CHAPITRE
XXI
ACTE
Severus avait enfin terminé ses cours.
Il ne pensait qu'à la bonne douche bien chaude qu'il
prendrait en arrivant dans ses appartements. Entré dans son
bureau, il sentit qu'une présence envahissait les lieux.
D'ailleurs, la porte entre son bureau et sa chambre était
restée ouverte. Il fit quelques pas, la baguette à la
main. Puis son regard avisa la trappe. Ouverte. Il comprit
immédiatement.
Il se posta à l'entrée,
croisant les bras. Il allait tuer ce petit fouineur !
- M. Potter
! Gronda-t-il en apercevant les cheveux noirs en bataille. Il
remontait avec une lenteur intolérable. Il l'attrapa par le
bras pour l'attirer à lui.
- Je vous avais bien dit ne
pas vous en approcher… Je ne peux même pas vous faire
confiance pour ça Potter ? Regardez-moi au moins quand je vous
parle, vous n'avez plus deux ans !
Le jeune homme ne relevait
pas la tête. Severus tendit la main et releva son menton.
-
Qu'est-ce qui se passe ? Vous avez perdu votre langue ? Vous…
Le
garçon avait l'air complètement déboussolé.
L'expression hagarde qu'il affichait perturba le serpentard.
-
Merde, Harry, dites-moi ce qu'il y a, vous êtes… vous
êtes…
Le jeune homme le repoussa et s'enfuit vers le
bureau. Severus anticipa son geste et se précipita à sa
suite, le bloquant à la porte.
- Arrêtez vos
conneries maintenant, et dites moi ce qui se passe dans votre petit
crâne !
- Non, laissez-moi ! Je veux partir !
- Ne
m'obligez pas à vous donner du véritaserum…
- Du
chantage ! Le coupa Harry, les yeux flamboyants, vous n'avez pas
honte ! Laissez-moi tranquille, je veux repartir ! De toute façon,
je ne peux rien vous dire, et je ne veux pas non plus, alors
lâchez-moi !
Il ressentit un pincement au cœur. Il laissa
le jeune homme s'enfuir, se demandant quelle mouche avait bien pu
le piquer encore une fois.
Il descendit dans la salle secrète,
et observa un moment la Boule du Sphinx qui semblait dormir. Qu'avait
vu le griffondor qui ait pu le mettre dans un état pareil
?
Il semblait embarrassé, et complètement
désorienté. C'était étrange. Il referma
la trappe, jeta un sort de dissimulation, puis se dirigea vers la
salle de bain. Une bonne douche lui remettrait les idées en
place. Il partit ensuite voir Draco. Il croisa la directrice dans les
couloirs.
- Severus, Sainte Mangouste a été attaqué
ce matin. Il y a eut beaucoup de morts. Oser s'attaquer aux plus
faibles, voilà bien la caractéristique de ces infâmes
démons ! J'ai demandé à ce que tous les
enfants repartent chez eux pour les fêtes. Ils doivent rester
auprès de leur famille. Néanmoins, je vais donner la
permission à M. Weasley, Melle Granger, et M. Potter de
rester, pour le jeune Malefoy. J'ai eu peur qu'il ne soit pas en
sécurité chez vous. On ne sait jamais. Je voulais vous
demander si vous étiez d'accord ?
- Bien sûr,
Minerva, je vais rester ici moi aussi.
- Hum, tous les
professeurs m'ont répondu ça. C'est d'accord. Je
vous préviendrais bientôt pour vous savez quoi. Les
enfants viendront eux aussi. Je vous laisse, j'ai à faire,
je dois recevoir des parents en nombre aujourd'hui. C'est
l'affolement général.
Severus hocha la tête
et continua sa route.
Il donna le mot de passe devant la porte
cachée, puis elle s'ouvrit sur cette phrase :
- Je
préférerais me battre à mains nues avec Nagini,
c'est sûr !
Un silence l'accueillit. De quoi
parlaient-ils donc ces deux là ? Et s'il avait crû
voir un jour Harry et Draco ensemble ! Ce denier le fixait, un
sourire ironique aux lèvres, tandis que le Survivant baissait
encore les yeux d'un air confus. Il fila dès que Severus
s'approcha de lui.
