Je sais. Il y a deux jours j'ai dit que je publierai pas avant peut-être un an.
Mais. Voilà. Venir sur ffnet a fait revenir ma fièvre d'écrite semble-t-il. J'ai donc pondu ( tout ) ça.
Alors un grand merci à :
Mon huitre, Haruka-Akatsuki, Haru Maxwell, feixia-chan, Miyuki19, minimilie, Lassary, Caecus.S, meuh-la-vache-jaune ( MA MEUUUUH ! ), Gun d'ange, storma, Syahra, Shiemi0 et iJulia.
Et bien évidemment à supra bêta readeuses qui me motivent : EVE ET ZOD'A ! J'vous aime.
Et merci quand même à sapphyrre, feixia-chan once again, et Gun d'ange once again aussi , mais comme je vais supprimer la note d'information, je vais perdre vos reviews.
Ce chapitre est un grand pas en avant dans la relation Gin/Hana, et je poste avec un peu d'appréhension. J'espère qu'il vous plaira !
Bonne lecture !
Chapitre 19
Je vais le faire. Je peux le faire.
Allez. Dis-le à voix haute.
_Je vais le faire. Je...peux le faire.
... C'est affligeant.
Je peux paaaaaaaaaaaas ! Comment suis-je censée faire ?
Tu lèves la main et tu toques, me répondis-je à moi -même.
Et s'il est en train de travailler ?
... C'est pitoyable...
TOQUE !
Non.
_ Hana-chan !
Merde.
Je me retournai vers Yû, qui me souriait gentiment, visiblement l'air heureux et surpris de me voir là. Nouvelle pique de culpabilité.
_ Comment tu vas ?
Il était joyeux. Il faisait comme si de rien n'était.
Comme je ne répondais pas, il s'avança, les sourcils froncés par l'inquiétude. Je baissais la tête, honteuse.
_ Yû...
_ Je sais ce que tu vas dire, commença-t-il.
_ J'suis désolééééééée.
J'appuyai ma tête contre son torse en retenant mes larmes et ma morve. C'était moi qui l'avait engueulée, tout de même.
_ Toi alors, dit-il en m'entourant de ses bras.
Comme je ne répondais pas, il me tapota la tête.
_ Et si je t'invitai à manger, le temps de se raconter tout ce qu'on a à se raconter ?
J'acquiesçai en lui rendant son sourire.
XxXxXxX
_ Donc Kandi a dû partir sans toi finalement ?
_ Ouais, j'espère que ça va bien se passer.
_ Elle est très forte, m'assura Yû.
_ Puis ça fait tellement longteps que je l'ai pas vue, soupirai-je.
Yû bût le reste de son troisième café. Nous étions installés depuis plus de deux heures.
_ Et toi alors ? Comment ça se passe ? Demandai-je.
_ Le Gotei est toujours aussi calme, et j'ai tellement de paperasse que je ne suis plus au courant de rien. C'en est presque ennuyant.
_ Je m'en fous du Gotei, toi ?
_ Je suis totalement guéri, ne t'en fais pas, m'assura-t-il.
Je hochai la tête, rassurée.
_ C'était débile notre engueulade, dis-je au bout d'un moment.
_ Pas vraiment.
_ Tu dois pas avoir honte que je te sauve, Yû.
_ J'ai pas honte.
Silence.
_ C'est juste que ça aurait dû être l'inverse, reprit-il.
J'attrapai sa main.
_ On est tous les deux sains et saufs, c'est ce qui compte, non ?
_ Et tu es enfin rentrée, sourit-il.
Une fois de plus, je lui rendis son sourire.
Un papillon des Enfers se dirigea vers moi alors qu'on s'apprêtait à partir.
_ Oh non...
_ Quoi ?
_ Je déteste ces fichus papillons.
Je tendis la main et écoutai le message. J'étais de nouveau convoquée à la première division.
_ Je dois y aller tout de suite, annonçai-je.
Yû fronça les sourcils.
_ Tu sais pourquoi ?
_ Non. Urahara-san a fait son rapport avant même que je ne rentre et je n'ai même pas encore vu le taichô. Pour l'instant j'ai juste une montagne de charges administratives à rattraper.
Le travail de shinigami n'est pas aussi palpitant qu'on le croit, même pour un gradé.
