Coucou tout le monde, c'est encore moi ! Voici comme promis le chap 21 en ligne après trois semaines d'attente… Et j'ai comme l'impression que vous allez me détester et correctement après la lecture de ce chapitre ! Je n'en dis pas plus !

Dernière précision : ce chapitre est quelque peu... sentimental, mais je l'adore... j'ai particulièrement aimé l'écrire, surtout concernant Sev...

Disclaimer : les persos sont à JKR, sauf Amélie !


Chapitre 21 : Réconciliation et sortie

Hermione ouvrit les yeux une semaine exactement après son évanouissement. Severus, de son côté, ignorant tout de l'état de santé véritable de celle qu'il aimait, s'était laissé dépérir, et la froideur d'Amélie n'arrangeait pas les choses. Il ne mangeait plus, et était plus colérique que jamais en cours. Il avait également annulé tous les cours de Magie Noire avec Harry et Ron, et avait eu un désaccord avec le Directeur à ce sujet.

La première chose que la jeune fille vit à son réveil fut deux yeux bleus qui s'illuminèrent.

- Maman ! Tu es réveillée ! Pompom ! appela Amélie à tue-tête.

Celle-ci accourut, affolée.

- Amélie ! Je t'ai déjà dit de ne pas crier… Miss Granger ! Enfin !

Hermione fixait l'infirmière, surprise. Puis, elle tenta de se redresser, en vain.

- Qu'est-ce que je fais ici ?

- Votre corps a décidé de se reposer contre votre gré. Cela fait une semaine que vous êtes plongée dans un coma léger, en attendant que vous récupériez des forces, et de reconstituer vos réserves magiques.

- Une semaine ? Tant que ça ? Mais je ne peux pas me permettre…

- Et c'est pour ça que votre esprit n'en a fait qu'à sa tête. Reposez-vous, je vous apporte quelque chose à manger.

- Mais je suis en pleine forme !

- Je vous crois Miss Granger. Cependant, vous devez manger quelque chose. Je vous garderai jusqu'à ce soir en observation, et vous pourrez retourner dormir dans votre chambre. Le Directeur a passé un sacré savon au Professeur Rogue ! Vous surmener ainsi, alors que vous êtes en pleine période d'examen ! Le pauvre Severus culpabilise un peu, surtout depuis que la petite lui a dit qu'elle le détestait. Et vous amis en ont rajouté en lui faisant croire que vous étiez au seuil de la mort.

Hermione eut un petit sourire. Elle reconnaissait bien ses amis là.

- Amélie, demanda l'infirmière, tu pourrais prévenir Harry du réveil d'Hermione ?

- Oui !

- Vous la laissez y aller seule ? s'étonna la Préfète.

- Elle connaît le chemin par cœur. Miss Weasley me l'amène chaque matin.

- Quel jour sommes-nous ?

- Nous sommes mardi 28 mars. Il est sept heures du matin.

A ce moment, un plateau-repas apparut sur l'une des tables.

- Ah !

Mme Pomfresh aida Hermione à se redresser et l'adossa à ses oreillers. Puis, elle lui apporta le plateau qui contenait assez à manger pour tout un régiment.

- Je ne vais pas avaler tout ça !

- Vous devez reprendre des forces.

La porte s'ouvrit à la volée et trois tornades s'abattirent sur la Gryffondor. Une tornade brune et deux rousses.

- Harry, Ron, Ginny ! Bonjour ! dit-elle péniblement, étouffées par leurs étreintes.

- Hermione ! Comme je suis contente !

- Enfin, tu es réveillée.

- Tu nous as manqués.

- Je suis désolée de vous avoir inquiétés.

- Mme Pomfresh nous a rassurés sur ton état. Ton corps était en sommeil, c'est tout, expliqua Ginny.

- En attendant, ça vous dirait de partager le petit-déjeuner avec moi ? proposa-t-elle. Je ne pourrai jamais tout finir.

- Volontiers !

Tout en se restaurant, ils contèrent à leur amie tout ce qu'il s'était passé pendant une semaine. Amélie qui refusait d'appeler Severus Papa, l'irascibilité de Rogue, la contrariété de Malefoy.

- J'ai terriblement négligé mes devoirs ces derniers temps.

- Tu es humaine, Mione, remarqua Harry. Tu ne peux pas tout faire.

- Peut-être que je veux trop en faire, en effet.

Ils rirent ensemble. Puis, Ron sortit une liasse de parchemins de son sac.

- Tiens, ce sont tes cours. Avec Harry, nous nous sommes débrouillés pour récupérer tous tes cours, même ceux d'Arithmancie et d'Etudes des Runes.

- Vous êtes adorables, les gars.

- Et McGonagall s'est arrangée avec tous les profs. Tu es dispensée de devoirs pour les deux prochaines semaines, le temps que tu récupères totalement.

- Qu'est-ce que je ferais sans vous ? murmura-t-elle, émue.

- Rien sans doute ! plaisanta Harry.

Ils prirent congé, et se dépêchèrent d'aller en cours. A 11 heures, alors qu'elle lisait les parchemins, elle reçut une visite qui la surprit grandement. En effet, profitant d'un trou dans son emploi du temps, Drago Malefoy venait prendre des nouvelles de sa consoeur.

- Malefoy ?

- Salut Granger.

Elle décida d'être aimable. Elle lui sourit.

- Bonjour, comment vas-tu ?

- Bien mieux que toi, je suppose. Ginny m'a dit que tu étais réveillée.

- Oui. Et elle m'a dit que tu as organisé la sortie d'avril tout seul. Je suis désolée de t'avoir laissé tomber.

Il haussa les épaules.

- Je suis tout à fait capable d'organiser une simple sortie.

