Pairing : DMHP, BZRW, HGTN

Résumé : Draco et Blaise perdent leurs êtres chers, ils font tout pour les récupérer mais au dépend de la survie de leurs amours. Harry et Ron se retrouvent aux portes d'un secret qui lie leur amitié et de vengeances qui menacent leur descendance.

Disclamer : ... les personnages ne m'appartiennent pas mais à J.K.R. Mais je confirme que certains personnages m'appartiennent.

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Juste amis

Chapitre 21 : Juste des amis.

Blaise commençait vraiment à lui donner mal au crâne. Ron se demandait encore comment son compagnon réussissait à rester humain devant tout ce monde alors que son inquiétude était presque palpable.

Il était bientôt midi et Ron voulait absolument faire la transfusion dans la matinée. Il avait dû travailler Blaise et sa famille adoptive un bon moment avant que le clan n'accepte cette technique. Catarina y avait joué beaucoup. Sa confiance envers les Malfoy était absolue, aucun membre n'avait voulu la contredire : il en allait de la sûreté du pacte, selon elle.

- Tu es bien sûr de toi Ron ?

Le jeune héritier ne put s'empêcher de soupirer alors que les infirmières faisaient les derniers préparatifs sur lui pour la transfusion magique. Les sourires compatissants lui montrèrent à quel point cette situation pouvait être amusante, mais pour lui cette situation devenait juste irritante.

- Nous ne serions pas là si je doutais, Blaise.

- Si tu pouvais éviter ce côté sarcastique ce serait génial, répliqua Blaise, N'oublie pas qui est le Serpentard de nous deux.

- Tu n'agis pas trop comme un Serpentard en ce moment. Tu débordes de pessimisme.

- Hey, j'ai peur pour toi, se plaignit-il, Et si cette technique ne fonctionnait pas ?

Ron ne put s'empêcher de sourire. Blaise ne changerait pas. Les infirmières laissèrent le couple seul, le temps que le médicomage et les Malfoy n'arrivent.

- Tout va bien se passer. Les médicomages nous ont expliqué la méthode et même Florian et Sébastien ont approuvé cette technique. Même ta grand-mère pense que le lien avec les Piliers aiderait Harry.

- Oui mais ce n'est pas leur vie qui …

- Blaise, grogna Ron, Tu aurais aimé que Draco empêche Harry de la faire s'il s'agissait de moi ?

- Il ne s'agit pas de toi.

- En effet, il s'agit de Harry, MON Pilier et meilleur ami, claqua Ron, Si tu ne souhaites pas me voir l'aider, je ne te retiens pas, la porte est juste derrière toi mais je n'abandonnerai pas Harry.

Blaise se pinça les lèvres, un froncement marquant ses sourcils, et serra ses poings. Il comprenait les motivations de Ron. Il n'aurait pas hésité à faire la même chose pour Draco mais là il s'agissait de Ron. Et si un incident se produisait ? Blaise venait à peine de le retrouver, il ne pourrait supporter qu'un autre obstacle se mette entre eux.

Quelques instants après, les infirmières revinrent, suivies du médicomage qui lisait leur dossier, des Malfoy et de Severus qui vinrent immédiatement aux côtés de Ron pendant que Draco se dirigeait déjà aux côtés de Harry. Blaise lança un dernier regard à Ron, lui demandant s'il était bien sûr. Ron soupira et lui prit la main dans un geste réconfortant.

- Fais-moi confiance, sourit-il.

Blaise soupira et appela un siège pour s'asseoir à ses côtés. Le médicomage fit un sourire à Ron.

- Vous êtes prêt Monsieur Lostros ?

Ron hocha la tête et le médicomage commença à jeter les sorts sur la machine. Quelques minutes après, Ron commença à sentir un peu de sa magie quitter son corps. Un liquide d'une couleur blanchâtre sortit du tube connecté à sa nuque, entra dans une capsule avant de rentrer dans un autre tube connecté directement au cou de Harry.

- C'est la magie de Ron ?, demanda Draco.

- Oui, affirma le médicomage, pour éviter de vider les cellules produites de leur magie, nous prenons directement la magie dans la moelle productrice.

Ron serra la main de Blaise. On ne lui avait pas expliqué à quel point cela pouvait faire mal de sentir sa magie sortir de son propre corps. Ron avait cette sensation qu'une partie de lui disparaissait dans une agonie sans fin. Il ne sut combien de temps il resta là à serrer la main de son amant. Il n'avait envie que d'une chose : que cela s'arrête vite.

Puis une image de Harry lui vint en tête, comme des flashs incessants lui rappelant les raisons d'une telle souffrance. Bizarrement se rappeler Harry le fit supporter un peu mieux la douleur et il s'accrocha le plus possible aux souvenirs qu'il pouvait se rappeler de son ami.

Du côté de Draco, la tension n'était pas redescendue. Le système en lui-même valait le détour mais le doute persistait encore au fond de lui. C'était leur dernière chance de faire sortir Harry de son coma et Draco ignorait s'il pourrait supporter un nouvel échec.

La transfusion prit un bon moment. Il fallut l'intervention du médicomage pour les sortir de leur contemplation et de leurs pensées.

- Je pense que l'on peut arrêter maintenant.

- Vous êtes sûr que ça suffira ?, demanda Severus.

- Certain, affirma-t-il.

Le médicomage lança un sort en direction de Ron, à présent endormi, ce qui empêcha immédiatement la machine de prendre plus de magie. Cependant, il attendit un moment que la capsule vide toute la magie dans le corps de Harry avant de la stopper définitivement.

Il laissa au bon soin des infirmières le retrait des tubes des nuques des patients et fit de son côté un diagnostic sur Ron puis sur Harry. Le diagnostic de Ron fût très positif, si ce n'était le manque d'énergie magique dû à la transfusion.

Le diagnostic de Harry ne fût pas aussi rapide à établir. Tout le monde vit très bien le froncement de sourcil de la part du médicomage mais il ne dit pourtant rien. Après quelques minutes, le médicomage finit par les rassurer en disant que son corps recommençait à créer de la magie mais il s'attarda un peu plus longtemps avec les Malfoy.

- Messieurs Malfoy ?, dit le médicomage, J'aimerais vous parler un instant.

Alors que Lucius suivait déjà le médicomage à l'extérieur de la chambre, Draco hésita un instant à se séparer de Harry, mais un regard de son père lui suffit pour qu'il accepte de les suivre.

- Vous pensez réellement qu'il se réveillera ?

Tout le monde se tourna en direction de Severus qui regardait les deux comateux d'un air songeur.

- Le médicomage vient de nous dire que le jeune Potter recommençait à créer sa propre magie, répondit Giovanni, Il ne reste plus qu'à attendre.

- Tu m'as très bien compris. Le médicomage ne voulait pas leur parler juste pour faire joli. A-t-il déjà fait une remarque sur l'état de Harry ?

Blaise fronça les sourcils. Lui et Théodore, ou l'un ou l'autre, avaient accompagné Draco à chacune de ses visites. Il devait avouer que le comportement du médicomage avait attisé sa curiosité, mais il n'adviendrait qu'à Draco de leur dire ce qu'il se passe. Ce que son père venait de dire n'était qu'un pur triste constat : il leur fallait attendre.

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Pansy n'avait pas l'esprit tranquille. Une semaine était passée depuis la proposition de Draco et la sorcière ne se sentait toujours pas rassurée de la situation. Le manque de confiance était toujours là et elle eut du mal à se décider sur le procès.

Elle entra dans la cuisine et vit Sébastien déjà en train de préparer le petit déjeuner. Rapidement, elle l'aida à installer la table. Une habitude plutôt plaisante s'était installée entre eux et elle devait avouer qu'elle prenait un certain plaisir à être aux côtés du jeune homme. Pansy avait beaucoup réfléchit à cela. Une grosse peur la prenait à l'estomac face à Sébastien. Son cœur se réchauffait à l'idée d'avoir une personne qui lui était dévouée mais elle avait cette impression de tenir l'avenir de Sébastien entre ses mains. Aucun être humain ne devrait avoir ce genre de pouvoir de décision sur la vie d'un autre.

Ses sentiments pour Sébastien étaient sûrs d'être reçus avec joie mais qu'en était-il d'elle ? Elle n'avait aucune certitude que Sébastien resterait à ses côtés pour le restant de ses jours et elle ne croyait pas trop à ce genre de choses. Les sentiments n'étaient pas des choses qu'on pouvait contrôler à volonté et elle voulait que Sébastien puisse vivre heureux. Avec son procès, comment pouvait-elle être sûre que Sébastien tiendrait le coup après le procès ? Quoi qu'il en soit, elle devait lui dire sa décision.

- J'ai bien réfléchi …

- À propos du procès ?

Pansy hocha de la tête. Elle n'avait pas réfléchi qu'à propos de ça mais elle devait avouer que c'était leur principal objectif avant toutes choses.

- Donc tu comptes faire quoi de la proposition de Draco et Bones ?

- Je vais l'accepter.

Le jeune homme relâcha ses épaules, montrant son stress précédent, et sourit à Pansy. Cette dernière ne tarda pas plus longtemps sur le sujet et entama celui qui la préoccupait plus.

- De plus il faut qu'on parle d'autre chose.

Sébastien se tendit et Pansy hésita un instant à lui faire part de ses pensées. Rentrerait-il dans un déni fou qui la ferait rester à ses côtés ? Sébastien n'attendit pas plus longtemps pour aller au but.

- Tu refuses c'est ça ?

- Pas tout à fait.

Sébastien fronça des sourcils, faisant son possible pour ignorer son Veela qui commençait déjà à hurler. Pansy avait des sentiments pour lui, ça se voyait dans son attitude et sa phrase n'était pas un rejet mais montrait juste son hésitation.

- Comment ça ?

- Je pense que pour le moment il serait judicieux d'attendre la fin de ma condamnation.

- Pansy, soupira Sébastien, On te l'a déjà expliqué que …

- Je sais. Mais j'étais une mangemorte et même si j'ai été incluse de force dans les rangs de Voldemort j'ai commis des crimes impardonnables.

La jeune femme vit le regard de Sébastien s'attrister de plus en plus en comprenant où elle voulait en venir. Son regard se fit plus compatissant alors qu'un sourire doux apparaissait sur son visage.

- Je te l'ai dit non ? J'ai mené des femmes et des hommes à la folie, je n'ai pas hésité à tuer des familles pour qu'ils ne soient pas torturés, je …

Pansy sentit son souffle se saccader avant qu'une larme ne coule sur sa joue. Ce genre de souvenirs n'étaient pas vraiment souhaités, encore trop frais dans son esprit.

- Je ne veux pas te donner de faux espoirs à cause de mes crimes, donc si …

- J'attendrai Pansy.

Pansy écarquilla des yeux alors que Sébastien nettoyait déjà la table. Le jeune homme se tourna vers elle, s'appuyant sur le plan de travail, et l'observa calmement en attendant la tempête qui arriverait.

- J'espère que tu plaisantes ?, siffla Pansy, Tu te rends compte que je risque le baiser du détraqueur ?!

- Mon père ne laissera pas cela arriver.

- Et même si, par un « heureux » hasard, il m'évite le baiser ? Les choses ne seront pas arrangées pour autant. On ignore combien de temps on m'enfermera à Azkaban et les anciens mangemorts n'hésiterons pas à se venger sur moi.

