Bonjour ma petite Communauté d'Obsession !

La fin de semaine arrive et avec elle, un nouveau chapitre.

J'espère qu'il vous est toujours aussi plaisant de retrouver nos deux héros ainsi que leurs amis…

Des explications… des péripéties…des témoignages d'amour et d'amitié…

Voici ce que je vous offre cette semaine.

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture !

Rendez-vous à l'espace reviews, comme d'habitude, pour ceux qui souhaiteraient lire en musique.

A bientôt, et portez-vous bien !

Chapitre 21

Un départ précipité en vaut bien un autre

Les chutes d'eau offraient une parenthèse mélodieuse à la nature luxuriante d'Imladris. Cet hymne à la vie, enchantait ce domaine posé comme un bijou dans un écrin verdoyant.

Partout, la beauté était magnifiée. Pour qui ne connaissait pareil sentiment de paix, c'était l'endroit idéal pour en apprécier la saveur, et tandis qu'un soleil radieux se levait, la promesse d'un jour nouveau garantissait le bonheur éphémère de le savourer comme il se devait.

Les gens du Seigneur Elrond préparaient le petit déjeuner et tentaient de faire honneur à leurs invités.

Olana, apprêtée par Naëlle, à son service, avait revêtu une robe de popeline violette dont la chemise, servant de fond de robe, créait un contraste attrayant avec cette couleur sombre. Agrémentée de larges manches brodées d'arabesques elfiques, elle accentuait le mouvement de ses bras graciles. La jeune femme avait insisté pour qu'on lui tresse les cheveux comme les elfines et se plaisait à penser que le roi apprécierait sûrement.

Après une nuit d'une telle intensité, elle avait grande envie de le retrouver, de le serrer dans ses bras…

Comment pouvait-il lui manquer à ce point ?

Fin prête, elle s'appuya sur le bras de la jeune camériste et sortit de la chambre. Elles commençaient à marcher lorsqu'elle sentit les tremblements de la jeune elleth, signe de la présence royale. Sa voix, haute et bien placée, la conforta dans son idée. Elle ne s'était pas trompée :

Thranduil : Nous nous réservons l'honneur de conduire cette noble hiril (dame) prendre son petit déjeuner.

La jeune servante s'abîma dans une profonde révérence ne désirant nullement contredire ce monarque qui l'impressionnait tant :

Naëlle : Comme il plaira à votre Majesté.

Là-dessus, elle s'enfuit sans demander son reste :

Olana : Vous l'avez effrayé Sire !

Thranduil : Ce n'était pas dans mes intentions.

Olana : J'en suis consciente. Vous ne sauriez imaginer le magnétisme qui se dégage de votre personne. Vous attirez comme le soleil ore nin !

Thranduil : Vraiment ? Je n'en ai jamais pris conscience.

Olana : Je ne vous crois pas une seule seconde Sire. Serait-ce un excès de confiance de votre part ?

Thranduil : Si tel était le cas, vous en seriez à la fois, la cause et l'heureuse bénéficiaire.

Olana : Ces paroles sont une source de fierté pour une femme Majesté. Imaginez ce qu'une telle révélation peut provoquer en moi…

Thranduil : Je le constate mon ange et m'en réjouis.

Olana : J'en suis fort aise. Comment vous portez-vous ce matin ?

Ses mains se tendirent vers l'avant et se posèrent sur son torse :

Olana : Vous ne portez pas votre manteau d'apparat ?

Thranduil : Non ma douce, il fait chaud aujourd'hui. Pour répondre à votre question, j'ai passé une excellente nuit. Sans doute y êtes-vous pour quelque chose petit ange. Non ? Je vous trouve ravissante Olana. Cette coiffure vous va à ravir.

Il la vit rougir et trouva cela charmant :

Olana : Je suis heureuse que cela vous plaise. C'était mon souhait. Thranduil ? Aurais-je droit à un baiser ?

Avant que ses mots ne se meurent, les lèvres du roi effleuraient les siennes avec douceur. Sa main se posa sur la nuque de l'ellon en un geste de possession avant d'entrouvrir ses lèvres et de sa langue approfondir ce baiser sensuel.

Thranduil en perdit toute contenance et la serra passionnément contre lui, caressant son dos. Il devina ses cicatrices, et ses doigts se firent aussi légers que des plumes. Sentir les boursoufflures de cette peau malmenée, alimentait un sentiment de colère contenu envers ce bourreau dont il ne pourrait jamais s'acquitter de sa vengeance.

S'enivrant de leur amour, ces deux êtres ne se sentirent plus la force de se séparer. A bout de souffle, Olana reprenait sa respiration :

Thranduil : Eh bien Ma Dame, quelle jolie véhémence.

Olana : C'est que Majesté, il m'a semblé remarquer à quel point elle vous avait comblé.

Thranduil : Oui Olana, elle m'a non seulement comblé, mais enchanté. Prenez garde mon ange, je ne serais pas en mesure de résister à un nouvel appel. Je pourrais vous surprendre. Si nous n'étions les hôtes du Seigneur Elrond, je vous démontrerais à nouveau mon envie de satisfaire ce désir qui est vôtre.

Olana : Votre appétit fait ma fierté.

Thranduil : Il est fort bien aiguisé Ma Dame.

Olana : Votre prédisposition à jouer sur les mots me ravit.

Thranduil : C'est une joute qu'il me plaît de livrer avec un esprit aussi aiguisé Olana. Prenez mon bras, allons déjeuner.

Ce fut le moment choisi par Radagast pour se montrer. Tout à fait enjoué et parfaitement conscient de s'être montrer a un moment importun, le magicien leur sourit leur présentant ses hommages :

Radagast : Votre Majesté, Dame Olana, recevez les plus respectueux hommages d'un vieux magicien plus très aguerrie aux bons usages de la politesse. La compagnie de mes amis animaux m'en en fait oublier l'apprentissage.

Olana : Bien au contraire Radagast, c'est une joie que d'entendre vos paroles si emplies du désir de plaire.

Radagast : Vous êtes, noble Dame, une personne de grande qualité.

Olana : Vous aussi Radagast. Je ne vous remercierais jamais assez pour toute l'aide dont vous avez fait preuve à mon égard.

Radagast : Ce n'était rien d'exceptionnel Gente Dame. Savez-vous que Sébastian vous apprécie beaucoup ? Nous en avons discuté pas plus tard que tout à l'heure…

Pendant cet échange, le roi laissait son regard passer de l'un à l'autre bien conscient du courant de sympathie se diffusant entre ces deux êtres :

Olana : Qui est Sébastian ?

Radagast : Mon hérisson Gente Dame.

Le roi fixa le mage d'un air interdit. Ce curieux personnage lui avait toujours semblé loufoque. Olana, quant à elle, resta un moment songeuse avant d'émettre un joli petit rire cristallin dont le roi raffolait :

Olana : Radagast, vous m'étonnerez toujours. D'ailleurs ce Monde qui est vôtre m'étonne par bien des façons.

Radagast : J'en suis ravie Dame Olana.

Thranduil : Nous allons faire attendre le Seigneur Elrond.

Radagast : Oh oui bien sûr. Allons-y.

Les amis d'Olana avaient déjà commencé leur petit déjeuner. Orlyänne, assise à terre, dos tourné à cette assemblée, mangeait d'un bel appétit tout en écoutant les conversations des autres convives. Détestant plus que tout les chichis, elle préférait, de très loin, se sustenter comme à la guerre, près de la terre qui la portait en toutes circonstances.

Les elfes de Fontcombe, l'observaient avec intérêt. Cette étrange elleth, suscitait une curiosité constante de leurs parts, tout comme son étrange chevelure d'un rouge sang flamboyant. Sa façon de prendre ses repas interloquait toujours Gandalf. Pourquoi mangeait-elle toujours assise par terre ?

Curieuse femelle !

Un morceau de pain entre ses dents, elle surprit le regard inquisiteur du magicien, ôta l'aliment de sa bouche et lui adressa un de ses grands sourires dont l'istari raffolait.

Haussant les sourcils, ce dernier se détourna rapidement, fâché d'avoir été surpris. Bon sang ! Il lui faudrait à l'avenir faire preuve d'un peu plus de discrétion.

Aliénor, toute occupée à savourer la cuisine elfique, se détendait aux sons des joueuses de harpe forte habile.

Lorsque le roi fit son entrée avec Olana à son bras, les conversations se turent l'espace d'un instant. C'était vrai qu'ils formaient un beau couple. Cette beauté si particulière en appelait un profond respect.

La jeune musicienne se remit à jouer de la harpe, prenant bien de ne pas être troubler par ce qu'il se dégageait de ces deux êtres.

Aliénor et Jack se lancèrent un regard qui en disait long. Tout cet amour transparaissait alors que les principaux acteurs n'en étaient probablement pas conscients.

Thranduil prit soin de bien installé sa dame sur un siège et lui apporta toute l'aide nécessaire pour s'alimenter correctement, s'évertuant à lui présenter une serviette lorsqu'il devinait qu'une goutte allait s'échapper de ses lèvres…C'était si touchant de les observer que même Orlyänne fut troublé ce qui n'arrivait pas très souvent il fallait bien le reconnaître.

Bientôt, chacun se leva de table. Orlyänne et ses amis décidèrent de faire un peu d'entraînement au combat. Zorgûnn et l'elfe de feu avaient eu le temps de lier connaissance avec l'un des capitaines de la garde du Seigneur Elrond. Nommé Lindir, ce dernier les avaient pris en affection.

La hardiesse et le courage d'Orlyänne le surprenait toujours. Ce n'était pas courant chez une elleth. Sa morphologie même le surprenait. Très grande, les muscles saillants, une rapidité d'exécution frisant la perfection, et une souplesse à faire pâlir d'envie un serpent lui-même.

De son côté, ravie de provoquer tant d'interrogations de la part de ce soldat, la comblait d'aise, ce qui n'était pas courant chez elle.

Thranduil, qu'un entretien avec les deux istari et le Seigneur Elrond obligeait à quitter sa Dame, prit le temps de lui proposer une promenade dans les jardins luxuriants d'Imladris dès ses obligations achevées. Un sourire d'Olana finit d'encourager le roi à déposer sur son poignet un tendre baiser.

Il sentit ses doigts trembler. Une douce chaleur l'envahit. Cette femme le possédait avec une telle force…

Alors que sa douce nature ne laissait en rien transparaître la fougue la caractérisant tant, il était le seul à connaître ce dont elle était capable dans la plus parfaite intimité.

La seule évocation de cette pensée le mit en émoi.

C'est à regret qu'il la quitta, suivant le Seigneur Elrond.

Dès les portes closes, le roi ressentit une lourdeur particulière. Des paroles d'importance allaient être prononcées. Les sens en alerte, il se préparait à ce qui allait suivre. La solennité émanant du visage du Seigneur Elrond n'était pas ordinaire. Il prit place sur le siège qu'on lui indiquait et fut attentif aux paroles de son ami :

Elrond : Mellon nin, (mon ami), il est parfois des moments qui ne sont guères faciles à vivre et certains de mes propos risquent fort, je le crains, d'éveiller en vous des sentiments contradictoires.

Le visage grave, l'ellon marqua un temps d'arrêt avant de reprendre :

Elrond : Avez-vous parlez à Dame Olana de votre défunte épouse Neryëlle ?

Thranduil : Vous l'avez dit mellon nin, certains moments ne sont guère facile à vivre et je sens que celui-ci va m'être extrêmement pénible tant la suspicion enrobe vos mots.

Elrond : Ce n'était pas mon intention Thranduil, mais enfin, cette Dame mériterait de connaître toute la vérité sur nos coutumes et plus particulièrement celle concernant nos défunts.

Thranduil : En quoi mes affaires personnelles vous concernent-elles ?

Gandalf : Majesté, il n'est pas dans nos intentions d'en connaître la teneur, mais seulement d'éviter à cette Dame la souffrance qui va être sienne à l'évocation de ce fait contre lequel vous ne pouvez malheureusement rien.

Radagast : Ma perception des sentiments, qu'ils soient humains où elfiques, se trouvent sans doute erronée tant je vis éloigné de ces êtres, mais je perçois chez cette personne tant…d'abnégation à vous aimer envers et contre tout…

Elrond : Préféreriez-vous qu'une personne mal intentionnée se charge de lui révéler tout cela ? Imaginez le mal qui pourrait en résulter ! Sans compter que votre épouse pourrait fort bien quémander, auprès de Mandos, la faveur de quitter son royaume. Dès lors, rien ne pourrait la freiner dans son désir de vous demander de la rejoindre en Aman. Qu'en sera-t-il alors ? Que lui répondriez-vous ?

