Disclaimer : Les personnages et tout l'univers "Harry Potter" appartiennent à JK Rowling.

Précision pour ce texte :

Personnages : Scorpius Malfoy, Albus Severus Potter, James S. Potter ; brève mention de Draco Malfoy, Harry Potter, Kreattur, Teddy Lupin.

Rating : K+

Genre : Romance – Post Cursed Child

NdSs : Ho ! Ho ! Ho ! Désolée de publier si tard, mais les préparatifs de Noël sont à la fois enthousiasmants à faire et grignoteur de temps. L'important est que je peux vous livrer maintenant quatre textes à la suite ! (Haha, jeu de mots ! que tous les vie.. euh, les personnes qui zappent sur la troisième chaîne télévisée à une certaine heure de fin d'après-midi comprendront.)

Je n'avais pas prévu de faire une suite pour la case 18. Ce texte était censé simplement faire un minuscule écho à la case 4 du « Calendrier de l'Avent 2017 » de rickiss, que je vous conseille de lire – pour le plaisir, ça n'est pas une obligation pour comprendre mon texte qui peut être vu indépendamment de son calendrier-, mais j'ai eu envie de faire plaisir davantage à mon petit ange de la prose (la susnommée rickiss) en guise de récompense –provisoire, si tu veux me demander autre chose, tu peux – tu dois ! - car tu sais que je suis friande de tes défis !- pour avoir trouvé le patronus de Draco dans une case précédente.

(Ne t'inquiète pas brigitte26, tu auras aussi droit à une petite attention de ma part pour avoir gagné une partie du quiz de la case 7.)

Merci à tous pour votre patience et vos encouragements. (merci à guest pour son message anonyme de l'autre fois – il m'a fait très plaisir !)

Place au texte.

Bonne lecture !


OoOo Warmer in the winter oOoO

Case numéro 21

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OOOOOOO
WWWWW

Après avoir fouillé dans toute la maison, il dut se rendre à l'évidence : le bonnet avait disparu.

Non, non, non, non… C'était une catastrophe ! Comment allait-il faire sans ce bonnet ? C'était son bonnet porte-bonheur. Certains avaient une pièce de monnaie, d'autres un trèfle à quatre feuilles ou un grigri en poils de Boursouflet. Lui : il avait ce bonnet.

Un bonnet élimé rouge et blanc quelque peu délavé avec un pompon, rafistolé à de nombreuses reprises. Un bonnet offert, il y a longtemps, par un petit garçon aux yeux verts et cheveux noirs en bataille, rencontré au Chemin de Traverse. Un garçon qui deviendrait son ami. Son meilleur ami. Son seul ami. Ça n'était pas grave. Il avait toujours connu la solitude, alors n'avoir qu'un seul ami lui semblait beaucoup. En plus, ça n'était pas n'importe qui : c'était le fils cadet du célèbre Harry Potter, mais c'était surtout et avant tout Albus.

« Albus Severus » avait énoncé le jeune Potter, avec application lors de leur première rencontre.

Scorpius se souvenait parfaitement de la première fois que ses yeux s'étaient posés sur son visage (très) souriant et de leur conversation. Scorpius ne le savait pas encore (il n'avait que cinq ans après tout) que cette rencontre changerait à jamais sa vie. Finie la solitude, finie la tristesse. Place à l'amitié, indéfectible, innocente, pure, éternelle.

Albus lui avait donné son bonnet – un cadeau spontané, totalement désintéressé, très albusien - et Scorpius lui avait promis ce jour-là de toujours y prendre soin.

Et voilà, douze ans plus tard, il l'avait perdu. Le jeune Malfoy essaya une dernière fois de remettre la main dessus en lançant un Accio. Rien ne se passa.

Il avait failli à sa promesse. Pire encore : il fallait qu'il le perde aujourd'hui ! Scorpius était maudit (Un truc récurrent dans sa famille, semblait-il. Une tare héréditaire dont il se serait bien passé, comme son allergie aux noisettes.) et dans le pétrin.

Scorpius essaya de se souvenir de la dernière fois qu'il avait porté ce bonnet.

Le dimanche matin, quand Albus et lui avaient fait du patin à glace sur le Lac gelé de Poudlard, il l'avait encore.

Il zappa le reste de la journée.

