20 Décembre (non corrigé)
_Nee-chan ! Je suis rentré !
_Oh, déjà ?
Natsuo venait d'entrer et la tête de Fuyumi apparaissait à l'encadrement de la porte.
_Oui, et mets tes chaussures, on sort, déclara-t-il.
_A bon ? Pourquoi ? Et tu ne m'as pas dit pourquoi tu es ici aussi tôt, il est juste 13h, questionna l'aînée.
_Quelques aménagements des cours magistraux et d'autres petite chose, répondit le décoloré. Et on va au centre commercial. Shouto a un rendez-vous avez Yaoyorozu et je veux m'assurer qu'il ne fasse pas de bêtises.
_Il a réussi à l'inviter pour un rendez-vous ?
_C'est ce qu'il m'a dit. Ils y seront de 14h à 20h donc on doit se préparer et essayer de les retrouver. J'ai moi-même été surpris quand il m'a dit qu'ils allaient tous les deux au centre commercial.
_Oh, ils y vont que tout les deux, c'est mignon, répondit l'ainée avec un sourire ravi et en se tenant la joue.
Elle s'assit et commença à mettre ses chaussures après avoir mis un manteau et une longue écharpe.
_Fuyumi-nee-chan.
La bicolore releva le regard et son visage ne cachait pas son interrogation.
_Oui Natsu ? Qu'est-ce qu'il y a.
Son regard fuyait le sien alors qu'il triturait la bandoulière de son sac de cours. L'expression de la plus âgée se fit plus anxieuse face à la mine interdite du jeune homme qui n'osait pas la regarder dans les yeux.
_Natsu ?
_Je suis vraiment désolé pour être parti hier et ne pas être revenu, dit-il finalement. C'était très immature de ma part et je n'aurais pas dû te laisser seul. Surtout que j'y suis allé un peu fort avec cette dispute avec papa…
_Lui aussi est parti, répondit Fuyumi. C'est lui que tu as blessé. Même si aucun de vous deux n'avait ni raison ni tort, c'est envers lui que tu devrais t'excuser.
_Nee-chan, avec tout le respect que je te dois – un sourire forcé apparut sur le visage du plus jeune tandis qu'il essayait de garder un minimum de contenance – je dois quand même te dire que c'est complètement hors de question et que je n'écouterais pas ton conseil. Je suis déjà revenu, il ne faut pas abuser non plus.
Fuyumi le regarda, arqua un sourcil avant de soupirer.
_Fait comme tu veux mais réfléchis-y.
_Changeons de sujet ! S'exclama soudainement Natsuo en ouvrant la porte d'entré avant de sortir. Si lui aussi est parti, qu'est ce que tu as fait ?
_Eh bien…
Elle s'était arrêtée et le décoloré s'arrêta à son tour. Il la dévisagea, en attente d'une réponse tandis qu'un sourire niais se dessinait sur le visage de la jeune femme dont les joues semblaient avoir pris feu.
_Oh – sa voix devint joueuse alors que ses lèvres s'étiraient en un rictus malicieux – est ce que ça à un rapport avec un certain jeune héros professionnel ?
_On a d'abord discuté par message et après on a parlé au téléphone. C'était amusant et je ne sais pas vraiment combien de temps on est resté à parler, répondit-elle enjouée. J'ai quand même honte de mettre endormi au téléphone. Mais il est tellement mignon, il m'a envoyé un message me souhaitant bonne nuit et ça ne l'a même pas dérangé.
_Au rythme où ça avance, je ne serais plus le seul en couple.
_Ne dis pas ça, je n'ai pas envie d'espérer pour rien, réfuta la bicolore plus tristement. Je suis sûr qu'il ne voit qu'une simple amie en moi… Si ce n'est pas une petite fan.
_Il ne passerait pas sa soirée au téléphone avec toi s'il ne te considérait que comme une simple amie ou une fan.
_Il est vraiment très gentil, Natsu, ça t'étonnerait de voir tous ce qu'il ferait pour remonter le moral à une inconnue. Il aime juste aider les gens, c'est quelque chose que j'apprécie beaucoup chez lui.