Cirdan crut bon d'intervenir :

Cirdan : Je vais prochainement me rendre sur les Terres Immortelles. J'attends des réponses à mes interrogations. Je n'aurais pas la prétention de m'adresser à Mandos lui-même, mais il me faut connaitre les intentions de Neryëlle. Je demanderais une audience. Certaines paroles devront être énoncées. On ne pourra me le refuser.

Thranduil : Ce n'est pas à vous de le faire Cirdan. Il me faut reconnaitre mes torts devant qui de droit et assumer l'entière responsabilité de mes actes. Je me rendrais moi-même en Aman.

Elrond : C'est un voyage qui vous éloignera des vôtres pendant une longue durée. Votre royaume est rongé par le Mal. Les abandonneriez-vous pour cette seule quête ?

Le roi se leva d'un bond de son siège. La colère l'irradiait :

Thranduil : Il n'y aura jamais de quête plus importante à mes yeux ! Nos âmes ont fusionnés alors que mon cœur s'était fermé depuis longtemps à tous sentiments pour ma défunte reine. Elle ne reviendra pas du royaume de Mandos, sans doute s'y est-elle déjà préparée.

Elrond : Comment pouvez-vous affirmer de façon si catégorique un fait d'une telle importance ? N'a-t-elle donc jamais compté à vos yeux ? Elle est de notre peuple ayez-en souvenance !

Le regard sombre, le monarque prit le temps d'assimiler ce qui venait d'être dit avant de répondre d'une voix grave :

Thranduil : Je vous interdis de porter le moindre jugement sur une douleur dont nous avons dû, l'un comme l'autre, en accepter l'intensité. Pensez-vous qu'il était facile pour moi autant que pour mon épouse de vivre pareille sentence ?

Elrond : Cette épouse porte le nom de Neryëlle !

Cirdan s'opposa immédiatement à cette querelle prenant une ampleur démesurée :

Cirdan : Cela suffit ! Je ne permettrais à quiconque de porter un jugement sur une affliction dont nous ne soupçonnons pas l'ampleur ! Le Seigneur Thranduil, que j'ai vu naître, n'est pas un irresponsable, et ce malheur couvait déjà au sein de ce mariage. Ma culpabilité, de n'avoir su les mettre en garde tous deux me ronge. J'avais deviné le caractère étrange de cette union, mais à l'époque, je n'étais pas en mesure de l'expliquer. Mes prémonitions auraient pu être mal interprétées …je ne pouvais tout simplement pas apposer de mots à mes craintes…je me suis volontairement détourné de ces sentiments…à tort il me faut bien le reconnaitre à présent !

Thranduil : Pourquoi ne m'en avez-vous jamais parlé ?

Cirdan : Quelles auraient pu être mes paroles ? Je n'aurais su moi-même les choisir. Ce n'était que des impressions !

Un silence s'établit dans la pièce. Radagast secouait la tête en soufflant :

Radagast : Nous ne devrions jamais fermer la porte à nos intuitions. Bien souvent, elles nous éviteraient le pire !

Cirdan : Il reste tout de même, un fait d'une extrême importance n'ayant trouvé aucune explication logique à nos yeux…

Gandalf : Cette fusion des âmes, me parait extraordinaire, j'en conviens, mais cela pourrait avoir de fâcheuses conséquences concernant le retour de Néryëlle, sur les terres bénies, à cela vous n'y pouvez rien. Les Vala n'accepteront jamais pareil affront. Ce serait risquer une grave riposte de leurs parts.

Thranduil : Cela aurait déjà dû être fait…Ne comprenez-vous pas qu'ils sont en accord avec les faits s'étant produits ? Pour une fois Gandalf, votre savoir à ses limites de cela aussi vous devriez en avoir conscience !

L'istari resta un moment interdit devant ces paroles. Plus que la blessure qu'elles venaient de provoquer, c'est l'insistance de cet ellon profondément amoureux qui le choqua d'avantage.

Jamais le fils d'Oropher ne s'était montré aussi déterminé, aussi sûr de sa parole…

Quelque part, les dès étaient jeté pour lui et ce constat effraya le mage bien plus qu'il ne le pensait.

Elrond comprit également le danger d'une telle situation :

Elrond : Mais enfin Thranduil, c'est une adaneth (femme mortelle). Qu'êtes-vous susceptible de lui offrir, sinon un avenir incertain et cruel ?

Thranduil : Il n'y aura rien de cruel pour cette femme dont je suis profondément épris, j'y veillerais personnellement. Rien ne saurait me détourner de ce que je m'apprête à faire, pas même un Vala !

Gandalf : Vos paroles dépassent vos pensées Majesté ! Un tel désir de croire en sa supériorité est un sacrilège.

Thranduil : Oseriez-vous insinuer que tel est le cas ?

Gandalf : Votre père aurait désapprouvé pareil manquement à votre rang.

Thranduil : Mon père n'aura plus jamais rien à désapprouver. Sa vaillance lui en a fait payer le prix fort. De cela, il doit en être question lors de ses errances dans les cavernes de Mandos.

Elrond : Il est des rancœurs qui doivent s'effacer avec le temps mellon nin. Les garder en votre sein ne vous servira point. Pensez plutôt à Neryëlle qui a fait don de son existence pour vous faire sien. Elle est la mère de votre unique héritier.

Thrnduil : Et elle le restera bien sûr, mais elle ne fait déjà plus partie de mon destin.

Elrond : Vos paroles sont cruelles Thranduil. J'ai le plus grand mal à vous reconnaître…

Thranduil : Elles sont pourtant plus justes que toutes ces années où je me suis emmuré dans un silence mensonger et dévastateur. Mon erreur à été de trop ménager les convenances et les traditions.

Gandalf : Mais enfin Majesté, ce sont plus que des traditions. Le mariage est un acte important, c'est pour la durée de l'immortalité.

Thranduil : Alors sans doute devrais-je y renoncer ?

Cirdan, qui connaissait le caractère emporté du monarque, tempéra les esprits, alors que les deux istari se lançaient un regard affolé :

Radagast : L'aimez-vous donc à ce point ?

Cirdan : Assez ! Laissons le cœur de ce roi décider lui-même de son sort ! Nous pensons tous ici à Neryëlle, moi le premier, mais cette fusion des âmes est un signe du destin. Je dois me rendre en Aman le plus rapidement possible. On m'y apportera les réponses auxquelles j'aspire depuis si longtemps. Il me faut réparer cette faute. Si j'avais pu agir…

Thranduil : Vous n'êtes pas responsable de mes actes Cirdan, mellon nin, je porte cette souffrance en moi depuis si longtemps…je vous accompagnerais.

Gandalf : Ce ne serait pas prudent. Légolas est encore si jeune…

Thranduil : S'il devait m'arriver malheur, mon fils saurait reprendre les rênes du pouvoir !

Cirdan : Hélas, je n'en suis pas si sûr ! Quelque chose me dit qu'il n'est pas prêt. Une autre destinée l'attend. Reconnaissez-le Thranduil, il brûle d'envie de parcourir le monde. Sa jeunesse et sa fougue vont d'ici peu l'emporter loin de votre royaume.

Thranduil préféra de rien répondre, se contentant de les fixer de ses prunelles bleues. Dans ces yeux là se reflétaient une telle intensité qu'il n'était point besoin d'être devin pour en comprendre la signification. Il avait toujours eu conscience de ce que Cirdan venait d'affirmer avec une telle certitude.

Un silence tout à la fois oppressant et révélateur, s'installa dans la pièce. L'air devint lourd et chacun se prit à penser que de cet amour allait naître bien des souffrances.

Gandalf : Les Valar condamneront votre acte irréfléchi.

Thranduil : Les valar confèreront à Dame Olana, l'immortalité qu'elle est en droit d'espérer.

Gandalf : Ils n'en ont pas le pouvoir et vous le savez fort bien. Seul Illuvatar le pourrait.

Thranduil : Alors son salut viendra de lui.

Radagast : Mais enfin Majesté, cela ne s'est jamais encore produit pour une humaine…

Elrond : La folie vous guette mellon nin. Reprenez-vous je vous en prie. Cette fusion me tracasse au plus haut point, je ne comprends pas dans quel but cela à pu se produire, mais il nous faut garder à l'esprit un semblant de lucidité. Des jours sombres sont à venir, et si votre obstination perdure, d'autres malheurs sont à prévoir.

Prenant soin de quitter son siège dans le plus grand calme, le roi s'inclina devant son ami avec respect :

Thranduil : Vous avez toute ma reconnaissance pour l'aide offerte à cette Dame, mais je vais devoir quitter Imladris sur le champ. Je ne souhaite pas vous mettre dans l'embarras plus longtemps mellon nin.

Curieusement, ces derniers mots prirent une consonance fortement désagréable dans la bouche du souverain. Il inclina respectueusement la tête devant le Seigneur Elrond et les deux Istari, et Cirdan, avant de quitter la pièce d'un pas rapide et nerveux.

Cirdan fit un signe de la main, faisant comprendre par là même qu'il se chargeait de partir à sa suite afin de lui parler au calme.

Ce fut avec tristesse que Radagast du s'avouer vaincu :

Radagast : J'aurais tant aimé faire revenir le fils d'Oropher à de plus justes sentiments…

Gandalf : Je m'engage à rester à ses côtés. Il me faut surveiller ses actes.

Radagast : Pourquoi cette fusion à-t-elle eu lieu pour cette femme ? Pourquoi une telle intensité ? Cela reste un acte rare certes, mais l'ampleur qu'il a pris chez cette humaine me paraît troublant.

Elrond : Continuez à les protéger à distance s'il refuse votre soutien. Ne les lâchons pas. Ils auront besoin de nous.

Les deux istari approuvèrent d'un signe de tête et pensèrent de concert qu'il y avait là bien plus de mystères qu'ils n'en pourraient jamais comprendre.

Après avoir déjeuné, Orlyänne sortit dans les jardins de Fontcombe. Il y faisait une douce chaleur. L'elfe de feu en profita pour ennuyer Jack. Zorgûnn avait été son souffre douleur durant des semaines, elle allait changer de partenaire.

Jack : Fiche moi la paix Orlyänne. Laisse-moi roupiller tranquille.

Evidement, il était hors de question pour elle de lui offrir cette paix tant espérée. Lui donnant de petits coups, lui tirant les cheveux, elle réussit à l'énerver tant et si bien, qu'il se leva et l'empoignant par la taille la renversa à terre. Aussitôt, avec une rapidité fulgurante, elle l'entraîna avec elle dans sa chute et réussit au passage à lui coller une beigne.

A présent, fou furieux, le mercenaire l'attrapait par ses cheveux espérant la coucher à terre et finir cette prise en ayant le dessus bien évidement, sauf que cette guerrière avait plus d'un tour dans son sac.

Ses pieds emprisonnèrent son avant bras, et le cri qu'il poussa la fit rire :

Jack : Mais t'es folle où quoi ?

Debout, les cheveux en bataille, l'elfe souriait de toute ses dents :

Orlyänne : Ne me dis pas que je t'ai fait mal ?

Jack : 'tain, trouve-toi un mâle et fais-toi plaisir ma belette. T'as un taux de phéromones là… proche du maxi !

Orlyänne : Il me faut soit mïrler, soit me battre ! Au choix. (Nous dirons, pour être polie, faire l'amour...)

Jack : Vous êtes quand même bien tarées par chez vous. Quelle coutume à la con !

Zorgûnn : Elle est bien trop dangereuse pour moi dans cette période là mon ami.

Jack : Courage, je pense à quelqu'un qui pourrait soulager ton instinct de reproduction ma belle.

Le mercenaire riait déjà de la blague qu'il réservait à quelqu'un de bien particulier.

Zorgûnn : Ne vas pas nous causer des ennuis. Essaie de te contrôler.

Orlyänne : Attends, avec les femelles, je suis beaucoup moins ardue. Je ne pourrais pas faire le moindre mal à Naëlle par exemple. Cette ravissante petite ninïl enflamme déjà mon esprit…

Jack : Vous avez de drôles de mœurs quand même.

Orlyänne : Ce que notre corps veut...

Zorgûnn : Votre corps doit l'avoir, oui, nous le savons, sauf qu'il vous faudrait y mettre un peu plus de douceur, non ?

Orlyänne : Je peux aussi, seulement, c'est plus difficile.

