Après le vol, Hermione et Harry s'étaient cachés dans la forêt. Ils avaient détruit la coupe avec l'épée. Il ne leur restait plus que le diadème, mais ils ne pouvaient pas ressortir, pas encore. Hermione avait tenté d'avoir un journal grâce à sa chouette et la Gazette du sorcier déclarait que Voldemort envahirait Poudlard dans deux jours. Harry et Hermione décidèrent que cela serait le moment. L'heure de l'affrontement final avait sonné.
Harry et Hermione rejoignirent l'école grâce à un passage secret qui menait à la Salle sur Demande. Ils furent surpris de voir tous les membres de l'AD et de l'Ordre du Phoenix réunis. Mais Harry ne s'attarda pas. Il partit à la recherche de l'Horcruxe avec l'épée et Hermione partit avec tous ses camarades et ses professeurs ériger des défenses contre le Seigneur des Ténèbres. Harry mit du temps à revenir mais quand il trouva Hermione, en compagnie des Weasley, au complet, même Ron (qui ignorait la jeune fille) et Percy (qui se confondait en excuses), il lui cria :
-La Salle sur Demande ! Vite ! Je sais où il est !
Hermione abandonna les Weasley et ils se précipitèrent vers le lieu qu'Harry avait indiqué.
-Je l'ai vu ! haleta l'Elu. Quand j'ai voulu cacher le livre du Prince de Sang-Mêlé, l'année dernière ! Il faut retrouver le buste d'un homme et ça sera bon !
Il commença à faire des allers-retours devant la Salle sur Demande et dès que la porte s'ouvrit, ils se précipitèrent à l'intérieur.
-On a pas le temps de chercher, Harry !
L'Elu ne répondit pas et commença à chercher le buste. Hermione se sentit obligée de l'imiter. « Un buste, un buste, un buste, viiite ! » Elle cherchait entre les rayons quand soudain elle se retrouva face à quelqu'un de très grand. Elle leva la tête. Goyle. Qu'est-ce qu'il faisait là ?
-Tu es morte, Miss-je-sais-tout, fit celui-ci, apparemment fier de sa répartie.
-Ne la touche pas, Goyle, fit une autre voix, menaçante.
Hermione fit volte-face et vit Draco. Il lui sourit un instant avant de fixer l'autre Serpentard, le regard lançant des éclairs.
-Hein ? fit bêtement le grand Serpentard.
-Je ne vais pas perdre mon temps à t'expliquer quelque chose que tu ne peux pas comprendre, Goyle. Pour comprendre ça, il faudrait un cerveau un temps soit peu plus imposant que le tien.
Sur ce, Draco enlaça doucement Hermione et l'embrassa. Goyle les fixait, et semblait faire un gros effort pour comprendre ce que ses yeux lui montraient.
-Tu m'as fait peur, Hermione, souffla Draco. Un dragon, hein ? Tu n'avais pas plus discret ?
-Je n'ai pas le temps de t'expliquer, Draco ! On doit trouver le diadème de Serdaigle.
-Excuse-moi mais la sagesse ne va pas aider Potter à vaincre Tu-sais-qui.
-Ce n'est pas pour ça qu'on le cherche. Je… Tu sais ce qu'est un Horcruxe ?
-Oui.
-Voldemort en a 7. Oui, ne me regarde pas comme ça, 7. On en a détruit 5. Il nous en manque deux.
-Et le diadème… ?
-Oui. Et l'autre c'est son serpent. Il faut trouver le diadème et le détruire, expliqua Hermione.
Goyle les fixait toujours, sa bouche produisant des sons tels que « Gueuh, gueuh » ou « Pascomprendredutout ». Draco embrassa à nouveau Hermione puis ils se séparèrent pour trouver le diadème. Soudain on entendit la voix d'Harry qui criait :
-Je l'ai !
-FEUDEYMON !
-Harry pousse-toi ! hurla Hermione en débouchant avec Draco au milieu de la Salle où se tenaient Harry et Crabbe.
