Mention légale: L'attrape-rêves que vous lisez est de miaokuancha qui l'écrit ; le rêve fut inventé par Stephenie; moi je ne fais que traduire tout cela en français.


-(| UN VÊTEMENT DE LUMIÈRE |)-

20- Le monstre dans le placard ~

Rosalie ne m'aborde qu'une fois atteint le bosquet de trembles situé à l'extrême limite de notre pelouse.

–– Où vas-tu donc, Edward ?

–– Chasser.

–– Foutaise !

J'ai horreur de cela. Totalement horreur de cela. Chacun de ceux qui sont restés dans la maison peut clairement entendre toute notre conversation. Je suis même surpris que toute la troupe ne soit pas sortie pour venir m'en faire voir. Mais non, ils sont tous dedans, immobiles comme des statues. Esme et Carlisle sont dans le grand fauteuil a oreillettes en cuir de son bureau. Elle repose en son étreinte, À la recherche du temps perdu à la main [1], même si elle ne le lit pas. L'esprit de Carlisle s'occupe à dire le Notre Père. Croit-il vraiment que c'est ce qui va m'empêcher d'aller franchir la ligne ? Jasper et Emmett se trouvent dans la grande pièce, un vieil échiquier en trois dimensions posé entre eux sur la table basse. Alice est assise à-même le sol, entre les genoux de Jasper. Même à cette distance, je peux sentir le réconfort qu'il lui offre tendrement. Personne ne bouge ni ne respire. Ils se contentent d'écouter. Comme si j'étais une espèce de bombe à retardement.

Ici, sous le ciel, l'air humide laisse entendre qu'il va y avoir de la neige.

–– Alors, pourquoi demander, Rosalie ? Rétorqué-je. Oui, Pourquoi me le demander ?

–– Parce que nous sommes une famille, Edward. Nous veillons les uns sur les autres. Même si certains d'entre nous ne le méritent qu'à peine.

Rosalie n'a qu'un seul et unique souvenir de sa vie d'humaine –– un acte d'une violence indicible. Sa famille humaine lui a été complètement étrangère par la suite, lors des visites qu'elle leur a rendues –– via les coupures de journaux, d'abord, et puis plus tard, beaucoup plus tard, à bonne distance, depuis sa cachette. Elle savait de manière abstraite qu'elle avait des liens avec la femme sombre vêtue de noir, avec son mari à la tête blanche, ainsi qu'avec ces deux garçons dégingandés. Elle était liée à eux par les liens commun du sang et dix-huit années de vie partagée. Mais elle n'en avait aucun souvenir. Même maintenant, en prononçant le mot ''famille'', cet instant perché dans les arbres avec Carlisle et Esme lui revient comme une carte postale de confusion, de frustration et de peine.

Je devrais en avoir pour elle. J'ai de la peine pour elle ; comme chaque fois que ce tableau s'est emparé de son esprit. Mais plus que tout en cet instant, je ronge mon frein, impatient d'y ALLER. Même en sachant pertinemment que je devrais rester. Ça n'a pas d'importance. RIEN n'a plus d'importance, désormais, exceptés Bella et son sang. Alors je me montre insolent et insupportable.

–– Cela signifit-il que tu m'accompagnes, Rose ?

–– Arrête de faire l'imbécile !

–– Alors quoi ?

–– Cesse donc d'être aussi égoïste. Personne ne va te clouer les bras en croix si tu la prends. Mais sers-toi de ta cervelle. L'enlever, dans sa chambre, en pleine nuit ? Vraiment, Edward !

Mais ce n'est pas pour cela que j'y vais...

–– Tu t'es retenu si longtemps, donne-lui encore jusqu'à lundi et elle peut très bien quitter la route en rentrant de l'école. Et puis, cette vielle camionnette qui lui sert de voiture a un énorme réservoir... Fais marcher ta cervelle, pour l'amour du Ciel! Je t'aiderai.

Elle ajoute la fin doucement. Si doucement que c'est à peine si je l'entends par dessus le brusque halètement de surprise qui vient d'Alice et sa plainte muette –– NON! Non, non, non, non, non ! … Et le rugissement fantôme du pick-up de Bella, enveloppé de flamme chauffées à blanc, son corps vidé se carbonisant à l'intérieur.

