21- Conclusion et changements

Vous l'avez attendu... il arrive... J'espère qu'il vous plaira... !

Dona : Voila, tu sais ce qui leur tombe dessus...! Et, oui, ces termes sont réels... J'ai eu 3 années agrémentées de cours de psychologie, psychiatrie, psychogériatrie, pédopsychiatrie, etc... ça laisse des traces !

Cléo, Loony : l'attitude de Camor... elle... commence à s'expliquer à la fin de ce chapitre.. hum... !

Ju : vivement la vidéo !

teddyursa : je t'avoue que... j'ai hâte d'écrire les séances de Candice avec le psy... je ne sais pas moi-même ce que ça va réserver, mais... j'ai hâte de voir ce que mon petit cerveau va concocter !

A tous et toutes (je cite Rose, Candice, Mayrine, Noix de Coco, Guest, Moone, April04, Dona, Cléo, Ju, Loony, teddyursa) un immense merci... Encore merci à mes bêta Nami84 et dussartkarine (même si, faute de temps, pour ces derniers chapitres, j'ai moins fait appel à elles... ça se sent, n'hésitez pas à faire remonter les coquilles !)

Ma petite Nami... Re Bon Anniversaire, avec un peu de retard, mais une "mention spéciale" ;-)

Bonne lecture

et... si vous avez envie de m'encourager à écrire la suite, n'hésitez pas à laisser un "ty mot" !


Antoine était assis à son bureau, cherchant à retrouver une once de concentration pendant que ses collègues de la PJ discutaient… Il était agacé. Irrité, même… Bien sûr, il comprenait que les deux autres aient besoin d'échanger au sujet de cette enquête qu'ils menaient tous les deux et lui, détaché par le procureur, se trouvait à l'écart… Mais au-delà de cette distance qui se créait entre eux, il constatait qu'ils n'avaient su tisser les liens de collaboration et d'amitié qui régnaient à la BSU. Depuis son réveil au petit matin, l'absence de Candice se faisait cruellement ressentir. Il avait pourtant préféré rester à distance, évitant d'assister en sa compagnie à l'interrogatoire de Da Sylva. Lorsqu'il l'avait avertie de la présence du psychologue, Antoine n'avait pu résister à la tentation de faire durer le moment un peu plus que de raison. Et puis… les mots lui avaient échappés, et il avait avoué combien il avait bien dormi pendant ces quelques heures, sur son canapé…

Le jeune homme soupira… Il était amoureux de Candice. Désespérément… En recevant son message, à 5h30, il avait ressenti le besoin de lui répondre, de lui faire comprendre combien cette courte nuit avait été agréable… Après plusieurs minutes de réflexion, il avait fini par lui écrire ces quelques mots « Quelques heures de plus auraient été bien agréables… Bonne nuit et à tout à l'heure ». Le double sens était volontaire… Il aurait rêvé d'un dimanche matin serein, à rester au lit avec cette femme, tendrement enlacés… tout simplement…

Ses collègues quittèrent la pièce. Sans doute partaient-ils en intervention, peut-être une perquisition… ? Des cris attirèrent son attention et il se rendit à a fenêtre. Dans la rue, une jeune femme aux cheveux acajou improvisait quelques pas de danse country pendant que ses amis lui chantaient "joyeux anniversaire"... La scène lui tira un sourire amusé. Retournant à son bureau, Antoine reprit le rapport d'expertise. Il fallait absolument qu'il en ait connaissance. Vingt minutes plus tard, Candice frappait doucement à sa porte et lui demandait le dossier… Elle avait besoin des photos de l'IJ, des témoignages recueillis… Il fut étonné par sa demande mais y accéda. De toute façon, elle finira par me dire ce qu'elle découvrira… La blonde repartit aussi vite qu'elle était venue, et Antoine reprit sa lecture… Maudissant les psychologues et leur vocabulaire indigeste. Une demi-heure plus tard, son téléphone sonnait. Il déposa les feuillets sur son bureau, satisfait d'en avoir pris connaissance puis regarda le petit écran. Candice. Il sourit… Son ancienne supérieure appelait certainement pour le tenir informé de ses recherches, ce qui constituait une excellente excuse pour faire une pause… Peut-être même aller la voir… Il décrocha.

