Bonsoir à toutes et à tous !
Voilà le tout dernier chapitre du tome 2 ! Sygui et moi espérons qu'il vous plaira !
Bonne lecture !
Chapitre 21 : L'Origine de toutes magies
Hermione était dans l'escalier en colimaçon menant sur les remparts de la forteresse. Vivianne grimpait les marches à sa suite et la Source se retourna pour éviter un coup qui risquait de lui couper les tendons. Elle coinça la lame en marchant dessus avec son pied droit tandis qu'elle expédiait sa semelle gauche dans le visage de la blonde. Vivianne perdit l'équilibre et se rattrapa de justesse à la rampe.
- Fait un effort, Vivianne, sinon je vais finir par croire que tu ne veux pas me tuer, se moqua l'Origine de toutes magies.
- Toi non. Mais ton passager noir, oui, grimaça la blonde en retournant à l'assaut de la Source, le sabre fendant l'air.
Hermione esquiva et reprit son ascension dans l'étroit passage.
- Tu sais bien que tu ne fais pas le poids face à l'Origine de toutes magies.
- Elle a déjà essayé de me tuer en m'envoyant ses larbins et elle a échoué. Elle est trop lâche pour m'affronter en face à face. Et aujourd'hui encore, elle préfère prendre possession d'une innocente que de se mesurer à moi !
Les deux combattantes arrivèrent sur les remparts du château et le duel reprit de plus belle. Les lames s'entrechoquaient dans un fracas métallique assourdissant. Des étincelles crépitaient dans l'air. Les coups étaient donnés avec rage et violence, les adversaires donnant toute leur énergie dans les passes d'arme.
Vivianne profita d'une faille dans la défense de la brune pour placer un coup de sabre qui coupa en deux l'arcade sourcilière de la Source. Le sang coula abondamment et Hermione dut fermer son œil pour ne pas être gênée.
- C'est maintenant que tu me supplies ? se moqua la Dame du lac.
- Pas vraiment, marmonna la Source en serrant le poing droit pour frapper un mur.
Le château se mit à trembler violemment et les fondations cédèrent. Le sol se déroba sous leurs pieds et les deux sorcières furent emportées dans l'éboulement de la cité noire.
Minerva montait les escaliers deux par deux, suivie des Conseillers. Elle déboula sur la plateforme de la tour d'astronomie, le souffle court, les cheveux en bataille. Baguette à la main elle cherchait la brune du regard tandis qu'Aliénor faisait signe aux Sages et aux Hauts de se déployer.
- Alors ma grosse, tu te caches ? ricana Merlin. Viens donc voir papa que je te refasse ton maquillage.
- Lève le nez, imbécile, répliqua froidement une voix féminine. Les siècles passent mais ta stupidité légendaire reste !
Marylin regarda au-dessus d'elle et remarqua que Morgane était confortablement assise sur le toit et les dévisageait, un rictus malsain aux lèvres.
- Alors… par qui vais-je commencer ? poursuivit-elle. La blonde ingénue, le cabot, la reine coincée follement éprise de la Source ou bien…
Elle se tut un instant, plongeant son regard dans les yeux verts de l'animagus.
- Ou bien par Minerva McGonagall, la câtin de la Source…
- Je ne te permets pas, traînée ! C'est MA câtin ! fit Pansy en arrivant, haletante, épuisée d'avoir grimpé aussi vite toutes les marches menant à la tour. Enfin, ma câtin, je… euh… C'est pas ce que je voulais dire. Je voulais marquer ma propriété, c'est tout.
- Il ne manquait plus que toi, sourit Morgane en se levant. On va rejouer, toutes les deux. Et cette fois, je prendrais mon temps…
- Viens donc essayer ça pour voir, grimaça Parkinson. T'as pas été professionnelle jusqu'au bout la dernière fois. La preuve je suis toujours là, en pleine forme et avec tous mes souvenirs si… chauds, ajouta-t-elle avec un clin d'œil à l'animagus, faisant grommeler Aliénor.
