Me revoilou avec la partie 3…
Quand j'ai commencé cet OS, je ne m'attendais pas à faire si long !
J'ai décidé de la faire en 3 parties. La suite se passe donc après « diner on the boat ».
Pour petit rappel : Dany est venue à Easwatch et a sauvé Jon et ses compagnons, mais Viserion est mort. Durant la traversée, Jon et Dany se sont rapprochés, partageant des moments et chacun s'est rendu compte des sentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre. Si Jon est prêt à les accepter, Dany prend peur après avoir échangé un baiser avec lui et s'enfuit sur Drogon, laissant Jon plus perdu que jamais.
J'espère que vous aimerez encore !
Bon noël à tous !
Bisous
Lyly
Jon n'avait pas dormi de la nuit, préoccupé. Il avait vécu un des moments les plus beaux de sa vie et tout s'était évanoui lorsque Daenerys s'était enfuie sur Drogon. Il se doutait bien qu'elle ne reviendrait plus sur le bateau et qu'il devrait attendre plusieurs jours avant de la revoir. S'était-il trompé sur ses sentiments ? Elle avait pourtant répondu à son baiser…
Soupirant, Jon se leva de son lit et se rendit dans la salle à manger. Sans surprise, la Reine n'était pas là, mais Jorah semblait aussi inquiet que lui.
—Elle a pris son dragon et elle est partie… Je savais qu'elle souffrait, nous avions parlé la veille, mais… Je ne pensais pas qu'elle ferait cela à nouveau, expliqua le chevalier à Davos.
Jon prit place à la table, pensif. Les deux hommes lui jetèrent un regard et Davos s'enquit :
—Vous a-t-elle confié quelque chose, votre grâce ?
Sortant de ses pensées, il releva la tête sur son conseiller et secoua la tête, ne sachant comment aborder la soirée qu'il avait passée en sa compagnie et la raison pour laquelle elle s'était sauvée…
—Je suis certain que la Reine est déjà rendue à Dragonstone, le rassura-t-il.
Il s'efforça de sourire. Il ne doutait pas qu'elle soit en sécurité sur ses terres, il doutait surtout de sa réaction quand ils se reverraient…
Fixant l'horizon, Daenerys restait perdue dans ses songes. Drogon et Rhageal étaient arrivés ce matin et Tyrion fut le premier à venir à sa rencontre, heureux et soulagé de l'apercevoir. Mais son expression s'était modifiée en ne voyant que deux dragons. Elle n'avait pas pu dire plus que :
—Il est mort.
Sa Main avait tenté de la réconforter, et elle lui avait souri tristement. Elle ne pouvait pas aborder le sujet pour le moment, son esprit était encore sur le bateau, dans cette cabine avec Jon Snow…
—Votre grâce ?
Pivotant vers Tyrion, il la questionna sur le voyage des hommes et elle répondit évasivement en disant qu'ils arriveraient sans doute d'ici une semaine et demie.
—Et le marcheur blanc ?
—Il est en lieu sûr.
Le Lannister approuva puis elle commença à s'éloigner vers la sortie.
—J'ai besoin de sommeil, Tyrion. Pouvons-nous en reparler plus tard ?
—Oui, Ma Reine.
Le gratifiant d'un sourire, elle quitta la pièce pour se rendre dans sa chambre. Sans surprise, Missandei l'attendait déjà et elle la serra fort contre elle.
—Majesté, je suis tellement désolée pour vous, pour Viserion.
Daenerys accepta l'étreinte de son amie et sentit les larmes perler à ses yeux, mais elle se redressa et déclara :
—Ça va, Missandei. Je ne peux pas continuer à penser à lui, j'ai encore deux fils à protéger ainsi qu'un peuple.
—Vous êtes si brave, Ma Reine.
—Je le dois.
Prenant sa main dans la sienne, elle la pressa doucement puis Missandei affirma :
—Je vais vous faire préparer un bon bain chaud ainsi qu'un repas.
—Merci.
La jeune femme l'abandonna pour trouver des servantes et le regard de Daenerys dériva sur la table. Ses pas la menèrent à la chaise qu'empruntait toujours Jon Snow…
Avait-elle pris la bonne décision ? Jon l'aimait, elle le savait et elle l'aimait elle aussi, mais aimer était dangereux…
—Quand le soleil se lèvera à l'ouest et se couchera à l'est, quand les mers s'assécheront et les montagnes s'envoleront dans le vent comme des feuilles, quand ton ventre se gonflera à nouveau et que tu porteras un enfant vivant. A ce moment-là il reviendra, et pas avant…
Drogo ne reviendrait jamais. Peu importe qu'elle se soit répétée pendant des années les paroles de Mirri Mazz Duur. Elle l'avait accepté avec le temps, s'occupant de son devoir, de protéger les innocents et de laisser ses émotions de côtés. Avec Daario, cela avait été simple, elle ne l'avait pas aimé, mais il était une distraction pour elle, un moyen de se sentir aimée et protégée. Cependant, elle n'avait jamais voulu lui retourner ses sentiments. Malheureusement, avec Jon cela était différent, elle avait risqué sa vie pour le sauver, pour ne pas le perdre et elle le ferait à nouveau sans hésitation. Pourtant, elle ne pouvait pas se laisser aller à lui retourner son amour. Perdre Drogo lui avait donné l'envie de mourir et elle l'avait fait avant de renaître avec ses fils, renaître en tant que mère des dragons. Aucun dragon ne reviendrait à la vie si Jon mourrait… De plus, elle ne pouvait lui donner un héritier et c'est aussi pour une de ses raisons qu'elle ne pouvait lui donner de faux espoirs.
—Je suis désolée, murmura-t-elle, ses doigts glissant sur le bois, s'imaginant l'homme qu'elle aimait se tenir là à ses côtés.
Peut-être aurait-il pu trouver les mots pour la convaincre que leur histoire avait une chance ? Elle ne le saurait jamais et il devait sans doute la haïr en ce moment précis.
Jon regardait White Harbour se profiler à l'horizon, mais il regrettait déjà cet arrêt au port. Cela voulait dire qu'ils ne repartiraient pas avant quelques heures et le temps loin de Daenerys lui était insupportable. Il n'avait pas pu se confier à Davos, l'homme aurait sans doute pu le conseiller et peut-être le rassurer un peu… Soupirant, Jon refusa de quitter le bateau, laissant le chevalier et Sandor gérer l'approvisionnement. Sentant soudain une présence à ses côtés, il croisa le regard de Jorah.
—Si vous désirez parler, Jon, vous pouvez.
Incrédule, il haussa un sourcil et Jorah ajouta :
—Je connais la Reine depuis de nombreuses années et elle n'aurait pas risqué sa vie et celle de ses dragons uniquement pour moi. J'ai juré de la servir et si je devais mourir au Nord pour vous aider, elle le savait et l'avait accepté.
Jon resta silencieux et l'homme poursuit, en soupirant :
—Elle l'a fait pour vous.
—Elle est partie, chuchota-t-il, incapable de dire autre chose.
—Cela ne va pas dire qu'elle ne tient pas à vous.
Soufflant, Jon déclara, certain :
—Vous l'aimez, non ?
—Plus que ma propre vie. Elle est ma Reine, ma Khaleesi et je veillerai toujours sur elle.
—Votre père aurait été fier de vous, Jorah Mormont.
—Le vôtre aussi, Jon.
Jorah posa une main sur l'épaule de Jon avant de le laisser à ses pensées. Les paroles du chevalier le rassurèrent un peu et il s'éloigna vers sa cabine, bien décidé à agir d'une quelconque façon.
Fermant les yeux, Daenerys se prélassait dans son bain, écoutant Missandei qui lui racontait un peu les choses qui s'étaient produits pendant son absence.
—Qhono voulait partir pour le Nord. Il disait qu'il prendrait son étalon le plus vigoureux et qu'il parcourait le pays pour vous retrouver !
La jeune femme esquissa un sourire en coin.
—Il ne connait même pas la région.
—Il a dit qu'il serait protégé grâce à la mère des dragons, que vous guideriez sa route et qu'il rentrerait avec vous.
Daenerys réfléchit à la façon de remercier son plus fidèle guerrier. Missandei lui parla ensuite de Tyrion, de Grey Worm qui allait bientôt être libéré de Casterly Rock.
—Je suppose que tu auras « beaucoup de choses » à lui dire, s'amusa la jeune Reine.
Son amie rougit et Daenerys arbora un sourire puis reprit sincère :
—Je suis heureuse pour toi, Missandei, tu le mérites et bientôt, quand aucune menace ne sera plus là, au Nord, au Sud, tu pourras t'installer avec lui où tu le désires.
—Ma place est à vos côtés, ma Reine, toujours.
La souveraine pressa sa main avec douceur, la remerciant silencieusement.
—Tu m'as manqué sur ce bateau, Missandei, avoua Daenerys alors que son amie lui coiffait les cheveux. Je n'ai pas ton talent pour m'occuper de ma chevelure !
—Vous en avez bien pris soin pourtant, Majesté.
—J'ai fait ce que j'ai pu…
Missandei esquissa un sourire, amusée. Tout en lui tressant ses mèches, elles discutèrent de Dragonstone puis de la grotte et du Verre Dragon.
—Lord Snow sera ravi lorsqu'il reviendra, ses hommes et vos Dothrakis ont grandement avancé sur l'extraction.
A la mention du nom du Roi du Nord, la joie de vivre de Daenerys s'évanouit. Missandei le remarqua immédiatement, et demanda tout en ramenant ses nattes en arrière :
—Votre traversée s'est bien passée ?
Hésitante, Daenerys finit par lui raconter tout ce qui s'était produit au Nord : le sauvetage, la perte de Viserion, la disparition de Jon Snow que tout le monde a cru mort…
—Il est tombé dans le lac gelé et j'ai volé avec Drogon et ses compagnons, l'abandonnant à une mort certaine, manquant de mourir à mon tour…
La jeune femme serra son épaule et Daenerys posa sa main dessus brièvement pour la remercier.
—Lord Snow est-il…
—Non… Il est revenu, mais j'ai… nous avons vraiment cru le perdre. Il va bien.
—Je suis soulagée, Lord Snow est un homme vraiment valeureux et gentil.
—Je sais…
Se redressant, elle poussa un bref soupir, repensant à l'homme qu'elle avait laissé sur ce bateau, à leur baiser, à ses angoisses… Missandei l'observa sans rien dire. Elle attendait que sa Reine se confie à elle, mais elle se doutait que quelque chose n'allait pas pour qu'elle revienne avec uniquement ses dragons…
Sandor et Davos revinrent quelques heures plus tard, portant des caisses remplis de volailles et de pommes de terre.
—J'emmerde le poisson ! Ce soir je mange un poulet !
Tout le monde éclata de rire puis le Limier s'éloigna en transportant tout lui-même. Davos s'approcha de son Roi et demanda :
—Etes-vous sûr que vous ne voulez pas partir pour Winterfell, votre grâce ?
Pensif un instant, Jon secoua la tête.
—Nous n'avons pas le temps pour cela, Davos.
—Alors reprenons la route.
Il approuva d'un signe de tête puis se tourna vers l'horizon, se demandant ce que pouvait bien faire Daenerys à ce moment précis…
Face à ses conseillers, la jeune femme leur expliqua ce qui s'était produit au Nord, sur les ennemis derrière le Mur, sur leur puissance, leur faiblesse et la mort de Viserion.
—Je sais que vous souffrez, Ma Reine, mais, pensez-vous que nous avons une chance de les détruire définitivement, s'enquit Varys.
Songeuse, elle finit par déclarer, déterminée :
—Nous y arriverons, oui. Je ne verrais pas un autre de mes fils tombé.
S'écartant de la table de guerre, elle ajouta soudain :
—Nous partirons pour le Nord dès que nous aurons réglé notre affaire avec Cersei. Cette guerre ne mène à rien pour l'instant…
Surpris, Tyrion échangea un regard avec Varys et elle reprit en fixant sa Main :
—Si nous ne tuons pas le Night King et son armée, plus personne ne sera sur le trône. J'ai fait une bêtise… Et je me dois de la réparer, mon peuple a besoin de moi.
Le Lannister approuva, comprenant les raisons.
—Alors il nous faudra convaincre ma sœur du danger.
Confiante, elle affirma :
—Nous y arriverons, mon ami.