Si je pouvais m'extirper de ma propre peau en courant, je le ferais. Au lieu de cela, je dévale la montagne en direction de la ville. Personne ne peut me rattraper. Il est même inutile qu'ils essaient. Si je –– ou tout au moins une partie de mon misérable esprit –– n'avais pas ne serait-ce qu' envisagé l'offre de Rosalie, la vision d'Alice n'aurait jamais surgit. Mais ce n'était pas mon idée ! S'ils n'étaient pas tous là, à douter de moi, à s'inquiéter pour moi, à me suggérer toutes leurs damnées solutions...

Je cours trop vite. Je me force à faire demi-tour, en suivant l'arc d'un vaste virage à travers les bois nuit-noirs. Il me faut du temps, pour courir et tout évacuer, pour me calmer au contact du vent relatif sur ma peau, au rythme infatigable de la mécanique de mes membres...

Angela était encore avec elle. J'aime bien l'espionner au travers d'Angela. Elle regarde le visage de Bella, elle, et j'eus donc une vue parfaite sur l'éternuement –– ses yeux plissés, son bras remontant pour tenter de tout étouffer dans le creux de son coude. Le petit renifflement qui avait suivit.

Et pour la première fois, la toute première fois, mon propre esprit avait fait écho à cet avertissement qu'Alice ne cesse de me lancer depuis toutes ces semaines : ''Pas elle !''. Mais nous sommes en 2007, pas en 1918. Il n'y a pas de petit oiseau espagnol [2] pour venir voleter aux fenêtres des gens, entrer et leur dérober la vie. Rosalie a raison. Je me comporte vraiment comme un imbécile.

Mon cercle s'est bouclé sur lui-même, et une fois de plus, je suis comme une flèche pointée dans la direction de la demeure du chef de la police.

À moins de deux kilomètres de mon objectif, je capte une bouffée de cannelle. Je ne recherche pas particulièrement les odeurs. Les sens d'un vampire sont juste très affûtés. Je réduis mon allure, pour passer comme un spectre dans l'obscurité, et bientôt, la lueur de sa veilleuse est visible à travers les arbres. Loin de tenir les monstres à distance, ce fragile rais de lumière dorée est la balise-même qui me guide et m'attire.

En un rien de temps, j'ai escaladé l'arbre à l'extérieur de la fenêtre de sa chambre, et me cramponne à son tronc au niveau des vitres transparentes. Là où Dieu aurait dû poster un ange armé d'une épée de feu, il n'y a qu'une paire de rideaux diaphanes, imprimés de fleurs fanées. Je peux la sentir, je peux l'entendre, mais je ne peux pas la voir. Elle est terrée sous les deux couettes élimées, complètement cachée à l'exception de quelques mèches de cheveux éparses retombant sur l'oreiller.

Mais qu'est-ce qui ne va pas chez son père ? Ne sait-il donc pas que sa fille a besoin de bons édredons en plume bien épais pour la garder au chaud ? Et de préférence plusieurs, juste pour être sûr. Elle est venue d'un endroit chaud et plein de soleil.

Je suis un phalène contre le verre.

Je m'accroche.

Mais qu'est-ce que je suis en train de faire ?

Je me suis raconté que je me faisais pardonner le fait de l'avoir si gravement insultée sans nécessité, ni raison valable ; de m'être conduit de façon si peu digne d'un gentleman.

D'être cette créature que je suis.

Mais à présent, avec ce remède qu'elle a accepté, nous sommes quittes, elle et moi. J'ai payé la dette que j'avais contractée. Une fois qu'elle aura recouvré la santé –– ce qu'elle fera sans nul doute –– je n'aurais plus besoin de venir à sa fenêtre.

Même moi, j'ai conscience de l'énormité de ce mensonge.

Le chemin jusqu'ici est maintenant marqué par le feu. En l'espace de courtes nuits, il est devenu le chemin de moindre résistance. Je sais que je la mettrai encore en danger... encore, et encore, et encore.

