Maggy et Laurie : merci beaucoup pour vos reviews, ça fait super plaisir ! Et Maggy, je t'avoue que j'aimerais aussi vraiment pouvoir poster régulièrement chaque semaine comme je l'avais prévu au départ (ce qui sera d'ailleurs normalement le cas ce mois-ci, même si ça ne sera pas toujours des chapitres mais parfois plutôt des bonus), malheureusement je n'en ai souvent pas le temps, avec mes cours et tout le reste, ou simplement mon inspiration qui me quitte. Désolée…
« Montre-toi utile, reste ici à surveiller ton fils avant que je revienne. »
Neal se tenait toujours devant la porte d'entrée de l'appartement d'Emma, les paroles de cette dernière résonnant à son esprit alors qu'il tentait de réaliser ce qui venait de se passer.
Elle était partie. Elle l'avait laissé, avec leur enfant, afin de rattraper l'inconnu qui était apparu face à lui peu de temps auparavant.
Ce pauvre jeune homme sur qui il avait déversé toute sa haine.
Et lui était coincé ici, à attendre la blonde, à ruminer sa peine.
Les mots étaient sortis sans même qu'il n'ait le temps d'y réfléchir. Mais cela avait été plus fort que lui. Quand son ex-amour avait prononcé le nom de l'intrus… son sang n'avait fait qu'un tour, poussé par la jalousie mais aussi parce que ce n'était pas la première fois qu'il entendait parler de ce fameux Killian.
La première ayant été lorsque Henry avait demandé à sa mère, le lendemain de leurs retrouvailles, pensant qu'il ne les écoutait pas puisqu'il s'était absenté quelques minutes pour se rendre aux toilettes, quand est-ce que l'irlandais allait revenir chez eux. Il avait été facilement reconnaissable par le ton de sa voix que qui qu'était cette personne, il manquait au garçon.
Tout comme sa déception avait facilement été reconnaissable, elle aussi, lorsque la propriétaire des lieux lui avait vaguement répondu qu'elle ne savait pas. Que c'était assez compliqué, entre eux, pour le moment.
« C'est à cause du retour de mon père, c'est ça ?! avait alors continué son interrogatoire le plus jeune. »
Le cœur de l'intéressé s'était serré dans sa poitrine à l'entente de cette question, même si elle ne semblait pas forcément remplie de reproches à son égard. Il voulait juste savoir s'il y avait un lien entre les deux. Du moins, il l'espérait. Car il ne voulait pas que son fils soit triste par sa faute. Il l'avait déjà bien assez fait souffrir par le passé.
Pour tout le restant de sa vie, même.
Emma n'avait rien répliqué. Qu'aurait-elle pu dire, de toute façon ? C'était peut-être un peu de sa faute à lui, oui, mais surtout de la sienne à elle. C'était elle qui rendait les choses ainsi difficiles. C'était elle qui préférait éviter le problème plutôt que l'affronter.
C'était elle qui gâchait tout… comme toujours.
Et puis de toute façon, elle n'avait pas eu l'occasion de prononcer la moindre parole de plus, puisque celui dont ils parlaient justement avait profité de ce silence pour entrer dans la pièce. Avec son arrivée s'installa une ambiance lourde et pesante dans la salle. Il n'en avait pas fallu plus pour que le brun comprenne que Killian était un sujet tabou.
Cela ne l'avait pourtant pas empêché de demander innocemment, sa curiosité piquée au vif :
« Qui est-ce, ce Killian ?
– Personne, s'était aussitôt écriée Emma, surprise par cette voix et cette nouvelle présence à ses côtés alors qu'elle ne l'avait pas entendu approcher. Juste un ami. »
La précipitation avec laquelle elle lui avait répondu avant d'engager une nouvelle conversation, lui demandant s'il voulait boire quelque chose alors que sa main venait se poser d'instinct sur l'épaule de son enfant avait tout de suite fait comprendre à Neal que quelque chose de plus se cachait derrière ce personnage. Qu'il n'était pas juste un ami pour la jeune femme, ni même pour leur fils ; ce qui l'avait d'autant plus intrigué sur l'identité de cet homme. Cependant, se rendant bien compte qu'il ne leur soutirerait pas davantage d'informations, il n'avait pas plus insisté auprès des Swan.
