Message pour mli : Merci de ton gentil commentaire ^^. Je n'ai nullement l'intention d'abandonner ma fic. J'ai d'ailleurs un certain nombre de chapitres en réserve. Simplement, ma vie IRL est très prenante ces temps-ci, donc ne fait pas partie de mes priorités. Néanmoins, deux chapitres pour te prouver ma bonne foi :D !


Chapitre 21 : Si frêle…Mais si fière…

Sara ne dissimula pas l'air dégoûté qui venait à son visage d'enfant malgré elle. Mais de nouveau, cet homme dégoûtant qu'était Baytor tournait autour d'elle, lâchant parfois des onomatopées d'admiration à la sonorité inquiétante. Enfin, lorsqu'il se décida à cesser de la reluquer – il n'y avait en effet pas d'autre mot pour décrire cela – il se rassit sur le fauteuil qui lui servait de trône et la fixa de ses petits yeux entourés de graisse.

« As-tu passé une bonne nuit, ma belle enfant ?
- Elle aurait été bien meilleure si je vous savais le plus loin possible de moi… »

Cette réponse fit légèrement sourciller l'obèse qui tenta pourtant de le dissimuler :

« Allons, tu verras que tu te plairas ici…Il faut juste t'y habituer. Mais je peux t'assurer que, si tu ne résistes pas, tu seras traitée comme une reine. Après tout, tu es la plus belle de toutes mes esclaves et…
- JE NE SUIS PAS UNE ESCLAVE ! »

Sara avait littéralement haussé la voix de manière si surprenante que Baytor et Lorny, également présent, sursautèrent. Un silence suivit un long moment pendant lequel le maître esclavagiste fronça les sourcils, visiblement contrarié de l'attitude de sa nouvelle prise.

« Je trouve cela bien dommage. D'accord, ton caractère piquant ajoute encore un peu plus de charme à ta splendeur, mais, malheureusement pour toi, je ne suis pas patient. »

Il tourna la tête vers son bras droit, qui acquiesça d'entendement, avant de reprendre la parole.

« Ma belle, chez moi, les crises d'esclave ne durent jamais plus d'un jour. Or, en voici deux que tu es ici. Alors, c'est très simple : tu te soumets ou tu le regretteras toute ta vie. »

Sara serrait tant ses poings qu'elle sentait ses jointures blanches tendues à l'extrême, alors que ses ongles s'enfonçaient dans sa peau, y laissant des marques.
Elle continua, dans sa fureur, à garder cet air de défi qu'elle soutint devant ses geôliers, de plus en plus mécontents de cette persévérance. Lorny la jaugea d'un air mauvais avant de s'approcher d'elle et d'avancer sa main vers la taille frêle de l'adolescente.

« Maître, ajouta t-il avec un sadisme non dissimulé, si vous voulez quelqu'un pour la redresser, confiez-la moi, et vous verrez qu'elle cèdera rapidement… »

Ses gestes se faisaient osés…Beaucoup trop aux yeux de la jeune épéiste.

« Ne me touche pas avec tes sales mains, espèce d'obsédé ! »

Elle suivit sa vitupération d'un coup de genou bien placé entre les jambes. Le bras droit eut le souffle coupé, jusqu'à ce que son maître ne s'esclaffe bruyamment, un air mauvais sur le visage :

« Eh bien, quelle personnalité ! Mais cela m'agace vraiment ! Je vais donc te proposer un marché…Demain, tu seras confrontée à Lorny dans un combat à l'épée. S'il s'avère que tu arrives à le battre, je te rendrais ta liberté…Mais…Si tu perds, alors tu devras t'exécuter au moindre de mes souhaits ! Qu'en penses-tu ? Auras-tu le courage d'accepter ? »

Sara serra un peu plus les poings, son esprit en intense réflexion. Son caractère impulsif eut cependant le dessus, et il n'y avait pas une once d'hésitation dans sa voix lorsqu'elle déclara :

« J'accepte. »

Elle n'avait pas d'autre choix…Mais sa pauvre maîtrise des armes lui permettrait-elle de gagner ?

