Salut les gens,

Alors dans ce chapitre, sa magesté James Potter prend conscience de ses erreurs. C'est un jour à marquer d'une pierre blanche.

Bonne lecture,

Chalini

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Chapitre 20

La douceur de la réconciliation

Dans un cimetière sinistre, non loin d'un village moldu, deux sorciers étaient penchés sur une tombe qui semblait ne jamais recevoir de visiteurs, à cause des mauvaises herbes qui la recouvraient. A l'aide de leur baguette magique, dans un silence de mort, ils étaient tous deux à la recherche de quelque chose.

- Viens voir ! s'écria tout à coup l'un des deux. Il y a quelque chose de suspect, ici !

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- Vous n'avez pas l'air très concentré, Mr Parker ! s'amusa une voix.

Harry releva la tête du manuel d'enchantement qu'il était en train de consulter pour croiser le regard rieur de Lily. « Consulter » était un bien grand mot. Cela faisait environ une demi-heure qu'il lisait la même page. Les mots défilaient dans son esprit, mais s'obstinaient à ne jamais composer une phrase compréhensible.

- En effet, sourit Harry. J'ai un peu de mal à me concentrer sur ce que je lis.

Le sourire de Lily s'agrandit, alors qu'elle refermait le manuel d'Harry d'un geste sec. Harry la regarda faire, étonné.

- Viens avec moi. On va faire un tour !

Harry jeta un coup d'œil par la fenêtre de la bibliothèque. La nuit était tombée depuis longtemps et la pluie qui se déversait depuis une semaine sur le château ne semblait pas vouloir cesser d'une minute à l'autre.

- Pas dehors, mon grand ! annonça Lily qui suivait le cours de ses pensées. Mais j'ai ma ronde de préfète à effectuer. J'ai pensé que tu pourrais m'accompagner.

- Avec grand plaisir ! répondit Harry en rangeant plumes et parchemins dans son sac.

Tous deux zigzaguèrent entre les différentes étagères qui croulaient dangereusement sous le poids des livres. Lily salua la bibliothécaire d'un discret signe de la main auquel elle répondit par un sourire et ils quittèrent la bibliothèque.

- Merci de m'avoir arraché à cet enfer studieux, plaisanta Harry alors qu'ils déambulaient

dans les couloirs, Lily vérifiant qu'aucun élève n'y traînait encore après le couvre-feu.

- Oh ! Comme j'ai remarqué que tu n'avais pas tourné de page depuis une demi-heure... et puis... nous étions les derniers dans la bibliothèque.

Ils marchèrent quelques minutes en silence, bifurquant sur la gauche, traversant un nombre incalculable de couloirs, prenant de nombreuses volées d'escaliers. Lily semblait songeuse.

- Tout va bien, Lily ? demanda Harry.

- Euh... oui... C'est juste que...

Elle s'interrompit, puis reprit :

- La mère de Sarah est tombée malade, soupira Lily. Très malade, même, à ce qu'il paraît. On dirait qu'on s'acharne sur elle. Depuis, Sarah est morte d'inquiétude. Dernièrement, sa mère a réclamé sa fille auprès d'elle. Sarah est donc partie pour le week-end à son chevet.

- Oh, je suis désolé, compatit Harry.

- J'espère simplement que sa mère va vite s'en remettre. Et toi ? demanda Lily pour changer de sujet. La situation avec les maraudeurs est toujours...

- ... au point mort, enchaîna Harry. J'ai bien peur qu'elle ne change jamais, tu sais.

- Je suis vraiment désolée, dit Lily d'un ton las. Si seulement je pouvais faire quelque chose pour toi. Malheureusement, je ne pense pas être la personne la mieux placée... Potter passe son temps à me faire tourner en bourrique et Sirius...

- C'est vrai qu'il est un peu.. maladroit, le défendit Harry.

Lily s'arrêta et se retourna vers Harry, le regard flamboyant.

