Disclaimer: P... Paaaa... Pas... Paaaas... Hum... Pazaaaaa. Pas à mmmmmh... Pas à moooo... Mouais, bon, rev'nez plus tard.
La chaleur... Au-dessus de 25°C, chuis bonne à rien... Qui connaît Black Books pourra aisément faire un parallèle avec le pauvre Mani.
Et donc la suite:
Année 1977-78:
Snape ne l'aurait jamais avoué à son employeur, mais il adorait son travail.
Ce dernier travaillait pour un potioniste du chemin de Traverse à l'arrière-boutique quelque peu douteuse pour quelqu'un sachant lire entre les lignes et le fournissait en substances diverses et variées issues de la Forêt Interdite notamment. Il y envoyait régulièrement son jeune apprenti y trouver des essences plus ou moins rares et difficiles à dénicher et le laissait de temps à autre s'occuper des potions de base...jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que la liste des potions utiles en magie noire était bien plus longue qu'il ne l'avait imaginée. Snape se gardait bien de lui faire comprendre à quel point ce travail était presque synonyme de loisir pour lui, histoire de ne pas voir son salaire baisser.
Ses sorties fréquentes étaient connues de tous et plus personne à Pré-au-Lard ne se formalisait de le voir rentrer tard dans la nuit ou errer ci et là avec un air affairé. Les lettres relativement régulières qu'il recevait de Regulus et de Lucius lui permettaient d'avoir une idée de ce qui se passait dans le monde moldu, maintenant qu'il en était complètement coupé.
Les cauchemars qui le réveillaient fréquemment en pleine nuit et qui avaient commencé quelques jours après les funérailles de son père étaient de plus en plus difficiles à gérer à présent, par contre. Il y revivait de temps en temps la mort de Tobias, et se retrouvait avec ces yeux, vides et accusateurs à la fois, qui le fixaient encore et encore. D'autres fois, c'était sa mère qui lui reprochait sa vie actuelle, se choix, tout ce qu'il était devenu et une fois les reproches, les suppliques et les plaintes en tous genres achevés, elle prenait lentement feu tandis qu'elle l'accusait d'être responsable de ce qui lui arrivait. Un autre, enfin, concernait Regulus. Il le voyait sombrer encore et encore dans un univers glacé et sombre, ses yeux mi-clos et d'une pâleur cadavérique. Il le voyait disparaître dans les ténèbres sans pouvoir y faire quelque chose, ni même crier, ni même réagir.
Snape ne pouvait savoir ce qui le paniquait le plus, ce qui arrivait à Regulus ou son indifférence- inconscience?- par rapport à ce fait... Toujours était-il qu'après s'être réveillé à cause de ce rêve-ci, il se mettait à sa table et écrivait une lettre où il demandait des nouvelles, où il lui rappelait à quel point il tenait à lui et où il se gardait bien, surtout, de mentionner ses cauchemars. Les réponses étaient généralement rapides, surprises et provoquaient un léger soulagement chez Snape qui se retrouvait pris d'une envie coriace de se rendre à Londres et vérifier de ses propres yeux que l'autre se portait aussi bien qu'il l'annonçait dans sa lettre.
Ce fut ainsi qu'il se retrouva à atteindre la rentrée avec une impatience largement teintée d'anxiété, et le jour même, il se rendit à la gare de Pré-au-Lard pour y voir les élèves débarquer. Il balaya le troupeau d'adolescents en tous genres à la recherche d'une paire d'yeux gris qui attendait à côté de lui, légèrement en retrait, qu'il fasse attention à elle. Ce ne fut qu'au bout de quelques minutes que Snape s'aperçut enfin de la présence de Regulus à ses côtés et secoua la tête d'un air désabusé en guise de « On peut savoir pourquoi tu t'es pas manifesté sitôt arrivé dans un périmètre proche de ma personne, ». Ce à quoi Regulus répondit par son petit sourire en coin « J'voulais voir ce que ça donnait. » Un roulement d'yeux plus tard:
-Prêt pour cette année?
-Plus ou moins. J'espère qu'on va écraser les Serdaigle au quidditch cette fois-ci...
-Johansson est parti, ça devrait vous faciliter la tâche, non?
-Tu parles, le petit frère est aussi hargneux que lui... Merlin, comment peut-on aimer aussi mal jouer?
-Pauvre de toi.
-Hélas...
-Tu devrais y aller.
-Tu me chasses?
-Exactement. Hors de ma vue, vermisseau aristo.
-Tsss, toujours aussi civilisé, vil corbeau. Je t'enverrai le mien d'ici là.
