Bonjour à tous et à toutes !
On se retrouve pour notre chapitre hebdomadaire... et je commence sérieusement à avoir de moins en moins de réserve pour cette fic.
Aujourd'hui, on va se pencher sur les malheur d'un certain Genta qui a très sérieusement fait chier quelqu'un de puissant/dangereux. C'est aussi le jour où on va bien sentir le retour du pirate sauvage et indomptable. Le gros vilain loup est dans la place, mesdames messieurs... ça risque d'en déranger quelques uns.
Misstykata: Ok, elle te laisse lui en faire un, mais juste un seul ! Et seulement parce que tu es une fille et qu'on t'adore !
Cobra Neurotoxique: oui, plus ou moins à chaque publication, tu le dis, après, j'apprécie ^^ / Et oui, je sais que le Fanboy que tu es est malheureusement sous le charme de la Kuudere signature. On la verra pas énormément pour l'instant, mais ça va venir.../ j'ai mon plan pour Kid, ne t'en fait pas, et j'espère que ça plaira à tout le monde !
Arya39 : Si je t'apprécie toujours autant, mais c'est seulement parce que tu es juste partie dans un délire incompréhensible dans lequel j'ai préféré ne pas entrer sous peine de spoiler quelques trucs. / Et oui, TOUT le château était en or. Imagine la baraque de Mihawk en or massif et t'auras le tableau. / Tu serais surprise d'où peut venir l'excuse de l'admiration pour les pirates, demoiselle. J'ai TOUT prévu. / Point accordé pour Kid, mais pour l'instant, outre être un magicien, il aimerait coincer les assassins de son père. / Kali ? Eh bien, disons que quand on lit Magic Kaito, c'est POSSIBLE. Mais ce n'était qu'une petite apparition éclaire... chaque chose en son temps... / Je n'ai pas compris le commentaire sur le nombre originel d'élève, mais je présume que ce n'est pas très grave / Je ne dirais rien qui pourrait spoiler le reste de l'intrigue et concernant les films (regarde le nombre de filler déjà existant dans le manga papier PUIS les chapitres qu'elle a prévu au minimum d'aborder ce qui fait déjà plus d'une bonne centaine)... mouais, nan, vais rester sur le manga papier, navrée ^^' / Il soupçonne qu'elle sait quelque chose, vu qu'elle est dans le même panier que Akako niveau capacité bizarre, après, vue qu'elle n'en a rien à carrer, va falloir un moment avant qu'il y est une confirmation. Et comme je te l'ai dit, ne t'en fait pas... j'ai TOUT prévu.
(viens de confondre sa souris avec son café) mouais, pas encore très réveillé. Enfin ! Je vous souhaite une bonne lecture et à la semaine prochaine ! Bises !
- ITADAKIMASU ! lancèrent en chœur les enfants dans leur salle de classe pour le repas de midi.
- Bien, leur dit leur enseignante avec un grand sourire. Vous allez être bien sages et ne rien laisser dans vos assiettes !
- Oui ! répondirent les enfants.
Et tout le monde profita joyeusement de son repas. Hormis un éternel grincheux.
- Pfff… un lycéen qui mange encore à la cantine… maugréa Conan en mangeant sa brioche à la viande. C'est déprimant…
- Ah bon ? fit Haibara juste à côté de lui. Moi, je trouve ça plutôt chouette. Et je suis sûr que Dawn aime ça aussi.
- He ? Lui, aimait la cantine ?
Red avait déjà englouti son pain et s'attaquait à sa soupe de miso. Il la reposa pour répondre à son camarade à voix basse :
- Sur un navire, t'as pas beaucoup d'endroits où tu peux manger, outre la cantine ou le pont. Les autres commandants et moi, on pouvait se permettre de prendre un plateau pour manger dans nos cabines si on avait de la paperasse en retard que Marco exigeait rapidement, mais on mangeait rarement seul ou ailleurs. Sauf peut-être dans une auberge à terre ou sur le pont lors des fêtes. Manger à plusieurs a ses avantages. Comme piquer dans l'assiette des autres ou pouvoir compter sur quelqu'un pour voir notre part sauver du destin tragique de finir sur notre crâne durant une crise de narcolepsie. Tu n'imagines pas la quantité de shampoing que je passe par mois à cause de ça.
Et il reprit sa soupe, chassant avec agacement les baguettes d'Ayumi qui essayait de le guider discrètement vers le plat en question.
- Dans l'école où j'étais aux Etats-Unis, c'était un self-service, raconta Haibara. Et je mangeais toujours toutes seule. C'est quand même beaucoup plus sympa une cantine où tout le monde mange ensemble.
- Au début, je trouvais ça amusant, moi aussi, lui avoua Conan. Mais…
Il s'interrompit pour regarder Ayumi gronder Mitsuhiko qui avait laissé ses carottes pour la fin, alors que Red lui disait justement de faire l'inverse pour que le plat qu'il apprécie masque le goût.
Oui… il y avait toujours un gars comme Mitsuhiko qui gardait ce qu'il n'aimait pas pour la fin, ou un autre prêt à faire le concours de celui qui mange le plus vite. Ici, ce n'était pas si difficile à deviner qui c'était.
Conan jeta un regard aux deux grands mangeurs de la table en buvant sa barquette de jus.
Red ferait certainement ce genre de compétition s'il n'était pas aveugle et devait se forcer de manger lentement pour bien mettre sa nourriture dans sa bouche.
- Ouaiiis ! J'ai gagné ! s'exclama un gosse à une autre table.
Cela surprit Conan qui regarda Genta se lever de sa chaise.
Habituellement, c'était lui qui gagnait ce genre de concours.
- Maîtresse, je ne me sens pas très bien, je peux aller me reposer un peu à l'infirmerie ?
Kobayashi-sensei le regarda partir avec perplexité, laissant ses amis observer le repas de Genta presque intouché.
- Vous croyez qu'il fait un régime ? demanda Ayumi avec inquiétude.