- Qu'est-ce qu'il a encore ?
demanda-t-il à Draco.
Ce dernier finit par rire
franchement.
- Bah, tu sais à cet âge là, les
hormones, tout ça, on fait un peu n'importe quoi !
-
Pardon ?
- Laisse tomber, dis-moi plutôt ce qui t'amène
!
Severus se laissa tomber sur un petit fauteuil.
- Je suis
harassé. Au fait, le professeur McGonagall m'a dit que tu
restais à Poudlard, avec le fameux trio à Noël ?
Tu as effectué un sacré revirement !
Les beaux yeux
gris semblèrent se perdre un instant.
- J'en avais marre
de mon rôle de sale gosse capricieux. Porter un masque en
permanence, c'est dur. Tu le sais mieux que personne, toi !
L'aîné
soupira. Il ferma les yeux, et se laissa aller en arrière.
-
Il le faut bien. Je parle pour moi. Je suis content que tu t'entendes
bien avec eux. Ils sont courageux, ce sont des gosses remarquables.
-
Et Harry… ?
- Quoi, Harry ?
- On n'est plus des enfants,
malgré tout. On devient adultes, plus vite qu'on ne le
devrait c'est certain… Harry peut paraître étrange à
certains moments. J'ai remarqué qu'il semblait de plus en
plus confus. Une chose le tracasse… Je sais laquelle. Tu veux le
savoir ?
Severus se redressa en secouant négativement la
tête.
- Je ne veux rien savoir qu'il ne me dise lui-même…
enfin, je parle des choses sérieuses, ou graves…
-
Pourtant ça te concerne, mon cher parrain. Mais je vais te
laisser cogiter. Je suis fatigué, je vais dormir un peu. Tu ne
m'en veux pas ?
- Non, non, repose-toi. J'ai des potions à
préparer de toute façon.
Il repartit vers ses
cachots, intrigué par ce que lui avait dit Draco. Il travailla
un peu, partit dîner, et repartit dans son bureau.
Il
repensa aux coups d'œil que Harry lui avait jeté durant
tout le repas. Vraiment…
Il prit un bouquin et s'installa
devant la cheminée, avec un verre de whiskey. Il voulait se
détendre. Il lut un bon moment. 21h00 sonnèrent.
Des
coups à la porte. Harry ? Il pensait ne pas le voir ce soir.
Le griffondor entra dans la pièce, sous sa cape
d'invisibilité. Il la posa sur une table basse.
Il
enleva son tee-shirt, attendant que Severus se lève. Pas une
parole ne franchit ses lèvres.
- J'aimerais savoir quand
même si vous allez me décrocher un mot avant la fin de
la semaine ?
Severus palpait les côtes du garçon, et
posa enfin son stéthoscope sur la poitrine, ne décelant
rien d'anormal.
- Je… je dois vous dire quelque chose.
Il
vit que le jeune homme, rouge de confusion, faisait un véritable
effort. Il attrapa sa main avec hésitation, ayant peur de le
brusquer. Pourtant cela sembla détendre le griffondor.
-
Si… vous saviez que seule une chose pouvait sauver une personne,
même si c'était quelque chose de vraiment… délicat
à faire. Vous le feriez ?
- Bien sûr, répondit
Severus en haussant un sourcil. Alors vous allez vous décider
à me dire ce qui vous arrive ?
- Je ne sais pas… je…
Il
avait à nouveau baissé la tête, troublé
par il ne savait quoi. Et ça commençait à
l'agacer.
- Bon, j'ai tout mon temps, Harry, si on doit y
passer la nuit, on le fera, c'est clair ?
Ses paroles eurent un
effet extraordinaire. Les joues du garçon passèrent par
toutes les teintes existantes, et son air devenait de plus en plus
déconcerté.
- Et bien… je crois que… je…
-
Installez-vous, vous voulez une boisson chaude ou froide ?
Le
jeune homme fit quelques pas en arrière. Il remit son
tee-shirt, et attrapa sa cape.
- Il vaut mieux que je parte.
-
Quoi ? Pas question ! Vous n'allez pas vous amuser à ça
avec moi !
Harry ne répondit pas, se contentant de le
fixer avec de la peur dans le regard.