Scorpius avait failli oublier son bonnet sur sa table de chevet, avant de partir avec sa malle pour la gare de Pré-au-Lard, le lundi matin, mais Albus l'avait récupéré, le petit mot qu'il avait écrit à Scorpius et glissé à l'intérieur tomba au sol sans qu'il ne le remarque, et il l'avait porté le temps de se retrouver dans le hall de l'école, après le petit-déjeuner. Si Scorpius avait, déjà à l'époque de leur première rencontre, trouvé les yeux de son camarade beaux, ça n'était rien comparé à ce qu'il éprouva face à l'étincelle qui brilla dans le regard du brun quand Albus le repéra… Ou, s'il était tout à fait franc, face à son allure générale. Scorpius eut un temps d'arrêt et le souffle coupé une seconde. Il eut l'impression d'avoir fait un bond temporel dans le passé puis un retour au présent en quelques mètres parcourus par son meilleur ami. Scorpius était paralysé. Son rythme cardiaque reprit à une cadence plus soutenue.

Sans un « bonjour, tu as bien dormi ? » minimum social de la bienséance, son meilleur ami avait gentiment rouspété auprès de lui, car Scorpius avait la vilaine habitude de perdre des affaires, un peu comme leur « tante » Luna.

« Ce n'est pas toujours ma faute ! » s'était insurgé Scorpius, en arrachant un peu violemment le bonnet de la tête du brun qui fut décoiffée au passage, avec pour une fois une explication.

Albus avait paru surpris de sa colère. Il ne comprenait pas pourquoi il se faisait enguirlander par son ami. D'habitude Scorpius faisait preuve d'autodérision d'être à l'écart des autres. Il y avait peut-être autre chose qui le tourmentait ? Albus n'avait pas vu son ami au petit-déjeuner, ce dernier était peut-être bougon parce qu'il avait faim ? Non. La tristesse qui transparaissait de son : « Tu sais bien que certains élèves ont pour passe-temps de m'humilier et de se moquer de moi… de nous. » semblait plus profonde encore que ces mots. Surtout que depuis deux ans, leurs camarades s'étaient montrés moins enclins à les tourmenter avec des remarques déplacées et blessantes. Albus avait donc cherché à en savoir plus. Mais Scorpius pouvait se montrer parfois plus têtu qu'un Potter. (C'était dire !)

Le jeune homme blond n'avait pas dit un seul mot, jusqu'à ce que la porte du compartiment du Poudlard Express, dans lequel ils prirent place tous les deux, fût refermée. Albus pensait – à raison – que Scorpius voulait qu'ils soient seuls pour parler du sujet sensible qui le préoccupait et le mettait d'humeur morose.

En général, c'était l'inverse, Albus étant parfois – okay, il devait l'admettre : souvent – lunatique. Aussi, le jeune adolescent brun ne sut pas tout de suite comment aborder la question à laquelle il avait lui-même pensé le temps du trajet jusqu'à Pré-au-Lard, et s'il était honnête : toute la nuit précédente. Il n'avait que peu dormi et s'était levé à l'aube pour réfléchir et faire le point. Tout s'était passé si vite en une seule matinée : le matin, ils n'étaient que des amis qui patinaient sur la glace et un peu plus tard…

« Est-ce que ça concerne ce qui s'est passé dans les vestiaires de quidditch ? »

Un mouvement furtif du visage de son ami démontrait qu'il avait visé juste et que Scorpius arrivait avec l'âge à garder les émotions sur son visage impassibles. C'était rare, Albus pouvait lire ses émotions comme dans un lire ouvert, habituellement. Ce tressaillement était un signe encourageant. Il se devait de poursuivre les investigations. Mais, il fut interrompu par l'entrée de son frère James. Albus et Scorpius durent mettre de côté leur conversation.

« Alors quoi de neuf, les gars ? » demanda James en s'asseyant en face de son frère, à côté de Scorpius.

A la surprise des deux frères, Scorpius se leva et prétexta une envie pressante pour pouvoir s'éclipser du compartiment.

« Tu ne le suis pas ? »

« Je devrais ? »

« Bah, je ne sais pas. »

« Moi non plus. » Albus fixa la porte. L'inquiétude se lisait sur son visage. « Il est bizarre depuis ce matin. »

James changea de place pour se mettre à côté de son frère. Il allait dire quelque chose de profond ou lui jouer un mauvais tour : Albus ne savait jamais avec lui. C'est la première option qui gagna :

« Ne te vexe pas, mais il a toujours été un peu bizarre. Un peu comme toi, et je le dis comme un compliment. Vous vous êtes bien trouvés, tous les deux. »

Ils restèrent silencieux quelques instants.

« Tu sais, tu peux m'en dire plus sur ce qui te tracasse. »

Albus n'avait rien d'intéressant à raconter, là, maintenant, tout de suite…

« Tu es sûr ? »

Oui ! James avait été là pour savoir que le repas de Noël de l'école avait été copieux. Il ne savait pas en revanche que le meilleur ami d'Albus l'avait embrassé quelques heures auparavant… La routine quoi… Non, vraiment, pas de quoi fouetter un elfe de maison… enfin, c'était la première fois que ça arrivait… Scorpius était son meilleur ami… son âme-sœur. Ce n'était pas surprenant, si ?