- Tu plaisantes ? Un glouton comme lui… autant demander à Dawn d'avoir un sens commun ! se moqua gentiment Conan.
- Fais-moi penser à ne pas te présenter Lu' si tu trouves que je n'ai pas de sens commun, sourit narquoisement Red en tendant le bras pour piquer dans le plateau de Genta.
Ils n'étaient pas les seuls à trouver le comportement de Genta bizarre, de ce que ses oreilles entendaient.
- En y réfléchissant, ça fait deux ou trois jours qu'il ne joue plus avec nous… réfléchi Mitsuhiko.
- Oui, en plus, le soir, il ne nous attend pas et rentre tout seul, fit tristement Ayumi.
- Il se fait peut-être racketter par les grands ? supposa Mitsuhiko.
- Pas moyen, réfuta Red en buvant son jus.
- Dawn a raison. Genta n'est pas du genre à se laisser faire ; et même si c'était le cas, il se sentirait sûrement plus en sécurité en rentrant avec nous, non ? pointa Conan.
- Je songeais pas à cette solution pour l'impossibilité du racket, mais la tienne est logique aussi, accorda l'aveugle avec un air pensif.
- Tu songeais à quoi ? demanda Ayumi.
Red afficha un sourire machiavélique digne du diable en personne alors que Haibara leur donnait une réponse :
- Tu ne veux pas savoir ; disons simplement que Dawn est le cauchemar des petits criminels. Pour Genta-kun, ça ne serait pas un problème familial ? Quelqu'un de gravement malade chez lui, ou encore ses parents qui se disputent sans arrêt. En imaginant que ses parents aient décidé de divorcer, je ne vois pas ce qu'on pourrait faire pour lui.
- Mais enfin… fit la fillette.
- Ce n'est pas du tout ça ! intervint Kobayashi-sensei qui avait apparemment entendu leur conversation. Ses parents s'entendent bien et travaillent tous les deux dans leur restaurant ! ça me tracassait moi aussi alors, je suis allée chez Genta-kun hier. Une chose est sûre, quelque chose l'effraie. Sa maman m'a dit que lorsqu'il rentrait, il filait dans sa chambre se mettre sous sa couette et tremblait.
- C'est vrai que Kojima-kun sent la peur à plein nez, songea Red en mettant ses bras derrière sa nuque.
- Et c'est maintenant que tu le dis ? rabroua Haibara.
- De quoi peut-il bien avoir peur ? demanda Mitsuhiko.
- Eh bien, ça, il ne veut pas le dire ; j'ai eu beau lui demander plusieurs fois, il m'a répondu à chaque fois : rien du tout, tout va bien ! Peut-être qu'à vous, il se confiera ! Si vous apprenez quelque chose, dîtes-le-moi !
Alors que les enfants sortaient joyeusement de leur école pour rejoindre leurs parents, en passant par le portail, Genta escaladait un mur de la cour de récréation pour sortir discrètement de l'école, regardant de tous les côtés de la ruelle avant de partir au trot, passant à proximité de poubelles.
- Tu vas quelque part, Kojima-kun ?
Genta se figea.
Derrière lui, les enfants venaient de sortir de derrière les poubelles où ils s'étaient cachés.
- A quoi tu joues ? demanda Conan qui était assis sur le couvercle de l'une d'elle avec Red.
- Ah ! Tu t'entraînes pour être ninja ? proposa Ayumi en le rejoignant avec Mitsuhiko.
- Mais oui ! C'est pour que tu te mets à la diète ! appuya le garçon aux tâches de rousseur.
Genta resta effrayé et quelque peu pris au dépourvu, avant de continuer sur leur idée.
- Euh, oui, voilà ! J'ai vu un super film de ninjas il y a peu de temps et…
- Même mon petit-frère ment mieux que toi, ce qui veut TOUT dire, lui dit Red d'un air blasé.
- Et tu vas nous dire que c'est pour ça que tu te caches sous ta couette en tremblant ? s'enquit Conan. Ou que, si je reprends les termes de Dawn, tu empestes la peur ?
- Hey ! J'ai dit qu'il sentait la peur à plein nez, pas qu'il empestait ! rouspéta Dawn. On passe à ce niveau quand c'est Haibara qui a la frousse !
Et il croisa les bras avec une moue boudeuse, sa canne d'aveugle dans une main.
- Il a dû faire des mauvais rêves après son fameux film et doit voir des ennemis imaginaires couverts de sang un peu partout, supposa Haibara sans relever ce qu'avait dit Red.
- JE N'AI PAS RÊVÉ ! J'AI VRAIMENT... rugit Genta.
Alors qu'il allait finir sa phrase, il se tut brusquement. Ce ne fut qu'avec les encouragements de ses amis qu'il parvint enfin à leur dire la vérité.
- JE SUIS POURSUIVI PAR UN TUEUR !
L'annonce choqua tout le monde.
Un… tueur ?! Genta ?!
Ayumi et Mitsuhiko finirent par éclater de rire devant l'improbabilité de la chose.
- Arrête Genta-kun ! haleta Ayumi en essayant de retrouver son souffle dans son hilarité.
- Depuis quand les tueurs s'en prennent-ils à des écoliers ?! se moqua Mitsuhiko en agitant sa main.
- Oui, c'est vrai, approuva Haibara avec une voix dubitative. Dawn, moi ou d'autres, je veux bien, mais vous…
- Eh oh ! protesta Conan avec un sourire forcé devant la noirceur du commentaire.
- Bande de petits cons naïfs, coupa Red, un poing sur les hanches, l'autre tenant sa canne blanche derrière sa nuque. Vous croyez que des dégénérés n'en n'ont vraiment rien à battre des marmots ?! Youhou ! Je pense qu'à force de traîner avec Shinigami-kun, des morts, vous en avez vu bien assez pour savoir que le monde n'est pas tout beau, tout propre ! Et non, ce que je dis ne se limite pas au cadre de référence, Edogawa !
Conan referma la bouche avec que tout le monde regardait Red, toute hilarité disparue sous son discours sérieux.
