Disclamer: Je ne possède pas Harry Potter qui appartient entièrement à JK Rowling, cette histoire a uniquement pour but de distraire, je ne touche aucune rétribution quelle qu'elle soit.
Après avoir beaucoup réfléchit et tourné le problème je vous annonce que la première partie de cette histoire est fini. Pas de panique il y auras un prochain chapitre seulement nous allons faire un petit bon de quelques années ;-)
J'espère que ça vous plaira toujours...
Beta: Blues-moon
- AAAAAAAAAAHHHHHH !
Le cri suraigu poussé par Lily se répercuta si fort contre les murs que les meubles dans le tableau de Godric Gryffondor tremblèrent au point qu'un livre tomba de la bibliothèque.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda James en arrivant en courant. Pourquoi tu hurles comme ça, on dirait une banshee...
- Pourquoi je hurle ? cria-t-elle de plus belle en secouant un morceau d'étoffe rose sous le nez de son mari. Pourquoi je hurle ?! Je vais te dire pourquoi je hurle: parce que TON fils, ton si précieux bébé, a ruiné ma robe en satin d'orient !
Pour appuyer ses dires, elle montra d'énormes taches de pâte à tartiner sur la tenue de soirée qu'elle tenait entre les mains.
Un peu plus loin derrière elle, Enzo, uniquement vêtu d'une couche-culotte avait le visage, les avant-bras et le torse maculés de la substance grasse et chocolatée. James l'aurait trouvé adorable si le petit n'était pas actuellement au bord des larmes, terrifié par sa propre mère.
- Je suis sûr qu'il ne l'a pas fait exprès, déclara-t-il en prenant son enfant contre lui, se moquant bien des taches que ce geste engendra sur sa chemise blanche.
- Évidemment, tu te ranges de son côté, comme d'habitude ! Je devrais le savoir depuis le temps que je ne tiens pas la distance face à ce gosse !
James soupira, mais ne chercha pas à nier ce fait. À la place il préféra fuir la dispute en allant donner le bain au garçonnet qui en avait bien besoin.
Le plus gros de la pâte à tartiner fut retiré avec des mouchoirs en papier avant que l'enfant ne soit plongé dans la baignoire d'eau chaude débordante de mousse et de jouets en tout genre.
- Je fais le tour de ma maison... Murmura son père en lui frottant douceur le visage avec un gant de toilette. Je ferme les volets, continua-t-il en fermant les yeux de son enfant, je ferme la porte... et je ferme à clé!
Il conclut sa comptine en chatouillant le cou du petit qui oublia bien vite son chagrin au profit de grands éclats de rire sincère.
Tout en le regardant patauger joyeusement, James repensa aux premiers temps qui avaient suivi la naissance d'Enzo.
C'est horrible à dire, mais il ne se souvenait qu'à peine des premiers mois de vie de sa progéniture, tout simplement car il ne s'en occupait pas le moins du monde. Lily encore moins.
Non, cette charge était exclusivement réservée aux elfes de maison.
C'est bien simple, les seules photos de famille de cette époque étaient celles faites pour et par les journalistes.
Mais un jour, aux alentours des quatre mois de l'enfant, James avait remarqué quelque chose d'assez dérangeant: son fils ne souriait qu'aux serviteurs, ne cherchant le contact qu'avec eux, ne riant qu'avec eux.
Un instant, il s'imagina quelques années dans le futur, essayant d'expliquer au monde entier pourquoi son fils ce comportait comme un elfe de maison, pourquoi il appelait ses parents « maîtres » et toutes ces choses qui risquaient d'arriver s'ils continuaient sur le chemin dans lequel ils s'étaient engagés.
James en fut si terrifié qu'il se décida à s'occuper de son fils comme un père digne de ce nom.
Malgré des débuts plus que laborieux, ce fut la meilleure décision de sa vie, même s'il ne s'en rendit compte que bien plus tard...
Et le voilà, presque trois ans après à prendre le parti de son enfant face à la femme qu'il croyait aimer jadis.
Mais ce qui le rendait encore plus mélancolique ces derniers temps, c'est d'avoir vu, quelques jours plus tôt, Enzo et Harry jouer ensemble.
Ça lui avait fait comme un électrochoc sur le coup et pendant quelques secondes il avait même oublié comment il fallait s'y prendre pour respirer.
Les deux enfants s'entendaient bien, riaient en se prêtant leurs jouets et pendant un bref instant, même pas une seconde, l'ancien Gryffondor avait imaginé à quoi aurait pu ressembler leur vie de famille si Harry en avait fait partie.
"Laisse ton frère tranquille !" Allez au bain tous les deux!" "Les enfants, à table!" "Ils font les quatre cents coups ensemble!"
Mais, James s'était bien vite rendu compte de l'absurdité de ces pensées inutiles: ces phrases, jamais il n'aura l'occasion de les prononcer.
À cause d'une décision prise il y a quelques années, il n'avait plus qu'un fils unique, et ce pour toujours...
Enzo rit aux éclats en plongeant ses jeux dans son bain et le cœur de son père se serra à cette vision : Il avait loupé tellement de choses depuis ces trois dernières années...
Il avait perdu quatre mois pour rien.
Quelque part un fils aîné qui ne sera jamais le sien était heureux dans les bras de son pire ennemi d'école et il avait perdu l'occasion de profiter pleinement des premiers mois de vie de son cadet.
Ça laissait comme un goût désagréable dans la bouche.
Les regrets sont amers, et voilà près de deux ans et demi que James les avalait jours et nuits. Il doutait de pouvoir s'y habituer un jour, mais jugeait mériter cette sanction.