Sébastien se tendit légèrement aux dernières révélations. Son Veela recommençait à faire des siennes et ça commençait à lui donner un léger mal de crane. Si seulement les lois sorcières françaises étaient pareilles que les lois sorcières anglaises alors Sébastien aurait tenté de la soulager et de l'aider mais il ne connaissait rien des lois sorcières anglaises et de ce qu'il avait entendu ce n'était pas l'une des plus arrangeantes pour les condamnés. Leur seul espoir restait Hoffman. Son père lui avait rapidement décrit le personnage et Sébastien avait semblé convaincu du palmarès et des méthodes de l'avocat.

- En ce qui concerne ta peine, tu verras bien avec Hoffman, dit-il à voix haute, Selon mon père c'est l'un des meilleurs. C'est le défenseur officiel de la famille.

- Oui, je connais la réputation de Hoffman. C'est un avocat qui coûte aussi très cher et mes clefs de Gringotts sont sûrement encore au manoir Parkinson. Manoir qui est sous surveillance constante.

- C'est déjà réglé. Non, dit-il en levant la main face à la jeune femme qui commençait à riposter, Draco et les autres veulent se faire pardonner. Je pense que pour une fois tu devrais te laisser aller et les laisser te défendre face au ministère.

Pansy fit une moue contrariée puis soupira avant qu'un sourire en coin n'apparaisse.

- Il faudra beaucoup plus que ça pour un pardon. Je suis connue pour être assez difficile.

- Oh je n'en doute pas, répondit-il d'un sourire.

Se laisser aller. Pansy sentit son ventre se réchauffer à cette expression. Elle ferma ses yeux et se relâcha un peu. Oui pourquoi pas. Après des années de tourments, Pansy se dit que ce ne serait pas une si mauvaise chose.

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Lucius ne pût s'empêcher de grimacer à l'oubli qu'il venait d'avoir. Florian avait rendez-vous avec le ministère et les gobelins et il lui avait demandé de présenter Ashley à Narcissa pendant son absence, chose que Lucius avait occulté à cause de Harry et de ses petits-fils. Lucius avait bien répliqué qu'ils avaient le temps de présenter la jeune fille à sa mère mais pour Florian près de 2 mois à attendre c'était déjà trop pour Narcissa.

Le blond arriva dans la chambre d'Ashley et la vit en train de jouer avec quelques cadeaux que lui avaient offert Sébastien et Draco. Les trois frères et sœurs s'appréciaient beaucoup, ce qui étonna beaucoup Florian et Lucius. Ashley réussissait à sortir Draco de sa léthargie et enlevait l'inquiétude des yeux de Sébastien.

- Mirage ?

La petite fille et son gardien levèrent leur tête en direction de Lucius et le blond en fut presque désolé de déranger la petite dans son amusement.

- Mirage pourrais-tu amener Ashley un instant ?

Le gardien hocha de la tête et prit l'enfant dans ses bras. Lucius sortit de la chambre, rapidement suivi du Naga, et prit un couloir que Mirage n'avait pas encore visité depuis leur arrivée.

Après quelques minutes, Lucius les amena devant le tableau de Narcissa. Mirage vit bien une ressemblance entre Ashley et cette femme mais il n'osa pas poser la question et attendit plutôt que Lucius leur dise la raison de ce dérangement.

- Ashley je voudrais te présenter ta …

Narcissa fit un signe à Lucius qui s'arrêta dans sa phrase. Ashley ne vit pas le geste mais Mirage le vit. Lucius comprit rapidement la raison de Narcissa à ne pas dévoiler la vérité à Ashley. Ashley était tellement développée pour son âge qu'il en avait fini par oublier qu'elle n'avait que 2 ans. Le blond soupira et ne dit pourtant rien. Comment pourrait-il expliquer par la suite à l'enfant que sa mère était morte à cause de la guerre que son père avait provoquée ? Mieux valait se taire en effet.

- Bonjour Ashley, souffla Narcissa.

- Bonjour madame, rougit l'enfant, Mirage, c'est qui la belle dame ?

- Cette dame se prénomme Narcissa, dit Lucius, Elle voulait absolument te rencontrer.

L'enfant regarda le tableau de Narcissa, les yeux brillant de curiosité et d'étonnement.

- Pourquoi elle est dans une image ?

- Ça, hésita Lucius, Florian te l'expliquera quand tu seras plus grande, ok ?

Ashley fronça un peu des sourcils et bouda un peu avant de sourire et demander à Mirage s'il voulait jouer à un jeu dans le jardin. Après un léger regard vers Lucius qui acquiesça, Mirage prit l'enfant et l'emmena dans le parc du manoir.

Lucius se retourna vers Narcissa qui avait abandonné son masque Black pour tenter de voir encore une fois sa fille, mais étant un tableau elle ne put la voir qu'un dernier instant.

- Tu n'étais pas obligé de le faire tu sais ?

- Florian me l'a demandé.

- Florian, soupira Narcissa, Ton monde tourne autour de lui et pourtant ce n'est qu'un sang-mêlé.

- Tu t'es bien tourné vers le Lord et ce n'était qu'un sang-mêlé, répliqua-t-il.

- Mais il était puissant.

- Et on voit où cela t'a menée.

Narcissa eut la décence de ne rien répondre pour une fois, ce qui étonna un peu Lucius. Narcissa ne manquait jamais une occasion pour cracher son venin.

- Pourrais-je de nouveau lui parler ?

Lucius hésita un instant à lui répondre. Ça n'aurait été que lui, il n'aurait pas hésité à déplacer le tableau de manière à ce qu'Ashley ne puisse pas parler à sa mère. Cependant restait là le problème : Narcissa était sa mère. Florian avait bien l'intention de mêler Narcissa dans la vie d'Ashley : tableau ou pas.

- Je pense que pour le moment c'est déjà bien qu'elle ait conscience de ta présence dans un des tableaux. De plus c'est encore une enfant, elle ne comprendrait pas encore la raison de te voir aussi régulièrement. Florian a bien l'intention de lui dévoiler toute la vérité mais pour le moment nous la laissons grandir loin de tout ça. Tu pourras lui parler si elle vient à ton tableau mais ça sera sa propre décision, je ne peux l'y obliger.

Narcissa hocha de la tête et Lucius s'en alla.

- Lucius ?

Lucius se tourna vers le tableau et vit Narcissa lui sourire.

- Tu diras merci à Florian pour ce qu'il fait. Je lui en suis reconnaissante.

Lucius hocha de la tête et quitta finalement le couloir. Réfléchissant à ses prochaines tâches, son regard s'attarda un instant sur le jardin du manoir. Il ne fut guère étonné de voir son fils dehors en compagnie de Théodore et Blaise, chacun portant un de ses petits-fils dans les bras. Le trio semblait discuter d'une affaire très sérieuse, vu l'air qu'arborait Blaise, et Lucius se douta bien du sujet pour en avoir discuté avec son fils.

Le regard éreinté, Lucius se détourna de la fenêtre et continua son chemin. Il n'osait pas imaginer la souffrance que Draco devait ressentir en ce moment. Deux semaines plus tôt il revoyait encore son fils partir avec lui pour Saint Paul, l'air confiant et le regard pétillant d'impatience à l'idée de voir un réel progrès dans l'état du jeune Potter.

Du progrès il y en avait eu certes, l'état de Harry s'améliorait d'heure en heure et sa magie ne cessait de croître, malgré une magie assez instable. Non, le problème était plutôt les révélations du médicomage.

Lucius entra dans son bureau, plus décidé que jamais à se vider l'esprit de ces sombres pensées. Il fut pourtant surpris de voir Florian présent dans un des fauteuils près de la cheminée.

- Florian ?

Le blond ne reçut aucune réponse, malgré sa proximité par rapport aux fauteuils. Il se rapprocha de son amant et se plaça derrière le dossier. Quand il posa ses mains sur les épaules du châtain, il reçut enfin l'attention qu'il cherchait mais l'objet que tenait Florian le fit soupirer avec tendresse.

- Tu continues de lire la lettre ?

Le châtain hocha de la tête mais ne quitta pas pour autant la lettre des yeux.

- Ça m'étonne encore d'avoir reçu le titre de Lord Black, soupira Florian, Je pensais que ça aurait été Harry.

- Je pense que Harry aurait pu l'être si Sébastien et toi aviez refusé le titre. De plus Harry porte déjà le titre de Lord Potter et les vœux de Sirius le disent bien : tu es l'héritier. Dis-toi que ça donne un soutien de plus à notre future belle-fille.

- Oui mais porter ce titre équivaut à reprendre toutes les affaires des Black.

Lucius soupira en comprenant à quoi Florian faisait allusion. La famille Black n'était pas crainte pour rien. Les affaires officielles et officieuses de la famille leur avait permis cette influence encore crainte par les plus hautes têtes du ministère.

- Tu n'as pas le choix Flo', soupira Lucius, Tu es le plus vieux Black encore en vie et Black t'a donné ce statut. Si tu refuses, Sébastien perdra le statut de Black et sera considéré comme un parjure dans l'arbre généalogique donc il ne pourra rien recevoir à ta mort et Ashley ne sera plus sous ta protection en tant que Black, ce qui annulera ta promesse avec ta cousine.

Florian parut un instant perdu avant de faire une grimace assez éloquente sur la situation. Lucius connaissait assez bien Florian pour savoir qu'il devait maudire Sirius une infinité de fois dans sa tête. Le blond fit Florian se lever et s'assit à sa place avant de lui faire signe de le rejoindre, ce que le châtain fit sans poser de question. Sans un mot, Lucius commença à lui caresser le dos alors que Florian calait sa tête au creux de l'épaule de Lucius.

- Sirius est un imbécile.

- Ce n'est pas Severus qui va te contredire, rigola doucement le blond.

- Il faudra que je demande aux Gobelins de changer le nom d'Ashley, grimaça-t-il, Pas trop envie de me rappeler son paternel.

- N'oublie pas que tu parles de l'héritière Serpentard, plaisanta Lucius, Je pense plutôt que tu devrais demander l'apposition d'un nom de jeune fille. À sa majorité, après qu'on lui ait expliqué le rôle des Piliers elle pourra accepter de reprendre ou pas le nom Serpentard.

Lucius et Florian restèrent un moment enlacés dans le fauteuil. Aucun ne voulait se séparer de la chaleur de l'autre malgré le feu de cheminée. Depuis le retour de Florian en Angleterre, Lucius se sentait à présent entier. Il savait que la situation n'était pas vraiment propice mais il ne pouvait jamais remercier assez Harry d'avoir voulu partir. Dès que Harry serait réveillé alors peut-être que Lucius pourrait enfin avoir la grande famille qu'il avait toujours voulu avoir. D'ailleurs en parlant de famille.

- Je voulais discuter de quelque chose avec toi.

Florian s'éloigna un peu du blond. Sa phrase fit monter une légère angoisse dans la tête de Florian. Cependant, il ne s'attendit pas à ce qui allait suivre.

- Tu te rappelles quand nous étions encore à Poudlard, nous avions discuté d'avoir une grande famille ?

Le visage de Florian se voila à la mention de cette période. Comment pouvait-il oublier cette époque ? Lui, un Black au sang-mêlé s'était vu obtenir le cœur du plus parfait des sang-purs et attendait même un enfant de lui. En effet, ils avaient parlé de fonder une grande famille mais Abraxas avait tout gâché et les avait séparés, faisant de Sébastien son fils unique. Son regard s'élargit quand il devina où son blond voulait en venir. Son cœur se serra encore plus, sachant très bien qu'il blesserait son amant sur ce point.