Jack : On demandera à Chaperon Rose de lui filer quelques tuyaux...

Aliénor : Bonne idée, d'autant que cette gourgandine en connaît un rayon là dessus.

Orlyänne : Une gourgandine ? Diantre, j'ai hâte de la rencontrer.

Aliénor : Fais gaffe, c'est une coriace.

Orlyänne : Tu excites mon imaginaire Aliénor. Tiens, à propos d'excitation, mes oreilles ont entendus cette nuit de très jolis sons provenant de la chambre de cette petite coquine d'Olana.

Aliénor : Que racontes-tu encore ?

Orlyänne : J'ai l'ouïe encore plus développé que celle de ces elfions et crois-moi, elles ne m'ont pas trompés. D'autant que cela a duré toute la nuit. On ne dirait pas, mais cette petite en a sous l'pied.

Zorgûnn : Es-tu sûre de tes propos ?

Orlyänne : Oh que oui ! Malgré les injonctions du roi pour l'encourager à baisser d'un ton, la belle avait l'air d'apprécier ce qu'il lui faisait.

Ouiiiiii, ouiiii oh mon roiiiii.

La belle elfine souriait de toutes ses dents, et elles étaient fort nombreuses :

Jack : Je l'ai toujours dit, c'mec là c'est un ...

Aliénor : Stop, arrête avant de dire une bêtise.

Jack : Royal baiseur.

Bien qu'il ait chuchoté ces deux mots, Orlyänne et Zorgûnn partirent dans un éclat de rire tonitruant.

Gandalf lança un regard courroucé en direction de cette elleth qui lui répondit par un sourire encore plus épanoui. Cette dragonne l'irritait, autant qu'elle l'intriguait.

Bien décidée, à ne pas perdre sa bonne humeur, une idée vint à l'esprit de l'elleth. Elles avaient tendance à bouillonner en cette période délicate, aussi décida-t-elle de la mettre à exécution immédiatement.

D'un pas décidé, elle prit la direction des jardins odorants où quelques elfes se promenaient et crut reconnaitre de loin la personne qu'elle était venue chercher !

Gabriel, les yeux fermés tout occupés à méditer sur le sens de la vie en ce monde, psalmodiait d'une voix cristalline tout en battant la mesure. Un bruit attira son attention. Soulevant ses paupières, une vision cauchemardesque s'offrit à lui. Il se leva, tel un ressort en posant une main sur son front dans un élan digne d'un acteur de théâtre antique :

Gabriel : Que diantre fait-elle ici, celle-là ?

Et de son long doigt fin, il désigna une Orlyänne au bord de l'implosion de rire :

Orlyänne : Heureuse de me revoir Gabriel ?

L'archange se mordit l'index replié dans un geste rageur :

Gabriel : Par le Très Haut, qu'est-ce à dire ? N'en avais-je pas assez de tous ces mécréants, sans que cette tornade de feu ne vienne troubler le semblant d'ordre que je m'évertue à sauvegarder difficilement ?

Orlyänne : Je me suis dit que cela vous ferait plaisir de me revoir.

Et un sourire digne d'une star hollywoodienne, s'afficha sur un visage maculé de poussières :

Gabriel : Si c'est une nouvelle épreuve envoyé par les forces célestes, qu'il me soit accordé le crédit de ma réussite.

Ses deux mains se positionnèrent sous son menton qu'il releva avec un air de défi :

Gabriel : Mettons les choses aux clairs et tout de suite jeune fille. Je vous préviens, que je ne supporterais aucuns manquements à mes injonctions et vous subirez mon courroux si une envie de désobéissance venait chatouiller votre esprit belliqueux. M'avez-vous bien compris ?

Orlyänne : On ne peut mieux Archange Gabriel !

Gabriel : Hum, voici un ton qui me convient parfaitement.

Et l'elleth de sourire d'avantage…

Cela attira son attention :

Gabriel : Une question en passant...êtes vous dans votre période de rärlanen ?

Orlyänne : Cela fait deux jours archange.

Une main céleste s'abattit sur ses yeux dans un poignant geste de désespoir :

Gabriel : Oh ! Je crains le pire !

Au bras de la jeune servante Naëlle, Olana avait décidé d'attendre la venue du roi. Promesse avait été faite pour une promenade dans les luxuriants jardins d'Imladris et la jeune femme souhaitait ardemment profiter de ce moment particulier. Plus que tout, il lui semblait vivre, dans ce petit paradis, une véritable parenthèse enchantée. Elle sentit sont approche, alors qu'un charmant sourire apparaissait sur son visage.

Les mains de la jeune elleth, se mirent à trembler et elle comprit que quelque chose clochait. Il éleva la voix. Elle était dure et inflexible :

Thranduil : Laissez-nous !

Olana perdit instantanément son sourire et tendit les mains au devant d'elle :

Olana : Que se passe-t-il mon roi ? Pourquoi avoir été aussi désagréable avec cette jeune elfine ?

Thranduil : Nous partons Olana.

Olana : En promenade ? Oui je vous attendais…

Thranduil : Non, vous ne m'avez pas compris, nous quittons Imladris ! Sur le champ !

Olana : Mais pour quelle raison ?

Thranduil : J'ai dit nous partons ! Cela devrait suffire !

Le ton employé fit reculer Olana. Sa lèvre supérieure se mit à trembler. La peur s'infiltra en elle comme un poison violent. Le retour vers un passé qu'elle aurait souhaité oublier, fut immédiat.

De très désagréables images se matérialisèrent à son esprit. Celles de la violence conjugale dont elle avait été victime. Tel un réflexe de survit, ses mains se positionnèrent devant son visage, comme pour parer un mauvais coup.

Choqué par ce qu'il venait de provoquer, Thranduil se rapprocha spontanément d'elle et la prit dans ses bras :

Thranduil : Pardon mon ange. Je n'aurais jamais dû vous parler ainsi. Comment ais-je pu me montrer aussi abrupte ?

Olana : Je comprends que ce n'était pas intentionnel Sire. Que s'est-il passé ?

Thranduil : Des mots énoncés m'ont heurtés et je pense préférable de mettre une certaine distance entre le Seigneur Elrond et moi-même.

Olana : Des mots… me concernant ? Je vous en prie, dites-moi ! ON ne m'accepte pas c'est cela ? Je suis la cause de cette dispute ?

Thranduil : Vous n'êtes responsable d'aucun méfait ma douce. Il me faudra vous parler lorsque le temps ne nous fera plus défaut. Certaines révélations doivent vous être faites.

Ses tremblements empirèrent :

Olana : Vos sentiments à mon égard auraient-ils évolués ?

Le roi s'empara de sa main et la posa d'un geste fort sur son propre cœur :

Thranduil : Sentez ! En doutez-vous encore ?

Elle colla son oreille contre le torse de son amant et soupira d'aise en l'enlaçant :

Olana : Je n'en douterais plus jamais mon roi. J'entends là, la plus belle des musiques… Je vais faire préparer mes affaires et je vous attendrais.

Thranduil : Je n'en ai pas pour longtemps.

Olana : Mes amis ont-ils été prévenus ?

Thranduil : Ils vont l'être ne vous inquiétez pas. A tout à l'heure.

Dépité, la jeune femme n'eut d'autres choix que de faire revenir Naëlle et lui ordonner de rassembler ses affaires. Elle revêtit, des vêtements de voyage plus pratique pour chevaucher son destrier. Dans sa tête, mille et une interrogations se bousculaient.

Un long soupir s'échappa de sa gorge. Cela ne finirait-il donc jamais ?

Pourquoi cette aventure prenait-elle une tournure aussi inquiétante ?

Ce fut un peu l'affolement général. Luthïen s'en venait d'un pas rapide. La contrariété se lisait sur son beau visage et la nervosité guidait ses pas désordonnés. Zorgûnn fut le premier à s'en rendre compte :

Zorgûnn : Quelque chose ne tourne pas rond Jack. Regarde Luthïen !

Jack : En effet. Je me demande quel lapin va encore nous sortir du chapeau.

Aliénor : Décidément, quand trouverons-nous enfin un peu de répit dans cette aventure ?

Orlyänne : A mon avis, tu n'es pas prête d'en trouver avant longtemps !

Aliénor : Je te remercie Orlyänne pour ce regain d'optimisme offert avec tant de joie.

Orlyänne : Il n'y a pas de quoi mon amie. Quand une chose doit être dite, elle est dite ! Point !

Jack : J'adore ta façon de voir les choses. Simple mais efficace.

Arrivé à leur hauteur, l'elfe débita son discours sans s'interrompre :

Luthïen : Mes amis, nous quittons Imladris tout de suite. Préparez vos effets. Vous devez vous tenir prêt. Le roi n'attendra personne.

Jack : Je suppose qu'il est inutile de te demander ce qui se passe ?

Mais déjà, l'elfe repartait s'acquitter de ses tâches :

Jack : Comme toujours, c'est le bordel !

Orlyänne se mit à rire :

Orlyänne : Comme toujours Jack, et c'est ce que j'aime chez toi, cette façon de d'énoncer ta pensée.

Aliénor : Eh bien, il y en a au moins une à qui cette nouvelle fait plaisir.

Orlyänne : Exactement ! De plus, ma période de rarlänen, m'encourage à espérer un où deux combats. Sinon il ne me restera plus qu'à…

Aliénor : Oh non, je ne veux rien savoir. Allez, on lève le camp !

Jack : Alors si toi aussi tu me voles mes répliques…

Le mercenaire, les bras ouvert dans un geste dépité offrait un sourire radieux. Rien ne pourrait jamais inquiéter ce clan qui était leur. Voilà où se trouvait leur courage.

Olana, fin prête, attendait patiemment que le roi vienne la chercher. Là encore, son pas et sa fragrance le trahit. Il stoppa net sa course. De la voir sagement assise sur le lit, les mains posées sur ses genoux, la tête droite…

Une bouffée d'amour l'envahit. Comment pouvait-elle toucher son cœur d'une façon si simple ?

Malgré son handicap temporaire, du moins l'espérait-il, elle était à sa merci, ne quémandant aucune faveur, subissant son sort sans la moindre plainte. De sa fragilité, il ne subsistait plus grand-chose ces derniers temps. Ou avait-elle puisé un tel courage ?

Il promena son doigt sur sa joue chaude. Elle frissonna.

Thranduil : Êtes-vous prête ?

Olana : Je le suis.

Thranduil : Me faites-vous confiance ?

Olana : Là où vous irez, j'irai…

Il la prit dans ses bras et la serra contre lui :

Thranduil : Je ne vous laisserais jamais me quitter m'entendez-vous, jamais ! L'amour, j'avais pensé le trouver, l'ai vécu, l'ai rendu comme il m'était possible de le faire. Je me suis contenté de son absence, lorsqu'il est venu à manquer et j'ai continué à vivre malgré tout. Perdre le vôtre…cela ne pourra jamais arriver, je ne vous survivrai pas !

Olana : Je ne partirai pas mon roi. Je suis venue dans ce monde pour vous. Rien d'autre n'a d'importance. Je ne vous quitterai jamais, jamais…seule la mort pourra nous séparer…

Il baisa son front avec tout l'amour dont il disposait dans son cœur, ce qui voulait dire beaucoup. L'angoisse fit alors place au chagrin. De lourds sanglots s'invitèrent sur ses traits. Secouée par la violence compulsive de ces larmes, la douleur paraissait croître ne semblant jamais vouloir prendre fin.

Trop d'événements s'étaient produits, trop de tensions s'étaient accumulées…

Thranduil la serra contre lui effrayé par l'ampleur de cette tristesse. Son cœur battait à tout rompre :

Thranduil : Ne pleurez pas mon ange, ne pleurez pas je vous en prie…nous y arriverons ! Nous parviendrons à surmonter toutes ces épreuves !

Olana leva vers son roi un visage baignée de larmes :

Olana : Est-ce…bien vrai ?

Thranduil : Oui, mon amour et au-dessus de nos peines naîtra le plus bel arc en ciel et nous le suivrons. Il nous emmènera si loin, si haut…

Olana : Je vous tiendrais la main, et nous serons en paix, enfin…

Thranduil : En paix, et heureux !

Il effleura sa joue :

Thranduil : Vos larmes sont des perles ou notre amour s'y reflète avec passion. Les voir mourir c'est nous offrir l'espoir.

