regard intrigué des autres. Il écarta les débris en grognant dessus et pris dans ses mains la matière métallique de l'outil, le manche ayant brûlé.
- C'est quoi ? un bout de pelle ?
- Oui. et une preuve bien flagrante messieurs.
- Comment ça ?
- Quelqu'un c'est servi de cette pelle pour y enterrer quelque chose. Regardez. C'est plein de terre sèche, et de paille collée. Ce qui veut dire, selon mon avis personnel, qu'on a enterré l'argent ici.
- Ah oui ? et où chef? Demanda Dagur
- Je sais pas. Mais je pense qu'Harold pourrait nous le dire. Souriait-il légèrement
- Pourquoi moi ?
- D'après ce qu'on a su, tu venais ici pour t'entraîner. Donc tu dois connaitre par coeur les emplacements maintenant disparut non ?
- Euh... oui mais...
- Alors où est-ce qu'il y avait de la paille ?
- Partout enfin ! puisque c'est une grange ! et qui nous dit que la paille sur la pelle vient de là où le vol a été caché ? protesta Harold
- Y'avais de la paille là, Alvin. Indiqua Stoik
Il indiqua l'endroit ou lui et Christian avait surpris leurs enfants dans une situation embarrassante. Alvin remercia la maire et alla chercher une pelle dans le chariot. Harold s'adressa à son père avec outrance.
- Papa ! tu... pourquoi tu...
- Pour pas que tu te sens coupable d'avoir fourni un indice.
- Mais...
- Je fais ce qui est juste Harold. alors laisse-le vérifier et nous verrons s'il trouve quelque chose. D'accord ?
- Je... pff. D'accord. Grommela t-il
Alvin revint avec une pelle et commença à creuser sous le regard de tous. Harold quant à lui ne voulait pas voir la confirmation du shérif, si vraie soit-elle. À la place il continua son enquête personnel. Il regarda partout, et vit une chose sur le sol. un truc brillant. Fronçant le regard, il vit une petite étoile en argent, qu'il reconnut tout de suite. Le pendentif d'Astrid ! une foule d'hypothèse toute plus logique les unes que les autres prirent possession de son esprit. Mais ne se risquant pas à ramasser une preuve devant tout le monde, il laissa son pied dessus, et fit genre d'attendre que le shérif déterrer un truc.
- Aaah ? je crois avoir entendu un « ding » chef ! fit Dagur
- Ah ouais ? alors aide-moi à le déterrer au lieu de bayer aux corneilles, crétin !
- O-oui chef !
Il l'aida donc, et par malheur, les dires d'Alvin s'avéraient être correct. Stoik s'approcha, reconnu la boîte et le sac, les prit et les ouvrir. Il y vit la totalité de la somme et soupira à nouveau bien tristement.
- Désolé monsieur le maire. Fit Alvin
- Et moi donc... je...
Il se tourna vers son fils, qui vit à son tour l'argent volé. Secouant horizontalement la tête, il murmurait
- Non... non ce n'est pas possible... non...
- Les preuves sont la, jeune homme.
- Non...
- Soit réaliste ! Ton amie s'est servi de toi pour savoir où était l'argent de la ville !
- Elle... non ! elle m'a jamais demandé ça !
- Y'a pas que dans les paroles qu'on peut savoir ce qu'on veut.
- Elle n'y est pour rien ! s'exclama-t-il furax
- Alors comment t'explique toutes ces preuves et cette trouvaille ?! hein ?! répond ! s'énerva-t-il à son tour
- Je... je n'en sais rien...
- Tu t'es fait berner. Ça arrive à tout le monde je te rassure.
- Alvin, c'est bon. Pas la peine d'en rajouter.
- Mouais.
- Rapportons l'argent en ville et allons préparer les fosses pour les disparus.
- Ce sera pour plus tard Stoik. Le vent commence à se lever... indiqua Gueulfor.
- Soit. Allez en route.
- Et pour Adrianne ? on fait quoi ? demanda d'emblée Gaspard
- Ce qu'on fait pour tout coupable et criminel en fuite. On les traque jusqu'à ce qu'on les attrape.
- Alvin !
- Navré Stoik, mais je cause comme ça moi ! et je prendrais pas des gants devant tout le monde quand je parlerais d'elle. Surtout pas devant ton fils ! Il doit se rendre compte de la situation et s'en ressaisir rapidement, plutôt que de se lamenter sur son sort et celui d'une fugitive !