Des flammes sortaient de la baguette du Serpentard.
-Crabbe tu es un con fini ! fit Draco. Accio balais !
Des balais vinrent dans sa main.
-Potter, attrape ! fit-il en en lançant un.
Il enfourcha le sien et Hermione s'accrocha à lui. Il décolla, imité un instant plus tard par Harry qui criait qu'il avait perdu le diadème dans le feu. Mais quelques secondes plus tard, on entendit un cri, provenant de l'âme qu'enfermait l'objet, ce qui signifiait que l'Horcruxe avait été détruit. Hermione, Draco et Harry sortirent de la Salle sur Demande sur leurs balais. Ils s'effondrèrent sur le sol du septième étage, le cœur battant la chamade et les cheveux roussis par le feu.
-Mais quels idiots ! fit Draco.
-Ce n'était pas une raison pour les laisser mourir, fit remarquer Hermione.
-Je sais. Mais on n'aurait pas pu les sauver, ils étaient trop lourds.
-Je sais.
Draco l'enlaça à nouveau et la regarda dans les yeux. Hermione avait du mal à ne pas s'abandonner à lui. Mais elle savait que ce n'était pas vraiment le moment pour ce genre de choses.
-Vous croyez que c'est le moment ? demanda Harry.
-Non, tu as raison, dit Hermione en se détachant de Draco à regret.
Des pas précipités retentirent. Ron, Ginny, Percy, Fred et George venaient d'arriver. Les Weasley à l'exception de Ginny fixèrent Draco avec méfiance.
-Il est de notre côté, dit Harry.
-Harry, fit Hermione. On a pas le temps. J'en ai marre de le répéter mais… il en manque un. Un Horcruxe. On doit trouver Nagini. Il est forcément avec Voldemort.
Harry comprit. Il ferma les yeux. Ron s'approcha soudain d'Hermione, la tête basse, il déclara :
-Je suis désolé, Hermione. Ce que j'ai dit… ce n'était pas à dire. Je regrette. Je ne le pensais pas. Hermione… pardonne-moi.
-Je te pardonne, Ron. Moi aussi j'ai mal réagi. On aura une discussion. Après.
-La Cabane Hurlante, dit Harry.
Tous se tournèrent vers lui.
-On y va, dit Hermione.
-Attendez ! coupa Ron. Je… je me suis comporté comme un salopard, je veux me rattraper. Laissez-moi venir avec vous. Je veux détruire le dernier Horcruxe.
-Très bien, fit Harry.
-Moi aussi, intervint Draco. Je ne fais pas partie de l'Ordre pour rien.
Hermione lui sourit et Ron lui jeta un regard noir. Mais personne n'objecta et les quatre élèves se dirigèrent vers l'extérieur du château.
-La mauvaise nouvelle, fit Harry. C'est que j'ai perdu l'épée dans le Feudeymon.
-Harry, la Chambre des Secrets… Draco et moi on va chercher des crocs de Basilic, Ron et toi, allez dans la Cabane, on vous rejoint !
-Hermione, attends ! Et le Fourchelangue ?
Hermione ne prêta pas attention aux paroles d'Harry et empoigna la main de Draco. Ils coururent vers les toilettes de Mimi Geignarde. Hermione se souvenait de ce qu'Harry avait dit pour ouvrir la Chambre. Elle s'y reprit à plusieurs fois et son Fourchelangue dut être convaincant car la Chambre s'ouvrit. Ils coururent jusqu'à la pièce principale et Hermione cueillit plusieurs crocs de Basilic, imitée par Draco. Ils ressortirent de la Chambre des Secrets presque aussitôt et se précipitèrent à l'extérieur. Derrière eux, la bataille faisait rage. Ils pénétrèrent dans le Saule Cogneur déjà stoppé et Draco leur jeta un sortilège de désillusion. Ils n'entendirent qu'un son incompréhensible quand ils arrivèrent. Voldemort et Nagini sortirent soudain du Saule et Hermione regarda à nouveau. Harry était agenouillé près de Rogue.