Malgré l'urgence du départ, il prit le temps de la bercer contre son cœur, d'attendre qu'elle se calme avant de lui prendre la main pour la guider…

Et la souffrance berça cet amour d'un battement de cœur,

Alors qu'au loin, la tempête annonçait déjà le tumulte et la peur…

De mémoire elfique, jamais pareil attachement ne s'était produit entre deux êtres :

Scribe : En es-tu certaine ? Et l'exemple de Beren et Lùthien ?

Arakiëll : Chercherais-tu à contredire ma bonne parole ?

Scribe : Que nenni.

Arakiëll : Tant mieux ! Pour répondre à ta question, il te faudra compter désormais sur un nouveau couple passionnel et celui-ci crois-moi saura revendiquer sa légitimité.

Scribe : Magnifique ! Je note cela avec tout le respect dont je peux faire preuve.

C'est avec regret qu'elle quitta le domaine de Fontcombe, cet endroit dont elle n'avait fait que deviner, à défaut de l'admirer, la magnificence.

Gabriel, que ce départ chagrinait encore plus que le Seigneur Elrond, n'aimait pas la tournure que prenaient les événements. Beaucoup de choses semblaient échapper à son contrôle ce qu'il redoutait plus que tout.

Pourtant, il n'en laissa rien paraître et s'approchant de la jeune femme lui parla tendrement, pendant que Thranduil prenait congé de son hôte :

Gabriel :

Elrond : Êtes-vous certain de vouloir prendre la route ? La nuit viendra trop tôt pour des voyageurs solitaires. Les routes ne sont plus très sûres par ces temps troublés.

Thranduil : Je n'ai que trop tardé. Merci Seigneur Elrond.

Elrond s'approcha au plus près du roi et murmura à son oreille :

Elrond : Prenez le temps de lui parler mellon nin. Faites le au nom de notre amitié.

Thranduil lui jeta un dernier regard avant de monter à cheval. D'un signe de tête il donna le signal de départ.

Radagast décida de rester à Fontcombe alors que Gandalf préféra accompagner le roi. Bien que n'ayant pas sollicité sa présence, le souverain n'opposa aucune réticence à le savoir du voyage.

Voir disparaître ainsi son ami attrista le Seigneur Elrond. Parfois, ce monarque ténébreux pouvait être extrêmement compliqué, mais la solitude de son veuvage l'avait très certainement aigris, à moins que cet amour si soudain…

Comment mettre des mots à un tel mystère ? Parviendrait-il à faire revenir à plus de raisons un ellon dont la fougue l'emportait, chaque jour, toujours plus loin ? Cela relevait de l'inconnu…

Alors que les cavaliers disparaissaient dans le lointain, Radagast siffla entre ses lèvres.

Roäc apparut, toujours prêt à satisfaire la moindre de ses demandes :

Radagast : Ah, mon ami, Sa Majesté Thranduil vient de prendre la route pour la Lothlorien. Suis les à distance, ils ont besoin de protection et moi d'avoir de leurs nouvelles.

Roäc : Et il en sera fait ainsi ! Comment se porte Dame Olana ?

Radagast : Bien mieux, mais c'est le roi qui m'inquiètes…

Roäc : Ce qu'il vit est si intense !

Radagast : Ah oui ? Et quand penses-tu mon petit ami ailé ?

Roäc : Ce que je pense ne pourrait que vous chagriner Radagast !

Radagast : Je vois…

Roäc : Il nous faut les prendre en charge magicien ! Ne les abandonnons point…

Radagast : Ce n'était pas dans mes intentions Roäc.

Roäc : Alors, dans ce cas, je ne faillirais pas à ma mission.

Radagast : Eh bien moi non plus ! Caïus !

L'istari frappa dans ses mains, bien décidé à contrer ce mauvais sort s'acharnant sur cette adorable Dame. Un grognement retentit alors qu'un énorme sanglier courrait dans sa direction freinant des quatre sabots juste devant les chausses du magicien.

Satisfait, ce dernier sortit de ses affaires un harnachement destiné à être placé sur le dos de l'animal. La grosse truffe de Caïus frotta la main de Radagast :

Radagast : Oui, oui, mon ami, le temps de te préparer et…oh par la barbe de Gandalf, on dirait que tu es pressé, ça tombe bien, moi aussi.

Il ne fallut que quelques minutes à l'istari pour préparer sa course et elle devait être dantesque !

Le corbeau, après avoir secoué ses plumes dans un geste joyeux, s'envola dans un battement d'aile, tournoyant au-dessus de sa tête avant de prendre la direction des voyageurs.

Thranduil, qu'un excès de confiance avait poussé à s'engager sur les routes à la clarté de la lune, eut soudain un doute lorsqu' il vit devant ses yeux un chemin depuis longtemps oublié des habitants de la Terre du Milieu.

Cette voie nommée, "La trouée des Trolls", un petit nom charmant qui soit dit en passant, représentait un passage des plus aléatoires.

Oublié depuis la nuit des temps, cette route traversant les Monts Brumeux d'où l'on percevait difficilement la lumière du jour n'était plus empruntée depuis fort longtemps. Il faut dire qu'elle était peu recommandable !

Ici, autrefois, sévissaient des trolls d'une monstrueuse cruauté. Leurs mains armées de masses, s'acharnaient tout aussi bien, à écrabouiller les crânes, qu'à détruire jusqu' à la dernière marchandise transportée. La seule préoccupation de ces drôles de créatures, était d'éliminer de la surface de la terre tout être vivant autre que leurs propres congénères, c'est dire s'ils étaient envahis par l'intelligence.

Sans en connaître la raison exacte, au demeurant celle-ci devait valoir son pesant d'or, leur avidité à faire de leurs prises une bouillie infâme et sanguinolente accaparait toute leur attention

Dès lors qu'un imprudent, de quelques races que ce fut, se targuait de pouvoir utiliser ce passage sans craindre le courroux de ces monstres, il finissait immanquablement en charpie. Celui qui aurait pu, après un tel traitement de faveur, se vanter de reconnaître l'identité du défunt aurait eu son moment de gloire.

Le dernier nain en date ayant osé braver cet interdit, s'était retrouvé collé à la masse de l'un de ces monstres et n'était plus en mesure de regretter sa hardiesse ! Hélas pour lui. Paix à son âme !

Durant ce laps de temps, où chacun écoutait avec une attention des plus soutenue les explications de Gandalf, l'on vit surgir dans un nuage de poussière Radagast sur sa monture déchaînée !

Orlyänne afficha d'emblée un sourire d'une largesse indéniable, alors qu'Aliénor, se retenait pour ne pas éclater de rire, tout comme Jack. Il n'y avait que Zorgûnn capable de tenir son rang.

Cet ellon fort discret plissa tout de même les yeux, ce qui, chez lui, dénotait d'une interrogation existentielle appelant un moment d'intense réflexion. Le temps manquant, il se contenta d'assimiler cette vision s'obligeant à se souvenir des moindres détails dans le seul but de narrer ses propres aventures aux siens.

Pas dérangé pour un sou, par son incroyable arrivée, le magicien tentait de contenir la fougue de son...sanglier. Ce dernier, envahit d'une frénésie de courir comme un dératé n'obéissait qu'à regret lorsqu'il fallait ralentir l'allure.

Thranduil, surveillait sans cesse Olana qui, pour l'instant, tenait fort bien sur sa monture, ce qui l'autorisa à accorder un regard au magicien et à sa…bête ! Aliénor, les sens aux aguets tournait la tête de tous les côtés ne se sentant pas trop rassurée.

Gandalf, surpris, mais pas mécontent de retrouver son acolyte l'apostropha joyeusement :

Gandalf : Vous pouvez vous vanter, mon ami, d'avoir attiré nos attentions de façon magnifique !

Radagast : Ah oui ? Merci ! Il faut bien dire que Caïus rêvait de prendre part à l'aventure.

Gandalf : Fort bien, raison de plus pour nous engager alors ! Plus vite nous passerons cet endroit, plus vite nous remercierons qui de droit de nous sentir vivants !

Jack : Mais…qu'attendons-nous !

Après un moment d'hésitation, le roi s'approcha d'Olana :

Thranduil : Je vais tenir la bride de votre cheval meleth nin (mon amour). Ne craignez rien.

Olana : Faites ce qui vous semble nécessaire Majesté.

Enserrant sa main, il entreprit de passer le premier. Il en fallait tout de même de la détermination pour affronter pareil danger. Et bien ce monarque en avait…Et pas qu'un peu, tant sa volonté de vaincre l'habitait.

Jack, à qui l'on venait de confier le petit nom chantant de ce chemin, crut bon de mettre une image sur ces quelques lettres et joignant les deux pouces et les deux index, et formant un cercle presque parfait, il tendit les mains devant lui. Fermant un œil et visant bien au centre, il émit une opinion tout à fait personnelle et comme toujours, adapté à la situation :

Jack : Ah ouais, on dirait un beau trou du … !

Orlyänne qu'un sourire radieux illuminait adorait ce genre de comparaison. Aliénor et Zorgûnn eurent le plus grand mal à camoufler leur fou rire. Gandalf, les yeux grands ouverts par la surprise d'une telle révélation n'en crut pas ses oreilles. Bon sang cet humain n'était pas fréquentable.

Gabriel, plus enclin aux bons calembours de ce mercenaire aguerrie, haussa les épaules d'un geste de dépit.

L'heure n'était plus aux remontrances. Tous ses sens étaient aux aguets et seul comptait le fait de s'en sortir vivant, ce qui, reconnaissons-le, était une excellente motivation pour rester vigilant.

Alors que tous s'attendait à une attaque en règle, rien ne se produisit. Un calme étonnant régnait. Le chemin, pierreux et déserté de toute végétation, même la nature était prudente, serpentait avec monotonie.

Bientôt ils aperçurent au loin la lumière de la lune se refléter sur la plaine ondoyante. Ce reflet argenté sur l'herbe verte invitait à un brin de poésie…

La traversée de la passe était sur le point de prendre fin, Orlyänne stoppa net sa monture. Jack s'approcha d'elle :

Jack : Que se passe-t-il ma belette ?

Orlyänne : Je sens quelque chose. Je ne connais pas cette odeur, mais elle nous suit depuis peu.

Aliénor la rejoignit immédiatement :

Aliénor : Encore ton flair ?

Elle eut à peine le temps de finir de poser sa question…et… ce fut le moment choisi par nos joyeux drilles de Trolls, pour fondre comme la peste noire sur nos voyageurs !

Surgit de nulle part, cinq monstres, à la peau grisâtre, aux yeux exorbités et aux dents acérées descendaient en hurlant des versants escarpés de par et d'autres du chemin.

Était-il utile de préciser qu'ils tenaient dans leurs mains leurs formidables masses de granit noir laissant présager les réjouissances à venir ?

Gandalf, ouvrit de grands yeux avant de se mettre à hurler :

Gandalf : Des trolls !

Tous apprécièrent ce cri de guerre annonçant ce que tous avaient déjà reconnus :

Orlyänne : Merci magicien !

Furieux, l'istari nota comme un léger parfum d'ironie dans les paroles mielleuses de l'elleth.

Ceci dit, complètement décontenancé, chacun se tourna vers son plus proche compagnon de voyage, histoire de vérifier, dans un premier temps qu'ils ne rêvaient pas… non, en effet, ce qui se présentait à leurs yeux était bien réel, et dans un second temps de cueillir dans leurs regards un peu de ce courage qui commençait légèrement à leur faire défaut.

Aussitôt, ce fut le branle-bas de combat. Les chevaux sentirent à leur tour le danger et se mirent à galoper. Olana eut le plus grand mal à se tenir. Se baissant au maximum, elle se colla à l'encolure de son cheval et tenta de rester en scelle.

Comme toujours, ce fut Orlyänne qui fut la plus prompte à réagir. Sans attendre une quelconque invitation, elle s'élança vers le premier de ses ennemies et de sa fine lame lui fit une longue estafilade provoquant un cri sordide.

Un second s'attaqua à Aliénor. Décontenancée, elle fit une embardée avec son cheval et esquiva le marteau meurtrier de l'énergumène. Gabriel, tout affolé, le pauvre n'était pas habitué à se battre avec ce genre de mastodonte, choisit de prendre place aux côtés de Jack qui ravit s'en donnait à cœur joie.

Il fallait le voir planter sa dague là où il le pouvait, un bras, un flanc, une jambe…

Lorsque ce au tour de Thranduil d'être attaqué, il fut bien obligé de lâcher la bride du cheval d'Olana. Celle-ci comprit qu'elle devait se tenir prête à une éventuelle ruade de sa monture lequel, par ses naseaux, soufflait l'air de la peur.