_ Je t'accompagne ?
_ Non tu es déjà en retard.
_ A tout à l'heure alors ?
_ A tout à l'heure.
Il partit directement en shunpo. Je préférai marcher, retardant le moment d'arriver. J'allai encore devoir me retrouver devant tous ces capitaines... qu'est-ce que j'avais encore fait ? J'étais rentrée ce matin même, reprenant directement le travail, je n'avais croisé personne. Gin n'était même pas venu me voir. Urahara-san avait bien précisé que je n'étais pas comme les Vizards.
Je m'arrêtai un instant, passant une main sur mon visage, lasse d'avance. J'avais mal au ventre. Puis je regardai ma montre. J'allais être en retard, et mieux valait ne pas contrarier le Sotaichô après les soucis que je lui avais imposés. Je shunpotai.
XxxXxXxX
Arrivée devant l'immense porte, je me permis le temps d'une grande inspiration et d'un recoiffage express avant de faire signe aux gardes qui toquèrent deux fois avant d'ouvrir. Je fronçai légèrement les sourcils pour m'habituer au changement de lumière. Je devais me concentrer pour contrôler mon réiatsu et ne pas me laisser envahir par ceux des capitaines. Le voyage entre les mondes était assez éprouvant pour le corps, sans oublier que j'étais épuisée par toutes mes dernières émotions.
J'avançai rapidement vers le Soutaichô et m'inclinai devant lui.
_ Jyuukai Hana, commença-t-il, membre et l'un des quinzième sièges de la troisième division, tu es convoquée ici pour discuter de la suite de ton cas.
Je clignai rapidement des yeux, m'interdisant d'afficher toute expression inquiète sur mon visage. Sur ma droite, j'aperçus Gin qui me regardait d'un air profond, comme plongé dans ses pensées.
Je ne savais pas ce que j'étais censée répondre, alors j'inclinai simplement la tête et attendit la suite.
_ Dans ses rapports, Urahara Kisuke indique une forte et considérable présence de réiatsu en toi, cependant difficilement gérable de par son étendue, ce qui t'as conduit sur Terre pour tenter d'en découvrir l'origine.
Arrête de me parler de ce que je sais déjà et abrège, pensais-je avec appréhension.
_ Fort heureusement, ce passage sur Terre a démontré le fait que tu es une pure shinigami.
J'en suis ravie. Et alors ?
_ Mais cela n'éclaire pas l'origine de ces explosions de réiatsu, imprévisibles et donc dangereuses, pour ta vie et celles des shinigamis qui t'entourent.
Je commençai à paniquer. S'ils ne m'envoyaient pas sur Terre, qu'allaient-ils me faire ? J'eus un frisson en pensant à la division scientifique. Ou alors allaient-ils m'enlever Buri ?
_ Nous avons décidé, pour ta protection et celle de tes proches, que tu dois suivre un programme spécial.
Ça ne m'aide pas vraiment.
_...Quel est ce programme spécial ? M'enquis-je.
_ Tu ne peux pas t'entrainer avec les autres shinigamis. Tu t'entraineras donc avec ton capitaine, dans le but d'apprendre à gérer ton réiatsu, dans un souterrain adapté.
Je hochai lentement la tête. Un millier de questions commençaient déjà à envahir mon esprit, et j'avais du mal à les retenir.
_ Bien. Tu t'entretiendras avec ton capitaine du reste.
J'osai à peine croiser son regard avant de m'incliner et de sortir. Le Sotaichô était une personne très imposante et impressionante. Je ne comprenais pas pourquoi mon cas nécessitait l'intervention de sa personne. J'aurai seulement dû en discuter avec Gin. Un shinigami de mon rang avait rarement affaire avec les autres capitines. Pourtant, en l'espace de quelques semaines, j'avais été convoquée deux fois et avait même eu droit à un séjour sur Terre. Alors que je ne devrais même pas exister aux yeux des autres divisions. Je n'avais pas d'importance, je n'étais qu'une shinigamie de niveau moyen parmi tant d'autres.
Pas que j'étais fâchée d'avoir des séances de travail privées avec Gin. Au moins nous aurions le temps de mettre notre relation au clair.
Mais il y avait plus grave.
Comment étais-je censée m'entrainer et contrôler mon réiatsu alors que Buri était totalement absente de mon esprit ?