- Lucius, soupira le châtain, Tu ne penses pas que nous sommes trop vieux pour fonder une famille maintenant ? Je me vois mal faire un enfant alors que Draco et Sébastien vont bientôt commencer les leur alors …

- Florian, avant de stresser, calme-toi.

Florian se tut et attendit que Lucius s'explique.

- Avant que Harry et le jeune Lostros ne soient enlevés, Draco m'a proposé de se faire adopter par toi.

- Quoi ?, souffla Florian.

Florian ne pouvait pas y croire. Il avait toujours pensé que Draco le considérait juste comme un inconnu, un amour de jeunesse de son père mais là le jeune homme en avait carrément parlé à son père.

- Draco n'a toujours eu que moi depuis que je suis libéré de la potion alors que Narcissa …

- Lucius, tu te rends compte qu'en faisant ça, Draco ne sera plus considéré comme étant le fils de Narcissa ?

- Je sais, mais c'est lui qui me l'a proposé et il y avait bien réfléchit. Je pense que c'est sa manière à lui de dire que tu es le bienvenue dans notre famille.

Florian était pris entre la joie et la culpabilité. Sa cousine ne serait plus considérée comme la mère de Draco mais comme sa tante. Mais malgré cela, la joie d'avoir cette possibilité le combla à tel point que quelques larmes coulèrent avant qu'il n'embrasse Lucius.

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Pansy pouvait se voiler la face autant qu'elle le souhaiterait, elle était stressée. Sébastien était toujours mitigé entre plusieurs actions à faire pour la réconforter ou encore la soulager, mais aucune ne semblait assez bonne si ce n'était de lui dire ne pas s'inquiéter. Il le savait déjà et le saurait pour plus tard que ce genre de phrases n'étaient pas à adresser à une jeune femme s'apprêtant à faire un trou dans le parquet et prête à se ronger les ongles.

Pansy lui avait donné son accord pour rencontrer son défenseur, Hoffman, et il s'était empressé, après un bon petit-déjeuner en tête-à-tête avec son élue, de prévenir son frère et ses amis de la décision de la jeune femme. Pourtant, quelques heures après, Pansy semblait vouloir revenir sur sa décision. Son air déterminé et résolu avait laissé place à une anxiété palpable. Sébastien ne pouvait que souhaiter ardemment que Draco arrive en compagnie de Hoffman.

Sébastien fronça des sourcils en se rappelant de l'homme. Peut-être avait-il changé d'avis et qu'il ne voulait plus défendre Pansy. Non. Sébastien secoua sa tête tellement cette idée lui paraissait saugrenue. Draco ne l'aurait pas choisi s'il changeait d'avis aussi facilement.

La sonnette d'entrée retentit, le sortant de ses pensées, et Pansy s'arrêta enfin de tourner autour des sièges. La jeune femme eut un soudain mouvement vers l'entrée mais elle se rappela bien vite que la porte ne s'ouvrirait pas toute seule. Sentant le regard qui le pressait d'aller ouvrir, Sébastien se leva du canapé et prit un certain plaisir à voir la jeune femme rougir et serrer ses points quand elle le vit prendre son temps.

Ce fut sans surprise de voir quelques instant après Draco entrer en présence de Blaise et d'un homme brun, assez petit. Il était vêtu de manière assez modeste pour un aristocrate mais correcte pour un simple sorcier. Un peu plus et Pansy aurait même pensé que les vêtements avaient été fait par un moldu.

- Bonjour Miss Parkinson.

- Bonjour Monsieur Hoffman.

L'avocat lui serra la main, auquel Pansy répondit calmement, puis ne s'attarda pas sur les formalités et installa son porte-document sur la table basse du salon.

- Théodore n'est pas là ?, demanda la jeune femme.

- Maintenant que tu as accepté l'offre de Bones, Théo ne peut pas entrer en contact avec toi, sinon il perdrait sa place dans le Mangemagot, expliqua Draco, Il en va de même pour Weasley.

Pansy fut un peu déçu de l'absence de Weasley et Théodore mais Hoffman prit rapidement toute son attention. Il sortait au fur et à mesure quelques dossiers mais s'adressait en même temps à la sorcière, la déboussolant un peu sur ce côté désorganisé.

- Monsieur Malfoy m'a déjà fait un petit récapitulatif de votre situation. Mais je préfère qu'on les revoie ensemble.

- Pour quelles raisons ?

L'homme s'interrompit dans sa tâche et observa Pansy avant de soupirer.

- Vous avez déjà vu un procès Miss Parkinson ?

Pansy nia de la tête. Honnêtement, elle n'avait jamais souhaité faire partie du corps juridique. Sa famille, bien qu'assez puissante, ne faisait pas partie des anciennes familles devant se présenter au Mangemagot et aujourd'hui encore elle remerciait Serpentard de lui avoir épargné cela.

- Il arrive souvent que le parti adverse se retrouve avec des informations en défaveur de l'autre parti.

Hoffman se remit à chercher des dossiers mais continua de parler pour Pansy et les autres qui s'étaient tous installés dans le canapé et les fauteuils.

- Cela arrive souvent quand le client omet de dire certaines informations car trop peu confiant, ou trop secrets, mais ils oublient une chose...

Il finit par sortir un dossier et ferma son porte-document. Il s'assit dans un des fauteuils, le dossier et une plume à papote flottant en face de lui.

- Tout se sait, sourit-il, Donc parlez-moi de votre situation.

- Vous vous moquez de moi, s'horrifia Pansy.

La jeune femme se leva du canapé et fusilla Draco du regard.

- C'est ce que t'appelle le meilleur ? ! Cet homme ressemble plus à Skeeter prêt à publier un livre sur mon rôle de mangemort !

- Penses-tu réellement que je l'aurais choisi au hasard Pansy ?, répliqua-t-il d'un ton hautain, Tu connais sa popularité et son succès. C'est le meilleur donc fais nous confiance. S'il-te-plaît.

Pansy fût un instant perturbée par la demande soufflée de Draco et se rassit calmement avant de se retourner vers l'avocat, le regard acéré.

- Que voulez-vous savoir ?

- Tout.

Pansy serra ses poings mais d'autres mains vinrent rapidement les rejoindre. Sébastien lui envoya un léger sourire, un sourire qui valait tout dire : qu'il était là, pour elle. Reprenant ses idées, Pansy se concentra sur Hoffman et lui raconta tout sans oublier quoi que ce soit.

Au fur et à mesure que Pansy et Hoffman discutaient, chacun put remarquer le froncement de sourcils qui se marquait de plus en plus sur le front de l'avocat.

- Y-a-t-il un problème ?, osa demander Sébastien.

- Oui.

Hoffman soupira et se pinça l'arête du nez.

- Avec ce que vous m'avez dit, on a des chances de vous innocenter du statut de Mangemorte mais vous vous retrouverez toujours avec une peine.

Le coup fût assez dur pour Pansy, malgré le fait qu'elle avait une chance qu'on ne la placarde pas comme une suivante du Lord Noir.

- Ce sera un procès très difficile car la défense n'hésitera pas à revenir sur des moments qui ne vous plairont pas. La majorité des membres du Mangemagot ne verront pas d'un bon œil la libération de quelqu'un qui a tué même si c'était pour survivre.

- Vous voulez dire qu'à cause du conseil, Pansy sera forcément condamnée ?

- Ce n'est pas tout à fait ça Seb'.

Tout le monde se retourna en direction de Draco.

- Le problème c'est la société. La population sera aveugle à l'histoire de Pansy. Ils ne garderont en tête que sa marque et pour eux la marque est le signe que nous sommes inéluctablement mauvais. Et si le conseil la laisse libre, on risque une révolution sociale.

Le blond frotta sa chemise, à l'endroit où se trouvait sa marque. Même lui avait eu droit à du lynchage de la part de la presse pendant un moment mais son statut de riche héritier avait vite calmé les choses. Un petit mot à Skeeter de la part de Théodore n'avait pas été difficile à faire.

- « Les Mangemorts ne peuvent souffrir car ils sont le mal eux-mêmes » c'est ce qu'ils se disent. Ils sont les seuls martyrs de cette guerre à leurs yeux.

- C'est pour cela qu'il faut que vous vous mettiez en tête que vous passerez quelques temps à Azkaban.

- Combien de temps ?, souffla Pansy.

- Maximum 10 ans.

Un crucio aurait fait moins mal que cela, pensa Pansy. La tristesse apparût sur son visage laissant place au désespoir qu'elle retenait depuis son départ d'Angleterre. Elle lança un regard à Sébastien qui comprit immédiatement ce qu'elle pensait : qu'il ne devrait pas attendre une décennie.

Mais contre toute attente, le jeune homme prit sa main et la rassura, lui disant que ça valait le coup d'essayer, qu'il attendrait le temps qu'il fallait et que 10 ans de visites seraient assez suffisantes pour faire amplement connaissance. Pansy fut tentée de lui dévoiler que ses sentiments s'étaient déjà bien développés en six semaines mais elle se contenta juste d'acquiescer ses paroles et de continuer de discuter avec Hoffman des différents obstacles possible.

Le soleil était en déclin quand cela fut fini. Draco et Blaise furent d'un soutien énorme pour Pansy, la rassurant qu'ils seraient tous présents lors du procès. Draco déclara aussi qu'ils l'accompagneraient au bureau de Bones trois jours avant le procès pour que le Ministère soit au courant et puisse mettre en place le procès. Pansy eut un léger moment de panique qui fut vite rassuré : elle aurait droit à un jugement.

Avant que Hoffman ne prenne congé, il aborda un dernier sujet.

- Il y a une dernière chose.

Pansy fronça des sourcils. Il lui semblait pourtant qu'ils avaient discuté de tout ce qu'ils avaient à présenter lors du procès. La sorcière se rassit et attendit que l'avocat reprenne la parole.

- Seriez-vous prête à montrer vos souvenirs lors du procès ?

Un gouffre ? Non. C'était pire, encore pire que ça ! Pansy serra les dents et se leva promptement du canapé, fusillant l'avocat du regard.

- Je ne suis pas une bête de foire ! Vous ...

- Comprenez-moi bien Miss Parkinson, la coupa-t-il, Je ne souhaite pas vous faire subir une humiliation mais vous innocenter. Le mangemagot ne se contentera pas que de vos paroles, même sous Véritasérum. Si nous devons gagner autant tout leur montrer.

- Les prendre par les sentiments, dit Blaise qui se récolta un hochement de tête de la part d'Hoffman.

- Je sais que ça peut être difficile pour vous mais si nous voulons vous innocenter, il nous faudra être aussi honnête que possible et les souvenirs sont les preuves les plus fiables pour un procès tel que le vôtre.

Pansy continuait de regarder Hoffman d'un regard tranchant, sous l'œil inquiet de Sébastien. Cependant, il devait avouer que l'avocat avait raison. Pour le moment, ils n'avaient aucun témoin pour leur défense, la majorité des mangemort étant morts ou évadés. Le peu de mangemorts à Azkaban connaissait à peine Pansy, quoi que … peut-être devrait-il en toucher un mot à son père concernant Greengrass. Ce n'était, certes pas la plus amicale avec Pansy, mais elle restait l'un des Mangemort qui l'avait beaucoup côtoyé. Avec une dose d'un bon Véritasérum, il pourrait consolider la défense de Pansy. Sébastien serra ses poings : il devait tout mettre de leur côté, leur futur, à Pansy et lui, était en jeu.