-Prenez-… les… prenez…-les… disait ce dernier.
Harry avait récolté les larmes de Rogue. Hermione s'avança vers le maître des potions et s'agenouilla près de lui.
-Hermione… dit-il.
La jeune fille fut surprise qu'il l'appelle par son prénom.
-… les lettres… vous saurez tout…
Puis il s'éteignit. Hermione sentit une larme rouler sur sa joue. Draco l'essuya avec douceur. Soudain la voix de serpent de Voldemort retentit.
-Lord Voldemort est miséricordieux. J'ordonne à mes forces de se retirer immédiatement. Vous avez une heure pour soigner vos blessés et vous occuper dignement de vos morts. Je m'adresse à toi Harry Potter. Tu as une heure pour me rejoindre dans la Forêt Interdite. Si tu ne t'es pas rendu, si tu as encore laissé mourir les autres, avant la dernière seconde de cette heure, ils mourront tous et je finirai par toi. Tu as une heure.
-Ne l'écoute pas, fit Ron.
-Hermione… on doit aller… découvrir ce que Rogue voulait.
Hermione hocha la tête et les quatre élèves de Poudlard sortirent du Saule Cogneur. Seuls Harry et Hermione montèrent au bureau de Rogue. Tandis qu'Harry regardait dans la Pensine, Hermione sortit les lettres du tiroir. Elle relut la dernière de celles qu'elle avait pu lire :
Lily,Je t'aime. Je sais que c'est trop tard, que tu es mariée mais il fallait que tu le saches. Si… si tu veux bien me pardonner… retrouve-moi dans l'aire de jeux, demain soir. Je te dirai tout ce que j'ai sur le cœur.Severus
Le reste était d'une autre écriture. Celle de Lily.
Severus,Pourquoi ne me l'as-tu pas dit avant ? Il y'a une époque où peut-être… Mais comme tu l'as dit, je suis mariée. Mais je veux bien que l'on se revoit. Pour s'expliquer.Lily
Severus,On n'aurait jamais dû. Maintenant que c'est fait… James va savoir. Je ne vois qu'une solution. Il doit croire que c'est lui. Severus, j'ai fait une erreur. Je ne veux plus que l'on se voie. Désolée, mais tu ne connaitras pas ta fille. Hermione, je pensais à ce nom pour une fille… peut-être lui enseigneras-tu les potions, qui sait ? Je suis désolée. J'espère que tu pourras me pardonner.Lily
Hermione reposa la dernière lettre. Alors… c'était Rogue son père. Depuis toujours elle l'avait eu à portée et… elle éclata en sanglots. Alors qu'elle aurait pu le connaître un peu plus, il était mort. Pourquoi ne lui avait-il pas dit ? Mais elle le savait alors même qu'elle se posait la question. Hermione ne l'aurait pas cru. Elle pleura longtemps. Et quand elle se calma enfin, Harry avait disparu. Non. Il n'était pas parti se rendre, si ? Elle dévala les escaliers et se retrouva dans la Grande Salle. Elle rejoignit les Weasley. Voldemort disait :
-Harry Potter est mort en voulant fuir. C'est un lâche votre Elu, votre Sauveur !
Hermione fixait le corps d'Harry aux pieds de Voldemort.
-Non ! fit-elle. Harry n'était pas lâche !
La rage augmentait dans son cœur, devenait omniprésente. Non, Voldemort ne lui prendrait pas tous ceux qu'elle aimait. Elle ne le permettrait pas.
-Tais-toi, espèce de traître ! Tu t'es bien fichue de moi, sale Sang-de-Bourbe !
-Si vous étiez moins naïf…
Hermione sentit une larme rouler sur sa joue. D'abord Rogue, puis Harry. C'en était trop. Trop pour elle. Elle n'en pouvait plus. Elle sentit que des mains se posaient sur sa taille. C'était Draco. Lui au moins était en vie. Elle savait qu'il ne savait pas consoler les gens. Alors il se contentait de l'enlacer. Il demanda soudain :
-Est-ce que quand tu m'as demandé de me laisser désarmer par Harry (il fait une pause en s'entendant prononcer le nom de l'Elu), ça avait un rapport avec… maintenant ?