XxXxXxX
Je rentrai tard chez moi – j'avais trois semaines de paperasse à rattrapper - et je découvris avec surprise deux messages derrière ma porte. Le premier était de Kandi : elle me rassurait en disant que tout allait bien et promettait une soirée spéciale copines quand nous pourrions enfin nous retrouver, soit dans deux semaines.
Le deuxième était de Gin. Il me donnait rendez-vous à vingt deux heures, le temps que je fasse une séance de médiation avec mon zampakuto pour me mettre en condition.
Sauf qu'il était déjà vingt deux heures trente. Je sursautai, puis gémis d'appréhension.
Merde merde merde.
Je shunpotai en toute vitesse et arrivai en catastrophe. Arrivée devant la porte de son bureau je soufflai pour paraître calme. La porte s'ouvrit. Gin me jeta un rapide coup d'oeil de bas en haut.
_ T'es en retard et absolument pas reposée comme je te l'avais demandé.
Son ton était sec. Je restai bouche bée tandis qu'il me tournait le dos pour retourner à son bureau. Je secouai la tête et tentai de reprendre contenance.
_ Je suis désolée, j'ai énormément de travail et...
_ Ne te sers pas du travail comme excuse. Allez dépêche toi.
Il rangea rapidement quelques dossiers sur son bureau et sortit de la pièce, me frôlant alors que j'étais restée immobile. Il commença à s'éloigner sans m'attendre.
C'était le vide dans mon esprit. Je venais de comprendre : il m'évitait. Très calme, je le suivis, restant soigneusement derrière lui pour éviter la discussion.
Nous marchions en silence. Je fixai son grand dos, sa démarche souple et silencieuse. Il sentait forcément mon regard, qu'on pouvait presque considérer comme de la provocation. Mais il continuait sur le même ryhtme, déterminé, tout en prenant son temps.
Peut-être attendait-il que je craque. Peut être y prenait-il un plaisir malsain. J'avais pu observer cette face de son caractère dès notre première rencontre, il y a maintenant plusieurs années. On ne pouvait nier son côté sadique.
Et je ne pouvais nier que d'une certaine façon, cela me plaisait. C'était tout de même amusant, d'un certain point de vue, ce jeu du chat et de la souris qui ne laissait aucun répis à mon pauvre petit coeur.
Comparé à Hiraoku, qui n'osait jamais me contredire, voulait tout le temps me faire plaisir. C'en était devenu ennuyant car répétitif.
Gin, lui, n'était certainement pas de tout repos.
Nous arrivâmes dans la salle d'entrainement. J'étais étonnée de cet environnement si familier pour cet entrainement spécial. Mais Gin continua à marcher - la salle était capable de contenir toute la division, elle était immense - et s'arrêta à un point précis. Aussitôt mon ventre se crispa. Mon corps se rappellait parfaitement de la tension et de la douleur subie lors de notre dernier combat, et n'avait certainement pas envie de la revivre. Même si je m'étais améliorée depuis, ce n'était rien face à l'étendue de son pouvoir. Sans compter que j'étais plus que fatiguée et n'avais pas une once de motivation en moi.
Puis Gin ouvrit le sol. J'écarquillai les yeux. Il repoussa le haut de la trappe et descendit.
Je le suivis après une seconde d'hésitation...et eut l'impression de me retrouver au sous-sol du magasin d'Urahara, par lequel j'étais arrivée et était retournée au Gotei. L'endroit était illuminé comme en plein jour, avec la même chaleur, et pourtant lugubre.
J'aurai tellement voulu être dans mon lit.
_ Gin, commençai-je.
_ Jyuukai-san, peux-tu m'expliquer la raison de ton retard ? Ainsi que ton évidente non-préparation pour cet exercice ?
Il s'adressait à moi sans me regarder, d'un ton si indifférent que je sentis immédiatement mon sang bouillir dans mes veines.
Contrôle-toi Hana ou tu vas partir au quart de tour.
_ Comme j'ai tenté de te l'expliquer tout à l'heure, je suis restée tard à mon bureau pour rattraper mon retard, et je...
_ Soit, cela part d'un bon sentiment, j'en suis sûr, lança-t-il. Mais cela n'excuse en rien..
_ Mon zampakuto a disparu ! m'écriai-je, presque hors de moi.