_Je suis sûr que non, il ne t'aide pas simplement parce que c'est dans sa nature, répliqua le grand frère. Eh puis tu n'es plus vraiment une inconnue.
Elle ne répondit pas et se contenta de rentrer son visage dans son écharpes. Toutefois, un sourire avait tracé son chemin sur les lèvres de la jeune femme. Son frère avait beau être agaçant mais il savait trouver les bons mots pour la soutenir. Et c'est dans un silence apaisant qu'ils se dirigèrent vers le centre commercial.
Pendant ce temps, Shouto était déjà arrivé au point de rendez-vous.
Le bicolore s'était assis sur un banc à côté de l'entrée afin d'attendre plus tranquillement ses camarades. Il avait quelques minutes d'avance et en profita pour vérifier ses messages.
_Oh, Todoroki-san !
Il leva les yeux et tomba sur la vice-déléguée qui n'était qu'à quelque pas de lui.
_Bonjour Yaoyorozu.
Le bicolore était assez fière de s'être débarrasser de cette manie de ne dire que le nom de la personne pour la saluer pour enfin former un semblant de phrase. Elle lui sourit et s'assit à côté de lui. Il sentit son rythme cardiaque augmenté mais garda son calme. Après tout, ce n'était pas la première fois qu'il se tenait si proche l'un de l'autre, rien qu'en cours où ils sont assis à côté. Il prit une grande inspiration. Tout allait bien se passer.
Un peu plus loin, dissimulés dans la foule, Natsuo et Fuyumi gardaient un œil sur leur frère.
_Pour l'instant tout vas bien, souffla Fuyumi.
_Nan, y a un truc qui cloche. Qu'est-ce qu'ils attendent ? Ils ne peuvent pas déjà entrer dans le centre commercial ?
Le cadet resta très attentif face à la scène qui se déroulait devant ses yeux à la recherche d'anomalie. C'est alors qu'une petite tête verte se rapprocha des deux adolescents.
_Qu'est-ce que… Ne me dis pas que Shouto a invité un de ses amies pour son rendez-vous !
_Si ce n'est qu'un ami, ça peut passer, réfuta Fuyumi. Il n'était sûrement pas prêt à se lancer seul donc un soutiens n'est pas de refus.
_Alors pourquoi ils sont encore en train d'attendre… ? Questionna le décoloré avec frustration.
_Peut-être que c'est un rendez-vous à quatre. C'est sympa à faire entre amis et ça va lui apporter plus de courage.
_Hm… sûrement.
Natsuo reprit espoir lorsqu'une autre brune au visage rond apparut, soutenant l'hypothèse de l'aînée. Mais cette hypothèse fut vite détruite lorsqu'un groupe de cinq se joignit au petit groupe. Puis de neuf, ils passèrent à douze, puis quinze, puis dix-huit et enfin vingt. Il était 14h, et le groupe d'adolescent entra enfin dans le centre commercial.
_Ecoute Natsu, ce n'est pas si mal que ça. Ça reste une sortie entre amis.
_Ils sont vingt, Fuyumi, vingt. Il n'avait qu'une seul chose à faire, l'invité à sortir et il a réussi à se foirer. Ils étaient censés être deux et cet abruti à mit un zéro derrière ce deux !
_Avec un peu de chance, il réussira à être sera seul à seul avec Yaoyorozu.
_Espérons.
Du côté des élèves, les discussions battaient son plein. S'étant naturellement rassembler par groupe d'affinité, la brune s'était rapidement trouver embarquée dans une discussion qui englobait une grande partie des filles.
_Alors, vous avez toutes une idée de ce que vous allez acheter ? Questionna Mina.
_C'était un peu compliqué mais j'ai pu trouvé quelque chose dans mon budget, affirma Ochako.
_Tu m'étonnes que tu aies trouvé, répliqua l'invisible, tu étais collé à Midoriya pour qu'il puisse t'aider.
_C'est faux ! Riposta-t-elle le rouge aux joues. Je ne lui ai pas demandé tant d'aide que ça.
_C'est ça, cause toujours, riposta Tooru. Je suis sûre que même Yaomomo à remarquer que tu avais limite fusionner avec Midoriya. N'est-ce pas Yaomomo ?