Il n'avait pas arrêté son enquête pour autant.
En effet, dès le lendemain matin, il avait commencé à chercher à aller vers d'autres gens pour se renseigner au Granny's tandis qu'il prenait son petit-déjeuner assis au comptoir en compagnie d'un couple qui semblait plutôt friands de ragots, à en croire les discussions que le new-yorkais pouvait percevoir d'une oreille distraite – non pas qu'il se sentait intéressé d'une quelconque manière par les histoires de cette ville (autres que celles qui concernaient son ex-petite-amie, bien entendu) mais parce qu'il était forcé de les entendre malgré lui, tant tous deux dialoguaient avec animation.
« Excusez-moi, les avait-il interpellé avec précaution tout en se rapprochant un peu plus d'eux. »
Ils s'étaient alors tus, et la femme s'était retournée dans sa direction. Pendant plusieurs secondes elle l'avait dévisagé sans rien dire, l'inspectant de la tête aux pieds. Puis elle lui avait demandé froidement, peu ravie qu'on l'ait ainsi coupée dans sa conversation – par un inconnu, qui plus est :
« Qu'est-ce que vous voulez ?!
– Je me demandais… connaîtriez-vous un certain Killian, par hasard ?
– Killian Jones ? avait demandé l'homme du couple, prenant à son tour part à la discussion.
– Je ne sais pas, avait avoué l'autre. Je ne sais rien d'autre que son prénom.
– Il n'y a qu'un seul Killian ici à Storybrooke… Ce doit sûrement être lui.
– Vous le connaissez, donc ? avait reposé sa question le brun.
– Bien sûr qu'on le connaît, avaient répliqué d'une même voix les amants. Tout le monde ici le connaît. A peine arrivé, il faisait déjà parler de lui, avec sa fille. Et puis, il est shérif, maintenant. »
Suite à quoi ils s'étaient retournés, pensant en avoir fini avec lui, maintenant qu'ils lui avaient répondu. Mais ce dernier n'en était pas resté là, malheureusement.
« Que voulez-vous dire par "il faisait déjà parler de lui avec sa fille" ? Que s'est-il passé ? avait-il insisté, plus avide de savoir que jamais.
– Oh, pour faire court, il a été accusé, preuves à l'appui, de mauvais traitements envers elle. Et quand les services sociaux sont arrivés pour le confronter, ils l'ont retrouvé en état de coma éthylique – être un mauvais père ne suffisait pas, il faut croire qu'il fallait ajouter alcoolique à la liste des choses à ne pas faire. »
Neal avait retenu un hoquet de stupeur à l'entente de ces propos. C'était véritablement cet homme dont Henry et Emma parlaient plus tôt ? C'était vraiment lui, cette ordure capable de lever la main sur une pauvre petite âme innocente – sa propre petite âme innocente, d'autant plus, qu'il était censé aimer et protéger ! – que le garçon réclamait voir ? Que sa mère laissait voir ?
Vraiment ?!
Il avait du mal à y croire. Pourtant…
« Et il n'a pas été jugé ? avait voulu savoir le fin mot de cette histoire le brun.