Ce soir-là, la bonne humeur était à la table, certain racontant des histoires pour divertir l'assemblée, d'autres comme Sandor à dévorer littéralement tous les plats. Jon essaya d'écouter, mais son esprit revenait toujours à la Reine, à leur repas de la veille et à son départ précipité. Ayant perdu de l'appétit, il décida de sortir prendre l'air.
Marchant sur le pont, il se rappela ses autres soirées où Daenerys l'accompagnait et qu'ils discutaient ensemble, qu'elle lui souriait et que ses prunelles lilas se posaient sur lui, lui inhalant toutes pensées cohérentes. Soufflant, il resta de longues minutes à fixer l'horizon, se demandant si elle en faisait autant…
Daenerys dina en compagnie de ses conseillers puis retourna dans la salle du conseil, observant les flammes dans la cheminée, fascinée. La porte s'ouvrit et elle s'écarta pour voir Tyrion s'avancer vers elle.
—Cette mission était dangereuse, vous le saviez.
Elle hocha la tête, Tyrion combla la distance et prit ses doigts dans les siens.
—Je suis tellement désolé pour Viserion, pour votre fils, Daenerys.
—Moi aussi, mon ami… Mais maintenant je sais que Jon Snow ne mentait pas.
—Parfois il faut ouvrir un œil pour voir, mais parfois, il nous faut tout de même les deux pour comprendre ce que l'on voit.
—Sage conseil, ma Main.
L'homme lui sourit et elle lui rendit sincère.
—Comptez-vous vous allier avec le Nord ?
Surprise, elle haussa un sourcil et Tyrion ajouta :
—Quand nous avons quitté Meereen, je vous avais parlé de former des alliances par un mariage.
Soudain, la jeune femme se détourna vers la cheminée, son cœur battant rapidement.
—Avez-vous envisagé de…
—Non.
Tyrion l'observa, intrigué et elle reprit en se tournant vers lui :
—Je n'ai à aucun moment pensé à cela et je doute que Jon Snow accepte de m'épouser pour le bien de son peuple.
—Vous doutez ?
Daenerys resta silencieuse.
—Je pense qu'il ne dirait pas non à cela, Ma Reine. Il est déjà amoureux de vous.
Un léger frisson la parcourut et elle se revit dans ses bras, son corps si proche du sien, ses yeux si tendre qui lui disait tout ce qu'il n'avait pas encore osé lui avouer…
Faisant un pas dans la pièce, elle rétorqua, un peu agacée :
—Peut-être, mais je ne veux pas d'un mariage ! Si le Nord m'accepte ce sera pour celle que je représente et non pour être l'épouse de leur Roi.
—En effet, je peux comprendre cela.
Ils échangèrent un regard puis elle s'excusa et partit se coucher.
Elle marchait dans la neige, vêtue d'une de ses robes bleues qu'elle portait à Meereen, le froid ne l'envahissait pas, ses pas la guidant inexorablement vers une tempête. Brusquement, tout s'arrêta et elle pivota sur elle-même, ses yeux lilas rencontrant ceux si noirs de Jon Snow…
Brusquement, elle s'éveilla dans son lit, le cœur battant à tout rompre…
Les jours suivants, elle se focalisa sur son peuple, sur leurs besoins, partant avec Missandei au village Dothrakis ou relisant les missives transmises par ses émissaires à Essos. Un bref instant, elle se demanda si elle ne devait pas contacter Daario et rallier les Puinés ainsi que son peuple là-bas. Après tout, il était devenu gouverneur en son nom. Soupirant, elle referma son courrier et s'éloigna vers le balcon, fixant l'horizon, pensant à Jon…
Installé sur le pont, Jon regardait le Nord qui s'éloignait et il en fut soulagé. Bien sûr, il ne rêvait que de rentrer chez lui, à Winterfell, mais une part de lui désirait retrouver Daenerys. Il ne lui en voulait pas pour ce qui s'était passé dans sa cabine, il savait que le passé de la Reine n'était pas des plus joyeux, tout comme le sien et il le respectait. Il la respectait. Sortant de ses pensées, il vit Davos s'avancer vers lui, souriant.
—Plus que trois ou quatre jours et nous serons de retour à Dragonstone !
Jon approuva d'un signe de tête.
—Je suppose que vous avez hâte, non ?
—Plus vite nous aurons réglé le problème Cersei, plus vite nous partirons au Nord.
—Oui, oui, et la Reine nous accompagnera ! J'imagine que vous serez ravie de lui faire le guide sur votre terre, argua l'homme, un brin amusé.
Le jeune homme l'ignora, un peu agacé et Davos ajouta :
—Ou peut-être que quelqu'un d'autre là-bas se montrera gentil pour la « guider »…
Devant le mutisme de Jon, il lui tapota l'épaule et affirma :
—Je vous avouerai que même si j'aime le bateau comme ma vie, il me tarde de retrouver Dragonstone et ses habitants. Je me suis habitué à cet endroit.
Le Lord hocha la tête brièvement. Lui aussi, il avait pris ses habitudes là-bas, en compagnie de la Reine.
—Pensez-vous que nous devrions demander le soutien de Daario Naharis et ses hommes ?
Tyrion faillit s'étouffer avec son verre et ouvrit grand les yeux.
—Daario ?
—Il est un valeureux guerrier et nous avons besoin du plus d'hommes possibles pour la bataille qui nous attend au Nord.
—Peut-être, mais je pensais que vous aviez d'autres intérêts que de ramener votre amant ici, Majesté.
—Il n'est pas…Mon amant, enfin plus et vous le savez parfaitement.
—Il serait fâcheux que vous détruisiez à néant votre alliance avec le Nord pour…un amusement passager, argumenta Tyrion.
Agacée, elle se releva, bousculant la table sur laquelle ils déjeunaient tous les deux.
—Je pense juste à cette guerre à venir et je vous ai dit que je ne ressens rien pour Daario. Mais il serait bon d'envisager cette possibilité, non ?
Elle fit volte-face vers sa Main qui resta pensif.
—Dans un cas extrême, mais Daario est…
—Incontrôlable, oui, je sais.
—Si vous décidiez de le faire venir, vous devrez être vigilante.
—Je le serai. Si je décide de le faire venir, bien entendu.
—Toutefois, je maintiens que ce n'est pas la meilleure idée qui soit.
—Vous dîtes cela car vous n'avez jamais aimé Daario, Tyrion.
Esquissant un sourire, il ne put nier qu'il n'avait pas d'affinité avec le mercenaire.
—Il n'était pas bon pour vous, pas pour ce que nous souhaitons accomplir ici, murmura-t-il en la regardant.
—Je sais. Je fais confiance à votre jugement, mon ami.
Touché, il quitta son fauteuil pour venir face à elle et prit sa main dans la sienne.
—Et moi je fais confiance à celle que j'ai choisi de servir.
Posant sa main sur la sienne, elle le gratifiant d'un sourire sincère.
Sortant du palais, Daenerys fut soudain interceptée par Missandei qui courait à sa rencontre. Surprise, la Reine se tourna vers son amie qui lui remit alors une missive. Son cœur manqua un battement lorsqu'elle reconnut le sceau de la Maison Stark. Un bref instant, elle secoua la tête. Jon était en mer, il n'avait pas pu lui envoyer de corbeau, cela devait sans doute venir de Sansa Stark ou Bran Stark. Devait-elle l'ouvrir en son absence ? Hésitante, elle finit par décacheter le sceaux. Si cela était en lien avec le Night King, elle devait être préparée. Dépliant le bout de parchemin, elle écarquilla les yeux en découvrant son contenu.
—Est-ce une bonne nouvelle du Nord, Ma Reine ?
Relevant la tête vers Missandei, elle esquissa un franc sourire et la jeune femme en fut soulagée.
Quittant sa conseillère, Daenerys s'éloigna vers ses fils, serrant précieusement le bout de papier dans sa main. Ses yeux brillants, son cœur se réchauffant pour la première fois depuis son départ du bateau. Sentant la présence de ses enfants, elle rangea le papier dans sa poche et s'approcha d'eux, les cajolant avec amour.
La Reine passa sa journée avec ses dragons, volant sur Drogon avec Rhaegar à ses côtés. Une part d'elle se libéra dans le ciel nuageux, sentant déjà la pluie qui allait bientôt tomber sur eux. Fermant les yeux, elle accueillit l'eau qui l'enveloppa complétement. Les mots qu'elle avait lus se répétant inexorablement dans sa tête :
Je comprends, Jon
Le message était concis, mais elle n'en n'aurait pas attendu moins de lui.
Lorsqu'elle aperçut le bateau au loin ainsi que la barque qui commençait à s'éloigner vers le large, son anxiété ressurgit. Expirant un bon coup, elle sortit le parchemin qu'elle gardait précieusement depuis deux jours puis le rangea dans sa poche et quitta sa chambre pour rejoindre ses conseillers. Ensemble, ils partirent à la rencontre du groupe.
Arrivant sur la plage, la barque toucha terre et elle essaya de ne pas le regarder, focalisant son attention sur Sandor qui transportait le marcheur blanc. Le limier s'approcha d'ailleurs d'elle et déposa la caisse sur le sol.
—Maintenant, je veux mon paiement !
Stupéfait, Tyrion coula un regard vers sa Reine, puis fit un pas dans la direction de l'homme et déclara :
—Bien sûr, nous paierons vos services, Clegane. Combien de…
—Je crois, Mon Lord, que vous vous méprenez sur la nature de la récompense.
S'avançant à son tour vers Sandor, elle reprit, souriante :
—J'ai fait préparer les mets les plus exquis pour votre arrivée, mon brave.
Ravi, il s'empara de la caisse. Daenerys se tourna vers Tyrion, amusée et il éclata de rire. Jorah s'approcha à son tour et s'agenouilla devant elle, prenant ses mains qu'il serra avec tendresse.
—Khaleesi, je suis heureux de vous savoir saine et sauve ici.
—Merci, mon vieil ami.
Se relevant, Jon et les autres s'approchèrent. Ignorant son regard sur elle, elle se focalisa sur Gendry qui lui adressa un large sourire.
—Votre grâce.
—Gendry, je vois que vous êtes toujours aussi occupé, dit-elle en apercevant son attirail de Verre Dragon déjà façonné.
Il rougit et elle se tourna vers Tyrion puis expliqua :
—Gendry Waters sera le Forgeron officiel de la maison Targaryen. Je lui donne carte blanche pour la conception d'arme en Verre Dragon et l'exploration de l'île pour découvrir peut-être de l'acier Valyrien.
Tyrion approuva et s'approcha du jeune homme puis lui tendit sa main qu'il serra, intimidé. Daenerys osa enfin détourner la tête et fut happée par les iris de Jon qui l'observaient avec insistance.
—Heureuse de vous revoir en bonne santé, Mon Lord.
Jon combla la distance les séparant et répondit :
—Je dois cela aux personnes qui ont veillé sur moi, votre Grâce.
En entendant sa voix pour la première fois après tant de jours, elle frissonna et perdit tous mots venant à son esprit. Se reprenant, elle accepta les salutations de Davos puis proposa qu'ils partent tous rejoindre Sandor pour un bon repas. Petit à petit, le groupe commença à s'éloigner et Daenerys s'apprêtait à en faire autant, lorsque Jon l'interpella :
—Puis-je vous parler, Majesté ?
Hésitante, elle finit par se tourner vers lui, serrant ses deux mains l'une devant l'autre, mais restant à une distance raisonnable de lui. Ne le quittant pas des yeux, elle attendit qu'il s'exprime. Réalisant qu'il était vraiment à ses côtés, Jon s'avança vers elle et Daenerys résista à l'envie de reculer.
—Dany, je…
—J'ai reçu votre message.
Surpris par son ton un peu froid, il opina simplement du chef et elle déclara sincère :
—Ce qui s'est produit sur le bateau… était une erreur, je vous prie de m'excuser pour mon comportement, Mon Lord.
Incrédule, il la dévisagea longuement puis décida de la rejoindre, parcourant la distance qui les séparait.
—Je ne regrette rien, murmura Jon.
Daenerys se retrouva sans voix, essayant de calmer les battements de son cœur effréné.
—Mon fils est mort, Jon Snow. Je pense que mon état n'était pas « normal » ce soir-là. La distance m'a fait comprendre que…
Il s'empara soudain de sa main et elle perdit toutes paroles. Jon ajouta avec douceur :
—Comme je l'ai dit dans ma lettre : Je comprends. Je vous comprends. Mais je sais aussi que ce n'était pas une erreur, ni pour vous, ni pour moi.
Perdant de sa superbe, la jeune femme resta à observer leurs mains jointes, sa poitrine se compressa plus rapidement.