-C'est pas un corbeau, je te signale.
-On s'en cogne, pour te citer.
-Bon courage pour cette année.
-Plutôt bonne chance.
-Feignasse.
Regulus répondit par un haussement d'épaules et s'éloigna sans un regard en arrière avec un groupe qui semblait l'attendre, laissant un Snape pensif et sur le quai qu'il quitta au bout de quelques minutes. Ce dernier avait une récolte de pieds de Kobolds à faire, mine de.
La corneille se pointa au coucher du soleil et se posa sur l'arbre surplombant l'un des vieux bancs de pierre moussue sur lequel Snape attendait. Ils avaient choisis ces ruines en bordure de la Forêt Interdite pour leur accès complexe et la discrétion du passage secret qui y menait depuis le château. A la connaissance de Snape, même les Maraudeurs n'avaient pas réussi à trouver ce souterrain-là qui, au vu du bâtiment qui se tenait encore à peine debout derrière lui, devait mener à un lieu de pratiques magiques particulièrement solennelles. L'endroit était suffisamment éloigné pour dissuader quiconque venant du château de s'y rendre de nuit sous peine de devoir passer par la zone de chasse des centaures pour pouvoir espérer rentabiliser la trotte.
Snape fixa le volatile qui l'observait avec son bout de parchemin dans le bec. Leurs rapports étaient décidément singuliers: ni amicaux, ni antipathiques, ni neutres... Ce qui n'empêcha pas le Serpentard de s'impatienter au bout d'un moment.
-Bon, tu descends, oui? J't'ai amené des vers de chêne, cette fois.
L'argument sembla convaincre la corneille de quitter son perchoir et échanger son bout de parchemin contre les asticots grassouillets que l'autre lui posa à côté. Le message était court et annonçait l'arrivée imminente de Regulus. Au moment même où il termina le message, il entendit un froissement d'herbe derrière lui ainsi que deux mains familières qui se posèrent sur ses épaules.
-Faudra apprendre à ton piaf à au moins finir son boulot.
-Gienah est tout à fait efficace et satisfaisante.
-Tu parles...
-Grognon, ce soir?
-Pas plus que d'habitude. Tu m'embrasses?
-Tu réclames maintenant?
-Activement. Une semaine sans t'avoir un peu avec moi, ça aide. Alors?
Sur ce mots, Snape leva les yeux et le visage pour apercevoir celui de Regulus qui affichait un petit sourire sous la lumière de la pleine lune. Une petite échappée blanchâtre de buée indiqua que le jeune Serpentard était visiblement amusé par la situation et ne rechignait pas à répondre positivement à la requête de son petit ami en se penchant vers lui pour l'embrasser doucement sur les lèvres avant de se redresser et de se dépêcher de se blottir contre lui pour profiter de sa chaleur et de celle du feu bleu qui se consumait en face d'eux. La fin d'automne avait déjà cédé la place à un hiver précoce cette année et les températures étaient passablement basses, forçant les deux jeunes gens à ajouter un sort de chauffage supplémentaire.
Les premiers mois avaient été assez laborieux en matière de retrouvailles pour eux, les disponibilités de chacun s'étant révélées restreintes et irrégulières, puis, l'année s'avançant, ils avaient réussi à convenir d'un endroit suffisamment discret pour se retrouver: les anciennes cryptes. Snape les soupçonnait d'être aussi vieilles que les Fondateurs, Regulus prétendait qu'elles l'étaient davantage au vu de la magie latente qui se faisait sentir. Et, ô chance incroyable, un des passages secrets menant hors du château aboutissait plus ou moins près, permettant à Regulus d'éviter soigneusement le coin des centaures.
Snape attendit que Regulus cessât de grelotter avant de parler:
-Des nouvelles du château?
-Tu m'manques...
-Mais encore...
-On va avoir une nouvelle prof de divination apparemment. L'actuelle ne semble pas s'adapter au climat « affrrrrrrrreusement humide et frrrrrrrroid de cet endrrrrrrrrroit ».
-Adieu mademoiselle Obienko, donc?
- L'an prochaine seulement. Ils devraient faire des interviews à partir des vacances prochaines. Intéressé?
-Aucunement. Tu m'imagines sincèrement enseigner?
-... Bof.
-Nous sommes bien d'accord. Et sinon?
-Sinon?
-Les nouvelles.
-Je viens d'apprendre par Mère que Sirius s'était payé sa propre maison avec ce que l'oncle Alphard lui a laissé...
-Jaloux?
-Atrocement.