- Je veux savoir ce qui
vous arrive. Je vous ai fait quoi, pour que vous soyez comme ça
avec moi ?
Le corps d'Harry pivota sur lui-même. Il se
précipita hors de la chambre. Severus était en colère.
Il ne savait absolument pas comment réagir. Il s'installa
dans son fauteuil, face à la cheminée. Avala le restant
de son verre d'une traite.
Puis il entendit une cavalcade. Il se
tourna vers Harry, qui déboulait à nouveau dans la
chambre. Qui se précipita vers lui. Sauta à son cou. Et
posa ses lèvres sur les siennes.
Il était en plein
délire ou quoi ?
Harry recula son visage, les yeux
fiévreux, et se pencha à son oreille.
- J'ai
vraiment… vraiment… envie de vous. Vraiment.
Severus crut que
ses yeux allaient lui tomber des orbites. Comment ça… envie
de lui ? D'un coup comme ça ?
Il le repoussa doucement.
-
Bon, vous allez me dire ce qui se passe maintenant, c'est clair
?
Le jeune homme le fixait avec appréhension. Il se
redressa légèrement.
- Même… même si
vous ne m'aimez pas, il le faut. C'est le seul moyen pour…
pour…
- Pour quoi, bon sang ? Qu'est-ce qui justifie cette
scène ? Le fait que vous vous jetiez tout à coup dans
mes bras pour me demander ça ?
- Ce qui justifie… ?
Votre vie. L'horcruxe est en vous. Je ne peux le défaire que
de cette façon.
Le choc que ressentit Severus fut plus que
brutal.
Harry serrait les lèvres, les yeux brillants. Sa
bouche commença à frissonner légèrement,
en une moue angoissée.
Severus respira un grand coup.
Il attira le jeune homme dans ses bras et lui caressa le dos.
-
Allons, allons… On va tout reprendre depuis le début, ok ?
Il entendit un faible oui.
- Je vais vous prêter ma
pensine, si vous préférez, et je vais regarder ça
moi-même. Comment avez-vous su… ?
- Par Draco, il ne
voulait pas vous en parler, il avait peur que vous… qu'en
apprenant cela, vous ne vous sacrifiez… On a tous cherché
une solution, et c'est pour ça que je suis venu ici, pour
voir la Boule du Sphinx. Je devais savoir, le temps presse trop ! Et
j'ai vu comment il avait fait pour vous mettre l'horcruxe. Et
j'ai vu ce que je devais faire pour le détruire. Et il n'y
a que moi qui puisse le faire. Vous n'aurez qu'à… vous
imaginer que je suis quelqu'un d'autre… je ne sais pas…
La
gorge du professeur se noua. Il resserra son étreinte.
- Ne
dites pas de bêtises. On va voir ça ensemble d'accord
? Mais calmez vous d'abord, vos émotions pourraient
perturber le fonctionnement de la pensine.
Il soupira.
- Je
suppose donc qu'il a utilisé un rite sexuel. C'est ce que
vous avez vu ?
- Oui, il vous avait drogué. Vous ne vous
êtes pas rendu compte du pacte qu'il a lié. En faisant
ça, je peux vous… en délivrer. Sans que cela ne porte
atteinte à votre vie.
- Votre courage est immense, dit-il
en souriant.
Harry renifla, et s'essuya les yeux. Severus lui
tendit un mouchoir. Il se moucha bruyamment. Puis se leva du canapé.
- On peut y aller. Je vais tout vous montrer.
Ils se
penchèrent sur la pensine, et le jeune homme tira les fils de
ses souvenirs pour les plonger à l'intérieur. Puis
Severus se pencha.
Lorsqu'il se redressa, l'air
contrarié, il vit Harry trembler comme une feuille à
ses côtés.
- Qu'est-ce que… ?
Un regard
confus plongea dans le sien.
- Pardon, je suis nerveux… je n'ai
jamais… jamais… euh…
Il s'apprêtait à lui
demander quoi mais un éclair de lucidité lui traversa
l'esprit. Il se tut. Le gamin était bien trop perturbé,
prêt à dire et faire n'importe quoi…
Il ne le
forcerait certainement pas à faire ça avec lui. Mais
pour ce genre de rite, il n'y avait pas d'autres solutions.