- Que viens-tu faire ici au juste ? A tes yeux, je ne suis qu'une Sang-de-Bourbe. Or, tu viens me voir, comme si tu te souciais de ma santé.

- Je voulais voir, non pas la Sang-de-Bourbe, mais celle qui a tenu tête à Rogue au point d'y laisser la santé. Je le connais bien, et je ne souhaite à personne de s'en faire un ennemi. Même pas à toi, Granger. La prochaine fois, tu risques d'y laisser ta vie.

- Ça n'ira pas jusque là. Harry m'a raconté la colère du Directeur, et la désapprobation du Professeur McGonagall. Je crois que je suis protégée.

- Maintenant oui. Mais quand tu auras fini tes études ? La vengeance est un plat qui se mange froid, et Rogue est très patient.

- Qui peut prédire le futur ? Nous ne savons même pas où nous serons, ni même si nous serons encore en vie.

- Et dire que tout dépend de Potter, renifla Malefoy. Bon, rétablis-toi vite, je n'ai pas envie d'assumer tes tâches en plus des miennes.

- Oui, Malefoy, je fais de mon mieux. Mais tu connais l'infirmière.

- Hélas.

Sur un sourire moqueur, il sortit. L'infirmière ausculta sa patiente et fronça les sourcils en voyant le Directeur. Hermione rit.

- Je crois que je vais avoir droit à un défilé de tout le Collège.

- Miss Granger, si à 16 heures, je juge que vous n'allez pas bien, je ne vous relâche pas !

- Allons Pompom, apaisa Albus. Je viens juste m'assurer que Miss Granger a récupéré ses forces.

- Je vais bien Professeur. Apparemment, mon corps était en sommeil réparateur.

- Oui, je sais. Mais par la faute de Severus qui vous a surmenée au-delà du raisonnable. Maintenant, c'est à vous de décider. Etant donné que vous êtes encore élève ici, vous êtes sous mon autorité, ainsi, l'autorité de votre Maître passera après la mienne. Cette protection prendra fin dès que vous serez diplômée.

- Ce ne serait que repousser le problème à plus tard. Et je crois qu'il a compris la leçon. Mes amis ont fait croire que j'étais en danger de mort, donc il y réfléchira à deux fois avant de me surcharger de travail.

- Si vous le dites.

A ce moment, Ginny entra avec Amélie, toutes deux discutant gaiement.

- Oh, bonjour Professeur Dumbledore ! salua la rousse.

- Bonjour Miss Weasley, bonjour Miss de Chatres.

- Bonjour, Papa Noël !

Le Directeur et ses deux étudiantes rirent.

- Le Professeur Flitwick adore Amélie ! Il m'a dit de l'amener quand je voulais en cours !

- Il a toujours adoré les enfants, approuva le vieil homme. Bien, Miss Granger, vous êtes sûre de pouvoir gérer la situation ?

- Certaine, Professeur.

- Vous savez où me trouver en cas de besoin.

- Merci.

Le Directeur croisa Harry et Ron en sortant.

- Que te voulait Dumbledore ? demanda Ron.

- Juste me demander des nouvelles. Comment se sont déroulés les cours ?

- Comme d'habitude. Tout le Collège sait que tu es réveillée, déclara Harry. Prépare-toi à avoir de la visite.

Hermione acquiesça. Il parlait de Rogue. Mme Pomfresh revint dans l'infirmerie.

- Que faites-vous tous ici ? Allez tous déjeuner !

Ron et Ginny firent promettre à Hermione de les attendre à la Salle Commune. Harry resta et s'assombrit quand ils furent seuls, Amélie étant partie avec Ginny et l'infirmière retournée dans son bureau.

- Quelque chose ne va pas, Harry ?

- J'ai appris quelque chose d'étrange. Je ne voulais pas y croire, mais…

- Si tu allais droit au but ? suggéra son amie.

- Tu sors avec Rogue ? demanda-t-il brusquement ?

Hermione perdit son sourire.

- Comment l'as-tu appris… Attends. C'est Amélie c'est ça ? Tu dors avec elle, elle a forcément dû en parler.

- Exact. Je l'ai su par Amélie. Alors ?

- Elle soupira. Elle-même ne savait pas où elle en était avec Severus.

- Je sortais avec lui. Et puis, il y a eu ces cours de Magie Noire, où je suis intervenue personnellement pour demander au Directeur de raisonner Severus. Depuis, c'est un vrai glaçon. Nous n'avons plus parlé ensemble. Et je dois dire que son indifférence me blesse énormément.

- Je savais qu'il était capable du pire, mais là… Enfin, Hermione, comment as-tu pu te résoudre à…

- Il n'était pas comme ça ! Crois-tu vraiment que j'aurai pu tomber amoureuse du Severus qui nous martyrise depuis six ans ? Depuis qu'il a la charge d'Amélie, il a complètement changé, et en le côtoyant chaque jour, je l'ai découvert autrement. Je suis amoureuse, Harry.

Harry se radoucit à la détresse de son amie.

- N'empêche… Il te fait souffrir, et cela je ne le supporte pas. J'aurai accepté n'importe qui si tu avais été heureuse, même Malefoy. Mais là, c'est clair que tu ne l'es pas.

- En parlant de Malefoy, il est venu prendre de mes nouvelles.

- Ouais, il est bizarre lui aussi. Ça se trouve, il est amoureux de toi.

Hermione rit.

- Oh, il est bien amoureux, mais pas de moi. Et une Gryffondor en plus.

- Ah, c'est pour ça qu'il a accepté de parler à Rogue pour nous… Attends, qui est-ce ?

- J'ai promis de ne pas le dire. Désolée.

- En revenant à Rogue, que comptes-tu faire ?