_Comme je te l'ai déjà dit, ne te sert pas de moi pour ce genre d'allusion douteuse, répondit Momo.
_De plus Tooru, renchérit Mina. Yaomomo était beaucoup trop occupé avec Todoroki pour remarquer quoi que ce soit.
_Et c'est reparti… souffla Kyoka las.
La musicienne et sa meilleure amie roulèrent leur yeux dans une synchronisation presque parfaite. Mais si la vice-déléguée roulait des yeux, ce n'était pas pour les même raisons que pour son amie. En effet, un rouge discret avait légèrement coloré ses joues et elle cherchait à tout prix à cacher sa gêne. Après tout, la mention du bicolore la mettait dans tous ses états ces derniers temps. Surtout après ce fameux appelle téléphonique.
_Yaomomo, reprit la rose. Tu peux nous le dire s'il y a un truc qui se passe entre vous.
_Il n'y a rien entre nous, affirma la brune dans un soupire – soupire qui semblait exaspéré malgré la douleur que ressentait la jeune fille.
_Arrête Yaomomo ! On sait qu'il y a quelque chose, tu peux juste nous le dire, s'impatienta Mina désireuse d'avoir les réponse qu'elle souhaitait.
_Elle vient de te dire que non alors n'insiste pas, rétorqua la musicienne.
_Kyoka-chan a raison, intervint Tsuyu. Arrêté de l'embêter. Maintenant, on ferait mieux de rattraper le groupe des garçons, ils sont en train de nous attendre là.
En effet, les quatorze adolescents se trouvait devant le premier magasin qui semblait être une boutique de vêtements. Les filles pressèrent donc un peu le pas afin d'arriver à leur hauteur.
Un peu plus loin derrière eux, les deux frère et sœur les suivaient toujours. L'un était beaucoup plus irrité que l'autre.
_Il arriverait peut-être à être en tête à tête avec elle, c'est bien ça ?
_Allons Natsu, ça ne fait même pas 20 minutes que l'on est là. Laissons-lui une chance et voyons voir comment il peut s'en sortir, répondit l'ainée. On ne peut pas être toujours derrière lui pour l'aider dans sa vie sentimental. Il est grand tu sais.
_C'est justement parce qu'il est censé être grande que ça me fait de la peine. Ça ne devrait pas être aussi pathétique.
_On va continuer à le suivre et a l'observer encore un peu. S'il est si désespérant que ça, tu pourras toujours lui envoyé un message subtil avec un conseil, ne trahissant pas le fait que l'on est en train de le suivre, proposa Fuyumi avec un sourire rassurant.
_Tu as raison, je vais lui envoyé un message.
_Quoi ? Maintenant ?
Le décoloré ne l'écoutait plus alors qu'il appuyait rageusement sur l'écran de son portable afin d'écrire son message. Après quelque petites secondes, il rangea son téléphone et se reconcentra sur sa mission d'observation.
De son côté, Shouto sentit la poche de son manteau vibrer alors qu'il naviguait entre les rayons avec Tenya, Izuku et Ochako. Il sortit son portable, se détachant de la petite conversation des trois, puis l'alluma.
(14 :23) Shou-chan, n'oublie pas, il faut que tu sois proche de Yaoyorozu. Un conseil que je te donne, évite de rester loin d'elle et passé le plus de temps ensemble ! C'était le petit conseil sortie de nulle part de ton grand frère (・ωー).
Il arqua un sourcil puis rangea son téléphone en soupirant. Il avait bien compris qu'il devait être proche de la brune mais comment faire lorsqu'elle était collée tout le temps à sa meilleure amie ? Il voulait aller la voir et lui parler mais il ne voulait pas que ça soit étrange. Il soupira une nouvelle fois avant de remarquer qu'il était seul au milieu du rayon. Ne participant pas activement au conversation de groupe, ses trois amis n'avaient pas dû s'apercevoir qu'ils s'étaient séparés. Il poussa un nouveau soupire à fendre l'âme et se dirigea vers l'entrée du magasin avec pour unique espoir le fait qu'ils doivent tous se rejoindre avant de partir.