« Un peu quand même ! » s'exclama James qui expliqua ensuite : « Mais parce que tout le monde pense que c'est fait depuis longtemps. Je n'ai plus le choix : je dois dix gallions à Teddy. » finit-il par dire bougon.

« Tu as parié avec Teddy que Scorpius et moi, on allait s'embrasser ? »

« Ouais, s'embrasser et tout le reste quoi. »

« Comment ça tout le reste ? »

« Bah tu sais ? » Albus et James se fixèrent. Albus semblait perdu et si innocent. Pas étonnant que c'est cet intello de Malfoy qui avait fait le premier pas.

« Tu te souviens de LA conversation de papa sur comment ton corps change quand tu as un certain âge et sur comment on fait les bébés ? »

« Euh…Oui… »

« Bah oublie. Moi, je te parle de sexe… avec un autre garçon. »

Albus sentit le feu sur ses joues. Il se ratatina sur son siège. L'univers cosmique lui jouait un drôle de tour. Comment en était-il arrivé à parler d'un simple bisou sur la bouche au… s.e.x.e, en moins de dix secondes ?

Scorpius – qui avait entendu leur conversation - était tenté d'ouvrir la porte du compartiment, derrière laquelle il était dissimulé grâce à un sort, pour faire taire James.

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((ovo))
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VVV

Scorpius secoua la tête. Il avait assez perdu de temps comme ça à ressasser ces événements. Il fallait qu'il se concentre. Il avait besoin de ce bonnet !

La toute dernière fois qu'il avait mis son bonnet… C'était le lundi en fin d'après-midi... Dans la petite volière, à côté de la demeure de son père ! Scorpius se leva précipitamment et manqua de glisser sur la pile de vêtements échoués au sol. Il lança un sort pour remettre tout en place.

Puis Scorpius dévala l'escalier…

Il était allé à la volière car il avait écrit une lettre à Albus. (Même si ça ne faisait que quelques heures qu'ils s'étaient vus et parlés. Scorpius avait fini par revenir dans le compartiment, dix minutes avant l'arrivée à la gare de Londres. A la sortie du Poudlard Express, ils avaient marché en silence, James au milieu des deux autres garçons, pour rejoindre leurs pères respectifs qui se tenaient sur le quai, l'un à côté de l'autre à une distance relativement éloignée et proche en même temps– l'air de dire « On n'est pas amis, mais pour nos fils, on va faire bonne figure. » Pour une fois, ils n'avaient pas traîné à se séparer et se souhaiter bonnes vacances.)

C'était une lettre d'excuses (il n'aurait pas dû s'énerver sur Albus) et d'explications (c'est juste qu'il était triste car Albus ne l'avait pas attendu le matin pour le petit-déjeuner et ils n'avaient pas reparlé de leur baiser dans les vestiaires, est-ce que Albus lui en voulait ? Est-ce qu'il ne voulait plus être ami ? Scorpius l'aimait, il ne voulait pas le perdre.) Scorpius l'avait attachée à la patte de son hibou, acquis il y a peu et baptisé Gui car il l'avait trouvé en se promenant à la lisière de la Forêt Interdite enguirlandé dans une longue branche de gui.

Il avait délivré le pauvre animal apeuré de ses lianes, puis porté chez Hagrid pour une auscultation de prévention. Le diagnostic du demi-géant fut rapide et rassurant : le hibou était simplement sous le choc, un peu déshydraté mais rien de plus. Le rapace sembla se prendre très vite d'affection pour Scorpius qui décida de le garder. La branche de gui fut coupée et chaque morceau fut suspendu au-dessus d'une porte dont une que n'empruntaient jamais Albus et Scorpius ensemble : celle du vestiaire des joueurs de Quidditch.

Scorpius avait intégré l'équipe à la rentrée. Albus restait son supporter le plus fervent, mais n'aimait toujours pas monter sur un balai. Ils n'avaient jamais été ensemble en ces lieux. Jusqu'à ce jour où ils avaient patiné ensemble sur la glace. Avec le soleil qui commençait à taper plus intensément, la couche de glace était par endroits plus fine et elle avait cédé sous le poids des deux adolescents. Ils avaient rapidement réussi à se sortir de l'eau glacée puis ils avaient trouvé refuge jusqu'aux vestiaires, près du terrain de Quidditch, plus proche que le château, pour prendre une douche bien chaude. Ils grelottaient trop pour lancer un sort de réchauffement efficace qui tiendrait jusqu'à la salle de bain des Préfets.