-J'imagine que ça doit avoir plus de gueule que Spinner's...
-Ça me conviendra très bien. Juste que... ce crétin a l'air de s'en sortir si facilement alors qu'il passe son temps à tout défier. Ça m'énerve qu'il n'y ait rien qui le remette à sa place et lui rabatte son fichu caquet.
Snape fit une petite grimace et passa une main dans les cheveux de Regulus avant de la poser sur son épaule pour le garder contre lui. Le jeune homme posa sa tête sur l'épaule de son aîné et fit une petite moue contrariée.
-Il est entré chez les Aurors, Sev...
-J'ai entendu, oui.
-Tu crois qu'on va... se rencontrer à l'avenir...?
-J'le souhaite pas. Quand bien même, je pense pas que tu aies du souci à te faire.
-Tu parles.
-T'es son frère, Regulus.
-Et je n'hésiterais pas à répliquer en cas d'attaque. Je... Plus question de rester sans réagir comme avec ton p...
-T'as rien à te reprocher. Arrête ça.
-... T'y repenses parfois?
-... De temps en temps.
-On l'oubliera.
-Sans doute, oui... Tu rentres pour ces vacances?
-Non.
Snape tourna légèrement la tête vers Regulus, un air surpris sur le visage et une petite lueur dans le regard.
-Tu...?
-...Reste pour les vacances, oui. Mère est furieuse que je manque à mes devoirs mondains, mais... comprenons-nous...les ASPICS sont très importantes, hum...
-Oh...je vois. Oui, ma foi, négliger ses études est une tendance des plus déplorables. Elle devrait être ravie d'avoir un fils aussi sérieux.
-Si tu savais... Je pourrai passer quelques jours chez toi?
-Hmm c'est petit, faudra se serrer.
-Je n'y vois aucune objection.
-J'en suis heureux... Hmmm je pensais faire un tour à Spinner's quelques jours au cours des vacances. T'es le bienvenu, bien entendu. J'aimerais commencer à changer un peu la déco. Trouver des meubles, tout ça...
-Hn? Les anciens?
-Au feu. Tous.
-Radical.
-Et définitif.
-Si tu as besoin d'un coup de main...
-Tu me tiendras chaud pour les longues soirées d'hiver là-bas.
-Et ici aussi?
-Ça va de soi.
-Nos 'un an' passés devant un feu de joie avant de le passer sous les couvertures...Merlin, je ne te cède à personne, Sev... Ah.
-Hn?
-La lune est enfin couverte.
-Ah pas trop tôt. Ouste le piaf, ça va devenir dangereux, allez, psschhht!
-Gienah apprécie moyennement.
-Veux pas l'savoir. Un sort de Vie sur le minéral, je suis pas sûr que ça fonctionne alors si elle se trouve dans le coin... Raah ouste, j'ai dit!
-Hum, tu l'as vexée...
-J'en suis fort marri.
-Insensible.
-Tout à fait. Sauf pour toi, bien entendu.
-Bien entendu.
-... Sev...?
-J't'ai dit de ne pas parler.
-Mais ça...va...
-Dis pas n'importe quoi.
-Laisse...moi me... lev...
Une main ferme de Snape plaqua à nouveau Regulus sur le lit.
-Tu viens de te faire marquer, triple buse. J'suis bien placé pour savoir qu'on met au moins deux jours à s'en remettre.
-Je ne...suis plus... un...gam...
-Jamais prétendu le contraire. Mais tu restes couché et tu te reposes en attendant.
-T'es...chiant...
-Langage, Regulus.
Sur ces mots, Snape passa une main sur le front du jeune homme pâle et fiévreux et claqua de la langue. Il n'aimait pas voir Regulus dans cet état. Il s'y était attendu pourtant, depuis des semaines voire des mois, et avait sans doute plus appréhendé que le premier concerné, mais il ne parvenait pas à se faire à cette vision de Regulus, fébrile et contracté par la douleur, allongé dans le lit qu'ils occupaient depuis peu, l'ancien attendant d'être brûlé avec les autres meubles dans la soirée.
Le jeune Serpentard fraîchement diplômé avait annoncé sa volonté de quitter Grimmauld peu avant et d'emménager chez son mentor officiel « en vue de travaux poussés concernant certains aspects de sa spécialité ». L'accueil de la nouvelle avait été mitigé, vaguement approbateur du côté de Voldemort et consorts, clairement négatif du côté des parents Black, avec, sans grande surprise, une opposition plutôt vive de la part de Walburga. Regulus avait néanmoins tenu bon de ce côté-là et réussi à arrondir suffisamment les angles pour être encore accepté sans problème lors de brefs séjours dans la maison familiale-notamment pour revoir Kreatur.