L'animal avait raison de ressentir de l'effroi car lorsque le coup envoyé par l'un des Troll résonna contre la roche et provoqua un bruit sourd, le cheval se cabra et s'enfuit sans demander son reste, emportant sur son dos une Olana complètement affolée.

C'est à peine si elle avait eu le temps de s'accrocher à la longue crinière de sa monture.

Thranduil n'eut que le temps de la voir disparaître au galop. Il tenta de la suivre, mais les joyeux compères et leurs marteaux d'enfer, n'avait aucunement l'intention de les voir s'évaporer sous leurs nez, aussi l'un des plus gros s'interposa devant lui ôtant toute possibilité de la rejoindre.

Le roi cria son nom, mais devant son étalon tomba une énorme masse de pierre taillée dans une roche noire par un troll de grande dimension.

Ce dernier, arrivait en courant afin de récupérer son arme.

Le roi eut le temps de contourner l'obstacle avant de se précipiter vers son aimée. Hélas, elle n'était plus dans son champ de vision et le troll prenait un malin plaisir à lui balancer, à nouveau, sa masse monstrueuse.

Angoissé par la disparition d'Olana, Thranduil tentait vainement à échapper à ces gros tas de chair nauséabonds, mais ces derniers ne comptaient pas laisser filer ces proies de choix !

Aliénor et Orlyänne ne savait plus où donner de la tête. Se battre, cela elles savaient le faire, mais contre des trolls d'une telle hauteur...

Recouverts d'écailles vertes leurs conférant une armure naturelle, deux fois plus grands que le plus grand des hommes, dur comme des rocs, ces étranges phénomènes semblaient redoutables.

Heureusement, dans leur malchance, nos amis venaient rapidement de comprendre qu'ils ne semblaient pas très futés. L'un d'eux, tout en s'adressant à son acolyte lui asséna un coup de poing dans ce qui lui servait de visage. Ces imbéciles, se chamaillaient pour savoir qui aurait la primeur de découper en petits morceaux celui qui essayait de fuir, le grand blond avec son manteau noir. Bon sang, ils sentaient que c'était une proie de choix et chacun voulait tirer à soi la couverture de la gloire :

Troll n° 1 : Arressenn morlïne därrlornn ! (Dégage de mon champ de vision gros tas puant ! Il est à moi !)

Troll n° 2 : Arr nänn ! (Met toi le doigt au... A vous d'imaginer la suite.)

S'ensuivit un roulé boulé haut en couleur où les deux protagonistes s'envoyaient dans l'ordre, baignes, coups de pieds, tirage de poils puisqu'il n'avait qu'une poignée de crin faisant office de tignasse.

D'emblée, d'autres accoururent et se prêtèrent à une contemplation malsaine n'oubliant pas, au passage de balancer quelques coups de masse sur les cavaliers prit en tenaille.

Orlyänne, petit point rouge s'activant dans tous les sens et contrariant fortement ces monstres, eut beau faire son maximum, impossible de porter secours à Olana.

Il faudrait qu'elle se débrouille seule.

Vint alors le moment où une décision doit être prise dans un affolement extrême. Olana choisit, quant à elle, de tirer sur la bride de son cheval espérant le faire ralentir pour rester en vue et être retrouvée par ses compagnons, mais sa monture ne l'entendait pas ainsi.

Le mords blessa son destrier qui, dans un mouvement de révolte, se cabra. Elle chuta sur l'herbe. Heureusement, elle était haute et amortie sa culbute.

A terre, elle choisit de ne point en bouger. De toute façon, où aurait-elle pu se diriger aveugle comme elle l'était ?

Choisissant la moins mauvaise des solutions, elle s'assit sur l'herbe rassemblant ses genoux contre sa poitrine en espérant qu'on vienne la chercher rapidement.

A l'écoute des bruits ambiants, un rien la faisait sursauter. Tournant sans cesse la tête à droite à gauche, elle avait l'impression qu'un danger approchait.

Pourtant, ce fut une odeur qui attira son attention et non un bruit.

Une forte odeur de souffre piqua ses narines. Surprise, elle huma l'air à nouveau et entendit cette fois un frottement sur la terre. Elle reconnut la cadence d'un trot avant que les sabots ne ralentissent l'allure. Puis l'animal s'arrêta.

Le silence oppressant la déstabilisa. Pourquoi ne s'adressait-on pas à elle ? Il y avait pourtant quelqu'un. De cela elle aurait pu le jurer. Elle finit par rompre cet étonnant mutisme :

Olana : Qui va là ? Répondez ! Je sais qu'il y a quelqu'un !

…. : Bien sûr vous le savez ma chère, vous m'avez même sentit. Alors, nous nous retrouvons charmante Olana ?

Olana : Qui êtes-vous ?

….. : Vous me décevez très chère. Allons faites un effort.

Olana : Je n'ai pas envie de jouer aux devinettes.

….. : Moi non plus. Ecoutez ma belle…

Un horrible bruit de succion suivit de râles indécents firent remonter d'étranges sensations à son esprit :

….. : Arrrgh ! Attention ma jolie catin hâtez-vous, je vais bientôt jouir…ahhhah !

Cramoisie, Olana se mit à crier :

Olana : Vous n'avez aucune décence ! Cessez ces horribles démonstrations de plaisir !

….. : Alors, cela vous rappelle-t-il quelque chose ?

Olana : Arrêtez ! Mais arrêtez donc !

….. : Arrghh ! Trop tard ! C'est que vous êtes une perpétuelle source d'inspiration pour moi ….Mi piace tutto di te ! (J'aime tout de toi !)

Olana : Je ne comprends pas !

….. : Mon ennemie de toujours m'a ôté de ce charmant corps que j'ai su apprécier à sa juste valeur. Vous étiez à mon goût Olana. Si je n'étais pressé par le temps, je vous prendrais à même le sol avec un plaisir évident. Il n'est pas exclu que je ne m'octroie ce désir. Pensez-vous que votre amant apprécierait ? Oui…il aimerait tant vous voir hurler sous mes coups de butoir…et ma langue experte, chaude…brûlant vos chairs tendres et moites…oui…

Olana : Asmodée !

Asmodée : Et bien nous y voici. Dès lors que les présentations ont été faites en bon et du forme, je vous emporte avec moi…

Avant même qu'il ne mette sa menace à exécution, un bruit sourd retentit derrière elle.

La terre trembla.

Quelque chose de lourd venait de se poser à terre.

Elle sentit un déplacement d'air et tendant ses mains au devant d'elle, elles effleurèrent quelque chose qui ressemblait à de la…peau.

Aussi fine qu'un parchemin, cela semblait former un paravent de protection.

Accroupis à terre, elle continua à explorer cette curieuse matière et ses doigts rencontrèrent comme une sorte de griffe. Longues, rigides, elles étaient au nombre de deux profondément ancrées dans la terre.

Soudain, elle eut peur.

Quelle était cette chose ?

La méfiance la fit reculer et son dos rencontra un souffle chaud qui lui fit pousser un cri.

C'était plus de la surprise que de l'appréhension. Elle en était convaincu, cette chose ne lui voulait pas de mal.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, si le danger devait sévir, cela aurait déjà dû être fait :

Olana : Qu'êtes-vous au juste ?

Un nouveau souffle….elle prit cela pour une réponse.

Cela finit de la rassurer. Cet animal, puisqu'il s'agissait bien de cela, la protégeait.

Un peu plus rassurée, elle se détendit. C'est alors qu'il poussa un rugissement aux intonations étrangement familières. Ces sons, n'étaient pas des grognements, encore moins des cris, cela ressemblait à un langage…

Asmodée poussa un juron. L'air, passant entre ses dents, produisant un horrible sifflement. L'animal émit à nouveau le même son qui ressemblait fort cette fois à une injonction.

Une extrême agitation régnait autour d'elle. Le cheval du démon, hennissait de frayeur. Ses sabots martelaient la terre pressant son maître de fuir alors que ce dernier s'acharnait après sa victime.

La masse près de la jeune femme remua, occasionnant un tremblement soudain. Quoiqu'elle fût, elle devait être énorme, car son seul déplacement suffit à la renverser à terre.

Un hurlement s'échappa de la gorge d'Asmodée. Un coup avait dû lui être porté et le démon enrageait. Il lui fallut battre en retraite :

Asmodée : Vous n'aurez pas toujours la chance à vos côtés Olana. Je reviendrais vous chercher et il se pourrait fort bien que je ne fasse plus preuve de clémence !

Le cavalier et sa monture s'éloignèrent d'elle et de cette …chose avec rapidité.

A présent seule, avec ce mystère, la jeune femme tenta d'établir un semblant de communication, ce qui s'avéra extrêmement difficile :

Olana : Je ne sais pas ce que tu peux être, mais tu viens de me sauver la vie.

A nouveau, un souffle d'air chaud fit voler ses cheveux. Ses mains tâtonnèrent au devant avant de frôler deux gros trous d'où s'échappait l'air doux.

Sa déduction fut rapide. Des naseaux, pensa-t-elle et pas des moindres. L'animal devait être de belle taille. Continuant à le toucher, son corps paraissait être constitué de grosses écailles…froides. De la bienveillance émanait de cette bête, elle n'avait aucun doute là-dessus.

Suivant la courbe de ce qui paraissait être sa gueule, ses mains osait à peine, effleurer, toucher, tant sa peur la retenait. Il fallait pourtant en avoir le cœur net. Ce n'était pas facile pour elle de surmonter son appréhension, mais elle finit par se faire une raison tout en parlant à vois haute pour se donner du courage :

Olana : Si seulement tu pouvais parler…

La bête dû la comprendre car à nouveau, ces sons l'ayant interpellés se firent à nouveau entendre :

Olana : Tu essais de communiquer ? Hélas, je ne te comprends pas. Pourtant, ces sons me paraissent familier …Pourquoi ?

Malgré la lenteur avec laquelle son inspection se poursuivait, elle osa remonter ses doigts de part et d'autre de sa mâchoire. Elle dû les ouvrir en grands pour s'en saisir. Affolée, elle retint un cri. Sa tête était si large qu'elle n'arrivait pas à atteindre le sommet de son crâne.

Comme s'il avait compris, il la baissa lui offrant son front en découverte.

A nouveau ses mains papillonnèrent et rencontrèrent une frange de …poils. Lorsqu'elle les sentit s'affaisser en même temps qu'un léger grognement, elle en déduisit qu'il s'agissait de cils.

Longs, soyeux, ils provoquèrent des chatouillis qui firent apparaître un sourire sur ses lèvres :

Olana : Oh, pardon !

Un nouveau souffle chaud lui fut offert comme une réponse. De toute évidence, cet étrange animal comprenait son langage. Avec sa seule impétuosité comme bagage, elle se colla contre lui d'un élan passionné.

Ce fut, pour elle, le seul moyen de lui témoigner sa reconnaissance, et, aussi surprenant que cela pouvait paraitre, la bête parut apprécier puisqu'un grognement léger vint accueillir ce geste exécuté comme une offrande.

Après une dernière caresse, Olana le remercia :

Olana : J'aurais tant aimé te voir…

Précautionneusement, l'animal recula et mit ses énormes ailes en mouvement qui battirent plusieurs fois l'air avant, dans un dernier élan, de s'élever dans les cieux.

Déçue de n'avoir pu mettre une image sur son ressentit, la jeune femme connut un moment de frustration, bien vite remplacé par toute la considération qu'elle éprouvait pour cette chose.

Olana : Merci…merci…

Les trolls, quant à eux, tenait toujours à leurs proies et ne comptait pas les lâcher de si tôt.

Sauf que…

Pris d'un accès de rage, le roi, furieux d'avoir été séparé de son amour, frappa un grand coup et son épée sectionna net une artère d'importance située à l'aine du monstre.

Ses gros yeux s'arrondirent de stupeur alors qu'un sang couleur rubis s'échappait en jets puissant.

Ses traits pâlirent deux fois plus. Dans un dernier sursaut, il abattit sa masse tout près de Thranduil et il s'affala au sol.

Curieusement, ce qui s'en suivit laissa tout le monde abasourdis. Accaparé par l'odeur douceâtre du sang s'écoulant sur la terre, les quatre trolls tournèrent la tête vers la victime et ils se mirent à l'unisson pour s'acharner sur leur compagnon, qui n'en était plus un au vu du sort qu'ils lui réservaient.

Sans le moindre remord, leurs masses écrasèrent le corps sans vie du troll, à commencer par sa tête. Un lynchage en règle pour une fin annoncée.