- On compte combien de disparition d'enfants chaque année ?! Combien de corps de gosses retrouve-t-on ? Vous allez pas me dire que vous avez jamais entendu parler de la traite infantile ! Merde ! C'est 1,2 millions de gamins de moins de dix-huit ans qui en sont victimes chaque année ! Je sors pas ce chiffre de mon cul, c'est votre UNICEF qui l'a annoncé ! Esclavages, travail forcé, trafic en tout genre, groupes armés ! Et je vais passer sous silence ces malades qui aiment un peu trop les enfants et pas d'une bonne manière ! Mais merde, réveillez-vous ! Si Genta se sent menacé, c'est qu'il a certainement une bonne raison !
Et il se mit à grommeler dans sa barbe en essayant de compter sur ses doigts le nombre de personnes ayant essayé de lui faire du mal avant qu'il ne prenne le large, semblant avoir des difficultés à tout répertorier.
Pour le coup, face à la colère moralisatrice de Red, Ayumi et Mitsuhiko étaient aux bords des larmes et s'excusaient piteusement.
- Dawn, tu as oublié l'âge de tes interlocuteurs, pointa Conan en essayant de ne pas s'énerver contre le pirate.
- Rien à foutre, si ça leur permet de pas se faire avoir, grinça le pirate en recommençant son compte. Venant de toi et Haibara, je suis plus que déçu ! Si y'en a bien deux à qui je ne devrais pas faire cette leçon de morale, c'est bien vous ! Vous faites chier à la fin !
Bizarrement, s'entendre dire qu'il avait déçu le pirate fit très mal à Conan. Il avait presque l'impression que sa mère lui faisait la morale et venait de lui adresser sa déception. Son père aurait été plus discret dans sa façon de faire, mais Yukiko n'aurait certainement pas mâcher ses mots. Et surtout, malgré tous leurs défauts et leur absence, décevoir ses parents étaient la dernière idée de Conan.
Avoir ce sentiment face à Red, c'était vraiment bizarre.
Pendant un instant, ça n'avait pas été le gamin aveugle qu'il voyait tous les jours en classe, mais cet adulte bien trop versé dans la criminalité qui voulait juste leurs épargner de tomber sur des gens peu recommandables.
- Merci de me croire, Red-kun, souffla Genta en baissant la tête de soulagement.
- Dawn-kun a raison, c'était malvenu de notre part de nous moquer de toi. Pardonne-moi d'avoir remis en doute tes mots, s'excusa Haibara en inclinant la tête. Peux-tu nous raconter l'affaire depuis le début ?
Alors Genta raconta ses mésaventures alors qu'ils se mettaient en route pour rentrer chez eux.
Comme quoi quelqu'un l'avait suivi alors qu'il marchait sur la route en dessous de la voie ferrée. Vu qu'il faisait sombre, il ne pouvait pas voir qui c'était, mais quand il se mettait en marche, l'inconnu en faisant autant, tout comme il s'arrêtait quand Genta se stoppait.
- C'est certainement l'écho de tes propres pas que tu entendais, lui dit gentiment Mitsuhiko.
- Mauvaise idée, lui dit Conan.
Clac !
- Ow !
Mitsuhiko se massa l'arrière du crâne où Red lui avait infligé une claque.
- T'es certain d'être aveugle ? grommela le garçon en fixant son camarade de classe qui avançait à côté de Genta en se guidant de sa canne blanche.
- Il n'y a physiquement aucun moyen pour que Dawn-kun puisse de nouveau voir quelque chose, lui assura Haibara. Continue, Genta-kun. Il y a autre chose ?
- Oui… on m'a poussé du haut du petit pont y'a quelques jours et l'autre soir, une moto a brûlé un feu rouge pour me foncer dessus, marmonna Genta. (Bêta : il a cassé un miroir ou quoi ce gosse ?)
- Ce sont des coïncidences, tenta de rassurer Ayumi.
- « Le bureau des coïncidences à un carnet de rendez-vous tellement chargé qu'il n'arrive pas à satisfaire toutes les demandes », Ayumi-chan. En gros, tu ne peux pas tout mettre sur le dos des coïncidences.
- Et tu tires cette citation d'où ? demanda Conan.
- L'un des rares livres de Marco qui n'avait rien à voir avec la navigation ou la médecine de près ou de loin, répondit le pirate en haussant des épaules.
- Et c'est qui ? Parce que tu parles souvent de lui, demanda Haibara avec curiosité.
De toutes les réponses, le « personne d'important » bégayé par un Red rouge comme une tomate était bien la dernière chose à laquelle on pouvait s'attendre.
- Peu importe, finit-il par abréger avant que Conan ne commence sa pêche aux informations. Quelqu'un en veut à la vie de Kojima-kun, c'est un fait.
- Mais pourquoi ? demanda Mitsuhiko alors qu'ils s'arrêtaient devant la devanture d'un immeuble abritant un grand magasin pour se parler en face à face.
Genta était blanc comme un linge en songeant à ce que voulait la personne qui en avait après lui.
Dong
Tout le monde se retourna vers le trottoir pour voir un gros boulon rebondir sur le passage.
Danger ! cria quelque chose dans la tête de Conan.
- Attention ! rugit Red.
Il repoussa tous les enfants en arrière avec sa force inhumaine, les renversant sur le sol au passage, mais ça leur sauva la vie.
VLAM !
Les enfants regardèrent avec effroi l'immense lettre néon qui venait de s'effondrer de l'enseigne du magasin.
Le groupe reprit son souffle et regarda l'endroit où la lettre était accrochée auparavant, très loin au-dessus de leurs têtes. Si Red ne les avait pas poussés, ils auraient fini en crêpe.
- Le support devait être rouillé et c'est tombé là par hasard, supposa Mitsuhiko d'une voix blanche. C'est ton jour de malchance, c'est tout, Genta-kun.
- Tu devrais peut-être aller faire une prière au temple, suggéra Ayumi.