Ce fut après quelque minutes d'attente, où Shouto était seul face à son portable, que Momo sorti également du magasin. Les yeux de bicolore quittèrent son écran pour se poser sur la brune. C'était sa chance. Il n'avait qu'une chose à faire lui parler.
_Yaoyorozu.
Elle se tourna vers lui et lui sourit légèrement avant de s'approcher.
Un peu plus loin, Natsuo et Fuyumi tentait vainement de capter de petit bout de leur conversation, cacher à côté d'un des nombreux fastfood qui vendait du poulet fris, mais les adolescents étaient bien trop loin.
_Ok, il a enfin réussi à être seule avec elle mais qu'est-ce qu'il se raconte ? Se demanda le décoloré perdu.
_Il a l'air de la faire sourire, ajouta la bicolore. Tiens, il vient de la faire rire d'ailleurs.
_Au moins c'est une bonne chose, souffla Natsuo en se tortillant pour voir d'avantages.
Ils restèrent ainsi à les regardé discuter et ils auraient pu rester longtemps ainsi mais c'était sans compter l'intervention d'une certaine personne.
_Oh, Fuyumi-chan, qu'est-ce que tu fais ici ?
L'interpellé et son frère se retournèrent et tombèrent directement sur un jeune homme ailée.
_Hawks-san ! Je ne pensais pas te voir ici, répondit l'institutrice. Qu'est-ce qui t'amène.
_J'ai mangé des ailes de poulets ici, ils font de bonnes choses, je reviens souvent quand j'en ai l'occasion. En revanche, je suis certain de t'avoir posé la question avant.
_Oui je- attends une seconde. Tu manges des ailes de poulet ?
_Oui pourquoi ? Questionna le héros professionnel.
_Tu ne… comment dire… Tu n'as pas de remord ?
_Euh, non pourquoi ?
_Ecoute, oublie ce que j'ai dit.
_D'accord Fuyumi-chan… Répondit-il dubitatif. Qui est avec toi ?
La voix du héros, qui devait être calme et rassurante, avait trahi une certaine animosité. Bien que Fuyumi n'eut rien remarqué, son frère ne manqua pas de se délecter de ce changement d'attitude lorsque le jeune homme s'adressa à lui et de la lueur hostile qui dansait dans son regard de faucon.
_Oh, c'est Natsuo, reprit Fuyumi. C'est lui mon petit frère, je t'en ai parlé hier.
Les traits du blond devinrent plus doux face à la réponse de la bicolore, qui semblait plus que le ravir. Toutefois, il ignorait que ce simple acte venait de le trahir : Natsuo avait déjà repéré sa jalousie. Mais après tout, pouvait-on lui en vouloir de ressentir cela ? Hawks avait un regard de rapace et ce même regard avait repéré le décoloré comme étant un possible obstacle. Il était normal qu'il se soit méfié.
_Enchanté Natsuo ! S'exclama le héros énergiquement. Fuyumi m'a beaucoup parlé de toi.
_A moi aussi ! C'est un plaisir de pouvoir rencontrer le numéro deux.
Le double-sens de sa phrase ne passa cependant pas inaperçu aux oreilles de l'ainée dont les joues se teintait d'un rouge discret. Son petit frère venait clairement d'insinué par son « à moi aussi » qu'elle lui avait beaucoup parlé de l'élu de son cœur.
_C'est drôle que ce soit ton petit frère, reprit le héros. Il me dépasse même de dix bons centimètres.
_Il est bien trop grand inutilement, ajouta Fuyumi.
_C'est vrai que tu es plus attiré par les hommes plus petit, répliqua l'étudiant. De la taille de Hawks par exemple.
Le message était très bien passé auprès des jeunes adultes qui commençait à sentir une légère gêne face au sous-entendu du plus jeune. Ce dernier avait retrouvé son sourire de Cheshire alors qu'il regardait avec amusement les deux, qui étaient devenu bien plus timide d'un coup. Il le savait, il ne pouvait pas passé à côté de ça et ne pourrait pas non plus s'empêcher de les taquiner plus tard. Il fallait être aveugle pour ne pas voir que leur attirance était réciproque – les deux devaient sûrement l'être.