Pourquoi Alice ne m'a-t-elle pas arrêté ?

Le vent nocturne souffle frisson, agitant les arbres. À côté de moi, une projection du branchage érafle du bout des doigts l'encadrement de la fenêtre. Je suis assez certain que la fièvre de Bella a cessé et que ''le pire est passé''. Son rythme cardiaque est lent et régulier, comme il doit l'être dans le sommeil : stable et plus fort qu'il ne l'était la nuit passée.

Cela suffit. Nul besoin d'en faire plus.

Temps de partir.

Les arômes de cannelle, de gingembre, de réglisse et de racine de pivoine sont plus intenses ici. A-t-elle donc stocké les herbes dans sa chambre ? Même sans respirer, je peux aussi sentir l'odeur de son sang et de sa chair –– tout ce doux mélange d'odeurs sucré–– s'échappant délicatement par le joint de la fenêtre.

Vat-t-en ! Ne reste pas. Quitte cet endroit.

Va-t-en !

Relevant la fenêtre sans bruit pour l'ouvrir, j'en passe le seuil et entre dans la chambre.

Arrête.

Arrête !

Je m'arrête à la tête du lit. Je la vois mieux, à présent. Son corps est recourbé en forme de 'C', le sommet de sa tête et une joue sont visibles juste au-dessus du linge de lit qui l'entoure. Ses cheveux sont secs. Sa respiration régulière et sans obstruction. Ses paupières ne trésaillent même pas.

Ma main reste au dessus de son visage à peine exposé au regard. Moins de deux centimètres d'air séparent ma peau de la sienne.

Elle n'a pas de fièvre. Pas la moindre température.

Il m'est impossible de bouger.

Jamais je ne me suis trouvé aussi près d'elle depuis cet horrible jour en cours de Biologie. Mais cette fois, c'est mille fois pire. L'atmosphère dans sa chambre est saturée d'elle. Elle m'enveloppe, s'insinue en moi par chacun de mes pores. Je me demande si je vais mourir, ici-même et maintenant. Brûlé sur le bûcher alors même que j'absorbe chaque goutte –– vive, rouge –– d'elle.

Un craquement dans l'escalier me fait sursauter.

Comment ai-je pu oublier de prendre son père en compte ? Ses pensées marmonnées le précédent, coupables d'avoir passé la soirée à boire de la bière en regardant la télé dans le noir pendant que sa fille dort à l'étage.

Il monte au premier d'un pas lourd et entre dans la salle de bain.

Déjà, j'ai disparu dans la penderie de Bella. L'idée la plus stupide que j'aie encore jamais eue. Elle ne possède pas beaucoup de vêtements, mais il pendent tous des deux côtés de moi. Me touchent. Je me retiens de mordre ses affaires, de les mettre en charpie et de les avaler pour leur odeur d'elle. Le jet bruyant et fétide que produit son père dans la cuvette des toilettes en urinant est par contraste un salut des plus abrupts, en dépit du sentiment de mortification absolue qui l'accompagne. Je me concentre sur l'odeur et le bruit, ainsi que sur ses pensées, souhaitant, une fois de plus, pouvoir m'enfuir en rampant hors de ma peau. Mais cela vaut toujours mieux que de dépecer sa fille vivante –– ou encore de manger tous les vêtements de sa penderie.

Ses pensée sont boueuses, à demi formées.

Pisse d'âne entre. Pisse d'âne sort.

Le rouleau de papier tourne brièvement, chaque son magnifié par la façon dont je fixe désormais mon attention là-bas plutôt qu'ici.

Bon, quand Billy viens nous voir, d'accord. Mais plus question de boire pendant la semaine. Pas pendant que Bella est là. Pas tant que Bella est là.

L'homme lâche un lourd soupir, et je me laisse aller contre la paroi au fond de la penderie de Bella, me laisse couler jusqu'au sol pour m'y blottir en une boule pathétique entre ses valises. Le mouvement ne se fait pas en silence, et je me fige, pris de panique. Si j'étais doté d'un cœur capable de s'animer, à cet instant il serait en train de s'affoler, tandis que je tends tous mes sens afin de déterminer si son père m'a entendu.