- Et mon otouto à un doctorat en physique quantique tant que tu y es, grommela Red en cherchant le néon à terre de sa canne. Et si une prière pouvait sauver des poissards dans ce genre, Edogawa aurait cessé y'a un moment de trébucher sur des cadavres partout où il va, parce que j'ai demandé à Ran-nee-san de l'y amener cinq fois déjà.
Conan s'était déjà accroupi près du néon. Il attrapa le bout de la canne de Red pour l'immobiliser.
- Arrête avec ta canne, tu risques de disperser des preuves importantes.
Red ramena sa canne à lui et appuya ses deux mains, puis son menton, dessus, laissant Conan faire sa petite enquête. Le petit détective ajusta ses lunettes, sortit un mouchoir de sa poche pour se saisir d'un bout de câble qu'il regarda attentivement.
- Ce n'est pas un hasard, et ce n'est pas ton jour de malchance non plus, Genta, finit par déclarer Conan.
Il tourna le bout du câble pour bien le leur montrer.
- Regardez ! On voit bien que le câble du néon a été coupé volontairement. Cela a été fait pour ne pas que le néon soit retenu lorsqu'il tomberait.
- Signe d'un déclencheur ? demanda Red. Un système à retardement ?
- A part le boulon qui est tombé et qui laisse supposer que le coupable était dans l'immeuble au moment des faits…
Conan regarda le néon dans son ensemble et secoua la tête pour se tourner vers le pirate.
- Pas de système de retardement en vue.
- Mais alors, ça aurait pu tomber sur n'importe qui en dessous, souffla Ayumi avec effroi en se cachant derrière Red tout en fixant avec peur le reste de l'enseigne.
- Non, la cible était bien précise, réfuta Haibara qui observait un distributeur de jouets à balle à l'effigie de Yaiba. C'est la machine sur laquelle Genta vient jouer très souvent.
Conan jeta un œil à la machine en question et se releva. Il nota l'expression interrogatrice de Dawn et se fit une note de l'éduquer plus tard sur le sujet.
Parce que de toute évidence, quelqu'un en avait après la vie de Genta.
- Si Genta est visé, alors, on doit aller chercher le coupable dans le grand magasin ! pointa Mistuhiko.
- Tu comptes t'y prendre comment ? On ne sait pas à quoi il ressemble, grommela Conan.
- En plus il a déjà dû se mêler à la foule, songea Haibara en regardant autour d'elle.
Red se retourna brusquement, les sourcils froncés.
- Dawn ? appela Conan. Tu perçois quelque chose ?
Red garda un instant le silence, avant de se retourner vers camarade et de se mettre en route.
- Ne restons pas là, va, j'ai un mauvais pressentiment.
SBAM !
A vouloir marcher sans sa canne, Red se prit les pieds dans le néon, lui tirant un grognement rageux.
- Est-ce que ça va ? demanda Ayumi.
- Ouais ouais…
Il se releva et s'apprêta à shooter dans la lettre quand Haibara l'attrapa par le poignet.
- Allons-y, tête de mule.
Assis dans un fast-food autour d'un soda (Haibara et Conan s'étaient ligués contre Red et son envie de goûter aux sodas, lui commandant un café noir et sans sucre qu'il avait comparé à celui, infect, des marines) et d'un hamburger avec des frites pour Genta qui n'avait pas mangé à midi, le garçon leur racontait ce qui avait été le début de sa mésaventure.
- Tu as aperçu le voleur de sacs à l'arrachée ?! s'exclama Mitsuhiko. Celui qui attaques les petites vieilles et les jeunes femmes et leur prend leur sac de force ?
- Oui, confirma Genta. C'était le sosie de celui qui est sur l'avis de recherche de la police.
- Tu en as parlé à la police ? demanda Ayumi.
- Oui, une semaine après environ. Quand je l'ai vu, ils n'avaient pas encore collé les affiches, mais j'ai oublié où je l'avais vu. Mais il y a un homme qui m'a vu en même temps que le voleur et je sais où il est !
Conan ne pouvait se défaire de cette étrange sensation à l'arrière de son esprit, comme s'il aurait dû réaliser quelque chose d'important ; mais quoi, c'était une bonne question. Il essaya de repousser la sensation en arrière-plan et interrogea Genta sur l'homme qui aurait vu le voleur.
- En fait, il y a cinq jours, il y a eu une affaire de vol identique et je suis allé voir. C'est là que je l'ai vu dans la foule, ce type aux cheveux blonds décolorés qui était à côté de moi quand j'ai aperçu le voleur !
Haibara allait lui en demander plus quand Red lui donna un léger coup de coude en buvant son café. Il se pencha vers elle et lui souffla quelque chose à l'oreille sous l'air intrigué de tout le monde. La scientifique hocha la tête et s'excusa de table, prétextant une envie d'aller au petit coin.
- Et donc ? demanda Conan en revenant à l'affaire en cours.
- Ben, je l'ai pris par la main et je l'ai emmené voir un policier ! informa Genta. J'ai dit au policier ! « lui, il sait à quel endroit j'ai vu le voleur ! ». Mais ce gars a dit qu'il ne me connaissait pas et qu'il ne savait rien sur le voleur.
- Tu es sûr que cet homme a aperçu le voleur en même temps que toi ? s'enquit Conan.
- Oui. A ce moment-là, je crois qu'il était assis à côté de moi ; alors, je me suis dit qu'il l'avait vu aussi, c'est certain.
- Tu crois ? répéta Red. Comment ça tu crois ? T'as vu ce voleur avec lui ou pas ?
- Ben en fait, j'étais un peu endormi ce jour-là, je ne l'ai pas vu arriver à côté de moi.
Red grogna de désespoir.
Lui, il était narcoleptique, c'était ok qu'il s'endorme n'importe où, mais Genta ?!
- Et le voleur ? demanda Conan.
- Je ne sais pas trop en fait…
- Tu ne te souviens pas où c'était ? demanda Mitsuhiko alors que Haibara revenait des toilettes en prenant son temps pour marcher, regardant d'un air vaguement curieux les clients du fast-food.