Il se retourna brusquement, le visage crispé. La fine ligne de ses yeux entrouverts me fixaient, m'accusaient. La tension entre nous deux était palapable. Soudain, j'avais du mal à respirer.
Il était en colère. Et c'était bien plus terrifiant que ce que j'imaginais.
Il s'avança à grands pas. Je reculai instinctivement, mais en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il m'attrapa par les bras, les serrant. Fort.
_ Pardon ? murmura-t-il.
Je crus que j'allais perdre contenance.
_ Sur Terre, lors d'une de mes méditations, mon zampakuto est...parti, articulai-je faiblement.
J'aurai voulu détourner le regard, mais je ne m'en sentais pas la force. Il me serra encore plus.
_ Toi, tu n'imagines pas tous les problèmes que tu me causes. Et tu les empires.
Sa voix était tellement froide...
_ Gin tu me fais mal ! criai-je.
Il me lâcha brusquement. Je me massai les bras, j'allais avoir des bleus. Il recula de quelques pas, de nouveau lui-même mais toujours aussi furieux.
_ Tu ne te rends pas compte, cracha-t-il.
_ Comment ça ? C'est toi qui vient de m'écraser les bras !
_ Aucune importance.
_ C'est toi qui me tourne autour puis me traite comme une inconnue ! lançai-je venimeuse.
Il ouvrit la bouche...puis la referma.
_ Alors, vas-y, explique-moi, dis-moi parce que je ne comprends vraiment pas.
Il se raprocha à nouveau, sans répondre. J'essayai de maîtriser les bâtements de mon coeur, et relevai fièrement le menton. Je ne savais pas ce qui le mettait tant en colère, mais moi, si.
Nous nous regardions les yeux dans les yeux. Cela aurait pu durer quelques secondes comme plusieurs minutes. Jusqu'à qu'il referme les siens et retrouve son sourire de toujours. Je pouvais l'entendre respirer.
_ J'essaie de te protéger, annonça-t-il calmement.
Je haussai les sourcils sans vraiment m'en rendre compte. Je n'arrivai pas à croire ce qu'il venait de dire. Il m'était impossible de nier que Gin avait une sorte d'affection pour moi, je le savais. Mais l'entendre me l'avouer était plus qu' impensable.
_ J'ai passé la matinée à me battre pour toi auprès du Sotaicho. Normalement les cas ingérables comme toi sont...gérés contre leur gré.*
_...Je suis pas sûre de comprendre.
_ Tu ne veux pas comprendre, crois-moi, railla-t-il.
_ Pourquoi tu fais ça ? dis-je au bout d'un moment de silence.
_ Pourquoi je fais quoi ?
_ Pourquoi tu me protèges ? Pourquoi tu viens vers moi et fais ensuite comme si de rien n'était ?
Il eut l'air interloqué.
_ Petit bout, tu prends des initiatives ! s'amusa-t-il.
Il reprit un ton plus sérieux.
_ Ce n'est pourtant pas si compliqué que ça.
_ Comment ça ?
_ Bon, je sens comme un air de déjà-vu, lança-t-il, presque joyeux.
Il me tourna le dos, s'éloigna quelque peu, puis me fit face à nouveau.
_ Puisque ton zampakuto n'est plus là, il n'y a qu'à le faire revenir comme au bon vieux temps, n'est-ce pas ?
Et il chargea.
xXxXxX
Je me réveillai en gémissant. Une semaine. Cela faisait une semaine.
Une semaine que, tous les soirs, j'allais m'entraîner avec Gin pendant des heures interminables où il me poussait à bout dans le but que Buri apparaisse, comme une vulgaire shinigami de seconde zone. J'avais tout raconté en détail à Gin, et il comptait garder ça pour lui. Dès que j'aurai retrouvé Buri, nous pourrions suivre les ordres du Sotaicho. Personne d'autre n'était au courant, à part Kandi.
Je me levai pénibement. J'étais pleine de bleus et de courbatures. Entre ces entrainements et ma montagne de travail, je n'avais pas une minute à me consacrer. Je rentrai chez moi à 20h30, m'autorisai une petite sieste d'une demi-heure, puis mangeai, et essayai, comme d'habitude en vain, de contacter Buri.