- Je vais commencer par nous faire un peu de place, il y a trop de monde ici pour qu'on puisse vraiment en profiter, minauda Morgane avant de claquer des doigts.
Un vent de magie balaya la plateforme et les formes spectrales des Conseillers commencèrent à s'évaporer doucement.
- Qu'est-ce que… commença Minerva interloquée.
- Un petit truc que m'a montrée Viviane, ou comment donner congé aux larbins de la Source. Mais ne vous en faites pas, je les ai juste envoyés dans une dimension parallèle, je m'occuperai d'eux après vous… Prêtes pour un plan à trois, les filles ? Je m'en voudrais de ne pas vous prendre ensemble. Vous faites un si beau couple...
- Nous deux en même-temps ? Tu ne t'en relèveras jamais ! fit Pansy en brandissant sa baguette.
Morgane fronça les sourcils, affichant un court instant de l'incrédulité, puis eut un léger sifflement admiratif.
- Mais tu as eu une promotion… se moqua la sorcière. Alors, ça te fait quoi d'être la Première Haute ?
- La quoi ? demanda la Serpentard en fronçant les sourcils. Tu sais de quoi elle parle ? lança-t-elle à Minerva.
L'animagus secoua la tête, tout en se déplaçant pour pouvoir prendre Morgane sous un feu croisé de sorts avec Parkinson.
- La Source t'a offert le poste de Lancelot, expliqua Morgane. Mais ne t'inquiète pas, tu n'auras pas le temps d'en profiter…
Elle leva les mains et deux boules d'énergie noire apparurent dans ses paumes.
- Bien… Finissons-en rapidement. J'ai hâte de retrouver ma Vivianne pour danser sur le cadavre de l'Origine de toutes magies.
Elle allait lancer son attaque quand une silhouette translucide apparut devant elle, lui saisit vivement un poignet pour le tordre violemment, le cassant sur le coup.
- Tu ne toucheras pas à ma mère… murmura froidement Rose.
La Sage se recula en titubant, visiblement à bout de force, et se plaça entre Minerva et Morgane. Cette dernière grimaçait de douleur et posa sur le maitre des chimères un regard écarquillé de stupeur.
- Rose... murmura Morgane.
La jeune Sage allait jeter un sort mais Pansy fut plus rapide. La compagne de Vivianne se désintéressa de la Sage pour contrer les attaques de la Serpentard.
- Rose, pars d'ici sinon elle va t'envoyer dans les limbes, gronda la Directrice en pointant à nouveau sa baguette vers l'enchanteresse au prise avec Pansy. Tu n'es pas en état de te battre.
- Mais je vais pas te laisser l'affronter seule, murmura la dixième sage au bord de l'épuisement.
- Alors essaie donc de faire revenir les Conseillers évaporés, ça m'aidera.
- Ok, répondit mollement le Maître des Chimères avant de disparaître sans demander son reste.
Minerva dévia d'un coup de baguette le sort que Pansy allait prendre de plein fouet et enchaîna les attaques. Morgane parait inlassablement d'une main les sortilèges que lui envoyaient l'animagus et la médicomage.
- Il faudrait que je songe à m'attacher les mains dans le dos, pour vous laisser une chance, se moqua l'enchanteresse. Mais être ligotée, c'est plus ton truc, n'est-ce pas Parkinson ?
- C'est juste que tu ne sais pas y faire, ricana la Serpentard en détournant un sort. Il faut du doigté pour réussir une bonne passe SM, et toi t'es tout sauf douée, je te l'ai déjà dit.
- Et ta chérie est au courant de tes petits penchants ? ironisa Morgane. On lui fait une démonstration ?
L'enchanteresse fit apparaître un poignard et l'agita avec un rictus.
- Tu le reconnais ?