Elle se rassit entre Conan et Red et murmura quelque chose au pirate sous l'air curieux de la table. Red afficha une expression sombre mais se contenta d'un « plus tard ».
- Donc, à défaut de te souvenir de l'endroit, et en sachant que le voleur semble t'avoir pris pour cible, pourquoi n'es-tu pas allé dire à la police que tu te sentais menacé ? maugréa Conan en jetant des regards suspicieux à Red et Haibara.
- Laisse-moi deviner… tu as reçu des menaces ? devina Red.
Genta hocha la tête.
- Genta, tu as reçu des menaces ou pas ? insista le pirate.
- Je viens de te dire oui, idiot ! rouspéta le grand garçon.
- Genta-kun ! Red-kun ne peut pas te voir ! lui rappela Ayumi en fronçant les sourcils.
- Ah oui, pardon ; désolé de m'être emporté, s'excusa immédiatement le garçon.
- C'est excusé, assura Red avec un pauvre sourire. Des menaces de quel type ?
Genta déglutit, continuant de fixer la table.
- J'ai reçu un coup de téléphone : « si tu dis à quelqu'un que tu m'as vu, je te tue… toi, ainsi que tes amis et ta famille… tout le monde ! »
Mouais, le classique, mais ça expliquait le comportement de Genta.
- Tu saurais reconnaître la voix ? demanda Red.
- Elle était bizarre.
- Ok, il a pris la peine de la camoufler. Franchement, j'aimerais bien rencontrer ce gars, juste pour lui pointer qu'il faut toujours se méfier de plus petit que soi. Je serais d'avis qu'on décolle, pas vous ?
Conan comprit enfin ce qu'il en était.
Red devait sentir qu'on les observait ou soupçonnait quelque chose comme ça, et avait certainement demandé à Haibara de confirmer son soupçon.
Les enfants se levèrent de la table et quittèrent le fast-food.
- C'est embêtant, nota Haibara d'une voix sombre. S'il t'a téléphoné, ça veut dire qu'il sait où tu habites.
- Oui. Si la police accepte de t'aider, mais que cela n'aboutit à rien, dieu seul sait ce qui peut t'arriver ensuite, songea Conan à voix basse. Dawn, tu penses qu'il serait capable d'aller au bout de la menace ?
Red garda un instant le silence, étirant son Haki au maximum pour s'assurer qu'ils n'étaient pas écoutés, avant de répondre :
- Vu qu'il nous écoute en ce moment et qu'il a déjà tenté de tuer plusieurs fois Kojima-kun, il serait tout à fait capable de mettre à exécution sa menace.
- He ?! On nous surveille ?! paniqua Ayumi.
- J'ai cette impression, mais je peux me tromper, accorda Red quand Conan lui donna un coup de coude.
Il ne sentit peut-être pas de douleur, mais il comprit le message avec l'impact. Le simple fait que Red dise qu'il puisse faire erreur rassura les trois vrais enfants.
- Sinon, intervint Haibara. Tu ne te souviens pas d'une chose qui pourrait nous permettre de nous lancer sur sa piste ?
- J'ai déjà tout dit au policier : il tenait une cigarette de la main gauche et il portait un tee-shirt bizarre, noir avec un dessin blanc.
Genta réfléchit un instant avant de pointer un homme qui venait sur le trottoir par en face en poussant un grand cri d'effroi.
- AAAAH ! COMME CA ! C'EST LE MÊME TEE-SHIRT QUE LUI !
Le pauvre passant s'arrêta et regarda son tee-shirt puis les enfants avec perplexité alors que Red empêcher Mitsuhiko d'accuser le pauvre homme de s'en prendre à Genta. Le gars, assez jeune, avait un tee-shirt noir avec une tête de mort arborant le nombre 1999. Il suffit que Genta se calme et dise par contre que l'inconnu n'avait pas le même visage pour laisser apaiser Mitsuhiko.
- Excusez le comportement de mes amis, mais on cherche à retrouver quelqu'un, expliqua Conan à l'homme. Où est-ce que vous avez acheté votre tee-shirt, s'il vous plaît ?
- Oh… euh… dans une boutique devant la gare qui s'appelle Bones, fit le passant avec perplexité.
- Merci de votre réponse et encore désolé pour le dérangement occasionné, s'excusa Red.
Une main dans la nuque de Mitsuhiko et Genta, Red les força à s'incliner en excuse avec lui. La bosse sur leur crâne était aussi une bonne motivation pour dire pardon. L'homme leur assura qu'il n'y avait rien de grave et s'en alla.
- Evitez de crier comme ça la prochaine fois ! Allons-nous-en, siffla Red.
Les deux autres garçons le suivirent en versant des rivières de larmes en tenant l'énorme bosse palpitante sur leur crâne que l'aveugle leur avait infligée.
La boutique ne leur apprit pas grand-chose, outre que c'était une édition limité faîte à l'occasion du passage de l'année 1999 à 2000, et des fameuses prédictions de fin du monde. On avait eu les modèles 1999 ; HELP ; ESCAPE… mais 202, comme s'en rappelait Genta, ne faisait pas partie de la liste. Les tee-shirts n'étaient plus en fabrication depuis la fin des années 2000.
Arrêtés sur le trottoir pour réfléchir à l'affaire, ils ne savaient que penser.
- Ce serait quand même plus simple si Genta pouvait se rappeler de l'endroit où il a vu le voleur, marmonna Mitsuhiko.
- Tu es sûr que ce n'était pas au cinéma ou dans un train ? se fit confirmer Ayumi.
- Non, dans l'un comme dans l'autre, on ne peut pas fumer de cigarettes, réfuta Conan.
- Alors dans un restaurant peut-être ? proposa Mitsuhiko.
- Mais oui ! Tu as sommeil parce que tu avais trop mangé ! s'exclama Ayumi toute contente d'avoir compris.