- Je n'en ai pas la moindre idée. Et puis, Amélie est à prendre en compte. Même si elle dit le détester, je sais qu'elle est très attachée à lui.

- Ce sale type est incapable d'éprouver de l'amour pour qui que ce soit.

- Tu te trompes Harry. Il aimait Amélie, et j'ose croire qu'il m'aimait un peu. Même si maintenant, il doit me haïr.

- Tu n'es pas heureuse, et pourtant, tu espères encore.

- Parce que je compte bien avoir une vraie discussion avec lui dès que je serai entièrement remise.

- Et après ça, je pourrai aller lui casser la figure ?

- Occupe-toi d'abord de botter les fesses de Voldemort, tu veux ? rit Hermione.

Ils restèrent un moment silencieux.

- Au fait, comment va Pansy ? reprit la Gryffondor.

Harry soupira.

- Ça fait une semaine que Ron et elle ne se parlent plus.

- Quoi ? Mais pourquoi ?

- Pansy a révélé son passé à Ron, et maintenant, elle a trop honte de le regarder en face. C'est à peine si elle nous dit bonjour à Ginny et moi. Elle dépérit à la table des Serpentard, toute seule dans son coin.

- Non mais quel abruti ce Ron ! Pourquoi ne lui parle-t-il pas ?

- Il a peur de sa réaction. J'ai beau lui dire d'oublier le passé de Pansy et d'aller lui dire qu'il l'aime, il ne bouge pas.

- Je crois que je vais avoir une discussion avec ces deux-là, moi…

………

(nda : vous allez peut-être trouver Severus OOC, mais pour moi, un homme amoureux, aussi détestable soit-il agirait ainsi)

Hermione réfléchissait à tout ce qu'il s'était passé dans la semaine. Mme Pomfresh l'avait autorisée à faire quelques pas dans la pièce, et elle se tenait à présent debout devant l'une des hautes fenêtres, contemplant le parc, enveloppée dans une robe de chambre pourpre. La porte de l'infirmerie s'ouvrit doucement, et une odeur d'after-shave vint à elle, mêlée à quelques effluves de feuille de mandragore, fréquemment utilisées dans les Potions basiques. Severus. Elle s'attendait à sa visite. Elle se composa une masque impassible, vérifia mentalement ses barrières et se retourna pour lui faire face. Elle retint un sursaut. Il avait changé. Des cernes ombrageaient ses yeux, et ses joues étaient creuses. Il avait maigri. Mais surtout, il venait à elle avec sa véritable apparence. Elle plongea son regard dans ses yeux bleu nuit et attendit.

- J'ai appris que vous étiez réveillée. J'ai… J'ai conclu un accord avec le Professeur Dumbledore. Vous redeviendrez Disciple quand vous serez diplômée. Jusque là, vous pouvez reprendre vos anciennes fonctions. Je vous libère également du rôle d'Assistante.

Il avait baissé les yeux, et récitait son discours comme s'il l'avait longuement répété. Elle ne disait rien, ne faisait pas un geste.

- Si vous le souhaitez, vous pouvez retourner dans votre dortoir chez les Gryffondor, avec Miss de Chatres. Je pense que vous serez bien là-bas, parmi vos amis avec l'enfant qui vous adore. Et je vous souhaite d'être heureuse avec Potter.

Il ne la vit pas cligner des yeux de surprise. Etre heureuse avec Harry ? Mais qu'est-ce qu'il racontait ? Puis, l'attitude du Survivant à son égard lui revint : ses gestes tendres, sa complicité avec Amélie… Severus avait cru qu'Harry l'avait remplacé auprès d'elle et Amélie ! Elle resta silencieuse, confirmant silencieusement les paroles du Professeur…

Severus fit un effort pour continuer son discours. Il avait appris dès sa première heure de cours qu'Hermione était réveillée, enfin tirée d'affaire. Il avait soigneusement préparé son discours pour lui rendre sa liberté, et avait mis un moment à se décider pour entrer dans l'infirmerie. Chaque mot qu'il prononçait lui poignardait le cœur. Mais il ne pouvait plus reculer. Hermione avait le droit d'être heureuse, et ce n'était pas avec lui qu'elle y arriverait. Dès qu'elle serait prête à reprendre l'apprentissage, il lui transmettrait tout son savoir, et il se retirerait à jamais de sa vie. Et elle avait un avenir heureux sans lui.

- Je vous dois des excuses. J'ai été odieux avec vous, et j'ai mis votre vie en danger. Le Professeur Dumbledore a déjà pointé du doigt mes erreurs. Et je comprendrai si vous exprimez le souhait de rester loin de moi pendant un temps. Cependant, je vous prie de vous rappeler que notre lien est irréversible, je reste votre Maître, et le resterai tant que vous n'aurez pas passé l'évaluation. Nous pouvons en rester là… Je vous ai dit tout ce que j'avais à dire. Vous transmettrez votre décision au Directeur concernant votre apprentissage. Soyez heureuse, Hermione Granger.

Il sortit de la pièce sans un regard pour elle, profondément malheureux.

Hermione resta indécise, un sourire attendri jouant sur les lèvres. Il croyait sûrement qu'elle allait le laisser tomber, mais il ne serait pas débarrassé d'elle aussi facilement. Oui, il l'avait frappée, et avait agi avec elle comme si elle était une Elfe de Maison, mais elle l'avait mérité. Elle avait eu le cœur brisé quand il s'était détourné d'elle. Mais elle l'aimait, qu'il le veuille ou non. Elle prit la route de ses appartements d'un pas rapide, n'ayant pas encore assez de forces pour courir. Elle le trouva assis dans un fauteuil, face au feu, perdu dans ses pensées, et surtout, la douleur et la tristesse dans le regard.