—Dany…
Levant les yeux vers lui, elle plongea son regard avec intensité dans le sien. Ils restèrent ainsi de longues minutes, leurs cœurs battant à l'unisson, leurs sentiments ne pouvant se cacher davantage.
—Acceptez-vous de diner avec moi ce soir ?
La jeune femme ne put laisser sa raison prendre le dessus, son cœur ne l'écoutait plus depuis plusieurs minutes, perturbée, charmée, troublée par Jon Snow.
—Oui.
Souriant, il porta sa main à ses lèvres et la baisa sans jamais la quitter des yeux.
La journée passa rapidement. Après sa conversation avec Jon, ils étaient partit ensemble en direction de la salle à manger, mais à aucun moment, elle ne s'adressa à lui, ni lui porta un regard. Elle savait qu'elle avait fait une bêtise en acceptant ce dîner, mais il était déjà trop tard. Les hommes partirent ensuite dans leurs appartements et elle en profita pour aller voler sur Drogon, essayant de canaliser ses angoisses, ses envies…
Soufflant, elle fixa la porte, à la fois impatiente et nerveuse. Pour calmer son anxiété, elle porta un verre de vin à ses lèvres. On frappa soudain à sa porte et elle se releva. Elle avait libéré sa servante pour la soirée. Ouvrant la porte, elle croisa le regard de Jon et elle s'écarta pour le laisser pénétrer dans la pièce. Les mains moites, elle s'éloigna d'un pas rapide vers la table et lui proposa de s'installer, chose qu'il fit. Un bref instant, elle se remémora leurs nombreuses soirées ici.
—Pas de poisson, dit-il, un sourire en coin.
—J'ai pensé que vous en aviez assez mangé pendant la traversée.
—Nous avons fait une escale à White Harbour et nous avons pris des victuailles, expliqua-t-il, en lui servant un nouveau verre de vin.
—Sandor a dû être enchanté de cela.
—Il l'était oui.
Un silence un peu maladroit prit place dans la pièce. Daenerys se focalisa sur sa nourriture, essayant d'éviter le regard de Jon sur elle. Toutefois, après quelques minutes, elle se redressa dans son fauteuil, laissant de côté le plat. Elle devait mettre les choses au clair avant Jon Snow, avant qu'il ne s'imagine quoique ce soit de ce repas.
—J'espère que vous ne vous méprenez pas sur cette soirée, Mon Lord.
Surpris, Jon l'observa longuement et elle poursuivit :
—J'apprécie votre compagnie. Cette alliance que nous avons mise en place sera pour le bien de Westeros. La guerre qui nous attend ne sera pas des plus simples et vous avez toute ma confiance.
Il hocha la tête, n'osant pas l'interrompre.
—Je suis une Reine, Jon Snow.
—Je sais. Et moi, le bâtard de Winterfell.
Choquée, elle ne se rendit pas compte qu'elle posait sa main sur la sienne.
—Vous n'en avez jamais été un pour moi, Jon.
Il serra ses doigts dans les siens et elle réalisa soudain son geste, mais lorsqu'elle tenta de s'écarter, il la garda prisonnière. Perturbée, elle déclara avec douceur :
—Je tiens énormément à vous, Jon, mais j'ai un devoir envers mon peuple avant tout.
Une grimace s'afficha sur ses lèvres et il avoua à son tour :
—Ma famille, mes gens, ils comptent pour moi et je veux les protéger au péril de ma vie de cet hiver sans fin qui arrive, mais ce qui s'est passé à Eastwatch… Je veux vivre, Dany.
Troublée, elle resta sans voix et il ajouta sincère :
—Peut-être que je ne survivrai pas à cette guerre, mais…
—Vous y survivrez parce que je vous interdis de mourir, Jon Snow, ordonna la jeune femme d'un ton à la fois dur et tendre.
Il lui sourit, touché et caressa de son pouce sa main.
—Nous avons besoin de vous, tenta-t-elle de se justifier.
—Nous avons besoin de vous. Vous êtes bien plus importante que quiconque ici.
Ses paroles la firent frissonner et elle réussit finalement à libérer sa main de son emprise.
—Je ne viens pas au Nord pour vous le prendre.
—Je sais.
—Et vous êtes leur Roi.
Surpris, il haussa un sourcil.
—Vous êtes Roi du Nord et vous le resterez jusqu'à ce que je décide autrement, argua-t-elle avec autorité.
—Comme il vous plaira, Ma Reine, chuchota-t-il, amusé.
—Ne m'appelez pas ainsi, dit-elle dans un murmure.
—Pourquoi ?
—Parce que… nous sommes égaux et amis, Jon.
—Nous ne sommes pas amis, Dany, argua-t-il en se relevant de son fauteuil.
Il contourna la table, fit pivoter le fauteuil de la jeune femme face à lui et s'agenouilla devant elle. Le cœur battant la chamade, elle s'enquit dans un murmure sur ce qu'il faisait. Délicatement, il prit sa main dans la sienne et la serra tendrement.
—Je porte mon allégeance à Daenerys Targaryen, la femme qui a risqué sa vie pour me sauver et celle qui nous sauvera tous de cet hiver sans fin, parce qu'elle a ce pouvoir en elle.
Les larmes se mirent à perler à ses yeux, son cœur s'accéléra dans sa poitrine alors qu'elle fixait Jon avec reconnaissance, fierté et amour. Lisant dans son regard tout ce qu'elle n'était pas capable de lui dire, il se redressa jusqu'à sa hauteur et glissa une main sur sa joue, délicatement.
—Vous êtes la Reine que j'ai choisi de servir.
Avant qu'elle ne puisse dire mot, il se pencha et déposa un léger baiser sur ses lèvres, profitant de cet instant, de la sentir à nouveau si proche de lui. Ce sentiment lui avait manqué, elle réveillait en lui quelque chose éteint depuis tant d'années, depuis la mort d'Ygritte, depuis sa propre mort aussi. A regret, il quitta sa bouche, mais chuchota, son front collé au sien :
—Je veux simplement être avec vous.
Leurs yeux s'accrochèrent de longues minutes. Daenerys ne trouva pas la force de le repousser, mais encore moins celle de parler, elle se perdit dans ses iris sombres, acceptant complétement ses sentiments pour lui. Caressant ses cheveux d'un geste affectueux, Jon attendait patiemment qu'elle réagisse, mais il savait que cette fois, elle ne partirait pas en courant de cette pièce. Il le savait car leur cœur battait à l'unisson l'un pour l'autre.
Elle ne réussit pas à trouver les mots et malgré son mutisme, Jon lui embrassa sa main avant de retourner s'asseoir face à elle, lui laissant l'opportunité de fuir ou de rester. L'observant avec attention, elle finit par sortir de ses pensées et se tourna à nouveau vers lui, un léger sourire un peu timide accroché aux lèvres. Il lui rendit, soulagé et confiant.
Petit à petit, le silence s'estompa et ils discutèrent comme si aucun malaise n'avait pris place quelques temps auparavant, appréciant la compagnie de l'autre, riant ensemble, Jon la couvant du regard et elle ne se détourna pas, acceptant ses attentions, sa main qui prenait parfois la sienne sur la table. Daenerys ne voulait plus le repousser.
La soirée fila et ce fut presque à regret qu'elle le raccompagna jusqu'à la porte, souhaitant tellement qu'il reste à ses côtés. Pourtant, elle n'osa pas lui demander et se dit qu'elle préférait que les choses soient ainsi entre eux, du moins pour le moment. Elle devait penser à sa future entrevue avec Cersei et pas se distraire avec Jon. Jon n'était pas un Daario, il n'était pas juste un amant avec qui elle voulait passer une seule nuit…
Hésitante, elle finit par tourner la poignée et la porte coulissa doucement. Sans se quitter des yeux, ils s'observèrent avant qu'elle ne lui souhaite une bonne nuit et qu'il s'éloigne dans le couloir.
Le lendemain, tout le monde se retrouva dans la salle du conseil. Daenerys leur parla du plan à venir pour leur voyage à Dragonpit :
—Vous partirez demain matin à l'aube, la traversée ne devrait pas être trop longue. Les Dothrakis vont partir ce jour, Les immaculés sont libérés de Castlery Rock. Je veux que Cersei Lannister voit TOUS mon peuple.
Chacun approuva, mais Tyrion s'exclama soudain :
—Majesté, ma sœur n'est pas facilement impressionnable.
Danerys esquissa un sourire puis se saisit d'une pièce représentant un Lion et elle déclara :
—Votre sœur le sera, Ma Main. Drogon me conduira à Dragonpit.
Ils furent étonnés et Jorah s'inquiéta même de la laisser seule sans escorte.
—Je sais ce que je fais, Jorah.
Il resta silencieux et la Reine se tourna vers Jon.
—Je veux que vous soyez mon ambassadeur auprès de Cersei Lannister. Vous êtes le plus à même ici de présenter la situation, Mon Lord.
Le Roi du Nord l'analysa un bref instant avant d'incliner la tête.
Posant son regard sur Tyrion, elle ajouta :
—Je ne ferais rien de stupide, vous avez ma parole.
—Nous avons besoin de vous, Ma Reine.
Elle lui adressa un bref sourire avant de reporter son attention sur l'assemblée.
—Quand tout ceci sera terminé, nous rentrerons ici afin de planifier au mieux notre départ pour le Nord. En attendant, Gendry Waters continuera avec les hommes de Jon Snow a travaillé dans la grotte.
Reposant la figurine sur la table peinte, elle leur fit comprendre par ce geste qu'ils pouvaient se retirer. Un à un, ils quittèrent la pièce et bientôt, Daenerys et Jon se retrouvèrent seul à seul.
Comblant la distance qui les séparait, Jon fit face à la Reine.
—Je serai prudente. Mes fils me protégeront si elle tente quelque chose de stupide.
Il approuva d'un signe de tête puis prit soudain sa main dans la sienne.
—Merci, Dany.
Haussant un sourcil face à sa réponse, il ajouta :
—De me faire confiance pour gérer la situation là-bas.
—Vous êtes l'homme le plus courageux que je connaisse, Jon Snow. Vous avez survécu alors que nous vous croyions perdu. Je sais que vous êtes le mieux destiné à me représenter. Voir ces monstres m'a aidée à comprendre le vrai problème à Westeros. Maintenant, vous devez convaincre Cersei Lannister. Je vous fais entièrement confiance.
—Je ferai de mon mieux.
Elle arbora un petit sourire en coin puis glissa brièvement sa main sur sa joue avant de sortir de la pièce. Il la suivit du regard, sans oser la poursuivre. Il commençait à comprendre la jeune femme. Jon était déjà heureux qu'elle ait accepté ses sentiments et il s'était promis d'attendre patiemment qu'elle soit prête à l'accepter complétement.
Quittant peu après la pièce, il décida de se rendre à la forge pour discuter avec Gendry.
Arrivant face au jeune homme, il le regarda manier l'acier avec facilité et agilité. Marquant sa présence, Gendry arrêta soudain de travailler pour le saluer.
—Bonjour, votre grâce.
—C'est Jon, Gendry. Tu peux m'appeler ainsi.
Le garçon secoua la tête.
—Vous êtes Roi.
Peu habitué à cette marque de respect, il approuva d'un signe de tête puis s'approcha pour lui parler de leur futur départ, des obligations qu'il avait à lui faire sur l'extraction.
—Je suis heureux de vous servir ainsi que la Reine. Je n'ai pas connu mon père personnellement, mais je ne pense pas qu'il était le Roi que le peuple méritait.
Approuvant, Jon lui tendit un morceau de Verre Dragon qu'il commença à façonner et il ajouta sincère :
—La Reine le sera, j'en suis certain. Je n'ai rencontré qu'une autre femme enfin fille qui me donne envie de la soutenir.
Intrigué, Jon haussa un sourcil et Gendry se mit à rougir.
—Je ne veux pas dire que je… La Reine est une personne admirable, mais je n'imagine pas ce genre de relation, Altesse.
Il lui sourit, amusé. Il y a encore quelques jours, il se serait questionner sur la nature de l'affection de Gendry pour Daenerys, mais plus maintenant.
—Et qui fut cette autre personne à qui tu étais dévoué ?
Nostalgique, le garçon esquissa un sourire puis secoua la tête.
—Nous nous sommes connus en quittant King Landing, lorsque le Roi Joffrey tuait tous les bâtards Barathéon. Je voulais rejoindre la Garde de nuit et nous avons voyagé ensemble un temps. Elle avait une liste de gens à tuer.