_Du coup qu'est-ce que vous faites ici ? Questionna le blond une nouvelle fois légèrement gêné.
_Oh ! Eh bien, tu vois le magasin là-bas et le jeune garçon qui parle à la jolie fille ? Demanda Natsuo.
Le héros regarda le point que le décoloré lui montrait.
_Le garçon avec les cheveux rouges et blancs ?
_Oui, c'est notre petit frère, confirma Fuyumi.
_Oh, je vois l'air de ressemblance. Mais pourquoi est-ce que vous le suivez ?
_Eh bien, j'avais peur qu'il fasse une énorme connerie à son rendez-vous avec la fille que tu vois, mais ça n'avait même pas commencer que c'était déjà mort, souffla l'étudiant.
_Il a l'air de s'en sortir plutôt bien, pourquoi tu dis ça ? Questionna le héros.
_Eh bien, continue à regarder… répondit-il désespéré.
Le jeune héros s'intéressa un peu plus à la scène et c'est après 5 minutes qu'il comprit.
_Oh, je comprends pourquoi vous le suivez, dit-il finalement.
_Est-ce que tu veux te joindre à nous ? Demanda Natsuo. Je suis sûr que Nee-chan en serait ravie !
_Vraiment ?
Les regards des deux jeunes hommes convergèrent vers la bicolore dont le rouge gagnait peu à peu ses joues.
_Euh, oui… Ce serait bien… répondit Fuyumi qui replaçait ses lunettes sur son nez avant de s'enfoncer dans son écharpe.
Elle était beaucoup trop mignonne, tellement que le blond s'éclaircit la voix avant de détourner les yeux, les joues rougies. Natsuo n'avait pas manqué une miette du spectacle et ne se priverait guère d'aller tout raconter à leur mère, aux dépends de l'institutrice.
_Très bien vous deux, mais il va falloir arrêter le flirt pour le moment, on est en train de perdre notre cible de vue.
L'ainée voulut riposter mais Natsuo était déjà parti pour suivre son frère, laissant derrière lui un plan particulièrement gênant.
_On – le héros s'éclaircit la voix afin de se donner plus de conviction – on devrait le suivre, tu ne penses pas ?
_C'est une bonne idée ?
Sa réponse ressemblait plus à une question qu'autre chose. Lui parler par téléphone n'avait rien à voir avec ce qu'elle vivait actuellement et autant dire qu'elle n'était pas du tout préparée.
Pendant ce temps, un peu plus loin devant, les élèves venaient d'atteindre une nouvelle boutique. C'était une sorte de petite boutique de babiole et certains élèves ne souhaitait même pas mettre un pied dedans. Toutefois, c'était une occasion en or pour Ochako et Denki qui avait un petit budget.
_Ochako-chan, l'interpella Tsuyu. Tu es sûre que tu veux entrer là-dedans ?
_Ça ne coûte rien de regarder, répondit-elle gêné. J'ai un budget assez serré.
_Alors vas-y.
L'adolescente ne se fit pas prier alors qu'elle entra dans le magasin. Cependant, elle n'arrivait pas à se sortir la discussion de tantôt dans la tête parce qu'elle savait très bien que Mina et Tooru avait raison : elle s'était particulièrement rapprochée d'Izuku. C'était partie d'une simple demande d'aide désespéré puis ça s'était transformé en de petit rendez-vous entre les deux. Et pourtant, ils ne sortaient toujours pas ensemble.
Elle tapota faiblement ses joues pour se remettre les idées en place et recommença à chercher son cadeau pour Kirishima. Elle espérait trouver quelque chose de sportif comme un sac de frappe ou des gants de boxe mais rien de bien trop cher.
_Uraraka-chan, tu y arrives ?
Elle tressaillit, se retourna et tomba directement sur le jeune garçon à la chevelure verte.
_Oh Deku-kun ! Tout va bien je m'en sors !
Elle tritura le bout de la jupe épaisse qu'elle portait et n'osait pas lever son regard.