Scorpius arriva à la volière qu'il inspecta minutieusement à la recherche de son bonnet. Son esprit dériva par intermittence sur les souvenirs du corps partiellement dénudé d'Albus qu'il avait pu entrapercevoir du coin de l'œil quand ils avaient ôté leurs vêtements humides et froids avant de filer chacun dans une cabine de douche.

Scorpius s'approcha de la cage de Gui. Il y avait quelque chose à l'intérieur. Ce n'était malheureusement pas son bonnet, mais une branche de gui. Intrigué, Scorpius tendit sa main pour s'en saisir, mais la branche de gui s'envola et resta figée en l'air devant son visage. Quand il voulut la capturer à nouveau, le gui se mit à le narguer en voletant de droite à gauche, puis en tourbillon dans tous les sens. Scorpius était Batteur dans l'équipe de Quidditch, pas Attrapeur. Pour une bonne raison. La branche passa tout près de son visage, effleurant sa joue puis fila à toute allure. Scorpius tourna des talons et faillit avoir une crise cardiaque. Albus était là. Gui perché sur son épaule, un bonnet sur la tête, similaire à celui que portait Albus (il l'avait trouvé par terre, près de la cage… Scorpius s'en était servi comme oreiller en attendant la réponse d'Albus… Il s'était assoupi quelques instants, avant d'être réveillé par les cris de son père qui le cherchait… le bonnet avait glissé au sol quand Scorpius s'était relevé et avait rejoint son père… qui le gronda pour avoir l'avoir inquiété… pendant un instant Draco avait cru à un kidnapping car Scorpius manquait à l'appel…), baguette magique en main, branche de gui au-dessus de la tête.

Scorpius avait une impression étrange de déjà-vu…

Flashback

Dans les vestiaires de Quidditch, Albus était sous la branche de gui, mais il ne le savait pas. Scorpius terminait de sécher ses chaussures à l'aide d'un sort quand il le remarqua. Il noua ensuite ses lacets et se leva. Il ne savait pas quoi faire. Devait-il dire quelque chose ? Il fouilla dans ses poches, à la recherche de ses moufles. Il n'en trouva qu'une seule. Il regarda autour de lui, puis sous le banc, dans les casiers ouverts.

« Qu'est-ce que tu cherches ? »

« Ma moufle… Zut, elle a dû tomber en chemin. »

« Je peux te prêter les miennes si tu veux ? »

« C'est gentil, mais ça ira. »

« Comme tu veux. »

Un ange passa.

« Tout va bi… mpfff. »

Scorpius l'avait fait : il avait embrassé son meilleur ami. Rapidement. Maladroitement.

Scorpius se recula. Hébété, Albus l'interrogea sur les raisons de son geste :

« C'est la tradition. » répondit Scorpius en montrant du doigt la branche de gui.

Albus leva ses yeux et commença :

« Ah d'acc… »

Scorpius l'interrompit. Il l'avait refait. Il avait ses lèvres appuyées contre celles d'Albus. Pourquoi ?

« Euh, bah… (parce que je t'aime) c'est mon cadeau en avance pour Noël. Joyeux Noël ! » Il lui embrassa les deux joues. « J'ai faim, on va manger ? »

Fin du flashback

« Comment es-tu arrivé ici ? »

« Par transplanage, avec mon père. Ah, tiens, j'ai ça pour toi. C'est Kreattur qui l'a trouvée et l'a rapportée à la maison. »

Albus lui donna sa moufle et un baiser.

Front contre front, le souffle court, Albus dit :

« Je suis désolé, je pensais, hier, que tu avais vu mon message glissé dans le bonnet pour te prévenir que je partais manger le petit-déjeuner. »

Puis il enleva son bonnet pour le tendre à Scorpius.

« Tu peux le garder. » informa Scorpius, avec un sourire, en le lui remettant sur la tête.

« Quoi ? Pourquoi ? »

En guise de réponse, Scorpius l'embrassa.

Albus lui avait offert son bonnet. Scorpius voulait le lui offrir en retour, ce Noël. Et le mot « bonnet » pouvait tout à fait être remplacé par le mot : « cœur »

FIN

NdSs : Tic-tac, tic-tac, tic-tac, le compte à rebours diminue d'heures en heures, vous pouvez toujours proposer une réponse à la question suivante (de la case 2) : quel défi doit honorer le fils ainé d'Harry Potter ? … ou juste donner votre avis sur la case du jour.

Malheureusement, pas de gagnant pour le quiz 3 : qui a perdu sa moufle ? (case 19) La bonne réponse était : Scorpius. (Merci à Lea Le Chay et Brigitte26 pour leur participation.)