A/N : Nous retrouvons dans ce chapitre le personnage de Michel Honaker : Ebenezer Graymes !

XXI- L'erreur

A peine de retour dans ma chambre, je décidai que cela avait assez duré : à force de complications, ma vie était en peu de temps devenue embrouillée au point que je ne savais plus à quel problème m'attaquer en premier…

Ce n'était pas la première fois que je me sentais perdue et je pris la décision qui s'imposait : j'écrivis à mon ami et mentor, Ebenezer Graymes. Son intelligence et sa sagesse avaient constitué à plusieurs reprises une aide précieuse.

Je couchai mes incertitudes sur plus de 70 centimètres de parchemin, l'enroulai et le fis passer à travers l'anneau qu'il m'avait fait parvenir. Il disparut instantanément et je sus que, quelque part à Londres, Ben l'avait reçu.

Puis, plus calme, je m'assis en tailleur devant la cheminée et observai les flammes qui dansaient joyeusement. Je n'enregistrai la présence d'Eclair-De-Lune auprès de moi que quelques minutes plus tard.

« Mauvaise soirée ?, fit-il.

- Plutôt oui…, rétorquai-je. Merci de t'en préoccuper… Je viens d'apprendre que j'ai un neveu…

- C'est une bonne nouvelle, non ?

- Je n'en sais rien, dis-je. En fait je ne sais plus où j'en suis… Je crois que j'ai besoin de sommeil.

- Bien. Bonne nuit Alèthéia, grogna le loup avant de poser sa tête sur ses pattes avant et de fermer les yeux. »

Je dormis étonnamment bien étant donné les derniers événements, mais mes rêves me semblèrent différents de mes habituels cauchemars… Je me trouvais au centre d'une salle immense, entourée de personnages vêtu de longues capes sombres. J'étais nerveuse, comme si je savais inconsciemment ce qui m'attendait ; je sentais une sueur froide couler entre mes omoplates. Mon regard restait fixé sur le sol, comme aimanté. Soudain, je sentis une présence devant moi. Je voulus lever les yeux mais mon corps ne semblait pas de cet avis. Je ne vis pas qui me frappa au visage et me fit tomber à genoux. Tout le reste s'embrouilla dans ma tête et c'est une forte douleur à la tête qui me réveilla.

Je sortis de mon lit et la souffrance intense que j'avais ressentie s'évapora instantanément. Fronçant les sourcils, je m'habillai rapidement, maudissant l'inventeur des cravates et des jupes. Je n'avais jamais été férue de mode, mais je commençais à en avoir assez de devoir m'habiller toujours de la même façon…

J'allais sortir de ma chambre, quand j'entendis un bruit étrange, comme un « toc toc » insistant du côté de la fenêtre. Je me tournai alors vers celle-ci et aperçus le corbeau de la veille… Ben… Je me précipitai vers la fenêtre, l'ouvris rapidement et fis entrer le volatile qui se posa sur mon lit en croassant. « Re-bonjour toi ! », dis-je en récupérant mon courrier. C'était une simple feuille de parchemin sur laquelle figurait une ligne écrite de la main d'Ebenezer : « Je réfléchis mieux après une balade en forêt… ». Je soupirai : avec l'âge, mon mentor perdait en subtilité… Je jetai un œil à ma montre : je n'aurais pas le temps de prendre un petit déjeuner… Tant pis, je pris une cape et sortit du château en rasant les murs, et toujours accompagnée du loup, qui avait visiblement mieux dormi que moi, puisqu'il sautillait gaiement plusieurs mètres devant moi...

Le vent de novembre me fit frissonner et je décidai de courir jusqu'à la Forêt Interdite… En y pénétrant, je compris pourquoi on l'appelait ainsi. Il n'y avait vraiment rien d'accueillant dans cette forêt : les troncs noueux des arbres évoquaient des bras de monstres endormis et on n'entendait aucun son. Pas même un cri d'oiseau ne brisait le silence. Soudain, j'aperçus une silhouette sombre à quelques 50 mètres. Je marchai rapidement à sa rencontre. Une fois à me hauteur, l'homme hocha la tête et murmura :

« Samantha, heureux de te revoir.

C'était bien mon ancien mentor et éternel ami, Ebenezer Graymes ; ses yeux d'acier brillaient d'intelligence et éclairaient son visage taillé à la serpe.