_Tu sais, ma proposition tiens toujours, ajouta le fan d'All Might.
Ses yeux se levèrent alors que ses joues rougirent. Elle ne savait pas de quoi il parlait alors que son cœur tambourinait à l'intérieur de sa poitrine. Elle sentait même qu'elle quittait le sol alors qu'elle imaginait ce qu'il pouvait bien vouloir dire.
_Qu- quelle proposition ? Osa-t-elle finalement demander avec appréhension.
_Si tu as besoin que je t'avance un peu d'argent pour ton cadeau il n'y a pas de soucis ! Ça me ferait plaisir de t'aider, c'est ce que font les amis après tout !
Son euphorie retomba aussitôt. Bien sûr qu'il ne cherchait qu'à l'aider et elle se sentit idiote pour avoir espéré. De plus, le commentaire final l'avait achevé.
_Merci Deku-kun mais je ne peux pas accepter. Tu m'as déjà beaucoup aidé et ça me ferait mal d'en profiter d'avantages.
Ça lui faisait surtout mal de voir que leur relation n'avançait pas. Elle réprima un soupire, des cris, des larmes, un aveu alors que son cœur douloureux lui criait de lui dire ce qu'elle ressentait tendis que ses lèvres plaidaient pour rencontrer les siennes. Qu'elles se touchent, se goûtent, se découvre, se plaisent et qu'elle se redécouvrent une nouvelle fois par le biais d'un autre contact. Elle les pinça, refoula ses envies et ses désirs juste pour afficher un sourire, censé couvrir ses doutes et ses peines et pour seule but de leurrer le jeune garçon habituellement affublé vert.
_Tu n'as pas l'air en Uraraka-chan, reprit-il toutefois alarmé. Es-tu sûre que tout va bien ?
Elle n'avait pas l'air en forme ? Quel euphémisme ! Son cœur était brisé, déchiré et il ne remarquait même pas avec quelle aisance il continuait à le piétiner. Mais pouvait-elle seulement lui en vouloir ? Non, son cœur n'y parvenait pas.
_Je t'assure que tout va très bien Deku-kun.
Il arqua un sourcil, dubitatif, mais finit par lui sourire malgré l'inquiétude qui se lisait toujours dans son regard.
_Si tout va bien pour toi alors ça me fait plaisir, répondit-il.
_Il n'y a rien d'intéressant ici, je pense que je vais rejoindre les filles.
Le jeune garçon acquiesça avant de naviguer à nouveau dans les rayons. Ochako relâcha un souffle qu'elle n'était pas consciente de tenir. C'est donc d'un pas lent qu'elle se dirigea vers la sortie de la boutique lorsqu'une voix l'interpella.
_Alors toi, tu t'es mangé la pire friendzone que je n'ai jamais vu.
Elle tressaillit de nouveau et se retourna.
_Kyoka-chan ! Tu as tout écouté ? Dit-elle honteuse.
_Oh, juste l'essentiel, répondit-elle.
Elle regarda ses pieds, ne sachant quoi répondre.
_Allez, dit finalement la musicienne, viens par ici, ça va aller. Il finira par comprendre.
La fille aux cheveux châtain se contenta d'hocher la tête puis de la suivre. Elle avait sûrement raison, il finirait par comprendre. Même si c'était très douloureux d'attendre…
De son côté, Shouto regardait sa brune, cherchant un moyen de commencer une conversation. Il venait à nouveau de recevoir un message de son frère l'exhortant de commencer une conversation et qu'il devait éviter de rester silencieux. Le bicolore commençait à se poser des questions et à se demander comment son frère faisait pour lui donner les bons conseils au bon moment, pensant même que son frère avait un alter cacher lui permettant de voir ce qu'il faisait – alors qu'il était simplement à deux boutiques de lui. Plus il observait la brune, plus le rouge lui montaient aux joues.
_Todoroki-san, il y a quelque chose que tu souhaites me demander ?
Il sorti immédiatement de sa trance ; elle avait remarqué qu'il la fixait.
_Non rien, je me disais juste que tu es vraiment jolie, répondit-il.