Ses pensées restent vagues mais son pas quitte la salle de bain et s'approche de la porte de la chambre. Lové entre les valises de Bella posées debout, je suis à moitié dissimulé par ses vêtement qui pendent. Mais je ne me sens pas du tout en lieu sûr. Si jamais il lui prend d'ouvrir la penderie, que ferai-je ?

Les tuer tous les deux ?

Je ne veux pas. Je ne veux pas.

Je sens des odeurs de vieille transpiration, de bière, de cuir, de lubrifiant pour fusils. Dieu du ciel ! Est-ce qu'il a son arme à la ceinture ? Ici, dans la maison ?

Le Chef Swan entre dans la chambre de sa fille.

Mes yeux se ferment avec force. Comme si cela allait l'empêcher de me découvrir ! Je vois par ses yeux. J'avais oublié combien la vue humaine est mauvaise. Pour lui, la pièce est obscure –– même avec la veilleuse –– et tout se décline en camaïeux de gris et de noirs délavés.

Swan se tient debout au pied du lit de sa fille. Il la contemple. Je l'entends former l'idée de tirer davantage les couvertures autour d'elle, mais elle est déjà ''encocoonée bien douillettement comme une petite chenille''. C'est parce qu'elle a encore froid ! Elle va devoir prendre davantage du remède. J'espère qu'elle suivra les instructions que j'ai écrites pour elle.

Une image s'empare de l'esprit du Chef. Une femme souriante, jolie, et très jeune, les cheveux châtain doré retenus lâchement par un foulard de coton. Elle porte une chemise en flanelle à carreaux rouges et noirs qui lui arrive presque jusqu'aux genoux et elle se tient debout, jambes et pied nus, un enfant sur la hanche. Derrière elle se trouve une cuisine sombre, avec au sol des bâches de protection et des seaux ; au mur, des placards brillants, let clairs, fraîchement repeints de lumière.

La petite fille aux cheveux fins lève les yeux et sourit gaiement. ''Maman fait de la peinture ! Même que je l'ai aidée !''. Elle tend les mains, les deux paumes luisantes et humides, de la couleur des plumes d'un canari. Des traînées de la même couleurs s'étalent sur ses vêtements, ainsi que sur le visage de sa mère. Les placards brillent comme les rayons du soleil.

La femme éclate de rire, avec une voix très semblable à celle de l'enfant. ''Si tu te charges de la phase bain et coin-coin en plastique en haut, je me débarbouillerai ici.''

Et là, je sens, je sens, le petit corps chaud se cramponner autour de mon tronc, les doux cheveux à la senteur sucrée sous mon nez. '' Je suis une grande, maintenant ! J'ai aidé Maman !''

Mes yeux s'ouvrent d'un coup et je découvre que mon poing est entre mes dents. Son odeur ! Oh, Seigneur, son odeur ! Swan s'est déplacé jusqu'à la tête du lit de sa fille et fait alors ce que je ne pourrais jamais faire : il repousse ses cheveux pour dégager son visage. Et je la vois alors telle qu'il la voit, une forme obscure dans une chambre assombrie, et le flash d'une très petite empreinte de main sur le bord racorni du Linoléum du rez-de-chaussée.

Où sont donc passées les années ?

Le picotement dans mes yeux, la douleur sous mes côtes, ils sont à lui, pas à moi. Je n'ai aucun droit sur eux. Pas le moindre. Tout comme je ne sentirai jamais la transpiration, ni l'urine –– ni même la bière, en l'occurrence –– ni n'aurai jamais besoin de me raser. Et pourtant je collecte tout cela pour moi, en moi comme une blessure.

L'homme pousse un autre lourd soupir, et quitte la chambre aussi silencieusement que possible.