- Je vais te défoncer le crâne et en extraire ce qui te tient lieu de cerveau, si j'y trouve quelque chose, siffla Parkinson en frissonnant d'appréhension.
- Et bien soit, partons en tête à tête, je sais que tu as adoré la dernière fois… murmura Morgane avant de se précipiter sur Pansy. Et puis, nous avons un vieux contentieux à régler, toutes les deux.
Elle la saisit par une épaule et les fit transplaner. Minerva lâcha un cri, se retrouvant seule sur le toit. Elle regardait autour d'elle et finit pas apercevoir deux silhouettes dans le parc qui se faisaient face. Elle n'eut pas de mal à reconnaître Pansy qui lançait sort sur sort, mais qui reculait alors que Morgane les lui renvoyait en se moquant visiblement. McGonagall fut en trois pas dans l'escalier qu'elle dévala sous sa forme animagus. Elle courait à toute allure dans les couloirs du château, ne voulant laisser Parkinson aux mains de l'enchanteresse. Elle avait déjà eu un aperçu de son savoir-faire et ne souhaitait pas qu'elle puisse à nouveau exercer pleinement son talent sur la médicomage.
Hermione sortit des décombres du château, le visage couvert de sang et de poussière. Gagnant enfin l'air libre, elle toussa difficilement avant de respirer profondément.
- Bon sang, ça secoue… murmura-t-elle en réussissant à décoincer sa jambe gauche prise entre deux blocs de pierre.
Elle rampa à la surface et finit par s'arrêter quelques instants pour reprendre son souffle. A quelques mètres d'elle, le manche de son katana était visible, la lame fichée dans les débris.
Elle se mit debout avec difficulté, essuya son visage du revers de sa manche déchirée et tendit la main vers son arme. Elle n'eut cependant pas le temps de l'arracher des décombres qu'une vague de magie l'atteignit dans le dos, la propulsant contre un des rares pans de murs encore debout. La violence du choc la laissa quelques instants sonnée. Ce court laps de temps fut suffisant pour que Viviane la rejoigne et lui balance un coup de pied dans les côtes, la faisant plier de douleur, cherchant l'air.
La Dame du lac l'attrapa par le cou et la souleva, plongeant son regard déterminé dans celui apeuré d'Hermione. La brune porta les mains à sa gorge et tenta de desserrer la prise.
- Dans deux minutes, tu seras à genoux et tu imploreras ma pitié, Origine de toutes magies.
- Dans deux minutes… tu… ne seras plus… qu'un lointain… souvenir… haleta la Source en posant ses mains sur le visage de Vivianne.
- Hermione, je suis désolée... murmura la blonde alors que ses doigts resserraient leur étreinte mortelle. Mais au fond de toi, tu sais que la Source ne peut plus régenter le monde...
- Et toi, tu ne le feras pas à sa place... hoqueta la brune.
Les pouces de l'ancienne Gryffondor trouvèrent les yeux de la blonde et elle appuya de toutes ses forces, explosant les globes oculaires de l'enchanteresse qui hurla de douleur, relâchant sa prise. Hermione tomba à genoux sur le sol et inspira une grande bouffée d'air.
Elle roula rapidement sur le côté pour échapper aux coups frappés en aveugle par l'ancienne Conseillère qui lui entaillèrent profondément le dos.
- Je sens ta douleur, siffla Viviane, et tu transpires la peur. Ca sera largement suffisant pour que mon arme te trouve et mette fin à ton règne, rugit-elle en se tournant vers la brune qui gisait toujours au sol.
Hermione se releva, envoya un sort vers la Dame du lac et profita de la seconde qu'il fallut à la blonde pour l'esquiver pour se diriger vers les falaises. Vivianne pouvait certes la repérer grâce à son aura mais elle ne voyait plus. Et un terrain escarpé et glissant serait un atout pour elle. La Source grimaça de douleur et se dépêcha d'avancer, délaissant son arme dans les ruines du château.