Hermione se tourna vers lui et ouvrit grand les yeux. Elle n'y avait plus pensé depuis des mois.
-Draco, tu es un génie !
Elle se détacha de lui puis lança :
-Tom Jedusor.
-Comment oses-tu, misérable Sang-de-Bourbe ? rugit le Seigneur des Ténèbres en se tournant vers elle, interrompu dans son discours.
-Oui j'ose Jedusor.
-Hermione… entendit-elle dans son dos.
Elle se tourna vers Draco et lui sourit.
-Encore une fois, vous avez été victime de votre ignorance, continua Hermione à l'intention de Voldemort.
-Mon ignorance ? ricana le mage noir. Tu crois en savoir plus que moi, misérable ou te crois-tu supérieure ?
-Peut-être. Il se trouve que la présomption est mon défaut fatal. Mais effectivement, je sais des choses que vous ne savez pas.
-Si tu parles de l'amour…
-En effet, mais pas seulement. Alors avant de me tuer, est-ce que vous voudriez bien m'écouter, Jedusor ?
-Parle, Sang-de-Bourbe, de toute façon ton sauveur est mort.
-La vérité, c'est que tout est lié à l'amour. Vous n'avez pas vu ce qui se passait sous votre nez, Jedusor. Vous n'avez pas vu ce que tramait Severus Rogue.
-Que dis-tu ? Quelle est encore cette histoire fantastique ?
Hermione émit un rire moqueur.
-Severus Rogue était l'homme le plus courageux que j'aie connu de ma vie entière. Et cet homme n'a cessé d'aimer la même femme pendant tout ce temps. Et du moment que vous l'avez menacée, il a changé de camp. Il agissait pour Dumbledore sous votre nez, Jedusor.
-N'importe quoi ! Arrête de dire des sottises, Sang-de-Bourbe !
-Non. Pas Sang-de-Bourbe. Sang-Mêlée. Comme mon père, l'était ! Comme celui que vous avez assassiné pour rien ! hurla Hermione.
-Severus, ton père ? Laisse-moi rire !
Hermione le fixa sans ciller, toute sa rage contenue menaçant d'exploser. Elle le vengerait. Elle vengerait Rogue, son père, l'homme qu'elle n'avait pas eu le temps de connaître assez. Et surtout, elle vengerait Harry.
-Son allégeance n'a rien qui ne m'intéresse ! Et puis sa mort m'a permis de devenir maître du Bâton de la Mort, de la Baguette de Sureau. Elle n'était pas inutile.
-Faux ! Là encore, vous avez une longueur de retard, Tom.
-Misérable…
-Vous n'êtes pas très créatif, dites-moi. Sang-de-Bourbe est le seul mot que vous connaissez ?
-Tais-toi sale… TU PAIERAS POUR TON ARROGANCE !
-Vous voulez connaître l'ampleur de votre erreur ou passer la nuit à m'insulter ?
-Parle, de toute façon tu mourras.
-Je peux mourir de toutes façons, je n'ai plus rien à perdre.
-Parle, misérable !
-La baguette ne vous a jamais totalement obéi n'est-ce pas ?
-Comment le sais-tu ? demanda Voldemort, une veine palpitant sous sa tempe.
-Eh bien c'est simple. Reprenons depuis le début. La baguette appartenait à Albus Dumbledore. Connaissez-vous ce qu'il advient des baguettes à la mort de leur propriétaire ?
Voldemort secoua la tête.
-Leur pouvoir disparait. Sauf, si la mort a été provoquée par un duel et là, la baguette revient à celui qui a tué ou désarmé le propriétaire.
-C'est pour cela que j'ai tué Rogue, c'est lui qui a tué Dumbledore !
-Exact. Mais vous avez loupé une étape.