- Oui, Candice…

- Antoine, tu peux venir ?

- Il y a un souci ?

- Non, je… Je voudrais voir quelque chose avec toi…

- J'arrive.

Antoine regarda son téléphone, interloqué. Renoir lui avait presque raccroché au nez, à peine le dernier mot prononcé… Il fronça les sourcils, interrogatif. Si la jeune femme agissait de la sorte, c'était certainement le signe que sa « découverte » la perturbait… Il haussa les épaules. Inutile de se questionner, il allait avoir les réponses à ses questions d'ici une poignée de secondes.

Il s'apprêtait à frapper à la porte lorsque celle-ci s'ouvrit brusquement. Figé, il vit la bonde avancer vers lui, plongée dans ses pensées, avant de s'interrompre. Moins d'un pas les séparait et déjà, il perdait pied, se noyant dans les iris bleus… Candice cilla, visiblement surprise par leur soudaine proximité physique puis lui posa sur le bras une main caressante. Brûlante… Douce…

- Viens, murmura-t-elle

Docile, il obéit, prêt à tout pour prolonger ce contact entre leurs peaux. Elle l'entraîna de l'autre côté du bureau, puis le lâcha. Renoir était focalisée sur ses explications. D'un geste machinal, elle repoussa les boucles blondes qui venaient lui chatouiller l'épaule, puis se pencha sur la grande feuille fixée à la table. Elle montrait ses petits personnages mais l'attention d'Antoine avait dévié. Ses yeux glissaient lentement le long de son cou, suivaient la ligne de son épaule, couraient ensuite sur la peau d'albâtre avant de se perdre dans les ombres de son décolleté… La position légèrement penchée de la jeune femme ne l'aidait pas à rester concentré, rendant plongeante l'échancrure de son haut… Lorsque Renoir prononça le mot « balle », le capitaine quitta instantanément ses divagations sur les courbes généreuses de son ancienne chef de groupe. Soudain attentif, il comprit rapidement où Candice voulait en venir. La balle meurtrière pouvait parfaitement, selon sa « reconstitution », provenir de l'arme de Bérard… L'arrivée des deux hommes de l'IGPN accompagnés de la commissaire coupa court à leur échange. Camor tenait entre ses mains ce qui semblait être les résultats de l'ultime analyse…

- Le laboratoire indépendant que j'ai sollicité vient de rendre son verdict. Commandant Renoir, une petite discussion s'impose… Nous pouvons fermer cette porte ?

- Oui, je vous en prie, répondit Renoir d'une voix presque éthérée

Ce fut la commissaire qui se chargea de cette tâche. Impossible de s'approcher de Candice pour lui montrer son soutien. Duponcel paraissait suspicieux et son capitaine ne se départissait de cet air victorieux profondément irritant. Derrière eux, Attia s'appuyait au mur, le visage inexpressif.

- Mon second a sollicité une analyse biologique, sur la balle mortelle, commença Duponcel

- Sur les conseils avisés, semblerait-il, de notre légiste, précisa la commissaire qui, pour une fois, semblait satisfaite de ses troupes

- Effectivement… Une fort bonne initiative de Madame Jégo… Le Capitaine Camor vient de recevoir les résultats… Reprit le commandant avant de laisser la parole à son collègue

- L'analyse biologique a prouvé la présence d'un seul groupe sanguin sur la balle qui a tué mademoiselle Lemoine… Enfin, si nous pouvons l'appeler comme cela…

Antoine perçut l'infime changement d'attitude de sa collègue… Son corps s'était voûté, encaissant la nouvelle. Comme elle, Dumas comprenait ce que cela signifiait : c'est l'arme de Candice qui était responsable de la mort de la voisine… La blonde se figea puis redressa la tête.