Thranduil fut le premier à quitter les lieux, trop pressé de retrouver Olana. Sentant la nausée s'emparer de tout son être, Gabriel le seconda.

Il n'y avait que l'elfe de feu pour sourire devant un tel spectacle. Gandalf en avait perdu la parole. Non de non, cette femelle était sans foi ni loi !

Laissant les trolls à leur joyeux carnage, tous prirent la fuite et chevauchèrent la plaine éclairée par la douce clarté de la lune.

Toujours debout à l'écoute du moindre bruit, il en fut un qui attira immédiatement l'attention de la jeune femme.

Un bruit de cavalcade, ainsi que les appels de Thranduil annonçait l'arrivée de ses amis :

Thranduil : OLANA !

Olana : Je suis là, mon roi. Je vais bien. On m'a sauvé. On est venu à mon secours !

Désorientée, elle ne cessait d'aller de gauche à droite essayant de deviner d'où provenait l'écho de la voix du roi. Stoppant son cheval, il mit pied à terre et s'élança vers elle.

D'une fougue sans égale, il l'enlaça contre lui :

Thranduil : Je suis là Olana, je suis là.

Trop heureuse de le sentir enfin contre lui, elle soupira, huma son parfum, le serra à nouveau…Tant d'amour se dégageait de ces deux êtres que l'istari en fut troublé.

Malgré ce qui pourrait découler de cet étrange coup du destin, il répondrait présent pour eux.

L'on ne pouvait rester insensible face à une telle passion.

Mêlant le rire aux larmes, Olana ne pouvait s'empêcher de lui raconter ce dont elle venait d'être le témoin …aveugle. Dans le désordre, ses mots s'échappaient sans qu'elle ne puisse les contrôler :

Olana : On m'a sauvé…il était là…si gentil…oui, on m'a sauvé…est-il encore présent ? Le voyez-vous ?

Il fallait la calmer à tout pris. Passant sa main dans ses tresses emmêlées, Thranduil tentait de l'apaiser :

Thranduil : Chut ! Calmez-vous Ma Dame. Je ne comprends pas ce que vous me dites. Prenez le temps de vous remettre…voilà, c'est bien …allez-vous mieux ? Bien alors, qui vous a sauvé mon ange et de quoi ?

Olana : Une aide providentielle à laquelle je ne m'attendais pas et qui s'est présenté sous la forme d'un énorme animal. Hélas, mon handicap ne m'a pas permis de le distinguer, mais je suis certaine qu'il devait être gigantesque… Il m'a sauvé, oui il m'a sauvé…

Thranduil : Oui elen nin, il vous a sauvé. Quelque ait pu être cet…animal, il vous a protégé, mais de quel danger vous a-t-il épargné ?

Olana marqua un temps d'arrêt. Elle se mit à trembler en pensant à Asmodée et ce qu'il avait osé faire en sa présence.

Il continuait de la bercer contre lui tandis que ses compagnons se lançaient des regards interrogatifs. Seul Gabriel paraissait serein. Du moins en apparence car il prit rapidement la décision de se diriger vers la jeune femme tout en apposant sa main droite sur sa tête, afin de lui offrir une bénédiction :

Gabriel : Loué soit le Très Haut pour avoir apporté à son enfant aide et protection.

Puis il lui baisa son front et glissa quelques mots dans un murmure :

Gabriel : Ne parlez pas Olana ! Laissez-moi faire !

Il se tourna vers le roi qui l'observait à la dérobée :

Gabriel : Cette jeune femme est en état de choc, serais-je autorisé à lui psalmodier quelques Saintes Paroles afin d'offrir à son esprit un peu de sérénité lui faisant cruellement défaut ?

Le ton de l'archange était si empreint de piété, que le monarque accéda à sa demande. Le cheval d'Olana revenait au petit trot vers eux, il en profita pour s'en occuper et le ramener vers son aimée. Posant son front contre le sien, Gabriel eut le temps de lui dire quelques mots :

Gabriel : IL était là n'est ce pas ? Je l'ai senti. N'en dites rien pour l'instant. Gardons cela pour nous encore un peu de temps. Racontez qu'ils s'agissaient de loups où quelques choses d'approchant…

Thranduil revenait déjà vers elle. Elle détestait l'idée de lui mentir, mais l'archange devait avoir ses raisons :

Gabriel : Vos avez eu beaucoup de chance Olana de ne pas vous être fait dévorer par ces loups.

Thranduil : Etait-ce cela Ma Dame ?

Olana : Je suppose. Cela grognait, j'en ai déduis qu'il devait s'agir de ce genre d'animal.

Thranduil : C'est une chance qu'ils ne vous aient pas dévoré.

Olana : Grâce à mon sauveur…

Thranduil : Quel était-il ?

Olana : Il me semble avoir deviné qu'il s'agissait d'une bête phénoménale. Elle volait et possédait certainement des ailes, encore que je n'aie pas senti de plumes.

Le monarque se tourna vers le magicien un air interrogatif sur ses traits :

Thranduil : Que pouvait être cet animal ?

Gandalf : A vrai dire…je n'en sais rien.

Jack, tout occupé à observer l'istari de loin se permit un de ses petits commentaires savoureux à l'encontre de Zorgûnn :

Jack : Ah, enfin ! Oudini sèche. Tout arrive.

Zorgûnn : Tu sembles bien l'apprécier.

Jack : T'as raison mon pote. Lui et moi, c'est une grande histoire d'amour.

Pendant ce temps, Caïus le sanglier de Radagast, reniflait le sol comme un dément. Il fallait le voir tourner sans cesse sur lui-même…

L'animal était pris de frénésie et grognait sans relâche :

Radagast : Caïus semble lui aussi avoir flairé la présence de cette mystérieuse bête ailée.

Jack : Ah, ben si Caiüs fait fonctionner son groin à autre chose qu'à renifler la …

Aliénor lui fit les gros yeux sentant d'instinct que le mercenaire allait très certainement sortir une quelconque bêtise. Gandalf, encore sous le coup de l'émotion d'avoir aperçu Orlyänne se délecter du spectacle des trolls réduisant en bouillie leur congénère, ne lâchait pas du regard l'elleth qui bien entendu se fit un plaisir de le narguer en souriant bêtement.

Mécontent, il reporta son attention sur Sa Majesté :

Gandalf : Reprenons la route, nous sommes trop exposés ici et avec la pleine lune, il serait facile de nous attaquer !

Encore toute tremblante par ce qui venait de se produire, Olana se laissa remettre sur sa monture gardant encore un peu la main du souverain dans la sienne. Attendris, il lui accorda ce petit plaisir avant d'y déposer un baiser :

Thranduil : Cà va aller elen nin (mon étoile) ?

Olana : Oui aran nin (mon roi), nous pouvons nous remettre en route.

Une légère brise se leva faisant ondoyer les herbes hautes telles des vagues frappant le rivage.

Par bonheur, la plaine se finissait ce qui signifiait pour eux de se mettre enfin a couverts sous les arbres d'une forêt toute proche. Orlyänne qui discutait avec Jack se raidit sur sa selle. Elle leva son avant bras d'un geste sec et chuchota à l'encontre de Gabriel :

Orlyänne : On nous cherche !

Jack : Comment çà ?

Elle huma l'air, fronçant son nez :

Orlyänne : Je sens une présence… plusieurs même. Une troupe de cavaliers…

L'istari et le roi se tournèrent de concert vers elle :

Orlyänne : Excusez-moi Ô roi de Grandeur, mais j'ai un odorat très développé et je peux vous garantir que si nous restons sur le chemin, nous serons repéré dans peu de temps.

Gandalf haussa un sourcil en marmonnant dans sa barbe. Comment ce phénomène de foire avait-elle appelé le souverain ?

Cependant, le moment n'était plus à la discussion et tous décidèrent de lui faire confiance. Instantanément.

Le magicien fit mettre pied à terre à tout le monde. S'approchant des chevaux, de douces paroles furent prononcées près de leurs oreilles. D'un même élan, ils s'enfuirent abandonnant leurs maitres :

Aliénor : Mais que fait-il ?

Gabriel : A votre avis ? Pensez-vous pouvoir accrocher tous ces chevaux sur les branches comme des décorations de noël ?

Piquée au vif, la guerrière haussa les sourcils :

Aliénor : Merci Gabriel, pour ce complément d'informations haut en couleur.

Gabriel : Mais c'est avec plaisir.

Et fier comme un pou, il se rapprocha de l'istari :

Gandalf : Entrez sous les frondaisons de ces arbres et grimpez sur leurs branches. Ils nous dissimuleront.

Chacun monta une petite dénivellation permettant d'accéder sous la forêt. Le roi prit Olana dans ses bras et la porta. Cela paraissait plus pratique. Ravie, elle s'accrocha à lui avec une ferveur inégalée. Enfouissant son visage contre le cou de l'elfe, un petit soupir vint mourir près de l'oreille royale :

Thranduil : (chuchotant) Quel netya lussë (joli soupir).

Devinant sa peur, le monarque crut bon de la rassurer :

Thranduil : Ne craignez rien Ma Dame, tout ira bien.

Ses paroles eurent l'effet escomptées et elle cessa de trembler. Chacun se mit à escalader le plus haut possible afin de se soustraire à la vue de leurs poursuivants. Ce ne fut pas aisé pour Olana, mais aidé d'Orlyänne, le roi parvint à la hisser à une certaine hauteur, puis il s'assit à califourchon sur un branchage la fit assoir et la tint serrée contre lui. Un murmure effleura sa joue :

Thranduil : Ne bougez plus mon âme, vous risqueriez de tomber.

Un frisson parcouru l'épine dorsale de la jeune femme.

Malgré le danger imminent, tous les sens d'Olana s'éveillèrent. Mêlés à la peur, l'excitation avait un délicieux parfum de tentation.

Le roi le sentit à ses tremblements et déposa un baiser sur sa nuque :

Thranduil : Tenez-vous sage rovalug pîn nin. (Mon petit dragon ailé).

Ces mots la surprirent de façon agréable, provoquant chez elle des frissons.

Dans un souffle, la jeune femme murmura quelques mots avant de sombrer dans le silence :

Olana : J'obéirais à votre majesté sans aucune discussion.

Thranduil : Je n'en attendais pas moins de vous Ma Dame.

Jack, quant à lui ne cessait de maugréer. Cette forêt sombre, ne l'attirait pas particulièrement. Prenant soin de se tenir à califourchon tout contre un gros chêne dont l'écorce lui éraflait le dos, sa tête était gênée par une petite ramure. Excédé, il prit la décision de la casser.

D'un geste rageur, ses mains commencèrent à saisir les feuilles et son élan fut stoppé par un bruit bizarre. Un chuintement peu ordinaire, comme quelqu'un se raclant la gorge pour parler. Sa tête pivota à deux heures, pour un mercenaire, le langage militaire avait ici une importance capitale, et là, qu'elle ne fut sa surprise d'apercevoir deux gros yeux fortement courroucés le toisant d'un air réprobateur. Jack eut un sursaut :

Jack : 'tain, qu'est ce que c'est qu'ce truc !

Zorgûnn : Quoi ? Qui a-t-il mon ami ?

D'un regard, suivit d'un léger signe de tête, Jack lui désigna cet étrange fait :

Zorgûnn : Mellock ! (mer*e, dans la langue maternelle de l'elfe.)

Jack : On dirait un Ent !

Gandalf : Et c'en est un !

Le magicien chuchotait, mais là, un regret venait à lui. S'il ne s'inquiétait de laisser sa voix porter, il lui aurait bien dit sa façon de penser avec quelques décibels supplémentaires !

Gandalf : Un peu d'attention et de respect me semble nécessaire. Pensez-vous y parvenir ?

Jack : Dis donc pour qui tu m'prends Oudini ? Bon Zorgûnn, c'est pas l'moment d'aller pisser contre un arbre.

Zorgûnn : Je tâcherais de m'en souvenir.

Gandalf : C'est cela ! Tenez-vous le pour dit.

Orlyänne tout à fait amusé par cet intermède ne cessait d'observer l'Ent. Elle se rendit compte que le conifère contre lequel elle était appuyé, possédait lui aussi deux énormes yeux qui papillonnaient. Aussi, pour ne pas être en reste, elle afficha l'un de ces sourires légendaire. Radagast, quant à lui, commençait à converser en chuchotant, le plus simplement du monde, comme s'il connaissait l'Ent depuis toujours. Il fallait les voir entretenir une conversation des plus ténues. Zorgûnn ne cessait d'emplir son esprit de toutes ces belles images…assurément, lui aussi aurait son heure de gloire auprès des siens !