- Vous a-t-on déjà dit que vous étiez incroyablement stupide, Professeur Rogue ?

Il sursauta et se tourna d'un bloc vers elle. Il pâlit, alors qu'il était déjà livide.

- Etes-vous venue me tourmenter encore plus, ou vous délecter de ma souffrance, ou encore savourer votre victoire ?

- Aucun des trois, Professeur. Vous avez été odieux et insupportable, c'est vrai. Amélie vous détestait aussi. Vous avez vu juste sur bien des points, mais il y a une chose complètement erronée. Qu'est-ce qui vous fait croire que je serai heureuse avec Harry Potter ?

- Il vous aime, c'est évident.

- Il ne vous est jamais venu à l'esprit que c'était un amour fraternel ? Nous sommes enfants uniques, tous les deux, et nous sommes tous deux orphelins à présent. Il n'a fait que pallier ces manques avec les Weasley et moi-même. Quant à Amélie, elle serait ravie si vous redeveniez son père adoré, celui qui lui a sauvé la vie une fois, et celui qui l'a toujours protégée. Il suffit que vous l'acceptiez à nouveau dans votre vie.

Elle s'était placée devant lui et le dominait, vu qu'il ne s'était pas levé de son fauteuil.

- Et vous, Hermione ?

- Moi ? répéta-t-elle innocemment.

- M'accepterez-vous à nouveau dans votre vie ?

- Le désirez-vous ?

- Oui, plus que tout, souffla-t-il, fixant avidement la réponse sur son visage.

Elle le regarda, toujours impassible, mais ses yeux attendaient une autre affirmation. Et soudain, il n'en put plus. Il aimait Hermione, et il sentait qu'il la perdait. Non. Tout mais pas ça. Surtout pas ça. Il se jeta à ses pieds, enlaçant ses jambes et pleura contre son ventre. Pour la première fois depuis longtemps, il laissa couler ses larmes, se mettant à nu devant une femme, celle qu'il aimait.

- Je t'aime… murmura-t-il, la voix entrecoupée par les sanglots, étouffée par le tissu de la robe de chambre d'Hermione.

Celle-ci était complètement désarmée. Jamais elle n'aurait pensé qu'il se dévoilerait ainsi devant elle. Severus venait de prouver qu'il était un être humain qui avait un cœur. Et il l'aimait. A cette pensée, son cœur se gonfla de joie. Elle caressa ses cheveux et se glissa à genoux pour le regarder en face. Il avait le visage baigné de larmes, et cette vue la bouleversa.

- Severus… Je t'aime.

Pour toute réponse, il l'étreignit fortement contre lui, l'étouffant presque.

- Pardon, dit-il dans un souffle, et dans ce simple mot, elle comprit qu'il s'excusait pour tout ce qu'il avait fait.

Elle lui rendit son étreinte, et ils restèrent longtemps ainsi. Quand Severus se fut suffisamment calmé, il s'écarta lentement d'elle et la contempla. Elle était belle. Ses cheveux étaient un peu emmêlés, et elle était encore un peu pâle.

- Tu es encore convalescente, tu ne devrais pas être debout.

- Si tu ne t'étais pas enfui tout à l'heure, je n'aurais pas été forcée de te courir après.

Ils échangèrent un sourire complice, il la souleva dans ses bras et la déposa sur le canapé.

- Ne bouge pas. Je vais prévenir l'infirmière que tu vas achever ton repos ici.

- Amélie fait sa sieste dans le dortoir des garçons de Gryffondor, sous la surveillance de Ron, mais elle doit être réveillée. Tu peux aller la chercher…

- Je ne sais pas si elle voudra encore de moi.

- Je suis sûre que oui, si on lui explique la situation.

Il hocha la tête.

(nda : qu'est-ce que je vous disais… Mais je trouve Sev craquant comme ça… mdr !)

………

L'infirmière protesta un peu, mais comme Hermione n'était pas en danger, et ne l'avait jamais été, elle consentit à laisser la jeune fille aux bons soins de Severus. Non sans quelques menaces.

- Si j'apprends qu'elle fait une rechute, ou que vous la surmenez encore, je m'arrangerai pour que vous soyez renvoyé pour maltraitance envers Miss Granger !

Severus la gratifia d'un regard noir et ne daigna même pas répondre (nda : on retrouve notre bon vieux Sev… ok, j'arrête mes commentaires). Ginny et Amélie arrivèrent alors que le Professeur s'apprêtait à se rendre chez les Gryffondor.

- Où est Hermione ? demanda la rousse, interloquée.

- Veuillez me suivre, Miss Weasley. Et vous aussi, Miss de Chatres.

Amélie le regarda, pleine d'incompréhension. Pourquoi son père l'appelait ainsi ? Elle n'était même plus fâchée contre lui puisque sa Maman était guérie. Ginny, elle, était inquiète. Pourquoi le Professeur Rogue était-il si aimable soudain ? Et où était Hermione ?

La petite fille se précipita dès qu'elle vit sa mère, allongée sur le canapé. Ginny s'avança plus lentement, s'interrogeant sur ce revirement de situation. Amélie s'allongea à côté de sa mère.

- Que se passe-t-il, Hermione ?

- Rien du tout, Ginny. Le Professeur Rogue m'a demandé de revenir ici pour terminer ma convalescence. Et Amélie, si tu veux, tu peux revenir dormir ici.

- C'est vrai ? demanda-t-elle avec plein d'espoir. Papa n'est plus fâché contre moi ?

- Je n'étais pas fâché contre toi, Amélie, intervint Severus. D'ailleurs, c'est plutôt le contraire.

L'enfant fronça les sourcils.

- Pompom a dit que c'était à cause de toi que Maman était malade, mais elle est guérie maintenant, alors je ne suis plus fâchée.