Snape jeta un petit coup d'œil au sablier posé sur la table de nuit à côté d'une fiole. Encore un tour et il pourrait enfin faire ingurgiter à Regulus la potion censée calmer la douleur et la fièvre qu'il avait fabriquée en prévision de ce moment. L'instabilité de cette dernière une fois prête lui avait valu de devoir attendre un instant précis avant de pouvoir l'utiliser. Le dernier tour de sablier commença. Un gémissement le fit baisser les yeux et voir Regulus serrer la mâchoire tandis qu'il se tenait l'avant-bras. Snape lui passa une main sur le visage et il rouvrit ses yeux, voilés et ternis par la douleur, pour le fixer d'un air impatient.
-Ça va aller, Reg... Encore quelques secondes, un petit somme et on s'y met.
Une ombre de sourire se forma sur les lèvres du jeune homme qui hocha la tête avant d'essayer de se redresser légèrement. Le dernier grain de sable avait rejoint le niveau du bas dans le sablier. Snape attrapa alors la fiole pour la retourner puis marmonna une formule qui donna au liquide noire une transparence soudaine et cristalline.
-C'est prêt. Et te plains pas du goût, c'est la plus efficace que je connaisse.
Regulus se contenta de grimacer en avalant le contenu et se recoucha en marmonnant un vague « Pire que l'amande, ce truc... ». Snape écarta quelques mèches collées par la sueur du front de son nouveau confrère et y posa la main, vérifiant si baisse de température il y avait ou non. La potion faisait effet correctement et bientôt le souffle de Regulus se fut calme et régulier tandis que sa fièvre tombait.
Snape se leva; il avait juste assez de temps pour rassembler l'ensemble des meubles que contenait la maison dans la cour après avoir jeté un sort de discrétion pour pouvoir ensuite en faire le feu de joie réduisant en cendre les derniers témoins de son passé. Il était en train de redoubler le sort de discrétion lorsqu'il entendit des pas traînants derrière lui. Regulus, une couverture autour des épaules, apparut alors à la porte et fit une petite moue fatiguée mais impressionnée en constatant le tas de meubles en tous genres auquel les quelques passants ne semblaient prêter la moindre attention. Sa voix était légèrement rauque de fatigue lorsqu'il parla après s'être rapproché de Snape.
-Tout y est?
-Tout, oui. On va pouvoir commencer.
-La maison va être un peu bizarre sans ces...choses.
-On trouvera de quoi meubler cette baraque une fois qu'elle aura été nettoyée de fond en comble. Et elle en a bien besoin.
-Tu refuses encore l'aide d'un Elfe de maison?
Un sourcil snapien se leva.
-Tu parles de Kreatur? Tu le vois nous observer tous les jours ensemble? Avec ta mère en guise de maîtresse absolue?
-Hum, certes...
-'Fin si tu tiens à rester à une distance raisonnable de ma personne et ce vingt-quatre heures sur vingt-quatre...
-Oh certes non!
-Nous nous entendons bien... On vivra de magie en attendant de trouver de quoi occuper l'espace intérieur. Sur ce... on commence?
Regulus fit un petit hochement de tête et s'assit sur l'escalier du perron, une marche plus bas que Snape et adossé à ce dernier. Il sourit en sentant l'autre passer un bras autour de sa taille et déposer un baiser sur sa nuque avant de sortir sa baguette et invoquer un Feudeymon. Un serpent de flamme se forma alors à quelques pas, produisant le même sifflement que celui d'une bûche en train de brûler. La créature sembla regarder autour d'elle avant de s'arrêter sur les deux humains postés tout proches et de les fixer avec un bruit menaçant. Regulus sortit alors sa baguette et la pointa vers le serpent en marmonnant:
-N'essaye même pas.
Le serpent de flamme sembla hésiter alors puis se tourna vers les meubles et s'avança dans leur direction, laissant une traînée noire derrière lui. Sitôt le canapé touché, une autre créature se détacha du serpent. Un lézard, puis un autre serpent, et encore un autre. Tous s'immiscèrent dans les moindres recoins et bientôt tout ce qui restait du mobilier de la maison des Snape à Spinner's n'était plus qu'un gigantesque brasier maîtrisé par les deux nouveaux propriétaires à l'aide de leurs magies respectives. Au bout d'un moment, le feu sembla se laisser dominer et se contenta de grignoter ce qu'on lui avait proposé. Regulus se laissa alors aller contre Snape, un petit sourire aux lèvres. Ce dernier resserra son étreinte et appuya sa joue sur la tête de son cadet, les yeux rivés sur les flammes qui consumaient petit à petit tout ce qui avait constitué son environnement.