- Mais lui, il ne mangeait rien ; je ne l'ai pas quitté des yeux et il a passé son temps à lire le journal et à fumer des cigarettes, marmonna Genta qui se tenait à une barrière de sécurité qui séparait le trottoir de la route.
- Comment peux-tu te souvenir de ces détails et avoir oublié le lieu où c'était ? rouspéta Mitsuhiko.
- Peut-être que dans sa tête de linotte, Kojima-kun a ressenti le besoin de se rappeler de ça ou que quelque chose lui a semblé bizarre, proposa Red. Plus que les lieux.
Genta jeta un regard noir à Red pour le commentaire de « tête de linotte » mais ne fit aucun commentaire. Une bosse pour la journée lui avait suffi.
- C'est étrange, non, souffla Haibara. Quand on se sent observé comme ça, en général, on s'énerve, non ?
C'est vrai, tiens…
- Il ne t'a pas grondé ? s'étonna Ayumi.
- Non, je crois même qu'il ne m'a même pas vu, marmonna Genta.
Cela fit tilt dans le cerveau de Conan et Red devait avoir une idée derrière la tête à le voir froncer ainsi des sourcils.
- Kojima-kun, tu peux me confirmer quelque chose ? demanda Red en se rapprochant avec précaution du garçon à la barrière.
- Quoi donc ?
Red lui prit l'épaule et se pencha à son oreille, lui demandant quelque chose dans un murmure que tout le monde fit un effort pour écouter. Question qui rejoignait parfaitement la conclusion de Conan et qui en plus de ça, l'appuyait.
Tout était expliqué ! Que ce soit le tee-shirt noir 202, le fait que leur homme soit gaucher ou même le fait qu'il n'ait pas grondé Genta en se sentant observé. Cela lui disait où le voleur avait été vu.
- C'était dans un magasin de lunettes, non ? demanda innocemment Conan.
Hein ?!
Genta regarda son ami avec perplexité.
- Là où tu as vu le voleur de sac ! Tu le fixais et il ne s'est pas énervé, n'est-ce pas ?
- Euuuh oui…
- Alors, je suppose qu'il avait dû enlever ses lunettes pour les faires nettoyer et du coup, il ne pouvait pas se rendre compter que quelqu'un l'observait !
- Euh non, marmonna Genta vraiment perplexe. Mais je ne suis jamais allé dans un magasin de lunettes.
- Argument invalide. Je suis incapable de voir quoi que ce soit et je peux te dire que je le sens parfaitement quand quelqu'un m'observe, pointa Red en se demandant ce qu'il passait par le crâne du jeune détective.
Le rire de Conan était tout sauf naturel.
Ok, il mijotait quelque chose.
- Ah bon… zut alors ! sourit un peu trop joyeusement le garnement. Mais pourtant, là-bas…
Conan se hissa sur la pointe des pieds et chuchota quelque chose à Genta qui ouvrit des yeux ronds. Tout le monde se pencha sur le duo pour entendre, avec Red grinçant des « plus vite plus vite » entre ses dents.
Puis, Genta se redressa et regarda Conan d'un air perplexe.
- Mais non, pas du tout ! réfuta le garçon.
- Hein ? T'es sûr ? s'étonna Conan totalement abasourdi. Pourtant, j'aurais juré que…
- Le Sherlock des années 90… ? Laisse-moi rire, nota narquoisement Haibara.
- Franchement, j'aurais presque honte de sortir des déductions pareilles si j'étais le gosse du Baron Noir, ricana Red, toute tension évacuée.
- Pfff, souffla Conan, absolument déprimé par son erreur.
- Bah tu sais ça arrive même aux meilleurs de bloquer, rassura Mitsuhiko.
- Ne sois pas si déçu ! renchérit Ayumi.
- Bon, ben on y va. Agasa-akase voulait qu'on rentre vite pour tester quelque chose pour les yeux de Dawn, fit Haibara.
Red marmonna indistinctement mais s'éloigna avec Haibara et Conan. Le petit détective demanda à Genta largement plus rassuré de les prévenir si quelque chose lui revenait en mémoire, sans que personne ne remarque l'ombre en coin de rue qui les observait.
Genta était parti de son côté avec Ayumi et Mitsuhiko, cherchant où il aurait pu voir l'homme en faisant un bout de chemin avec lui. Sauf que voilà, entre temps, il tomba nez à nez avec un marchand de glace où il s'acheta un cornet.
- Vraiment ! toujours aussi gourmand, toi, nota Mitsuhiko.
- Tu vas encore grossir ! avertit Ayumi avec un sourire contrit.
- Et alors ? Si j'aime ça, marmonna Genta qui s'en mettait partout. Et regarde Dawn, il mange dix fois plus que moi et il ne prend pas un gramme.
- Mais Red-kun est presque hyperactif ! C'est pour ça que Haibara ne l'a pas encore mis au régime ! Il dépense presque immédiatement ce qu'il mange !
Ayumi cessa de prendre la défense de Red pour se moquer de Genta.
- Ah ! Ah ! Genta-kun, tu t'es mis de la glace sur la joue !
- He ?
Genta baissa les yeux sur son visage et fit une grimace pour voir là où il s'était mis de la glace. Il passa son doigt sur la glace à la vanille qu'il avait sur le visage et le regarda avec un air pensif.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Mitsuhiko.
- Tu te rappelles de quelque chose ? s'enquit Ayumi.
- Non, rien, leur dit-il.
Et ils reprirent leur route.
Bientôt, Mitsuhiko les laissa pour rentrer chez lui et leur dit au revoir, laissant Ayumi et Genta seuls.
Comme un fait exprès, ils passèrent une échoppe avec pignon sur rue qui faisait griller des brochettes à sa fenêtre.
- Ça donne faim… marmonna Genta en entendant une femme passer commande de quelques brochettes.
- Tu viens de manger une glace ! rouspéta Ayumi.
Une odeur encore plus délicieuse taquina le nez de Genta. En tournant la tête, il vit un couple sortir d'un restaurant gastronomique français en souriant.