– Figurez-vous que non. Parce qu'il a eu, pour je ne sais quelle raison, le soutien d'à peu près toute la ville, et notamment celui de notre merveilleux shérif, avec qui il s'est révélé avoir une aventure. Et il faut croire que ça a du bon, de sortir avec un shérif, parce que grâce à ça, en plus de voir son accusateur, pourtant anonyme, se rétracter dans sa démarche de le faire tomber, il a pu être promu shérif à son tour quelques mois plus tard. »
La femme, qui était celle qui avait raconté tout ce récit à son vis-à-vis, s'était stoppée quelques secondes dans son discours. Elle s'était reprise ensuite, davantage pour elle-même que pour son interlocuteur, perdue dans ses pensées, un petit sourire mesquin aux lèvres :
« Il faudrait peut-être que je tente de séduire David, tiens, ça pourrait être une bonne idée. Au moins ça m'éviterait pas mal de problèmes avec la justice… »
Ce qui n'avait parut pas plaire à son compagnon, qui avait répliqué par un « eh ! » désapprobateur. Le new-yorkais, lui, qui se souciait bien de leurs histoires de couple, intéressé par tout autre chose, n'avait pas laissé le temps à l'intéressée de répliquer, puisqu'il avait posé une dernière question :
« Il… il est sorti avec David ? »
Sa voix était remplie d'espoir, il se sentait presque rassuré par le commentaire qu'il venait d'entendre sur ce David qu'il ne connaissait pas mais qui devait être shérif, à en croire ses propos. Parce que cela voulait dire qu'Emma n'était pas la seule shérif de la bourgade, et que s'il écoutait les dires de l'inconnue, ce devait être lui qui avait eu une relation avec Killian, et qui l'avait aidé à échapper à la justice… non ?
« Non, l'autre shérif, Emma Swan, avait-elle mis fin à toutes ses croyances. »
Puis elle s'était tournée à nouveau vers son amant qui semblait faussement énervé suite à ses propos, et ils n'avaient plus prêté la moindre attention à leur voisin de comptoir. Ce dernier, de toute façon, le cœur battant à vive allure dans sa poitrine, ne souhaitait plus rien savoir.
Il en avait déjà assez appris pour se faire une opinion sur ce Killian Jones.
Toutefois il avait du mal à comprendre comment la blonde avait pu accepter un tel homme dans sa vie, et ne pas le pardonner lui – ou du moins, très difficilement. Certes, il avait fait des erreurs, mais jamais il ne s'était montré violent envers qui que ce soit. Jamais il ne lui viendrait à l'esprit de faire du mal (physiquement, en tout cas, car il avait parfaitement conscience que – malgré lui, bien sûr – il l'avait déjà fait psychologiquement) à son enfant.
Encore plus, jamais il ne comprendrait que quelqu'un puisse le faire. Et qu'il s'en sorte indemne, qui plus est. Qu'il arrive à berner toute une ville.
Pauvre petit fille…
Il espérait que la jeune femme savait ce qu'elle avait fait, en permettant à cet homme de rester en liberté. Il espérait qu'elle était certaine qu'elle était en sécurité. Qu'elle avait une bonne raison de l'avoir fait, et pas seulement qu'elle avait été aveuglée par l'amour.
(Comme elle l'avait été avec lui…)
Pauvre Storybrooke, aussi. Se retrouver entre les mains d'un tel personnage… comment ses habitants pouvaient-ils lui faire confiance, lui laisser leur protection ? Ce lieu était bien étrange, finalement.
C'était en tout cas ce à quoi il avait songé en quittant le Granny's après avoir payé l'addition de son petit-déjeuner et souhaité une bonne journée au couple qui avait accepté de répondre à ses interrogations. Il n'avait donc pas eu le temps de percevoir le regard accusateur de la propriétaire des lieux sur les intéressés, ni sa réprimande à leur intention :
« Cruella, Isaac ! Qu'est-ce que vous manigancez encore ? Qu'est-ce que vous avez raconté à ce pauvre garçon pour qu'il s'en aille aussi dépité, sans même attendre que je lui rende sa monnaie ?
– Oh, rien du tout, promis, avaient souri faussement les intéressés pour toute réponse. »
C'était bien dommage. Car peut-être l'aurait-ce poussé à vouloir une autre version des faits sur l'irlandais. Et peut-être ne se serait-il donc pas emporté contre lui, lui permettant de ne pas se retrouver seul comme il l'était à présent, assis sur le canapé du salon de l'appartement des Swan, à attendre le retour de son ancienne amour avec impatience, le regard rivé sur une photographie qu'il venait de trouver, où étaient représentés la mère et le fils en compagnie de Killian et sa propre enfant, justement.
Ils paraissaient si proches là-dessus, presque une famille, même, pour qui ne les connaîtrait pas. Sûrement avait-elle été prise quand les deux adultes se fréquentaient encore. Et la brunette semblait si souriante, entre les bras de son père, accrochée à lui comme à une ancre, comme s'il était tout ce qu'elle avait de plus cher au monde… on pouvait facilement penser qu'elle était heureuse. Véritablement heureuse, et non pas un faux bonheur.