-Je SUIS le maître de cette baguette ! hurla Voldemort.
-Non. Car avant la mort de Dumbledore, quelqu'un qui ignore qu'il était le maître de cette baguette l'a désarmé. Cette personne est Draco Malfoy. La baguette lui revient.
-Dans ce cas, Ava…
-Protego ! cria Hermione. Non, écoutez-moi. Il se trouve que Draco a été désarmé. Et ce par Harry Potter.
-Il est mort, je suis le maître de cette baguette ! ricana le Seigneur des Ténèbres.
-Non. Parce que quelqu'un d'autre avant sa mort a désarmé Harry. Et cette personne c'est moi. Je vous propose un marché. Tuez-moi et la Baguette sera à vous.
-Tu te crois capable de me vaincre, remarqua Voldemort.
-Je vous l'ai dit. Je suis ambitieuse.
-Très bien, je me débarrasserai de toi, sale Sang-de-Bourbe. Endoloris !
-Protego ! Stupéfix !
-Imperium !
-Protego !
-Tu ne pourras pas me contrer éternellement. Sectumsempra !
-PROTEGO ! hurla une voix.
Et Harry Potter se releva pour rejoindre Hermione. La jeune fille n'eut pas le temps de se sentir surprise. Elle lança un regard à son frère tandis que Voldemort hurlait :
-Avada Kedavra !
-Expelliarmus ! crièrent Hermione et Harry avec force, d'une même voix.
On entendit une détonation et l'instant d'après, Voldemort s'effondrait par terre, les bras en croix, ses immondes yeux rouges agrandis par la surprise. Victime de sa propre offensive. Hermione se jeta dans les bras de Harry.
-Comment tu… ? Je croyais que tu étais mort ! Comm…
-Du calme, fit Harry. C'est l'Horcruxe en moi qui a été détruit. J'ai survécu. Encore…
Hermione le serra avec force.
-L'Horcruxe ?
-Quand m… notre mère a voulu me protéger, le sort a ricoché sur Voldemort et sur moi. Une partie de lui vivait en moi.
Hermione hocha la tête, puis ils fixèrent le corps de Voldemort.
-Je n'arrive pas à le croire, dit enfin Hermione. C'est terminé.
On entendit des pas précipités derrière eux. Hermione se retourna.
-Tu es complètement folle ? lui cracha Draco, ses yeux encore agrandis par la peur.
-Folle non. Prétentieuse, peut-être.
S'ils n'avaient pas été en public, Draco l'aurait embrassée sur le champ. Mais il savait que tout le monde les regardait.
-Draco.
Le jeune homme se tourna vers la voix de son père. Ce dernier lui fit signe de venir. Le regard du jeune Serpentard alla d'Hermione à ses parents, de ses parents à Hermione. Il désirait plus que tout rejoindre la Gryffondor. Mais laisserait-il sa mère ? De plus, lui-même serait accusé de conspiration. Quel choix avait-il ?
-Deux minutes.
Il prit Hermione par la main et l'entraîna à l'extérieur tandis que toute l'école assaillait Harry de toute part. personne ne remarqua qu'ils étaient partis. Ils s'arrêtèrent près du lac et fixèrent l'horizon quelques minutes. Hermione demanda enfin, sa voix enrouée par les sanglots :
-Tu dois partir ?
Draco acquiesça et se tourna vers elle. Elle continuait de regarder le lac. Le calmar géant fit trembler la surface de l'eau. Draco fit pivoter Hermione vers lui puis doucement, il essuya la larme qui roulait sur la joue d'Hermione avec son pouce. Elle leva son regard brun vers celui acier du jeune homme.
-Je t'aime, Hermione.