Harold ne bougea pas de sa place, et serra les poings si forts que ses jointures blanchirent subitement. Tout le monde sortit pour rentrer au village, mais pas lui. quand il eut le champ libre, il ramassa vite fait le pendentif et resta accroupi, prétextant examiner la terre. Gueulfor ne remarqua pas son geste, mais remarqua sa présence prolongée dans la grange. Il alla le voir, l'air inquiet.
- Tu viens ?
- Ouais. J'arrive...
- Ça doit être dur à supporter.
- En effet...
- Est-ce que tu lui as dit au moins ?
- Hum ? dis quoi à qui ?
- À Adrianne. Que tu l'aimais.
- Oh.
Il prit une poignée de terre dans ses mains et l'examina banalement. Il n'aimait pas mentir en général, surtout à ses proches qu'il affectionnait, mais là, pour sauver la vie de sa belle, il était prêt à le faire.
- Pourquoi devrais je dire des choses que je ne ressens pas à une personne qui se fiche de l'amour ?
- Tu vas me faire croire que tu ne ressens rien pour elle ?
- Tout à fait.
- Non mais... tu me prends pour un con ou quoi ?
- Non.
- Mais alors... pourquoi tu dis ça ?
Il se releva pour lui faire face, le regard sévère.
- Parce que j'ai su qu'elle ne voulait pas fonder une famille. Que tout ce qui se rapporter à ça était inenvisageable ! alors... pourquoi souffrir ? Alvin a raison. Autant accepter la réalité.
- Harold... j'en reviens pas de ce que tu dis ! s'étonna le blond
- Et moi j'en reviens pas de tout ça, de tout ce qu'on a découvert !
Il balança violemment sa poignée de terre dans le décor avant de céder à la tristesse.
- Depuis ce matin, les mauvaises nouvelles s'enchaînent, et la... je n'en peux plus Gueulfor. je n'en peux plus...
Le blond le fixa avec compréhension et tristesse. Même qu'il le niait, Gueulfor savait qu'il avait toujours des sentiments pour elle. Et que vu la situation, ça devait être encore pire à supporter.
- Je sais Harold. tu sais quoi ? prend toi un peu de congé. Ça te fera du bien.
- Non... non, faut que je continue de venir travailler...
- C'est un ordre bourrique ! si je te vois à la forge avec un marteau dans les mains, je te cogne avec et je t'expulse à coup de pied valide dans le fion, c'est clair ?
- Hin... très bien. Comme tu voudras, patron. Céda-t-il
- Harold... soupira son mentor
- On y va. Viens.
Ils repartirent donc tous au village. Une fois de retour, Stoik s'occupa de ranger l'argent à la mairie, mais dans un autre lieu. Alvin, Dagur et Gueulfor partirent dans leurs locaux respectifs, et Harold alla chez lui, dans sa chambre pour réfléchir.
Faisant les cent pas, il tenta de faire le lien entre tout ce qu'il savait sur cette affaire. Il en profita aussi pour regarder sa trouvaille. C'était bien à Astrid. L'étoile n'avait rien de grave, mais y'avais plus la chaînette. Il en fronça son regard. Pourquoi c'était là-bas ? Qu'est-ce qu'elle aurait pu faire dans la grange ? Est ce que c'est elle qui aurait tout manigancé ? Nan. Astrid est peut-être maline, mais pas assez pour élaborer un tel plan. Des plans vicieux comme le coup à la taverne, ok. Mais la... et puis Alvin qui découvre tout, qui sait où chercher, qui balance des suppositions que tout le monde croit. Un peu comme si... c'était lui le responsable de tout ça ! Mais oui ! Ils ont tout trouvé selon ces suggestions ! Et seul le vrai coupable saurait donner les bonnes indications où chercher ! Et Astrid devait être sa complice ! évidemment ! Ils détestent ou méprisent tous les deux Adrianne ! Reste à savoir... pourquoi se seraient-ils donner tout se mal pour l'inculper ? Pour s'en débarrasser ? Mais bien sur ! Si Adrianne n'était plus un problème pour ces deux-là, en ce qui concerne Gaspard, il aurait enfin tous les deux ce qu'ils désirent tant !
Comprenant enfin le vrai sens de cette histoire totalement grotesque, du moins de son point de vue, Harold décida de sortir prendre l'air, même par ce temps et surement contre l'avis de son père, afin d'aller rejoindre Adrianne et lui faire part de ses découvertes.