- Maladroit ? Laisse-moi rire. Je dirai plutôt qu'il adore se payer ma tête à chaque fois qu'il

m'adresse la parole.

- Oh non ! Tu sais, nous, les garçons, on ne s'est pas trop comment exprimer nos sentiments. James est prétentieux, arrogant, m'as-tu vu, tout ce que tu voudras. Mais je pense qu'il y a une chose qu'on ne peut pas lui enlever : les sincères sentiments qu'il a pour toi.

Harry sentait qu'il était en train de s'engager dans un chemin escarpé pour le novice qu'il était en matière de relations amoureuses. La conversation devenait bien trop sentimentale pour lui. Mais s'il pouvait s'arranger pour que le point de vue de Lily change à propos de James, il n'allait pas laisser passer sa chance.

- Co... co... comment ? bégaya Lily, médusée.

- Je pense que James est vraiment amoureux de toi. Simplement, il te le montre de façon maladroite.

- Tu sais, je ne pense pas. Je pense que James veut juste m'ajouter au nombre de...

- Je te dis qu'il est maladroit ! la coupa Harry en balayant les paroles de Lily d'un geste de la

main.

- J'ai vraiment du mal à te croire, dit Lily. Il m'harcelait tellement souvent que j'ai fini par ne

plus écouter ses salades. Je n'ai jamais pris ses demandes au sérieux. Lui qui peut avoir toutes les filles de Poudlard à ses pieds, pourquoi s'intéresserait-il à moi ? Pourquoi s'acharne-t-il ainsi ?

- On se le demande ! Attends, fit Harry en faisant semblant de réfléchir. Peut-être parce qu'il

t'aime vraiment !

Lily ne répondit pas et Harry ajouta :

- Réfléchis à ce que je t'ai dit et ne juge pas James trop vite !

Et il la planta là, rejoignit la tour de Gryffondor, traversa la salle commune sans accorder un regard à personne et monta au dortoir en se disant que la relation de ses parents n'étaient peut-être pas aussi désespérée qu'elle ne le paraissait.

oOoOoOoOoOo

- Bon, je vais faire un tour ! annonça James à Remus et Peter qui jouaient aux échecs. A tout à l'heure !

- Le couvre-feu est passé depuis longtemps, dit simplement Peter, les yeux fixés sur sa tour.

James haussa les épaules et se leva. Dans le couloir, il chercha un coin sombre où il pourrait se dissimuler afin de se revêtir de sa cape d'invisibilité. Il se demanda ensuite où est-ce qu'il pourrait se rendre. Il serait volontiers allé faire une petite balade dans le parc, mais la pluie l'en dissuadait. Il prit finalement le chemin des cuisines de Poudlard. Il savait que Mixy, son elfe préférée, lui préparerait sûrement avec grand plaisir la crème au chocolat qu'il aimait tant.

En chemin, il laissa ses pensées vagabonder. Elles dérivèrent tout naturellement vers Harry.

Il ne s'expliquait pas très bien la colère qu'il éprouvait à son égard. Au fond, il savait que ses sentiments étaient excessifs, mais d'un autre côté, il se sentait trahi par quelqu'un en qui il avait eu confiance.

Dès son arrivée, Harry s'était tout naturellement intégré au groupe des maraudeurs. James appréciait sa compagnie. Il avait d'ailleurs toujours l'étrange sensation qu'Harry lui était familier. Et puis... il y avait eu ce rapprochement avec Evans qui l'avait un peu froissé. Et finalement, « son incroyable démonstration » lors du match de Quidditch avait été la goutte de trop. James était ravi que Gryffondor ait remporté le match, mais les éloges de l'équipe pour Harry commeençaient à lui taper sur les nerfs. C'était Harry parci, Harry par là. Ils n'avaient plus que le nom d'Harry à la bouche. Et ironie du sort : lui-même ne l'avait même pas vu voler ! James, en jeune homme quelque peu présomptueux qu'il était, ne supportait pas qu'on lui fasse de l'ombre.