O ~ O ~ O ~ O ~ O

Remus était calmement installé dans le salon, un chocolat chaud dans ses mains. Il faisait assez chaud mais il avait besoin d'un peu de réconfort et seul le chocolat pouvait le lui apporter pour le moment. Ça avait toujours été comme ça dès qu'il ne se sentait pas bien, une tasse bien chocolatée réussissait à lui remettre dans sa bulle de confort.

- Remus ?

Le loup-garou leva sa tête à l'entrée du salon et vit Severus l'observer, inquiet.

- Encore en train de t'inquiéter ?

- Ne me dis pas que tu ne t'inquiète pas, répliqua Remus.

- Bien sûr, mais n'oublions pas qu'il s'agit de Potter, répondit Severus, un sourire en coin.

Cette réplique avait pourtant le don de lui remonter un peu le moral mais à cet instant elle le démoralisait encore un peu plus. Severus soupira, regrettant sa précédente action. Il n'avait jamais aimé voir Remus ainsi.

- Il y a eu du progrès ?, demanda Remus.

- La magie de Ronald est compatible avec le corps de Harry, son corps a recommencé à créer de la magie. Il ne reste plus qu'à attendre.

Remus hocha sa tête, assimilant les dernières nouvelles que lui amenait son compagnon. Il ne cessait de réfléchir à la situation et finissait par se blâmer à chaque fois. C'était lui qui était venu voir Harry pour lui proposer de partir en France. Il avait éloigné Harry de Poudlard et des autres. Tout était sa faute et rien que penser à cela lui saignait le cœur.

- James et Lily doivent m'en vouloir, souffla Remus, J'ai poussé Harry à venir en France et maintenant il se retrouve dans le coma. Sirius doit sûrement me maudire en ce moment.

- Arrête Remus, claqua Severus, Tu sais très bien que ce n'est pas le cas. Si tu n'avais pas proposé à Harry de partir, il aurait eu les enfants et Draco serait sûrement en train de préparer son mariage avec Parker. Le jeune Ronald aurait sûrement fait une bêtise pour ne plus avoir ses enfants et ne serait sûrement pas devenu l'hybride qu'il est maintenant, on n'aurait même pas eu nos trois nouveaux-nés !

Remus retint son souffle à la mention de leurs nouveaux-nés. Severus savait très bien les remords qui devaient sûrement occuper l'esprit du loup-garou mais ils avaient déjà traversé assez d'années dans le doute et le désespoir pour ne pas y retourner de sitôt.

- James et Lily ne t'en voudront jamais de ce que tu as tenté de faire pour leur fils. Le cabot doit sûrement avoir un sourire scotché au visage tellement il serait fier de ce que tu as fait pour Harry et Draco. Alors arrête de te morfondre.

Les larmes coulèrent des joues de Remus sans retenue et Severus n'hésita pas à réconforter son compagnon dans ses bras. En temps normal, Severus lui aurait demandé de rester l'homme fort dont il était tombé amoureux mais pas maintenant. Son homme était dans un état trop instable à cause des derniers évènements, une simple épave ayant besoin d'une rive où s'échouer et Severus était cette rive.

- Daddy …

Severus et Remus se tournèrent vers la voix et virent Teddy, sa peluche traînant au sol et son saint-bernard juste derrière lui.

- Pourquoi tu ne dors pas Teddy ?, s'inquiéta Remus.

Le loup-garou tendit ses bras vers son fils qui n'attendit pas plus longtemps pour venir s'installer auprès de ses parents.

- Je veux voir Harry.

Remus s'apprêta à lui répondre quand on toqua à la porte. Severus fronça des sourcils puis se leva rapidement du canapé, sans oublier de faire un léger baiser sur le front de Teddy.

- Je vais voir, souffla Severus.

Arrivé à l'entrée, Severus fut étonné de voir son filleul sur son palier. Draco n'était jamais venu dans la maison Snape, Lucius seul connaissant cette adresse. Le potionniste s'écarta de l'entrée et laissa la place au blond qui entra et le suivit dans le salon.

- Draco ?, s'étonna Remus, Que fais-tu ici ?

- Père m'a indiqué votre maison. Je dois discuter de quelque chose d'important avec vous.

Remus envoya un regard à Severus mais ce dernier se contenta de hausser une épaule alors qu'il faisait signe à son filleul de se rapprocher. Aucune chance que le maître de potion soit au courant. D'un silence commun, ils invitèrent Draco à s'installer et le blond se mit à parler.

O ~ O ~ O ~ O ~ O

Pansy ne cessait de se triturer les mains depuis son arrivée au Ministère. Son séjour à Azkaban avait été horrible. Les menaces qu'elle avait reçu de la part des Mangemorts et des gardiens résonnaient encore à ses oreilles.

Avait-elle vraiment une chance de s'en sortir ? Ses doutes et ses peurs étaient revenus comme des coups de fouets dans son dos et pesaient à présent sur ses épaules abattues. Elle regarda autour d'elle mais ne vit que les deux aurors qui l'avaient accompagnée depuis Azkaban. La salle était vide de meubles, après tout en quoi un accusé en aurait besoin ? Pansy ne put continuer son flux de pensées que Hoffman fit son entrée.

- Miss Parkinson, sourit Hoffman, Comment vous sentez-vous ?

- Si on omet mon enfermement à Azkaban et la peur de se faire tuer dans la nuit, j'ai vu mieux.

Hoffman lui fit un sourire navré. Pansy fût tentée de l'abandonner à son triste sort mais elle était prise entre deux feux : abandonner ou se battre pour sa liberté. Son cerveau lui-même l'avait abandonnée, lui donnant divers dénouements à la suite des événements. Certaines étaient plus joyeuses et d'autres étaient aptes à la mener au bord de la dépression ou de la folie. Une image fugace de Bellatrix passa devant ses yeux. D'un regard blasé, elle secoua la tête. Non, impossible d'arriver à ce stade elle se tuerait avant. Question de fierté.

Hoffman resta tout le long avec elle rediscutant des choses qui se passeraient. Bizarrement avec cet homme le temps passa plus vite, ou elle n'eut juste pas conscience tellement l'avocat avait des choses à lui dire. Quand un des aurors fit un tempus, elle vit alors que l'heure était arrivée et d'un geste uni, ils se mirent en marche vers la cour de justice.

Les menottes magiques la démangeaient aux poignets et aux chevilles, ralentissant sa marche. Son corps lui paraissait trop chaud à son goût, elle avait soif sans pour autant avoir soif. Cette pression était un calvaire insupportable. Ils arrivèrent bien trop vite à son goût dans la salle.

La cour de justice n'avait pas trop changé d'après les souvenirs qu'elle en avait. C'était une salle circulaire, des bancs d'un bois clair parfaitement poli placés pour accueillir les personnes extérieures au ministère se prolongeant presque jusqu'au fond de la salle. En face de la porte d'entrée se trouvait le siège du juge qui dirigerait le procès. À la gauche du siège se trouvait les sièges les plus convoitées des grandes familles sorcières : les sièges du Mangemagot. Les sièges du Mangemagot et celui du juge représentait bien leur statut assez élevé, quoi que les sièges du Mangemagot semblaient montrer un rang supérieur celui du juge.

Pansy ne put s'empêcher de repenser aux paroles de Blaise, qu'une liste d'héritiers avaient repris leur place au Mangemagot pour la défendre lors du procès. Elle jeta un rapide coup d'œil à la salle et vit ses amis déjà présents, en compagnie de Sébastien. Ils lui firent des signes de soutiens mais pas plus. Pansy et Hoffman, toujours accompagnés des aurors, avancèrent un peu au milieu de la salle où se trouvaient deux tables et des sièges. Ils s'assirent à l'une des tables et ce fut à ce moment-là que Pansy remarqua la petite estrade avec une barrière, faisant face aux sièges du juge et du mangemagot.

- Les membres du mangemagot et la juge Bones entreront dans quelques minutes. Prenez le temps de vous calmer un peu et n'oubliez pas d'appeler Bones par « My lady ».

Pansy hocha de la tête et resta à observer la salle qui se remplissait au fur et à mesure

que les minutes s'écoulaient. Elle vit beaucoup de personnes lui envoyer des méchancetés pires les unes que les autres. Certains n'hésitèrent pas à lui cracher qu'ils espéraient le baiser du détraqueur pour elle. Elle ne fut guère étonnée de voir Rita Skeeter faire son entrée dans la salle. C'était peut-être dur à dire mais Skeeter était regrettablement la seule chose que la guerre n'avait pas pu emmener avec elle. Aucun doute que son procès serait retranscrit de façon à la flageller publiquement. Un grognement de la part de Hoffman l'inquiéta. L'homme regardait un autre homme au même niveau qu'eux mais sur l'autre table : le parti adverse. L'homme fit un sourire à Hoffman et se rapprocha un peu.

- Pourquoi ça ne m'étonne même pas ?, sourit-il, Hoffman, défenseur des grands criminels.

- Vous semblez vraiment sûr de vous aujourd'hui pour avoir autant d'assurance, sourit Hoffman, Ne venez pas vous excuser après le procès pour vos paroles déplacées.

- C'est ce qu'on verra.

L'homme toisa Hoffman et Pansy et retourna à sa place. Quand la salle fût remplie, la juge Bones et les membres du mangemagot entrèrent à leur tour dans la salle. Toute l'assistance se leva et les saluèrent. Pansy vit avec soulagement Malfoy Senior, Zabini Senior, Weasley et Théodore. Elle fut même étonnée de voir Londubat avant de se rappeler qu'il faisait partie des héritiers voulant aider Pansy.

- Asseyez-vous.

Tout le monde s'assit à la demande de Bones. Un auror apporta un parchemin à la juge qui le lut avant de se tourner vers les deux partis.

- Bien. Nous, le Mangemagot et moi-même, sommes ici pour juger Pansy Parkinson, héritière de la famille Parkinson. Les accusations portées contre elle sont les suivantes : Mangemorte, participation à la guerre du côté du Lord Noir, enlèvement de familles, tortures et meurtres.

Amelia Bones détourna son regard du parchemin et le fixa sur Pansy. La jeune femme ressentit à ce moment ce qu'on trouvait à Bones. Son regard donnait cette impression d'être analysé au plus profond de soi.

- La coupable est-elle consciente de tous les actes dont on l'accuse ?

- Oui My lady, dit Pansy.

- Très bien. Je vais réexpliquer un peu quelques règles avant de commencer.

Quelques protestations commencèrent à venir mais disparurent bien vite d'un coup ferme de marteau de Bones.

- Je vais être bien claire. Ceci est un jugement. Toute personne perturbant le cours de ce procès se retrouvera avec une amende de 1000 galions et se fera escorter à l'extérieur du Ministère.

Ces paroles eurent l'effet escompté car plus personne n'osa se plaindre.

- Bien. Alors commençons. Maître Gordon représentera le Ministère et Maître Hoffman représentera Miss Parkinson. Maître Hoffman, c'est à vous.

Hoffman se leva et appela Pansy à la barre. Pansy se leva et alla se poser au centre de la salle derrière une petite barrière qui faisait face à Bones et le Mangemagot. On lui apporta une fiole qu'elle reconnut facilement comme étant du Véritasérum. Elle but le contenu et une minute après, Hoffman lui posa les premières questions d'usage.

- Présentez-vous.

- Mon nom est Pansy Maud Parkinson.

Hoffman se tourna vers Bones qui hocha de la tête : il pouvait commencer son questionnement.

- Miss Parkinson. Vous savez pourquoi vous êtes ici aujourd'hui ?

- Oui, répondit Pansy, Pour mon rôle en tant que Mangemorte.