- Maître !, souris-je. Merci d'avoir répondu aussi rapidement.

- Je t'ai dit de ne plus m'appeler ainsi, protesta-t-il d'une voix fatiguée. Viens, tu n'as pas déjeuné je suppose.

- Non, c'est vrai. Où m'emmènes-tu ?

- Il y a un petit village près d'ici, répondit-il. Je suppose que c'est Eclair-De-…, fit-il en désignant le loup.

- Oui, confirmai-je. Eclair-De-Lune. Je ne comprends toujours rien à son histoire de Prophétie…

Et j'entrepris de lui faire le compte-rendu détaillé de ce qui avait eu lieu depuis la rentrée. Entre temps, nous arrivâmes à Pré-Au-Lard. Une fois confortablement installés devant une tasse de thé aux Trois-Balais, Ben nous rendit invisibles et fit en sorte qu'on ne puisse nous entendre, puis il commença :

- Ce que j'ai à dire ne te fera pas plaisir. J'ai la preuve que Voldemort recrute une armée parmi nos rangs. Nous allons devoir agir.

- Oh, non, soupirai-je. Que suis-je censée faire ?

- Je n'ai jamais été confronté à un mouvement d'une telle ampleur, déclara Ben. Nous pourrions refermer hermétiquement et définitivement les frontières entre nos mondes, mais…

- … mais cela porterait atteinte à l'équilibre que nous nous efforçons de protéger, complétai-je. Je sais cela.

- Peut-être qu'en réaffirmant notre autorité…

- Je ne crois pas que ce soit une solution, répondis-je, malgré moi. Mon frère a réussi à me faire comprendre que ce n'était pas une solution. Je… je ne veux pas devenir comme Lui !

- Je comprends, dit-il d'un air songeur. Il y a bien autre chose, mais cela n'a pas été organisé depuis plus de 600 ans…

- Tu veux dire… un Congrès ? Tu voudrais rassembler tous les Commandeurs ?

- Nous n'avons plus le choix, Samantha ! Il faut que nous nous défendions !, s'exclama Ebenezer. Voldemort bâtit son armée, mais à nous tous, nous contrôlons pour l'instant davantage de créatures du Dehors qu'il pourrait espérer en rallier en toute une vie !

Je n'eus pas le temps de lui répondre, des cris retentirent, suivis de plusieurs explosions à l'extérieur. En un instant, des années d'entraînement montrèrent leur efficacité et je dégainai immédiatement mon épée, prête à sortir de l'auberge pour intervenir.

Mais les doigts glacés de mon Maître m'emprisonnèrent le poignet :

- Non, dit-il. C'est trop dangereux… Et tu risquerais d'être vue !

- Je dois au moins aller voir ce qu'il se passe là-bas , protestai-je en me dégageant de son emprise.

C'est ainsi que je sortis du bâtiment, Shör Danvar toujours à la main. Je n'avais aucune idée de l'horreur qui m'attendait au dehors… Des sorts étaient lancés de partout… Une fumée noire obscurcissait le ciel, mais n'empêchait pas de distinguer l'immonde Marque des Ténèbres qui flottait entre les nuages.

« Oh, Seigneur, songeai-je. Des Mangemorts… »

Les rais de lumière porteurs de destruction fusaient en tous sens. Il y avait déjà plusieurs personnes à terre et on reconnaissait les Serviteurs de Voldemort enveloppés dans de longues capes noires et leurs visages cachés par des masques argentés.

Alors, sans réfléchir, je fonçai vers celui qui était le plus proche. Il leva sa baguette, mais ne put prononcer le sort mortel : ma fidèle épée elfique l'avait déjà transpercé.

A nouveau, une explosion retentit et je fis volte-face, me protégeant le nez et la bouche de ma main libre. Devant moi, on aurait dit qu'un brouillard bleu venait de se lever. Réagissant aussitôt, je me jetai un sort de protection et y plongeai pour tenter de sauver les quelques sorciers qui s'y trouvaient perdus et menacés par d'autres Mangemorts… Désorientée, j'avançai à tâtons, pestant contre cette maudite fumée. Soudain, je ressentis une violente douleur au niveau de la poitrine et tout devint noir.

A suivre...

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