Il s'aprêtait à descendre les escaliers pour se rendre aux cuisines, lorsqu'une conversation lui parvint. Il s'approcha à pas de loups.

- Je suis vraiment désolée, disait Lily. Si seulement je pouvais faire quelque chose pour toi. Malheureusement, je ne pense pas être la personne la mieux placée... Potter passe son temps à me faire tourner en bourrique et Sirius...

- C'est vrai qu'il est un peu.. maladroit, s'exclamait Harry.

Evans ? Parker ? Intéressant. Alors que les deux élèves s'approchaient de lui, il se colla au mur pour écouter la suite de leur conversation.

- Maladroit ? Laisse-moi rire. Je dirai plutôt qu'il adore se payer ma tête à chaque fois qu'il m'adresse la parole.

Oh là... Evans n'avait pas l'air très contente. ON sentait la colère poindre dans sa voix. Mais James se demandait comment est-ce qu'elle pouvait croire qu'il se moquait d'elle ? Lui qui l'avait remarquée dès sa première année. Lui qui avait rêvé de sortir avec elle dès la troisième. Comment pouvait-elle penser une telle chose ?

- Oh non ! Tu sais, nous, les garçons, on ne s'est pas trop comment exprimer nos sentiments. James est prétentieux, arrogant, m'as-tu vu, tout ce que tu voudras. Mais je pense qu'il y a une chose qu'on ne peut pas lui enlever : les sincères sentiments qu'il a pour toi.

James était stupéfait. Il dut se pincer le bras pour s'assurer qu'il ne dormait pas. Parker était-il vraiment en train de prendre sa défense ? Sa défense à lui, James Potter, qui refusait de lui adresser la parole depuis quelques semaines ?

- Co... co... comment ? bégayait Lily.

- Je pense que James est vraiment amoureux de toi. Simplement, il te le montre de façon maladroite.

Décidément ! James ne comprenait plus rien. Dans un premier temps, Parker ne l'avait pas épargné : arrogant, prétentieux, etc. Mais ce même Parker se lançait dans un véritable plaidoyer en sa faveur. Le pire, c'est qu'il semblait avoir raison sur toute la ligne. Il était profondément amoureux de la jeune préfète et Remus lui avait répété une bonne centaine de fois qu'il ne devait pas l'aborder de cette façon-là. Mais devant la froideur de Lily Evans, James n'avait jamais su agir normalement. Il suffisait qu'elle soit dans le coin pour que le célèbre James Potter, attrapeur vedette de l'équipe de quidditch de Gryffondor, excellent élève, farceur de première classe, chouchou d'une moitié de la gent féminine de Poudlard – l'autre se pamant devant Sirius -, se comporte stupidement. Il avait eu jusque-là la certitude qu'à force de ténacité, Lily Evans finirait bien par craquer. Mais la rouquine était tenace et semblait totalement se désintéresser de lui.

Toujours vêtu de sa cape d'invisibilité, James, qui en avait assez entendu, refit le chemin en sens inverse à pas lents. Il était en train de comprendre que non seulement il s'était comporté comme un idiot avec Lily Evans, mais il n'avait pas fait mieux avec Harry Parker. « Il est peut-être temps que je grandisse un peu », songea-t-il. James était étonné par ses propres réflexions et se demandait ce qu'en aurait pensé Evans.

Il donna machinalement le mot de passe à la vieille dame et se laissa tomber sur un fautueil à côté de Remus et Peter, qui jouaient encore aux échecs. Remus releva la tête et parut inquiet devant la mine qu'affichait son ami.

- James, tu vas bien ?

- Oui, ça va. Excepté le fait que je suis le plus grand idiot que cette planète n'ait jamais porté.