Surpris, Jon haussa un sourcil.
—Mais dans le fond, je crois qu'elle se sentait juste un peu perdue et que ça l'aidait à avancer.
—Elle avait tué des gens ?
—Elle a tenté une fois de tuer Sandor.
—Sandor ? Pourquoi ?
Gendry se tourna finalement vers Jon, délaissant son travail.
—Parce qu'il servait les Lannisters, parce qu'elle voulait venger la mort de son père, Eddard Stark.
Incrédule, Jon écarquilla les yeux.
—Arya ?
Le garçon hocha la tête et le cœur du Roi du Nord se réchauffa subitement puis il s'empressa de le questionner davantage sur sa petite sœur, découvrant au fur et à mesure du récit tout ce qu'il avait pu manquer de cette époque de la vie d'Arya.
—Pourquoi ne pas m'avoir dit tout de suite que tu connaissais ma sœur ?
—Parce que je… Je ne sais pas vraiment, votre grâce. Tout est arrivé si vite et je n'ai pas fait tout de suite le rapprochement.
—Merci de m'avoir fait partager ton passé. Tu tiens à elle, non ?
Rougissant, il opina du chef et Jon arbora un sourire en coin.
—Alors nous sommes deux à être impatient de la revoir.
Gendry lui rendit son sourire timidement puis reporta son attention sur sa réalisation.
—J'aimerai faire une armure en Verre Dragon pour la Reine. Vous pensez qu'elle l'accepterait ?
Surpris, Jon réfléchit. Il n'était pas certain que Daenerys accepte d'en portert une même si cela le rassurerait sans doute davantage.
—Peut-être, mais je ne suis pas sûr qu'elle la porte, avoua-t-il, sincère.
—Je la ferai quand même, argumenta le garçon, déterminé.
Hochant la tête, Jon décida de l'abandonner pour se rendre aux grottes.
Arrivant sur la plage, il vit Daenerys ainsi que tous ses Dothrakis. Surpris, il s'approcha et l'écouta leur parler dans une langue qu'il ne comprenait pas.
—Je peux vous traduire si vous le désirez, Lord Snow, proposa Missandei en s'avançant vers lui.
Il la gratifia d'un sourire et elle répéta les mots de la Reine :
—Sang de mon sang, vous avez traversé la mer boueuse pour moi, vous avez vaincu les Lions pour moi ! Aujourd'hui nous devons nous montrer patients ! Une autre menace plus grande nous attend que celle de cette Reine folle. Sang de mon sang, galopez jusqu'à Dragonpit, montrez à ce peuple votre fierté, montrez votre force ! Vous êtes extraordinaires et je compte sur vous pour le montrer dignement ! Mes Khals, la chair de ma chair.
Les Dothrakis levèrent leurs armes et poussèrent des « Khaleesi » en boucle. Daenerys arbora un large sourire et il continua de la regarder, fasciné, impressionné. Elle était capable de tellement de choses. Il l'admirait, elle était belle, brave et aimante. La Reine qu'il avait choisie…
Peu à peu, la troupe commença à s'éloigner vers la plaine, là où se trouvait leur village et leurs étalons. La jeune femme remarqua la présence de Missandei et Jon Snow. Elle les rejoignit rapidement puis posa son regard en direction d'où était parti son peuple, confiante et sereine.
—Je n'imaginais pas un jour leur ordonner de partir à Dragonpit sans combattre, mais ils n'ont pas protesté.
—Ils vous soutiendront toujours, Majesté.
Satisfaite, elle esquissa un sourire à l'attention de son amie.
—Et bientôt tu retrouveras Grey Worm, Missandei.
La jeune femme rougit et Jon les observa, un brin curieux, mais resta silencieux. Un bref regard passa entre les deux femmes avant que Daenerys ne se tourne vers le Roi du Nord.
—Avez-vous donné vos instructions, Mon Lord ?
—Pas encore, je m'y rendais, Majesté.
Opinant du chef, elle continua de le fixer. Jon se perdit dans ses iris si beaux et envoûtants, oubliant même la présence de Missandei à leurs côtés.
—Voudriez m'accompagner pour… voir un peu les avancées ?
Les prunelles de Daenerys se mirent à briller intensément et elle approuva d'un signe de tête. Missandei les salua rapidement, se sentant soudain de trop dans leur conversation. Toutefois, avant de partir, elle échangea un regard avec sa Reine qui arbora un petit sourire en coin. Jon l'invita ensuite à la suivre sur la plage. Ils marchèrent côte à côte sans se parler pendant quelques minutes puis Jon lui confia subitement l'idée de Gendry et elle arrêta de marcher, surprise.
—Une armure ?
—Cela vous protégerait quand vous êtes sur Drogon, expliqua-t-il.
Daenerys resta pensive et il la sonda, patiemment.
—Gendry m'avait déjà proposé cela, expliqua-t-elle, pensive
—Peut-être pourriez-vous le considérez, non ?
Levant les yeux vers lui, elle hocha la tête.
—Peut-être.
Il sourit, un peu plus soulagé et ils repartirent en direction de la grotte.
—Je suis habitée d'un sentiment étrange à l'idée de rencontrer Cersei Lannister. Vous la connaissez, non ?
—Elle est venue au Nord avec le Roi Robert, mais je n'étais pas vraiment autorisé à être en sa présence, ni à table avec mes frères et sœurs.
Daenerys posa brièvement sa main sur son bras pour lui témoigner son ressentiment.
—C'est comme ça que j'ai rencontré Tyrion la première fois.
Intriguée, elle s'enquit de la suite et il lui raconta son histoire, sa honte et sa colère de ne pas pouvoir se rendre au banquet ainsi que le conseil de Tyrion.
—Tyrion est toujours de bon conseil, approuva la jeune souveraine.
—Il l'est oui.
Arrivant à la grotte, ils pénétrèrent à l'intérieur et Daenerys remarqua les soldats extrayant le Verre Dragon. Ils les saluèrent brièvement puis Jon s'approcha d'eux et donna ses directives. Elle resta à distance, l'observant, un sourire accroché aux lèvres. Soudain, la jeune femme vit la petite cavité par laquelle ils étaient passés quelques mois auparavant et elle s'éloigna en prenant un flambeau. Rapidement, elle se trouva face aux dessins et ses yeux se posèrent froidement sur celles représentant le Night King. Son cœur de mère n'était pas apaisé. Il ne le serait jamais complétement. Viserion était le plus doux et le plus gentil de ses fils, elle rêvait parfois la nuit de l'époque où il volait loin de ses frères pour venir se nicher entre ses seins, sa tête se posant sur sa poitrine, ses ailes déployées sur son bras. Elle se réveillait toujours pour le trouver ainsi et avec tendresse, elle lui caressait son dos puis son ventre. Une larme quitta sa joue et elle l'essuya rapidement. Elle ne pouvait pas se montrer faible, surtout avant de rencontrer Cersei Lannister. Soudain, des pas se firent entendre et elle pivota pour découvrir Jon. La rejoignant rapidement, elle se détourna pour regarder à nouveau les représentations.
—Pensez-vous vraiment que nous avons suffisamment d'hommes pour les vaincre ?
—Je ne sais pas.
Songeuse, elle avoua :
—Si Cersei ne veut pas y croire…
—Vous continuerez votre guerre ?
—Je ne sais pas… Je n'en vois plus la nécessité, avoua-t-elle en se tournant vers lui. Je veux détruire le Night King et venger mon fils avant tout.
Plongeant son regard dans le sien, il fit un pas de plus vers elle et posa sa main sur sa joue avec douceur.
—Je suis tellement désolé… Je sais que mes mots n'apaiseront jamais votre peine, mais…
—Vaincre ces créatures m'y aidera, Jon.
Déterminée, elle recula, brisant leur contact et déclara froidement :
—Je partirai au Nord avec vous, quoiqu'il m'en coûte.
Surpris, il inclina la tête et Daenerys reporta ensuite son attention sur lui.
—Je ne veux plus me battre pour un trône de cendres.
Jon prit sa main dans la sienne et elle la serra doucement.
Quittant seule la grotte, Daenerys laissa Jon avec ses hommes pendant qu'elle rejoignait Tyrion pour une petite réunion.
Installés près de la cheminée, sa Main leur servit deux verres de vin puis ils discutèrent de la future rencontre à Dragonpit, de l'attitude de la Reine envers Cersei.
—C'est Jon Snow qui me représentera, je vous l'ai déjà dit.
—N'avez-vous pas peur qu'il commette une erreur ? Une seule suffit pour que ma sœur rompe notre accord, assura Tyrion, sérieux.
—Je sais. Mais il est celui qui connait le mieux ces créatures.
—Vous souhaitez renforcer votre alliance ?
Pensive, elle ne dit mot, portant le verre à ses lèvres.
—Avez-vous reconsidéré l'idée d'un mariage ?
—Non.
Tyrion ne dit mot et elle ajouta pour clore le sujet :
—Nous sommes alliés dans cette guerre à venir.
—Bien. C'est ce que j'ai toujours voulu, Majesté. Mais que se passera-t-il une fois cette guerre terminée ?
—Je ne sais pas. Nous n'y survivrons peut-être pas.
Tyrion but d'une rasade sa boisson, inquiet.
—Ne faites rien de stupide. Nous avons besoin de vous et surtout EN VIE, déclara-t-il en se relevant pour lui faire face.
Souriante, elle glissa sa main sur son bras.
—Si je meurs, je sais que le royaume sera entre de bonnes mains, Tyrion.
Surpris, il resta sans voix et elle lui reparla soudain de sa sœur. L'homme n'osa pas la questionner sur ses paroles.
Un peu plus tard en soirée, ils se réunirent tous pour diner dans la grande salle à manger. L'ambiance était chaleureuse, et ils en oublièrent presque que le lendemain ils partiraient pour Dragonpit. Tyrion et Davos furent les deux plus enthousiastes, partageant des histoires et ils les écoutèrent, attentifs, amusés. L'alcool accompagna le repas, mais la jeune femme évita d'en boire plus que de raison, laissant cela à ses compagnons.
Quittant la pièce un peu plus tôt que les autres, Daenerys se rendit dans la salle du conseil, ses doigts effleurèrent la table peinte avant qu'elle ne sorte sur le balcon, entendant au lointain ses deux fils qui volaient. Soudain, elle sentit une présence à ses côtés et ne se tourna pas, reconnaissant déjà son odeur bien distincte, les bruits de ses bottes sur le sol. Rapidement, Jon vint s'installer à ses côtés, son regard se posant sur les créatures ailées au-dessus d'eux.
—Comment vont-ils ?
Surprise, elle coula un regard sur Jon, mais répondit :
—Ils souffrent et ils sont en colère.
—Vous n'avez pas peur qu'ils partent seuls pour le Nord, s'enquit-il.
Secouant la tête, elle lui expliqua :
—Je leur ai promis que nous y retournerions et que nous vengerions leur frère.
—Je suis désolé, murmura-t-il, en posant sa main sur la sienne.
Pivotant vers lui, leurs yeux s'accrochèrent et elle déclara :
—Ne le soyez pas, Jon. Quelque fois la perte d'un être nous rend plus fort.
Pensive, elle se perdit dans ses souvenirs puis se rappela son Khal, son Drogo et elle eut un bref pincement au cœur. Voulant évacuer sa peine, elle commença à lui parler de sa vie d'avant, avant qu'elle ne soit la mère des dragons, avant qu'elle ne soit une combattante, mais simplement une jeune fille vendue contre une armée.
—Mon frère m'avait abandonnée. Voilà comment je ressentais les choses. Mon mari ne semblait se soucier que de mon corps, le malmenant un peu plus chaque jour, et j'ai voulu mourir plus d'une fois.
Jon resta sans voix et elle poursuivit :
—Mais j'avais mes œufs de pierre, mes œufs qui j'espérais pourrait un jour libérer des dragons et je pourrai ainsi m'envoler loin de ces sauvages, loin de ce monde et retrouver ma porte rouge à Braavos…
Un fin sourire apparut sur ses lèvres et elle reporta son attention sur Jon dont l'expression semblait pleine de compassion. Avec douceur, elle caressa ses doigts et continua :
—Mais les choses ont changé et j'ai découvert une véritable famille auprès de ce peuple de « barbares » et j'ai aimé mon mari.
—Comment… Je veux dire, vous disiez qu'il ne souciait pas de vous.