Alors peut-être l'avait-il bien mal jugé. Peut-être Emma avait-elle raison. Il ne le connaissait pas.
Peut-être que si cet homme avait été innocenté, c'était tout simplement parce qu'il n'avait rien fait de mal. Qu'il n'avait jamais levé la main sur sa fille. Qu'il n'était pas violent, ou alcoolique.
Mais alors comment expliquer son odeur de rhum et son hématome à l'œil lorsqu'il lui avait ouvert la porte plus tôt dans la soirée, s'il n'était pas ainsi ? C'était après tout cette vision qui avait confirmé son premier jugement hâtif. Ajouté à la jalousie ressentie face aux regards qu'ils s'étaient lancés, tous les deux, aussi.
Cette lueur qu'il avait pu apercevoir dans leurs yeux alors qu'ils ne lâchaient plus ceux de l'autre comme si lui n'existait plus, à côté d'eux.
Ils étaient sortis ensemble, alors… Et s'ils recommençaient ? Ou pire, s'ils ne s'étaient jamais quittés ?
Cette pensée avait été celle de trop. Celle qui l'avait poussé à mal parler. Et maintenant, en regardant cette photographie, il s'en voulait. Parce que lui n'avait jamais réussi à faire sourire Emma de cette façon. Parce que lui n'avait jamais pu lui offrir ce qu'elle avait toujours souhaité.
Ce qu'elle méritait plus que quiconque.
Il fut cependant ramené à l'instant présent par l'arrivée de Henry, qui avait été réveillé par tout le bruit qu'ils avaient fait, dans le salon. Ses cris à lui, ceux de sa mère. Et, ne la voyant pas quand il pénétra dans la pièce, les prunelles rougies par la fatigue, il s'écria, tout à coup bien réveillé :
« Où est maman ?! Pourquoi est-ce que vous vous êtes disputés ? J'ai… j'ai entendu mon prénom pendant que vous parliez… c'est à cause de moi, c'est ça ?! »
Il n'en fallut pas davantage pour que le jeune homme ne reprenne totalement ses esprits, et lève son regard en direction du garçon, qui paraissait triste et inquiet. Il l'invita donc à le rejoindre, laissant tomber l'image sur ses genoux sans plus y prêter la moindre attention.
Il passa un bras autour des épaules du petit brun, comme il avait vu Emma le faire pour le rassurer, et lui répondit :
« Bien sûr que non, ce n'est pas de ta faute. C'est de la mienne, en fait. Mais ne t'inquiète pas, tout va s'arranger. Elle est… partie pour une urgence, mais elle va revenir, d'accord ? »
Neal n'aimait pas mentir. Surtout pas à son fils. Mais ce n'était pas vraiment un mensonge… si ?
(Non. Retrouver Killian et s'expliquer avec lui était une réelle urgence pour la shérif.)
L'enfant ne répliqua rien cependant, et se contenta de hocher la tête. Exténué, il se colla un peu plus à son père pour laisser reposer sa tête contre lui, ce qui fit bondir le cœur de l'intéressé de joie dans sa poitrine face à ce geste. C'était la première fois qu'il se montrait aussi proche de lui, qu'il n'hésitait pas à lui montrer quelconque affection. La peur aidait, sûrement.
Ils restèrent dans cette position, muets, jusqu'à ce que Henry baisse la tête et remarque la photographie sur les genoux de son père. Il l'attrapa alors entre ses mains et la contempla, songeur, un sourire venu s'imprimer sur ses lèvres dès qu'il posa ses irises sur celle-ci alors que le bon souvenir de ce jour lui accaparait à nouveau l'esprit.
« Tu l'aimes beaucoup, hein ? fit l'adulte, davantage une remarque qu'une question. »
Le garçon releva la tête et le dévisagea, un air d'incompréhension dans le regard.
« Killian, pointa-t-il l'intéressé du doigt, pour préciser ses propos. Tu l'aimes beaucoup ?