Elle devait se calmer. Respirer, oui c'était ça. Respirer était la clé. Hoffman l'avait prévenu que les questions s'enchaîneraient. Hoffman fit comme convenu, puis vint l'instant le plus crucial.

- Comment êtes-vous entrée dans les rangs du Lord Noir ?

Pansy ferma ses yeux, se concentrant un maximum pour ne pas pleurer.

- Dolohov et d'autres Mangemorts sont venus chez moi et m'ont emmenés au Lord.

- Vos parents ?

- Ils les ont tués, siffla Pansy en serrant des poings.

Des exclamations de stupeurs éclatèrent un peu partout dans la salle, vite calmés par le marteau de Bones.

- Pouvez-vous nous expliquer ce qu'il s'est passé ce jour-là ?

- C'était l'été avant ma dernière année à Poudlard. Mon père ne voulait rien avoir affaire avec tout ça. Il ne voyait pas l'utilité de sacrifier une famille de sang pur si cette dernière s'éteignait. Le Lord n'était pas d'accord alors pour se venger il a envoyé des hommes pour m'y forcer.

Tout le monde était à l'écoute de la jeune femme. Cela ne calma pas pour autant son stress.

- Je me suis défendue du mieux que je pouvais mais Dolohov et ses amis étaient plus forts. Ils … ils ont tué mes parents devant moi avant de m'emmener au Lord.

- C'est à ce moment-là que vous avez eu la marque ?

- Non. J'ai eu la marque après …

Pansy s'interrompit, provoquant des murmures dans la salle. Hoffman l'interpela, lui demandant de répondre à la question.

- J'ai eu la marque après qu'ils m'aient violée.

La foule s'échauffa à la mention du viol. Les plus bruyants n'hésitèrent pas à crier haut et fort que ce qu'elle disait n'était que pur mensonge. Quelques aurors entrèrent et firent sortir les quelques personnes qui dérangeaient le procès.

- Savez-vous pourquoi ils vous ont fait cela ?

- Bellatrix m'avait dit que c'était là une manière de remercier les Mangemorts de leur fidélité au Lord, cracha Pansy, Dolohov m'a plusieurs fois dit que c'était pour s'assurer que je resterais sous les ordres du Lord.

- Bellatrix Lestrange ? A-t-elle eu droit à ce genre de choses ?

- Non, nia Pansy, J'étais la seule parmi les Mangemorts femme car je savais le moins me défendre.

Hoffman hocha de la tête et se déplaça un peu devant Pansy.

- Miss Parkinson, vous avez d'autres accusations portant sur des tortures ou assassinats. Pouvez-vous nous expliquer ?

- Je n'avais pas d'autres choix que de le faire, déclara Pansy, C'était eux ou moi.

- C'est un peu dur ce que vous dites.

- Je ne dis que la vérité. Quand je les torturais, c'était parce que j'étais sous les yeux d'un Mangemort qui m'aurait tuée à la moindre trahison.

- Et ceux que vous avez tués ?

- Certains Mangemorts gardaient des victimes pour avoir une mort plus longue et douloureuse. Je leur évitais cela en les tuant.

Une ombre douloureuse passa dans le regard de Hoffman. La jeune femme se demanda tout à coup si l'homme n'avait pas perdu quelqu'un de cher à ses yeux lors d'une des descentes de Mangemort. Elle se gifla mentalement à l'idiotie de sa question. Tout le monde avait perdu quelqu'un de précieux à son cœur lors de la guerre, Hoffman y compris.

- Avez-vous été soulagée lorsque le Lord Noir a été battu ?

- Bien sûr !

Cette affirmation étonna un peu Hoffman qui lui sourit avant qu'il ne dise qu'il n'avait plus de question pour Pansy. Maître Gordon se leva alors que Hoffman retournait à sa place.

- Miss Parkinson, Vous avez dit que vous avez été obligée de prendre la marque et de torturer toutes ces personnes.

- C'est ça.

- Pourquoi n'êtes-vous pas allée voir des aurors ou vos amis ?

- Je …

- Messieurs Malfoy, Zabini et Nott, la coupa-t-il, vos amis les plus proches, n'ont pas hésité à se battre contre le Lord Noir alors pourquoi pas être venue à eux ?

- Ils ...

- Vous avez préféré rester à torturer des innocents, la coupa-t-il d'une voix plus cinglante, Parce que ça vous plaisait !

L'éclat de l'homme prit de court la jeune sorcière. Non ce n'était pas du tout ça. Elle n'avait pris aucun plaisir à toutes ces tueries. Elle voulait survivre.

- J'étais seule, siffla-t-elle, Mes amis avaient des gens sur qui compter alors que moi je n'avais personne ! Qui accepterait d'aider une personne avec la marque des ténèbres ? Personne !

Non. Elle ne voulait pas crier, c'était contre toute l'éducation qu'elle avait pu avoir dans toute sa vie.

- Pendant que certains se reposaient sur leur saint sauveur, cracha-t-elle en direction de Gordon le regard bien appuyé sur lui, d'autres ont cherché à survivre ! J'ai cherché à survivre d'un mal qui menaçait ma vie !

- Il n'en est pas moins que vous suiviez ces idéaux, n'est-ce pas ?

Pansy écarquilla des yeux face aux propos du sorcier. Sa colère se calma rapidement alors qu'elle toisait l'homme de toute sa hauteur. Hoffman l'avait prévenue que ce genre de propos lui serait balancé à la figure mais ça faisait toujours autant mal de l'entendre. C'est avec calme qu'elle répondit à l'homme.

- Je suis née d'une lignée de sang-purs, dit-elle, Vu votre nom je dirais que vous, non. Dans notre éducation, nous étudions toute la base de la magie, ses bienfaits, ses effets, ses sources, sa puissance, ses menaces. Quand on entend des personnes prôner et encourager le mélange avec les moldus, ça a de quoi énerver quand cela pourrait amener à notre fin, nous sorciers en général et donc à la fin du monde magique.

Quelques exclamations se firent dans la salle mais Pansy n'y fit pas plus attention. Elle devait leur dire, qu'ils puissent faire la différence entre ceux qui étaient pour le Lord Noir et ceux qui étaient pour la sauvegarde de leur monde. Gordon la regardait avec mépris mais elle en avait cure, si c'était pour dévoiler quelque chose qu'ils ignorent depuis leur naissance alors soit, elle leur dirait.

- Serait-ce une de vos idées farfelues entre Mangemorts ?

- Je vous parle là des sang-purs, siffla-t-elle, Nous n'avons aucun problème avec les né-moldus si ce n'est leur manque d'éducation du monde sorcier.

- Donc vous confirmez votre approbation aux idées du Lord Noir ?

- Non. Je confirme un fait que vous ignorez tous depuis longtemps. Je n'adhère en aucun cas aux idées du Lord concernant une purification de la société sorcière. Nous avons autant besoin de né-moldus que de sang-purs dans notre société.

Pansy vit Hoffman lui faire un mince sourire encourageant, calmant son stress face aux révélations qu'elle venait de faire. Certes ce n'était pas prévu mais Pansy sentait qu'elle avait fait le bon choix. L'assistance la regardait avec curiosité et une certaine appréhension planait dans la foule, ce demandant si c'était vrai ce qu'elle disait.

- Donc vous vous considérez comme innocente face à tout cela ?

- Je ne dis pas que je n'ai rien fait de mal. J'ai torturé et tué des gens qui ne méritaient pas cela.

- Vous acceptez ce fait mais refusez de recevoir la peine capitale ? Avouez que ceci est assez contradictoire, dit-il de manière ironique.

- Vous n'êtes pas les seuls à avoir souffert de cette guerre, claqua-t-elle, Beaucoup de personnes, comme moi, ont été introduites dans les rangs du Lord sans leur accord et ont dû recourir à leurs plus grandes peurs pour survivre.

Gordon fut étonné de ses paroles mais n'en fit pourtant rien. L'homme soupira, se prit le menton entre ses doigts et fit quelques petits aller-retour devant Pansy, réfléchissant de la marche à suivre.

- Mademoiselle Parkinson, avez-vous fait partie de l'enlèvement des Messieurs Potter et Lostros ?

Le regard de Pansy s'élargit à cette question. Pourquoi ? Comment était-il au courant ? Sa panique dût bien se voir ou son avocat devait être bon car il n'hésita pas à protester.

- Objection ! Cette question n'a aucun rapport avec le passé de Mangemort de Miss Parkinson ou avec le Lord Noir ! Cette question cherche à discréditer ma cliente par un autre fait !

- My Lady, répliqua Gordon, Lors de cet enlèvement nous n'étions plus sous la menace du Lord Noir. La participation de Miss Parkinson pourra déterminer la véracité de son enrôlement dans les rangs de Mangemort.

Amelia Bones sembla peser le pour et le contre des deux avocats et frappa de son marteau pour rejeter la demande de l'avocat de Pansy. L'homme se rassit rapidement, écrivant rapidement quelque chose sur ses papiers avant d'acquiescer vers Pansy qui répondit.

- Oui, mais …

- Miss Parker vous a-t-elle obligé à participer ou y êtes-vous allez de votre plein gré ?

- Non, mais …

- Vous vouliez vous venger de ce qu'il vous est arrivé n'est-ce pas ?

- Oui, mais …

- Je n'ai plus d'autres questions, My lady.

Pansy fût choqué par l'avocat du ministère. L'homme n'avait pas attendu pour ses explications, il voulait juste prouver qu'elle restait une Mangemorte, même après la mort de Voldemort.

- Maître Hoffman, avez-vous des questions à reposer à votre témoin ?*

- Oui, my Lady.

Hoffman se leva et s'approcha de Pansy, un regard avenant.

- Miss Parkinson, qu'avez-vous fait après la mort du Lord ?

Pansy ne comprit pas où il venait en venir.

- Je suis rentrée chez moi. Je savais qu'on m'aurait arrêté immédiatement et …

Pansy envoya des regards vers ses amis d'enfance qui la regardaient en retour. Théo avait un sourire avenant, de même que Blaise. Draco, lui, n'avait pas de sourire avenant. Son visage était complètement fermé à toute émotion mais quelque chose se voyait dans son regard qui n'était pas du tout acéré ou distant, au contraire, il était attentif et la soutenait.

- … je ne voulais pas croiser mes amis d'enfance, desquels je pensais n'avoir aucun soutien.

- Les aurors sont passés chez vous mais vous n'y étiez pas mais Miss Greengrass oui, où étiez-vous ?

- Je ne suis pas restée longtemps chez moi, un jour tout au plus. Daphné Greengrass est venue chez moi pour m'avertir que le ministère ratissait le pays pour tous nous arrêter.

Un sourire naquit sur les lèvres de Hoffman, l'inquiétant un peu sur la prochaine question. Cet homme pouvait être parfois fourbe quand il le voulait.

- Donc c'est vous qui avez stupéfié miss Greengrass ? Pourquoi ?

Pansy fronça des sourcils, ne comprenant pas l'utilité de cette information. Oui, elle l'avait fait. La guerre venait de se terminer et Greengrass, une fille qu'elle ne supportait pas, principalement à cause de ses idéaux, se permettait de venir chez elle en terrain conquis, lui disant qu'elles devaient aller rejoindre Dolohov pour ne pas se faire attraper.