- Comment cela, ce n'est pas son nom ? Réagit Renoir

- Il semblerait que ce soit une fausse identité, répondit brièvement Duponcel, officialisant ainsi ce qu'Antoine savait depuis quelques jours.

- Votre légiste, reprit Camor, m'a encouragé à effectuer un test complémentaire…

- Hum… Fit la commandant d'un air sombre

- Une analyse génétique. Précisa le capitaine de l'IGPN qui, devant le silence, reprit : L'échantillon prélevé sur le projectile correspond au sang de la victime…

- Ce qui est logique, lança froidement Candice

- En effet, commandant… Mais cette nouvelle recherche à mis en lumière la présence d'un second ADN féminin, du même groupe sanguin… Continua calmement Camor

Renoir semblait tétanisée. Elle avait visiblement compris ce que cette déclaration impliquait… Antoine fronça les sourcils, interrogatif avant de se souvenir de la petite reconstitution de son ancienne chef de groupe… Se peut-il qu'elle ait raison ? Le jeune homme sentait poindre un espoir totalement fou… Son confrère de l'IGPN continua son explication.

- La balle mortelle, d'après ces nouveaux résultats, a eu une trajectoire très précise. Avant de tuer Mademoiselle Lemoine, ou… quelque soit son nom, après avoir brisé la fenêtre… elle a blessé un autre personne. L'ADN correspond à votre lieutenant…

- Je ne me suis pas trompée, alors, murmura Candice…

- Pardon, l'interpela Duponcel, stupéfait

- J'ai… j'ai tenté de faire une reconstitution, sur papier, avant votre arrivée.

- C'est pour ça qu'elle m'a appelé… Pour voir ses… constats… Plaça habilement Antoine

- Et vous aviez « vu », Commandant, que le projectile de Bérard était en cause ?

- Seulement que c'était… une possibilité… qui paraissait envisageable. Je voulais que Dumas me confirme si la balle qui a blessé Chrystelle avait été retrouvée ou non… Mais je n'ai pas eu le temps de lui demander.

- Félicitations, Renoir, grinça Duponcel qui ne semblait pas spécialement enchanté

- A ce sujet, commença Ludovic Camor qui semblait bien plus au fait que son supérieur, votre balle Renoir… Il nous faut la retrouver… Je pense qu'une reconstitution des événements pourrait s'avérer intéressante et bien… poser… tous les faits…

- Excellente idée, Camor. Le félicita Duponcel

- Très bien, allons-y immédiatement, valida Attia. Par contre la BRI est en intervention et ne pourra se joindre à nous…

- Je peux prendre la place de Canovas, proposa Antoine. Capitaine Camor, vous pourriez prendre la place d'Antonin Bérard… Commandant Duponcel, Commissaire Attia, cela vous permettrait de vérifier la conformité avec les témoignages…

A peine une heure plus tard, ils se trouvaient dans l'appartement d'Etienne Morin. Duponcel supervisait la reconstitution et chacun fut très rapidement placé. La commissaire était restée au poste de police… Lorsqu'il reçut l'appel sur son talkie lui demandant d'entrer, il ne s'attendait pas à être confronté à une telle vision. Candice était étendue au sol, immobile… Son cœur se serra, soudain broyé dans un étau. Il n'avait aucun mal à imaginer ce que le commandant de la BRI avait pu ressentir deux semaines auparavant… Duponcel lui demanda de s'approcher de Chrystelle. La jeune femme se tenait le bras, son arme au bout des doigts… Derrière aux, Meddhi était figé, le teint blafard, luisant de sueur… Da Sylva lui jetait régulièrement des regards inquiets. Camor se trouvait à demi assis, adossé au mur. Le commandant lui demanda de saisir son révolver et Antoine reçut la consigne de le désarmer. Le capitaine de l'IGPN fit semblant de recevoir une balle à l'épaule et acheva de s'effondrer. Pendant ce temps, un policier s'était approché de Meddhi et l'avait désarmé. Le « faux commandant Canovas » eut l'ordre de rejoindre la blonde, blessée… Antoine obéit immédiatement et se précipita vers la jeune femme. Le brigadier venait de ramasser l'arme et Duponcel stoppa cette reconstitution. Les témoignages coïncidaient.