—Il a changé. Je l'ai changé et il… voulait me donner le monde, le trône, que nous soyons le Khal et la Khaleesi les plus respectés de tous les Khalasars. Il m'aimait sincèrement et bien que je rêvais toujours de voir mes œufs revenir à la vie, je ne désirai plus m'enfuir.
Jon hocha la tête.
—Il est mort et mes dragons sont revenus à la vie. Une vie pour une vie… Sa mort a été une peine immense, mais j'en suis ressortie plus forte.
Le Roi serra sa main doucement et elle osa le questionner à son tour sur son passé. Nostalgique, Jon se souvint d'Ygritte, la sauvageonne aux cheveux de feu et il lui parla de cette femme qu'il avait aimée. Il n'avait plus évoqué le souvenir de son premier amour depuis des années, ses sentiments étaient morts en même temps qu'il avait brûlé son corps, laissant le jeune homme amoureux derrière lui, se focalisant sur son devoir auprès de ses frères. Il lui expliqua leur rencontre, raconta brièvement qu'elle lui avait fait briser ses vœux, mais qu'au final, il était quand même retourné auprès de la Garde de nuit.
—Elle a dû vous détester.
—Elle m'a planté une ou deux flèches dans le dos, avoua-t-il, un sourire en coin.
Daenerys écarquilla les yeux, incrédule.
— Je sais qu'elle ne m'aurait jamais tué… Elle m'en voulait plus de l'abandonner pour retourner auprès de mes frères qu'autre chose.
—Je vois, et elle vous a pardonné finalement ?
—Elle est morte lors d'une attaque des sauvageons au Mur.
Daenerys ne dit mot, mais lui adressa un sourire sincère et Jon continua son récit :
—Nous avons aussi eu l'aide inespéré de Stannis Barathéon face à nos attaquants.
A ces mots, les sourcils de la Reine se froncèrent, mais elle resta muette, sachant que cet homme était déjà mort depuis plusieurs années maintenant.
—Voilà comment vous avez connu Sir Davos.
—Oui et que je suis ensuite devenu Lord Commandant.
—Vous n'avez jamais regretté de ne pas avoir suivi les sauvageons ?
—Quelque fois. Mais mes vœux étaient importants pour moi.
La jeune femme vit qu'il semblait tourmenté et elle ne le questionna pas davantage, respectant sa décision. Elle se doutait bien que cela avait quelque chose à voir avec ses cicatrices sur son torse. Ils portaient tous deux de lourds secrets en eux. Peut-être qu'un jour pourrait-elle lui parler de Rhaego ?
—La perte d'un être cher nous donne parfois plus de force, plus de détermination pour protéger les innocents, argua-t-elle.
Soufflant, il lui avoua en glissant sa main sur sa joue :
—Je ne veux pas revivre cela. J'ai assez perdu de gens que j'aimais et maintenant, je ferai mon possible pour les protéger de la menace des marcheurs blancs.
—Je désire la même chose, murmura-t-elle en plongeant ses prunelles violettes dans celles si noires du Nordiste.
Sentant ses doigts qui caressaient sa joue, la jeune souveraine frissonna. Il réveillait toujours en elle des émotions puissantes et incontrôlables, et il était déjà trop tard pour tenter de l'éloigner. Quitter le bateau n'avait servi qu'à lui confirmer ce qu'elle savait déjà, ce qu'elle craignait d'éprouver à nouveau parce qu'il pourrait mourir au Nord, parce qu'elle pourrait elle aussi périr, mais elle ne voulait plus faire marche à arrière maintenant. Comblant la distance qui les séparait, elle finit par glisser sa main derrière sa nuque et d'un geste hâtif, l'attira à elle. Leurs lèvres se rencontrèrent, se collant l'une à l'autre un bref instant avant qu'elle ne s'écarte, le cœur affolé, ses yeux sondant les siens. Avec fougue, Jon s'empara de sa bouche à nouveau et leurs langues se trouvèrent enfin. Sa main caressa sa joue avec douceur tandis que ses lèvres dévoraient les siennes, ne désirant plus jamais être séparées d'elles. Rapidement, leurs corps se collèrent l'un à l'autre, réanimant un feu en eux. Leurs mains glissèrent sur le corps de l'autre et ils gémirent de concert, désirant tellement aller au bout de leur passion dévorante… A cet instant précis, il n'était plus qu'un homme et une femme, Jon et Dany, voulant aller au bout de leur envie. A bout de souffle, ils se séparèrent, leurs bouches toujours proches l'une de l'autre, leurs respirations se mêlant l'une à l'autre. Prenant sur elle, Daenerys fut la première à s'écarter, ses mains quittant son corps qu'elle n'avait cessé de toucher depuis plusieurs minutes. A la fois surpris et un peu déçu, Jon la fixa sans rien dire, sa bouche toujours entre-ouverte, sa poitrine se soulevant à un rythme effréné. La scène lui rappela celle dans le bateau et une angoisse monta soudain en lui. Pourtant, contre toute attente, elle revint vers lui et déposa un léger baiser à la commissure de ses lèvres et il ferma les yeux, savourant le bref instant.
—Bonne nuit, Jon, chuchota-t-elle.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il croisa son regard intense puis elle eut un petit sourire timide avant de s'éloigner. Le Nordiste mit quelques minutes à calmer son cœur battant la chamade, à résister à l'envie d'aller la retrouver dans le couloir et de lui donner une raison de continuer. Pourtant, il n'en fit rien et fixa à nouveau le ciel étoilé, les dragons volant en cercle au-dessus de lui.
Au petit matin, Daenerys fut aidée par Missandei à se préparer. Tout le monde allait quitter Dragonstone et elle ne les rejoindrait que quelques heures plus tard sur le dos de Drogon. Coiffant ses cheveux avec douceur, la jeune conseillère lui parla de son impatience à revoir Grey Worm et elle sourit, heureuse pour son amie. Un bref instant, elle se rappela son état lorsqu'elle était retournée dans sa chambre, les battements de son cœur si rapides, l'envie de retrouver Jon. Mais elle savait qu'elle ne pouvait pas faire cela. Si elle avait passé la nuit avec Jon Snow, les choses se seraient compliquées aujourd'hui et elle ne pouvait pas se permettre de rêvasser en ce moment précis.
—Etes-vous nerveuse à l'idée de rencontrer Cersei Lannister, Majesté ?
—Non.
Elle était honnête, elle ne l'était pas, mais elle se méfiait des intentions de cette Reine. Tyrion l'avait assez mise en garde.
—Mais je le ne lui fais pas confiance et même si nous faisons une trêve… Cela ne change pas qu'elle restera mon ennemi, argumenta la jeune femme alors que Missandei lui faisait des tresses.
La conseillère opina du chef puis continua à coiffer sa Reine. Lorsqu'elle eut terminé son travail, Daenerys quitta le palais en sa compagnie pour se rendre sur la plage où se trouvait déjà ses proches ainsi que Sir Davos, Sandor et Jon Snow. Automatiquement, son regard se posa sur le Roi du Nord, mais elle le détourna bien vite pour se concentrer sur ses conseillers, leur souhaitant bon voyage.
—Faites attention à vous, Majesté, ajouta Jorah, inquiet.
Touchée, elle posa sa main sur son bras et inclina la tête puis s'avança vers Sir Davos qui la salua chaleureusement.
—Votre grâce nous manquera pendant la traversée.
—Je suis certaine que vous trouverez bonne compagnie en présence de ma Main, Sir Davos.
Le chevalier ricana et elle esquissa un bref sourire. S'approchant ensuite de Jon, leurs iris se rencontrèrent et ses lèvres s'étirèrent brièvement.
—Je vous souhaite une bonne traversée, Mon Lord. Nous nous reverrons à Dragonpit.
Approuvant d'un signe de tête, Jon lui rendit son sourire. Il regrettait qu'il n'ait pas pu la voir ce matin seul à seul. Il avait tenté de la trouver à son point de vue habituel, dans la salle de conseil, mais la Reine n'avait pas quitté ses appartements. Si Jon avait eu un doute sur les sentiments de la jeune femme à son égard, elle avait su calmer ceux-ci d'un sourire à cet instant précis.
Le groupe s'éloigna dans la barque et Daenerys les suivit du regard un long moment avant de tourner les talons.
Un bref instant, elle se sentit étrangement seule. Tout le monde était parti sur le bateau et elle était ici à attendre pour prendre son envol sur Drogon. Oui, Cersei Lannister devait être surprise et elle comptait bien y arriver.
Les pas de la Reine la menèrent à la forge et elle y trouva Gendry qui façonnait du Verre Dragon. S'approchant doucement de lui, elle marqua sa présence et le jeune homme s'inclina, ravi de la voir. Rapidement, il lui présenta ses nouvelles armes, puis elle remarqua un morceau de métal sur le côté et réalisa qu'il s'agissait d'un début d'armure.
—Jon Snow m'a parlé de votre projet.
Le garçon se mit à rougit puis lui expliqua les raisons de ce cadeau. Elle écouta, attentive, comprenant parfaitement ce qu'il sous-entendait, la protection qu'elle aurait pour elle si elle tombait au sol entourée de marcheurs blancs. Glissant ses doigts sur le bout de métal, Daenerys déclara :
—Je pense reconsidérer votre proposition, Gendry.
Enthousiaste, le jeune homme opina du chef et Danerys ajouta :
—Et cela pourrait aussi rassurer mes conseillers.
—Je ferai en sorte qu'elle soit légère et à votre image, Majesté.
Elle lui sourit puis le laissa continuer son œuvre, se dirigeant vers ses fils.
Danerys passa les heures suivantes à voler sur Drogon, se rendre au village Dothrakis pour passer du temps avec son peuple puis l'heure du départ arriva. Montant sur son alpha, ils s'éloignèrent d'un mouvement d'ailes en direction de DragonPit…
La traversée sembla interminable à Jon. Ses pensées étaient restées à Dragonstone, se demandant ce que Daenerys pouvait bien faire en ce moment. Pourtant, lorsqu'il aperçut enfin King Landing, il se focalisa sur sa mission. Il devait convaincre La Reine. Il questionna Tyrion sur le nombre d'habitants et celui-ci l'alarma. Tant de personnes, tant de possibles marcheurs blancs si le Night King arrivait à passer le Mur un jour…
Arrivant finalement sur la terre ferme, Jon resta songeur, un peu inquiet à l'idée de se trouver face à la femme dont la famille était responsable de la mort de son père et son frère.
Il ne pouvait pas se permettre d'afficher ses émotions, surtout en ce moment-là. Chacun prit place et tout le monde remarqua l'impatience de Cersei.
—Où est-elle ?
—Elle sera là bientôt, répondit Tyrion
—Elle n'a pas voyagé avec vous ?
—Non.
La Reine des Lions semblait mécontente et agacée. Soudain, un rugissement se fit entendre. Jon se releva comme beaucoup et regarda le ciel, apercevant Daenerys arriver majestueusement sur le dos de Drogon. Comme à chaque fois qu'il la voyait sur ses dragons, il en fut émerveillé. La jeune femme les rejoignit et ils reprirent place sur leurs chaises.
—Nous sommes ici depuis quelques temps, cracha Cersei.
—Toutes mes excuses, rétorqua la mère des dragons.
Tyrion prit la parole. Euron tenta d'interférer, mais Cersei lui ordonna de s'asseoir. Lorsque Tyrion eut achevé de leur parler, Jon prit sa place, expliquant les conséquences pour les millions de Westerosiens à King Landing. Mais Cersei ne le crut pas et comme toujours, il s'emporta. Oh oui, il ne serait pas ici face à cette femme s'il n'avait pas une raison de s'y trouver. Pour apaiser les tensions à venir, Tyrion fit venir Sandor avec le marcheur blanc. La peur se lut sur les visages de leurs ennemis, Jon leur expliqua comment les vaincre, leur montrant qu'unis, ils pourraient sans sortir.
—Il n'y a qu'une guerre qui importe : la grande guerre. Et elle est ici, expliqua Jon, déterminé.
—Je ne le croyais pas avant de le voir, je les ai tous vus, argua Daenerys.
—Combien, s'enquit Jaime, terrorisé.
—Au moins cent mille…
Euron décida de partir, mais il s'approcha soudain de la Reine. Jorah et ses hommes furent sur leurs gardes, mais elle sut qu'il ne lui ferait aucun mal, elle connaissait ce genre de regards pour l'avoir vu sur tant d'hommes : le pouvoir. Ces mots étaient clairs. Il survivrait et elle devrait rester en dehors de ça puis il reviendrait et le pouvoir serait à eux. Daenerys ne dit mot, pas le moins troublée, ni charmée par cet homme. Il avait détruit sa flotte et elle avait perdu des alliés à cause de lui.