J'ai besoin d'immobile, et étrangement, cette maison me le fournit. Les pensées du Chef Swan, tandis qu'il se met au lit, sont émoussées et floutées, faciles à bloquer. L'esprit de Bella est, bien sûr, aussi muet que la nuit. Je reste dans la penderie, en une espèce d'état de stase, les bras autour de genoux, la tête courbée sur mes avant-bras, de sorte à avoir autour de mon visage la cage de ma propre chair et de ma propre odeur. Cela aide un peu. Mais suffisamment pour que je puisse rester, sans penser, dans cet espace de silence et d'obscurité.

Lorsque le Chef Swan est lui aussi endormi, je m'en vais. Mais je ne peux pas encore rentrer à la maison. Je cours sans but à travers la forêt nationale. Quelque chose s'est logé dans ma gorge : un nœud de bois de pin. Un noyau de pêche. Une arête de poisson. Quelque chose qu'on ne peut jamais faire descendre en l'avalant, ni le recracher.


NotesBleues

[1] à la recherche du temps perdu:

C'est un roman de Marcel Proust, écrit entre 1906 et 1922 et publié entre 1913 et 1927 en sept tomes, dont les trois derniers furent posthumes. (Du côté de chez Swan, à l'ombre des jeunes filles en fleur, Le côté de Guermantes, Sodome et Gomorrhe I et II, La prisonnière, Albertine disparue, Le temps retrouvé)

L'œuvre s'intéresse non pas aux souvenirs du narrateur mais à une réflexion sur la littérature, sur la mémoire et sur le temps. Cependant, tous ces éléments épars se découvrent reliés les uns aux autres quand, à travers toutes ses expériences négatives ou positives, le narrateur (héros du roman) découvre, au dernier tome, le sens de la vie dans l'art et la littérature .

Il est impossible de résumer A la recherche du temps perdu. Toutefois l'on peut dire que la démarche de Proust y est paradoxale :l'étude de sa vie personnelle dans ses moindres détails, dans un milieu très spécifique (la haute bourgeoisie et l'aristocratie française du début du XXe siècle) lui permet d'accéder à l'universel. On peut toutefois se référer aux analyses annexes telles que l'essai « Comment le petit Marcel est devenu écrivain » (Figures) de Gérar Genette, ou le livre de Jean-Yves Tardié, « Proust et le Roman ». Ce dernier pense que l'œuvre « a pour sujet sa propre rédaction. » Il précise que « si l'on entrevoit que le roman raconte une vocation, on la croit d'abord manquée, on ne devine pas que le héros aura pour mission d'écrire le livre que nous sommes en train de lire. » Pour Tadié, La Recherche est mouvement vers l'avenir de la vocation auquel « se superpose la plongée vers le passé de la remémoration : le livre sera achevé lorsque tout l'avenir de l'artiste aura rejoint tout le passé de l'enfant.

[2] 1918- petit oiseau espagnol

métaphore désignant l'épidémie de ''grippe espagnole'', ou ''Influenza'' qui se répandit en pandémie entre 1918 et 1919, et notamment pendant la Première guerre mondiale. On lui doit ce nom du fait que l'Espagne, non impliquée dans la guerre, a pu, en 1918, publier librement les informations relatives à l'épidémie. Ainsi les journaux français parlaient de la « grippe espagnole » qui faisait des ravages « en Espagne » sans mentionner les cas français, tenus secrets pour ne pas faire savoir à l'ennemi que l'armée était affaiblie.

Cette grippe était due à une souche de grippe H1N1 particulièrement virulente et contagieuse qui fit 30 millions de morts selon l'Institut Pasteur, et jusqu'à 100 millions selon certaines réévaluations récentes. Elle serait la pandémie la plus mortelle de l'histoire dans un laps de temps aussi court, devant celle de la Peste noire et ses 34 millions de morts..

Apparemment originaire de Chine, le virus serait passé, selon les hypothèses, du canard au porc puis à l'humain, ou directement de l'oiseau à l'humain. Il a ensuite rapidement gagné les Etats-Unis, où il aurait muté pour devenir plus mortel. Cette nouvelle souche était trente fois plus mortelle que les grippes communes chez 3 % des malades. Elle devint pandémie, lorsqu'elle passa des États-Unis à l'Europe, puis s'étendit au monde entier via les échanges entre les métropoles européennes et leurs colonies.