Et il posa ses lèvres sur les siennes. Leur baiser fut ardent, sauvage, doux et amer. Ardent, parce qu'il représentait tout ce qu'ils ressentaient l'un pour l'autre, sauvage, parce qu'ils savaient que jamais ils ne pourraient vivre cela une nouvelle fois, doux parce qu'il représentait leurs espérances et amer parce qu'ils savaient qu'elles étaient vaines. Ils se séparèrent et plongèrent leur regard l'un dans l'autre. Puis après un long moment, Draco se retourna et rejoignit la Grande Salle, désormais vide. Il transplana avec ses parents, conscient de laisser la plus belle chose qu'il ait connue dans sa vie. Hermione contempla à nouveau le lac, ne retenant plus ses sanglots. Harry et Ron la retrouvèrent un quart d'heure plus tard, assise devant l'étendue d'eau douce, mais elle ne pleurait plus. Tous les trois, comme au commencement. C'était ainsi que cela devait se terminer ? Harry, Hermione et Ron allèrent remettre la Baguette de Sureau dans la tombe de Dumbledore. Ensuite Hermione voulut se recueillir sur le corps de Rogue. Ses amis la laissèrent seule. Les jours qui suivirent furent emplis d'enterrements. Des gens qu'ils connaissaient ou non. Hermione trouva enfin le courage de dire à Ron qu'elle ne l'aimait pas.
« Je… Ron… avait-elle bégayé. Je…ne ressens rien pour toi à part de l'amitié.
Le rouquin l'avait d'abord fixée et Hermione avait redouté une explosion de colère. Mais rien.
-Tu sais… avait commencé le jeune homme, le temps que j'ai passé au Terrier m'a fait comprendre que… je m'étais trompé. Je n'ai jamais rien ressenti de plus que de l'amitié pour toi. Le vrai amour…. C'était pour Lavande.
-Alors on est sur la même longueur d'onde, avait dit Hermione en souriant.
Ron lui avait rendu son sourire.
Draco avait disparu, comme il l'avait dit. Poudlard fut fermée pour le reste de l'année scolaire et il y'eut de nombreux procès. Contre toute attente, les Malfoy furent innocentés. Hermione savait que pour Narcissa et Draco, Harry y était pour quelque chose. Mais pour Lucius… Ron se fiança à Lavande et Harry à Ginny. Hermione partit vivre au 12 square Grimmaurd.
Ce jour-là, elle était sur la place, assise sur le rebord de la fontaine qui ne coulait plus. Quelqu'un s'assit près d'elle. Elle tourna la tête. Harry lui sourit. Elle lui rendit son sourire, mais le sien était triste.
-Hermione…
Elle posa sa tête sur l'épaule de son demi-frère. Une larme coula le long de sa joue.
-Maintenant qu'il est considéré comme innocent… commença l'ancien Elu.
-Je ne crois pas, Harry. Le destin s'est acharné à nous séparer. Je crois que c'est terminé.
-Depuis quand tu es si défaitiste ?
-Depuis que j'ai perdu mon père alors que j'aurais pu le connaître et que je me suis rendue compte que la fin de la guerre n'a pas arrangé ma situation. Ce que je souhaite n'a pas et n'aura jamais d'importance.
-Hermione…
-S'il-te-plait, Harry. Je voudrais être seule. Pendant quelques temps. Pour digérer.
Il hocha la tête.
-Je voulais juste t'inviter à mon mariage avec Ginny. En décembre.
Elle se tourna vers lui.
-C'est génial, Harry. Tu mérites d'être heureux. Je suis contente pour vous deux !
Le jeune homme sourit.
-Tu vas faire quoi, maintenant ? demanda-t-il.
-Je vais retourner à Poudlard pour ma septième année. Je vais passer mes ASPIC. Je ne pourrais pas vivre éternellement chez Sirius. Je vais peut-être faire des études de médicomage. Et toi ?
-Le Ministère nous a proposé à Ron et moi une formation d'Aurors. J'ai accepté. Ron préfère aller travailler avec Fred et George dans leur magasin.
Hermione hocha la tête.
-Et Ginny ?
-Elle va à Poudlard pour sa septième année aussi.
-On se verra alors.
-Oui.
Ils restèrent un long moment silencieux, l'un serrant l'autre.
-Je vais y aller, déclara Harry.