—Il a raison d'être effrayé, mais pas de fuir. Si ces choses viennent à nous, il n'y aura plus de royaume à diriger. Nos souffrances auront été pour rien, nos pertes aussi. Nous acceptons cette trêve, déclara Cersei.
Les deux Reines s'observèrent puis Cersei ajouta :
—Jusqu'à la défaite, les morts sont nos ennemis.
Un soulagement immense envahit Jon. Il avait réussi. Ils allaient pouvoir sauver le Royaume grâce à leur union à tous.
—En échange, le Roi du Nord devra poursuivre cette trêve. Il restera au Nord là où il appartient. Il ne prendra pas les armes contre les Lannisters. Il ne choisira pas de camp.
Les lèvres de Cersei s'incurvèrent et la joie de Jon s'estompa soudain. Il aurait dû se douter que cette femme agirait ainsi, elle était fourbe et ne pensait qu'à ses intérêts.
—Juste le Roi du Nord ? Pas moi ?
La Reine ricana.
—Je ne vous le demanderai jamais. Vous ne seriez jamais d'accord sur ça et si vous le feriez, je me méfierai encore plus que je ne le fais déjà.
Daenerys resta silencieuse.
—Je ne le demande qu'au fils de Ned Stark. Je sais que le fils de Ned Stark restera fidèle à ses paroles.
Jon se trouva sans voix. Cersei disait vrai, il resterait fidèle à ses paroles. Il ne pouvait plus faire marche arrière. Il avait déjà donné sa parole à Daenerys… Et il s'y tiendrait. Echangeant un bref regard avec Davos, il se tourna ensuite vers la jeune femme. Elle ne lui demanderait jamais de briser sa promesse s'il acceptait la trêve de Cersei. Pourtant, il ne pouvait laisser la femme qu'il aimait partir affronter Cersei Lannister.
—Je suis fidèle à mes paroles. Ou j'essaye de l'être…C'est pourquoi je ne peux pas vous donner ce que vous me demander. Je ne peux pas servir deux reines et j'ai déjà porté mon allégeance à la Reine Daenerys de la Maison Targaryen.
Le cœur de Daenerys se mit à battre rapidement. Personne n'avait jamais su leur discussion sur le bateau. Qu'il ait ou non plié le genou n'avait plus d'importance, il était le Roi du Nord et elle ne partait plus en tant que conquérante, mais alliée. Incrédule, elle l'entendit plaider sa cause, la soutenir, restant fidèle à des mots échangés lors d'un moment entre eux…
Cersei en fut furieuse et elle quitta l'endroit expressément. Jon sut qu'il avait perdu sa chance d'allier la Reine à leur cause, mais il ne pouvait pas rester sans agir. S'il devait survivre à cette grande guerre, il se battrait aux côtés de Daenerys pour la mettre sur le trône parce qu'elle était la Reine qu'il avait choisie.
—Vous n'auriez pas dû faire cela, le réprimanda Davos.
Jon ne dit mot. Daenerys s'avança pour le remercier de sa loyauté, mais il sut qu'il l'avait déçue surtout lorsqu'elle évoqua la mort de Viserion, une mort qui n'avait servie à rien vu la finalité de cette rencontre…
—Je sais, argua –t-il, mal à l'aise.
Il n'osait pas la regarder en face. Il aurait tant voulu lui expliquer les raisons de son choix… Tyrion s'en mêla et Jon tenta de se défendre, d'expliquer que les mensonges ne menaient à rien de bon. La Main décida d'aller affronter sa sœur. La jeune femme s'inquiéta pour son fidèle ami, mais elle sut qu'il pouvait l'aider dans cette situation fâcheuse, elle avait confiance en lui et en ses capacités. Tyrion n'était pas un soldat, mais il était intelligent.
L'attente fut longue, interminable. La jeune femme resta auprès de ses conseillers, écoutant aussi Théon qui évoquait le sort de Yara et elle regrettait de ne pouvoir l'aider davantage. La bataille à venir était plus importante qu'une seule femme, aussi valeureuse soit Yara GreyJoy. Elle ne se détourna que lorsqu'elle vit Jon s'éloigner, ramassant au sol un os de Dragon. S'excusant auprès de ses sujets, elle le rejoignit. Elle lui avoua qu'elle respectait ses choix, même si elle ne les tolérait pas. Réalisant soudain où elle se trouvait, elle parla des dragons, de leur fin ici, parce que les gens étaient terrifiés par eux et que tout avait changé, qu'ils n'étaient plus extraordinaire maintenant.
—Vous n'êtes pas comme les autres.
Comblant la distance qui les séparait, Jon reprit :
—Et votre famille n'a pas vu son extinction.
—Je ne peux pas avoir d'enfant, lui rappela-t-elle.
Il devait comprendre cela s'il désirait un futur avec elle. Elle ne pourrait jamais lui donner cela même si elle le voulait plus que tout au monde.
—Qui vous a dit cela ?
—La sorcière qui a tué mon mari.
—Cela ne vous ai pas venu à l'esprit qu'elle n'était pas fiable ?
Touchée, Daenerys le fixa tendrement. Elle y avait songé, de nombreuses fois auparavant, souhaitant même tomber enceinte de Daario, mais les faits étaient ainsi : elle était stérile.
D'une petite voix, elle lui confia qu'elle aurait dû lui faire confiance dès le départ, que les choses seraient différentes maintenant. Viserion serait sans doute en vie et Jon n'aurait pas risqué sa vie au Nord pour un marcheur blanc. Jon la questionna sur la suite et elle aurait voulu le rassurer sur le fait qu'elle partirait avec lui, mais elle devait aussi s'assurer que Cersei ne puisse pas détruire ce qu'elle venait d'accomplir. Toutefois, elle avait promis à ses fils et peu importe les conséquences, elle devait partir au Nord. Ils échangèrent un bref sourire et elle résista à l'envie de glisser sa main sur la sienne, se rappelant leur baiser échangé la nuit dernière… S'apprêtant à lui parler, ils furent interrompus par le retour de Tyrion ainsi que de Cersei qui accepta finalement la proposition.
Chacun en fut soulagé, mais Daenerys resta méfiante malgré tout, elle avait des années d'expériences derrière elle.
Peu après, ils décidèrent de prendre la route du retour, mais avant cela, Daenerys s'approcha de Brienne de Tarth, se rappelant qui elle était.
—Lady Brienne.
Surprise, la femme se redressa, son armure teintant légèrement à ce geste.
—Majesté, la salua-t-elle, platement.
—Je suis enchantée de vous rencontrer, j'ai beaucoup entendue parler de vous, par votre Roi.
La guerrière dévia son regard sur Jon Snow qui esquissa un bref sourire à son attention alors elle remercia la Reine. Daenerys fouilla dans ses poches et remit un parchemin à Brienne.
—Pourriez-vous le donner pour moi à Sansa Stark, la Lady de Winterfell ?
Incrédule, Brienne le prit et s'inclina.
—Je le ferai, votre grâce.
—Nous nous reverrons bientôt, ma Lady. Que votre voyage soit bon.
La Reine s'éloigna pour rejoindre Jon qui semblait tout aussi curieux que Brienne du message. Ils commencèrent à marcher côte à côte, mais il n'osa pas la questionner sur le parchemin et Daenerys déclara :
—J'ai promis à votre sœur que le Nord resterait indépendant après la guerre contre le Night King.
Jon resta sans voix et la jeune femme se tourna vers lui, s'arrêtant de marcher pour le fixer intensément.
—J'ai dit que je voulais briser la roue et ma première action sera celle-ci : Le Nord restera au Stark, Jon.
Si Jon n'aimait pas déjà profondément la jeune femme, il n'aurait pas pu résister à ses sentiments à cet instant précis. Leurs regards restèrent accrochés l'un à l'autre quelques minutes puis l'instant se brisa lorsque Tyrion s'avança vers eux en compagnie de Jorah. Arborant un bref sourire, elle entreprit une discussion avec sa Main pendant que Jorah s'approchait de Jon.
—Votre père aurait été fier de vous, Jon, lui assura-t-il.
—Peut-être, mais j'ai bien failli tout gâcher…
—Parfois il faut simplement écouter son cœur plus que son devoir.
Les deux hommes se regardèrent puis le chevalier rejoignit sa Reine et lui proposa son bras qu'elle prit avec bienveillance. Jon suivi leurs silhouettes à distance.
Les bateaux quittaient petit à petit King Landing. Daenerys s'installa sur l'avant du bateau, fixant l'horizon, cette Cité qui n'était pas encore la sienne. Jon la rejoignit peu après et elle lui jeta un bref coup d'œil avant de reporter son attention sur cet endroit qu'elle avait tant voulu rejoindre depuis tant d'années.
Le reverrait-elle un jour ? Elle ne savait pas vraiment s'ils survivraient à la menace au Nord.
—Je me sens étrange. J'ai attendu des années de mettre un pied dans King Landing et cela n'arrivera jamais.
—Pourquoi dites-vous cela ?
—Parce que notre avenir est incertain, dit-elle dans un murmure. Parce que je mourrai surement en détruisant le Night King.
Pensif, Jon finit par avouer :
—Je pense que je vais mourir aussi, mais j'ai envie de continuer à imaginer un autre futur.
La jeune femme se tourna vers lui et plongea son regard dans le sien.
—Je vais essayer de prendre exemple sur vous.
Amusé, il secoua la tête.
—Je ne suis pas des plus optimistes en général, Dany.
—Et pourquoi l'êtes-vous ?
Soufflant, il s'empara de sa main et murmura sans la lâcher du regard :
—Grâce à vous.
Stupéfaite, Daenerys perdit ses mots et il ne trouva rien à ajouter, continuant à la sonder de son regard sombre et envoûtant.
Ils arrivèrent un peu avant la nuit à Dragonstone. La Reine planifia une réunion le demain matin pour parler de leur futur départ au Nord. Commençant à s'éloigner avec Missandei, Jon s'approcha subitement d'elle. Depuis sa confession sur le bateau, ils n'avaient pas reparlé. La jeune femme était partie peu après pour rejoindre sa Main et ses conseillers, le laissant seul à ses pensées. Après un bref échange avec son amie, Missandei partit, les laissant seuls.
—Voudriez-vous diner avec moi ce soir ?
Le cœur de Daenerys eut un raté, mais elle approuva d'un signe de tête.
—J'en serai enchantée.
Il sourit, soulagé.
Elle ne savait pas pourquoi elle était si nerveuse pour ce diner. Ce n'était pas la première fois qu'ils en partageaient et pourtant, elle n'avait pas arrêté de réfléchir au menu de ce soir, à sa tenue. Porterait-elle une tenue noire ou d'une autre couleur ? Et ses cheveux, seraient-ils lâchés ou toujours tressés ? On frappa soudain à sa porte et elle eut un sursaut avant de souffler lentement pour aller ouvrir à son invité. Dès que le bois grinça, elle rencontra les prunelles si intenses de Jon Snow et la jeune femme sentit son cœur battre la chamade. Presque timidement, elle l'invita à pénétrer dans la pièce. Comme à son habitude, il poussa son fauteuil et elle cessa de respirer un court instant jusqu'à ce qu'il s'assoit face à elle. Pour briser ce malaise entre eux, elle parla de leur futur départ, de leurs armés, et ils purent dîner sans trop de difficultés. Lorsqu'ils eurent terminés, ils quittèrent la table pour se rendre sur le balcon. La nuit était claire et on pouvait voir sans difficulté les étoiles.
—Quand j'étais plus jeune, je regardais les étoiles et je me demandais si quelqu'un d'autre voyait les même que moi et si c'était le cas, cela voulait-il dire que nous étions destinés à nous rencontrer ?
—Peut-être.
—Vous dites cela pour ne pas vous moquer de moi, Jon.
—Vous m'avez dit que j'étais un très mauvais menteur, renchérit-il, en souriant.
Leurs yeux se croisèrent et elle lui rendit son sourire, satisfaite.
—J'étais jeune et un peu naïve.
—Je l'ai été aussi, la rassura-t-il.
Expirant un bon coup, elle avoua, sincère :
—Ce que vous avez dit aujourd'hui… A DragonPit… J'espère mériter votre confiance, Jon.
