Heyya !
Merci à Illheart et Everivy pour leurs reviews !
Sur ce, bonne lecture.
L'Ombre du Temps
Partie 18
Tu emmerdes le destin, la fatalité, et toutes les conneries qui vont avec. Tu n'y as jamais cru. Tu n'en as jamais voulu. Et pourtant le sort s'acharne sur toi dans l'espoir que tu comprennes l'impossibilité de te dérober à ce qui t'attend.
Pourquoi ? Ce simple mot martèle ton esprit alors que tu restes figée. Tu ne bouges plus, la bouche entrouverte dans un mélange de stupeur, de tristesse et de colère.
Pourquoi ? Tu es perdue, incapable de te ressaisir. Tu ne l'acceptes pas. Tu ne veux pas l'accepter. Tu le refuses.
Pourquoi ? Ton regard s'arrête sur chaque personne présente dans le petit salon de votre planque. Vous n'êtes même pas encore partis pour trouver le Rouage du Temps que tout vous rattrape déjà.
Personne n'échappe à son destin. Les évènements le laissent croire. Pourquoi ?
Les traits fermés, impassible, Shanks fixe la table. Tu ignores ce à quoi il pense, mais tu supposes qu'il encaisse difficilement les faits. Kuzan s'est assis dans un fauteuil pour digérer la nouvelle. Nami et Robin se tiennent l'une contre l'autre pour se rassurer et se réconforter mutuellement. Zoro reste de marbre, mais tu sais qu'il tait sa douleur pour n'inquiéter personne. Luffy s'est rapproché de toi pour t'offrir un soutien.
L'équipe d'Iceburg est absente, partie un peu plus tôt en repérage pour votre mission.
Tu serres la main de Luffy, comme pour te rattacher à quelque chose de concret. À la réalité.
Ton regard s'égare sur Usopp qui a bravé les recommandations médicales pour vous rejoindre. Dès que tu l'as vu, tu as su qu'il y avait un problème. Même si ton ami a râlé quant aux semaines d'immobilité qui l'attendaient, il ne prendrait pas le risque de négliger sa santé. Pourtant, il se tient devant toi, l'air abattu.
Comment ne pas l'être après tout ? La situation n'est déjà pas au beau fixe, et il en rajoute une couche. Le soleil disparu l'effondrement du Temps s'éloigne toujours un peu plus. Quand tout cela prendra-t-il fin ?
La destinée de chaque être est-elle écrite à l'avance ? Tu ne peux te résigner à y croire.
Pourtant, tu connais les légendes. Les Moires régissent le destin, tissent et coupent le fil de la vie de chaque personne. Personne n'y échappe. À la naissance, Clotho tisse ce fil que Lachésis déroule. Chacun profite alors des joies de la vie, jusqu'à ce qu'Atropos intervienne et coupe le fil, entraînant une mort inévitable.
Tu as toujours pris cela par-dessus la jambe. Des légendes. Comment des mythes de temps oubliés peuvent décider de votre avenir ? Tu n'as jamais voulu les prendre au sérieux. Peut-être aurais-tu dû. Tu accepterais sans doute plus facilement les évènements.
La mort s'abat encore sur vous, inaltérable, sans limites. Personne n'échappera à ce cruel destin. Encore une fois, vous devez faire face à la perte de proches. La Cause est à nouveau amputée de ses soutiens. Un à un, vous décédez tous.
Les journaux n'en parleront probablement pas, manipulés par l'Ombre. Usopp a donc pris les devants pour vous prévenir. Les mots ont d'ailleurs eu du mal à sortir de sa bouche. Il aurait préféré taire ces faits.
Peu de temps après votre départ, la mort a encore frappé. Inéluctable. Implacable.
— … Tu en es sûr ?
La voix de Shanks s'élève, incertaine. Il cherche à vérifier une nouvelle fois, comme si Usopp ne faisait que plaisanter.
Pourtant, il vous regarde un à un, terriblement mal à l'aise.
— Certain.
Il marque une pause, hésite à continuer. Doit-il réellement le répéter ? Il inspire, se jette à l'eau. La désillusion te frappe encore de plein fouet.
— Kureha est morte. Assassinée par le Commodore Laksey.
Rien ne changera ce fait. Tu dois te faire à cette idée. La Milice ne s'arrête pas, elle est déterminée à vous éliminer tous jusqu'au dernier. À ses yeux, il n'y a pas d'autre solution envisageable. Vous devez tous périr, vous et tous vos idéaux.
Perdre Kureha vous affaiblit considérablement. À part elle, les médecins qui acceptent de vous aider ne courent pas les rues. Ce n'est pas pour rien que vous vous reposiez constamment sur elle. Qui d'autre pourrait vous soigner ? Le seul nom qui te vient en tête, c'est Kaya, mais elle n'a toujours pas terminé ses études.
Tu retiens un soupir. Le Commodore Laksey n'est pas non plus un inconnu. Sa réputation le précède, bien qu'il soit moins sanguinaire et cruel que le capitaine Kuro. Au moins, il n'inflige pas de souffrances supplémentaires. Il est efficace, et va à l'essentiel. Il fait rarement de prisonniers, ne s'occupe pas des tortures. Le croiser signifie souvent mourir dans la foulée. D'une certaine façon, c'est une sorte de soulagement pour vous. Si vous êtes immédiatement tués, vous ne risquez pas de compromettre les secrets de la Cause et votre survie.