L'elleth de feu, toujours collé contre l'écorce, dans l'espoir de sonder dans l'œil de l'Ent, un quelconque secret, ne cessait de lui offrir moult mimiques joyeuses, alors que se dessinait l'ombre d'une bouche qui lui…souriait.

Gandalf en fut si retourné, qu'il faillit lâcher une exclamation de surprise. Mais c'est qu'elle lui faisait presque du gringue, la drôlesse !

Gabriel, la main sur le cœur, le pauvre venait d'avoir la frayeur de sa vie, se remettait difficilement de cette surprise. Rien ne lui serait épargné. Pas même une peur bleue se jouant de sa légendaire placidité.

Il s'épongea délicatement le front de son mouchoir brodé et le remit dans sa poche en soupirant.

Olana, elle, ne pouvait profiter d'un tel spectacle. Collée à son roi, elle ne sentait que les battements de son cœur et cela lui suffisait. Toutefois, elle comprenait qu'il se passait quelque chose de bizarre à la façon dont Gabriel tentait de reprendre sa respiration.

Elle chuchota à l'encontre du roi :

Olana : Que se passe-t-il ? Je viens d'entendre Gabriel s'agiter. C'est assez inhabituel chez lui.

Thranduil : Une rencontre un peu particulière en est la cause. Il s'agit d'un Ent. Un arbre, vivant.

Olana : Ah oui ? A quoi ressemble-t-il ?

Thranduil : A un arbre avec le don de la parole et de gros yeux curieux.

Olana : Oh, comme j'aurais aimé voir cela !

Thranduil : Je vous emmènerais dans la forêt de Fangorn. Là se trouve leur territoire. Ils ne sont qu'aux nombres de trois en ce moment, mais leur venue sur ces terres doit avoir une signification particulière. Sans doute nous l'expliqueront-ils.

Olana : Y en a-t-il un tout près de moi ?

Thranduil : Nous sommes adossés contre l'un d'eux.

Olana : Puis-je le toucher ?

Un sourire sur les lèvres, il prit sa main et la posa délicatement sur le tronc. D'abord timidement, puis de façon plus hardie, ses doigts tâtonnèrent sur l'écorce avant de trouver une protubérance qu'elle prit pour un nez. Un peu plus haut, une paupière faite d'un élément végétal clignait comme pour lui faire comprendre ce qu'elle touchait :

Olana : Mais c'est vrai ? Oh, comme c'est surprenant. Enchanté noble créature.

Ent : Il en eeest de mêêême pourchhh mooii Geeente Daaaame.

Ces paroles comme le bruissement du vent dans les branchages un soir d'hiver, surprenaient par leur teneur. Olana offrit l'un de ses plus beaux sourires. Thranduil, qu'une telle vision ravissait resserra son étreinte autour de sa taille :

Thranduil : J'aime votre façon de vous émerveiller meleth nin.

Gandalf fit un signe à tous. Ils approchaient. Chacun se tint aussi immobile que possible.

Au loin, une horde de cavaliers venait dans leur direction. Soudain le danger devenait bien réel. A quelques mètres d'eux, des chevaux d'un noir d'encre, à la crinière extrêmement longue ralentissait leurs courses sur l'ordre de leur maîtres.

L'une des montures paraissait différente des autres.

Il était énorme, noir et de ses narines sortaient des flammes rouges. Sa tête aux yeux torturés, bougeait sans cesse dans un esprit de rébellion alors que son cavalier, un elfe aux longs cheveux bruns, humait l'air.

Gabriel, ferma un instant les yeux. A seulement quelques encablures son ennemi juré semblait sentir sa présence. L'elfe s'exprima dans une langue très désagréable qui écorcha les oreilles de Thranduil et de l'Istari :

Asmodée : Quel est cet étrange parfum de pourriture ?

L'un des orques, sans doute un lieutenant, s'approcha rapidement de l'ellon :

Orque : C'est cette saleté de forêt. D'étranges enchantements la protègent.

Asmodée : Des enchantements ? Foutaises ! Le seul enchantement sera celui qu'il me plaira de jeter à la face de ton maître, parfait crétin pour son incompétence à me confier des soldats sans valeur.

Faire une telle déclaration à la face des soldats de Bolg, n'était pas pour s'attirer la sympathie. Le démon n'en avait cure et les nargua ouvertement :

Asmodée : Qu'y- a-t-il ? L'un d'entre vous aurait une objection à me faire ?

L'un d'entre eux, sans doute un inconscient, pris le parti d'en rire, se moquant des remarques de ce maudit. Pour toute réponse, Asmodée s'approcha, le fixa intensément à travers ses paupières serrés comme des fentes, puis contre toute attente se mit à rire.

Les autres soldats faisaient passer leurs regards de l'un à l'autre et finirent par émettre une grimace empreinte d'ironie.

Alors que personne ne s'y attendait, Asmodée tendit son index. Son ongle aussi pointu et aiguisé qu'une dague passa à la vitesse de la lumière sous la gorge de l'orque qui fut stoppé dans son élan.

Ses deux mains agrippèrent son cou, tandis qu'un sang noir s'écoulait en jets rapides de part et d'autre de ses doigts crochus. Il tomba à genoux avec un râle et s'écroula sur le chemin. Les convulsions secouèrent son corps quelques secondes avant de cesser. Son dernier souffle se répandit sur les bottes de cuir du démon dont le sourire n'avait cessé de s'élargir à la seule vision du supplice de cette créature.

Un air de triomphe s'afficha sur ses traits si parfaits. Comment une telle beauté pouvait-elle cacher un mal aussi absolu ?

Thranduil, abasourdi observait cet ellon avec effroi.

Ce n'était pas un Noldo. De quel clan pouvait-il être ?

Gandalf, pourtant rompu au mal sous toutes ses formes plissait les paupières de colère.

Il lui faudrait ajouter un nouvel ennemi sur la liste déjà bien longue de son inventaire. Le tout était de connaitre son identité. Cet elfe aux cheveux noirs n'était pas un être ordinaire. Cela, il le sentait jusque dans les tréfonds de son âme.

Voici encore une énigme qui devait s'ajouter à celle déjà surprenante de la fusion des âmes.

Asmodée, quant à lui, s'approchait dangereusement de la lisière de la forêt et son regard se perdait sous les frondaisons. Heureusement pour nos voyageurs, les Ents dégageaient assez d'odeur d'humus pour tromper son odorat.

Même Orlyänne ne pouvait détourner son attention de ce visage où la perfection se partageait avec un sadisme peu ordinaire. LA beauté du Diable, pensa Gabriel.

Qu'un tel être puisse le surpasser du point de vue esthétique le vexait au plus haut point.

Détournant enfin son attention, le démon se hissa sur sa monture. Nerveuse, la bête tirait sur ses mords en piaffant, éperonna son cheval et la troupe s'éloigna accompagnée du bruit du martèlement des sabots sur la terre.

Gandalf poussa enfin un soupir de soulagement :

Gandalf : Je crois que tout danger est écarté. Nous pouvons redescendre.

Tous s'exécutèrent. Pour Olana, ce fut encore moins aisé. Ses vêtements n'étaient pas adaptés à ce genre d'exercice. Sa robe s'accrocha à un petit rameau et se déchira sur une grande partie de sa longueur éraflant par la même occasion sa jambe.

Un gémissement s'échappa de sa gorge.

Olana : Ai-je déchiré ma robe ?

Thranduil : Oui, mais ce n'est pas grave elen nin. Nous allons passer la nuit ici, vous pourrez vous changer.

Dépité, la jeune femme soupira. Cela commençait à faire beaucoup pour la journée. Il était temps qu'elle se termine…

En ce qui concernait le lutin Mic Mac, la soirée ne faisait que commencer. Bien décidé à entretenir l'esprit festif dans le campement, il cherchait un moyen d'ajouter un soupçon de gaieté à ce moment de sérénité, tout à fait temporaire. Un peu plus loin, Alachnÿ, tout aussi déluré que le lutin, s'adonnait, en le dissimulant du mieux qu'il le pouvait, à la contemplation du fameux peigne royal, dont les reflets précieux, dansaient devant ses yeux.

Nimïel, dont la lourde charge était de surveiller cette petite troupe pendant l'absence de Gabriel, ne savait plus où donner de la tête. Voir le magicien, dans un tel état de transe, lui mettait la puce à l'oreille.

Prince Charmant, assis non loin de là, se permit un commentaire :

Prince Charmant : Alors mon ami ? Il me plaît de remarquer la fougue avec laquelle vous vous acquittez de votre mission. Vous satisfait-elle au moins ?

Nimïel : Au lieu de me regarder m'embourber dans la mélasse, ne pourriez-vous vous montrer charitable et venir me donner un coup de main ?

Prince Charmant : Et pourquoi ferais-je cela ? Ne me critique-t-on pas à longueur de journée sur mon incompétence et mon peu de valeur ? Que nenni, je vous laisse tout le loisir de vous démerder mon cher. N'y voyez là, aucune ironie de ma part, un juste retour des choses tout simplement. Vous voir courir dans tous les sens m'amuse à un tel point….Vous ne sauriez imaginer…

Nimïel : Traître !

Prince Charmant : Oh, vous me vexez mon cher, mais je vous promets d'approfondir ma réflexion sur votre compliment.

Chaperon rose : Et que vas-tu approfondir si ce n'est ton vice charmant Prince ?

La jeune femme venait de montrer le bout de sa frimousse, toute attentionnée, elle aussi, à surveiller cet énergumène :

Prince Charmant : Justement, vous faites bien de me le rappeler charmante enfant délurée, je me dois d'honorer une jeune humaine venu livrer des marchandises aux seigneurs de ce domaine. Vous connaissez mon sens inné de la dévotion pour autrui, aussi me suis-je permis de proposer à cette jeune femme un rendez-vous galant.

Chaperon Rose : Tu vas détrousser une gueuse ?

Prince Charmant : Tout à fait. J'ai trouvé, de surcroît, une corde elfique dont il me plairait de détourner son utilité.

Chaperon Rose : Non ! Tu vas la ligoter ?

Prince Charmant : Si fait ma mie. Et pas plus tard que tout de suite.

Chaperon Rose : File-moi un peu de ta corde Pervertico. Cela me donne des idées à moi aussi.

Prince Charmant : Ah mais il va falloir la demander avec les formes, délicieuse enfant.

Chaperon Rose : Que désires-tu en retour ?

Prince Charmant : Un baiser.

Chaperon Rose : Comme dans ton conte ? Allez c'est partit.

Comme un contrat à honorer, Chaperon avança le bout des lèvres et offrit un baiser au dandy. Bien mal lui en prit, elle le repoussa avec dégoût :

Chaperon Rose : Bon sang Prince, tu refoules du corridor ! (Comprenons par là, qu'il avait mauvaise haleine.) Tu vas faire fuir ta soumise !

Portant sa main à sa bouche, Prince souffla avec force. Le fanfaron, nullement décontenancé, se redressa l'œil pétillant :

Prince Charmant : C'est pourtant vrai ! Fichtre, je m'en vais boire sur le champ un peu de vin à la cannelle. La donzelle devrait aimer ce bon goût.

Mic Mac, qui avait tout entendu crut bon de ricaner comme un benêt :

Mic Mac : Prince pu du bec ! Prince pu du bec !

Amélie : Prince refoule du gosier ?

Prince Charmant : De quoi vous mêlez-vous la vieille ?

Chaperon Rose : Fiche-lui la paix.

Amélie : Ah, mais c'est t'y pas nouveau tout çà. Tout l'monde le sait !

Chaperon Rose : Jolie réputation pervertico. Allez file-moi un bout de ta corde.

Respectant sa promesse Prince délia sa ficelle et lui coupa une bonne longueur.

Nimïel observait tout ceci avec stupeur, alors qu'au loin Alachnÿ courait après son chat Matouba, lequel croquait encore quelques sauterelles bien croustillantes.

Depuis son arrivée sur les terres de la Lothlorien, le nombre de ces insectes avait fortement diminué. Sans doute deviendraient-elles une espèce en voie de disparition dès lors qu'il s'attarderait encore un peu en ces lieux.

Bon sang, pensa Nimïel, depuis que l'archange avait déserté son poste, c'était un peu le foutoir, voire le bordel comme aurait dit Jack !

Amélie essaya, pendant un temps de le seconder, mais force était de constater qu'elle manquait d'autorité.