- Il nous reste un dernier point à éclaircir, lança Camor en se levant. La balle perdue du commandant Renoir…

Antoine tendit une main à son ancienne collègue, plaçant la seconde au creux de ses reins, pour l'aider à se redresser. Candice s'accrocha à son épaule, lui arrachant un long frisson. Il se ressaisit et recula d'un pas. La capitaine de l'IGPN était tout près, un bras à demi levé, en suspend… Merde, je ne l'avais pas vu… Il voulait surement l'aider à se relever… La blonde s'était déjà éloignée et questionnait son brigadier. Elle fit encore quelques pas, approcha d'une sellette qu'elle observa plusieurs secondes durant, l'index sur les lèvres, en pleine réflexion. Dumas vit la commandant de la BSU bifurquer vers un mur et s'agenouiller. Un sourire illuminait son visage lorsqu'elle les regarda.

- Je crois que vous pouvez demander à l'IJ de venir… Il me semble que c'est une balle qui est encastrée dans la plinthe, juste ici… Déclara-t-elle en désignant un renfoncement entre le mur et un buffet ancien.

Antoine venait de sortir le pack de bières du frigo lorsqu'il entendit retentir la sonnette de la porte d'entrée. En allant ouvrir à ses anciens collègues et amis, il songea combien la négociation avait été ardue… Meddhi refusait d'aller dans un bar pour fêter la fin favorable de cette enquête, prétextant ne pas avoir envie de se mêler au bruit, à la foule… Evidemment, il avait un peu insisté… Très peu, en réalité car le regard noir de Chrystelle l'en avait dissuadé. Penaud, il s'était tourné vers Candice qui, blasée, avait levé les yeux au ciel… Quelques instants plus tard, elle fronça les sourcils et fit un petit geste en direction du brigadier… Antoine avait alors compris le message : Meddhi allait mal, nul besoin de le mettre en difficulté en l'obligeant à se rendre dans un endroit bruyant et agité…

- Nan, t'as raison… Par contre un peut se boire une bière chez moi… Il fait beau, ce sera agréable sur la terrasse… Avait-il proposé

Il avait vu Da Sylva, un brin renfrognée, se tourner vers Badhou qui était resté impassible, avant de regarder Candice. La brunette lui tenait certainement encore rigueur pour le dossier qu'il avait copié… La commandant hésitait, visiblement. Elle finit par céder, acceptant son invitation pour son plus grand plaisir.

Percevant une légère tension chez ses invités, Dumas avait présenté ses excuses les plus plates et sincères concernant son attitude passée. Il leur expliqua pourquoi il avait agi de la sorte, ainsi qu'il l'avait fait avec Candice, la veille. Les trois comparses l'écoutèrent attentivement et le silence se prolongea pendant quelques secondes… Ce fut Chrystelle qui leva cette chape de plomb en demandant soudain :

- Bon, t'as pris quoi comme bière ?

- Rouge, blanche, blonde, brune…

- Il y en a pour tous les goûts, lança doucement Meddhi.

Les deux hommes échangèrent un bref regard, complices. Le brigadier se servit cependant une limonade. Le psy a dû lui déconseiller l'alcool, avec le Stress Post-Traumatique… Les deux femmes s'étaient servies et le petit groupe bavardait, tout au plaisir de se retrouver. Da Sylva l'avait questionné au sujet de l'absence de Jennifer. Un peu embarrassé, n'osant pas lui mentir, il avait répondu qu'ils s'étaient séparés quelques jours auparavant. Il y avait eu un léger instant de flottement, où personne n'avait trop su quoi dire puis Chrystelle lui avait fait une petite grimace.