Non. Pansy avait alors réalisé ce que la mort du Lord signifiait pour elle : liberté. Elle n'avait plus à servir de jouet pour des Mangemorts. Elle avait refusé l'offre de Greengrass, mais cette dernière n'avait pas voulu et avait commencé à lui dire qu'elle devait absolument les rejoindre, lui crachant ses quatre vérités. Pansy avait alors compris ce que Daphné voulait éviter. C'était Daphné qui avait proposé au Lord de l'enrôler de force, étant la fille la plus proche de Draco. C'était à cause d'elle et de Dolohov que ses parents étaient morts. Daphné avait mis sur son dos tout ce qu'elle ne voulait pas qu'on lui fasse.

De colère, Pansy avait commencé à se battre contre Daphné, des sorts plus vicieux les uns que les autres. Elle avait rapidement retenu un Avada du bout des lèvres et avait changé le sort pour un stupéfix.

- Oui c'est moi qui l'ai fait.

Des chuchotements s'élevèrent parmi la foule et le Mangemagot. Skeeter nota furieusement sur son parchemin, comme si cette information en valait la peine. Hoffman lui redemanda pourquoi et Pansy expliqua, d'un air las, les raisons d'avoir stupéfié la jeune héritière Greengrass.

Elle vit très bien le sourire de Théodore qui envoya un regard à Lucius et Giovanni qui eurent ce même sourire en coin.

- Qu'avez-vous fait après ?

- J'ai pris un transport moldu et je suis partie pour la France.

- Pourquoi la France ?

- J'avais entendu dire que c'était un pays assez discret sur la vie privée des gens mais...

- « Mais » ?

- Je n'avais rien pour me nourrir et je n'avais pas ma clé de Gringrott. J'ai tenté de trouver un travail mais je n'avais aucune qualification, je n'étais qu'une élève. J'ai travaillé de la seule manière dont j'étais capable : en vendant mon corps.

Des glapissements se firent entendre un peu dans toute la salle, la majorité venant de femmes. Pansy vit même le regard de Bones s'élargir de stupeur et d'effroi.

- Et vous avez vécu dans cette situation, jusqu'à votre rencontre avec Miss Parker, c'est bien ça ?

- C'est ça.

- Comme vous l'avez dit, vous avez participé à l'enlèvement des Messieurs Potter et Lostros alors pourquoi ce revirement ?

Pansy ferma les yeux, n'osant regarder la foule qui la regardait avec autant d'avidité. Elle avait vraiment l'impression d'être exposée comme une bête de foire à laquelle on demandait toutes ses impressions, opinions et actions. C'était horrible, elle avait cette impression d'avoir un étau autour des poumons.

- Potter et Weasley.

- Monsieur Potter et Monsieur Lostros ? Qu'ont-ils fait ?

- J'ai parlé avec eux. Ils voulaient m'aider, ne cessant de me dire que j'étais innocente et toutes leurs paroles de Gryffondors, dit-elle exaspérée.

Son ton attira quelques sourires dans la salle, y compris à Bones. La majorité avait fait leur scolarité à Poudlard et l'animosité entre Serpentard et Gryffondor ne datait pas d'hier.

- Et pourquoi vous ne les avez pas crus ?

- Ce n'est pas eux en que je n'avais pas confiance mais dans le Ministère. Comprenez-moi, je suis une Mangemort aux yeux de la société, le Ministère n'aurait vu là qu'une Mangemort de plus à Azkaban et non une innocente. J'ai pu le voir quand ils sont venus capturer des Mangemorts.

- Alors qu'est-ce qui vous a poussé à les aider ?

Pansy jeta un regard à Ron. Elle n'avait pas envie de dire ce qu'il s'était passé dans les cachots. Ce ne serait rien pour certains mais pour elle ça avait de la valeur car ce qui s'était passé l'avait lié d'une certaine manière à ces deux Gryffondors chercheurs de problèmes.

- Parker voulait tuer un des enfants de Potter.

Des voix s'élevèrent de nouveau, choquées des paroles que venait de leur dévoiler l'accusée. Hoffman, un léger froncement de sourcils, son sourire toujours en place garda son attention sur Pansy et continua ses questions.

- Pourquoi ?

- Elle voulait faire un marché avec Draco. Draco récupérerait son bébé s'il redevenait son fiancé. Un soir, elle a piqué une crise en disant que Potter lui avait volé ce qui lui était dû. J'étais contre cette manière de faire, des jumeaux ne doivent pas être séparés même s'il s'agit des enfants de son pire ennemi.

Quelques têtes hochèrent à ses affirmations. La majorité des sorciers étaient au courant qu'il ne fallait en aucun cas séparer des jumeaux juste après leur naissance, la mort de l'un entraînait celle de l'autre.

Le procès continua encore longtemps, les questions un peu plus futiles ou plus importantes vinrent et revinrent. Trop longtemps au goût de Pansy.

Vint un moment que Pansy appréhenda énormément : la présentation des preuves. L'une des pièces maîtresse du procès fût les souvenirs de Pansy lors de son marquage et quelques souvenirs après. Heureusement la cour avait été interdite aux mineurs, sous la demande de Hoffman et Bones comprit rapidement la demande quand les souvenirs furent projetés à l'ensemble de la salle. Pansy eut mal de revoir ces souvenirs mais elle ne sut comment elle tint le coup jusqu'à la fin.

Puis les questions reprirent malgré les preuves. Le représentant du ministère n'avait jamais fini avec ses questions, reposant souvent certaines questions pour voir si Pansy n'avait pas réussi à détourner le Véritasérum.

Cependant, Hoffman et Bones virent bien son manège et la juge mit rapidement fin aux questions, demandant à chaque représentant de faire leur plaidoyer. Le représentant du ministère débuta, descendant Pansy le plus bas possible. La jeune femme se demanda même s'il avait regardé la projection des souvenirs lors de la présentation des preuves.

- À présent les membres du Mangemagot et moi-même allons-nous retirer pour délibérer, dit Bones en frappant deux coups de marteau.

Toute l'assistance se leva et attendit que Bones et les autres sortent avant de se rasseoir ou encore sortir. Pansy, n'ayant pas d'autre choix que de rester dans la salle, se rassit et attendit.

Elle ne sut combien de temps ils restèrent à attendre. Certaines personnes de l'assistance eurent le temps de sortir un moment et de revenir. Hoffman resta aux côtés de Pansy, en la rassurant et en lui montrant ce qui n'avait pas été lors du procès et ce qui l'avait été. Les aurors qui l'avaient accompagnée restèrent à leurs côtés, aucune fatigue visible. Cependant, Pansy remarqua une chose : ils ne la regardaient plus comme une menace mais comme une victime de guerre. Un peu plus et elle aurait pensé qu'ils prenaient pitié d'elle.

Quand les membres du Mangemagot et Bones revinrent, le silence revint dans la salle. L'air qu'arborait Weasley, l'inquiéta immédiatement. Avait-il été impossible de l'innocenter ? Hoffman lui avait dit que c'était sûr d'être condamné pour moins de 10 ans, mais l'expression de Weasley venait de lui enlever tout l'espoir qu'il lui restait.

- Miss Parkinson, levez-vous.

Elle n'avait pas envie de se lever. Elle avait peur mais elle était venue jusqu'ici et ce n'était pas pour rien. Ce fût avec mauvaise volonté et lassitude qu'elle se leva et fit face au juge et au Magenmagot. Bones soupira puis s'adressa à la sorcière.

- Je dois avouer qu'il était très difficile de prendre une décision face à tous ces actes. Miss Parkinson, votre enrôlement dans les Mangemort a été très éprouvant pour vous, physiquement et mentalement. Je dois avouer qu'une jeune femme de votre âge et de votre rang qui a su sortir de l'ombre et assumer de tels actes devant le Royaume-Uni tout entier a de quoi attirer le respect de chacun. En tant que femme, je vous admire pour ce courage dont vous avez fait preuve pendant tout ce procès. Cependant, nous ne devons pas oublier que vous n'avez pas été Mangemort de manière fictive. Vous avez pris des vies, blessés des familles, enlevés des parents à leurs enfants et traumatisés des esprits à la folie. Ces actes ne peuvent pas rester impunis.

Cette sensation de gouffre ne voulait pas s'en aller. Les paroles de Bones résonnaient dans son esprit, telles des cloches.

- Miss Pansy Parkinson, vous êtes condamné à un an à Azkaban avec droits de visites et un an clos dans votre lieu de résidence sous la surveillance d'aurors.

Pansy écarquilla des yeux quand elle entendit la sentence du Ministère. Elle devait sûrement rêver. Elle s'était attendue à au moins 10 ans !

- Grâce au sauvetage de messieurs Potter et Lostros, votre cellule restera isolée des Détraqueurs et d'autres prisonniers. Est-ce compris ?

- Très clair madame, souffla Pansy.

Amelia Bones eut un sourire avenant mais cela ne rassura pas Pansy. La peine qu'elle avait eu n'était pas très haute mais elle avait tellement envie de pleurer qu'elle se demandait encore comment elle faisait pour ne pas craquer maintenant.

- Bien. Pouvons-nous savoir le lieu de résidence où vous serez ?

Pansy se tourna vers le public et vit Sébastien la regarder avec une immense tristesse. Elle lui sourit et hocha de la tête. Le jeune homme soupira, un léger sourire vaincu, et se leva vers le juge Bones.

- My Lady, Miss Parkinson habitera chez moi, dans un quartier de Nantes, en France. Si cela est un problème, Pansy peut toujours rester chez mon père, ajouta-il en envoyant un regard vers Lucius qui hocha de la tête.

Amelia hocha de la tête et demanda les adresses. Cependant, quand il dit le nom du Manoir Malfoy, il vit quelques regards se tourner vers lui. La juge Bones, curieuse aussi, ne put que reprendre les papiers en demandant l'identité du propriétaire.

- Votre nom jeune homme.

- Sébastien Malfoy-Duchênes.

Pansy ne put s'empêcher de soupirer d'irritation quand elle vit le regard de convoitise que Skeeter envoya à son Veela. Si seulement elle n'avait pas d'Aurors autour d'eux, elle en aurait fait de la viande pour dragon.

- Miss Parker, vous avez droit à 10 minutes avant que l'on vous emmène à Azkaban.

Les paroles commencèrent à se faire plus intensives, chacun commençant à se lever, mais la voix d'Amelia Bones retentit avec quelques coups de marteaux, attirant toute l'attention sur elle.

- J'ai décidé cependant, avec l'aide du Maître de Potion qu'est Monsieur Snape, Lord Prince, que tous les prisonniers de l'après-guerre qui n'auront pas été jugé le seront sous Véritasérum et Legilimens. Cela nous permettra de nous acquitter de nos erreurs de jugements. La séance est levée !

Quelques voix s'élevèrent dans la salle, protestant une telle décision, mais le juge Bones ne s'en préoccupa pas et quitta son siège, suivie de quelques membres du Magenmagot.

Draco, Blaise et Sébastien qui étaient les plus proches rejoignirent rapidement Pansy qui parlait de quelques banalités avec Hoffman. L'avocat prit rapidement congé, sans oublier de saluer les héritiers Malfoy.

Sébastien vint prendre rapidement Pansy dans ses bras, n'ayant cure des regards qui s'élargissaient face à cette scène. Rita Skeeter n'hésita pas à noter quelques informations sur son parchemin. La jeune femme soupira d'aise avant de se dégager un peu de son compagnon, le regard légèrement brillant.

- Tu vois qu'on a bien fait d'attendre.

Les garçons, bien qu'ils virent la sorcière sourire, entendirent très bien la faiblesse dans sa voix. La jeune femme avait toujours été effrayée par Azkaban, ils savaient tous qu'elle faisait son maximum pour ne pas craquer ou tenter de fuir.