Il
se dirigea vers le canapé, et s'assit, les coudes sur les
genoux, posant son visage las dans le creux de ses mains. Le mieux
serait peut-être qu'il disparaisse… Mais Albus ne l'aurait
jamais permis.
Dilemme impossible à résoudre. Il
fallait qu'il y réfléchisse à tête
reposée.
Une main hésitante pressa son bras. Il
releva la tête. Harry le regardait avec inquiétude.
-
Vous savez, je ne suis plus un bébé. Je vais vous
sortir de là. Je suis majeur, et… enfin, je peux bien faire
ça pour vous. Je connais tout ce que vous avez toujours fait
pour moi. Nous serons quittes. Dites-vous ça, s'il vous
plaît, parce que… je ne veux pas vous perdre, ni moi ni
personne. Alors…
- Quand même… Ce n'est pas… Merde,
ce n'est pas rien, Harry. Vous vous rendez compte ?
Le jeune
homme se redressa, les yeux dans le vague. Puis il le fixa soudain
d'un air déterminé.
- Il le faut. C'est ainsi.
Qui pourrait se permettre de vous perdre ? Pas l'Ordre, en tout
cas. Et moi non plus. Vous m'avez appris énormément
ces derniers mois. Je vous veux auprès de moi dans cette
bataille. C'est là votre place ! C'est pour ça
qu'Albus s'est battu ! On va donc accomplir le rituel ce soir.
Vous avez su ce qui s'est passé ce matin ? Cet enfoiré
va étendre ses forces de plus en plus vite, c'est
indéniable. Alors…
Harry inspira un grand coup, et prit
sa baguette.
- Nous allons remédier à ce problème
maintenant !
Il attendit.
Severus était abasourdi.
Que le griffondor prenne ce genre de décision… Harry avait
grandi oui, comme l'avait dit Draco. Trop vite, par la force des
choses.
- Attendez… Je… je ne veux pas vous imposer ça,
Harry. On peut essayer de s'arranger autrement en attendant.
-
En attendant quoi, le coupa vivement le griffondor, il n'y a rien à
attendre ! J'ai la solution, Professeur, retarder l'échéance
ne servira à rien ! Reculer pour mieux sauter, très peu
pour moi… Alors allons-y. Je vous fais confiance, je vous veux à
mes côtés, je vous l'ai dit.
Severus se leva,
hypnotisé par le visage sérieux du jeune homme.
-
Bien. Suivez-moi.
Ils marchèrent jusqu'au lit d'un pas
égal, posé et souple. Severus avait l'impression
irréelle d'être dans un rêve éveillé.
Harry se tourna vers lui, et leva sa baguette, d'une main peu
assurée.
« Par Merlin, Trois fois conjuré,
À
moi enchaîné
Nouvelle marque, nouveau lien,
Pour
toujours tu es mien. »
Il baissa sa baguette et la
releva, vers le cœur du serpentard. Par trois fois.
«
Sowelu »
« Ewhaz »
« Fehu »
Une
lumière d'un vert émeraude jaillit, et enveloppa
Severus. Il ferma les yeux.
Les ouvrit devant le visage du jeune
homme, levé vers lui.
Il posa une main sur la joue douce,
descendant dans le creux de la nuque. Harry le regardait, les joues
en feu.
- Vous… irez doucement avec moi… c'est la première…
f…
Il pressa ses lèvres contre celles du jeune homme. Ce
dernier passa les bras autour de son cou, pressant son corps
légèrement contre le sien. Severus suivit la courbe du
dos d'un mouvement lent, passant la main sous le tee-shirt noir, le
remontant pour le lui enlever.
Il fit basculer le griffondor sur
le lit, se redressa pour déboutonner sa robe, puis sa chemise.
Il reprit ensuite les lèvres offertes, caressant le corps de
lents mouvements, pour ne pas brusquer le jeune homme.
Il voulait
que tout se passe bien. Vraiment. Son cœur était déchiré
entre l'envie qu'il avait de Harry, et le sentiment que tout ça
n'était qu'une mascarade, dont le but était juste
de lui sauver la vie. Il aurait voulu que tout se passe autrement.