– Oh, oui ! répliqua spontanément le petit brun avec beaucoup d'enthousiasme. »
Néanmoins il se reprit bien vite, voyant la tristesse apparue dans les yeux de son père, même s'il tenta de la cacher du mieux qu'il le pouvait, même s'il s'était préparé à une telle réponse.
« Mais toi aussi… je t'aime bien, avoua-t-il timidement. Je suis content que tu sois revenu. »
Instantanément les prunelles du jeune homme s'illuminèrent de nouveau, sincèrement touché, et ne s'attendant pas à ce qu'il rajoute de telles paroles à son égard. Que son fils l'accepte malgré sa si longue absence… c'était tout ce qu'il avait espéré, et bien plus encore.
Il l'aimait (bien). Mais il l'aimait quand même. (Parce que c'était ce que cela voulait dire, au fond. Il était juste comme sa mère ; à préserver ses sentiments pour ne pas souffrir. Mais rien que savoir qu'il l'aimait bien… c'était un grand – très grand – pas de fait.)
C'est pourquoi il déposa un tendre baiser sur la tempe de son garçon avant de lui demander, avide d'apprendre une nouvelle version des faits sur celui qu'il avait certainement mal jugé, et qui faisait partie intégrante de la vie de Henry et qui donc l'intéressait :
« Est-ce que tu voudrais bien me parler un peu de lui ? »
Henry ne se fit pas prier, et ce fut avec joie qu'il prit la parole, se relevant légèrement pour faire face au jeune homme, et débuta par le commencement : le jour de leur rencontre, à Sarah et lui.
(A Killian et lui.)
Lorsqu'elle arriva, essoufflée d'avoir traversé la ville en courant, devant la porte ouverte (il n'avait même pas pris le temps de la fermer dans sa précipitation) de la chambre d'hôtel de l'irlandais, Emma l'aperçut en plein dans ses valises, à jeter furieusement ses affaires à l'intérieur. Une vague de panique s'empara alors de son être face à cette terrible vision – vraiment, il allait la quitter ainsi, tout allait se terminer de cette façon ?! – et son cœur se resserra un peu plus qu'il ne l'était déjà dans sa poitrine, des larmes venant lui perler aux yeux sans qu'elle ne puisse rien y faire.
« Ki… Killian, appela-t-elle difficilement son nom. »
L'intéressé se stoppa dans ses gestes, et se retourna dans la direction de la voix qui venait le déranger dans ce qu'il faisait. Elle put voir dans ses irises océan un voile de doute le traverser pendant un court moment d'hésitation en reconnaissant l'air complètement perdu de la jeune femme et son ton brisé, mais son visage se durcit à nouveau bien vite, toute compassion disparue.
« Qu'est-ce que tu fais ici ?! lui asséna-t-il froidement. »
Ce qui interloqua légèrement la shérif, restée bouche-bée. Jamais Killian ne s'était adressé à elle de cette façon, en presque un an à se connaître, maintenant.
(Elle le méritait actuellement bien, pourtant.)
« Je… je voulais te parler, tenta-t-elle de garder son sang-froid, de ne pas laisser paraître son malaise et sa tristesse.
– Ton petit-ami est d'accord avec ça ? Il sait que tu es là, au moins ? Parce que s'il ne veut pas que j'approche de ton fils, je doute fort qu'il soit d'accord pour que je côtoie la mère, aussi, non ? Je ne voudrais pas qu'on me prenne pour un briseur de couples, en plus d'être un mauvais père violent et alcoolique. »
Il se sentait blessé. Vraiment blessé. Plus que jamais il ne l'avait été auparavant – cela pouvait facilement se ressentir dans sa voix et son attitude énervée.
(Mais là encore, qui ne le serait pas, à sa place ?)
« Ce n'est pas mon "petit-ami", corrigea-t-elle, prenant sur elle pour ne pas s'effondrer en sanglots devant tant de haine dans les yeux de son vis-à-vis – elle savait que si elle le faisait, elle n'arriverait plus à essayer d'arranger les choses, à dire ce qu'elle avait à dire pour faire comprendre son point de vue à son ami. Et je me fiche bien de ce qu'il peut penser. »
A nouveau le regard du brun s'adoucit une fraction de secondes à l'entente de cet aveu – mais une faction de secondes seulement, avant de se durcir encore une fois.