S'épongeant le front, il partit à la poursuite du magicien qui lui donnait du fil à retordre pendant que Prince allait honorer son rendez-vous :

Chaperon Rose : Et n'oublie pas de la faire couiner !

Prince Charmant : C'est une pensée qui ne m'a jamais quitté chère enfant. Vos me connaissez !

Chaperon Rose : Trop bien en effet.

Sur ces entre faites, elle se dirigea là où le vent la guidait, et il faisait bien les choses ce vent là, puisqu'elle aperçut au loin Le capitaine de la garde Haldir en pleine conversation avec deux de ses soldats.

En trottinant, elle prit la décision d'aller lui présenter ses plus respectueux hommages !

La nuit était tombée à présent. La lune, pleine et généreuse offrait une clarté bienvenue aux voyageurs fatigués. Après une telle journée, il fut décidé de dormir à la belle étoile sans feu de camp. Le danger était trop important pour manger chaud.

Tant pis, ils devraient se contenter de lembas et de quelques fruits.

Tout juste eurent-ils le courage de s'échanger quelques mots et encore. Chacun restait dans son coin trop harassé pour parler.

Seule Orlyänne tenait une pêche d'enfer. En période de rarlanën, le sommeil la fuyait la majeure partie du temps. Ses hormones étant trop occupées à la titiller.

Jack, appuyé contre le tronc d'un arbre, ordinaire, les Ents étant occupés à converser avec le roi et Gandalf, tentait, tant bien que mal, de prendre un peu de repos.

C'était sans compter sur l'elfe de feu tout à sa fougue de l'embêter, le bousculer, cherchant probablement la bagarre. La repoussant, une fois, deux fois, le mercenaire commençait à perdre patience. Au bout de la troisième fois il éclata :

Jack : 'tain Orlyänne fais chier ! Vas te défouler ailleurs. Cogne quelque chose d'autre que moi…

Pour toute réponse, l'elleth riait de bon cœur :

Orlyänne : Petite nature !

Gandalf jeta un œil de loin sur ce phénomène ambulant. Sa curiosité concernant cette elfine semblait sans limite. A chaque fois qu'elle s'en rendait compte, son sourire s'élargissait lui faisant comprendre par la même occasion combien l'attention de l'istari la ravissait, ce qui avouons-le, énervait au possible le magicien. Ou pouvait-elle trouver encore toute cette énergie après ce qu'elle venait de vivre ? Encore un mystère à rajouter à la longue liste la concernant.

Pendant ce temps, Aliénor avait accompagné Olana au bord d'un petit ruisseau où la jeune femme comptait bien faire un brin de toilette.

Comme elle avait oublié une partie des affaires de la jeune femme, elle lui recommanda de ne pas bouger avant son retour.

Evidemment, elle ne fit pas cas de cet avertissement. Un besoin pressant l'encouragea à se déplacer tout doucement en dirigeant ses mains au devant pour contrer un quelconque obstacle.

Aux abords du ruisseau se trouvait une étendue d'herbes tendres de quelques mètres avant que les premiers arbres ne se présentent. Elle se dit que pour se soulager, mieux valait se trouver derrière un arbre à l'abri des regards.

On ne savait jamais…prudence était mère de sûreté se disait elle. Sauf que…des pas se firent entendre, bientôt suivis de la voix du roi :

Thranduil : Que faites-vous seule elen nin ? (mon étoile) C'est dangereux, vous pourriez vous blesser.

Olana : Je n'étais pas seule. Aliénor est allée me chercher quelques affaires.

Véritablement mal à l'aise, son envie devenait vraiment très urgente. Elle passait d'une jambe à l'autre en mordillant sa lèvre inférieure :

Thranduil : Qu'y a-t-il Olana ?

Olana : C'est que…c'est affreusement gênant…je dois me soulager au plus vite ou je crains fort de ne plus pouvoir me retenir bien longtemps.

Thranduil : Oh ! Pardonnez-moi mon ange. Je vais m'éloigner un peu.

Olana : Mais…

Thranduil : Ne vous inquiétez pas, je me tiendrais à une distance respectable et tournerais le dos. Vous pouvez y aller.

N'y tenant plus, elle fit ce qu'elle avait à faire, trop heureuse de ressentir un réel sentiment de plénitude. Elle tenta un retour vers le ruisseau qu'elle trouva du premier coup. Il faut dire qu'elle s'était accroupis et marchait curieusement, où plutôt crapahutait à la façon d'une grenouille. La peur de tomber lui faisait oublier la grâce de sa condition.

Après s'être lavé rapidement les mains, elle se releva mais dans sa hâte se prit les pieds dans sa robe déchirée et s'affala dans le petit ruisseau à plat ventre. L'eau était froide et les nerfs de la jeune femme choisirent ce moment précis pour lâcher :

Olana : Oh non ! Je suis trempée ! J'en ai assez, assez ! Tout me tombe dessus, je ne suis bonne à rien…

Assise, en plein milieu du ruisseau, la jeune femme commençait à craquer nerveusement. Aliénor, ayant perçu ses plaintes, accélérait ses pas dans sa direction. Orlyänne la suivait de près et toutes deux s'accroupirent près d'elle. La meilleure façon de désamorcer une situation tendue, était encore d'en plaisanter. Ce fut le choix d'Aliénor qui, passant la main dans les cheveux d'Olana, la fit rire :

Aliénor : Ah ben voilà ce qui arrive quand on se prend pour un batracien ma douce !

Orlyänne : Allez viens par là akshïm nan, (ma grenouillette), on va s'occuper de toi !

Au lieu des larmes prêtent à se répandre, ce fut son joli rire cristallin qui emplit le silence. Le Roi, à distance, observait la scène n'osant interrompre un moment si intime. Encadrée par ses deux amies, elle se laissait enfin aller en toute sérénité. L'elleth de feu l'enroba de ses bras chauds et la tint fermement serré contre elle :

Orlyänne : Rôrliken gravernin sturjïnn därr! (Que j'envie ce Roi et sa colonne bienfaitrice !)

Aliénor : Qu'es-tu encore en train de nous chanter là ?

La traduction amena un fou rire qu'aucune des trois femmes ne sut contenir. Les larmes de joies coulaient sans discontinuer les laissant à bout de souffle :

Olana : Merci mes amies, merci d'être là pour moi ! Je vous aime tant !

Aliénor : Nous serons toujours à tes côtés ma douce, quoiqu'il puisse se passer…

Orlyänne : Nanärk ! (Bon sang !)Tu ne te débarrasseras pas de nous aussi facilement que cela !

Adossé contre un arbre, restant volontairement en retrait, le monarque appréciait la chance d'Olana d'être si bien entourée. Un sourire naquit sur ses lèvres face à cette vision. Ces femmes semblaient si unies…

Olana : Ou est le Roi ? Suis-je présentable ? Je ne veux pas qu'il me voit comme une souillon…

Thranduil : Si toutes les souillons étaient aussi jolies que vous Ma Dame, elles s'en trouveraient louées comme il se doit.

Le temps était venue de s'éclipser, pensa aussitôt la guerrière, ce que ne compris pas du tout Orlyänne trop occupée à reluquer la splendeur se trouvant sous ses yeux. Aliénor dû la tirer par le bras pour la faire bouger.

Thranduil lui fit un signe de la tête :

Thranduil : Merci Aliénor. Veuillez laisser ses affaires, je vais m'occuper d'elle.

Aliénor : Comme vous voudrez Majesté.

Tout de même, elle devait bien reconnaître qu'il avait beaucoup d'attention pour elle. Ses gestes, ses yeux, tout trahissait la profondeur des sentiments pour son amie.

Finalement, Olana avait eu raison d'avoir souhaité, avec autant de volonté, vivre son rêve. A présent elle en était convaincue.

A regret, Orlyänne adressa l'un de ses magnifiques sourires et se frappa la poitrine dans un geste empreint d'une telle virilité que cela fit tressaillir Thranduil.

Le taux de phéromones de l'elleth la maintenait dans un état d'excitation et de force incroyable. Pour un peu, elle se serait bien sentit de retourner en conter aux trolls et leur charmante façon d'accueillir leurs invités !

Une fois seuls, le Roi s'avança vers son aimée :

Thranduil : Il est temps que je vous ôte cette robe Olana. Je vais prendre soin de vous mon ange. Laissez-vous aller.

Le roi délaça sa robe la faisant tomber au sol. Son front vint se poser avec douceur contre le torse de l'ellon qui entreprit de poursuivre ses gestes employant des trésors de douceurs et d'attention.

Prenant soin de la débarrasser de tous ses vêtements, le monarque redevint un simple ellon amoureux préoccupé par le bien être de son aimée. Sans qu'elle ne sente le moins du monde gênée, la jeune femme se laissa toiletter, reconnaissante et consciente de la valeur des gestes de cet être.

Ses doigts se perdirent dans les cheveux de son amoureux alors qu'il pliait le genou pour s'acquittait de ses tâches. La seule caresse qu'il s'autorisa à lui offrir, fut un baiser sur son ventre au moment de replacer sur ses hanches son sous vêtement.

Une fois habillée, il l'enveloppa avec douceur dans son manteau, la fit assoir à terre, et tint ce corps frissonnant contre lui. Adossé à un arbre, ses mains massaient les muscles de son dos, noués par les tensions.

Un bien être évident s'empara de toute sa personne et elle s'abandonna sans retenue à ces démonstrations de tendresse.

Il la sentait détendu à présent.

Olana : Merci aran nin (mon roi). Vous m'avez rendu un peu de sérénité.

Il baisa son front :

Thranduil : Tant mieux. Finissez de vous reposer et nous retournerons au campement.

Olana : Je n'ai pas envie de me reposer Sire.

Les lèvres toujours posés contre son front, elle le sentit sourire :

Thranduil : Je vois çà oui. Soyez sage petite étoile scintillante.

Olana : Non, je veux être désobéissante, entreprenante et n'écouter que mon désir…

Thranduil : Cela fait beaucoup de choses pour une seule nuit.

Olana : Je veux…

Thranduil : Cessez de vouloir et écoutez votre Roi petit animal sauvage. Un monarque se doit de se montrer respectable en toute circonstance.

Olana : Vous avez raison. Je ne sais plus où j'ai la tête.

Thranduil : Je le sais moi. Elle est là contre mes lèvres et elle est très jolie. Voulez-vous vous lever ?

Olana : Non, je veux rester encore un peu contre vous. S'il vous plaît…

Thranduil : Vous voulez et vous obtiendrez Olana. Je ne peux rien vous refuser…

La jeune femme se lova contre lui en gémissant. Un tel sentiment pour ce roi l'effrayait mais la comblait également. Rien d'autre n'avait d'importance que son odeur et la puissance de son étreinte.

Thranduil : Exhausseriez-vous le désir d'un ellon épris ?

Olana : Il ne serait de plus grande joie Sire…

Thranduil : Je me souviens de cette magnifique chanson que vous avez fredonné au bord de la rivière à notre arrivée au Royaume de la Lothlorien….me feriez-vous la grâce de me la chanter à nouveau ?

Olana : J'y mettrais tout mon cœur aran nin !

Prenant le plus grand soin à ne pas faire trembler sa voix, les premières notes s'élevèrent dans l'air du soir. Dès lors, le charme opéra et le monarque vaincu par les intonations mélodieuses de la chanson lui fit baisser les paupières.

Petit à petit, les larmes s'écoulèrent, bienfaitrices et douloureuses à la fois. Les cueillant avec ses doigts, Thranduil ne put s'empêcher d'y goûter…

Elles avaient le goût de la passion…ses lèvres se posèrent sur le front d'Olana tandis qu'il la berça avec douceur et prévenance jusqu'à la fin.

Toute à sa joie, elle ne sentit pas le sommeil l'envahir, et priva le roi de dîner et de repos.

Préférant laisser sa vigilance aux aguets, Thranduil la laissa dormir baisant son front de temps à autre…

Il dînerait plus tard, ou se passerait de nourriture…

Sa seule préoccupation était de la sentir, calme et reposée, contre lui.

Et malgré la présence du mage Radagast, venu les chercher pour se restaurer, il le renvoya au campement avec pour recommandation de ne point les déranger.

Un sourire sur le visage, l'istari s'en fut avec l'ordre du roi et son admiration pour ces deux êtres.

Enfin seuls, le Roi, se détendit et fredonna une poésie adressée a Elbereth, Reine des étoiles, afin d'offrir à celle qu'il tenait entre ses bras, protection et amour.