Hermione hocha la tête.
-A bientôt, dit-elle.
Harry transplana.
Au mois de juillet, elle apprit que Draco s'était fiancé. A Astoria Greengrass. Elle faillit casser de nombreux objets tellement la douleur la tiraillait. S'était-il moqué d'elle ? Comment pouvait-il lui faire ça ? Elle ne mangea pas pendant plusieurs jours. Elle passait ses journées à pleurer, elle ne répondait à aucune lettre, chargeant Kreattur de les déchirer.
Draco, lui, tentait de la contacter mais ses hiboux revenaient toujours sans nouvelles. Alors, il transplana chez les Weasley. Il demanda à parler à Harry.
-Qu'est-ce que tu veux ? demanda Harry.
-Dis-moi simplement où est Hermione.
-Pour que tu te fiches encore d'elle ? Elle ne répond à aucune de nos lettres depuis qu'elle a appris que tu étais fiancé ! Elle est A-NE-AN-TIE !
-Je n'ai pas eu le choix. Mon père m'y a forcé ! Je veux lui expliquer ça. S'il-te-plait, Harry. Je t'en prie.
Harry considéra son ancien rival. Il ne l'aurait jamais appelé par son prénom s'il n'avait pas été très sérieux.
-12 square Grimmaurd, lâcha l'Elu.
Et il repartit. Draco transplana sur le champ vers l'ancien quartier général de l'Ordre. Il toqua. Ce fut Kreattur qui lui ouvrit.
-Miss Hermione ne veut voir personne.
-C'est important. Je… je t'en prie, Kreattur. J'ai besoin de la voir.
-Tu es un Sang-Pur ?
-Oui.
-D'accord.
Draco se demandait bien ce que changeait son statut de sang, mais il n'en posa pas la question.
-Elle est dans la chambre de monsieur Sirius, dit l'elfe de maison.
Draco le remercia et monta à l'étage. Il entrouvrit la porte. Hermione était sur le lit de Sirius, la tête contre le mur et les joues ruisselantes de larmes. Elle ne leva même pas les yeux quand il s'assit près d'elle et ne fit que tourner la tête pour ne plus le voir.
-Dégage, dit-elle.
Draco prit doucement son visage dans ses mains et fit pivoter la tête de la jeune fille. Il essuya les larmes qui coulaient de ses yeux et la fixa.
-Lâche-moi, dit Hermione.
-Hermione… écoute-moi. Je…
-Fous-moi la paix et retourne avec ton Astoria ! Tu t'es foutu de moi pendant près d'un an ! Tu…
Il ne la laissa pas finir et colla ses lèvres aux siennes. Hermione voulut résister à l'appel qu'elles provoquaient en elle mais elle n'y arriva pas et céda. Ils échangèrent un baiser fougueux.
-Tu recommences, Hermione. A ne pas me croire. Ai-je été assez explicite ?
Hermione ne répondit pas et se contenta de le fixer.
-Mon père m'y a forcé, expliqua Draco. Je suis venu pour te l'expliquer. Il voulait me battre à mort quand j'ai refusé. Au début, il aurait préféré que ce soit Parkinson, mais comme je l'ai envoyée balader, ses parents ne voulaient plus rien avoir à faire avec les Malfoy. Hermione… on n'a qu'à partir, loin d'ici. Où personne ne pourra nous empêcher d'être heureux.
Hermione fit non de la tête.
-J'ai ma famille ici. J'ai mes amis. Je ne peux pas tout plaquer comme ça. Et toi tu as ta mère. Je t'aime, Draco, mais je ne peux pas leur faire ça. Et toi non plus.
Draco sembla comprendre et hocha la tête.
-Alors c'est un adieu ? demanda-t-il.
-Oui.
Ils s'embrassèrent à nouveau.
-Hermione… promets-moi d'essayer d'être heureuse.
-Je te le promets.
Draco l'embrassa une dernière fois et se leva.
-Attends. Reste. Juste cette nuit. »
Il se retourna et la rejoignit.
*