Ginny pouffa. La logique d'Amélie était parfois déconcertante.

- Mais si je dors ici, Harry pourra pas me raconter la suite de son histoire.

- Quelle histoire ? demanda Severus.

- Hé bien, James il a dû nager dans un lac avec des sirènes pour délivrer Lily et Sirius ! Mais Lily, elle a été délivrée par son petit-ami Vicky, et du coup, il a sauvé la petite-sœur de son amie Fleur !

Severus comprit rapidement que Potter racontait ses exploits au Tournoi des Trois Sorciers. Et d'après ce qu'il entendait, il passait sous silence certains faits qui ne convenaient pas aux enfantes. Hermione rit.

- Harry a inventé l'histoire d'un Sorcier orphelin destiné à sauver le monde contre un méchant appelé Voldie.

- Oui ! Et James, il est entré à l'école à 11 ans. C'est une école magique ! Les balais, ils volent vraiment, et il déteste son Professeur de Potions Magiques qui ressemble à Gargamel…

- Hein ?

Hermione partit dans un fou rire incontrôlable, tandis que Severus et Ginny se demandaient de quoi parlaient Amélie et sa mère. Amélie continuait son babillage sur les Schtroumpfs, inconscient de la confusion grandissante de son père et de sa meilleure amie. Hermione essuya ses larmes de rire et coupa la petite fillette dans son monologue.

- Je pense que Harry acceptera de venir ici pour te raconter la suite de son histoire.

Ginny toussota.

- Tu oublies une chose, Mione. Harry est déjà terriblement occupé. Le lundi soir et le jeudi soir, il a cours avec toi et le Professeur Rogue, le mardi, c'est avec le Professeur McGonagall, et le mercredi, nous avons entraînement de Quidditch.

Hermione fit la moue.

- Il va falloir que je revoie tous les plannings que j'ai dressés en début d'année, soupira-t-elle.

- Laisse-moi faire, proposa Ginny. Tu en fais toujours trop, et tu vas ralentir ta convalescence.

- Mais Gin…

- Ne t'inquiète pas. Je connais vos emplois du temps, et moi au moins, je n'oublie pas le Quidditch de mes plannings. Et il est temps que tu apprennes à déléguer tes responsabilités.

- Bon, OK, je te laisse faire.

La rouquine quitta la pièce et la petite « famille » resta seule. Amélie regarda ses parents.

- Vous êtes réconciliés ! Je suis contente !

- Amélie, dit doucement Hermione, il faudrait que tu évites de dire à tout le monde que ton père et moi, nous nous embrassons.

Severus sursauta.

- Qui le sait ?

- Seulement Harry. J'ai eu droit à un véritable interrogatoire. Et si tu me rends malheureuse, tu auras affaire à lui.

- Comportement typique d'un Gryffondor.

Hermione rit. Severus reprit.

- C'est bientôt l'heure de dîner. Je vais demander aux Elfes de t'apporter un plateau.

- Je préférerai aller manger dans la Grande Salle. Et il faut que je parle à Ron et Pansy.

- Ne te mêle pas de leurs affaires de couple. Et tu n'es pas assez forte pour…

- Si, ça ira, ne t'inquiète pas. Et puis, Harry et Ron seront là pour me soutenir si je m'écroule.

- Oui, et Mme Pomfresh m'écorche vif.

- Je t'assure que je me sens parfaitement bien. J'en ai marre de rester assise ou allongée. Une semaine de sommeil, c'est suffisant.

- Albus et Minerva ont dit que tu avais frôlé la mort. Et tes amis étaient effondrés. Je ne veux pas que tu…

Hermione préféra garder le secret sur son état. Severus risquait de le prendre très mal, et là, elle ne donnait pas cher de sa peau, ni de celle de ses amis.

- Je prends l'entière responsabilité de mes actes. Allons dîner.

………

Les Gryffondor étaient ravis de revoir leur Préfète-en-Chef, et celle-ci leur adressa des sourires de remerciements. Elle s'assit à son habitude entre ses deux amis. Elle constata que Pansy dînait bien toute seule à une extrémité de la table des Serpentard. Elle fut inquiète de voir son amie si pâle, les cheveux ternes et le teint brouillé. De même, elle avait perdu du poids : ses vêtements pendaient sur elle, et même la cravate ne pouvait serrer le col de la chemise qui bâillait. Hermione reporta son regard sur Ron. Elle n'avait pas fait attention à lui quand il était venu la voir le matin-même, mais en l'observant plus attentivement, elle vit des cernes sous ses yeux, et ses traits tirés accusaient sa fatigue. Malgré tout, il continuait de sourire et de faire le pitre, pour que personne ne se doute de rien.

D'ailleurs, celui-ci s'était entendu avec Harry pour garnir son assiette. Elle protesta.

- Hé ! Je ne vais pas manger tout ça ! Je ne suis pas comme Ron, moi !

- Que veux-tu dire ? demanda le roux.

- Je n'ai pas un gouffre à la place de l'estomac, voilà ce que je veux dire !

Leurs voisins de table rirent. Ron s'offusqua.

- Je n'ai pas un gouffre. Je mange juste un peu plus que toi et Harry. Je suis en pleine croissance, moi !

Hermione lui adressa un regard sceptique.

- Mais bien sûr !

Puis elle baissa la voix pour pouvoir être seulement entendue par lui, Harry et Ginny.

- Je peux savoir ce qu'il se passe avec Pansy ?

Ron perdit son sourire, et il dirigea son regard triste vers sa petite-amie. Il la considérait toujours ainsi, tant qu'elle ne lui aurait pas clairement signifié que tout était fini.