Si seulement Seth était à ses côtés…


Le groupe n'en pouvait plus. Le soleil venait juste de se lever, caché par une tempête de sable, et l'inconnu les menait à travers des déserts de roche, au milieu des poussières volantes qui aveuglaient leurs yeux fatigués de devoir toujours se protéger du sable.

« Pourriez-vous seulement nous dire où vous nous menez ? demanda Eirika, tentant d'une voix forte de surpasser le vent qui hurlait.
- Ne vous inquiétez pas, vous le devinerez bien assez tôt, princesse… » eut-elle pour toute réponse de l'homme mystérieux.

Étouffant un grommellement derrière la main qui protégeait son visage des bourrasques, elle n'insista pas, la pression du bras d'Yllius sur son épaule l'en dissuadant. Après tout, que pouvait-elle faire ? Ils n'avaient d'autre choix que de faire confiance à cette silhouette encapuchonnée, pour le moment aussi fiable qu'un conseil du double de Seth.

Une quinte de toux sèche la tira de ses pensées et la fit se retourner vers ses compagnons.

Célia semblait en effet sur le point de s'étouffer. Chaque toussotement était plus fort que le précédent, tandis que les mains de la petite magicienne exerçaient une pression de plus en plus importante autour de sa mâchoire. La crise fut telle que le groupe stoppa pendant quelques secondes, jusqu'à ce que tout ceci ne s'arrête et que l'adolescente reprenne son souffle autant que possible dans cette mer de sable, malgré le sentiment de brûlure qui étreignait sa gorge.

Innes posa sa main dans le dos de la jeune fille, comme un léger soutien, et l'incita à avancer, ce qu'elle fit. Ils marchèrent ainsi jusqu'à ce que leur mystérieux guide ne se retourne.

« Je vous laisse ici. Continuez toujours tout droit et vous rencontrerez des personnes qui, je crois, vous seront d'une grande utilité. »

Ceci dit, il fit demi-tour en resserrant sa capuche autour de son visage et se laissa porter dans le sens du vent pour bientôt disparaître rapidement des yeux de ses compagnons. Eirika se retourna pour tenter de l'en empêcher, mais se heurta à la tourmente du désert. Seth agrippa son poignet et la remit aussitôt dans le bon sens alors que sa voix grave lui criait :

« Ne tentez pas de le suivre, nous n'avons pas d'autre choix que de continuer ! Il serait trop dangereux de se perdre par un temps pareil. »

Les compagnons continuèrent ainsi, se raccrochant au moindre point d'orientation dans le désert pour suivre la route.

Heureusement pour eux, la tempête se calma au fur et à mesure de leur avancée. Lorsque la possibilité d'une vision lointaine dans l'étendue de sable s'offrit à eux, ils faisaient face à une petite forteresse. Ses pierres d'une couleur beige se fondaient à merveille dans leur environnement, mais laissaient dégager aussi une impression d'austérité et de puissance.
Tandis que tous contemplaient le bâtiment, se demandant s'il s'agissait là de l'endroit où voulait les mener l'inconnu, Innes, un petit sourire aux lèvres, s'avança vers les gardes du pont d'entrée. Sous les yeux ébahis de ses compagnons, qui ne comprenaient pas grand-chose à son attitude, il demanda aux sentinelles :

« Je suis le prince Innes, fils et héritier du roi Hayden de Frelia. Je voudrais m'entretenir avec votre chef… »

L'archer ne connaissait que trop bien cet endroit, qu'il avait déjà visité lors de la guerre des Pierres…


Lorsque Sara entra dans l'arène, le bruit de la foule applaudissant se fit entendre. Elle les ignora, ne voulant pas se mêler aux affaires d'imbéciles spectateurs assoiffés de sang. Fixant des yeux électriques tour à tour vers Baytor, assis sur un balcon en hauteur, et Lorny, qui la déshabillait du regard, elle se posta au milieu du champ de combat, ses mains crispées sur ses deux épées courtes, que l'esclavagiste lui avait fait rendre peu avant son entrée dans le lieu de duel.