« Ah bon ? questionna-t-il, peu convaincu. On aurait dit, vu comme il avait l'air très à l'aise chez toi, à se croire comme chez lui, d'ailleurs. Et puisque tu m'ignores depuis une semaine… J'en ai conclu que c'était parce que tu ne savais pas comment me dire qu'au final tu avais changé d'avis – parce que ne me fais pas croire que ce que tu allais me dire avant de t'enfuir, c'était que tu voulais tenter quelque chose, tous les deux –, que maintenant qu'il était de retour, tu t'étais rendue compte que c'était avec lui que tu voulais faire ta vie. Et je peux comprendre que tu aies eu peur de m'en parler. Parce qu'avoir m'avoir fait patienter pendant des mois pour que tu me fasses confiance – confiance que tu avais perdue à cause de lui, serait-il bon de te le rappeler – c'est un peu limite de me mettre de côté comme ça, sans aucune explication autre que ton silence qui voulait en dire beaucoup, beaucoup plus que des mots, même. Mais ne t'inquiète pas, tu n'auras plus besoin de m'éviter. Comme tu peux le voir… j'ai décidé de m'en aller. Demain matin, Sarah et moi ne serons plus là. Alors comme ça tu pourras vivre ta petite vie tranquille avec ton mec. Tout ça n'a plus d'importance. Toi, moi… »
Il fit un geste entre eux pour accentuer son propos.
« Non ! fut la première réaction de la blonde, paniquée. »
Et heurtée, aussi. Même si elle ne lui tenait pas rigueur pour ses paroles difficiles. Elle savait qu'elle méritait de telles accusations. Mais c'était douloureux quand même.
Parce qu'il se trompait sur toute la ligne. C'était lui qu'elle voulait dans sa vie. Lui, et personne d'autre. Elle ne pouvait pas le voir partir. Que deviendrait-elle, sans lui ? Il était devenu trop important pour elle. Il avait pris une trop grand place dans son cœur pour la laisser ainsi.
Il releva un sourcil interrogateur face à son cri de désespoir, alors elle ajouta :
« Je veux dire… ne pars pas, s'il-te-plaît. Je voulais faire ça pour Henry. Tu devrais comprendre, non ? Mets-toi à ma place deux minutes, si Milah pouvait miraculeusement revenir… il est certain que tu douterais, comme je l'ai fait là. Tu ne saurais pas vers qui te tourner. Enfin si, tu l'aurais su. Parce que toi elle n'a pas fait d'erreurs quand elle était jeune, elle ne t'a jamais blessée, tu n'aurais pas eu à te demander si elle valait la peine que tu lui pardonnes ou non. Alors tu serais retourné auprès d'elle sans questionnement, et tu m'aurais bien vite oubliée. Tu peux donc comprendre que ce soit difficile pour moi aussi, ce retour, non ? Surtout que… »
Mais Killian ne lui laissa pas terminer sa phrase. A présent tout près de la shérif, planté devant elle, à quelques centimètres seulement, leur visage proche l'un de l'autre – elle pouvait sentir son souffle saccadé contre sa peau – il répliqua sur un ton qui glaça le sang de la jeune femme, les poings serrés par la colère, visiblement hors de lui, après l'avoir contemplée un instant :
« Ne compare plus jamais ton abruti d'ex avec Milah, s'il-te-plaît ! Parce que comme tu le dis si bien toi-même, elle ne m'a pas abandonnée, elle. Elle n'a pas non plus abandonné Sarah. Elle est morte. Tu sais ce que ça veut dire ?! Et ne fais pas de ton cas une généralité, non plus, parce que tu sais quoi ? Si par je ne sais quel moyen elle pouvait revenir, malgré le bonheur de la retrouver, que ma fille ait à nouveau sa mère… je ne pense pas que je serais capable de retourner avec elle sans me mentir, après… après tout ce qui s'est passé entre nous. Mais surtout, à cause de ce que je ressens pour t–…
– Tu… tu me choisirais moi ?! le coupa-t-elle dans sa déclaration, incrédule, alors que cette fois il lui fut tout bonnement impossible de retenir ses pleurs, qui coulaient à flots le long de ses joues rosies par l'émotion. »
Elle était sous le choc – véritablement choquée par ces mots, auxquels elle ne s'attendait pas, qu'elle n'aurait jamais imaginés. Elle n'avait pas l'habitude, après tout, qu'on la fasse passer en première, elle l'orpheline, l'enfant indésirée par tous depuis sa naissance, qu'on avait traînée de familles en familles sans que jamais on ne la garde assez longtemps pour qu'elle se sente faire partie de quelque chose. Il était donc difficile pour elle de croire qu'elle le serait un jour.