- Oh ! Un peu de patience ! Tu mangeras chez toi, non ?! fit Ayumi en essayant de pousser Genta loin du restaurant.
Genta, lui, leva la tête vers les drapeaux sur la devanture du restaurant, juste au-dessus de l'enseigne, les fixant avec la bouche ouverte. Curieuse, Ayumi leva la tête sans comprendre.
- Qu'est-ce qu'il a le drapeau français ?
- Bleu, blanc, rouge. Dis, Ayumi-chan, ces trois couleurs, ça ne te dit rien ? demanda Genta.
- Voyons voir, réfléchit la fillette. Conan-kun porte souvent un nœud papillon rouge, et une chemise blanche et une veste bleue, mais…
Elle s'interrompit, prit d'une horrible idée :
- Ne me dis pas que le voleur que tu as vu c'est…
- Imbécile ! Tu imagines Conan en train de voler des sacs ?! C'est plus dans le genre de Dawn.
- Dawn est aveugle ! Il ne peut pas voler quoi que ce soit ! Et c'est pas un voleur ! défendit Ayumi. Qu'est-ce qui va pas avec ces couleurs !?
- Je ne sais pas mais ces trois couleurs avec un truc qui tourne au milieu… marmonna Genta d'un air pensif.
Ayumi en eut assez et dit au revoir à son ami :
- Bon, je rentre ! Ne fais pas de détour en rentrant chez toi !
- Hmhm…
- Et si tu grossis encore, même les cochons vont se moquer de toi~ ! lança la fillette en s'en allant en courant.
- Je t'ai pas demandé ton avis ! rouspéta-t-il.
- Elle m'énerve, grommela Genta en marchant seul dans la rue au milieu des passants. Tu vas grossir… gna gna gna…
Il s'arrêta devant une vitrine pouvant faire office de miroir et se regarda dedans.
- Je suis pas si gros que ça, marmonna-t-il en se regardant d'un œil.
Il se rapprocha du miroir, intrigué, avant de se mettre à crier, et de faire brusquement demi-tour.
- Mais oui ! C'était là-bas ! fit Genta en se dépêchant. Au sixième étage dans l'immeuble de la gare… Juste devant l'ascenseur…
Il entra dans l'immeuble en face de la gare au moment où deux personnes montaient dans l'ascenseur et que celui-ci allait se refermer.
- Ah ! Attendez ! Je monte, moi aussi ! appela Genta.
La femme appuya sur le bouton d'ouverture des portes pour le laisser entrer.
- Quel étage mon garçon ? demanda la blonde aux lunettes de soleil et microshort.
- Euh 6ème…
L'ascenseur allait se refermer quand une main forte s'interposa et força la réouverture de la porte. Un grand dadais aux cheveux en arrière et à la veste de jean sans manche.
- Salut p'tit ! salua l'homme en entrant dans la cabine qui se mit en marche.
- Le type aux cheveux blonds… reconnut Genta.
- Désolé pour l'autre jour, je t'avais complètement oublié, s'excusa l'individu.
- En fait, je me souviens où on a vu le voleur ! annonça Genta.
L'homme s'accroupit devant lui pour lui faire signe de se taire, un mauvais sourire aux lèvres.
- Chut ! Ne le dis pas trop fort ; il nous observe peut-être…
- Mais alors, vous aussi… comprit Genta en baissant la voix.
- Oui, je viens de m'en rappeler aussi. Mais avant d'aller à la police, je voudrais vérifier qu'on ne se trompe pas.
Discrètement, il fouilla dans sa poche arrière pour prendre quelque chose.
- Oui, on pourrait trouver un coin tranquille ; des toilettes au calme, continua le blond.
- Il n'y a pas d'erreur ! C'est bien cet homme !
Le blond tourna la tête pour regarder les deux autres occupant de la cabine qu'il avait totalement zappés. L'homme avec le béret venait de le pointer du doigt, causant l'incompréhension du blond.
- Il avait dit s'appeler Someda ! continua l'homme sous le regard de la blonde avec son chewing-gum.
- Hein ? T'es qui toi ? Tu crois que tu peux interpeller les gens comme ça, gronda le blond avec une attitude de Bad Boy.
Ding
Vriiim
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur des pieds d'enfants.
- Gaucher, un tee-shirt noir 202 ; avec des indices pareils, la police ne risquait pas de trouver parce qu'en fait, Genta vous regardait dans un miroir, informa Conan qui se tenait devant la porte de l'ascenseur.
- Vous ! reconnut l'homme. Vous êtes les gosses de tout à l'heure.
- Si Genta ne s'est pas fait gronder alors qu'il vous fixait, c'est parce qu'il le faisait par l'intermédiaire d'un miroir, pointa Haibara.
- Le 202 du tee-shirt noir était en fait un SOS vu dans un miroir ! compléta Mitsuhiko.
- Il vous a vu gaucher mais en réalité, vous êtes droitier ! compléta Ayumi.
- Le genre d'endroit où pourrait aller et où les clients ont un miroir en face d'eux…un endroit où on a tendance à avoir sommeil, c'est chez un coiffeur !
Et il pointa du pouce le salon de coiffure du sixième étage devant lequel s'ouvrait l'ascenseur. Genta a eu l'impression que vous aviez vu le voleur parce que pendant qu'il dormait, le coiffeur vous a teint les cheveux en blond. Un brun à lunettes qui devient blond, avec une blouse cachant les vêtements, il vous a pris pour quelqu'un d'autre.
L'homme était tout pâle pour le coup.
- Ah… ah… qu'est-ce que tu racontes gamin ? T'as aucune preuve, bégaya le blond.
- Vous voulez un témoin ? Il est derrière vous !
Le blond se retourna pour voir le vieil homme retirer ses lunettes et sa moustache postiche.
- C'est le coiffeur qui vous a teint les cheveux !