—Vous l'avez déjà, Dany, assura-t-il, sa main se posant sur sa joue. Et si je survis, je…
—Je vous interdis de mourir, Jon Snow.
Touché, il lui rappela qu'elle lui avait déjà ordonné cela par le passé, mais Daenerys continua de le sonder de ses yeux lilas et il se sentit happer par ses prunelles.
—Je ferai de mon mieux. Je ne peux pas vous promettre quelque chose dont j'ignore la finalité.
—Je sais.
Il continua de la fixer tendrement, tout en laissant son pouce glisser sur sa joue.
—Si je survis… Je me battrai pour vous, Dany.
La jeune femme frémit à ses paroles et Jon fit un pas vers elle, ses yeux regardant sa bouche avec envie. Presque timidement, il se pencha sur elle, murmurant affectueusement son prénom, la faisant perdre toute raison. Sa bouche se posa sur la sienne et ils oublièrent tout. Rapidement, leurs lèvres se mirent à se mouvoir, la main de Daenerys glissa derrière sa nuque, l'attira un peu plus à elle, dévorant sa bouche avec la sienne. D'un geste rapide, Jon la souleva et elle enroula ses jambes autour de sa taille puis sans jamais quitter ses lèvres, il les dirigea à l'intérieur. Perdant tous sens de l'orientation, il heurta finalement la table où ils avaient diné et d'un mouvement brusque, il se débarrassa de la plupart des objets au sol. La vaisselle se brisa, les restes du poulet s'éparpillèrent sur le tapis, mais il n'en avait cure. La hissant soudain sur le bord de la table, il se décrocha de sa bouche pour venir parsemer le haut de son cou. Chuchotant son prénom, un feu se réveilla en lui et ses mains glissèrent sur ses cuisses, remontant délicatement la robe de la Reine. Brusquement, la porte s'ouvrit à grand fracas et plusieurs immaculés et Dothrakis pénétrèrent dans la pièce, armes en main. Daenerys et Jon s'écartèrent l'un de l'autre, le visage comme le corps en feu. Descendant de la table, elle remit en place sa robe puis s'approcha de ses guerriers. Jon ne comprit pas l'échange, mais il sentait le regard de certains sur lui et il baissa les yeux, honteux. La jeune femme revint soudain vers lui et elle esquissa un sourire maladroit.
—Ils ont cru à une attaque…
Jon voulut s'exprimer, mais une femme de chambre s'avança subitement dans la pièce pour collecter les débris.
—Je… Je devrais y aller.
Opinant du chef, elle le regarda commencer à partir, mais le rappela soudain et il tourna la tête vers elle. Daenerys s'approcha de lui et s'empara soudain de sa main, se rappelant encore lorsqu'elle était sur sa peau frémissante. Ses iris violets se posèrent sur lui et elle murmura d'une voix douce :
—Peut-être pourrions-nous diner à nouveau un autre soir et reprendre… « Notre discussion » ?
Se perdant brièvement dans le regard de la jeune femme, il ne put qu'accepter d'un signe de tête et elle se retint de le garder avec elle. Pourtant, l'instant était brisé et même si elle désirait plus que tout retrouver son corps près du sien, elle savait qu'il n'était plus d'humeur à cela.
Soupirant, elle décida d'aider sa servante à nettoyer malgré ses protestations. Danerys voulait se changer les idées et chasser un temps Jon Snow de son esprit.
Le lendemain matin, elle fit venir ses conseillers pour qu'ils discutent de leur futur départ pour le Nord. Ils parlèrent aussi du Verre Dragon, de la création d'armes par Gendry et ses apprentis. D'un commun accord, ils décidèrent de partir dans une semaine. Le sujet suivant fut alors le voyage de la Reine elle-même. Jon fut celui qui proposa de partir en bateau avec les immaculés pour rejoindre les Dothrakis et faire route ensemble pour Winterfell. Jorah mit en avant le danger pour elle d'y aller par la route, qu'un homme pourrait la tuer d'une simple flèche et elle l'écouta, attentive. Pourtant, lorsque Jon se mit à nouveau à parler, elle reporta son attention sur lui.
—C'est votre décision, votre grâce. Mais si nous sommes alliés dans cette guerre, c'est important pour les Nordistes de nous voir comme des alliés. Si nous naviguons ensemble jusqu'à White Harbour, je pense que cela envoi un meilleur message.
Songeuse, Daenerys resta silencieuse un moment et sentit tous les regards se poser sur elle.
—Je n'y vais pas pour conquérir le Nord. J'y vais pour sauver le Nord, dit-elle, avec détermination à l'attention de Jorah. Nous naviguerons ensemble.
Ses yeux rencontrèrent ceux de Jon, et elle sentit son cœur battre plus rapidement un bref instant. Elle esquissa soudain un petit sourire en coin, satisfaite à l'idée de ce voyage, se rappelant celui de retour après Eastwatch et pensa à tout ce temps libre qu'elle pourrait passer avec Jon. Les choses seraient sans doute bien différentes à Winterfell et elle désirait profiter un maximum de sa présence. Plus le temps passait et plus elle pensait constamment à lui. Ce matin, elle s'était mise à rêvasser dans son bain, s'imaginant ce qu'il se serait passé s'il n'était pas parti de ses appartements. Voilà bien longtemps qu'un homme n'avait pas réveillé une telle passion en elle. Daario avait pu le faire, un court laps de temps, mais jamais avec un simple baiser…
—Majesté, il serait bon d'aller voir vos Dothrakis pour leur annoncer les directives.
Sortant de ses pensées, elle approuva d'un signe de tête et croisa brièvement le regard de Jon avant de quitter la pièce avec sa Main, Missandei et Grey Worm.
Jon fut interpellé par Théon et ils discutèrent ensemble. Les ressentiments qu'il avait pu éprouver par le passé pour le jeune homme s'étaient estompés. Il lui avait pardonné ses erreurs.
—Tu n'as pas à choisir. Tu es un GreyJoy et tu es un Stark.
La reconnaissance ainsi que l'amertume se lut sur le visage de Théon. Il lui confia que Yara avait toujours été là pour lui, tentant de le sauver de Ramsay et maintenant c'était elle qui avait besoin de lui.
—Alors pourquoi es-tu encore ici à me parler ?
Echangeant un regard avec Théon, Jon tourna les talons, bien décidé à se rendre aux grottes pour continuer à récupérer les caisses de Verre Dragons.
Une fois qu'elle eut discuté avec ses Dothrakis, Daenerys reprit le chemin du palais mais fut soudain confrontée à la présence de Théon GreyJoy.
—Votre grâce… Je sais que vous ne pouvez pas m'aider pour Yara… Je le comprends, mais je dois l'aider comme elle a pu le faire pour moi par le passé. Je vous prie de me laisser partir avec mes hommes pour la retrouver.
Incrédule, elle écarquilla les yeux et le jeune homme se mit soudain à genoux devant elle, la suppliant silencieusement.
—Relevez-vous, Théon.
Il s'exécuta et lui fit face.
—Vous pouvez partir.
Une joie immense l'envahit et ses yeux se mirent à briller.
—Promettez-moi de nous rejoindre au Nord une fois votre sœur délivrée.
—Je vous le promets.
—Bien. Alors vous pouvez aller la sauver.
—Merci.
—Elle sera fière de vous, lui assura-t-elle, sincère.
Théon arbora un sourire timide puis il l'abandonna, s'éloignant vers la plage.
—Vous ne croyez pas qu'il va se faire tuer ?
—Je ne peux pas le laisser me suivre si son cœur n'est pas prêt à se battre pour notre cause, expliqua-t-elle à Tyrion. Je suis certaine que s'il doit mourir, il préféra le faire de cette façon. Chacun est libre de choisir son destin, Ma Main.
—Sage décision, en effet.
Les jours défilèrent et Daenerys comme Jon furent occupés à préparer le départ. Ils ne se virent quasiment pas de la semaine. L'une passant ses journées avec ses conseillers, l'autre avec ces hommes à continuer à travailler aux grottes, désirant emmener le plus possible de Verre Dragon Malheureusement, Gendry ne trouva aucun acier Valyrien et il déclara un jour, amusé :
—Nous devrions récupérer ce foutu trône de fer et le faire fondre !
L'idée ne déplut pas à Jon qui regretta que ce ne fut pas déjà celui de Daenerys. Il était certain qu'elle aurait approuvé la proposition.
Le peu de temps libre qu'il arrivait à s'accord, Jon se mettait à rêvasser. Imaginant son retour au Nord où il la présenterait à sa famille, où il retrouverait Arya et Bran. Peu importe le peu de temps qu'il pouvait lui rester, il voulait le passer auprès des gens qu'il aimait. Il regrettait sa décision d'être parti ce soir-là. Certes, il s'était senti idiot, mais plus le temps passait, plus son besoin d'être avec Daenerys était fort. Il ne savait pas si elle ressentait la même chose que lui et hélas, les préparatifs les occupaient tous les deux.
Quittant la grotte pour la dernière fois, Jon se sentit soulagé d'un poids. Demain, ils prendraient la mer pour le Nord. Dans quelques semaines, il serait de retour à Winterfell. L'enthousiasme monta soudain en lui à l'idée qu'il retrouverait bientôt ses proches. Bien sûr, il ne pourrait pas passer autant de temps qu'il le désirerait avec eux, l'armée des morts était à leur porte, mais il profiterait autant que possible de leur présence à tous. Sortant de ses pensées, il vit la silhouette de la Reine qui descendait des plaines en compagnie de Missandei. Le cœur de Jon s'accéléra. Depuis des jours, ils ne s'étaient pas vraiment croisés. Le palais était vaste. Expirant un bon coup, il décida d'aller à leur rencontre.
A la vue du jeune homme, les prunelles de la Reine se mirent à briller intensément. Les jours avaient été prenants et hélas, elle n'avait pas trouvé une minute à elle. La présence de Jon lui avait manqué et dans les rares instants de sérénité, elle avait pensé à lui. Elle aurait aimé qu'il ne soit pas parti cette nuit-là. Ses sentiments s'étaient accrus depuis plusieurs semaines, cependant, cela n'avait fait qu'empirer depuis qu'elle avait senti son corps si proche du sien, se rappelant la douceur de sa bouche sur sa peau frémissante… Reprenant contenance face à l'intense regard du Nordiste, elle le salua. Pourtant, son corps ne répondait plus et même si elle cherchait à masquer son désir, il était inscrit sur tout son visage. La gorge sèche, elle ne trouva rien à lui dire et ce fut aussi le cas pour lui. Ses yeux sombres la sondaient avec force. Jetant un coup d'œil aux deux souverains, Missandei décida de se retirer. Ils ne semblèrent pas le remarquer, trop occupés à se dévorer des yeux. Jon fit un pas vers la Reine et elle s'approcha à son tour. Leur proximité mutuelle réveilla cette passion dévorante qu'ils n'avaient pas pu explorer quelques jours auparavant. Incapable de trouver une phrase cohérente, il resta à l'observer. Soufflant un bon coup, elle s'exclama subitement :
—Je pense que le temps sera clément pour la traversée de demain.
Clignant des yeux, Jon approuva d'un signe de tête. Faisant un pas de plus, il posa sa main sur la sienne et murmura sans la lâcher du regard :
—J'espère que la traversée nous sera plaisante…
—Je l'espère aussi…
Le cœur battant la chamade, elle laissa courir ses doigts sur sa peau puis ajouta en approchant son visage du sien :
—Mais je suis certaine que votre compagnie me sera des plus agréables, Jon.
Esquissant un sourire, il porta sa main à ses lèvres et la lui baisa.
—Je ferai mon possible pour qu'elle le soit… Dany.
Les iris de la jeune femme se mirent à briller et son cœur s'accéléra dans sa poitrine. Se reprenant soudain, elle lui rappela le dîner à venir tous ensemble au palais et il opina du chef.
—J'ai encore beaucoup à faire avant ce soir, expliqua-t-elle, un brin déçue.
Il cacha difficilement sa déception, mais elle lui promit d'un simple mot qui raviva le cœur de Jon :
—Demain…
—Demain, répéta-t-il, d'une voix suave.
Frémissant, elle résista à l'envie de s'emparer de ses lèvres et s'écarta, ses yeux toujours braqués sur lui. L'instant dura de longues minutes puis la jeune femme s'éloigna, sa main se posant sur sa poitrine.
Le soir venu, ils dînèrent tous ensemble dans la grande salle à manger. Les rires fusèrent ainsi que les histoires amusantes, parfois dégradantes, et la pression des jours passés s'estompa petit à petit. Le vin les accompagna tous et Jon faillit même s'étouffer lorsque Tyrion lui demanda si les bordels étaient toujours présents à Winterfell.