- Elle m'évite. Elle pense qu'elle ne me mérite pas. D'après elle, je ferais mieux de choisir une fille de bonne famille, une petite fille sage comme toi ou Ginny, bref, parfaitement insipide !

Hermione et Ginny en face de lui lancèrent un regard noir. Ron réalisa ce qu'il venait de dire. Harry était mort de rire.

- Je ne voulais pas dire que vous étiez insipides toutes les deux ! Mais Pansy a l'air de penser que j'ai besoin d'une fille qui n'a aucun caractère, vous voyez ce que je veux dire. Elle n'a pas eu une enfance facile, surtout avec un père Mangemort. Et elle a subi… certaines choses qui la dévalorisent. Enfin, elle est persuadée qu'elle n'est pas pour moi.

- Pourquoi tu ne lui dis pas que tu sais mieux qu'elle ce qui est bon ou pas pour toi ? demanda Hermione.

- Si seulement elle acceptait de m'écouter ? Elle s'efforce de m'éviter. Quand nous avons cours ensemble, elle arrive au tout dernier moment, au moment d'entrer en classe, et s'enfuit en courant dès que la cloche sonne. Elle s'enferme dans son dortoir pendant ses heures libres. Et si par hasard, je la croise au détour d'un couloir, elle tourne les talons et s'enfuit. Je n'ose pas la poursuivre.

- Quel courage, ironisa Ginny.

- Par Merlin, Ron ! pesta Hermione. Depuis quand joues-tu les timides ? A mon retour de Londres, Pansy m'a raconté comme tu l'avais entraînée dans une classe pour lui avouer ton amour.

- Ce n'est pas pareil.

- Tu l'aimes oui ou non ?

- Oui ! Bien sûr que oui !

- Alors bats-toi pour la récupérer, crétin ! Peu importe ce qu'elle a fait dans le passé ! Tu n'as qu'à lui dire que tu veux vivre avec elle quoiqu'il arrive !

- C'est ce que je lui dis, mais il ne m'écoute pas, déclara Harry.

- Si tu aimes Pansy, tu dois lui dire qu'elle compte pour toi, insista Ginny. Ecoute-nous pour une fois, et laisse parler ton cœur. Essaie de l'intercepter et entraîne-la quelque part pour lui parler.

- Facile à dire, grommela Ron.

- Hermione lui donna un coup de coude. Pansy s'avançait justement vers eux. Celle-ci ne jeta pas un regard à Ron, mais sourit faiblement à Hermione.

- Bon retour parmi nous, Hermione.

- Merci Pansy. Tu vas bien ?

- Oui, oui, tout va bien.

- Tu n'en as pas l'air.

- Si je t'assure. Je suis juste un peu stressée à cause des devoirs dont les profs nous surchargent. Je dois y aller. A plus !

- Pansy…

La Serpentard partit sans rajouter un mot, sur un dernier signe de la main. Hermione se tourna vers Ron, livide, figé comme une statue.

- Elle ne m'a même pas regardé.

- Qu'est-ce que tu attends pour lui courir après ? s'emporta Ginny.

- Tu crois ?

- Tu as intérêt à y aller, Ronald ! renchérit Hermione.

Harry sourit malicieusement. Quand Hermione l'appelait comme ça, il avait intérêt à obéir sur-le-champ. Ron obéit et se précipita hors de la Salle, à la poursuite de sa petite-amie.

Il eut tôt fait de la rattraper.

- Pansy ! Attends !

Celle-ci sursauta et se retourna vivement. Ses yeux s'écarquillèrent quand elle vit Ron courir vers elle. Elle fit volte-face, et s'enfuit en courant, priant pour atteindre sa Salle Commune avant qu'il ne la rattrape. Mais c'était peine perdue. Ron était beaucoup plus grand qu'elle et il courait plus vite. Il gagnait du terrain à chaque foulée. Il l'attrapa enfin par le bras.

- Ça suffit ce petit jeu. Tu vas m'écouter maintenant.

- Lâche-moi, Ron ! Oublie-moi, c'est mieux pour nous deux !

- Comment peux-tu savoir ce qui est bon pour moi ? répliqua-t-il. Il est temps d'avoir une discussion tous les deux.

- Je n'ai rien à te dire !

- Alors tu ne vois pas d'inconvénient à ce que ce soit moi qui parle ?

- J'ai encore des devoirs à faire !

- Je t'aiderai à les finir.

Il réfutait tous ses arguments, et l'entraînait en même temps vers la Salle sur Demande. Elle se débattit.

- Tu me fais mal.

Il s'arrêta, puis il laissa glisser sa main le long de son bras jusqu'à sa main à elle, qu'il serra fermement, mais avec douceur. Elle ne pourrait pas s'enfuir.

- Je suis désolé.

Pansy soupira. Elle n'échapperait pas à la discussion. Il y avait juste un canapé installé devant une cheminée dans la Salle sur Demande. Il verrouilla la porte avec un sort et conduisit la jeune fille vers le canapé où il l'assit autoritairement. Il resta debout devant elle et la regarda longuement. Quant à elle, elle fixait les motifs sur le tapis à ses pieds.

- Pansy, regarde-moi s'il te plaît.

Elle leva timidement les yeux.

- Je ne sais pas pourquoi tu t'es mis dans la tête que je ne te méritais pas, ou même comment tu as pu penser que je serais heureux sans toi. Tout ce dont je suis sûr, c'est que je t'aime, et je souhaite que notre relation continue encore longtemps. Je conçois que tu as honte de ton passé, mais moi, je n'en ai cure. Il ne tient qu'à toi de construire un avenir avec la personne que tu aimes, et j'espère être cette personne.

Pansy avait les larmes aux yeux.