- Ahem… Je vois… En même temps… c'est peut-être pas une… grande perte… non ?!

- Chrystelle ! La réprimanda la chef de groupe

- Non mais sérieux, Candice ! Jennifer… ! Protesta Da Sylva

Antoine ne put s'empêcher d'éclater de rire devant ces deux policières qui se chamaillaient. L'une critiquait ouvertement et sans fioriture la femme qu'il venait de quitter tandis que l'autre cherchait à faire preuve de tact… Sa brusque hilarité avait détendu l'atmosphère et les conversations reprirent de plus belle. Bientôt, Meddhi commença à s'agiter. Chrystelle jeta un bref coup d'œil sur sa montre. Dumas sentit que l'heure de leur départ approchait, et il n'en avait aucune envie… Sortant la bouteille de limonade, il en proposa un nouveau verre au brigadier qui refusa aimablement.

- De la limonade ? Flûte, si j'avais vu, je me serais fait un panaché, maugréa Renoir

Antoine comprit qu'une occasion unique s'offrait à lui. Retenir Candice un peu plus longtemps après que les autres soient partis… Partager un peu de temps, de complicité… Il se prenait même à rêver de quelques heures de sommeil volées, blottis l'un contre l'autre… La nuit précédente lui paraissait trop lointaine… A l'aide de sa bouteille, il compléta le verre de bière, vidé aux trois quarts, s'exclamant :

- Voila, le mal est réparé… Tu l'as, ton panaché !

- Antoine ! Se récria la blonde

Peu lui importait les reproches ou réprimandes, il avait gagné son pari : Candice resta après le départ de ses deux collègues. Revenant de la cuisine où il avait déposé les verres, il découvrit la jeune femme étendue sur une chaise longue, profitant du soleil de cette fin de journée. Il la dévora des yeux, parcourant son visage ovale entouré de boucles blondes, les lèvres roses et charnues, son cou si fin, les épaules d'albâtre et sa poitrine généreuse qui le faisait fantasmer depuis… 3 longues années… Renoir bougea légèrement puis ouvrit les yeux. Le capitaine avait à peine eu le temps de se remettre en mouvement.

- Alors tu fais le lézard ? Sourit le jeune homme qui n'en menait pas large.

Il était conscient que Candice avait bien failli le surprendre en flagrant délit de contemplation amoureuse…Ils bavardèrent paisiblement et Antoine ne résista pas bien longtemps à l'envie de s'installer dans la seconde chaise longue. Quand son amie aborda l'histoire des space-cake, il eut toutes les peines du monde à écarter de son esprit l'image de la jeune femme juste enroulée dans un drap…

- Tiens, t'as mis le lit juste devant la fenêtre ? C'est... étrange, non ?

- Hum… Une lubie de Jen', avoua-t-il

- Et… ça te plait… ?

- Non… Mais je n'ai pas pris le temps de changer ça. Tu sais… malgré tout, ça ne fait que quelques jours que je suis… à nouveau célibataire…

- Ce n'est pas trop difficile ? Demanda Candice avec douceur

- Non. Nous ne partagions plus grand'chose… Et puis je ne l'aimais plus… Fit-il en haussant les épaules. J'ai commencé à changer des trucs, mais ça… j'ai oublié…

- Allez, viens, je t'aide si tu veux !

- Non… Merci, Candice, mais non… Je demanderai à Meddhi…

En réalité, Antoine préférais tenir la jeune femme à distance de sa chambre, craignant de déraper en des lieux si intimes… Mais elle ne semblait pas prête à céder.

- Il n'est pas là, moi, si ! Allez, debout !