- Ca ne sert à rien de fuir, Origine de toutes magies, tu crèveras sur cette île ! s'exclama Vivianne en suivant la brune.
- Toi aussi, j'en fais la promesse…
Pansy grimaça en baissant rapidement les yeux sur son haut déchiré avant de reporter son attention sur Morgane qui souriait.
- T'es vraiment une perverse… siffla la première haute.
- Dit celle qui est toujours partante pour montrer sa poitrine à la première qui passe.
- A la première qui passe, oui, mais pas à la dernière des traînées ! répliqua vertement la Serpentard.
- Arrête de parler. Je préfère quand tu cries, se moqua l'enchanteresse en lançant un endoloris.
Pansy tomba dans l'herbe et son corps fut parcouru de spasmes. Elle avait l'impression que des milliers d'aiguilles chauffées à blanc la transperçaient de part et part.
- Minerva ! hurla-t-elle.
- Non, moi, c'est Morgane. On va recommencer… Répète après moi : Morgane ! ricana la femme en accentuant son sort.
Parkinson sentait sa raison s'effriter. Seuls les rires fous de l'ancienne infirmière lui parvenaient à travers les ondes de douleurs qui s'amplifiaient. Elle s'accrochait de toutes ses forces au regard vert qui la fixait à travers ses paupières fermées.
- Minerva, articula-t-elle encore pour défier la brune, avant que le sort ne cesse brusquement.
Haletante et incapable de se redresser, elle roula sur elle-même pour voir ce qui se passait. Un chat ébouriffé était entrain de lacérer le visage de Morgane qui n'arrivait pas à s'en débarrasser.
La médicomage tendit la main pour se saisir de sa baguette et la pointa sur les jambes de l'enchanteresse. Son poignet fit un quart de tour et la rotule droite de Morgane se déboita d'un coup. La femme fut déstabilisée et s'effondra sur l'herbe avec un cri de douleur.
Le chat sauta plus loin et Minerva reprit son apparence.
- Quand ce n'est pas l'une qui cherche à me tuer, c'est l'autre, lâcha Morgane en toisant du regard l'Ecossaise.
Le visage fermé, cette dernière brandit sa baguette et sans une hésitation lança le sort.
- Avada kedavra.
Le trait fusa vers Morgane qui n'eut aucun moyen de s'en protéger. La sorcière s'écroula au sol, inconsciente. L'animagus s'approcha d'elle, récupéra le couteau pour le planter dans le cœur de la femme. Puis, sans un regard pour le cadavre, McGonagall se précipita vers Pansy qui restait étendue sur l'herbe, le visage encore crispé dans la souffrance du doloris.
- Je ne pensais pas vivre assez vieille pour te voir lancer un impardonnable… murmura Pansy avec un mince sourire.
- C'est déjà arrivé, Potter aurait pu te le raconter, murmura l'animagus en posant sa main fraiche sur le front humide de la médicomage. Et puis, ce n'était pas vraiment un impardonnable, ça ne l'a pas tuée.
- J'ai le droit à un baiser de réconfort ? tenta la Haute en fermant les yeux, épuisée.
- Commence par respirer, sourit la Directrice en refermant les pans de chemise de la jeune femme sur sa poitrine. Et la prochaine fois, essaie de ne pas te faire déshabiller dans le parc, il pourrait y avoir des élèves.
- J'pensais que tu apprécierais… Après tout, il y a encore quelques jours, tu aurais adoré les voir… Et pour la respiration, rien de mieux que le bouche-à-bouche, je l'ai toujours dit.
Minerva laissa à nouveau un sourire se dessiner sur ses lèvres tandis que des sentiments contradictoires l'habitaient. Elle avait choisi Hermione, elle était sûre de cette décision. Mais voir Pansy dans cet état… Si elle pouvait lui apporter un peu de sérénité et de réconfort…
Elle prit la main de la vert et argent dans la sienne et se pencha sur elle en fermant les yeux.