- Ron, je t'aime, n'en doute pas, mais comment peux-tu encore vouloir de moi alors que je suis une…

- Ne prononce pas ce mot ! ordonna Ron en posant un doigt sur ses lèvres. Je me fiche que tu ne sois plus vierge, peu importe les hommes que tu as connus avant moi. Tu seras ma première, ce sera plus que suffisant, non ?

Elle esquissa un sourire timide devant cette déclaration maladroite.

- Je suppose que oui.

Elle se jeta dans ses bras en sanglotant.

- Je t'aime ! Tu es si merveilleux que je me demande encore pourquoi les filles de Poudlard ne courent pas toutes après toi !

- Oh, j'ai bien reçu quelques propositions pendant cette horrible semaine. Mais je les ai toutes repoussées.

- C'est vrai ? Je crois que je dois m'estimer heureuse de t'avoir alors.

- Et puis, la plupart des filles lorgnent sur Harry ou Malefoy.

- En tant que fille, je dirai qu'à vous trois, vous êtes en tête du classement des beaux mecs de l'école. A une époque, il y avait Olivier Dubois, Cedric Diggory, les Jumeaux Weasley…

- Fred et George ? Tu plaisantes?

- Absolument pas, rit Pansy. Les garçons de la famille Weasley ont toujours eu beaucoup de succès. Quand je suis entrée en Première année, les anciennes parlaient encore de Bill et Charlie Weasley.

- Je n'étais pas au courant ! Je sens que je vais bien m'amuser moi, quand je reviendrais à la maison ! Oh, au fait, tu viendras au Terrier ? Cet été ?

- Au Terrier ? Je… Je ne sais pas…

- J'aimerai te présenter à mes parents. Tu feras la connaissance de Bill et Charlie, histoire de vérifier les dires des filles de Serpentard.

Ils rirent ensemble, puis la jeune fille se calma.

- Je suis désolée d'avoir douté de toi. Je ne pensais pas que tu serais si coriace.

- En fait, ce sont Hermione et Ginny qui m'on menacé des pires représailles si je ne t'avais pas parlé.

- J'ai du mal à croire qu'Hermione t'ait menacé.

- Elle m'a appelé Ronald. En général, ça suffit à me convaincre.

- Alors que dirais-tu d'aller les rassurer ?

- Pas encore. J'ai encore envie de profiter de toi quelques instants, tant que tu es toute à moi.

Il l'embrassa longuement. Elle lui avait manqué. A l'avenir, il se débrouillerait pour qu'elle ne lui échappe plus jamais. Il ne la laisserait plus jamais s'éloigner ainsi de lui.

………

Un peu plus tard ce soir-là, Severus s'assura qu'Hermione se couche tôt, et il la borda dans son lit. Il s'apprêtait à éteindre la lumière quand elle le retint.

- Severus ?

- Oui.

- Tu sais… moi aussi, j'ai des excuses à te faire.

Il revint s'asseoir sur le lit.

- Tu avais clairement refusé d'enseigner à Harry et Ron, et moi, j'ai bafoué ton autorité en allant trouver Dumbledore. Je suis désolée.

- C'est vrai que je t'en ai énormément voulu. Mais Albus m'a fait comprendre qu'il comptait de toute façon me demander ce service. Tu n'as fait qu'accélérer les choses. Quoi qu'il en soit, je me suis acharné sur toi sans pitié, et cela a conduit à ton coma.

- Il n'empêche que j'ai une part de responsabilité. Tu avais rejeté Amélie, et tu me traitais…

- Je ne voulais pas qu'Amélie fasse les frais de ma colère. Je m'en veux de t'avoir frappée. Je ne me pardonnerais jamais pour ce geste.

- Mais moi, je te pardonne. N'en parlons plus d'accord ?

- D'accord. Allez, dors maintenant. Bonne nuit, mon cœur.

- Bonne nuit, Severus.

Il l'embrassa sur le front, éteignit la lumière et quitta la pièce. Hermione sourit dans le noir. A présent que tout était arrangé, que pouvait-il leur arriver de pire ?

………

Drago se réveilla lentement. Il cligna des yeux et chassa les brumes du sommeil. On était samedi, et à 10 heures, tous les élèves intéressés seraient dans le Hall d'Entrée pour la sortie à Pré-au-Lard. La veille, Granger et lui avaient dressé la liste des élèves autorisés à sortir, et McGonagall leur avait transmis les noms des Professeurs désignés pour veiller à la sécurité. Seraient présents elle-même, Rogue, Flitwick, Sinistra et Vector. Le Directeur ferait peut-être une incursion au village pour se divertir. Se divertir ! pensa Malefoy avec une pointe de mépris. Il ferait mieux de trouver un moyen pour contrer les plans du Maître.

- A quoi penses-tu ? demanda une voix endormie à côté de lui.

Drago se tourna vers Ginny et lui sourit.

- Des choses pas très réjouissantes. Bien dormi ?

- Comme toujours avec toi. Quelle heure est-il ?

- 8h30. Il faut que je me lève bientôt.

- Tu as encore quelques détails à régler pour la sortie ?

- Oui.

Ginny s'étira et se redressa.

- Bon, je ne vais pas te distraire plus longtemps alors. On se voit tout à…

Drago ne la laissa pas finir. Il l'attira par la taille et la ramena contre lui. Elle se retrouva plaquée contre son torse.

- J'ai tout mon temps, rien ne presse.

Il l'embrassa et la renversa sous lui…

………

- Je ne pensais pas que Rogue serait de surveillance aujourd'hui, annonça Ron alors qu'il sortaient de la confiserie Honeydukes.

- C'est un prétexte pour sortir Amélie, répondit Hermione. La petite ne voit presque pas la lumière du jour, à rester cloîtrée dans les cachots, même si elle passe beaucoup de temps chez les Gryffondors.