Bien évidemment, cette phrase n'était pas sortie de son cerveau mais de celui de son frère et il se senti fier pour l'avoir replacé sans bafouiller.
_Oh, vraiment ?
Les joues de la brune avaient roussi et, d'après ce que son frère lui avait expliqué, c'était bon signe.
_Oui vraiment, tu es magnifique.
Ok, maintenant s'était les siennes qui avait pris une teinte écarlate. Il n'avait pas bafouillé, certes, mais il s'avait très bien ce qu'il venait de dire et se sentait tout de même gêné vis-à-vis de ça.
_Oh, je…
La brune n'arrivait pas à répondre et se senti comme sauvé lorsque tous ressortirent de la boutique et annonçait qu'il était temps de repartir sous les cris de Bakugou qui se faisait charrier pour une raison inconnue par Kirishima.
Toujours plus loin, les trois présumés adultes suivaient toujours le groupe. Lorsque la troupe d'adolescent s'arrêta à une autre boutique, les trois se cachèrent sur la terrasse d'un café.
_Je suis désespéré, se lamenta Natsuo. Shouto n'arrive pas du tout à s'en sortir seul…
_Moi je pense que ça va, réfuta le numéro deux. Ils n'ont pas parlé longtemps mais il avait l'air d'avoir un flirt efficace.
_Comment peux-tu dire ça alors qu'on était si loin ?
_J'ai une très bonne vu, répondit-il simplement.
_Merci, Hawks-san, tu nous aides beaucoup, ajouta Fuyumi avec un sourire.
Il lui répondit avec un rire gêné et des yeux amoureux.
_Ok, intervint l'étudiant se sentant mis à part. Ça fait vingt minutes que je supporte ça mais là, je n'en peux vraiment plus. Je n'aime vraiment pas me sentir comme la cinquième roue du carrosse, ou nan, comme le mec qui tient la chandelle, il y a un semblant d'utilité, donc, dites moi si je vous dérange et je vous laisse ici. J'aurais l'air plus ridicule mais ça ne me dérange pas de suivre Shouto seul.
_Quoi ? Mais qu'est-ce que tu racontes ? Demanda Fuyumi embarrassée.
_Je me plains parce que ça ne peut plus durer. Donc, soit vous arrêter le flirt incessant, soit je m'en vais.
_Le flirt ? Questionna le numéro deux dont les oreilles tournaient vers le rouge.
_Ne l'écoute pas, intervint la bicolore, il est toujours comme ça, il aime bien faire des blagues.
_Si j'avais su, je serais venu avec ma copine, pesta le décoloré. Donc ne me faites pas trop regretter et comporter vous correctement.
_Mais Nat-
_Ne dis rien Nee-san ou je lui dis ce que tu as mis comme nom pour son contact dans ton téléphone.
_C'est quoi cette histoire ?
Fuyumi n'avait même pas eu le temps de répliquer pour tenter de s'expliquer que le décoloré s'était déjà levé, prêt à partir.
_Shouto repart, déclara-t-il.
L'ainée se leva immédiatement et suivit son frère avec empressement, ne souhaitant pas répondre au question florissante de l'homme qui lui faisait tourner la tête. Toutefois, le héros n'insista pas ; il aurait tout le temps de lui demander après.
Du côté de Shouto, la journée toucha vite à sa fin. Chacun avait pu acheter ce qu'ils souhaitaient et le jeu-qui-n-en-était-pas-vraiment-un a pu se terminer sans accroc. Il n'avait pas eu beaucoup d'occasion pour parler avec la brune mais chacune d'elle avait été satisfaisante et il était en train de mettre un nouveau plan d'attaque pour lui proposer un rendez-vous plus satisfaisant. Toutefois, du côté de Natsuo et Fuyumi, ils étaient parti en trombe du centre commercial afin d'arriver avant Shouto pour donner l'effet « quoi ? On a quitté la maison ? Nous ? Jamais ! » à leur petit frère, s'excusant brièvement auprès d'un numéro deux confus.
En bref, l'après-midi s'était plutôt bien déroulé mais, qu'avait réellement engendré cette sortie au centre commercial et que cachait réellement ce noël canadien ?