Lorsque son adversaire enleva son immense arme de son fourreau, l'adolescente sentit un frisson lui traverser le dos. Elle doutait désormais de pouvoir gagner face à cet homme qui ne souhaitait qu'une chose : lui donner une leçon qu'elle ne méritait pas forcément, étant donné le contexte, et la soumettre. De plus, il avait bien plus d'expérience du combat qu'elle.

« Ressaisis-toi, Sara ! s'encouragea t-elle intérieurement. Ne te décourage pas face cette grosse brute sans foi ni loi ! Tu es la fille et la sœur de généraux ! A toi de montrer ton talent ! »

La voix du bedonnant la sortit de son soutien intérieur.

« Tu es sûre de ta décision, petite beauté ? Tu ne souhaites réellement pas choisir la facilité ?
- Mais c'est ce que je fais en préférant la liberté à la captivité… répondit-elle, un sourire mauvais aux lèvres.
- La mort est-elle réellement la liberté ? souligna son interlocuteur, perplexe de sa réponse.
- Vous appartenir serait la pire des tortures pour moi…Mieux vaut mourir à ce stade. »

L'esclavagiste soupira de déception, espérant sans doute pouvoir jouer de la crainte de sa jeune esclave pour la forcer à abandonner. Néanmoins, il remarquait dans les mouvements et le comportement de l'adolescente son manque d'expérience du duel et ne doutait pas de la victoire de son bras droit.
Ce dernier d'ailleurs, resserrait ses deux mains sur son glaive, de la même manière que sa toute jeune adversaire se préparait, sa prise autour de ses deux épées courtes.

Alors que la foule observait, dans un silence plus qu'angoissant, les deux duellistes se jaugèrent, Lorny avec délice, Sara avec mépris, jusqu'à ce que l'homme ne se précipite sur elle, dans un hurlement de rage et de conviction, son arme devant lui. Elle se mit dans une position de combat improvisée et attendit l'approche de son ennemi.

Mais malgré les yeux déterminés de l'apprentie épéiste, une goutte de sueur ne put s'empêcher de rouler sur sa tempe…

Lorny entama ce duel par une charge, suivi d'un coup fort du haut de son épée que Sara s'empressa d'esquiver avec maladresse. Fort heureusement pour elle, son agilité conséquente face au corps musclé mais lourd de son adversaire lui donnait l'avantage de la rapidité, compensant tant bien que mal son état de novice. Mais déjà, l'homme enchaînait une nouvelle attaque, précise et puissante, la manquant de très peu.

L'air de défi sur le visage de la jeune fille laissa bientôt place à la peur, et le doute l'envahit. Pouvait-elle vraiment gagner ?


« Comment ont-ils osé ?
- Seth… »

Eirika contemplait les crispations qui durcissaient les traits du visage du paladin. Celui-ci continuait, vitupérant silencieusement :

« La traiter comme cela…Ils le paieront cher… »

La princesse ne répondit pas mais, redressant sur ses épaules et sa tête la longue cape bleue nuit qui cachait sa silhouette aux regards indiscrets, elle scruta de ses yeux bleus l'arène de combat. Voilà un temps que Sara combattait avec courage un homme d'une force impressionnante, qui la malmenait de plus en plus. La jeune femme distinguait déjà trop bien les signes de fatigue sur le visage de l'adolescente, qui ne savait pas que, quelques mètres au-dessus d'elle, son grand frère la regardait de ses yeux à la fois mêlés de furie, de compassion et d'admiration.
Il leur fallait agir vite…Ses yeux croisèrent ceux d'Yllius et Célia qui attendaient à ses côtés, tentant d'observer le duel comme n'importe quel spectateur dans cet endroit. Ils semblaient décidés…

Eirika se demandait cependant si le fait que ses deux amis ne soient pas dissimulés sous des capes était réellement sans importance…S'il s'avérait que quelqu'un parvienne à découvrir qui les accompagne, à savoir deux personnes de sang royal et un chevalier à la réputation grandissante, ils seraient autant en danger.