- Tout va bien se passer Pansy, déclara Blaise.

- Tu as entendu Bones, dit Draco, Tu seras dans une cellule loin des Détraqueurs et tu auras droit à de la visite. Les 12 mois vont passer très vite.

- Ils seront long et tu le sais très bien, Draco.

- Je viendrai tous les jours s'il le faut.

Pansy eut un sourire doux face à Sébastien. Comment un homme aussi attentionné pouvait lui être destiné ? Elle ne comprendrait jamais.

- Pansy ?

La jeune femme se retourna en direction de Ron qui venait de les rejoindre, en compagnie de Théodore, et elle ne put s'empêcher de s'en vouloir. Elle n'avait pas hésité à accusé le roux de ne pas tenir sa promesse. La promesse n'était pas tenue, mais elle avait une chance de reconstruire sa vie. Dans un élan de bonté, la jeune femme enlaça Ron et l'embrassa sur la joue.

- Merci Weasley … hum Lostros.

- Ronald.

Pansy eut un sourire plus franc et remercia encore le jeune homme. Elle se retourna vers ses amis d'enfance, chacun l'observant d'un œil fraternel qui l'avait énormément manqué.

- N'oubliez pas de me prévenir quand Potter se réveillera. Et je veux des photos ou souvenirs des enfants.

- On n'y manquera pas, sourit Draco.

La jeune femme leur sourit une dernière fois et s'en alla, suivie des aurors, en direction d'Azkaban. En effet un an ce serait vraiment très long. Quand elle fût loin de ses amis et de son Veela, les aurors furent les seuls témoins de ses larmes. Elle ne cria pas mais ces larmes, seules preuves de son désespoir, ne cessèrent de couler. Pansy, ce jour-là, se sentit plus perdue et seule que jamais. Mais cette fois, elle avait un foyer qui l'attendrait à la fin.

O ~ O ~ O ~ O ~ O

Draco et Blaise arrivèrent comme ils avaient pris l'habitude, vers 13h à l'hôpital Saint-Paul. Sans se préoccuper des infirmières à l'accueil, ils prirent immédiatement la direction de la chambre de Harry. Ce passage était devenu un rituel depuis le transfert de magie entre Ron et Harry. Draco aurait aimé rester tout le temps comme au début mais James et Scorpius ne pouvaient pas restés sans leurs deux parents.

Ces deux garnements avaient bientôt 2 mois et ils ne manquaient pas d'énergie. Son père et Florian avaient pu l'aider, mais ils devaient maintenant s'occuper de l'éducation d'Ashley. De plus, son père lui avait bien fait comprendre que les jumeaux, bien qu'ils soient ses petits-fils chéris, étaient sa responsabilité à lui et Harry. Harry n'étant pas disponible, Draco devait assumer les jumeaux et s'en occuper comme le bon père responsable qu'il était.

- Ron devient vraiment intenable.

- Je suis un peu dans le même cas.

- Non, Draco. Ron devient irritable, grogna Blaise, Tu te rends comptes que hier il n'a pas hésité à menacer une infirmière qui avait mal transfusé un médicament à Harry ?

- C'est son devoir de Gardien, non ?

Draco ne put s'empêcher de rigoler face à la mine de son ami. Ron était vraiment sur les nerfs et ça s'était amplifié après le jugement de Pansy. Il s'était passé tellement de choses, le blond se demanda si l'ancien roux prenait du temps pour se reposer.

- Depuis combien de temps vous n'avez pas eu de moment à vous ?

- Et bien, hier soir nous sommes restés calmement près de la cheminée avec les enfants et …

- Non, Blaise, le coupa le blond, Je te parle d'un moment à vous deux.

Le basané réfléchit un instant et réalisa qu'en effet, ils n'avaient pas eu de temps à tous les deux.

- Depuis notre départ pour Poudlard en fait. Après il y a eu sa disparition, ensuite il devait renouer son lien avec les enfants et maintenant on évite de laisser Sébastien trop seul. Il a du mal à supporter son éloignement avec Pansy. Même s'il la voit tous les jours, deux heures à parler ce n'est pas assez pour un Veela qui a découvert son âme-sœur. Il ne peut que lui toucher les mains pendant deux heures.

- Si tu veux, je peux garder tes enfants avec les jumeaux un de ces soirs et tu en profites pour décompresser avec Ron. Sébastien sera avec moi.

- Tu as besoin aussi de repos Draco, souffla son ami.

- Blaise. Tu sais très bien que je ne pourrais pas me détendre tant que Harry ne sera pas réveillé. Donc vous vous choisissez un soir et vous m'amenez les petits.

Balise hocha de la tête et quelques secondes après ils arrivèrent devant la chambre. Ils entrèrent calmement dans la chambre de Harry où ils purent voir un Ron en train de tourner en rond pendant que le médicomage faisait son auscultation.

- Comment va-t-il ?

- Le transfert s'est bien passé. Son corps produit de nouveau de la magie.

- Ça va faire deux mois qu'il est dans le coma, fit remarquer Ron, Nous avons fait le transfert depuis deux semaines.

Le médicomage soupira de frustration, supportant la mauvaise humeur de Ron. Blaise ne put s'empêcher d'envoyer un léger grognement réprobateur à son amant qui s'excusa avec un peu de réticence.

- Je peux comprendre que vous veuillez le voir se réveiller. Cependant, n'en demandez pas trop. Monsieur Potter est un sorcier très puissant et récupérer une si grande quantité magique demande beaucoup de repos.

Le médicomage lança quelques sorts de plus et un sourire un peu plus soulagé naquit sur son visage.

- Monsieur Potter est en phase de « semi-coma ». Il lui faut juste un peu plus de repos.

- Quand se réveillera-t-il ?, demanda avidement Ron.

- Demain ou encore dans une semaine.

Les trois jeunes hommes acquiescèrent alors que le médicomage prenait congé.

- Il se réveillera n'est-ce pas ?

Blaise envoya un regard éloquent à Draco puis s'approcha de Ron et l'enlaça de manière réconfortante.

- Tout va bien se passer. On parle de Potter là, tenta-t-il pour plaisanter.

Ron ne dit rien, se contentant juste de rester là à regarder son ami qui s'obstinait à garder les yeux fermer. Ron ne pouvait pas s'imaginer continuer sa vie sans leurs rigolades, ou encore leurs parties de jeux. Harry avait toujours été là pour lui et, malgré toutes les crises qu'il avait pu lui faire, avait toujours su lui pardonner et rigoler avec lui.

- C'est mon meilleur ami Blaise, souffla Ron.

- Je sais.

- C'est mon devoir de le protéger.

- Je sais.

- Et je ne peux rien faire.

- Tu as déjà fait beaucoup Weasley.

Ron leva son regard vers Draco qui lui faisait face, de l'autre côté du lit de Harry.

- Harry va bientôt se réveiller et c'est grâce à toi. Le pacte a bien aidé sur ce coup, plaisanta-t-il, Sans lui Harry serait encore dans un état grave ou nous aurions pu perdre nos fils.

Pendant toute la semaine, ils n'eurent aucun signe de réveil de la part du brun. Draco avait rapidement repris de l'espoir au deuxième jour qui avait suivi le diagnostic du médicomage. Harry avait l'air moins faible, son teint avait repris un peu plus de couleurs. Le blond s'était assis près de son amant et avait serré la main du brun dans la sienne. Et comme par habitude, il s'était mis à lui parlé. Il lui parla de tout et de rien pourtant, ce fût à la mention des jumeaux que quelque chose se passa.

- Mon cœur, si tu savais à quel point tu me manques. Sirius et Scorpius ne demandent qu'à te voir. On t'attend tous à la maison.

À peine avait-il dit ces paroles que deux doigts s'était mis à bouger.

- Harry ? Harry si tu m'entends, serre ma main.

Draco s'était attendu à ce qu'il serre sa main, mais le brun n'en fit pourtant rien. Sa joie retomba rapidement, mais l'espoir était revenu. Quelques minutes après, leurs amis entrèrent et il leur narra ce qu'il venait de se passer. Ron vit tout à coup un mouvement dans le lit et se rapprocha de son ami.

- Harry ?

Tout le monde se tut et fixa le brun. Hermione eut un grand sourire en voyant les paupières commencer à papillonner. Le brun grogna et s'étira un peu sur le côté avant d'ouvrir ses yeux sur Draco. Ce dernier, heureux, se précipita dehors pour demander à une infirmière d'appeler leur médicomage et lui dire que Harry s'était réveillé.

Draco se rapprocha de Harry qui l'observait avec un froncement de sourcils. Le brun s'apprêta à parler mais aucun mot ne sortit si ce n'était une petite toux. Draco lui tendit un verre que Harry accepta mais le brun ne lâcha pas le blond du regard.

Draco resta un moment à observer ses yeux émeraude et, pris d'une impulsion, s'assit sur le lit du brun. Le brun écarquilla des yeux et s'éloigna un peu du blond, étonnant leurs amis. Draco, se doutant déjà de ce qui allait suivre, feinta l'étonnement.

- Que se passe-t-il Harry ?, demanda Draco.

- Qui êtes-vous ?

Les amis furent étonnés de l'attitude de Harry. Hermione et Ron se rapprochèrent du brun et furent rapidement soulagés de voir le brun leur sourire et les appeler par leurs noms. Cependant, le brun se désintéressa rapidement de ses amis et se remit à fixer Draco. Ce dernier ne dit rien, encaissant le choc.

- Harry, tu nous fais une blague, hein ?

- Pourquoi je plaisanterais là-dessus ?

- Tu ne le reconnais pas ?

Le brun secoua sa tête, n'osant pas parler de peur de blesser plus le blond. Ce dernier envoya un regard à ses amis, la tristesse occupant ses yeux. Blaise savait ce qu'il allait faire et s'il en croyait son froncement de sourcil, il n'était pas pour, de même que Théodore. Leur discussion lui vint tout à coup à l'esprit.

~ O ~ O ~ O ~

- Alors pourquoi tu voulais nous voir ?, demanda Théodore.

- Ça concerne plus Blaise et Ron.

Théodore fit un mouvement de la main, comme si ce n'était qu'une information superficielle et retourna sa contemplation de Sirius qu'il tenait dans ses bras.

- Le médicomage m'a dit qu'ils ont fait quelques examens en plus sur Harry. Grâce à Weasley, il a plus de chance de se réveiller mais il risque d'avoir des séquelles.

- Du genre ?, demanda Blaise.

- Une perte de mémoire et un manque de contrôle sur sa magie.

Blaise et Théodore le regardèrent, effarés par la nouvelle. Blaise, le plus bouleversé, fit rapidement part de sa réaction.

- Tu te moques de moi, n'est-ce pas ?

- J'ai l'air de plaisanter ?

- Donc … Harry risque d'oublier Ron.

- Et Hermione, ajouta Théodore.

Draco soupira. En effet Harry risquait d'oublier ses amis. Sirius et Scorpius gémirent un peu, attirant le regard de Draco. Par Merlin, Harry risquait d'oublier sa propre famille.

- Dans le cas où Harry perd sa mémoire, plus rien ne le retiendras ici.

- Attends Draco, s'interposa Théodore, Tu ne comptes rien faire ?

Draco soupira alors qu'il passait sa main dans ses cheveux. Son regard se focalisa sur ses fils, qui étaient toujours endormis. Si ce que lui avait dit le médicomage s'avérait vrai, Draco ne pourrait pas mettre la responsabilité des garçons sur le dos d'Harry. Le connaissant il paniquerait.