-Satisfait alors?
-Plus que satisfait.
-... Tu reprends quand le travail?
-Dans deux petites semaines.
-Humpf, c'est court...
-Je reviendrai dès que possible, maintenant que la cheminée est connectée à ma piaule à Pré-au-Lard. Au pire, tu passes.
-Compte sur moi.
Ils se turent et regardèrent les carcasses des fauteuils se faire attaquer par les animaux de feu jusqu'à ce que Regulus produisît un petit bruit curieux.
-Un souci, Reg?
-Une réflexion.
-Outch.
-Haha...
-De quel ordre?
-Je t'avais déjà parlé d'une technique de séparation de l'âme combinée à celle de possession...
-Oui...
-Et on a bien vu que la possession pouvait concerner l'inanimé le plus total. Pierre, métal, etc...
-Jusqu'ici, je te suis...
-Le Feudeymon, là... il est en train de dévorer les armatures métalliques au même titre que le bois ou le tissus.
-C'est une des propriété du Feudeymon: ça brûle tout. Ou presque, pour peu que la magie de protection lancée soit plus puissante que lui. Mais à part Poudlard et le ministère de la magie, j'vois pas trop qu'est-ce que ce truc ne brûlerait pas...
-Ben...une âme...? Tu penses que ça peut détruire une âme?
-Tu veux dire une âme entière?
-Euh non, le bout d'âme qui est dans l'objet qui brûle.
-Une âme fragmentée est l'une des choses les plus instables. S'il n'y a pas de support pour lui servir de réceptacle, elle ne fait pas long feu... Hum, sans mauvais jeu de mot.
-Je n'ai pas ri.
-Mais tu souris stupidement.
-Exact.
-Bref tout ça pour dire que je pense que... oui, le Feudeymon peut sans doute s'attaquer à un objet magique protégeant un fragment d'âme. Après s'il s'agit d'âme humaine...
-Justement. Je me demande si la personne qui aura placé un bout de son âme ressentira la perte de celui-ci en cas de destruction...
-Reg, tu as conscience du genre d'expérimentation qu'il faudrait faire?
-... Oui. Et je ne tenterai pas ça sur qui que ce soit. Ce genre de recherches sont purement théoriques, de toute façon. Déjà pour pouvoir séparer sa propre âme, il faut vouloir le faire...
-Et comment?
-Aucune idée pour le moment. C'est quelque chose de...douloureux d'après les livres anciens. Qui s'infligerait une chose pareille?
-Et pourquoi?
-Encore une fois, aucune idée... Mais j'aurai tout le temps d'y penser quand tu m'auras lâchement abandonné pour tes herbes et autres champignons.
-T'es jaloux?
-De champignons? Ça me ferait mal!
-Adorable Regulus Black, fraîchement marqué du sceau des Ténèbres et nécromancien porté sur la magie noire à ses heures...
-Sacrée dichotomie.
-Je t'aime.
-Aussi rare que délectable, cette petite phrase spontanée chez toi.
-Désolé.
-Oh ne t'excuse pas. Est-ce que j'ai l'air contrarié?
Sur ces mots, Regulus tourna la tête et afficha un sourire fatigué mais enchanté. Il s'avança pour embrasser Snape en murmurant un « Je t'aime aussi. » puis bâilla tout en retournant son regard vers les flammes qui fouinaient à la recherche de quelque chose d'autre à manger parmi ce qu'on leur avait ordonné de brûler. Snape fit une petite moue en entendant bâiller une deuxième fois Regulus.
-Fatigué, hein...
-Trop de choses en une soirée pour Regulus Black.
-Regulus Black peut aller se reposer alors.
-Regulus Black attendra que Severus Snape daigne monter avec lui dans leur chambre
-Alors Severus Snape va renvoyer le Feudeymon. Les voir fouiner les cendres de la sorte lui briserait presque le cœur.
-Severus Snape est un grand sensible.
-Si Regulus Black savait...
-Oh mais Regulus Black le sait. Et il en profite allègrement.
-Andouille.
-On monte?
-J'te suis.
A suivre...
Et les voilà tous les deux Mangemorts... L'début d'la fin, en somme.
Merci pour les reviews, encore et toujours, et pour vos avis.^^
Que le coup de soleil vous évite comme le moustique la citronnelle.