Hermione et Vivianne se battaient avec rage sur les falaises d'Avalon. Un vent violent soufflait, dû aux pouvoirs déployés qui s'entrechoquaient.
La Source se baissa difficilement pour éviter un coup de sabre et allongea son bras pour décrocher une droite dans le visage de la Dame du lac. Cette dernière en lâcha son arme et recula d'un pas.
- Tu veux faire ça à mains nues ? Pas de soucis… marmonna la blonde en donnant un coup de pied qui atteignit le menton de l'Origine de toutes magies.
L'ancienne Gryffondor tituba et réussit à s'arrêter avant de basculer dans le vide.
- Je vais te tuer… gronda Vivianne. Pour tout ce que tu as fait, c'est le juste châtiment.
- C'est possible, mais je t'emporterai avec moi.
Vivianne s'approcha vivement de la Source et tenta un coup de poing. Hermione para l'attaque et, saisissant le poignet de son adversaire, passa derrière elle en lui faisant une clé de bras. Elle maintint la pression infligée à la blonde et posa sa main de libre sur l'épaule de la Dame du lac.
- C'est maintenant que tout s'arrête… chuchota Hermione en collant son corps contre celui de Vivianne. Je t'ai toujours été fidèle, ma reine, mais nos immenses pouvoirs sont de trop dans ce monde.
Elle les emmena au bord de la falaise et sauta en priant que l'impact ne soit pas trop dur. Les deux corps plongèrent dans l'eau et s'enfoncèrent dans l'obscurité de l'océan, avant qu'une immense boule de magie blanche implose dans l'onde agitée.
Minerva se penchait sur Pansy, prête à l'embrasser, lorsqu'elle sentit une présence dans son dos. Elle se retourna promptement, baguette à la main, avant de soupirer en voyant les Conseillers apparaître.
- Morgane vaincue, son sort s'est annulé de lui-même, expliqua Marylin tandis qu'Aliénor semblait décidée à froncer éternellement les sourcils en présence de Minerva et Pansy.
- Et Rose ? demanda l'animagus qui cherchait la Sage parmi les formes sans la voir.
- Rose n'est plus parmi nous, répondit froidement l'ancienne reine. Tout comme Yuki.
Minerva perdit toutes ses couleurs d'un seul coup et Pansy eut tout juste le temps de se redresser pour la rattraper.
- Tu peux pas annoncer les nouvelles autrement, espèce d'oiseau de malheur ?
- Il n'y a pas plusieurs façons de dire ces choses. Nous allons retourner à Avalon prendre la mesure de ce qui s'y est passé. Mais restez ici, vous pouvez maintenant convoler librement.
- C'est de votre faute, hurla l'animagus. Vous n'avez jamais voulu…
- Ma faute ? gronda Aliénor. Vous vous moquez de qui ?
- Ce n'est pas le moment, coupa sèchement Merlin. Minerva, je vous emmène sur Avalon. Marylin, tu te charges de Pansy ?
La blonde acquiesça et tous disparurent dans un craquement sonore. Quelques instants plus tard, ils réapparurent devant les ruines qui avaient été autrefois le château de l'île. Merlin détourna le regard tandis que Marylin tremblait de tous ses membres.
- Y-a-t-il une chance qu'elle soit encore en vie ? murmura Cassandra.
- Rose et Yuki ont disparu, rétorqua avec tristesse Jacques, effectuant un signe de croix. C'était les deux seules conseillères à n'avoir encore vécu leur existence terrestre. Et seule la Source a le pouvoir de leur donner une enveloppe charnelle. Si elles ont disparu, c'est que l'Origine de toutes magies n'est plus.
- Attila, Chaka, tentez de retrouver les corps sous les décombres, ordonna froidement Aliénor. Merlin et Marylin, cherchez dans la forêt. Néfertiti et Clément, la plage…
L'ancienne reine tourna les talons et se mit en chemin pour les falaises sans un regard pour Pansy et Minerva. Les deux sorcières étaient brisées, ne sachant que dire, que faire.