- Je veux juste que dans le pire des cas, tu acceptes de suivre et de protéger Harry.

- Quoi ? !

Blaise s'était levé et regardait Draco, le dos tendu. Colère et étonnement ne faisaient qu'un dans sa tête.

- J'espère que tu plaisantes, siffla Blaise.

- Réfléchis, s'exaspéra Draco.

- C'est plutôt à toi de réfléchir ! Tu te rends compte de ce que tu me demandes ? Tu me demandes d'abandonner mon rôle de gardien !

- Je n'ai jamais dit ça !

Draco se leva à son tour et fit face à Blaise, les deux se fusillant du regard, la mâchoire serrée.

- Je pensais que tu garderais la tête froide mais là !

- Répète un peu ? !

- Tu m'as très bien compris !

- Tu es en train d'agir comme un Poufsouffle ! Tu fuis !

- Répète ça ? !, siffla Draco.

- Hey, calmez-vous !

Draco et Blaise se turent mais aucun ne baissa le regard. Théodore soupira et se mit à bercer un peu Sirius qui commençait à gémir.

- Draco, pourquoi cette demande ?

Draco s'affala dans le siège.

- Avec mon père et Florian on a pensé qu'il serait mieux que Blaise et Ron restent avec Harry.

Blaise commença à protester mais le blond le devança.

- Ce n'est pas forcément obligatoire Blaise. C'est juste en cas de nécessité. Si Harry perd la mémoire, il tentera de réaliser ce qu'il aime faire le plus avant tout. Le raffut que son réveil et ce qui tourne autour de sa mémoire provoqueront le fera fuir.

- C'est pour cela que tu demandes à Blaise de rester avec lui, supposa Théodore, Weasley étant le dernier hybride accompagnant les Gryffondor il n'hésitera pas à suivre Potter. Tu veux leur éviter de choisir entre Potter et toi.

- Je sais, ça fait très Poufsouffle, dit-il un sourire pincé en coin.

Théodore soupira vaincu, un fin sourire aux lèvres alors qu'il redéposait Sirius aux côtés de son jumeau. Draco se tourna vers Blaise et ne put s'empêcher d'avoir un sourire triste à la vue de son ami. Le basané n'était pas du tout d'accord avec cette décision mais il ne pouvait rien faire. Harry était le seul qui pourrait changer tout ça.

- Tu n'as pas à t'inquiéter pour moi Blaise. Stella a accepté de prendre le rôle de gardien le temps que tout s'arrange.

Blaise serra des poings mais ne dit rien. Il toisa son ami et se rassit dans un des sièges de la terrasse. Draco fut soulagé que son ami n'aille pas plus loin dans les explications, mais c'était bien mal connaître ses amis.

- Et si Potter ne retrouve jamais la mémoire ?

- Alors je ferai en sorte de rester loin de lui.

Blaise et Théodore froncèrent des sourcils, le basané n'hésitant pas à poser ses coudes sur ses genoux, le menton appuyé sur ses mains croisées.

- Lupin n'aimera pas trop ça, dit-il.

- Ça a été un peu compliqué de le convaincre, grimaça Draco, mais il connaît Harry et il a vite compris mon point de vue.

- Et les jumeaux ?

Draco soupira et regarda ses jumeaux. Sirius commença à gigoter et Draco vint rapidement le prendre dans ses bras.

- Je ne veux pas lui imposer quelque chose dont il ignore l'origine. S'il découvre sans se rappeler, je lui dirai. S'il ne se rappelle pas je ne lui dirai rien.

- Mais … il découvrira cela non ? Les tapisseries ? Les gobelins ?

- Alors à ce moment-là il viendra me demander des explications et j'en discuterai avec lui. Pour les jumeaux c'est une autre affaire.

- Comment ça ?, demanda Blaise.

- Je ne peux leur dévoiler l'identité de leur père porteur à un si jeune âge. Nous serons amenés à rencontrer Harry assez souvent si vous êtes avec lui et je ne peux pas empêcher mes fils de vous voir, vous êtes leurs oncles. Peut-être avant leur entrée à Poudlard ou après je leur dirai. Je verrai le moment venu.

~ O ~ O ~ O ~

Draco rouvrit ses yeux puis refit face à Harry et se présenta. Il avait pris sa décision.

- Je suis Draco Malfoy.

Les Gryffondors se tournèrent vers Draco. Hermione et Ron s'apprêtèrent à protester à propos de l'inutilité de se présenter quand ils virent les signes discrets de leurs petits-amis respectifs. Ce fut à ce moment-là qu'ils comprirent que les Serpentards étaient au courant de cette possibilité.

- Draco … Malfoy ?

Draco hocha la tête, un sourire avenant. Harry lui sourit discrètement avant de finalement se désintéresser de lui définitivement. Deux minutes plus tard, le médicomage entra dans la chambre et fit quelques analyses sur Harry. Il expliqua rapidement la situation au jeune sorcier qui l'écouta attentivement. Le médicomage continua de lancer quelques sorts et eut soudainement un froncement de sourcil avant que son air ne devienne plus grave. Il se tourna vers Draco et secoua la tête, confirmant ce que soupçonnait le blond. Comme prévu entre eux, le médicomage dit calmement que Harry était en bonne santé, mais c'était sans compter sur la ténacité de Hermione et Ron.

- Attendez, s'interposa Ron, Il y a un problème. Harry ne se rappelle pas de Draco.

Entendre le constat qu'il s'était fait dans la tête lui fit mal. Draco ferma ses yeux, essayant de paraître plus blasé qu'autre chose mais ce fût plus difficile, surtout en voyant le regard toujours aussi interrogatif du brun se poser sur sa personne.

- Monsieur Potter je vais vous poser quelques questions. Cela nous permettra d'établir la limite de votre amnésie.

Le brun hocha de la tête et jeta un dernier regard vers Draco qui avait toujours les yeux fermés, avant de se concentrer sur le médicomage.

- Connaissez-vous votre date de naissance et votre identité ?

- Harry James Potter, né le 31 Juillet 1980.

Le médicomage hocha de la tête et continua de lui poser des questions. Le blond, pendant toute l'interrogation du médicomage ne cessa pas un instant de regarder Harry. Ce dernier dut cependant sentir son regard car un léger rougissement apparut au niveau de ses joues.

Le médicomage fit rapidement son diagnostic, ils comprirent tous alors que Harry avait oublié toutes les personnes affiliés au nom Malfoy. Théodore et Blaise ne furent pas trop touchés par cet oubli mais Draco ignorait comment Florian et Sébastien le prendraient.

Draco, après une demande du médicomage, le suivit en dehors de la chambre.

- Je pense que vous l'avez bien compris Monsieur Malfoy.

- Comment est-ce possible d'oublier toute une partie des personnes ?

- Je l'ignore, soupira le médicomage, Même pour nous la science reste un domaine très inconnu.

Draco passa sa main dans ses cheveux, les dérangeant encore plus qu'ils ne l'étaient. Merlin, Harry avait même fini par oublier qu'il était enceint !

- Y a-t-il une chance qu'il se rappelle de moi ? De ma famille ou nos fils ?

- Je l'ignore monsieur Malfoy. Cela pourrait prendre quelques jours, quelques années ou jamais.

Draco eut un instant d'égarement à s'imaginer élever ses fils sans que Harry ne retrouve la mémoire. Les jumeaux et Harry en souffriraient.

- Merci de ne pas lui avoir dit pour sa grossesse.

- Je connais mon métier Monsieur Malfoy. Cependant, je vous conseille de ne pas garder cela secret trop longtemps.

- Si je lui dis qu'il a des fils avant qu'il ne s'en rappelle, il fera une crise.

- C'est votre choix, mais vos fils auront besoin du soutien magique maternel de leur second père.

Le blond hocha la tête et le remercia encore une fois avant de prendre la direction de la chambre. Quand il entra, le brun se trouvait en présence de Ron et d'Hermione.

- Ron et moi allons rejoindre Blaise et Théodore un moment.

Ron hésita un moment puis décida de suivre tout de même l'idée de son amie. Harry parut un instant désemparé mais ne dit pourtant rien. Les deux amants se retrouvèrent seuls, Harry réfléchissant sur une manière de combler la tension entre eux.

- Tu m'as dit que ton nom c'était Draco Malfoy, c'est ça ?

Draco lui confirma et n'hésita pas à ajouter un peu de leur histoire du temps de Poudlard. De leurs querelles jusqu'à leur amitié, Draco n'omit rien du tout excepté leur relation. Au fur et à mesure de la discussion Harry sembla plus à l'aise en sa présence bien qu'un froncement persistait au niveau de ses sourcils. Après quelques souvenirs racontés par Draco, Harry ne retint plus sa frustration.

- J'essaie de me rappeler mais je n'y arrive pas et Ron et Hermione ne veulent rien me dire de plus.

Harry se tint la tête, un mal de crâne naissant, ce qui inquiéta Draco. Leur situation était déjà bien assez compliquée comme ça, il ne voulait en aucun cas empirer l'état de Harry.

- Ne te fatigue pas, souffla Draco, Pour le moment prend le temps de te reposer.

Harry fût un peu troublé par l'attention que lui prêtait Draco. Le blond remarqua bien vite l'effet qu'il avait sur Harry mais ce n'était pas comme s'il pouvait s'empêcher d'agir de la sorte. Si on lui demandait de s'éloigner de Harry, il doutait qu'il réussirait, ça lui était tout simplement impossible. Ce fut un peu rouge que Harry finit par lui poser la question qu'il redoutait le plus.

- Est-ce que nous … vous …

Le regard de Draco se voilà un peu. N'était-ce pas évident que le brun cherchait à savoir un peu plus sur lui, l'homme dont il ne savait plus rien ? Draco se tourna un peu vers la porte, souhaitant fortement que leurs amis reviennent.

Ils en avaient discuté quand ils étaient au Manoir Malfoy mais jamais Draco n'aurait pensé que cette possibilité se serait réellement produite. Le blond fit face à Harry et lui sourit discrètement.

- Nous sommes juste des amis.

Fin.

Et voilà. Fiction «Juste Amis » terminée.

* Dans la loi anglaise, plutôt le 'Common Law' les avocats peuvent revenir reposer des questions aux témoins. Ce qui peut rallonger un procès au fur et mesure des questions.

* Toujours dans le 'Common Laws' on appelle le juge, si c'est une femme : « My Lady ».

Réponses aux Reviews : Je vais répondre aux reviews de manière groupée.

Lectrices et lecteurs,

Je vous remercie de m'avoir suivi jusqu'au bout de cette aventure avec Juste Amis. Certains me suivent depuis mes débuts et ont vu mes progrès. D'autres m'ont pris en chemin et m'ont encouragée. Ça m'a fait très plaisir.

Je sais ce que certains vont me dire : « Quoi ?! Ça se termine là ?! », « Quelle fin pourrie ! », « Tu ne peux pas faire ça ! Tu dois faire une suite à ça ! » «Je n'aime pas cette fin» mais je vous rappelle que c'est moi l'auteur de cette fiction.

Je confirme, cette fin n'est pas correcte. J'ai décidé de finir cette histoire sur une fin ouverte mais j'ai bien réfléchis et je compte bien faire un épilogue. Donc, pour certaines, calmez-vous !

J'espère vous revoir encore dans prochaines aventures avec les couples que je créerai ou dans d'autres histoires, qui sait.

Merci à tous du fond du cœur.