En sortant de la salle de bain avec Enzo enroulé dans un drap de bain lui faisant des bisous dans le cou, il croisa sa femme toujours occupée à pester sur sa robe fichue.
Il se demanda un instant à quel moment, elle aussi, allait croquer dans le fruit âpre de la culpabilité...
Comme prévu, les fêtes de fin d'années avaient lieu chez les parents d'Héphaïstos. C'est là-bas que toute la petite famille, folle d'impatience, fit pour la première fois la rencontre avec Chandra.
Ce dernier, intimidé au possible d'être le centre de toute cette attention tentait par tous les moyens de se fondre dans les bras de son père, se cachant dans le creux de son cou, tout en s'agrippant de toutes ses forces à son pull.
- Et bien Prométhée, que me disais-tu déjà? Se moqua gentiment Sévérus, vautré contre son compagnon au coin du feu. Qu'Harry s'accrochait à moi comme une moule à son rocher, c'est ça? On dirait bien que c'est ton tour maintenant...
Le globe-trotteur décida de répondre à son beau-frère par un geste très mature : il lui tira la langue.
- Pauvre petit cœur, soupira Agate avec un sourire tendre, ce doit faire beaucoup de changements d'un coup...
Elle resta quelques secondes à regarder avec amour ses enfants et petits-fils avant que son mari n'arrive avec une fournée de cookies encore brûlants.
- Tu en veux un Harry ? Proposa-t-il en s'accroupissant vers le garçonnet allongé sur le tapis.
- Il y a un hibou dans le grenier, répondit ce dernier en regardant son grand-père avec un sourire rêveur.
Celui-ci, surpris, resta sans voix pendant quelques secondes avant de se mettre à rire franchement :
- D'accord ! Je ne sais pas vraiment si c'est une sorte de code ou quoi que ce soit, mais bon...Il passa la main dans la tignasse brune avant d'y déposer un baiser. Si tu changes d'avis, ils sont sur la table !
Du coin de l'œil, Héphaïstos aperçut Chandra, furtivement descendu des bras de son père, s'approcher de l'assiette de biscuits fumants. Pourtant, à la surprise du jeune homme, il ne tendit pas la main pour en prendre un. Il restait juste là, à les regarder avec envie.
- Prends-en un, proposa le châtain en rapprochant l'assiette.
Le petit garçon sursauta et s'éloigna de quelques pas. Sévérus, qui regardait la scène, aurait mis sa main à couper que si Prométhée n'était pas parti aux toilettes, l'enfant n'aurait pas perdu une seconde pour remonter dans ses bras.
Finalement, voyant que l'homme, le frère de son papa se rappela-t-il, ne lui voulait pas de mal, il s'approcha de nouveau du plat, mais toujours hésitant.
- Tu peux y aller, ils sont pour toi...
- Pour moi ?
- Oui. Enfin pour toi et Harry normalement, mais il ne mange pas de gâteaux alors tu peux bien manger tout le plat si ça te fait plaisir !
Peu sûr de lui, le petit pris un cookie, en croqua une bouchée et se mit à pleurer à chaudes larmes.
- Holà, que se passe-t-il, tu t'es brûlé ? S'inquiéta son oncle
L'enfant lui fit non de la tête, mais ne put articuler quoi que ce soit.
Presque immédiatement, Prométhée sortit de la salle de bain pour voir ce qui se passait avec son fils et s'accroupit pour le serrer dans ses bras.
- Totos, il a dit que c'était pour moi, réussi à articuler l'enfant après quelques secondes.
- Oh, je vois... Chandra a un peu de mal avec la perspective que quelqu'un puisse faire quelque chose pour lui, expliqua le blond avec un sourire désolé pour son frère. Il va lui falloir un peu de temps, je crois...
Harry, de son côté, se leva de son tapis pour s'approcher de son cousin.
Prestement, il retira la tutute qu'il avait dans la bouche pour la coller immédiatement entre les lèvres du petit indien, qui sous le choc, s'arrêta illico de pleurer.
- Chuuuut, murmura le petit sorcier en caressant la tignasse bouclée du garçonnet, voilà, bon garçon...
Prenant la main de son cousin, il le tira dans son sillage jusqu'à l'immense sapin au milieu de la pièce.
Tout cela se passa très vite sous le regard à la fois médusé et attendri des adultes.
- J'avais tellement peur qu'ils ne s'entendent pas... Soupira Prométhée, une expression soulagée sur le visage.
- Je crois que l'on peut dire que ton appréhension était infondée, sourit le sorcier. Mais pourquoi diable ton gamin s'acharne-t-il à mettre les décorations sur mon fils plutôt que sur l'arbre?!
En effet, Chandra semblait trouver beaucoup plus de plaisir à enrouler les guirlandes autour de son cousin que du sapin.
Cela ne semblait pas déranger le petit sorcier pour deux sous, qui continuait à sourire dans le vide tout en accrochant des décorations par-ci par-là.
- Étranges enfants... Murmura Agate en prenant une photo de la scène.
- Lequel?
- Les deux, sourit-elle en se tournant vers ses fils. Je les adore!
- Mais tu les trouves bizarres? Releva Héphaïstos.
- Oui, et c'est d'ailleurs pour cela que je les adore.
Sévérus regarda son homme, son beau-frère et ses beaux-parents rigoler à cette déclaration, avant de soupirer:
- Vous êtes tous fous dans cette famille...
Son petit-ami réagit au quart de tour en venant l'embrasser à pleine bouche.
- Désolé pour toi, mais tu en fais partie à présent!
La soirée se déroula tranquillement, tous au coin de feu à regarder la neige tomber dehors.
La vie est parfois un long fleuve tranquille pour qui sais savourer les plaisirs simple qu'elle propose...