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Harry ouvrit péniblement les yeux. Un rayon de soleil hivernal, qui s'était glissé entre ses rideaux entrouverts, lui caressait agréablement le visage. Apparemment, la pluie en avait eu assez de tomber sans discontinuité et le soleil était enfin revenu. Harry jeta un rapide coup d'œil à son réveil : il était déjà tard. S'il se dépêchait, il parviendrait certainement à quitter le dortoir avant que les quatre autres occupants se réveillent. Mais quand il ouvrit ses rideaux, Harry eut la surprise de constater que tous les lits étaient vides. Cela ne ressemblait pas du tout aux maraudeurs. Chaque week-end, les quatre garçons profitaient de faire la grasse matinée. Si personne ne prenait les choses en main pour réveiller Sirius – à grands renforts de seaux d'eau généralement -, ce dernier resterait facilement dans son lit jusque tard dans l'après-midi. Mais même le lit de Sirius avait été déserté. Seul James était présent dans la pièce. Allongé à plat ventre sur son lit, il était en train de consulter ce qui semblaient être des plans de l'école. Il rangea ses esquisses en entendant Harry bouger et se tourna vers lui.

- Salut Harry ! Tu vas bien ?

Harry était trop stupéfait pour répondre. Il regardait James avec de grands yeux écarquillés. Cela faisait bien trois semaines que le jeune homme ne lui avait pas adressé la parole. Les regards qu'il lui lançait étaient toujours lourds de reproches et de ressentiments. Mais ce matin-là, Harry était forcé de constater que tout était différent. James n'osait pas le regarder et semblait très mal à l'aise. Son ton était redevenu amical. Harry retrouvait le James qu'il avait connu à son arrivée.

- Harry, je voulais te dire que... je... je... suis vraiment... désolé. Je me suis comporter comme le dernier des idiots.

Les mots semblaient avoir du mal à venir et Harry ne pouvait que lire du désarroi dans les yeux de celui qui serait son père. Du désarroi et des remords. Envolé l'adolescent frimeur, arrogant, présomptueux, exubérant ! Le jeune homme qui se tenait en face d'Harry était si penaud, si embarrassé qu'Harry en était sidéré.

- D'abord, ta relation avec Evans, reprit James. Ensuite ton rôle dans l'équipe de Quidditch... j'ai eu du mal à... je me suis senti... Enfin... Je suis vraiment un imbécile, conclut James. Je pense qu'un enfant de 5 ans est plus mature que moi.

Harry ne put s'empêcher de sourire. C'est Lily qui serait contente d'entendre une telle déclaration.

- Je regrette donc sincèrement mon comportement et si tu veux bien...

- Oublions tout ça ! le coupa Harry.

Harry balaya les dernières paroles de James de la main. Ce dernier en avait bien assez dit à son goût. Il sentait une vague de joie et d'exaltation déferler sur lui, alors que la tristesse qui avait habité son cœur durant les dernières semaines se dissipaient peu à peu.

- Quoi ? Tu... tu veux bien ?

Harry lui sourit.

- Je t'avoue que ces dernières semaines ont été difficiles à vivre pour moi. Être mis à l'écart de cette façon... Ne plus pouvoir participer à vos discussions... Je t'en ai voulu. Même beaucoup.

- Oui, bien sûr, je comprends, dit James.

- Mais je sais que vous êtes... tous des gens exceptionnels. Et maintenant, oublions tout ça ! dit Harry avec entrain. C'est de l'histoire ancienne.

James lui tendit la main et Harry la serra sans hésitation, arborant un grand sourire. Il était tellement soulagé ! La situation pourrait enfin redevenir normale !

- Est-ce que ça te dirait qu'on aille voler, tous les deux ? proposa James. Il faut dire que je n'ai pas pu me rendre compte par moi-même à quel point tu étais talentueux ! Un duel d'attrapeur ?

- Avec plaisir, s'enchanta Harry qui avait retrouvé le caractère jovial et enjoué du jeune homme. Allons-y ! Mais sache que je ne te ferai pas de cadeaux !

- Moi non plus, assura James, avec un grand sourire.

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Fini ! Le chapitre suivant s'appelle… deuil. Sniiiif !

Bonne semaine et à jeudi !