Sur les gradins situés de l'autre côté de l'arène, une lueur réfléchissante interpella son attention. Elle tourna alors la tête vers Seth et lui murmura :

« Innes et les autres sont prêts… »

Le paladin opina et se leva, pour quitter les gradins et s'engager par l'escalier menant vers la sortie du bâtiment. Son interlocutrice pressa alors Sieglinde contre sa poitrine. Ils avaient assez de chance que personne dans cet horrible endroit ne songe à assurer sa sécurité en confisquant les armes des visiteurs. Célia caressait distraitement le haut de son bâton de magicienne tandis qu'Yllius gardait une expression renfermée, dont seule la main qui se dirigeait vers son épée trahissait ses intentions.
La sœur d'Ephraïm se leva alors à son tour :

« A nous de jouer… »


Sara n'en pouvait plus. Elle haletait, tant la fatigue l'envahissait, alors que ses pieds avaient du mal à la soutenir. Malgré son état physique pitoyable, son esprit continuait à la pousser toujours plus vers l'avant, de même que sa fierté et son opiniâtreté. Avait-elle une chance de gagner ? Elle ne le savait pas. Mais elle n'avait aucune autre chance de survie. Plutôt mourir en tentant de gagner sa liberté que de servir les moindres désirs d'un homme aussi repoussant que Baytor. Elle tourna la tête un instant et le fixa, lui sur son piédestal, la regardant combattre, une pointe d'envie dans le regard. L'adolescente pouvait jurer l'entendre dire des paroles défaitistes et moqueuses à son sujet, et lui lança une expression d'intense vengeance.

Elle, la fille d'une des plus grandes familles de Renais, avait été réduite à un simple rang d'esclave…Il ne l'emporterait pas si facilement !
Lorny la fixait avec une pointe d'amusement.

« Eh bien, beauté, tu hésites ?
- Ne cherchez même pas, répliqua la demoiselle en rage, je ne serai jamais à vous !
- Quel dommage…Un si joli produit de la nature… »

Il leva son épée de son épaule et chargea Sara pour l'empoigner au cou. Cette dernière se sentit frémir et étouffer sous les actions de sa main puissante, et crispa sa main autour de ses armes, les faisant siffler au niveau de l'abdomen du guerrier. Son adversaire la lâcha dans un cri de douleur, posant la main sur son ventre qui portait les marques d'une large coupure sanglante.

« J'ai été gentil avec toi jusqu'ici ma petite…Mais désormais, tu vas souffrir ! »

Il leva la main, et aussitôt, sortis de partout, des hommes armés surgirent autour de Sara. La jeune fille fut rapidement encerclée, alors que le maître esclavagiste se levait de son piédestal en ricanant :

« Allons, joli bijou, ne me force pas à abîmer ta beauté naturelle. Si tu abandonnes et que tu acceptes de devenir mon esclave personnelle, je te promets que tu vivras comme une reine !
- Espèce de poussif, vous n'avez aucun honneur, ni même une pointe d'honnêteté en vous ! Comment pourrais-je vous croire ? »

Un sourire de triomphe orna le visage de l'adolescente.

« Et de tout de manière, je ne vous appartiendrai jamais… »

Elle ne s'attarda pas à contempler la grimace de déception de Baytor, trop occupée à surveiller Lorny, dont le sourire mesquin l'inquiétait. Mais désormais, elle le savait : elle n'avait plus rien à perdre…

Les rôles semblèrent alors inversés. Sara fonça alors sur son adversaire, peu soucieuse de son niveau de combat et son état de fatigue, tandis que ce dernier fronça les sourcils, soudainement inquiet.

C'était une course entre la vie et la mort…