J' en voulais toujours à Gin de la façon dont il m'avait traité lors de notre premier entrainement, cependant nous n'en avions pas reparlé. J'étais consciente d'avoir découvert une facette de sa personnalité que sans doute peu de personnes avaient pu voir : un Gin impulsif, colérique, et inquiet.
D'une certaine façon, j'étais fière d'être la cause de tout cela. Moi, Jyukai Hana, petite shinigamie de la 3e division, avait réussi à mettre son cruel et froid taichô dans un tel état. Car pour une fois, il avait laissé ressortir ses sentiments.
Mais pas tous : une fois de plus, il s'était défilé tandis que j'essayais de lui parler de nous deux.
Je soupirai profondément en m'étirant. Un repas léger, une rapide queue de cheval, et j'étais prête. Je m'assis en tailleur, Buri en équilibre sur mes genoux, et fermai les yeux en faisant rouler mes épaules pour me détendre. Un instant plus tard j'étais dans mon monde intérieur, toujours aussi désespérément vide. J'appellai Buri en sautillant d'une bulle à l'autre. C'était comme s'il n'avait pas de limite, j'aurai pu parcourir des kilomètres sans que le paysage ne change : des bulles flottant docilement dans un ciel à peine nuagé. Etrangement, malgré l'absence de Buri, mon monde intérieur restait calme. Elle ne pouvait pas être partie ou il se serait effondré.
Je sortis au bout de quelques minutes, sachant d'expérience que ça ne suffirait pas pour la faire revenir.
Je pris mon temps pour aller jusqu'au souterrain. A cette heure-ci, il ne restait que très peu de shinigamis au travail, et je pouvais exécuter tranquilement mes mouvements d'étirements sur le chemin, à la fois pour réveiller mon corps et le préparer aux prochains coups et meurtrissures qu'il allait subir.
Comme à son habitude, dès que je refermai la trappe, Gin, déjà arrivé, posait son haori ainsi que son fourreau, et m'offrait à boire avant de se mettre en garde.
Fidèle à lui-même, Gin était sévère sans être injuste, mais n'hésitait pas à me provoquer ou à me montrer mes erreurs en ne machant pas ses mots. Il ne me blessait jamais vraiment, ne visait aucun point vital, et pourtant il était évident qu'il avait le dessus sur moi : il se retenait. Je donnais le meilleur de moi-même. Le tenir en respect était déjà une amélioration. Je n'étais pas terrifiée comme lors de notre tout premier affrontement, encore très clair dans ma mémoire. J'étais plus sûre de moi même, et bien sûr plus puissante. Et je savais que je devais le craindre.
Mais nous stagnions.
_ Petit bout, aujourd'hui, un changement s'impose.
Je devins aussitôt méfiante.
_ Vois-tu, à cause de ton petit...imprévu, nous prenons du retard. Or, le Soutaichô me demande déjà des résultats.
Je me raidis.
_ Il va donc falloir passer à la vitesse supérieure, si tu tiens à ta peau.
_...C'est-à-dire ?
_ Aujourd'hui, combat en conditions réelles.
Je me stoppai net. ça, c'était pas bon du tout.
_ Allons Hana-chan, il faut bien que je te stimule ou tu n'es bonne à rien.
_ Mais-
Je levai mon zampakuto à la dernière seconde. A travers nos lames croisées, Gin me souriait férocement. Il me susurra :
_ De toute façon il n'y a que comme ça que tu marches : avec des émotions réelles.
Il appuya encore plus fort, et je manquai flancher. Il n'était pas à fond mais avait laissé tomber toute sa prudente retenue à mon égard.
Je poussai un cri rageur et le repoussai avant de me mettre à distance respectable.
Que pouvais-je faire contre lui ?
_ Tu n'as pas le temps de penser. Fie-toi à ton instinct.
Il se jeta à nouveau sur moi et je me décalai sur le côté avant de feinter. Nos lames s'entechoquaient à une vitesse folle et je perdais du terrain à chaque coup échangé.
Je m'avançai soudain et resserai ma main autour de son poignet, stoppant net sa lame. Puis je me projetai en l'air, me servant de son bras comme appui, et visant son visage de mes pieds. Il se baissa en arrière et, tandis que je pivotai, levai mon bras droit, ma lame fondant à toute vitesse sur son cou. Sa main gauche arrêta la mienne, et je tombai au sol en me tordant le bras. Je serrai les dents et roulai au sol pour me relever aussitôt, ne voulant pas le quitter des yeux une seconde.