Sans l'attendre, elle se leva puis s'approcha de la baie, observant la pièce… Dumas la suivit, hésita un bref instant puis céda. De toute façon, il savait qu'il ne pourrait avoir le dernier mot avec Candice… Il fit coulisser la porte-fenêtre et entra, suivi par la blonde.

- Hum… Tu veux juste remettre comme… avant… ? Demanda-t-elle avec l'air d'avoir une idée derrière la tête

- Vas-y, balances ce que tu as envie de dire…

- Nooooon…

- Candice…

- Bon, ok, concéda la jeune femme. Je pensais juste… regarde, si tu mets ton lit comme avant, ce n'est pas très, très pratique…

- Ca ne m'a jamais dérangé…

- Tout seul, non… mais en couple, ce n'est pas très pratique… Si tu prends cette sorte de chevet, là… tu le mets ici… Ca décale ton lit… Et… d'ailleurs… Continua la blonde, le poing sur la hanche et un index sur les lèvres. D'ailleurs, si tu déplaces tes deux meubles, là… pour les mettre ici… Ca te ménagerait un coin un peu… « cosy »… Et tu pourrais même mettre ici, au milieu, ta table basse qui est contre le mur et… ne sert à rien ! Ca te ferait un espace sympa pour lire, super agréable avec un petit fauteuil et… euh… pardon…

Elle s'était brutalement interrompue. Antoine ne put s'empêcher de rire, attendri. Le cerveau de Candice fonctionnait à plein régime pour lui aménager une pièce confortable, où il aurait plaisir à passer du temps…

- Non, non, tu as des idées fantastiques ! Mais on ne va pas faire ça ce soir…

- Et pourquoi pas ?

- Parce qu'il faudrait que je vide les meubles…

- Hum… Concéda la commandant. Mais on peut bouger ton lit…

Dans un sourire, il accepta. Ses propositions étaient excellentes et, surtout, elles lui permettaient de profiter un peu plus de sa présence… Ils bavardaient tout déplaçant le mobilier. Le nouveau et l'ancien chevet furent bientôt de part et d'autres du lit, à leur nouvel emplacement. La blonde s'assit sur la couette taupe et lagon avant de replacer une mèche derrière son oreille puis s'étirer, se penchant en avant.

- Voilà ! J'espère que tu ne seras perdu si tu te réveilles au milieu de la nuit… et… qu'est-ce que c'est… ?!

Antoine crut faire un infarctus. Son ancienne collègue tenait sa pochette à dessins… celle qui était cachée depuis un an entre le matelas et la tête de lit… Que Jennifer n'avait jamais vue… Le carton vert et noir était rempli de portraits de Candice, de croquis, de rêveries couchées sur le papier… Il y avait même une photo de son graff, celui réalisé sur le mur du commissariat, presque deux ans auparavant. Si la jeune femme découvrait le contenu de la chemise format raison, elle comprendrait tout. Ses sentiments… L'identité de la mystérieuse « chouette », le tagueur de l'hôtel de police… Cette passion artistique dont elle avait certainement oublié l'existence et dont il avait soudain honte…

- Ah, mais oui…

- Non, Candice, s'il te plait, l'avait-il supplié d'une voix blanche tandis qu'elle regardait la pochette

- Je me souviens, quand ta mère a failli être la victime de ce gamin, comment il s'appelait… ?! Le fils du cardiologue…

- Candice… insista Antoine, les yeux rivés sur le carton

- Tu disais dessiner… Tu as continué ?

- … Oui…

- Vraiment ?! Oh, tu me montres ?!

- Non ! S'écria vivement Dumas en posant brutalement la main sur la chemise mouchetée

- Oh, allez…

- Je t'en supplie, Candice, n'insiste pas…

La blonde avait dû deviner une certaine tension dans sa voix car elle leva les yeux sur lui. Son regard s'adoucit et elle lâcha le carton.