La dite enfant trottait allègrement à côté d'Harry, un peu derrière eux, en dévorant ses Chocogrenouilles et s'en barbouillant le visage. Hermione sourit, sortit un mouchoir de sa poche, s'agenouilla et lui essuya la figure. Amélie se laissa faire sans rien dire.

- Mange un peu plus proprement mon cœur.

- Oui, Maman !

Puis Ron lui tendit une plume en sucre.

- Tiens, ça tâche moins que les Chocogrenouilles !

- Merci !

Amélie avait appris à aimer Ron surtout grâce au sucreries qu'il lui donnait tout le temps. Rogue les observait de loin tout en surveillant les alentours. Harry était poursuivi par Voldemort, et cette sortie constituait l'une des plus belles occasions.

- Où est passée Ginny ? demanda soudain Ron.

Hermione savait que la jeune fille avait prévu de s'éclipser quelques heures avec Drago.

- Oh, elle doit être en train de s'amuser avec quelques copines, répondit la Préfète. Laisse-la donc vivre sa vie.

- Tu insinues quoi là ? s'énerva le roux.

Hermione n'eut pas le temps de répondre. Pansy avait bâillonné son petit-ami d'une main.

- Elle n'insinue rien du tout, mon cœur. Tu ne veux pas m'inviter quelque part ?

Sans se soucier de ses protestations, la blonde l'entraîna loin d'Hermione, tout en lui faisant un clin d'œil.

- Ce Ron alors, rit Harry. Alors, et pour Ginny ? Elle a un petit-ami ?

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- Ne joue pas à ça, Hermione. Elle s'absente de plus en plus souvent en douce, et elle est toujours de bonne humeur. Je mettrai ma main au feu qu'elle est amoureuse, et que tu sais de qui il s'agit.

Hermione se mordit nerveusement la lèvre.

- Depuis quand es-tu devenu si perspicace ?

- A force de te fréquenter, plaisanta-t-il.

Ils rirent.

- Je ne peux pas te le dire. C'est à elle de prendre la décision. Et si tu tiens à ta vie, ne l'interroge pas.

Le jeune homme fit la grimace.

- Je sais. Il n'empêche que j'ai résisté à l'envie de me servir de la Carte…

- Tu tiens à perdre son estime pour le reste de ta vie ?

- Non, justement. C'est pour ça que je ne l'ai pas fait. J'espère juste que Ron n'aura pas la même idée.

- Oh, je fais confiance à Pansy pour le distraire ! Tiens, voilà Ginny, pas un mot !

Celle-ci s'avançait vers eux, radieuse.

- Hello !Comment se passe la sortie ?

- A merveille, répondit Hermione. Malefoy a fait du bon boulot.

- Oui. Où est mon frère ?

- Avec Pansy, répondit Harry.

- Ces deux-là ne se quittent plus on dirait, commenta-t-elle. Tant mieux. Et toi, Harry, toujours pas d'heureuse élue en vue ?

- Si, moi ! clama une petite voix. Je suis sa Valentine !

Harry baissa les yeux sur Amélie qui agrippait fermement sa jambe.

- Oui, Amie, tu es mon amoureuse.

L'enfant eut un sourire ravi et Harry remonta son regard vers ses deux amies.

- Vous voyez ? J'ai une petite-amie !

Hermione éclata de rire, et Ginny sourit.

- Si ça se trouve, tu es peut-être gay !

- Qui sait ? répliqua Harry sans se troubler le moins du monde.

Les deux Gryffondor comprenaient que le Survivant ne pouvait se permettre de s'attacher à quelqu'un. Pas en ce moment. Pourtant, un peu d'amour ne pouvait que lui être bénéfique…

Le petit groupe se dirigeait tranquillement vers les Trois Balais quand un hurlement les fit stopper. En regardant dans la direction du cri, la scène les figea d'horreur : un peu plus loin, Severus était seul, entouré de quatre Mangemorts. Personne ne pouvait lui venir en aide, une bulle isolait les 5 Sorciers.

- Non, pas ça, souffla Hermione.

Harry avait déjà commencé vers le dôme. Un sanglot ramena Hermione sur Terre. Amélie pleurait, prostrée dans les bras de Ginny.

- Noon ! Papa ! Maman !

Elle revivait l'attaque du mois d'août, comprit la Gryffondor, en revoyant les Mangemorts. Ce n'était pas le moment. Elle sortit sa baguette.

- Gin ! Occupe-toi d'elle !

Tout se passa très vite. Les quatre Mangemorts attaquèrent l'ex-espion en même temps, ne lui laissant aucun répit. Personne ne pouvait intervenir, ni entendre les paroles qu'ils échangeaient. Harry, tout comme Hermione et quelques Sorciers autour, étaient impuissants. Puis, dans un ensemble coordonné, les quatre Sorciers Noirs lancèrent une attaque qui produisait une lumière verte, ne laissant aucun doute sur le sort utilisé. Le sort multiplié par quatre toucha Severus de plein fouet en pleine poitrine, qui fut éjecté hors de la bulle, aux pieds du Survivant.

- NOOOOOOOOOOOONNNN ! hurla Hermione.

La bulle se dissipa, et les quatre Mangemorts se tournèrent vers Harry.

- Le sort que méritent les traîtres, cracha l'un d'eux.

Le brun leva sa baguette, prêt à se défendre, le cas échéant. Mais un autre secoua la tête.

- Non, Potter, pas aujourd'hui, railla-t-il.

Harry reconnu la voix tant haïe de la meurtrière de Sirius.

- Ton tour viendra, et ce sera notre Maître en personne qui t'achèvera !

Et sur un dernier rire, ils transplanèrent. Severus était mort.


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Bisous à tous et à bientôt !