Mais bizarrement, venant de la bouche du brun… elle savait que ces mots étaient sincères. Elle savait qu'elle était bel et bien son premier choix, malgré tout.
Qu'elle l'était devenue, en tout cas.
Et elle se sentait maintenant si bête d'avoir pu douter. Elle n'aurait jamais dû. Car s'il y avait bien une personne qu'elle aimait dans ce monde – et, pour être honnête, elle le savait depuis longtemps déjà, mais avait préféré se le cacher auparavant… – c'était Killian Jones, et personne d'autre que lui.
Celui-ci d'ailleurs, de son côté, s'était radouci dès lors que la blonde lui avait posé cette si innocente question. Elle l'avait prononcée d'un ton tellement enfantin, comme si la petite fille perdue en elle s'était tout à coup réveillée qu'immédiatement les traits du visage de l'irlandais étaient devenus moins durs, et il s'était rendu compte qu'il était peut-être allé trop loin dans ses paroles – la colère avait pris le dessus.
A présent tout ce qu'il voulait, c'était la prendre dans ses bras et lui promettre que tout irait bien, qu'il serait toujours là pour elle, que lui ne l'abandonnerait pas. Jamais.
C'en était fini de son envie impulsive de s'en aller de Storybrooke.
Cependant il n'en fit rien et se contenta de répliquer d'un hochement de tête, avec toute la vérité dont il était capable, un faible mais véritable rictus aux lèvres :
« Aye. »
Il n'en fallut pas davantage pour Emma qui, alors que le jeune homme s'apprêtait à retourner dans sa chambre, pensant en avoir fini avec elle, qu'elle allait partir suite à ce propos, l'attrapa par le bras pour l'empêcher de s'éloigner et l'attira contre elle. Ils se dévisagèrent plusieurs secondes en silence, les larmes de la shérif roulant toujours, et elle n'hésita pas plus longtemps.
Elle avait déjà bien assez attendu jusqu'alors.
Elle l'embrassa.
Killian ne tarda pas à répondre à son baiser, une fois la surprise de ce geste passée, et laissa se perdre ses mains dans les cheveux de la blonde, la collant à son tour un peu plus contre lui. Ce baiser fut beaucoup plus doux, beaucoup plus « vrai » que le premier qu'ils avaient échangé devant l'immeuble des Swan quelques mois plus tôt. La jeune femme essaya de faire passer au travers de celui-ci tout ce qu'elle était incapable de prononcer à haute voix, et qui avait bien failli lui coûter cher. Elle se rendit aussi compte que depuis la première fois que leurs lèvres s'étaient rencontrées, elle n'avait toujours voulu qu'une seule chose, au plus profond d'elle.
Recommencer, comme elle était en train de le faire maintenant. Elle se sentirait presque stupide d'avoir attendu autant, maintenant qu'elle savait ce que cela faisait, d'enfin se laisser aller.
Ce ne fut qu'une fois à bout de souffle qu'ils se séparèrent, et rouvrirent les paupières, se souriant l'un l'autre. Toute tension avait disparu du visage de l'irlandais, à présent. Au contraire, même, il paraissait des plus apaisés, à admirer sa belle.