- Et bien… je vais rentrer chez moi, finit par murmurer Pansy, brisant le lourd silence. J'ai des cartons à faire…
Les paroles de la Serpentard avaient du mal à faire sens pour l'animagus. Où qu'elle tourne son regard, elle ne voyait que décombres et corps déchiquetés. Une fine pluie froide commençait à laver le sol, diluant des flaques de sang sur les pavés défoncés.
- Minerva… J'ai prévu de partir finir mes études aux Etats-Unis. Mais un mot de ta part et je reste… Si tu veux que je sois avec toi dans cette épreuve, en tant qu'amie… ou plus… dis-le moi.
L'animagus tituba.
- Qu'est-ce que j'ai fait ? murmura-t-elle l'air hagard.
Pansy la prit dans ses bras et la serra contre elle.
- Tu n'as rien fait, tu n'y es pour rien, dit-elle d'un ton apaisant. Tu n'aurais pas pu l'empêcher, la Source avait déjà décidé de l'issue de son combat.
- Mais Rose… Qu'est-ce que je n'ai pas compris ? continua Minerva, restant blottie dans les bras de la vert et argent, tremblante d'un froid qui venait de l'intérieur.
Le regard de Pansy se durcit et elle inspira profondément pour se calmer. Elle ressentait une haine violente envers Granger qui non seulement avait abandonné une fois de plus Minerva et qui avait du même coup détruit sa famille.
- Je t'emmène chez moi. Nous n'avons plus rien à faire ici, marmonna-t-elle alors que l'envie de tabasser Aliénor se faisait pressante.
Minerva n'opposa aucune résistance, anéantie par les événements. En quelques jours à peine, elle avait été heureuse avec Pansy, avait eu peur pour elle, l'avait quittée pour Hermione qu'elle avait aimée avec passion et qui pourtant l'avait ignorée, pour finalement se retrouver seule, sans aucun espoir de fonder la famille que Rose avait matérialisée devant ses yeux.
Les deux femmes apparurent dans le salon de la vert et argent et cette dernière fit apparaître deux verres qu'elle remplit généreusement de whisky. Elles restèrent debout, se dévisageant, l'une comme l'autre ne sachant comment briser le silence pesant qui s'était installé. Leur visage montrait des signes de fatigue, de douleur et de tristesse. Sans un mot, elles burent d'une traite l'alcool et Pansy les resservit. Elle alluma deux cigarettes et en tendit une à la Directrice qui s'en saisit d'une main tremblante.
L'animagus se contenta de la garder entre ses doigts, la laissant se consumer, et plongea son regard vide dans celui bouleversé de la médicomage.
- Et maintenant… Que fait-on ? murmura Parkinson.
Minerva était incapable de parler. Elle n'arrivait plus à retenir les larmes qui s'écoulèrent librement sur ses joues. Pansy prit la femme dans ses bras et la berça tendrement.
Aliénor était au bord des falaises d'Avalon et observait l'océan déchaîné. Les vagues se brisaient avec violence sur la pierre grise, crachant de l'écume qui voletait en gouttes dans l'air salé. La Sage avait la mâchoire contractée, abattue par le chagrin qu'elle ressentait, et ressassait les évènements de la journée. Poudlard avait été sauvé, Morgane et Potter avaient succombé, le château d'Avalon était rasé et la Source et Vivianne avaient péri. L'absence d'Hermione laissait un vide en elle qui ne serait jamais comblé.
L'ancienne reine étouffa un sanglot et essuya ses yeux. Se pouvait-elle qu'elle ait commis une erreur ? Aurait-elle dû emmener l'Ecossaise sur Avalon pour aider l'Origine de toutes magies ? Sa jalousie avait-elle scellé le destin de sa Créatrice ?