Il avait eu de la chance que cet homme déteste la télé et ne soit jamais tombé sur un des posters de la police. C'était une assez bonne idée. Se faire une teinture rapide en noir, mettre un masque et des lunettes et retrouver son apparence normale après avoir agi. Parfait pour éviter d'être retrouvé par la police. Cependant voilà, sur un des sacs qui avaient été retrouvés, on avait relevé des empreintes digitales. Si elles étaient identiques à ceux du blond, il serait cuit.
- Mais alors, si ce gamin traîne dans les rues depuis tout à l'heure ? interrogea le blond.
Conan n'aimait pas le calme du suspect, mais les enfants continuèrent leurs explications.
- C'était fait exprès ! Pour vous attirer ici !
- La glace sur la joue pour la mousse du barbier, le drapeau de la France pour l'enseigne du coiffeur ! Enfin, les vitrines pour les miroirs. Tout avait pour but de rappeler le coiffeur !
- Genta a fait semblant de se rappeler soudainement de l'endroit où il vous avait vu. Nous, nous le suivions et nous avons tendu ce piège.
Contre toute attente, leur homme éclata de rire
- Vous me prenez pour qui !? rugit-il.
Il attrapa Genta par le cou et leva son couteau de poche. Il n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit que quelqu'un sauta dans son dos, saisissant sa main armée avec une poigne ultra puissante qui allait presque lui briser les os, alors qu'un bras s'accrochait à sa gorge, l'étouffant à moitié. Le cri de rage du coupable se transforma en cri de douleur quand son assaillant le mordit dans le cou, le forçant à libérer Genta.
La femme de l'ascenseur repoussa Genta et aida l'assaillant du blond à reprendre le couteau.
- Comme je le disais, Dawn est un véritable animal sauvage, nota Haibara avec un soupir en voyant le col de leur homme virer au rouge.
Craacc !
Le poignet du voleur finit par céder sous la pression conjointe de la blonde et de Red.
- Quel abruti, grommela Red en sautant à terre.
Il s'essuya la bouche, attendant que la femme maîtrise le voleur gémissant de douleur au sol. Il s'accroupit auprès du blond en proie à la douleur et releva ses lunettes pour afficher ses iris argentées déchirées. La vue, accompagnée par le sourire dément encore un peu ruisselant de sang, avait de quoi faire peur.
- Tu crois vraiment que des gamins sont assez stupides pour interpeller un voleur à l'arrachée sans back-up, surtout quand le voleur en question a déjà attenté à la vie d'un des membres du groupe ? souffla Red en conservant son air effrayant. Même si je n'étais pas intervenu, tu ne serais pas allé bien loin, parce qu'il y a des flics partout autour.
Les passants et clients de l'étage cessèrent leurs activités pour lancer un regard sombre vers le voleur. Mais celui-ci n'eut qu'une réaction, toujours hypnotisé par la vue de Red.
- Maman… gémit le malfrat.
- Et zut ! Il vient de se pisser dessus, grommela Satô en voyant la tache mouillée se faire de plus en plus grande sur l'entre-jambe de l'homme.
Elle retira sa perruque, le couteau de l'homme dans son autre main et soupira.
Encore une fois, Conan se sauva la face en disant qu'il n'avait fait que copier ce qu'il avait vu à la télévision, mais rien n'empêcha Satô de jeter des regards fréquents sur Red qui avait repris un silence taciturne.
- Encore une victoire pour les Détectives Boys ! cria avec joie Mitsuhiko dans la rue, sous le soleil couchant.
- OUAIS ! rugirent Ayumi et Genta.
Ayumi se tourna vers Genta pour le taquiner.
- Mais Genta-kun, tu dors trop ! Pendant tout le temps où il se faisait teindre les cheveux, tu dormais !
- Le coiffeur a dit que je dormais si bien qu'il n'a pas osé me réveiller, avoua Genta.
- Bah, tu profites du proverbe : Qui dort, dîne, nota Mitsuhiko.
Pendant que les gosses discutaient entre eux, Haibara soupira de soulagement.
- Je suis soulagée ; le voleur était donc finalement un droitier.
- He ? s'étonna Conan devant le commentaire.
- Je pensais que ce n'était pas possible, dans la mesure où il m'aurait visée ou visé Dawn, avant de s'en prendre à Kojima, mais…
- Quoi ? Tu veux dire qu'eux… comprit Conan.
- Si tu l'ignores encore, tâche de t'en rappeler : Gin est gaucher.
Leur conversation fut coupée par les trois enfants.
- Tu y es allé très fort, non, Red-kun ? demanda doucement Ayumi avec inquiétude en regardant Red toujours aussi silencieux.
- Et ? demanda Red d'une voix cassante.
- C'est juste que… commença Mitsuhiko.
- J'en ai strictement rien à faire de ce que vous pensez de mon comportement de bête sauvage. J'ai vu assez de choses horribles pour être content d'être aveugle ! Alors, que vous me trouviez effrayant, monstrueux ou dérangeant, je m'en balance ! J'ai perdu trop de mes proches pour m'arrêter encore aujourd'hui à ce genre de concession. Vous êtes sous ma responsabilité et je ferais le nécessaire pour vous protéger, quitte à me faire haïr. Point. Haibara, on y va !
- J'arrive. Bonne soirée tout le monde.
Et elle rejoignit Red pour s'en aller.
Conan regarda la silhouette enfantine du pirate s'éloigner avec un dos raide.
Red était un piètre menteur. Il serait peut-être prêt à tout pour leur groupe, mais leur opinion était quelque chose qui lui faisait peur.
Encore une chose à rajouter à l'énigme que représentait le passé de Portgas D. Ace.
Satô venait de finir son rapport et, à présent, essayait de se renseigner discrètement pour éclaircir une énigme.
Et pour le moment, elle était mal partie parce que ça ne la menait nulle part.
Elle soupira et regarda la seule photo de l'intrigant garnement qu'elle avait pu obtenir. Une photo de classe où il avait l'air de s'ennuyer à mourir.
Elle referma le dossier où elle avait consigné ses observations et caressa les lettres représentant le nom du mystérieux garçon.
« Dawn D. Red… qui es-tu vraiment ? »