Gin secouait la tête.
_ Qu'est-ce qui t'arrive Hana ? Ta témérité montre ton désespoir, alors qu'avant elle forcait le respect.
_ Je ne suis pas désespérée !
_ Si tu le dis. Tu penses déjà que tu vas perdre.
Il attaqua et mon épaule blessée me fis gémir en parant son coup. Il recommença, s'acharna.
_ Ton attaque était minable, complètement inutile et irréfléchie. Tu ne fais que te défendre faiblement.
_ RAAAH !
Ma lame fondit sur son visage. Il esquiva et soupira.
_ La Hana que j' affronté il y a des années valait bien mieux que ça. Elle voulait gagner et se fichait de soi-disants évidences comme le grade.
Je me jetai sur lui. Je savais que je ne faisais pas du tout ce que j'aurai du faire. Je m'énervai sans réfléchir. Mais il n'arrêtait pas de parler et je n'arrivais pas à penser.
Nous échangeâmes des coups violents. Je récoltai une estafilade sur la joue, la cuisse, et le flanc. Elles étaient peu profondes mais assez douleureuses pour me ralentir et saignaient sans s'arrêter. Gin prit son zampakuto à deux mains et visa ma jambe. Je parai lorsqu'il me lança un coup de pied dans ma jambe déjà blessée. Je tombai à terre. Un autre coup projeta mon zampakuto plus loin. Trop loin. Il pointa sa lame sur ma tête.
Je me redressai et le regardai, venimeuse.
_ Tu crois que t as besoin de Buri pour me vaincre ? demanda-t-il innocemment, tournant la tête sur le côté, tel un chat.
Je répondis sans desserrer les dents.
_ Bien sûr que oui.
_...C'est dommage que tu penses ça, petit bout. Mais si tu y crois, alors bat toi pour mériter à nouveau ton zampakuto !
Il recula de plusieurs pas. Je me levai prudemment et récupérai mon zampakuto. Je pris le temps de l'observer : elle était totalement indemme, brillante et solide comme au premier jour. Elle n'avait jamais flanché.
_ Ne réfléchis plus, me lança-t-il.
Et il shunpota.
Je parai maladroitement mais instinctivement, et répliquai aussi violemment que je le pus avant de me projeter en arrière.
Je levai la main :
_ Hadô no sanju ichi : Shakkaho !
Bien sûr il esquiva. Je souris. La boule de feu s'écrasa contre un énorme rocher quelques mètres derrière lui, et provoqua nuage de fumée sombre, en plus de rendre notre respiration difficile. Gin comme moi savions comment économiser notre oxygène, mais ce faisant, nous étions moins efficaces et puissant. Je profitai des quelques secondes d'avantages qu'il me restait avant que la fumée n'arrive jusqu'à moi et me jetai à l'intérieur.
Sur Terre, Shinji et les autres m'avaient combattu dans le noir le plus complet, affirmant que ma peur et ma désorientation étaient capitales pour leur exercice.
Je pouvais les remercier, car je savais maintenant détecter le moindre mouvement autour de moi, comme un sixième sens. Gin n'aurait pas du prendre la peine de cacher son réiatsu.
J'esquivai la lame qui se glissait vers mon flanc en la devançant et visai la jambe de mon adversaire. Sa main arrêta mon bras sans réussir à le stopper, juste à le dévier. Je sentis clairement mon zampakuto rencontrer la chair. Mon bras gauche arrêta de justesse l'arme pointée vers mon dos. Je ne pus m'empêcher de sourire.
_ Tu m' avais caché ces atouts, petit bout, l'entendis-je me murmurer à l'oreille.
Nos deux bras se battaient contre les deux autres. Il était plus fort, et mon épaule meurtrie commença à céder.
_ Mais ça ne suffit pas.
Je sautai et mes pieds frappèrent son torse, nous éloignant l'un de l'autre.
_ C'est bien que tu te serves plus de ton corps. Mais ta lame n'est pas qu'une diversion !
J'allais le battre. Je me jetai sur lui, une fois de plus. Il para et contre-attaqua. La force de son coup me poussa à m'éloigner.