Elle secoua la tête, chassant ses sombres pensées. Le mal était fait. Elle se retourna vers les ruines du château et soupira. Il faudrait le reconstruire. Elle devait poursuivre la tâche de l'Origine de toutes magies. Elle allait organiser les Conseils et veiller sur l'humanité jusqu'à la fin des temps.
- Demain… Aujourd'hui, je prends ma soirée… murmura-t-elle avant de s'éloigner à grandes enjambées en direction de la forêt.
En contrebas des falaises, l'océan recracha un corps qui échoua dans une petite crique. La femme était inconsciente, ses vêtements déchirés et tâchés de sang. Une vague s'abattit sur le corps immobile avant de se retirer. La femme ouvrit péniblement un œil et tenta de parler, sans succès. Sa main droite ensanglantée eut un tressautement avant de retomber sur le sable noir. Elle replongea dans l'inconscience, se laissant submerger par les ténèbres.
Fin du tome 2 : La cité noire
A suivre très prochainement sur ffnet :
Après l'affrontement entre la Source et l'Ankou, la vie a repris ses droits et les survivants tentent d'oublier la disparition d'Hermione. Mais les astres annoncent une période bien sombre pour les sorciers et les moldus.
- Cassandra, que faites-vous là ? demanda Horgar, surpris d'avoir une visite d'une Sage.
- Bonsoir, Gardien. J'ai senti ton inquiétude, répondit la Conseillère.
Le troll montra du doigt les astres et son front se barra d'un pli soucieux.
- J'ai jamais été très fort en divination, tarot et autres trucs, mais là, ça m'interpelle, dit-il.
- L'attrait du pouvoir corrompt les cœurs, mon ami. La peur va se répandre comme le manteau étoilé de la nuit et les amis d'hier seront les ennemis de demain.
- Tu peux être plus claire ?
- La légende oubliée va surgir du passé et instaurer un règne de terreur et de chaos. Mais l'esclave de la Volonté va briser ses chaînes et écrire l'avenir.
Une femme va changer le destin du monde et le cours de l'histoire. Découvrant enfin les origines du conflit millénaire, trahie par celle à qui elle avait dévouée son existence, sa vengeance sera implacable.
La puissance de la Française devint un maelstrom incontrôlable, un vent violent qui balayait les falaises d'Avalon. Le regard froid et déterminé d'Aliénor était plongé dans les yeux affolés de son adversaire.
- Je vous maudis ! Quand la dernière Conseillère atteindra l'âge de la maturité, elle partira en quête de votre destruction. Aidée de la Première, elle arrachera chaque bout de votre pitoyable existence de la terre des hommes. Et quand sonnera minuit du onzième jour du onzième mois, les chaînes se briseront, l'esclave de votre querelle se lèvera et vous anéantira. Je vous maudis, vous, égales en puissance et en cruauté. Je vous maudis !
Douze ans après ce que tous pensaient être la fin de l'histoire, toutes les questions trouveront leurs réponses. La dernière manche pour la conquête du monde s'ouvre et, quel que soit le vainqueur, l'humanité s'en trouvera changée.
La médecin légiste s'accroupit dans une grimace, sa jambe raide douloureuse. Elle enfila une paire de gans stériles et attrapa sa propre lampe torche. Le visage du macchabé était d'un blanc laiteux, les yeux vitreux et le corps comportait une plaie béante du torse à l'abdomen. Un papier était coincé entre les côtes de la victime et elle s'en saisit pour le lire.
JE T'AI RETROUVEE, JE NE VAIS PLUS TE LACHER. NOTRE JEU M'A MANQUE. QUI VA GAGNER ? LA PARTIE PEUT DURER LONGTEMPS, NOUS AVONS TOUT NOTRE TEMPS.
Dernier tome des aventures d'Hermione : LA LEGENDE OUBLIEE
Alors ? Des commentaires ? Des pronostics pour la suite ?
En vous souhaitant un bon week-end,
Bises,
Sygui et Link9