- Tu en as honte, Antoine ? Souffla-t-elle avec bienveillance

- …

- Ecoute, Antoine… J'aimerais voir… ça… ça me ferait vraiment plaisir… Mais je ne te demande pas aujourd'hui, ou demain… ni même ce mois-ci !

Il ne savait pas quoi répondre, terriblement embarrassé de se trouver dans cette situation. Gêné par le contenu de cette pochette à dessins, qui contenait tout de même plusieurs nus, projections de ses fantasmes sur la blonde assise tout près de lui. Il n'osait pas affronter son regard et ferma les yeux, piteux.

- Tu me promets de m'en montrer ? Juste… un ou… quelques-uns ! Un jour…

- Ok, soupira-t-il

Antoine sentit sa voisine se lever et le matelas reprit sa forme. Deux mains douces et fines se posèrent sur ses joues, un bref instant avant que Candice ne vienne l'embrasser sur le front. Rouvrant les yeux, il vit sa poitrine à quelques millimètres de sa bouche tandis que Renoir laissait glisser ses lèvres jusqu'à sa tempe afin de lui murmurer à l'oreille un simple « merci… ». Puis elle s'écarta et l'air sembla soudain se refroidir, laissant le capitaine en plein désarroi.

Il la cherchait… Duponcel était parti vers une autre ville, une autre enquête, la veille. Camor venait de le saluer et lui annoncer son propre départ. Et Candice était introuvable, alors qu'il avait absolument besoin de lui expliquer son comportement de la veille, cette histoire de dessin… Justifier son attitude… Mais elle ne se trouvait ni dans son bureau, ni dans l'open-space. Agacé, il décida de prendre un café à l'extérieur de bâtiment, le temps de réfléchir à la discussion à venir. Quelle ne fut pas sa surprise lorsque, à quelques pas de l'entrée, il découvrit la blonde en pleine conversation avec le capitaine de l'IGPN… Elle écoutait, souriante, l'homme qui lui parlait. Antoine approcha de quelques pas, espérant surprendre des bribes de leur échange…

- Vas pour Ludovic, alors ! S'exclamait la commandant

- J'en suis ravi, répondait l'autre d'une voix suave. Au fait, je serai de retour dans les environs le week-end prochain… Je serais… enchantée… de vous revoir… Me permettez-vous de vous inviter à dîner ?

Non, pensa Antoine, défait. Ce n'est pas possible, elle va refuser… Comme si elle l'avait entendu, Candice croisa son regard et lui sourit doucement avant de se retourner vers Camor.

- Ecoutez, je…

- Ne m'obligez pas à insister…

- … Je…Oui… ce sera avec plaisir…

- Parfait ! Alors… A samedi… 19h, à la Table Sétoise, ça vous ira ?

Dumas n'écouta pas la fin de la conversation. Encore une fois, Candice lui échappait. Un autre homme allait la lui ravir…


Pour cette actualité, une fois n'est pas coutume, aussi tragique qu'horrible et inhumaine, quelques mots...

A QUI LA FAUTE -

Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?

- Oui.
J'ai mis le feu là.

- Mais c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.

[...]

Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un noeud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !

- Je ne sais pas lire.

Victor HUGO

Car tuer un homme de religion, c'est tuer sa religion. Quel homme ose nommer "Guerre Sainte" en s'attaquant à des gens âgés, sans défense ? Quelle créature ose crier "Dieu est grand" en tuant un homme de 84 ans qui a dévolu son existence à la foi ? Sous prétexte que sa religion est différente ? Merci Victor Hugo de nous avoir montré. Il y a deux siècles, la folie des ignorants. Quelle honte pour nous, Hommes d'un monde que l'on dit / croit civilisé, de compter de tels êtres sur notre Terre... Des milliers d'années d'évolution pour que la planète porte la vie, tout ça pour en arriver là...

Qui a pu oser cela, donner la mort de la sorte, n'éprouver aucun regret et se persuader d'agir pour une "cause noble"?

Un monstre. Un ignare. Un fou. Un homme sans âme et sans foi.