Je devais le battre.
Bon cette fois ça suffit.
Je basculai brusquement dans mon monde intérieur. Buri était assise en tailleur sur une petite bulle Ses traits étaient indifférents, mais son regard fixe semblait me juger.
_ Tu es enfin là ! m'exclamai-je, surprise mais tellement rassurée.
Elle redressa le menton, et ses yeux devinrent deux fentes.
_ J'ai toujours été là Hana, c'est toi qui ne sait plus voir.
Je clignai des yeux, et la phrase sembla résonner autour de moi.
_ Qu'est-ce que tu veux dire ? murmurai-je, inquiète.
_ Pourquoi te bats tu, Jyuukai Hana ? demanda-t-elle d'une voix forte et autoritaire.
_ Pour...
...Pourquoi ?
_ Je veux être plus forte.
_Pourquoi ?
_ Parce que...
Buri se déplaça et se planta juste devant moi, si proche que nos nez se seraient touchés.
_ ça ne suffit plus, Hana. N'as-tu donc rien appris ces dernières semaines ? Te bats tu seulement pour toi et ta fierté ? Tu n'as pas besoin de gagner.
Je restai interdite.
_ Si tu veux juste devenir plus forte, je refuse de te servir.
_ Mais-
_ Ce n'est pas comme ça que ça marche. Et tâche de me montrer plus de respect que la dernière fois.
_ Buri ! m'exclamai-je. Tu..tu comprends pas je-
_ J'ai fait ce que j'ai fait pour te protéger Hana. Quand je t'offre mon pouvoir, c'est pour te protéger. Mais ne me considère pas comme un dû.
Je sentis une larme rouler sur ma joue. Puis une autre.
_ Buri...je comprends pas.
_ Gin cherche à te protéger. A te protéger de toi et à te protéger de ce que pourrait te faire le Gotei, parce que tu es spéciale Hana. Ce n'est pas contre lui que tu dois gagner. La seule personne que tu dois surpasser, c'est toi-même. De cette façon, tu pourras surpasser n'importe qui.
_...Pardon Buri.
_ Tous les shinigamis ont un moment d'égarement. Que ça ne devienne pas une habitude.
Je hochai faiblement la tête.
_ Alors, pourquoi te bats-tu, Jyukai Hana ?
_...Je ne sais pas.
_ Pour l'instant tu dois sauver ta peau, non ? Le reste viendra en temps voulu...
Mon monde s'évapora alors que Buri embrassait mon front. Je compris en reprenant mes esprits qu'il ne s'était pas passé plus d'une seconde durant le combat.
_ Ôkasen ! lançai-je.
Le sort dispersa la fumée qui commençait déjà à s'évaporer. Gin et moi étions de nouveau visible l'un pour l'autre. Je redressai mon zampakuto et la caressai du bout des doigt.
C'est bon de te retrouver.
Toi aussi.
Pardon.
Il faut bien que je te donne une leçon de temps à autre. Mais tu as d'autres problèmes à régler et je suis là pour t'aider à les résoudre.
Gin s'élança vers moi. Je m'avançai à mon tour en feintant vers les jambes. Sa lame esquissa un mouvement pour parer, mais je remontai plus vite et visai son flanc. Il stoppa la lame à main nue. Je forcai, mais rien n'y fit.
_ Attenton, Hana.
Son zampakuto fonçait vers mes côtes. Je levai la tête, le regardai dans les yeux et déclamai :
_ Repeint le monde de son sang, Buririantobaburu !
Des dizaines de bulles s'arrétèrent à quelques centimètres de sa tête, ses bras, son dos, et ses jambes. Dans mon dos, une énorme bulle avait stoppé et repoussé le zampakuto de Gin. Je l'avais fait exploser dans un sens uniquement.
Gin me sourit.
_ Je suis fier de toi Hana.
_ Tu ne peux plus bouger, dis-je.
_ Ah bon ? fit-il, prenant un air faussement étonné.
Et il s'approcha de moi, nos corps se frôlant. Mon coeur s'affola, ma respiration aussi. Il lacha son zampakuto et mit ses deux mains sur mon visage.
_ Je suis fier de toi Hana.
Et il m'embrassa.
Heureuses ?
Reviews pour une hypokhâgneuse qui va souffrir ?