Harry était jeune, penser que sa première fois se
passerait avec son professeur de 20 ans de plus… Severus se dit que
ce n'était certes pas l'idéal pour lui…
Même
si lui était passé par là aussi, dans un sens…
Mais les circonstances étaient différentes,
complètement…
- N'ayez pas peur… souffla Harry, ça
ne me dérange pas… c'est vrai…
Il comprit à
ses yeux qu'il disait la vérité. Les deux émeraudes
distillaient du trouble, de l'envie, la confusion s'y mêlait
au désir.
Le professeur reprit un peu confiance en lui.
Ses caresses se firent plus insistantes, et les gémissements
doux du jeune homme le guidèrent dans l'exploration du corps
offert. Les mains du garçon se pressèrent dans son dos,
descendirent vers ses fesses, repassèrent devant, essayant
timidement de déboutonner son jean.
Il l'aida à
se débarrasser des vêtements devenus encombrants.
Leurs
deux corps se pressaient l'un contre l'autre, leurs bouches
déposant de doux baisers sur chaque parcelle de peau. La
timidité du jeune homme s'oublia vite alors que Severus
s'essayait méticuleusement à l'amener à la
jouissance.
De la douceur, à n'en plus finir. Le
serpentard n'avait pas agi de la sorte depuis… En réalité,
jamais… Il n'avait jamais fait face à une situation telle
que celle-ci. Ses rapports, avec des hommes ou des femmes s'étaient
toujours fondés de manière brutale et passionnée,
jamais il n'avait laissé place à la tendresse, ou
autre sentiments qu'il jugeait dédaigneusement futiles.
Il
ne voulait en aucun cas effrayer ou crisper Harry. L'innocence du
jeune homme l'émouvait d'une étrange façon.
Personne ne l'avait jamais touché de la sorte.
Un petit
cri plaintif s'échappa de la bouche du griffondor lorsqu'il
le pénétra. Severus ne connaissait que trop cette
sensation d'être déchiré, juste avant le
plaisir… Ou la rage…
Il avança la main entre les
cuisses du garçon, afin de distraire son attention de la
douleur cuisante qu'il devait ressentir.
Lorsqu'il se répandit
en lui, le jeune homme explosa à son tour dans sa main.
Ils
restèrent allongés l'un contre l'autre, reprenant
doucement leur souffle, puis Harry se redressa, se tournant
brusquement vers lui.
Il agrippa son bras d'une main ferme,
et fixa la marque de mangemort en sifflant.
Du fourchelangue ?
Severus voulut se reculer, sans succès. La marque se mit à
chauffer, puis Severus ressentit une drôle de sensation. Une
chaleur cuisante irradia en lui, le laissant pantelant, alors que
Harry posait son autre main sur son sein gauche.
Il regarda son
bras. Plus de marque. Puis son torse, où se lovait à
présent un petit serpent ailé, noir et vert,
minuscule.
Harry se laissa retomber sur l'oreiller, les yeux
hagards.
- Qu'est-ce que tu as fait Harry ?
- Je… voudrais…
dormir… maintenant… murmura le jeune homme si bas que Severus dût
se pencher pour l'entendre.
Il ferma les yeux. À sa
respiration, Severus comprit qu'il était partit au pays des
songes. Il glissa sa main sur le nouveau tatouage.
Il lui avait
apposé sa marque. Il n'appartenait plus au Lord Noir, non,
il appartenait à Harry Potter à présent…
Il
s'allongea, le regard fixe.
Il devrait aller voir Minerva à
la première heure. Tous leurs plans allaient être
chamboulés à présent.
Curieusement, cela ne
le dérangeait pas tant que ça. Harry n'était
pas cinglé, lui, il n'avait pas grand chose à
craindre de l'adolescent. Et puis, il savait que la bataille finale
approchait. Alors maintenant ou plus tard, sa libération du
Seigneur des Ténèbres, inespérée
pourtant, ne changerait plus grand chose au déroulement de ce
qui allait suivre.
Il aviserait le lendemain. Pour l'heure, il
se sentait complètement vidé, ses paupières
tombaient lourdement.
Il sentit juste le bras du garçon se
dérouler en travers de sa poitrine avant de sombrer dans le
sommeil.
À suivre………………………….