—J'imagine avec tout le monde qui arrive à Winterfell, elles ont beaucoup de travail, mais une petite balade là-bas me rappellerait le bon vieux temps.
Amusée, la Reine posa son regard sur Jon, porta son verre de vin à ses lèvres pour cacher son sourire.
—Je ne sais pas…. Théon était celui qui s'y rendait le plus.
—Oh allez, Jon, vous pouvez nous dire que vous y avez été vous aussi ! Même Robb Stark s'y est rendu, c'est un peu… le chemin initiatique pour tous jeunes hommes, non ?
Mal à l'aise, il n'osa pas répondre et Daenerys s'enquit subitement :
—Et vous, ma Main, est-ce le chemin que vous avez pris pour votre… première expérience ?
—Comme tous bons jeunes hommes, Majesté.
Satisfaite, elle l'incita à continuer son récit et Tyrion se fit un plaisir de leur conter cette aventure.
La nuit était bien entamée quand ils quittèrent la pièce pour aller dormir. De tout le repas, Jon n'avait pas reparlé, mais elle avait sentie plus d'une fois son regard sur elle. S'apprêtant à quitter la pièce, elle le fixa intensément de ses iris lilas puis elle s'éloigna avec Missandei.
Le bateau voguait tranquillement. Dragonstone s'éloignait de plus en plus, les deux dragons volant au-dessus du bateau. Daenerys soupira, fixant cette île où elle avait vécue plusieurs mois.
—Je ne suis pas certaine d'y revenir un jour.
Jon qui l'avait rejoint, l'interrogea surpris et elle assura en se tourna vers lui :
—Parce que nous ne savons rien de l'avenir. Peut-être que je mourrai au Nord.
—Je ne suis pas d'une nature optimiste, je ne vais pas le nier, et la guerre qui nous attend sera… compliquée, mais, j'ai bon espoir.
Attendrie, elle posa sa main sur la sienne.
—Alors je vais essayer d'en avoir à mon tour.
Il lui sourit puis elle éloigna ses doigts lorsqu'un soldat passa sur le pont. Soupirant, elle reporta à nouveau son attention sur le paysage, pensive.
—Merci pour hier soir.
Mutine, elle l'observa en coin.
—J'ai sauvé votre honneur, Jon ?
Eclatant de rire, il secoua la tête.
—Je n'y suis allé qu'une fois et je n'ai jamais pris ce chemin.
—Je sais. Mais pas Tyrion et c'est un homme curieux.
—J'ai remarqué, souffla-t-il.
Elle pouffa à son tour puis ajouta :
—Vous êtes plus effrayé des questions de Tyrion que de mes fils, Jon. Vous n'êtes pas comme les autres.
Ces mots firent échos à ceux qu'il lui avait dits à Dragonpit. Le cœur de Jon eut un raté et il fit un pas vers la jeune femme. Le vent glissa dans ses boucles et il se retint de toucher sa joue, caresser sa peau. Il était hypnotisé par la Reine. Il avait entendu à quel point elle était belle, mais rien n'était en comparaison de la réalité. De plus, son cœur l'était tout autant, et Jon était captivé par elle. Inconsciemment, il s'empara de sa main, et se perdit dans son regard.
—Votre grâce ?
Pivotant vers Missandei, Daenerys lâcha sa main et fit face à sa conseillère.
—J'ai fait préparer votre chambre.
Approuvant d'un signe de tête, elle la remercia puis la jeune femme les laissa à nouveau seuls. Esquissant un sourire, elle l'interrogea :
—Est-ce moi ou nous sommes toujours dérangés ?
—Nous le sommes, en effet.
Ils échangèrent un sourire puis Jon plongea son regard dans le sien et sans une parole, elle sut qu'il lui promettait que cela n'arriverait pas la prochaine fois. Daenerys inclina la tête brièvement avant de l'abandonner sur le pont.
A la tombée de la nuit, ils se restaurèrent tous ensemble. Tyrion continua ses histoires sur le Nord et tenta plusieurs fois de faire participer Jon, en vain.
—J'ai passé plusieurs années au Mur. Je ne vois pas en quoi mes histoires pourraient être captivantes.
—Je doute de vos paroles, Jon. Mais nous avons des jours pour rattraper tout cela. Peut-être que la Reine pourrait nous raconter comment elle a réussi à récupérer son armée de Dothrakis, non ?
Intrigué, Jon la fixa et Daenerys s'exécuta, parlant de sa capture suite au sauvetage par Drogon puis de la destruction des Khal par le feu.
—Voilà pourquoi on vous appelle l'imbrûlée, argua Davos, stupéfait.
—Un Dragon ne craint pas le feu.
Le chevalier approuva et les conversations reprirent de plus belles. Plusieurs fois, la souveraine perçut le regard de Jon sur elle. Quittant la table avec Missandei, elles se rendirent dans les appartements de la Reine.
—Va rejoindre Grey Worm, Missandei. Je peux me changer seule.
La jeune femme la gratifia d'un large sourire qu'elle lui rendit. Elle était heureuse pour son amie. Elle ne voulait pas la priver davantage de son temps avec l'immaculé.
Se préparant pour se coucher, Daenerys s'approcha de la cheminée où le feu crépitait. Inquiète, elle décida de glisser sa main dans le feu. Depuis la mort de Viserion, elle se demandait si elle avait encore la possibilité de le faire. Elle fut alors soulagée de voir les flammes caresser sa peau qui rougit, mais ne brûla pas.
Soudain, on frappa à sa porte, trois petits coups. Surprise, elle se releva pour aller ouvrir. Est-ce que Tyrion voulait s'entretenir avec elle ?
Le bois grinça lorsqu'elle tourna la poignée et elle resta sans voix devant la présence de Jon Snow. Il ne dit mot et elle reconnut ce regard, celui qu'il lui avait montré sur le pont quelques heures auparavant, celui d'un homme qui lui promettait « aucune interruption » cette fois.
Les battements de son cœur se firent plus puissants et elle sut que si elle l'autorisait à entrer, ils termineraient ce qu'ils avaient commencé à Dragonstone, allant au bout de leur désir mutuel. Son esprit logique l'avait abandonnée à la minute où elle avait croisé son regard. Sans la moindre hésitation, elle la poussa complétement, lui laissant la possibilité de la rejoindre. Jon marcha donc à sa rencontre puis pénétra dans la pièce et d'un mouvement de la main, il referma la porte sans jamais la quitter des yeux.
Comblant enfin la distance les séparant, il s'empara brusquement de sa nuque, attirant son corps à lui. Sentant son souffle contre sa bouche, Daenerys resta immobile, attendant, frémissante, impatiente et il captura ses lèvres avec fougue. Leurs langues s'apprivoisèrent à nouveau et un feu se réveilla en eux, puissant, indomptable si bien qu'elle gémit lorsqu'il la plaqua un peu brutalement contre le bois. Les doigts de Jon glissèrent sur sa peau et elle frissonna. Essoufflé par ce ballet, il se détacha de ses lèvres et leurs yeux s'accrochèrent. La poitrine se soulevant rapidement, Daenerys tenta de retrouver sa respiration, mais la perdit presque aussitôt qu'il glissa ses doigts sur ses courbes. Délicatement, il écarta les pans de la robe, laissant apparaître les formes de la jeune femme et il effleura de ses phalanges sa chair. Rapidement le vêtement tomba de ses épaules pour rejoindre le sol. Emerveillé, Jon la regarda, nue, resplendissante, sa peau si claire que l'éclairage rendait encore plus belle, plus envoûtante. Avant qu'elle puisse à son tour lui ôter son armure, il s'accroupit devant elle. Incrédule, elle garda ses yeux lilas braqués sur lui et sa voix se perdit dans sa gorge lorsqu'elle le sentit déposer des baisers entre ses cuisses. Missandei et elle avaient déjà parlé de cette façon de prendre du plaisir mais elle n'avait vécu cela, ni avec Drogo, ni avec Daario… Des sensations nouvelles se réveillèrent en elle et elle s'agrippa comme elle put au bois sculpté dans son dos, à sa chevelure qu'elle pressait davantage sur son antre. Daenerys poussa des petits gémissements alors qu'elle sentait son corps devenir de braise. Rapidement, ses jambes ne purent la maintenir debout et elle s'agrippa davantage à lui. Jon la soutint, une main glissant sur ses reins et elle se laissa aller à ce fulgurant sentiment qui monta en elle. La tête en arrière, elle n'eut cure de l'inconfortable position et haleta, alanguie. Peu après, Jon se releva et elle garda sa main sur son armure pour ne pas s'effondrer sur le sol. Leurs prunelles se rencontrèrent à nouveau et elle l'attira à elle, sa bouche retrouvant la sienne. D'un geste hâtif, elle commença à lui retirer son métal et il s'écarta simplement pour qu'elle puisse la faire passer au-dessus sa tête avant qu'elle ne la jette sans ménagement au sol. Avec passion, ils s'embrassèrent et il la souleva pour qu'elle passe ses jambes autour de sa taille. A reculons et sans quitter sa bouche, il les dirigea sur le lit. Son pied heurta le matelas et il s'assit sur celui-ci, tenant toujours la jeune femme dans ses bras. D'un mouvement brusque, elle lui ôta sa chemise puis l'observa avec attention. Ses doigts se mirent à glisser sur sa peau nue, caressant chaque cicatrice sur son torse, haïssant ceux qui avaient pu lui faire tout ce mal. Tendrement, elle se pencha et déposa un baiser sur chaque plaie, tentant de les faire disparaître ou d'apaiser son âme tourmentée. Lorsqu'elle eut terminée, elle se redressa, le fixant avec intensité. Avec agilité, il la fit basculer sur le lit et se plaça au-dessus d'elle, leurs yeux accrochés l'un à l'autre tandis qu'elle lui retirait son pantalon, ses mains se posèrent alors sur ses fesses et d'un mouvement rapide, il se hissa plus proche d'elle, leurs bouches se frôlant. Jon se releva et termina d'ôter le reste de ses vêtements ainsi que ses chaussures puis remonta sur le lit où Daenerys l'attendait, assise sur le matelas, le dévorant du regard. Il eut à peine le temps de l'embrasser qu'elle le plaqua sur le lit, et se coucha sur lui puis l'embrassa avec fougue. La main de Jon glissa dans sa chevelure, touchant délicatement ses boucles blondes. La bouche de Daenerys s'éloigna mais il la captura avec une passion sans faille, puis d'un mouvement de la hanche, elle se retrouva sur le matelas. Jon sentait le loup en lui qui s'éveillait, son souffle contre le sien, il ne résista pas à l'envie de lui lécher son menton, ses lèvres alors qu'il se glissait en elle. Il avait tellement rêvé de cet instant, de sentir leurs corps l'un contre, de se sentir en elle. Ils s'embrassèrent délicatement puis il s'écarta pour l'observer.
Tous les dieux de la Terre ne pourraient rendre justice à la magnifique femme qui se trouvait dans ses bras. Lui, le bâtard, le « Roi » du Nord, il ne réalisait toujours pas qu'à cet instant précis, Daenerys Targaryen n'était plus sa Reine, mais sa Dany, la femme qu'il aimait. Sondant son regard, elle resta sans rien dire, tentant de le rassurer de ses yeux violets, de lui faire comprendre qu'elle désirait cela elle aussi, qu'elle était sienne aujourd'hui et jusqu'à son dernier souffle. Expirant un bon coup, Jon se pencha à nouveau sur ses lèvres qu'il embrassa avec un amour infini pendant que son corps se mouvait avec celui de la mère des dragons.
Ensemble.
Ils ne l'avaient jamais plus été qu'à cet instant précis.
Ensemble. A s'aimer, à se découvrir, à laisser libre court à leurs émotions pour la première fois depuis bien des années.
Ensemble, le feu et la glace, le loup et le dragon.
Unis dans cette nuit, s'aimant jusqu'au petit jour, voguant ensemble vers un destin incertain, mais peu importe l'avenir. Ensemble, ils seraient plus forts.
Ensemble ils rendront à Westeros sa sérénité.
Ensemble, ils construiraient un nouveau futur.
Lui, le bâtard, elle, la Reine. Unis par bien plus qu'une promesse, bien plus qu'un coup de rein, bien plus qu'un baiser. Unis par un destin dont même eux ne savaient pas la finalité.