« Je suis désolée… pour tout, s'excusa la mère de Henry, mettant fin au calme qui s'était instauré entre eux. »
Son ami (amant ?) la fit taire en déposant à nouveau ses lèvres sur les siennes, en un geste plus féroce cette fois. Puis il murmura à son oreille :
« C'est moi qui suis désolé de t'avoir parlé ainsi. »
Ce fut au tour d'Emma de l'embrasser, et ils restèrent ainsi, à simplement profiter l'un de l'autre au beau milieu des couloirs de la partie auberge du Granny's pendant un long moment. Jusqu'à ce que la jeune femme ne fusse la première à revenir à la réalité et s'éloigna légèrement de son compagnon, bien malgré elle, gardant tout de même leur front collé l'un à l'autre.
« Je… dois rentrer, s'expliqua-t-elle à contrecœur. J'ai appelé Elsa pour qu'elle garde Henry puisque je ne voulais pas le laisser seul avec Neal, et je ne voudrais pas abuser de sa gentillesse de s'être levée en pleine nuit pour moi… »
Elle parut hésiter un instant, avant de proposer finalement, un petit sourire en coin, ne voulant pas se séparer de lui tout de suite, pas maintenant qu'elle venait de le retrouver :
« Tu peux venir, si tu veux ?
– C'est gentil, mais j'ai une valise à défaire, répliqua l'intéressé avec un clin d'œil, ce qui la fit rire légèrement. »
Son cœur se desserra quelque peu dans sa poitrine, aussi. Elle était soulagée qu'il lui confirme qu'il ne partirait pas. Elle avait toujours cette crainte, au fond d'elle, malgré ces baisers échangés.
« Et puis, tu n'as peut-être pas envie que Neal apprenne pour nous deux de cette façon, n'est-ce pas ? ajouta-t-il beaucoup plus sérieusement cette fois.
– Je me fiche bien de ce qu'il peut penser, répéta-t-elle les premiers mots qu'elle avait lancés à Killian en arrivant à l'hôtel. Il a raté sa chance quand il en avait encore l'occasion, alors il n'a rien à dire. Ni sur toi, ni sur mes fréquentations, ou même celles de Henry. Je suis vraiment désolée pour ce qu'il t'a dit à ce propos, d'ailleurs.
– Ce n'est rien. Tu n'y es pour rien. »
Elle lui offrit un petit rictus reconnaissant en retour, et l'embrassa une dernière fois chastement avant de se défaire de ces bras dans lesquels elle se sentait si bien. Toutefois, avant de quitter les lieux pour de bon, elle se retourna une dernière fois dans la direction du brun, qui la regardait partir avec un regard pétillant de bonheur, et le questionna :
« On se voit demain ?
– Si tu veux. »
Après un dernier sourire échangé, la shérif disparut enfin au détour du couloir.
Oui, je sais. J'avais promis du CS, beaucoup de CS pour ce chapitre. Et au final, ça ne fait que la moitié. Mais c'est parce que je voulais un peu plus approfondir le personnage de Neal, qui pour moi n'est pas un mauvais gars, au fond, et surtout donner une meilleure raison qu'une simple jalousie à son comportement en rencontrant Killian. Ce qui m'a pris plus de place que prévu.
Par contre je n'ai pas (trop) menti sur le fluffy, malgré la colère de Killian au départ, ça y est tout s'est (enfin) arrangé entre eux, et ils ont franchi le pas ! Il était temps que les choses sérieuses commencent quand même, après plus d'un an, 100 000 mots et 20 chapitres :p
En tout cas, les choses vont rester plutôt « light » quelques temps avant l'arrivée de la prochaine (et – normalement – dernière) grosse intrigue de l'histoire puisque déjà le reste du fluffy qui était prévu dans ce chapitre se voit déplacé dans le prochain. Du moins je dis bien normalement, parce que je ne suis maître de rien ici et si ça se trouve, mes idées de départ vont se transformer en quelque chose de bien différent de ce que j'ai en tête pour l'instant !
Enfin bref, j'espère que ça vous aura plus, et merci encore à ceux qui suivent ce qui est véritablement en train de devenir le plus long et gros projet de ma vie en terme d'écriture ahah.