Cette manière de relativiser est étrange. Déplacée. Pourtant, elle représente votre quotidien. Dans quelles circonstances la situation sera-t-elle la plus avantageuse ? Ou plutôt, pour être parfaitement honnête, la moins catastrophique ?
— Comment a-t-elle été découverte ? reprend Shanks, désireux de comprendre.
— On l'ignore. Personne ne s'y attendait.
Usopp a repris le contrôle de lui. Il se montre moins hésitant. Il a raison. Ce n'est pas le moment de se laisser abattre.
— Et la planque ? intervient Kuzan, inquiet de la sécurité des autres membres de votre unité.
— Toujours inconnue de la milice, je dirai. Rien n'est sûr cependant. On ne sait même pas comment ils ont découvert Kureha.
— Et Laksey ?
Tu observes Shanks dont le regard est désormais braqué sur Usopp. Tu songes qu'il a peut-être connu le Commodore, avant qu'il ne déserte la milice, de la même manière qu'il a été ami avec Rayleigh. La situation ne doit guère être aisée pour lui. Il doit faire face à ses anciens collègues, et être prêt à les éliminer si nécessaire.
— Quoi, Laksey ? Ce type n'est pas rattaché à notre ville, il n'aurait même pas dû intervenir. Il a agi dans l'ombre, sans que personne ne soit au courant.
— Il est toujours en ville ?
— Je crois. Notre réseau d'informations est quelque peu en rade, et la milice a renforcé ses patrouilles. Ça devient vraiment difficile pour nous de sortir.
Shanks hoche la tête, pensif. En face de lui, Usopp se tortille un peu. Tu fronces les sourcils alors que tu le dévisages.
— Il y a autre chose.
Personne ne souffle un mot. Vous redoutez le pire. La nouvelle de la mort de Kureha n'est-elle déjà pas suffisante pour votre malheur ? Pourquoi le destin s'acharne-t-il autant sur vous ? Tu ignores ce que vous avez fait dans une précédente vie, mais vous deviez sûrement être des criminels recherchés dans tout le pays pour que le karma se venge autant de vous.
— … Quoi donc ? oses-tu demander. Parle, Usopp.
Il vous regarde encore un instant, respire un grand coup.
— On vient de l'apprendre, mais un Rouage du Temps a été volé.
Silence. Pas un bruit. La stupeur vous saisit.
Puis Shanks explose.
— Tu en es absolument certain ? On parle d'un Rouage ! Pas d'une bricole accessible à tous !
Il se retient d'attraper Usopp par le col et de le secouer.
— C'est dans le journal de ce matin. Avec l'effondrement du Temps, personne ne s'en était rendu compte.
Comme pour preuve, il sort de sa poche une feuille froissée d'un journal insoumis à l'Ombre.
— Mais… Les Rouages ne sont pas normalement surveillés par la milice ? s'enquiert ta sœur.
— Si ! Et c'est là le problème ! Jusqu'à présent, tous les rapports indiquaient que Marco commencerait par le Rouage d'ici ! Pas par un autre !
Shanks semble réellement perdu. Tu as l'impression que toutes ses prédictions se sont avérées fausses, que ses plans viennent d'être ruinés en l'espace de quelques secondes. Il ne tarde pas à reprendre, déterminé à tirer le fin mot de cette histoire.
— Quand l'a-t-il volé ?
— Je ne sais pas, avoue Usopp. Le journal ne dit rien à ce sujet.
— Et les autres Rouages ?
— Aucune idée, Shanks. Je te l'ai dit, les dérèglements du Temps empêchent d'en avoir la certitude. Et s'il y a eu un autre vol, la milice doit sûrement taire l'affaire.
Le rouquin fait le cent pas parmi le petit salon. La situation lui échappe, ainsi qu'à vous tous. Depuis quand cette enflure de Marco a-t-elle pris autant d'avance ? Comment a-t-il fait pour échapper à toutes les traques qui sont organisées pour le retrouver ? Tu ne comprends pas. Quelque chose t'échappe.
— … Il faut que j'aille voir un contact, annonce Shanks. Lui au moins en saura peut-être davantage sur la situation.
Personne ne s'oppose à ce plan. Vous avez besoin d'informations. Aucun d'entre vous n'est assez fou pour le contredire.
— Kuzan, lance le plan sans moi. Protégez ce foutu Rouage coûte que coûte. Marco ne doit absolument pas s'en emparer.
Dans la foulée, Shanks quitte la planque pour se faufiler dans les rues du petit village. Tu ignores qui est son contact, mais tu espères qu'il pourra vous aider à voir plus clair.
Et en même temps, tu te dis que quelque chose se trame dans l'ombre sans que tu en ais totalement conscience.
Forcément, le calme ne pouvait pas durer. Nous sommes dans un monde quelque peu apocalyptique après tout.
Mes lecteurs de Vice Vital auront reconnu le topo sur les Moires (divinités de la destiné de la Grèce Antique), c'est tout à fait volontaire de ma part de reprendre cet élément (et la lecture de l'autre histoire ne soit pas nécessaire).
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Je rappelle que je n'ai pas de rythme de publication particulier.
See ya !
